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Du lundi au jeudi, à 8h13, un invité au centre de l'actualité répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00Et notre invité dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Bruno Retailleau.
00:04Bonjour à vous.
00:04Bonjour Laurence Ferrari.
00:05Bienvenue président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle.
00:09Justement, Bruno Retailleau, on connaît les dates de l'élection présidentielle.
00:1218 avril 2 mai 2027, un second tour donc au lendemain du 1er mai
00:17où la gauche manifeste massivement dans les rues de façon traditionnelle.
00:21Est-ce que c'est pour vous une façon de contourner la loi du silence électoral qui prévaut ?
00:27Ce choix des dates, puisqu'il y avait deux choix.
00:29Nous avons été consultés en début de semaine au ministère de l'Intérieur.
00:33Ce choix n'est pas neutre.
00:34Et vous avez raison de le souligner.
00:36Moi, je m'inscris totalement contre ce choix-là, qui n'est pas normal
00:41parce qu'il y a une grande règle pour les élections,
00:44c'est qu'on termine la campagne à minuit, qui précède le premier ou deuxième tour,
00:49le second tour, à minuit le vendredi.
00:52Donc évidemment, le 1er mai, ce sera le samedi.
00:55Qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position,
00:59il n'y aura aucun écho politique.
01:02Donc, première chose, ça, ça n'est pas normal.
01:04Je pense qu'il peut y avoir aussi une stratégie du chaos, parce qu'imaginez...
01:09Voulu par Emmanuel Macron, Bruno Retailleau ?
01:10Oui, sans doute, parce qu'on voit bien que le 1er mai aujourd'hui,
01:15il y a peu de 1er mai qui se passent calmement.
01:17Donc il y a toujours une montée en pression et avec parfois des débordements.
01:22Vous imaginez la veille d'un second tour ?
01:24J'espère que ce ne sera pas un second tour avec les deux ailes radicales.
01:27Mais on voit bien que, de toute façon, la gauche, dans cette réunion,
01:31ce que mon collaborateur qui assistait à cette réunion m'a rapporté,
01:34c'est que le choix de la gauche, c'était le choix qu'ont fait mon successeur Laurent Dunez
01:39et le président Emmanuel Macron.
01:41Une fois de plus, ce gouvernement a obtempéré.
01:44Et le choix du gouvernement, ça a été le choix de la gauche,
01:47parce que la gauche pense qu'une second tour, après le 1er mai,
01:52eh bien, ça l'avantagera.
01:53Eh bien, moi, je m'inscris en faux, je veux dire ma colère ce matin,
01:56ce choix n'est pas un choix neutre, ça n'est pas normal sur le plan démocratique.
02:01C'est un choix qu'on ne pourra pas changer, c'est la décision du président de la République, de
02:04toute façon.
02:05C'est à la discrétion du président de la République.
02:07Mais à quoi bon nous avoir réunis ?
02:09Si c'était à mon avis, depuis le départ, il voulait ce choix,
02:12mais qui est encore un choix qui enfreint un certain nombre de règles démocratiques
02:17pour que le scrutin se passe bien, de façon à la fois apaisée
02:20et en respectant les règles électorales habituelles.
02:23Si jamais, d'aventure, il y avait ou un candidat RN ou un candidat de droite que vous incarneriez,
02:27il y aurait des manifestations, des mobilisations, justement,
02:30pour dénoncer l'arrivée de la droite éventuellement au pouvoir.
02:33Mais c'est un appel à ce genre de comportement, voilà, dans la rue, la veille d'une élection.
02:38Est-ce qu'on veut une démocratie apaisée, avec une conversation civique,
02:42des échanges d'arguments, ou est-ce qu'on veut autre chose ?
02:45On veut la violence ? On ne s'y prendrait pas mieux.
02:48Vous avez déclaré lors de votre meeting au Parc Floral de Paris le 20 juin dernier,
02:53je fais le serment de gagner en 2027.
02:56Vous êtes sûr d'aller au Boubroune-Retailleau ?
02:57Vous nous dites, j'en serai présent le 18 avril.
03:00Absolument certain, je voudrais l'expliquer de la façon la plus claire possible
03:04à celles et à ceux qui nous écoutent.
