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Du lundi au jeudi, à 8h13, un invité au centre de l'actualité répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:02La grande interview européen CNews, Laurence Ferrari.
00:07Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est le président du
00:12MoDem, François Bayrou, bonjour.
00:13Bonjour.
00:14Neuf mois après votre départ de Matignon, on veut publier aux éditions de l'Observatoire, alerte sur l'art France
00:19qui vient.
00:20C'est un plaidoyer contre la dette, une adresse aussi à la jeunesse qui selon vous va payer le plus
00:25cher.
00:26C'est un livre qui est passionnant, qui est prémonitoire, on va en parler dans un instant.
00:29Mais je voudrais vous poser deux questions d'actualité.
00:31La première, elle porte sur le texte qui sera voté aujourd'hui à l'Assemblée nationale sur l'euthanasie, la
00:36loi fin de vie.
00:38Ils ont finalisé les députés ce texte, il y a beaucoup de clauses qui sont considérées comme les plus permissives
00:45d'Europe.
00:45Est-ce que ce texte, en tant que député, vous l'auriez voté, François Bayrou ?
00:49Non, je ne l'aurais pas voté.
00:51Pourquoi ?
00:52C'est un immense problème de conscience.
00:56Parce que dans tous les pays où ce genre de texte est peut-être moins encore engageant que chez nous,
01:05dans tous les pays où ce texte a été voté, ça a fait tâche d'huile.
01:10À partir du moment, et c'est pour ça que c'est très difficile et douloureux,
01:15parce qu'il y a des gens qui, eux, pour leur propre destin, pensent que ça serait mieux d'avoir
01:21cette issue.
01:22Mais à partir du moment où on dit « la mort est un soin »,
01:27nous qui avons construit notre société sur « normalement, je ne te laisserai pas seul,
01:33je ne te laisserai pas malade et je ne te laisserai pas souffrir »,
01:37à partir du moment où on introduit l'idée qu'il existe un soin, en fait,
01:42qui est pour mettre un terme à tout ça et qui est la mort,
01:46partout, ça a fait tâche d'huile parce que ça s'introduit, ça s'immisce dans la conscience générale.
01:55– Et ça se multiplie, et ça se multiplie…
01:58– Notamment sur les populations les plus vulnérables.
01:59– C'est exactement ce que je voulais dire.
02:01– Voilà.
02:01– Ça se multiplie pour qui ?
02:03Pas pour les gens qui sont avantagés, qui ont les moyens,
02:07qui ont des relations de la famille, c'est pour les autres que ça vient.
02:12– Bien sûr.
02:12– J'ai jamais oublié une lettre qui m'a bouleversée.
02:17C'est une maman qui m'écrivait parce qu'elle avait une petite fille trisomique.
02:28Et elle me disait « Mais quand je ne serai plus là, avec cette loi,
02:36elle est tellement gentille, elle veut tellement faire plaisir à tout le monde
02:40qu'on lui expliquera que c'est pour rejoindre sa maman
02:44et que je ne dis pas que ça se passera…
02:47Je ne dis pas que c'est dans les intentions de ceux qui rédigent la loi.
02:50– Mais il y a ce risque.
02:51– Mais en tout cas, je sais une chose,
02:54c'est que tous les médecins qui travaillent dans ces admirables services
02:58de soins palliatifs, dans les établissements dédiés à cela,
03:02Jean Garnier par exemple, tout cela disent « Il ne faut pas faire ça.
03:09Donnez-nous les moyens de soulager la douleur ».
03:11On a constaté une chose très simple.
03:13parmi tous les gens qui sont en soins palliatifs
03:16et qui voulaient avant qu'on leur applique cette fin de vie,
03:22parmi tous ceux-là, il n'y en a plus que 2 ou 3 %
03:25s'ils sont soulagés de la douleur, qui veulent continuer.
03:29Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des personnes,
03:31j'en connais et j'ai parlé beaucoup avec elles,
03:35qui disent « Mais moi, j'ai une maladie très lourde, dégénérative.
03:41Comment je fais le jour où je ne pourrai plus bouger ? »
03:44Eh bien, c'est cette question-là qui, à mon avis,
03:48se traite les yeux dans les yeux avec les médecins.
03:51On est là pour aider...
03:54Comme ça se fait tous les jours.
03:56Alors que la loi n'existe pas.
