- il y a 6 heures
Dans la nuit du 2 au 3 juillet, les sénateurs adoptaient le projet de loi d’urgence agricole après plusieurs jours de débats, dans une version largement modifiée. Ainsi, les sénateurs ont voté la ré-autorisation de l’usage de pesticides interdits en France, la facilitation des projets de méga-bassines et le doublement des objectifs de stockage de l’eau, mais aussi l’assouplissement des règles de régulation du loup. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a affirmé que le texte adopté par le Sénat “met gravement en péril” la question du partage de l'eau. Selon elle, le texte s’apparente désormais davantage à une “nouvelle loi Duplomb”, dont elle ne “reconnait plus” la genèse. Revivez les débats. Année de Production : 2025
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00:01Générique
00:00:09Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les débats de la Haute Assemblée.
00:00:17Des débats au Sénat qui ont été tendus la semaine dernière autour de l'agriculture.
00:00:21Les sénateurs ont examiné le projet de loi d'urgence agricole,
00:00:24un texte porté par le gouvernement pour répondre à la colère des agriculteurs de ces derniers mois.
00:00:29Ce projet de loi, il facilite notamment le stockage de l'eau pour les exploitations agricoles
00:00:34et durant le débat, la majorité de droite du Sénat a autorisé l'utilisation de deux pesticides
00:00:39pourtant interdits en France, l'acétamipride et le flux pyradifuron,
00:00:44ce qui a provoqué la colère des écologistes.
00:00:46Je vous laisse écouter les temps forts de ce débat agricole au Sénat.
00:00:50Je souhaite maintenant m'attarder quelques instants sur certaines mesures en particulier.
00:00:55Premièrement, l'acétamipride.
00:00:57Vous connaissez les fondements de nos divergences sur ce sujet.
00:01:00Elles ne sont pas sur la pertinence ou non d'être le seul État en Europe à interdire une substance.
00:01:06Elles sont sur la capacité à réunir une majorité de parlementaires pour adopter un projet de loi
00:01:11qui contiendrait une mesure qui clive beaucoup, comme vous le savez,
00:01:15et qui, de ce fait, pourrait fragiliser l'ensemble du projet de loi
00:01:18ou en retarderait l'application.
00:01:20Je rappelle que c'est une loi d'urgence.
00:01:23Ce texte fait aujourd'hui plus de 40 articles, 40 mesures utiles aux agriculteurs.
00:01:28Si je ne devais en citer que quelques-unes,
00:01:31débloquer les stockages d'eau, relever les seuils d'autorisation pour les élevages
00:01:35dont la taille en tout état de cause
00:01:37demeurera largement inférieure à celle des pays membres et plus encore des pays tiers.
00:01:41L'alourdissement des peines pour le vol et intrusion,
00:01:44l'équilibre des relations commerciales,
00:01:47le patriotisme alimentaire dans nos cantines publiques,
00:01:50les contrats d'avenir, la réforme du sanitaire.
00:01:53Qu'on le veuille ou non, tout ceci disparaîtrait si ce texte n'était pas adopté en fin de navette.
00:01:58Je n'ai pas de boule de cristal.
00:02:00Je ne sais pas ce 29 juin ce que sera le vote des parlementaires fin juillet.
00:02:04Mais je sais une chose.
00:02:06Nous ne devons pas courir le risque que ce texte soit renvoyé au placard.
00:02:09On ne nous le pardonnerait pas dans les fermes,
00:02:12indépendamment de ce qu'on pense de l'acetamipride.
00:02:15Le gouvernement ne veut pas courir ce risque.
00:02:17Le sujet de l'acetamipride est important pour certaines filières, bien sûr.
00:02:22Mais cet hiver, nous avons entendu parler d'eau, de revenus,
00:02:26de concurrence déloyale, de normes, de loups.
00:02:29Alors que nous avons un texte qui apporte des réponses à toutes ces questions,
00:02:32ne courons pas le risque qu'il n'y ait in fine aucune réponse sur aucun de ces sujets.
00:02:36La France agricole est devenue l'homme malade de l'Europe et même le boulet de l'Europe.
00:02:42Si rien n'est fait, elle perdra la première place des nations agricoles européennes
00:02:47dès 2029 au profit de l'Espagne,
00:02:50qui, elle, a fait un excédent cette année de plus de 18 milliards d'euros.
00:02:56Puis, ce sera l'Italie et la Pologne en 2033.
00:03:00La cause de ce déclin, exception européenne, c'est l'hypocrisie à la française.
00:03:06Comme le disait Molière, il n'y a plus de honte maintenant à cela.
00:03:12L'hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertu.
00:03:18Cette hypocrisie se traduit par de multiples exemples,
00:03:21comme lorsque nous sommes les seuls à interdire des molécules en Europe depuis plus de dix ans,
00:03:28tuant à petit feu notre production française de fruits,
00:03:31pour finir par importer en masse ces mêmes fruits produits
00:03:35avec ces mêmes molécules interdites ailleurs.
00:03:39Merci, Madame la Présidente.
00:03:41Donc là, nous assistons à une demande de nivellement par le bas.
00:03:46Ici, sur ces bancs, nous nous opposons fermement,
00:03:49comme nous l'avons toujours fait,
00:03:50à l'autorisation des néonicotinoïdes et substances apparentées,
00:03:54dont les conséquences néfastes sur les écosystèmes
00:03:57sont aujourd'hui solidement documentées.
00:04:01Leurs effets sur les pollinisateurs, les insectes non ciblés, les écosystèmes,
00:04:04ont justifié leur interdiction progressive en France.
00:04:09Les difficultés rencontrées par certaines filières agricoles
00:04:11doivent être accompagnées,
00:04:13mais elles ne sauraient justifier la réintroduction de substances
00:04:16dont les impacts environnementaux sur les espèces et ressources naturelles sont avérés.
00:04:21Les efforts doivent être concentrés sur le développement de l'alternative durable,
00:04:25la recherche agronomique et l'accompagnement des exploitations dans leur transition.
00:04:31Dans votre acharnement à réintroduire ces poisons,
00:04:35nous y voyons un gigantesque renoncement,
00:04:37un renoncement catastrophique.
00:04:40Nous avons de grands scientifiques dans ce pays.
00:04:44Ils offrent des possibilités de recherche colossales.
00:04:47Vous dites qu'il n'y a pas d'alternative,
00:04:49vous voulez dire souvent des alternatives chimiques,
00:04:52car il existe de réelles alternatives.
00:04:55Car en réalité, les solutions existent avec l'agroécologie.
00:05:00Avec l'acétamipride, on peut détruire 55% des pucerons.
00:05:06Eh bien, des expériences ont été faites avec des rangs d'orge intercalés
00:05:09qui repoussent les pucerons
00:05:11et qui réduisent au moins autant la prolifération de ces ravageurs.
00:05:18Avec des méthodes agroécologiques, il y a des façons de mettre fin à l'usage de ces pesticides.
00:05:24Dans les 2000 fermes du réseau défient,
00:05:28on a baissé de 30% l'usage des pesticides,
00:05:30sans atteindre le revenu des agriculteurs.
00:05:34Cette transition, c'est vrai, demande quelques prises de risques.
00:05:37Elle demande de se réoutiller.
00:05:39Mais à un moment, il faut un peu d'ambition.
00:05:42Il faut penser à ce que nous allons léguer à nos enfants,
00:05:46cette terre qui est polluée, année après année,
00:05:51et là où ces pesticides s'accumulent.
00:05:53Merci.
00:05:54Merci, M. Salmon.
00:05:55M. Jadot.
00:05:56Madame la Présidente, chers collègues,
00:05:58Madame la Ministre,
00:06:00Le 8 novembre 1963,
00:06:0413 signataires, dont Charles Mauriac,
00:06:07l'architecte Le Corbusier,
00:06:08le biologiste Jean Rostand,
00:06:10le cancérologue Antoine Le Cassagne,
00:06:12appelaient dans une tribune dans le monde
00:06:14à la création d'un centre de recherche
00:06:16susceptible de tout mettre en œuvre
00:06:19contre un des plus grands fléaux qui pèsent sur l'humanité,
00:06:23le cancer.
00:06:24Le lendemain, le lendemain,
00:06:27réponse du premier président
00:06:29de la Vème République, Charles de Gaulle,
00:06:32dans le même journal.
00:06:33« L'idée de promouvoir la recherche sur le cancer
00:06:36au sein d'une institution internationale
00:06:37procède d'une inspiration généreuse,
00:06:40et je considère comme souhaitable
00:06:41que la France s'y intéresse.