03:05Je pense, je sillonne la France, je serai à Brest demain,
03:09je serai à Aix et à Marseille après-demain.
03:11Mais ce que je ressens, quand je vois, je discute avec les gens,
03:16c'est qu'il y a deux choix, vraiment, qu'ils récusent, qu'ils repoussent.
03:20Le premier, ce serait la troisième saison du macronisme,
03:24avec un des anciens premiers ministres, Emmanuel Macron.
03:26Édouard Philippe, Gabriel Attal.
03:28Voilà.
03:28C'est bonnet blanc, blanc bonnet pour vous ?
03:30Mais ils sont contaminés, ils sont contaminés par le bilan d'Emmanuel Macron
03:34et je pense qu'ils ne parviendront pas à se décontaminer.
03:38Et pas vous, qui avez été ministre aussi d'Emmanuel Macron ?
03:40Non, parce que j'étais un ministre de l'intérieur de cohabitation.
03:43Et c'est apparu très clairement, aux yeux de tous les Français,
03:46que sur beaucoup de sujets, je me suis opposé à Emmanuel Macron.
03:50C'était le sujet Corse, c'était le sujet sur l'Algérie,
03:52c'était le sujet de l'immigration.
03:53Si j'étais non pas un ministre de l'intérieur d'Emmanuel Macron,
03:57mais un ministre de cohabitation.
03:58Et puis, il y a l'autre choix qu'ils ne veulent pas non plus.
04:01Ils ne veulent pas imaginer un second tour entre M. Mélenchon
04:04ou Mme Le Pen ou M. Bardella,
04:05qui précipiterait la France dans le chaos.
04:07Donc, entre ces choix-là étant écartés,
04:11je pense que mon projet de remettre la France à l'endroit,
04:14avec de la radicalité, mais aussi de la raison,
04:17c'est ce que choisira les Français.
04:18De la radicalité, on y reviendra.
04:20Mais pour vous, RN et les filles, même combat ?
04:22C'est-à-dire qu'au second tour,
04:24si d'aventure vous n'étiez pas qualifié,
04:25vous ne choisissez pas ?
04:26Vous votez blanc, Bruno Retailleau ?
04:28Ah non, mais je...
04:29De mai 2027 ?
04:30Laurence Ferrari, je ne m'avouerai jamais vaincu.
04:33Votre question précédente...
04:34Même en janvier, si vous êtes derrière,
04:36dans les sondages, Edouard Philippe.
04:37Votre question précédente était de dire
04:39est-ce que Bruno Retailleau vous décrocherait ou pas ?
04:41Parce que je serai au second tour.
04:42J'en ai l'intime conviction.
04:44Tout simplement parce que les convictions que je porte
04:47depuis longtemps,
04:48moi je n'ai pas changé d'avis comme beaucoup d'autres,
04:50je les porte depuis très longtemps,
04:51sans correspondre aux aspirations des Français.
04:53Et les solutions que je mets sur la table,
04:55que je propose,
04:56sont les bonnes solutions
04:57pour remettre la France à l'endroit.
04:59Mais est-ce que vous mettez un signe égal
05:00entre le Rassemblement national et la France insoumise ?
05:02Vous savez bien que non,
05:03j'ai déjà répondu ici.
05:04Je pense que LFI, pour la première fois,
05:07on a un parti qui revendique la violence,
05:09la brutalisation,
05:11la conflitalisation du débat politique.
05:13Mais pas seulement.
05:14Regardez ce qui s'est passé à Lyon.
05:16On a un parti,
05:18notamment les Insoumis,
05:19toujours qui font du racialisme
05:21leur fond de commerce,
05:22de l'antisémitisme aussi,
05:24leur fond de commerce.
05:24C'est du jamais vu,
05:25depuis très longtemps.
05:27Donc ce n'est pas exactement la même chose pour vous.
05:28On connaîtra le 7 juillet prochain
05:31le nom du candidat officiel du RN.
05:33Marine Le Pen,
05:34Jordan Bardella,
05:35c'est la même chose pour vous ?
05:36C'est la même campagne pour vous ou pas ?
05:38Ou vous ajusterez ?
05:39Peu m'importe.
05:40Peu m'importe.
05:41J'attends la décision de justice.
05:44Simplement, pour moi,
05:45le RN est un parti démagogique.