03:57C'est pour ça que vous aviez scindé le texte en deux.
03:59Une partie soins palliatifs, parce qu'on a une vraie pénurie
04:02sur les soins palliatifs dans notre pays,
04:03et une partie sur la loi fin de vie.
04:05C'est-à-dire, je n'ai pas voulu qu'il n'y ait qu'un vote
04:08pour deux problèmes distincts.
04:10Si on croit que notre démocratie ou notre République
04:15doit être transparente et honnête,
04:18c'est pourquoi j'ai voulu deux votes.
04:20Un sur les soins palliatifs et un sur cette fin de vie.
04:26Et que là...
04:26Que vous n'appelez pas euthanasie ?
04:27C'est de l'euthanasie ou pas ?
04:29Alors, c'est compliqué, parce que euthanasie,
04:31ça veut dire la mort douce.
04:32C'était déjà quelque chose, une périphrase.
04:38Alors, moi, c'est l'aide à mourir,
04:41ou c'est l'action de donner la mort en fin de vie.
04:46Et c'est un énorme problème de conscience,
04:48parce que c'est un changement profond de la société
04:51dans laquelle on est.
04:52Et je dis ça en respectant tous ceux
04:55qui ont une opinion différente et que je connais aussi.
04:58Vous comprenez l'entêtement d'Emmanuel Macron
04:59à vouloir voter, faire voter absolument cette loi,
05:02maintenant, alors qu'il y a tant de problèmes dans notre pays,
05:04et on va les évoquer.
05:04Il y en a beaucoup, mais il n'est pas vrai
05:07que ce soit un entêtement personnel.
05:10La pression des députés,
05:12au sein de l'Assemblée nationale...
05:15Vous l'avez vécue.
05:16Il y a un très grand nombre...
05:18Et j'ai donc séparé ces deux textes.
05:20Et un jour, le promoteur principal,
05:24que je connais bien, qui est un ami,
05:26Olivier Falorni, est venu me voir.
05:28Et il m'a dit, au fond,
05:29t'as eu raison de séparer les deux textes.
05:32Parce qu'on a pu avoir des débats plus concentrés.
05:35Mais le problème de conscience que je rapporte,
05:39et dont j'atteste ce problème de conscience,
05:41il est pour l'avenir de la société,
05:44qui est la nôtre, très important.
05:45François Barraud, l'autre grand thème dans l'actualité,
05:47c'est tout ce qui concerne la justice,
05:49tout ce qui concerne le fonctionnement de notre société.
05:52On a les drames quotidiens, qui émaillent l'actualité.
05:55Les prénoms, comme Liana, comme Philippine,
05:58comme Louis, qui, chaque jour, représentent ses victimes.
06:01Et ces familles, qui, désormais, refusent de se taire,
06:04qui refusent de se faire silencier par le système,
06:07et qui disent, non, on veut une justice,
06:09qui soit une vraie justice, et qui nous protège.
06:12Il y a une fracture, désormais, entre les Français et la justice.
06:14Deux tiers d'entre eux ne lui font plus confiance.
06:16Est-ce qu'il y a un moyen de réparer cela, François Bayrou ?
06:19Il va falloir le réparer.
06:21Je veux dire, vous avez des attitudes
06:24qui sont des attitudes très antagonistes.
06:28Vous avez les Français qui voudraient juger les juges,
06:31ou qui exigent de juger les juges.
06:33En tout cas, qui faisaient des sanctions.
06:35Et vous avez les juges qui disent,
06:37mais ne touchez pas à magistrats.
06:43Il va falloir trouver.
06:44Et c'est un bon exemple de toutes les réconciliations
06:49qu'il va falloir conduire en France.
06:51Et vous voyez que vous avez ces antagonismes
06:55qui excitent complètement les positions.
06:58Moi, je suis du côté des parents.
07:00Alors, ce n'est pas très original de dire ça.
07:02Ça fait homme politique qui a ses formules sur ces sujets.
07:11Et aucun d'entre nous ne peut être indifférent.
07:13Mais dans l'affaire Iliana, par exemple,
07:15on voit bien que ce qui a provoqué le drame,
07:19c'est une erreur de fonctionnement de la justice
07:21ou un dysfonctionnement, comme on dit.
07:25C'est-à-dire, non seulement ça n'a pas fonctionné,
07:27mais ça a fait le contraire.