00:06:43Il me paraît en effet conforme à ces traditions
00:06:47qu'elle s'engage dans une œuvre
00:06:49où se retrouve une triple vocation,
00:06:51la coopération entre les peuples,
00:06:54le progrès et la condition humaine
00:06:56et l'avancement des sciences. »
00:06:58Voilà de quoi nous parlons aujourd'hui.
00:07:01Ça a été la création, il y a 60 ans, du cirque,
00:07:03et c'est pour ça que le cirque est basé à Lyon,
00:07:06sous l'Organisation mondiale de la santé.
00:07:10Nous avons besoin de la science.
00:07:12Nous savons qu'il y a 80% des insectes qui ont disparu.
00:07:18Nous savons que 75% de nos cultures végétales
00:07:22sont liées à la pollinisation.
00:07:24Nous voyons à quel point, étude après étude,
00:07:29les risques sont avérés,
00:07:30pas simplement pour l'environnement,
00:07:32mais aussi pour la santé.
00:07:34Et puisqu'il y a eu des rapports
00:07:36de l'INRAE et de l'ANSES
00:07:39pour montrer qu'il y avait des alternatives,
00:07:42qu'il y a des alternatives en partie chimiques
00:07:46et parfois liées au changement de mode cultural
00:07:49et de l'agroécologie.
00:07:51Mais il y a des alternatives.
00:07:53Alors oui, ils font accompagner,
00:07:54mais ce serait une incroyable régression
00:07:57de cette vision gaulliste du progrès
00:08:00à laquelle vous êtes en train de participer.
00:08:03Dans la continuité de la position
00:08:06qui a été exprimée par le Premier ministre,
00:08:09le gouvernement n'est pas favorable
00:08:11à ce que cette question soit examinée
00:08:13dans le cadre du projet de loi d'urgence
00:08:16pour la protection et la souveraineté agricole.
00:08:18C'est pourquoi nous défendons
00:08:20la suppression de l'article de Quater.
00:08:24Je veux d'abord le dire clairement.
00:08:26Je respecte les préoccupations du monde agricole.
00:08:30Nos agriculteurs font face
00:08:32à des aléas climatiques de plus en plus fréquents
00:08:35et à une concurrence internationale souvent difficile.
00:08:39Ces réalités doivent être entendues.
00:08:42Mais lorsque des doutes sérieux existent
00:08:45sur les effets d'une substance pour la santé humaine
00:08:48ou pour la biodiversité,
00:08:50notre responsabilité est d'agir avec prudence.
00:08:53L'acétamipride appartient à la famille
00:08:57des néonicotinoïdes, des insecticides
00:08:59qui agissent sur le système nerveux des insectes.
00:09:03Plusieurs molécules de cette famille
00:09:05ont déjà été interdites en Europe
00:09:08en raison de leurs effets sur les pollinisateurs.
00:09:12Or, chacun le sait,
00:09:14sans pollinisateurs, il n'y a pas d'agriculture durable.
00:09:18Protéger les pollinisateurs,
00:09:20c'est aussi protéger l'avenir de notre agriculteur.
00:09:25Les pollinisateurs sont des alliés indispensables
00:09:28à notre agriculture.
00:09:30En France, 72% des espèces cultivées
00:09:35pour l'alimentation humaine
00:09:37dépendent au moins en partie
00:09:39de l'action des insectes pollinisateurs.
00:09:42Leur contribution à notre agriculture
00:09:45est estimé entre 2,3 et 5,2 milliards d'euros par an,
00:09:52soit jusqu'à 12% de la valeur
00:09:55de la production végétale
00:09:57destinée à l'alimentation humaine.
00:10:01Sans eux, de nombreuses productions fruitières,
00:10:05maraîchères ou oléagineuses
00:10:07verraient leur rendement
00:10:09et la qualité de leur récolte
00:10:11fortement diminuer.
00:10:12La France s'est engagée
00:10:15à travers le plan pollinisateur 2021-2026
00:10:18à mieux protéger ces espèces
00:10:21en encadrant l'usage des pesticides,
00:10:24en restaurant leur habitat
00:10:25et en accompagnant l'évolution
00:10:28des pratiques agricoles.
00:10:29Nous ne pouvons pas,
00:10:31d'un côté, affirmer notre volonté
00:10:33d'enrayer l'effondrement du vivant
00:10:36et de l'autre,
00:10:37ignorer les signaux d'alerte
00:10:40émis par la communauté scientifique.
00:10:42D'autant que les effets de ces substances
00:10:45ne s'arrêtent pas avec leur épandage.
00:10:48Leur diffusion dans les sols
00:10:50et les milieux aquatiques,
00:10:51ainsi que la persistance de certains
00:10:54de leurs métabolites,
00:10:56peuvent entraîner une exposition
00:10:57prolongée des écosystèmes.
00:11:00Par ailleurs,
00:11:01des interrogations scientifiques
00:11:03persistent sur les effets potentiels
00:11:05de cette substance
00:11:07sur le développement neurologique
00:11:09et la reproduction.
00:11:11C'est d'ailleurs pour cette raison
00:11:13que les autorités européennes
00:11:15ont engagé un réexamen
00:11:17et que l'EFSA a demandé
00:11:20un renforcement des mesures de protection
00:11:22des consommateurs
00:11:24dans l'attente de nouvelles données.
00:11:26Le principe de précaution
00:11:28n'est pas un principe d'inaction.
00:11:30C'est un principe de responsabilité.
00:11:32Il consiste à éviter
00:11:34de prendre des risques irréversibles
00:11:36lorsque la science nous alerte.
00:11:38Pour autant,
00:11:40cette exigence ne doit pas se traduire
00:11:42par un abandon du monde agricole.
00:11:45Si nous demandons des efforts
00:11:47aux agriculteurs,
00:11:48nous devons aussi les accompagner,
00:11:51notamment en accélérant
00:11:53la recherche d'alternatives efficaces
00:11:55dans le cadre du plan Parsada.
00:11:58Notre responsabilité est claire.
00:12:01produire, protéger la santé
00:12:03et préserver le vivant.
00:12:06Merci, madame la ministre.
00:12:08Alors, je vais demander l'avis de...
00:12:12Après ?
00:12:14OK.
00:12:14Je vais demander l'avis de la Commission
00:12:15sur ces quatre amendements.
00:12:17Monsieur le rapporteur.
00:12:18Je vais vous le donner.
00:12:20Voilà.
00:12:22Chers collègues,
00:12:23madame la ministre
00:12:24et madame la ministre de l'Environnement,
00:12:27je rappelle tout d'abord
00:12:28que cet article s'inscrit
00:12:29en complément direct
00:12:31de l'article 2 du projet de loi.
00:12:34Et puisque j'ai été provoqué
00:12:36et interrogé par notre collègue Weber,
00:12:39je vais m'autoriser
00:12:41à parler de ce que je connais,
00:12:43que je connais,
00:12:44que je pratique
00:12:45et pour lequel, bien sûr,
00:12:48l'activité économique de notre pays
00:12:50est devenue un pays puissant
00:12:52à un moment donné.
00:12:54Je vais vous parler
00:12:55de la filière betterave,
00:12:56madame la ministre.
00:12:57La betterave, sucre.
00:12:59La betterave, alcool.
00:13:01D'ailleurs, sachez qu'en 2025,
00:13:04on a perdu entre 30 et 75 %
00:13:06de la production
00:13:07à cause de l'absence
00:13:10de néonicotinoïdes.
00:13:11Si, si.
00:13:13Alors, cette filière betterave,
00:13:15je vais prendre un petit peu de temps,
00:13:16si vous le permettez,
00:13:17madame la présidente.
00:13:18La France est le premier producteur
00:13:20européen de sucre.
00:13:22Ça ne va pas durer.
00:13:24La France est le neuvième producteur
00:13:26mondial de sucre.
00:13:27Nous allons être déclassés.
00:13:29La filière, c'est 23 000 producteurs.
00:13:32C'est 4 600 000 tonnes de sucre.
00:13:36C'est 8 millions d'hectolitres d'alcool.
00:13:39C'est 70 000 emplois,
00:13:41directs et indirects.
00:13:43C'est 1,1 milliard d'euros
00:13:45d'excédents commerciaux.
00:13:47La betterave, c'est 100 % utile.
00:13:51Et je m'explique.
00:13:52C'est le sucre de bouche.
00:13:54C'est le sucre industriel
00:13:55et c'est l'agroalimentaire.
00:13:57Et nous en utilisons tous les jours
00:13:59dans tous nos aliments.
00:14:01C'est les boissons, bien évidemment.
00:14:03C'est l'industrie.
00:14:05C'est la fermentation avec les levures.
00:14:07Et ça, c'est du quotidien.
00:14:09C'est l'alcool.