05:47Vous trouverez très peu de sujets,
05:48d'ailleurs,
05:49sur lesquels il n'est pas changé d'avis.
05:51Sur l'euro,
05:52sur l'Europe,
05:53y compris sur l'immigration.
05:54Il voudrait jadis l'immigration zéro.
05:57Sur les retraites,
05:58sur le nucléaire.
05:59Il n'y a pas un seul sujet,
06:00parce qu'il faut toujours être dans le vent.
06:02C'est un parti girouette,
06:03un parti attrape-tout.
06:04Et je pense que la France,
06:05elle a besoin de constance.
06:06Je pense qu'on a beaucoup souffert,
06:08avec Emmanuel Macron,
06:09de ce manque de cohérence,
06:10de constance.
06:11Il n'y a pas de cap.
06:12On fait des têtes à queue en permanence,
06:14sur tous les sujets.
06:15Il fallait arrêter Fessenheim et le nucléaire.
06:18Et maintenant,
06:19il faut construire 14 réacteurs.
06:21Sur chaque sujet,
06:22il y a eu des têtes à queue,
06:23il y a eu des zigzags.
06:24Et je pense que c'est ce qui a épuisé la France
06:26et les Français.
06:27Donc, ne recommençons pas avec d'autres visages.
06:30Bruno Retailleau,
06:30vous voulez remettre la France à l'endroit,
06:32c'est votre slogan.
06:33Est-ce que vous arrivez déjà
06:34à remettre à l'endroit votre parti ?
06:36Est-ce que déjà,
06:37ce n'est pas un peu la zizanie,
06:38dans vos rangs,
06:39avant même que le grand match
06:41de la présidentielle
06:41ne commence, Bruno Retailleau ?
06:42Mais où est la zizanie ?
06:43Où sont les barons ?
06:44Mais les barons,
06:45regardez François Baroin,
06:47Gérard Larcher,
06:48Varly Pécresse,
06:49et bien d'autres étaient à mon meeting.
06:50Laurent Wauquiez,
06:51Xavier Bertrand ?
06:52Combien, combien, combien ?
06:53Deux, trois ?
06:53Attendez, deux, trois ?
06:54Pourquoi ils ne sont pas là ?
06:55Mais moi,
06:56ma façon de gouverner le parti,
06:58c'est la façon dont je gouvernerai la France.
07:00Je m'adresse aux militants.
07:02Je m'adresse à la base, vous voyez.
07:03Ceux qui vous ont désigné, clairement.
07:05Ceux qui m'ont désigné,
07:06et ce n'est pas un, deux ou trois chapeaux à plumes
07:08qui peut faire...
07:09Je ne veux pas être pris en otage
07:11parce que j'ai vécu trop d'élections présidentielles
07:13où les uns ou les autres faisaient de l'eau tiède,
07:16une synthèse molle,
07:17parce qu'il ne fallait pas déplaire
07:18à tel ou tel chapeau à plumes.
07:20Moi, je suis libre
07:21et je pense que la France est dans un tel État
07:23qu'il faut des solutions
07:25qui ne doivent pas être, si j'ose dire,
07:27négociées dans des arrières boutiques politiciennes.
07:29D'accord.
07:30Mais il n'empêche que pour vous,
07:31le grand danger, c'est un affrontement RN et les filles
07:33et que vous ferez tout pour l'empêcher,
07:35quitte à créer des alliances
07:36dans cet immense bloc central
07:37où il y a un coup d'un par jour,
07:39voire deux par jour,
07:40au Bruno Retailleau.
07:41Vers qui vous tournez-vous ?
07:42Je vous ai répondu.
07:43Où sont vos alliés ?
07:43Non, non, mais où sont vos alliés ?
07:44Je ne vous parle pas de la famille.
07:46Ah non, mais mes alliés,
07:47une fois élus président de la République,
07:48j'aurai une majorité.
07:49Non, non, avant, dans ce bloc central.
07:50Mes alliés, ce sont les Français.
07:51Qui vous attirez à vous ?
07:52La politique, c'est une dynamique.
07:55Exactement.
07:55Mais la dynamique, vous ne la faites pas en haut.
07:57Vous la faites sur le terrain.
07:59La dynamique, ce sont les Françaises et les Français.