07:28C'est-à-dire, ça a poussé sous le tapis la poussière.
07:33Et ce dysfonctionnement est, hélas,
07:37et je dis ça en pensant aux parents de cette petite fille,
07:42ça a, hélas, provoqué le drame.
07:45Il y a aussi la mort de Louis.
07:47Ce n'est pas un drame qui a été subi,
07:49c'est un drame qui a été provoqué.
07:50Provoqué. C'est très loueur, ce que vous dites.
07:52Il y a aussi Louis, ce jeune homme qui a été massacré
07:57par cinq autres jeunes, dont trois mineurs.
08:01Est-ce qu'on peut parler d'ensauvagement ?
08:03Vous avez souvent fait ce constat-là.
08:05Il figure aussi dans ce livre, François Bayrou.
08:07Est-ce qu'aujourd'hui, il y a un ensauvagement
08:10de la situation en France ?
08:13Il y a des secteurs de la société
08:16qui sont tellement en panne et tellement enflammés.
08:20Par exemple, l'aide sociale à l'enfance.
08:25C'est exactement le cas.
08:26Exactement le cas.
08:27Qu'on évoque là.
08:30Nous avons dans nos rangs, dans notre groupe,
08:33à l'Assemblée nationale,
08:35une jeune femme formidable sur ce sujet
08:38qu'elle connaît intimement,
08:40qui s'appelle Périne Goulet,
08:42et qui mène le combat
08:44sur la réforme en profondeur
08:49qu'il faut conduire,
08:51parce que ces jeunes garçons
08:53et ces jeunes adolescents,
08:55dans des familles d'accueil
08:57qui sont parfois démunies
08:58pour maîtriser
09:01ou pour orienter leur développement,
09:05c'est un immense travail à conduire
09:09et dans un pays
09:10qui n'a plus les moyens
09:13d'augmenter les dépenses perpétuellement.
09:15Ma question, c'est en sauvagement.
09:16Est-ce qu'on assiste,
09:17et c'est un vrai sujet,
09:19à une faillite morale, éducative, sociétale,
09:22qui ne nous permet plus d'élever nos jeunes,
09:24nos enfants,
09:25qui s'entretuent les uns les autres ?
09:26Oui, peut-être.
09:28Peut-être qu'il ne faut pas avoir une formule
09:30en pensant que c'est dans toutes les villes
09:32et dans toutes les rues.
09:32Mais c'est très important
09:35et très choquant.
09:36Ça existe.
09:37C'est Jean-Pierre Chevènement
09:39qui avait dit, je crois, des sauvageons.
09:40Des sauvageons.
09:40Des sauvageons, vous savez,
09:43dans une forêt,
09:45c'est des drageons
09:47qui poussent sans être guidés.
09:51Oui, il y a quelque chose
09:53d'une violence tellement forte
09:55dans toute la société
09:57que c'est un ensauvagement
09:59de la société toute entière.
10:00Exemple.
10:02Vous allez sur les réseaux sociaux
10:04et vous lisez les postes
10:06qu'il y a sous chacun de vos gestes,
10:09de vos actes,
10:10vous, journalistes,
10:12hommes responsables politiques,
10:15chefs d'entreprise.
10:16C'est d'une violence,
10:19d'une méchanceté,
10:21d'une haine recuite,
10:23de la volonté,
10:24on a l'impression
10:25d'abattre,
10:26de déshonorer,
10:27de tuer,
10:28par centaines et milliers,
10:30protégés par l'anonymat.
10:33Comme si,
10:34j'ai un chapitre dans le livre
10:35sur ce sujet,
10:37comme si
10:39se révélait
10:40par l'anonymat
10:41le tréfonds
10:43de la nature humaine
10:44dans les sociétés
10:45où nous sommes,
10:46qui ne sont plus cadrés,
10:48qui ne sont plus guidés,
10:50et qui donnent
10:51aux responsables
10:52de la société
10:54très importantes charges
10:57que personne ne pourra éluder,
10:59y compris dans les campagnes
11:00qui viennent.
11:01Alors François Bayrou,
11:02alerte sur la France qui vient,
11:03c'est votre livre
11:03de l'édition de l'Observatoire.
11:04Pour vous,
11:05le cœur du réacteur,
11:06c'est la dette,
11:07qui est abyssal dans notre pays.