00:14:11L'alcool, c'est le bioéthanol.
00:14:12Ça nous rend moins dépendants
00:14:15du reste du monde en matière d'énergie
00:14:17puisque nous utilisons 7 %
00:14:19de l'éthanol dans l'énergie.
00:14:20Mais c'est aussi l'éthanol pharmaceutique.
00:14:22Ce sont les parfums.
00:14:24Le parfum, c'est que de l'alcool.
00:14:27C'est toute la pharmacie.
00:14:29C'est la chimie.
00:14:30C'est les spiritueux.
00:14:32C'est aussi l'armement.
00:14:34Il faut de l'alcool pour faire de la poudre.
00:14:37Voilà.
00:14:38C'est de l'alimentation pour nos bovins.
00:14:40Ça nous reste moins dépendants du reste du monde
00:14:44en matière d'approvisionnement.
00:14:45C'est de la méthanisation.
00:14:47Et grâce à la betterave, grâce aux céréales,
00:14:52grâce aux oléagineux,
00:14:54aujourd'hui, notre pays est moins dépendant
00:14:57en matière d'énergie
00:14:57puisque nous importons beaucoup moins de gaz
00:15:00venant de Russie.
00:15:01Il faut en tenir compte.
00:15:03Alors cette filière est bien donc
00:15:05au cœur de la souveraineté alimentaire
00:15:08et énergétique de la France
00:15:09et de l'Union européenne.
00:15:11Elle l'est depuis le Moyen-Âge, chers amis.
00:15:15Elle l'est depuis Napoléon Ier
00:15:16et Napoléon III
00:15:18qui a su développer une énergie conséquente,
00:15:21une industrie conséquente.
00:15:23Elle est aussi présente au Sénat.
00:15:26Allez dans la salle des conférences
00:15:29et vous la trouverez.
00:15:32Elle a enrichi notre pays.
00:15:35Elle a participé à son développement
00:15:37très, très largement.
00:15:39Alors, Madame la Ministre,
00:15:41vous voulez, par votre amendement,
00:15:43fragiliser cette filière
00:15:44qui est d'intérêt général.
00:15:47Vous voulez le décrochage français
00:15:52par la baisse des revenus agricoles
00:15:55que vous voulez imaginer par votre position.
00:15:58Vous allez participer
00:16:02à la baisse des surfaces cultivées.
00:16:05Il y a quelques années,
00:16:07dans les années 66, 67, 68,
00:16:09la France occupait son territoire
00:16:12avec 800 000 hectares de métrave.
00:16:14Aujourd'hui, nous sommes à 275 000 hectares.
00:16:19Vous voulez aussi la sous-utilisation
00:16:22des outils industriels
00:16:23qui ont été construits
00:16:24à des niveaux de production
00:16:25et de rentabilité.
00:16:27Vous organisez une casse industrielle
00:16:30par la fermeture de 6 sucreries
00:16:32en moins de 7 ans.
00:16:35Fermeture de 6 sucreries
00:16:36en moins de 7 ans.
00:16:37Alors, il faut en tirer, bien sûr,
00:16:40toutes les conclusions
00:16:41avec les distorsions de concurrence
00:16:42qui sont les nôtres.
00:16:44Et que dit la science, justement ?
00:16:45La science, elle affirme que
00:16:47l'EPSA autorise ces produits.
00:16:50L'ANSES autorise ces produits.
00:16:53Pourtant, interdit en France
00:16:55et autorisé chez nos voisins.
00:16:58Alors, madame la ministre
00:16:58et chers collègues,
00:17:00la loi, je dis bien la loi,
00:17:02doit prendre en compte
00:17:03toutes ces réalités.
00:17:05Ce projet de loi,
00:17:08vous le savez tous,
00:17:08est né d'une écoute,
00:17:10celle des agriculteurs
00:17:11dont le malaise nous a interpellés
00:17:13et dont les défis nous engagent.
00:17:16Notre responsabilité,
00:17:17c'est d'y répondre
00:17:19sans sacrifier l'avenir commun.
00:17:21Car l'eau,
00:17:23bien commun, irremplaçable,
00:17:26est au cœur de nos territoires
00:17:28et de nos économies.
00:17:29Les articles sur l'eau
00:17:31que nous allons démarrer,
00:17:335, 6, 7 à 8,
00:17:36dans leur version initiale,
00:17:38formaient un équilibre
00:17:39ambitieux et cohérent,
00:17:41fruit d'un travail minutieux
00:17:43avec les acteurs de terrain.
00:17:45Ils incarnent une vision globale
00:17:47du cycle de l'eau,
00:17:49sécuriser l'accès à la ressource
00:17:51pour les projets agricoles
00:17:52dans le respect des réalités
00:17:58locales et de la disponibilité.
00:18:01Car oui,
00:18:02chaque bassin a ses spécificités
00:18:04et chaque goutte compte.
00:18:07Protéger durablement nos captages,
00:18:10garantis de notre sécurité sanitaire
00:18:12et alimentaire
00:18:13pour les générations futures.
00:18:15Aussi, réconcilier développement
00:18:17et préservation
00:18:18avec une compensation
00:18:20des zones humides,
00:18:21juste et proportionnée,
00:18:23car la biodiversité
00:18:24n'est pas un luxe,
00:18:26c'est notre assurance vie
00:18:27face aux crises climatiques.
00:18:30Cet équilibre,
00:18:31nous l'avons construit
00:18:32avec pragmatisme,
00:18:33parce que la transition
00:18:35des agriculteurs
00:18:36ne se décrète pas,
00:18:38elle s'accompagne.
00:18:39Parce que l'adaptation
00:18:40au changement climatique
00:18:41exige des solutions
00:18:43ni dogmatiques,
00:18:45ni court-termistes,
00:18:46mais ancrées dans la science
00:18:48et le dialogue territorial.
00:18:50Pourtant,
00:18:51les amendements
00:18:51adoptés en commission
00:18:53la semaine dernière
00:18:54menacent cette ligne rouge.
00:18:56Ils risquent
00:18:57de déséquilibrer
00:18:58un texte
00:18:59qui se voulait équilibré
00:19:01au moment même
00:19:02où la sécheresse
00:19:03s'installe
00:19:04dans nos campagnes
00:19:05et où les Français
00:19:06attendent de nous
00:19:07une gestion sobre
00:19:08et solidaire
00:19:09de leur patrimoine naturel.
00:19:12Mesdames et Messieurs
00:19:13les sénateurs,
00:19:14le choix est clair.
00:19:15Soit nous cédons
00:19:16à la facilité,
00:19:17au risque d'aggraver
00:19:18les tensions
00:19:19sur la ressource
00:19:20et de fragiliser
00:19:21nos agriculteurs
00:19:22de demain.
00:19:23Soit nous assumons
00:19:25notre responsabilité
00:19:26collective,
00:19:28celle de concilier
00:19:29urgence économique
00:19:30et impératif écologique
00:19:32sans opposer
00:19:33les uns aux autres.
00:19:34La transition écologique,
00:19:37ce n'est pas dire
00:19:38non par principe,
00:19:39c'est dire comment,
00:19:40comment innover,
00:19:42comment partager,
00:19:43comment anticiper.
00:19:44Ce texte doit en être
00:19:46la preuve
00:19:46et je compte
00:19:47sur votre sagesse
00:19:48à tous.
00:19:49Merci à vous.
00:19:50Je vous remercie.
00:19:51Monsieur le rapporteur.
00:19:54Madame la Présidente,
00:19:57je voudrais,
00:19:57pour reprendre la parole
00:19:58derrière Madame la Ministre
00:19:59de l'Environnement,
00:20:01faire quelques petits points
00:20:02de précision.
00:20:04Je lis,
00:20:05et c'est un texte
00:20:06du gouvernement,
00:20:07que le chapitre 1
00:20:09s'est développé
00:20:09et sécurisé
00:20:10le stockage de l'eau
00:20:11pour les agriculteurs
00:20:12et l'ensemble des usagers.
00:20:15J'ai dit hier
00:20:16qu'il tombait en France
00:20:19500 milliards de mètres cubes
00:20:20par an.
00:20:2260% sont évapotranspirés.
00:20:24Ce n'est pas moi
00:20:25qui le dis,
00:20:26mais la réalité
00:20:27de la quantité d'eau
00:20:30qui est renouvelable,
00:20:32ressource renouvelable,
00:20:33Mme la Ministre,
00:20:35c'est 211 milliards de mètres cubes.
00:20:37211.
00:20:39La France en utilise
00:20:4018 milliards pour l'énergie,
00:20:446 milliards pour l'eau domestique,
00:20:483 milliards pour l'agriculture,
00:20:50soit 1,5% des 211 milliards de mètres cubes.