08:02Moi, je veux appeler précisément
08:04à voter pour moi et pour mon projet
08:06tous les Français.
08:07Je les ai appelés, la France des honnêtes gens,
08:10la majorité nationale.
08:11Parce qu'ils en ont marre.
08:13On a une justice qui ne fonctionne plus,
08:14un hôpital fragilisé,
08:16une école qui est en train de fabriquer
08:18en réalité des inégalités.
08:20Vous savez qu'en France,
08:22c'est le lieu, c'est le pays
08:24de toute l'Europe
08:25où le lien entre la situation des parents,
08:28la situation sociale,
08:29le revenu des parents
08:30et la réussite des enfants, des élèves
08:32est le plus resserré.
08:33Alors, à quoi ça sert l'école républicaine ?
08:35Jamais plus on devrait prononcer
08:36cette expression d'école républicaine.
08:38Moi, demain, je veux donner
08:39à chaque Français, petit Français,
08:42d'où qu'ils viennent, d'où qu'ils soient,
08:44les mêmes conditions de réussite
08:45à condition de l'effort et du mérite.
08:48Mon projet pour l'école,
08:49ce sera une école républicaine
08:53méritocratique.
08:53Bruno Retailleau,
08:54parlons de justice,
08:55vous l'avez évoqué.
08:56Dimanche prochain,
08:57à Narbonne,
08:58aura lieu le dernier hommage
09:00pour le jeune Louis,
09:0117 ans,
09:01qui a été massacré,
09:02comme vous le savez,
09:02une dizaine de jours
09:03par cinq jeunes,
09:04dont trois mineurs.
09:05sa famille demande que tous les politiques viennent,
09:08qu'il y ait une démarche transpartisane
09:10autour de la protection de l'enfance,
09:12autour de la justice des mineurs.
09:14Est-ce que vous répondrez présent
09:15à l'appel de la famille de Louis ?
09:16Écoutez,
09:17le rôle des hommes et des femmes politiques,
09:19c'est d'agir.
09:20Ça n'est pas de manifester.
09:22Donc vous n'y répétez pas.
09:22Ça n'est pas de pétitionner.
09:24Le rôle des hommes et des femmes politiques,
09:26c'est de proposer des solutions.
09:28Ça fait des années
09:28que je demande
09:29que la justice des mineurs change.
09:31Aujourd'hui,
09:32on est contraint,
09:33le Conseil constitutionnel,
09:34à annuler,
09:35à censurer
09:36une loi qui était plutôt timide
09:38il y a exactement un an
09:39qui voulait durcir
09:40la justice des mineurs.
09:41Moi, je veux que dès le premier délit grave,
09:44les mineurs puissent aller
09:46pour quelques semaines en prison
09:47parce qu'il y a une violence incroyable.
09:49Est-ce que vous savez,
09:50Laurence Ferrari,
09:52qu'il y a un triplement,
09:53justement,
09:54des victimes
09:54qui sont des mineurs
09:55en une dizaine d'années.
09:57Il y a un doublement,
09:58justement,
09:58de ces mineurs
09:59qui font ces tentatives d'homicide.
10:01Donc,
10:02il faut durcir cette politique-là
10:03et nous ne parviendrons pas
10:04par la loi simple.
10:05Il faut réviser la Constitution
10:07et je suis le seul,
10:08écoutez-moi bien,
10:10à m'engager
10:11pour vivre aux Français
10:12par référendum
10:13après révision de la Constitution.
10:15C'est vous
10:16qui choisirez
10:16la politique pénale
10:18parce que la justice en France
10:19est rendue
10:20au nom du peuple français.
10:21Eh bien,
10:21je veux que ce soit
10:22le peuple français
10:23qui en décide.
10:25Et vous avez des propositions à faire.
10:27Mais moi,
10:27vous me parlez de loi,
10:28vous me parlez de politique.
10:29Moi, je vous parle d'être
10:30de bon sens.
10:32Qu'est-ce qu'il y a de plus important
10:32que d'être aux côtés
10:33de la famille de ce jeune homme ?
10:34Qu'est-ce qu'il y a de plus important
10:35pour une rétablissement ?
10:36Mais être aux côtés,
10:37mais j'en ai marre.