11:09Vous dites quasiment
11:10que nous,
11:11nous sommes à un point de bascule
11:12pour cet endettement.
11:14Et concernant le système
11:15des retraites,
11:16évidemment,
11:16qui est connexe,
11:17vous dites qu'il peut y avoir
11:19une guerre de génération.
11:20Est-ce qu'on peut encore éviter
11:22ces écueils-là,
11:23à votre avis ?
11:24Laurence Ferrari,
11:25on va vers une guerre
11:25de génération
11:26si on ne fait rien.
11:28Une guerre de génération
11:29par négligence,
11:30par laxisme.
11:32Il y a 50 ans,
11:3350 ans,
11:35que la France
11:36n'a plus voté
11:37un budget en équilibre.
11:40Ça veut dire
11:41des déficits
11:41tous les ans,
11:42des déficits croissants.
11:44Et ces déficits,
11:45il faut les emprunter
11:47pour payer les salaires,
11:48pour payer les charges
11:49de l'État
11:49et de la Sécu.
11:51Et ce sont ces déficits
11:55qu'il faut emprunter
11:55qui, accumulés
11:56au fil du temps,
11:58forment la dette
11:59incroyable
12:00dans laquelle nous sommes.
12:01Et alors,
12:01autrefois,
12:03vous savez que je mène
12:04campagne sur ce sujet
12:05depuis longtemps.
12:06Depuis 2006,
12:082007,
12:09en tout cas ?
12:09Oui,
12:10même...
12:10La campagne ?
12:11Voilà.
12:11En tout cas,
12:12depuis 2007,
12:13dont j'avais fait
12:13un sujet majeur.
12:17autrefois,
12:17on disait,
12:17bon,
12:19d'accord,
12:20François Bayrou,
12:21il a raison,
12:21c'est une obsession
12:22chez lui,
12:24mais c'est pour plus tard.
12:26C'est un jour
12:26qu'on aura des ennuis.
12:27Mais aujourd'hui,
12:28vous l'avez vu,
12:29et la Cour des comptes
12:30et toutes les analyses
12:32que j'ai développées
12:33dans ce livre
12:33montrent
12:34que ça n'est plus
12:35pour plus tard,
12:36c'est désormais aujourd'hui.
12:38Ça n'est plus un risque,
12:39c'est une fatalité
12:40que nous affrontons
12:41aujourd'hui
12:43à telle enseigne
12:44que l'année prochaine,
12:46la totalité
12:47des impôts
12:48sur le revenu
12:49que paie chacun
12:50de ceux qui nous écoutent
12:51quand ils en paient,
12:52et vous,
12:52et moi,
12:53et tous ceux qui sont là,
12:54la totalité
12:55de l'impôt
12:56sur le revenu
12:57de toutes les villes
12:57et de tous les villages français
12:59ne suffira plus
13:01à rembourser
13:02les intérêts.
13:02À rembourser
13:03seulement les intérêts
13:05de la dette.
13:05On est d'accord.
13:06Pas la dette,
13:06on n'a jamais remboursé
13:07un euro de dette
13:08depuis 50 ans.
13:09Pas un euro.
13:10Et la guerre des générations,
13:11c'est quoi ?
13:11C'est les jeunes
13:11qui s'en prendraient
13:12aux plus âgés ?
13:13C'est les jeunes
13:13qui leur reprocheraient
13:14d'avoir profité du système
13:15et de l'avoir ruiné ?
13:16Si vous parlez avec eux
13:18la charge
13:18qu'ils vont avoir à porter
13:20la plus lourde
13:21et la plus longtemps,
13:24le plus longtemps
13:25dans les décennies qui viennent,
13:28c'est eux
13:29qui vont avoir à le faire.
13:31Quand nos générations
13:33avaient 20 ans,
13:34il n'y avait pas de dette.
13:38En 80,
13:39il n'y avait pas de dette.
13:41Et puis,
13:42tout d'un coup,
13:42ça s'est installé,
13:43ça s'est accéléré.
13:44C'est devenu
13:47un réflexe
13:48pour chacun des gouvernants
13:49et chacun des citoyens.
13:51Tout le monde dit
13:52mais sur ce problème,
13:53il faut des moyens.
13:55Tous les grands sujets
13:56que vous avez évoqués,
13:58il faut des moyens
13:59et on doit donner
14:01les moyens supplémentaires.