00:20:57La réalité de ce que nous allons discuter
00:21:00dans l'article 5a
00:21:02avec le doublement du volume,
00:21:05si nous estimons que ce doublement du volume
00:21:07se situe aux alentours
00:21:09de 800 millions à 1 milliard de mètres cubes,
00:21:13nous allons passer la part de l'agriculture
00:21:16de 1,5% des ressources renouvelables annuelles
00:21:21à 2.
00:21:23Nous allons rajouter 0,5%.
00:21:27Et la réalité,
00:21:28c'est que quand on se compare,
00:21:29Mme la Présidente,
00:21:31la France,
00:21:33qui est le pays béni des dieux
00:21:35et qui n'a jamais eu autant d'eau
00:21:36que tous les autres pays,
00:21:39l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie,
00:21:43utilisent de cette ressource renouvelable,
00:21:45ces 211 milliards de mètres cubes,
00:21:4912,5%.
00:21:51Le texte que je propose,
00:21:53c'est de passer de 12,5% à 13%.
00:21:581,5% de plus
00:22:00pour 1 milliard de mètres cubes stockés,
00:22:02non pas pour faire plaisir aux agriculteurs
00:22:05et pour qu'ils s'acquirent par l'eau,
00:22:06mais pour éviter qu'on emprunte
00:22:082 milliards de mètres cubes d'eau
00:22:09à l'Espagne ou au Maroc
00:22:11pour faire venir des tomates ou des fruits
00:22:13qui sont gavés de cette eau
00:22:15qui n'est pas venue de France.
00:22:18Alors, ces 12,5%
00:22:24qui vont, si vous acceptez de voter
00:22:27l'article 5A, à 13%,
00:22:30Madame la Présidente, il faut les comparer.
00:22:33Eh bien, Madame la Ministre,
00:22:34quand je les compare,
00:22:37des pays comme l'Allemagne,
00:22:39je vous rappelle qu'en Allemagne,
00:22:41quand en France, vous avez 3078 mètres cubes,
00:22:45chacun, toutes les années, qui tombent,
00:22:48un Allemand n'en a que 1 000,
00:22:51c'est-à-dire trois fois moins,
00:22:52et pourtant, l'Allemagne utilise 16%
00:22:56de sa ressource renouvelable.
00:22:58Quant à nous, on est à 12,5.
00:23:01La Belgique utilise 22% de cette ressource.
00:23:05L'Espagne utilise 28% de cette ressource.
00:23:10Nous stockons, Madame la Présidente,
00:23:13154 mètres cubes par habitant en France.
00:23:15L'Espagne en stocke
00:23:181150 mètres cubes par an et par habitant.
00:23:22Quand va-t-on sortir de ce dogme
00:23:24qui consiste à ne plus pouvoir utiliser l'eau
00:23:27alors qu'il n'y en a jamais autant eu en France
00:23:29que par rapport aux autres pays européens ?
00:23:31Quand va-t-on sortir de ce problème dogmatique
00:23:34qui consiste à importer pour 6 milliards de fruits et de légumes
00:23:38qui font qu'on importe 2 milliards de mètres cubes d'eau virtuels
00:23:41à des pays qui n'en ont quasiment pas suffisamment
00:23:44pour faire boire leur population ?
00:23:46Quand va-t-on sortir de ces statures
00:23:49qui consistent à faire port aux gens
00:23:51pour les culpabiliser, pour finir par interdire ?
00:23:54La réalité de la France,
00:23:55c'est que la France agricole,
00:23:56elle a toujours nourri les Français.
00:23:58Soit-on que la France agricole
00:24:00ne sourisse plus personne
00:24:01et que ce soit que les pays voisins
00:24:03qui ont moins d'eau que nous
00:24:04qui finalement nous nourrissent.
00:24:08Moi, je voudrais juste donner une information claire
00:24:11avant qu'on commence les débats de cet article,
00:24:13de ces articles 5.
00:24:15Et j'aurais aimé savoir et m'adresser au rapporteur Duplon
00:24:18pour savoir à qui il s'adressait
00:24:19avec son propos passionné
00:24:20qui nous a déjà dispensé en commission
00:24:23à différentes entreprises avec les mêmes chiffres, etc.
00:24:27Pour mon groupe,
00:24:28je l'ai dit à différentes entreprises
00:24:30de façon très claire, très solennelle,
00:24:32nous ne sommes pas opposés
00:24:34au stockage de l'eau.
00:24:37Très clairement.
00:24:38Mais vous n'avez pas...
00:24:40Voilà.
00:24:40Donc, on a évidemment des exigences,
00:24:42on a évidemment un autre point de vue
00:24:44quant à la régulation,
00:24:45quant au partage de l'eau,
00:24:46mais jamais, jamais au grand jamais,
00:24:48nous n'avons dit que nous étions
00:24:50contre le stockage de l'eau.
00:24:52Parce que je vois déjà sur les réseaux,
00:24:53en fonction de la prise de parole
00:24:54que j'ai faite hier avec la DG,
00:24:55la prise de parole que vous avez faite, vous,
00:24:57déjà, on nous stigmatise les uns et les autres
00:24:59dans un camp ou dans un autre.
00:25:00Donc, je pense qu'avant de rentrer dans le débat,
00:25:02dans le fond du débat,
00:25:04c'est important de nous rappeler,
00:25:06M. le rapporteur Duplomb,
00:25:07à qui vous vous adressiez
00:25:09quand vous aviez ces propos si enflammés.
00:25:14La parole est à M. Salmon.
00:25:17Merci, Mme la Présidente.
00:25:19Effectivement, nous sommes au Sénat
00:25:21et je pense qu'on a une image
00:25:23et qu'il ne faut pas la détériorer
00:25:25avec des propos outranciers, caricaturaux.
00:25:29Je pense qu'il y a dans ce pays
00:25:31des scientifiques qui méritent le respect,
00:25:34des agents de l'État qui méritent le respect
00:25:36et qui font leur travail.
00:25:37Et je pense qu'on devrait avoir beaucoup d'humilité
00:25:39par rapport à de nombreux aménageurs
00:25:42qui ont cru, à coups de bon sens, bien faire
00:25:45et qui, aujourd'hui, nous montrent
00:25:47qu'il y a des impasses.
00:25:49Regardons l'histoire, regardons le monde,
00:25:52regardons la mer d'Aral, tout simplement,
00:25:55où l'on a pompé et pompé
00:25:58dans les fleuves qu'il alimentait pour le coton
00:26:01et aujourd'hui, eh bien, elle est réduite à néant.
00:26:05Regardons ce qui s'est passé également en Californie,
00:26:08regardons le Colorado,
00:26:09qui a aujourd'hui bien du mal à arriver jusqu'à la mer.
00:26:13Les exemples sont multiples dans le monde
00:26:15où il y a eu une gestion complètement insensée de l'eau.
00:26:19Donc, je veux bien que notre pays soit béni des dieux
00:26:23et que l'on puisse faire un petit peu ce que l'on veut,
00:26:27mais je pense qu'avant tout, il y a une question importante,
00:26:31c'est la question de la démocratie
00:26:34et du fait qu'il faut gérer cette eau
00:26:38avec l'ensemble des usagers,
00:26:41avec l'ensemble des partenaires,
00:26:42avec l'ensemble des citoyens
00:26:44et s'appuyer sur des réflexions qui sont basées également sur la science
00:26:49et pas sur un soi-disant bon sens
00:26:52qui serait au-dessus de tout
00:26:53et qui se contente de faire quelques règles de trois
00:26:56pour définir la politique de l'eau de la France.
00:27:00C'est un peu plus compliqué que ça
00:27:02et moi, je demande à chacun d'essayer
00:27:05de prendre un peu de hauteur dans cet hémicycle.
00:27:07Merci.
00:27:08On va aborder un sujet,
00:27:09notamment le sujet du loup,
00:27:11qui n'est pas un petit sujet.
00:27:14On voit bien l'impact sur l'élevage,
00:27:18sur les éleveurs, sur le pastoralisme,
00:27:20le loup qui s'est réinstallé depuis une trentaine d'années.
00:27:26Et je pense qu'il faut avoir effectivement à la fois
00:27:30la conscience du changement que ça a pu procurer
00:27:34au sein des éleveurs
00:27:37le mal-être, justement, dans le travail.
00:27:41Le fait aussi que l'impact,
00:27:44quand le loup arrive sur un territoire,
00:27:47quand il y a eu les premières attaques,
00:27:49un éleveur, c'est vrai qu'il ne pense plus qu'à ça.