10:38De leur dire,
10:38on est assez intelligent
10:41pour se mettre autour
10:41de la table
10:42et réfléchir
10:43tous ensemble.
10:44Il fallait mettre des bougies.
10:45Très bien,
10:45il y a la compassion.
10:47Et moi, je veux dire
10:47à la famille...
10:47Mais il y a eu une grande marche
10:48aussi après les attentats.
10:50Mais bien sûr,
10:51on en a fait partie,
10:52bien sûr.
10:52L'antisémitisme, vous...
10:53Mais l'important,
10:54l'important de Laurence Ferrari,
10:56c'est de prendre des décisions.
10:58Et moi, je me présente
10:59comme candidat
10:59à l'élection présidentielle.
11:01Ce que je veux dire
11:02à cette famille,
11:02comme à la maman d'Elias,
11:04comme à tous les autres,
11:05c'est que ma main
11:06ne tremblera pas.
11:07On va renverser la table.
11:08Je veux remettre
11:09la France à l'endroit.
11:11Et remettre la France
11:11à l'endroit,
11:12ça n'est pas de pétitionner,
11:13ça n'est pas de manifester,
11:15c'est de prendre des décisions.
11:16On ne peut pas traiter
11:17les mineurs d'aujourd'hui
11:19qui sont ultra-violents,
11:20qui n'ont aucune empathie,
11:22parfois, malheureusement,
11:23qui peuvent tuer
11:24dans des conditions abominables,
11:25comme on les traitait
11:26avec l'ordonnance
11:27de 1945.
11:28comme des adultes,
11:29on les juge comme des adultes.
11:30On fait sauter
11:31l'excuse de minorité.
11:32Mais surtout,
11:33oui, ça fait partie,
11:34bien sûr,
11:35on inverse la logique
11:38de l'excuse de minorité,
11:40notamment entre 16 et 18 ans.
11:42On revoit aussi
11:44l'âge de la majorité pénale,
11:45il faut l'abaisser,
11:47mais surtout,
11:48il y a une contention.
11:50Devant des mineurs
11:51qui n'ont plus de limites,
11:52il faut remettre des limites.
11:54La première limite
11:55pour des jeunes mineurs
11:56qui ne pensent plus,
11:57qui n'éprouvent plus
11:58aucun sentiment,
11:59c'est de les enfermer
12:00dans des prisons
12:01qui sont spécialisées,
12:02dans des prisons...
12:04C'est-vous qui construisez
12:05les prisons ?
12:05Bien sûr,
12:06mais bien sûr.
12:06En combien de temps ?
12:07Mais en très peu de temps.
12:08Et s'il faut prendre
12:09une loi Notre-Dame
12:10pour le faire,
12:10on le fera.
12:11Moi, je connais des communes
12:12et des maires
12:13qui ne demandent pas mieux
12:14que d'avoir justement
12:15ce type d'établissement.
12:17Ce sera des prisons
12:18qui comporteront moins
12:19de moyens de sécurisation
12:21parce qu'on n'a pas affaire
12:22à des terroristes,
12:23mais il faut les emprisonner
12:25par des courtes peines,
12:27quelques semaines.
12:28Les Pays-Bas
12:29ont tenté cette politique
12:31et ça a fonctionné.
12:31Combien de places de prison
12:32vous proposez ?
12:33En combien de temps ?
12:33En un an ?
12:35Ah, pas en un an.
12:36Il faudra qu'en 5 ans.
12:38En 5 ans ?
12:38Bien sûr, en 5 ans,
12:40parce qu'on ne peut pas
12:40le faire en un an,
12:41mais les premières places
12:42de prison,
12:42de même que je réfléchis
12:44aussi par région,
12:45à ce qu'il y ait
12:46des établissements
12:48militarisés
12:48qui puissent rééduquer
12:51avec une discipline de fer
12:52un certain nombre de jeunes
12:53que l'école ne parviendra plus
12:55à remettre dans le droit chemin.
12:57Vous pensez que l'armée
12:57a les moyens, encore une fois ?
12:59Ce n'est pas nécessairement l'armée.
12:59Elle est déjà à l'os, l'armée ?