14:03il n'y aura plus
14:04de moyens supplémentaires.
14:08Parce qu'on a la défense,
14:10on a l'école,
14:11on a...
14:12La sécurité.
14:13La sécurité.
14:14On devrait avoir
14:15la science et la recherche,
14:16on a l'intelligence artificielle.
14:18Et donc,
14:19vous voyez que
14:19tout cela,
14:21en réalité,
14:22exige,
14:23exige
14:24une prise de conscience
14:26de la société
14:26dans laquelle nous vivons.
14:28parce que s'il n'y a pas
14:29de prise de conscience,
14:30alors les gouvernants
14:31qui suivent toujours
14:32la société,
14:34qui suivent toujours
14:34la demande,
14:35qui suivent toujours
14:35les sondages,
14:36ne feront pas face.
14:37Prise de conscience
14:38et des Français
14:39et de leurs responsables politiques,
14:40c'est ce que vous dites
14:40aussi clairement dans ce livre.
14:42Est-ce qu'il y a un homme
14:43ou une femme providentielle
14:44qui pourrait, selon vous,
14:45renverser la table,
14:47remettre la dette,
14:48en tout cas,
14:50la faire un peu baisser ?
14:51Est-ce que vous,
14:52vous êtes candidat,
14:53François Bayrou ?
14:54Je ne suis pas candidat.
14:55Vous n'êtes pas candidat.
14:56Est-ce que...
14:57Écartons d'emblée juste
14:58une hypothèse sur...
15:00Est-ce que vous avez passé
15:00un pacte avec François Hollande ?
15:02Non, j'ai lu ça.
15:03C'est n'importe quoi.
15:05C'est n'importe quoi.
15:09Les journalistes
15:11qui se laissent entraîner
15:12à n'importe quoi,
15:13j'ai vu ces jours-ci
15:15qu'il y avait cette rumeur,
15:16une rumeur fondée
15:17sur un article démenti.
15:20Enfin, vous voyez tout ça.
15:21Donc c'est non.
15:22Il n'y a pas de pacte secret.
15:24Évacuons l'hypothèse.
15:25Pourquoi ?
15:25Je pense que
15:26cette élection présidentielle,
15:29elle n'est pas comme les autres.
15:32Autrefois,
15:32on allait à l'élection présidentielle
15:34pour se faire connaître,
15:36pour se faire voir,
15:39pour que les Français découvrent
15:41les charmes immenses
15:42qui sont ceux
15:44des candidats successifs.
15:46Mais c'est fini.
15:48Cette année,
15:49l'élection présidentielle,
15:50ce n'est pas ça.
15:51Cette année,
15:52l'élection présidentielle,
15:53c'est la menace des extrêmes.
15:55Et il n'y a aucun pays
15:57dans le monde,
15:58aucun pays dans le monde
16:00qui se soit relevé des extrêmes.
16:02Jamais.
16:03Je ne veux pas citer des noms,
16:04mais vous les avez en tête.
16:06Et donc,
16:08la menace immense
16:10créée par cette tenaille,
16:14elle doit être conjurée.
16:15Et elle change la nature
16:16de l'élection présidentielle
16:17et des candidatures.
16:18Pourquoi ?
16:18Parce que ça veut dire
16:19qu'il ne faut pas se présenter
16:21pour participer,
16:22il ne faut pas se présenter
16:22pour témoigner,
16:23il ne faut pas se présenter
16:24pour faire connaître,
16:25il faut se présenter
16:26pour gagner.
16:28Et présenter pour gagner,
16:29ça veut dire aussi
16:30qu'il faut des candidats,
16:31je suis sûr qu'il y en a
16:32qui vont apparaître,
16:34qui ont les épaules
16:35pour être demain matin
16:36président de la République.
16:37Ça veut dire
16:38qu'il n'y en a pas actuellement
16:38qui ont les épaules ?
16:40Sûrement, peut-être.
16:41Édouard Philippe,
16:42il n'a pas les épaules ?
16:42Je ne veux pas participer
16:46à ces concours-là.
16:49Vous voyez bien
16:49que ce que traduisent
16:51les sondages,
16:51c'est comme une insatisfaction
16:52par rapport aux candidats
16:54déjà déclarés,
16:55qui ont des qualités,
16:56qui ont des mérites,
16:57qui ont des vertus,
16:58mais qui ne semblent pas
17:00toucher et répondre
17:01à la question.