00:27:52Il est obnubilé par cette problématique-là
00:27:56et à juste titre.
00:27:58Et il ne peut plus penser à autre chose,
00:28:02à savoir quoi faire,
00:28:03et notamment, par exemple,
00:28:04parfois même juste à se protéger.
00:28:07Parce qu'effectivement,
00:28:08ça prend l'ensemble, tout l'esprit,
00:28:10parfois même de la famille.
00:28:11Et donc, je pense que c'est quelque chose
00:28:12qu'il faut entendre.
00:28:14Et ça veut dire quoi ?
00:28:16Ça veut dire qu'il faut de l'accompagnement.
00:28:18Il faut réfléchir à comment, justement,
00:28:20on peut apporter cet accompagnement,
00:28:22souvent très rapidement,
00:28:24très vite auprès des éleveurs
00:28:26quand ils peuvent avoir une attaque,
00:28:27pour essayer de trouver des solutions.
00:28:29Parfois, il n'y en a pas.
00:28:30Et ce n'est pas toujours évident.
00:28:32Mais moi, ce que je regrette dans ce texte
00:28:34et dans ces orientations-là,
00:28:35c'est qu'on n'apporte aucune réponse.
00:28:37On n'apporte aucune solution à cette détresse.
00:28:39À part donner des fusils,
00:28:41à part faire croire qu'en faisant descendre
00:28:44le nombre de loups,
00:28:45on va régler le problème.
00:28:47Je dirais, peu importe,
00:28:48on pourrait discuter.
00:28:49Et ça a été posé, d'ailleurs,
00:28:50le sujet a été posé tout à l'heure,
00:28:53sur le fait,
00:28:55est-ce que ce qu'on souhaite,
00:28:56c'est qu'il n'y ait plus de loups ?
00:28:57Peut-être qu'il faut l'acter.
00:28:59Mais s'il y a des loups,
00:29:01il y aura des attaques.
00:29:02Et donc on aura cette nécessité absolue
00:29:06de défendre,
00:29:07et en tout cas de permettre aux éleveurs
00:29:09de pouvoir se défendre,
00:29:11et donc d'apporter des propositions.
00:29:13Monsieur le Président,
00:29:17nous arrivons donc à des amendements
00:29:20en discussion commune,
00:29:22deux identiques, 366.
00:29:24Monsieur Weber.
00:29:25Oui, merci, merci, Monsieur le Président.
00:29:27Pour ma part, je rejoins les propos
00:29:29qui viennent d'être tenus par le Président Gontard.
00:29:32Je pense que c'est sans doute un peu
00:29:33une vision facile que de constater
00:29:35qu'il suffit d'éradiquer le loup,
00:29:37parce qu'au fond, c'est ce que certains pensent ici,
00:29:40alors qu'à mon avis,
00:29:41il y a des solutions à construire.
00:29:43Le traumatisme qui est celui des éleveurs,
00:29:46l'impact que cela a sur le pastoralisme,
00:29:47c'est évident.
00:29:49L'accompagnement, est-ce qu'il est mené au bout ?
00:29:51Est-ce que les mesures de protection
00:29:53sont suffisantes ?
00:29:53Je ne le crois pas.
00:29:55Et je me souviens aussi
00:29:56de situations particulières
00:29:57avec l'apparition du loup
00:30:00qui était en conquête sur certains territoires
00:30:02où il y a eu effectivement
00:30:03des traumatismes et des prédations
00:30:05qui étaient assez difficiles à supporter.
00:30:06Mais je sais aussi qu'il y a d'autres endroits
00:30:08où les populations de loups sont stabilisées,
00:30:10où finalement, on arrive
00:30:12à la fois à avoir
00:30:15cette population de loups
00:30:16et des éleveurs qui arrivent
00:30:17en quelque sorte
00:30:18à se préparer,
00:30:20à s'organiser pour éviter
00:30:21qu'il y ait des dégâts
00:30:22qui soient trop importants.
00:30:23Moi, je crois que cela ne règlera rien
00:30:25au débat qui est le nôtre aujourd'hui.
00:30:27Je crois que ça ne concourra pas
00:30:29à améliorer,
00:30:30en tout cas par la suppression,
00:30:32effectivement,
00:30:32par tous les moyens
00:30:33de la population de loups,
00:30:34à améliorer le revenu des agriculteurs.
00:30:35Je crois que c'est en quelque sorte
00:30:36une forme de cavalier législatif
00:30:38qui est introduit dans ce texte.
00:30:39Je le regrette et donc,
00:30:40je demande la suppression
00:30:41de cet article par cet amendement.
00:30:43Merci, Président Gontard,
00:30:44pour un identique 886.
00:30:48Oui, merci,
00:30:49M. le Président.
00:30:50Pour aller dans le même sens,
00:30:51mais surtout,
00:30:52peut-être appuyer
00:30:52sur l'aspect juridique,
00:30:54en fait,
00:30:55puisque cet article
00:30:56est tout simplement
00:30:57inutile juridiquement,
00:30:58puisque tout ce qu'il prétend créer
00:31:00relève du domaine du règlement.
00:31:02Et ce faisant,
00:31:03il apparaît donc peu compatible
00:31:04avec l'article 37
00:31:05de la Constitution.
00:31:06Par ailleurs,
00:31:07nombre de dispositions
00:31:08sont également fort douteuses
00:31:10du point de vue
00:31:10du respect de la norme européenne.
00:31:12Les arrêtés ministériels
00:31:13permettent aujourd'hui,
00:31:14sans cet article,
00:31:15de gérer les populations
00:31:16de loups en France.
00:31:17Et ce n'est pas moi qui le dis,
00:31:18c'est le Conseil d'État
00:31:19qui a estimé
00:31:20que ces dispositions,
00:31:21et je le cite,
00:31:22ne relèvent pas du niveau
00:31:23de la loi
00:31:24et ne sont,
00:31:24je cite encore,
00:31:26ni nécessaires,
00:31:26ni opportunes.
00:31:28Ni nécessaires,
00:31:29ni opportunes,
00:31:30deux mots,
00:31:30mes chers collègues,
00:31:31prononcés par la plus haute
00:31:32juridiction administrative
00:31:33de ce pays.
00:31:34Et nous nous apprêtons
00:31:35à voter quand même,
00:31:36mais ça fait évidemment
00:31:37bien longtemps
00:31:38que le gouvernement
00:31:38et la majorité sénatoriale
00:31:39ont cessé de respecter
00:31:40la hiérarchie des normes
00:31:42et d'avoir la moindre ambition
00:31:44d'écrire la loi correctement.
00:31:45Mais sur le fond,
00:31:46sur le fond ensuite,
00:31:47parce qu'effectivement,
00:31:48c'est peut-être
00:31:48le plus important,
00:31:50chacun,
00:31:50et je l'ai dit,
00:31:51comprend la détresse
00:31:52des éleveurs,
00:31:53et évidemment,
00:31:55en tant qu'élu alpin,
00:31:56je le connais,
00:31:58mais chacun connaît aussi
00:31:59le défi de la cohabitation
00:32:00avec le prédateur.
00:32:01Et on l'a dit tout à l'heure,
00:32:03moi je veux bien,
00:32:04pas de loup,
00:32:05ok,
00:32:05il y a des loups
00:32:06et donc il y a de la prédation.
00:32:07Et donc c'est en réalité
00:32:08qu'est-ce que l'on met en place
00:32:10et qu'est-ce que l'on fait
00:32:12et on sait que tuer
00:32:13le plus de loups possible
00:32:14n'est évidemment pas
00:32:15la solution au problème
00:32:16du pastoraliste.
00:32:17J'ajoute aussi
00:32:17qu'il y a énormément d'éleveurs
00:32:19qui ne souhaitent pas
00:32:19avoir de fusil entre les mains
00:32:20et qui ne souhaitent pas forcément
00:32:23et on sait en plus
00:32:24que c'est même souvent
00:32:25contre-productif.
00:32:26Si on regarde les chiffres,
00:32:27c'est plutôt dans les zones
00:32:28de colonisation
00:32:29et donc c'est plutôt justement
00:32:30quand les meutes sont divisées
00:32:32qu'on a aussi des attaques
00:32:33qui sont plus importantes.
00:32:36C'est par exemple
00:32:37Pierre Jouvetin,
00:32:37directeur d'un laboratoire
00:32:39d'écologie des animaux sauvages.
00:32:41Quand vous tirez
00:32:41sur une meute de loups
00:32:42et que vous tuez des dominants,
00:32:43la meute explose,
00:32:44tous les jeunes partent
00:32:45dans la nature
00:32:45et les attaques se multiplient.