13:00Ce n'est pas nécessairement l'armée,
13:02mais il faut des établissements
13:04avec une discipline
13:06de type militaire
13:07extrêmement stricte
13:08si on veut donner une chance
13:10à ces jeunes
13:11de pouvoir se réinsérer.
13:12Parce qu'aujourd'hui,
13:13malheureusement,
13:14qu'est-ce que notre société
13:15leur propose ?
13:15On leur propose une impunité
13:17et on les enferme
13:18dans des parcours de délinquance.
13:19J'ai souvent dit à ce micro
13:21que, ministre de l'Intérieur,
13:22à chaque fois qu'il y avait
13:23des tentatives de meurtre,
13:24des meurtres de mineurs,
13:26je faisais remonter
13:27par les gendarmes,
13:27les policiers,
13:28les antécédents judiciaires.
13:29Souvent, c'était plus de 25.
13:31Plus de 30 antécédents judiciaires.
13:33Ils commencent par voler
13:34un oeuf, un bœuf
13:35avec violence
13:35et puis ça se termine dans...
13:36C'est de l'ensauvagement,
13:37Bruno Retailleau,
13:38parce qu'on sait
13:38que votre successeur,
13:39Laurent Meneuze,
13:40répugne,
13:41c'est de l'ensauvagement.
13:43Mais bien sûr,
13:43c'est de l'ensauvagement.
13:45Arrêtons.
13:46Les Français sont en colère.
13:47Pourquoi ?
13:48Pourquoi est-ce que
13:48ne croient plus
13:49en la parole publique ?
13:50Tout simplement
13:51parce que la parole publique
13:52triche.
13:53Parce que la parole publique
13:55ne colle pas à la réalité.
13:57On minimise,
13:58on relativise,
13:59on euphémise.
14:01La première chose
14:02pour que la politique
14:02retrouve sa puissance,
14:04sa puissance,
14:05notamment de conviction
14:06et l'adhésion
14:07de nos compatriotes,
14:09c'est de dire
14:09ce que l'on voit.
14:11Ce que voient les Français,
14:12parce qu'ils ont du bon sens.
14:13C'est une politique de bon sens,
14:14moi, que je veux mener.
14:15Quand je dis
14:16que je veux remettre
14:17la France à l'endroit,
14:18je ne vais pas aller chercher
14:19de milliers à 14 heures.
14:20Je prendrai des solutions
14:21de bon sens,
14:22d'évidence
14:23qui fonctionnent
14:24en changeant,
14:25en renversant la table.
14:26Alors, il y a aussi
14:27des questions budgétaires
14:28qui sont évidemment
14:29devant nous.
14:30Il y a le mur de la dette
14:31qui est en train d'apparaître,
14:33enfin qui apparaît
14:34depuis longtemps.
14:35Qu'est-ce que vous proposez
14:36pour résorber
14:373 600,
14:38allez, milliards de dettes ?
14:40C'est tellement hallucinant
14:40qu'on a du mal
14:41à l'envisager.
14:42Il n'y a qu'une seule façon
14:43en fait de réduire
14:44nos déficits.
14:45Baisse drastique
14:46de la dépense publique.
14:48Où est-ce que vous coupez,
14:49Bruno Retailleau ?
14:49Où vous coupez
14:50dans quelle administration ?
14:51Laurence Ferrari,
14:52je voudrais ce matin
14:53qu'on prenne date.
14:54Je pense qu'après la pandémie,
14:57après la guerre en Ukraine,
14:59je pèse mes mots,
15:00la prochaine catastrophe,
15:01elle sera budgétaire.
15:03On lève plus de 30 milliards
15:05d'euros d'emprunts
15:06par mois
15:07pour faire face à la dette.
15:09Un jour,
15:09on va avoir un pépin.
15:10Plus de deux fois
15:10le budget d'avion.
15:11On ne parviendra pas,
15:12on ne parviendra pas
15:13justement à lever ses fonds.
15:15Et là,
15:15ce sera la catastrophe.
15:16Ce sera le scénario
15:17à la grecque.
15:19Et on a,
15:20à l'époque,
15:21je vous rappelle
15:21qu'en quelques années,
15:22le pouvoir d'achat
15:23a dégringolé de 30%.
15:25Les retraites ont été baissées.
15:26Le traitement des fonctionnaires,
15:28ce sera la catastrophe.