17:03Il faut des gens
17:03qui ont une expérience
17:05qui ne ressemble
17:06à aucune autre,
17:08une compréhension
17:09des différents domaines
17:10de l'économie
17:11et des relations internationales
17:15et de la diplomatie
17:16et des armées
17:17et qui puissent exercer
17:18la fonction demain
17:20et, deuxièmement,
17:21capables de rassembler
17:23et de réconcilier.
17:24Vous venez de faire
17:24votre portrait robot,
17:25François Bayrou.
17:26Non, pas du tout.
17:26Non, je ne suis pas candidat.
17:28Mais je pense qu'il y a des candidats...
17:29Et vous ne le serez pas ?
17:30Quoi qu'il arrive ?
17:31Non, je ne le serez pas.
17:32Non, je vous ai dit,
17:33c'est...
17:35Si j'avais écrit ce livre
17:37en étant candidat,
17:39qui aurait lu le livre
17:40comme un livre sur la France ?
17:41Ils auraient cru que c'était
17:42un livre sur moi.
17:43Ou un programme.
17:44Un programme
17:45que, en fait,
17:46je défendais mes propres avantages
17:49et ce n'est pas ce que
17:50les Français veulent.
17:51Mais pourtant,
17:52vous dites,
17:52j'ai choisi le combat.
17:53Il n'y a à chaque fois
17:55qu'une question,
17:55s'arrêter au repardir,
17:56j'ai choisi le combat.
17:57Donc, vous voulez toujours
17:58combattre pour la France,
17:59François Bayrou ?
18:00Combattre pour essayer
18:01de sauver,
18:03je parle de sauvegarde,
18:05un pays qui est aujourd'hui
18:07dans une situation
18:08depuis des décennies
18:09que nous avons vues,
18:10vous et moi,
18:13depuis des décennies,
18:17se laisser envahir
18:19par des pratiques
18:20qui sont des dérives,
18:21en réalité,
18:22et celle de la dette
18:23n'est pas la plus mince,
18:25mais ce n'est pas la seule.
18:26Vous avez dit tout à l'heure,
18:27il n'y a plus rien qui marche
18:30dans le pays.
18:31C'est vrai,
18:31ce qui veut dire
18:32qu'il faut changer
18:32notre organisation profondément.
18:35parce que...
18:36Mais est-ce que les Français
18:37le veulent ?
18:37Est-ce qu'ils sont prêts
18:38à changer tout ce à quoi
18:40ils soient habitués
18:41depuis tant d'années ?
18:42Ceci est exactement
18:43la question.
18:44Est-ce qu'on va changer
18:46par force,
18:48méchamment ?
18:49Écoutez-moi bien,
18:51vous enregistrez...
18:52Et on garde ça
18:53dans les archives.
18:53Par force,
18:54méchamment.
18:55Ou bien est-ce qu'au contraire,
18:57on va comme un peuple
18:59debout,
19:00ouvrir les yeux,
19:01ce que j'ai proposé
19:02et qui a été refusé
19:03à l'Assemblée nationale
19:04il y a neuf mois,
19:06on va ouvrir les yeux
19:07et dire
19:07voilà le constat
19:09et donc on va décider
19:11tous ensemble
19:12de faire ce qu'il faut
19:14pour s'en sortir.
19:15Ce qu'il faut
19:16sur plusieurs années,
19:17ce qu'il faut
19:17pour s'en sortir
19:18avec un plan
19:21sérieux,
19:23exigeant
19:23de retour
19:24à l'équilibre.
19:26Les mois
19:27que nous allons vivre,
19:28je ne parle même plus
19:29d'années,
19:30je parle de mois,
19:31les mois qui viennent
19:33sont un danger
19:34terrible
19:34pour le pays
19:36et donc il faut
19:37une prise de conscience
19:38et donc il faut
19:39les yeux ouverts
19:39et du courage.
19:40Merci beaucoup
19:41François Bayrou,
19:42alerte sur la France
19:43qui vient aux éditions
19:43de l'Observatoire,
19:44merci d'avoir partagé
19:45votre constat
19:46avec nos téléspectateurs
19:47et nos auditeurs.
19:48Bonne journée
19:48sur CNews et sur Europe 1.
19:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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