00:32:48Donc moi je pense
00:32:48qu'à un moment donné,
00:32:50parlons des vraies solutions
00:32:51et des vrais apports
00:32:52que l'on ne peut pas
00:32:53peut l'apporter aux états.
00:32:54Quel avis de la Commission,
00:32:56monsieur le rapporteur,
00:32:56sur ces deux amendements identiques ?
00:32:59Chers collègues,
00:33:00que les choses soient bien comprises
00:33:02entre nous tous,
00:33:03il n'est pas question
00:33:05d'éradication.
00:33:06Il n'est pas question
00:33:07d'éradication.
00:33:08Il est simplement question
00:33:10d'une maîtrise
00:33:10de la population lupine.
00:33:12C'est de la régulation.
00:33:14Voilà.
00:33:15Donc nous sommes défavorables
00:33:17à ces amendements
00:33:17qui visent tout simplement
00:33:19à supprimer l'article 14.
00:33:21La ministre,
00:33:22monsieur le ministre,
00:33:23quel est l'avis du gouvernement ?
00:33:25Merci monsieur le président,
00:33:26mesdames et messieurs
00:33:27les sénateurs.
00:33:28Moi je ne comprends pas
00:33:29ces amendements
00:33:29de suppression
00:33:30parce que cet article
00:33:31offre précisément
00:33:32des réponses
00:33:34proportionnées,
00:33:35de bon sens
00:33:36aux éleveurs
00:33:37et aux agriculteurs
00:33:38au sens large
00:33:39pour faire face
00:33:40à cette prédation
00:33:40que nul ici
00:33:41ne peut ignorer.
00:33:43Prédation qui,
00:33:45par ailleurs,
00:33:45a considérablement évolué
00:33:46sur le territoire national.
00:33:48Vous connaissez le bilan
00:33:50des attaques
00:33:51et des victimes
00:33:52en 2025.
00:33:534 440 attaques,
00:33:55près de 13 000 victimes,
00:33:57des chiffres
00:33:57qui sont en augmentation
00:33:58plus de 10
00:34:00et de 15 %.
00:34:02Et donc par conséquent,
00:34:03il était indispensable
00:34:04de tirer au niveau national
00:34:06toutes les conséquences
00:34:07du déclassement du loup
00:34:08au niveau européen.
00:34:10Mais je vous le dis aussi,
00:34:11monsieur le président Gontard,
00:34:12il ne s'agit pas
00:34:13de n'avoir aucun loup
00:34:14sur le territoire national.
00:34:15Ce texte est un point
00:34:17d'équilibre
00:34:18entre l'indispensable
00:34:20et j'assume le terme
00:34:21protection de nos éleveurs
00:34:23et nos agriculteurs
00:34:24et le maintien du loup
00:34:25dans un état
00:34:25de conservation favorable,
00:34:26ce qui est d'ailleurs
00:34:27notre obligation européenne.
00:34:30J'ajoute par ailleurs
00:34:31sur les enjeux
00:34:33réglementaires
00:34:33et législatifs
00:34:34que vous évoquez
00:34:35qu'il y a notamment
00:34:37un point
00:34:37qui est absolument indispensable
00:34:39au plan législatif,
00:34:40c'est l'alignement
00:34:41des régimes
00:34:41bovins et équins
00:34:43avec les régimes
00:34:44ovins et caprins
00:34:45ainsi que l'a rappelé
00:34:46la ministre de l'Agriculture
00:34:48tout à l'heure
00:34:49parce que sans cela,
00:34:50il n'est pas possible
00:34:51d'opérer de tir de défense
00:34:52sur les régimes
00:34:53bovins et équins.
00:34:55Pour l'ensemble
00:34:56de ces raisons,
00:34:57le gouvernement
00:34:57est évidemment défavorable
00:34:58à ces amendements
00:34:59de suppression.
00:35:01Merci, monsieur Gontard,
00:35:02président,
00:35:03pour une explication de vote.
00:35:05Oui, merci,
00:35:06merci, monsieur le président.
00:35:09Monsieur le ministre,
00:35:10je comprends bien,
00:35:11mais donc,
00:35:13il y aura toujours des loups.
00:35:15Vous n'allez garder
00:35:15que les loups gentils.
00:35:18À partir du moment
00:35:19où on a des loups
00:35:20sur le territoire,
00:35:21il y aura des attaques.
00:35:23Dire l'inverse aux éleveurs,
00:35:25c'est mentir aux éleveurs.
00:35:26Et donc,
00:35:27la vraie question,
00:35:28c'est qu'est-ce qu'on apporte
00:35:30justement à ces éleveurs
00:35:32à la fois en matière
00:35:33de protection,
00:35:34à la fois en matière
00:35:34d'accompagnement psychologique
00:35:36parce qu'il y a
00:35:36des vraies problématiques
00:35:38psychologiques,
00:35:38à la fois en matière
00:35:39de chiens de protection,
00:35:41par exemple,
00:35:42il a fallu se battre
00:35:43pour avoir un statut
00:35:45et encore,
00:35:45il n'est pas satisfaisant,
00:35:46pour protéger les élus,
00:35:48pour protéger les éleveurs
00:35:50aussi sur leur responsabilité
00:35:51par rapport
00:35:52aux chiens de protection.
00:35:54On pourrait parler aussi
00:35:55de la question
00:35:57des moyens
00:35:58qu'on met autour
00:35:59et de l'accompagnement
00:36:01humain.
00:36:01On a parlé tout à l'heure
00:36:03des bergers.
00:36:03On sait qu'on va avoir besoin
00:36:05de 10 000 bergers
00:36:06d'ici 2029.
00:36:07Qu'est-ce qu'on fait
00:36:08pour les bergers
00:36:09qui n'ont pas de statut
00:36:10juridique satisfaisant,
00:36:11qui ont des salaires
00:36:13très bas,
00:36:14qui ont des conditions
00:36:15de travail
00:36:15qui sont très complexes,
00:36:17notamment sur l'aménagement
00:36:18des cabanes
00:36:19de bergers ?
00:36:21Voilà,
00:36:21ça,
00:36:21c'est des vrais sujets
00:36:22et des vraies réponses.
00:36:25J'avais proposé d'ailleurs
00:36:26un amendement.
00:36:27On sait que,
00:36:28notamment,
00:36:29les bergers bénévoles
00:36:30qui viennent aider,
00:36:32dans les périodes d'estive,
00:36:33et il y en a
00:36:34d'un certain nombre,
00:36:35de créer,
00:36:36par exemple,
00:36:37une réserve opérationnelle.
00:36:38Une réserve opérationnelle,
00:36:39au même titre
00:36:39qu'on a d'autres réserves opérationnelles,
00:36:41qui permettent,
00:36:41justement,
00:36:42de venir en renfort,
00:36:43de pouvoir aider
00:36:44les éleveurs,
00:36:45parce que,
00:36:45dans les situations complexes
00:36:46et dans ces situations difficiles.
00:36:48Je regrette d'ailleurs,
00:36:48c'était un amendement
00:36:49que j'avais déposé
00:36:50qui n'est pas passé
00:36:51lié à l'article 40.
00:36:53Mais moi,
00:36:54c'est ça que j'aurais voulu avoir
00:36:55dans ce texte.
00:36:55C'est des vraies propositions
00:36:57envers les éleveurs,
00:36:58parce que,
00:36:59oui, il y a des loups,
00:37:00et il y aura des loups,
00:37:01et donc,
00:37:02il y aura des attaques,
00:37:03et donc,
00:37:03il y aura cette nécessité
00:37:04de se protéger.
00:37:05Merci,
00:37:06M. Louau,
00:37:06pour l'explication de votre question.
00:37:08Monsieur le Président,
00:37:09merci.
00:37:10Madame la Ministre,
00:37:11Messieurs,
00:37:11Monsieur le Ministre,
00:37:12écoutez,
00:37:13avec ces amendements de suppression,
00:37:14c'est toujours la même histoire.
00:37:15On va toujours trouver des solutions,
00:37:16avec une hémorragie
00:37:19de nos éleveurs.
00:37:21On va perdre
00:37:21la moitié de nos éleveurs
00:37:23en zone hypersensible
00:37:25où on va perdre les éleveurs.
00:37:28On est en train de les perdre,
00:37:29les éleveurs.
00:37:30Donc,
00:37:31aujourd'hui,
00:37:31on a une problématique,
00:37:32c'est un peu comme
00:37:33les décès sur la route.
00:37:35Le seul moyen
00:37:36de voir la pression du loup,
00:37:38c'est voir les dégâts
00:37:39qu'ils font.