15:29C'est ce qui nous attend.
15:30C'est la raison pour laquelle
15:31ce qu'a fait ce gouvernement
15:33en suspendant
15:34la réforme des retraites,
15:35c'est terrible.
15:36Si on veut reprendre la main
15:38sur la dépense publique,
15:39première chose,
15:40une réforme des retraites,
15:41puisque c'est la moitié,
15:43c'est l'équivalent
15:43de la moitié du déficit public,
15:45dont celles et ceux
15:46qui veulent y échapper.
15:47On coupe vous
15:48dans les dépenses sociales ?
15:49Les Français ne le veulent pas ?
15:51Vous savez très bien.
15:51Bien sûr.
15:52Écoutez,
15:53ce que moi je proposerais,
15:54je serais le protecteur
15:55des travailleurs,
15:55pas des profiteurs.
15:57Et pour la première fois,
15:58je propose
15:58qu'on puisse plafonner
16:00la totalité des aides sociales
16:02à 70% du SMIC.
16:04Première chose.
16:05Je reverrai
16:06le fonctionnement de l'État.
16:07On ne peut pas remplacer
16:08tous les fonctionnaires
16:09qui partiront à la retraite.
16:10Un sur deux ?
16:11Je propose justement
16:12de faire baisser
16:13la fonction publique
16:14pour mieux la rémunérer
16:15aussi par ailleurs
16:16de 250 000 emplois
16:18en ne remplaçant pas
16:19l'ensemble des personnels
16:20qui partent à la retraite.
16:21Je pense que le statut,
16:22ça vaut pour les fonctions
16:23régaliennes, policiers, magistrats,
16:25mais que sinon,
16:26c'est le contrat
16:27pour avoir une gestion
16:28beaucoup, beaucoup plus souple.
16:29Je pense que sur l'assurance chômage,
16:31il faut être moins généreux,
16:32aider ceux qui en ont besoin,
16:33mais pas ceux qui profitent.
16:35L'AME ?
16:35L'AME, je supprime.
16:37Voilà.
16:38Vous l'avez transformé
16:38dans une autre aide.
16:39Regardez,
16:40regardez les agences,
16:41les agences.
16:42Regardez l'ADEME.
16:43L'ADEME qui a été financée
16:46pour faire une opération
16:47plante ton slip.
16:48Plante ton slip.
16:49Vous m'entendez bien.
16:50Voilà.
16:50Pour que les uns et les autres
16:52puissent se rendre compte
16:53de la microbiologie,
16:54j'imagine.
16:55Voilà.
16:56Mais où va-t-on ?
16:57Où va-t-on ?
16:59On est en train d'avoir
17:00un pays qui se...
17:00Les Français
17:01qui se paupérisent
17:02et un pays qui est en train
17:03de se tièrment diser.
17:05Donc, je ferai un plan
17:06d'urgence
17:07de 120 milliards d'économies
17:08sur 5 ans en moins
17:09qui sera garanti
17:10par une règle d'or
17:12constitutionnelle.
17:12La première que j'avais proposée,
17:14c'était il y a 16 ans,
17:15en 2010,
17:16en proposant...
17:17Donc, c'est cohérent.
17:18C'est cohérent.
17:18Un tout petit mot
17:19de la canicule
17:20qui est à nouveau annoncée
17:21pour les prochains jours.
17:22Les Verts,
17:23avec la France Insoumise,
17:24veulent déposer
17:25une motion de censure
17:25contre le gouvernement.
17:26Ils avancent un chiffre
17:27non vérifié
17:28et réfuté par Sébastien Alocornu
17:29de 10 000 morts.
17:31Que faut-il faire
17:31lors du dernier épisode ?
17:33Que faut-il faire ?
17:33Franchement,
17:34les Verts n'ont aucune légitimité
17:36à faire ce genre de demande
17:37parce qu'ils nous ont imposé
17:39pas à moi.
17:40Mais c'est vrai
17:41un peu à ce gouvernement,
17:42d'ailleurs.
17:42Les Verts ont pénétré
17:43l'appareil de l'État
17:44de façon très profonde,
17:46ce qui fait que l'État,
17:48l'appareil de l'État
17:48a produit des normes,
17:50a produit des règles
17:51qui ne nous permettent pas
17:52de nous adapter,
17:53notamment sur la climatisation.