00:37:40C'est compter,
00:37:40comme on compte les morts
00:37:41sur la route,
00:37:42je suis désolé,
00:37:42mais à un moment,
00:37:43on fait de la prévention routière
00:37:44là où il y a,
00:37:45et au moment où il y a
00:37:46des décès sur la route,
00:37:47le seul moyen,
00:37:48c'est de compter
00:37:50le nombre d'attaques
00:37:51et de prédations qu'il y a.
00:37:53Et comme les éleveurs
00:37:54s'inscrivent pour avoir
00:37:55l'indemnité,
00:37:56on connaît ce chiffre.
00:37:57Donc,
00:37:58tout notre rôle,
00:37:58c'est décomprimer
00:38:00et donner au préfet
00:38:02la possibilité
00:38:03de donner les moyens
00:38:04aux éleveurs,
00:38:05au lieu de temps de l'ouvthrie,
00:38:06d'abattre des loups
00:38:07quand il y a une pression
00:38:08et il y a énormément
00:38:09de dégâts.
00:38:10C'est simple.
00:38:10On ne vous a jamais dit
00:38:11qu'il fallait éradiquer le loup.
00:38:13On dit juste que
00:38:13quand la pression
00:38:14devient inacceptable,
00:38:16il faut qu'on apporte
00:38:17des réponses.
00:38:19Les réponses,
00:38:19je suis désolé,
00:38:20les réponses,
00:38:21c'est le principe
00:38:22de la prédation.
00:38:23Les réponses,
00:38:24à un moment,
00:38:25même pour les éleveurs,
00:38:27c'est la régulation.
00:38:28Et je vous rappelle
00:38:28une chose,
00:38:29je vous rappelle
00:38:30une chose qui est historique,
00:38:31c'est que dans le droit
00:38:33des agriculteurs
00:38:34à défendre leur culture,
00:38:35qu'on leur a enlevé
00:38:36dans les années 80
00:38:37en montant
00:38:38les fédérations de chasse,
00:38:39je n'ai pas une bonne mémoire,
00:38:40mais c'est ça l'histoire.
00:38:41L'agriculteur avait
00:38:42le fait
00:38:44de pouvoir défendre
00:38:45ces cultures.
00:38:46On leur a enlevé,
00:38:47maintenant,
00:38:48est-ce qu'il va falloir
00:38:49revenir à ce cas extrême
00:38:50de dire que l'agriculteur,
00:38:52même sans permis de chasse,
00:38:53pouvait défendre
00:38:53ces cultures
00:38:54et abattre
00:38:56les sangliers
00:38:56et les serres.
00:38:57C'était ça
00:38:58dans les années 60-70,
00:39:00c'était ça,
00:39:00je suis désolé,
00:39:01c'était tout à fait ça
00:39:02et on a créé
00:39:03les fédérations de chasse
00:39:03et les plans de gestion
00:39:04pour mettre fin à tout ça.
00:39:06Merci,
00:39:07M. Brisson
00:39:07pour l'explication de vote.
00:39:09S'il vous plaît,
00:39:10écoutez vos collègues.
00:39:12Bien sûr,
00:39:12le président Gontard
00:39:13a raison,
00:39:14il faut de la protection,
00:39:15il faut des mesures
00:39:16d'accompagnement,
00:39:17mais il s'agit aussi
00:39:18de réguler,
00:39:19de réguler,
00:39:20pas d'éradiquer,
00:39:21de réguler la prédation
00:39:23lorsqu'elle est excessive,
00:39:25lorsqu'elle crée
00:39:26du déséquilibre,
00:39:27lorsqu'elle met en difficulté
00:39:28les éleveurs,
00:39:30lorsqu'elle s'attaque
00:39:30massivement
00:39:31à des élevages.
00:39:33Je pense que,
00:39:34d'où vous parlez,
00:39:35le terme d'équilibre
00:39:36peut vous apparaître important,
00:39:38il s'agit simplement
00:39:39de réguler
00:39:39pour assurer cet équilibre.
00:39:41On n'a jamais souhaité
00:39:42l'éradication,
00:39:43les mesures d'accompagnement,
00:39:45elles sont nécessaires,
00:39:46mais les mesures de régulation
00:39:48sont aussi nécessaires.
00:39:49Moi,
00:39:50j'accepte ce que vous dites,
00:39:51ce serait quand même pas mal
00:39:52de temps en temps
00:39:52que vous acceptiez aussi
00:39:53ce que nous disons d'ici,
00:39:54parce que nous savons lire,
00:39:56nous pouvons étudier
00:39:57des revues scientifiques,
00:39:58nous pouvons tenir compte
00:39:59d'un certain nombre
00:39:59de statistiques,
00:40:00nous ne remontons pas
00:40:01au Moyen-Âge,
00:40:02comme on vient de nous le dire
00:40:03tout à l'heure,
00:40:04nous voulons tout simplement
00:40:06essayer d'accompagner
00:40:07un équilibre de territoire
00:40:08où les hommes
00:40:09aient aussi leur place.
00:40:12Merci,
00:40:12chers collègues.
00:40:13Monsieur le Président,
00:40:15Loïc Hervé.
00:40:16Merci,
00:40:16Monsieur le Président,
00:40:17Madame la Ministre,
00:40:18Monsieur le Ministre.
00:40:19À l'instant où on se parle,
00:40:21il y a les assises européennes
00:40:21de la montagne
00:40:22qui ont lieu à Salonche.
00:40:24À l'instant où on se parle,
00:40:25votre collègue,
00:40:26Madame la Ministre,
00:40:27Monsieur le Ministre,
00:40:28Michel Fournier,
00:40:28est dans un alpage
00:40:29dans mon département
00:40:30sur la commune
00:40:32de Prince-sur-Arly.
00:40:33En soutien au pastoralisme,
00:40:35en soutien au modèle français
00:40:37de pastoralisme,
00:40:38la forme actuelle
00:40:39de la montagne
00:40:40telle que vous la connaissez,
00:40:41mes chers collègues,
00:40:42celle que vous appréciez,
00:40:43celle dans laquelle
00:40:44nous vivons,
00:40:44nous les montagnards,
00:40:45c'est une forme
00:40:46dans laquelle
00:40:47l'être humain,
00:40:48l'éleveur,
00:40:50le bétail
00:40:51a sa place
00:40:52depuis des siècles.
00:40:53Et moi,
00:40:55je loue
00:40:56la volonté du gouvernement.
00:40:57Je loue aussi
00:40:57les avancées
00:40:58qui ont été faites
00:40:59à l'Assemblée nationale
00:41:00sur ce sujet
00:41:01et ce sont...
00:41:02Je loue
00:41:02avec un E.
00:41:08et je loue
00:41:09ces avancées
00:41:10parce qu'elles sont
00:41:11des avancées
00:41:12significatives
00:41:13qui vont dans le bon sens,
00:41:14sans ce qui a été évoqué
00:41:15à l'instant
00:41:15par mes prédécesseurs
00:41:17au micro,
00:41:18Vincent Louau
00:41:19et Max Brisson,
00:41:20parce que la question
00:41:21de l'équilibre
00:41:22est une question fondamentale.
00:41:23Et je dois nommer ici
00:41:24la question
00:41:25de la souffrance psychologique
00:41:28au travail
00:41:28des agriculteurs
00:41:30de mon département
00:41:31et de la montagne française
00:41:33en général.
00:41:34Imaginez,
00:41:35mon cher collègue,
00:41:35vous qui êtes pas très loin,
00:41:37monsieur le président Gontard,
00:41:38qui êtes pourtant
00:41:39dans le même massif
00:41:39halpin que moi,
00:41:41est-ce que la vocation
00:41:42d'un agriculteur
00:41:43est de vivre
00:41:43avec un fusil
00:41:44sous le matelas
00:41:51et à 3h du matin
00:41:53d'aller faire en sorte
00:41:54de protéger
00:41:55bien plus
00:41:56que leur outil de travail.
00:41:57Bien plus
00:41:58que leur outil de travail.
00:41:59Un troupeau,
00:42:00c'est plus
00:42:00qu'un outil de travail.
00:42:01C'est une identité,
00:42:02c'est une communion
00:42:04entre l'agriculteur
00:42:06et les bêtes
00:42:07qui sont les siennes.
00:42:08Et ça,
00:42:09si vous voulez,
00:42:09si la loi française
00:42:10peut à un moment donné
00:42:12aller dans le sens
00:42:13de cet équilibre-là,
00:42:14alors nous aurons fait
00:42:14oeuvre utile.
00:42:16Merci, monsieur le président.
00:42:17Monsieur Tissot
00:42:17pour l'explication de vote.
00:42:19Merci, monsieur le président.
00:42:22En fait,
00:42:23à mon sens,
00:42:24il n'y a pas de solution.