17:55La RE 2020-2020
17:58qui est des règles énormes.
18:01Rendez compte,
18:041892 pages,
18:05c'est énorme.
18:07Mais à chaque fois,
18:08il fallait contraindre.
18:09C'est une religion
18:10de la pénitence.
18:11On a voulu faire payer
18:12les Français
18:13pour que les Français
18:14souffrent, voyez ?
18:15C'est ça,
18:15leur idéologie au vert.
18:16Moi, je veux une écologie
18:18qui soit beaucoup plus pragmatique
18:20et non pas dogmatique.
18:21À quoi ça sert
18:22de refuser la climatisation
18:23quand on a l'énergie
18:24la plus décarbonée au monde ?
18:26À quoi ça sert
18:27d'empêcher les agriculteurs
18:28de stocker l'eau
18:29en hiver
18:30alors qu'il y a
18:31énormément d'eau
18:32et les séches restellettées ?
18:33Etc.
18:34Une dernière question
18:35très importante
18:36de Bruno Retailleau
18:37sur la loi fin de vie
18:38qui a été adoptée hier
18:38par les députés
18:39qui va passer devant le Sénat.
18:42Il y a peu de doute,
18:43malheureusement,
18:43qu'elle ne soit adoptée.
18:45Vous actez déjà...
18:46Le Sénat la refusera.
18:47Oui,
18:48mais ce sera l'Assemblée
18:50qui aura le dernier mot.
18:50Vous actez déjà
18:51une défaite
18:51sur ce texte majeur.
18:53Vous savez,
18:54c'est une défaite
18:54de la fraternité.
18:56C'est une loi
18:56qui sera sans doute
18:57la plus permissive.
18:59Vous imaginez
19:00qu'y compris
19:00pour des personnes
19:01qui sont bipolaires,
19:03ils ont refusé
19:04cette majorité
19:05qui l'a votée
19:06à l'Assemblée nationale
19:06à refuser justement
19:08ces exceptions-là.
19:10Délai de réflexion
19:11de deux jours.
19:11Délai de réflexion
19:12de deux jours.
19:13Donc je pense que
19:13c'est une loi d'abandon.
19:15Pourquoi ?
19:15Parce que les plus vulnérables,
19:16les plus faibles
19:17vont se retrouver
19:18devant des choix cornéliens.
19:19On dit...
19:20On parle de libre choix.
19:21C'est faux.
19:22C'est un mensonge.
19:23Entre les soins palliatifs
19:26qui coûtent très cher
19:27et la solution
19:28de ta nazie létale
19:30qui ne coûte rien du tout.
19:31Donc c'est les pauvres
19:32quand vous aurez de l'argent
19:34et que vous n'avez pas accès,
19:35vous perdez une infirmière,
19:36etc.
19:36Et les plus modestes,
19:37non.
19:38C'est ça qui est révoltant.
19:39Et on sait par ailleurs
19:40que tous les garde-fous,
19:43le peu de garde-fous,
19:44parce qu'elle est très permissive
19:45cette loi,
19:45cette loi.
19:46Écoutez,
19:47ces garde-fous,
19:48comme nous l'ont indiqué
19:49les exemples et les précédents,
19:51la Belgique,
19:51le Canada,
19:52les Pays-Bas,
19:53ils tomberont les uns
19:54après les autres.
19:55Vous verrez.
19:56Donc malheureusement,
19:57malheureusement,
19:58c'est pour la fraternité
19:59qui est le troisième mot,
20:00qui est le plus beau,
20:01je pense,
20:01de la devise républicaine.
20:03Je pense que c'est une défaite.
20:04C'est le testament d'Emmanuel Macron ?
20:05C'est la dernière loi importante
20:07qu'il aura voulu ?
20:08Écoutez,
20:09ça résume,
20:10si j'ose dire,
20:10le bilan,
20:11mais les Français ne sont pas dupes.
20:12Ils sont extrêmement sévères
20:14sur son bilan.
20:14Extrêmement sévères.
20:15À juste raison.
20:16Merci beaucoup Bruno Retailleau.
20:18C'était votre grande interview
20:19ce matin sur CNews
20:20et sur Europe.
20:20Bonne journée.
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