00:42:27Non, non,
00:42:28mais c'est vrai,
00:42:29on verra comment
00:42:29le débat va avancer,
00:42:31mais moi,
00:42:33je connaissais mon métier.
00:42:34Il ne peut pas y avoir
00:42:35le loup
00:42:36et les brebis.
00:42:37Ce n'est pas possible.
00:42:39La cohabitation
00:42:39est impossible,
00:42:40sauf qu'on est contraint
00:42:41de le faire.
00:42:42Mais à un moment,
00:42:44à un moment,
00:42:46tous les éléments
00:42:47avec toute la bonne volonté
00:42:49qu'on peut y apporter
00:42:50ne vont pas suffire.
00:42:52Et j'en veux pour preuve
00:42:53que déjà,
00:42:54des montagnes sont désertes.
00:42:56Moi,
00:42:56c'est la deuxième année
00:42:57où des troupeaux de plaine
00:42:58ne montent pas en montagne
00:42:59parce qu'il y a trop de risques.
00:43:01Et ça veut dire quoi ?
00:43:02Ça veut dire que la montagne
00:43:03reste en déserte,
00:43:05comme la nature
00:43:05à Aurore du Vide.
00:43:07Eh bien, évidemment,
00:43:08ça va être
00:43:09du taillis qui va venir,
00:43:10du bois.
00:43:13Il y aura aussi
00:43:14les risques d'incendie.
00:43:15Mais surtout,
00:43:17pour les montagnards,
00:43:18ça va être
00:43:19tous les territoires de ski
00:43:21qui ne seront plus entretenus.
00:43:22Donc,
00:43:23il faut qu'on trouve
00:43:24des équilibres
00:43:26économiques,
00:43:27environnementaux,
00:43:27mais en faisant
00:43:31très attention
00:43:32à ce qu'il n'y ait pas
00:43:32des désertifications
00:43:34humaines et animales
00:43:35sur les montagnes.
00:43:37Merci,
00:43:38M. Stanzion,
00:43:39pour l'explication de votre temps.
00:43:42Merci,
00:43:43M. le Président.
00:43:45Moi,
00:43:45j'ai l'impression,
00:43:46quand même,
00:43:46en écoutant
00:43:47les uns et les autres,
00:43:50et d'ailleurs,
00:43:50je suis agréablement surpris
00:43:52par le propos
00:43:54du Président Gontard,
00:43:55on n'est pas éloignés
00:43:57des uns et des autres.
00:43:58Je veux dire,
00:43:59le rapporteur dit
00:44:00qu'il faut trouver
00:44:01un moyen de continuer
00:44:02à faire vivre
00:44:03le pastoralisme.
00:44:04Très bien.
00:44:05Tu viens d'évoquer,
00:44:06effectivement,
00:44:07la réunion qui se tient
00:44:08vers chez toi,
00:44:10mais je n'ai pas l'impression
00:44:11que le Président Gontard
00:44:12dise
00:44:13qu'il faut arrêter
00:44:15l'élevage.
00:44:16Je veux dire que
00:44:17ce que vient de dire
00:44:20Jean-Claude Tissot,
00:44:21c'est qu'il faut arriver
00:44:21à trouver cet équilibre
00:44:23qui est difficile.
00:44:24C'est un équilibre
00:44:27relativement instable,
00:44:28mais en tout cas,
00:44:29il faut trouver la place
00:44:30pour les deux.
00:44:31Bon, et que tout à l'heure,
00:44:32je disais,
00:44:33moi, je fais la priorité
00:44:34à l'élevage,
00:44:35mais je n'ai pas dit
00:44:36par ailleurs
00:44:36que je souhaitais
00:44:38éliminer tous les loups.
00:44:39Ce n'est pas ça,
00:44:39le sujet.
00:44:40Le sujet,
00:44:41c'est aussi
00:44:42ce qui se fait aujourd'hui,
00:44:43c'est-à-dire
00:44:44les moyens
00:44:45et les méthodes
00:44:45de protection
00:44:46qui sont en cours.
00:44:48Alors,
00:44:48est-ce qu'elles sont
00:44:49bien appliquées aussi,
00:44:50c'est à regarder
00:44:51sur le terrain,
00:44:52mais en tout cas,
00:44:53c'est de trouver
00:44:54cet équilibre-là
00:44:55qui est très difficile
00:44:56parce qu'effectivement,
00:44:57faire cohabiter
00:44:58un loup
00:44:58avec une brebis,
00:44:59c'est quand même compliqué.
00:45:02Merci M. Weber
00:45:03pour l'explication de vote.
00:45:06Oui, merci,
00:45:06merci M. le Président.
00:45:08Je rejoins ce que vient
00:45:08de dire
00:45:09à la fois Lucien Stanzone
00:45:11et quelques autres collègues,
00:45:12et notamment
00:45:13ce que dit Loïc Hervé.
00:45:15Qu'il y a un traumatisme
00:45:16pour les éleveurs,
00:45:17c'est incontestable
00:45:18et que chaque attaque
00:45:19de loup
00:45:20est une attaque personnelle
00:45:21pour ces gens
00:45:23dans ce métier.
00:45:24Personne ne peut
00:45:24en disconvenir.
00:45:26Je crois que c'est un fait.
00:45:27Que l'on considère
00:45:28que simplement
00:45:29la loi peut réguler,
00:45:32puisque c'est ce que disait
00:45:32tout à l'heure
00:45:33le sénateur Brisson,
00:45:34qu'il faut de la régulation
00:45:34et de l'équilibre.
00:45:35Je ne crois pas.
00:45:36Je pense qu'il y a
00:45:37effectivement un chemin
00:45:38à trouver.
00:45:38Moi, j'ai encore espoir
00:45:40qu'un jour,
00:45:40on puisse le trouver
00:45:41entre le maintien
00:45:42d'une population
00:45:43qui soit viable,
00:45:43parce que c'est aussi
00:45:44une richesse.
00:45:45Il y a des territoires
00:45:46en Europe
00:45:46qui sont en capacité,
00:45:47des pays en Europe
00:45:48qui sont en capacité
00:45:49de cultiver
00:45:50cette espèce d'équilibre.
00:45:51Et puis,
00:45:52quelque part,
00:45:54l'accompagnement
00:45:55de la nature
00:45:56par des procédures
00:45:57de protection,
00:45:58on en a parlé,
00:45:59par d'autres moyens
00:46:00pour effectivement
00:46:01permettre
00:46:01cette espèce
00:46:02d'équilibre général
00:46:03entre les intérêts
00:46:05des populations
00:46:06de loups,
00:46:07en tout cas
00:46:07de la biodiversité
00:46:07et nos intérêts
00:46:08à nous-mêmes
00:46:09en termes
00:46:10d'activité pastorale.
00:46:12Je voudrais juste
00:46:13dire une chose.
00:46:14Quand on parle
00:46:14d'équilibre
00:46:14et quand on parle
00:46:15de régulation,
00:46:17il faudra aussi
00:46:17à un moment donné
00:46:17qu'on parle de tout
00:46:18ce qui a trait
00:46:19à l'équilibre
00:46:20et à la régulation.
00:46:21Par exemple,
00:46:22le fait que le loup
00:46:22arrive aussi
00:46:23à lutter
00:46:25contre le déséquilibre
00:46:26sylvo-synégétique
00:46:27comme cela a été documenté
00:46:28en Italie,
00:46:29en Suisse,
00:46:30il faudra aussi
00:46:30pouvoir le dire
00:46:31à un moment donné.
00:46:32Dire aujourd'hui,
00:46:33M. Brisson,
00:46:34par exemple,
00:46:34qu'il y a une surpopulation
00:46:35de sangliers,
00:46:36ça aussi il faudra le dire,
00:46:37il faudra aussi s'interroger
00:46:37quelles sont les raisons
00:46:38qui font qu'il y a
00:46:39une surpopulation
00:46:40de sangliers
00:46:40qui sont aussi liées
00:46:41aux pratiques de la chasse,
00:46:43etc.,
00:46:43à l'agrainage.
00:46:44On peut aussi en parler.
00:46:45Bien sûr que quand on lève
00:46:46ce débat-là,
00:46:47tout d'un coup,
00:46:47ça choque tout le monde.
00:46:48Mais je crois qu'à un moment donné,
00:46:49si on veut parler
00:46:50de régulation,
00:46:51d'équilibre,
00:46:52etc.,
00:46:52moi,
00:46:52je vous dis ce que je connais
00:46:54en Moselle.
00:46:54En 1990,
00:46:56en Moselle,
00:46:57il y avait,
00:46:58on a tué,
00:46:59je crois,
00:47:017000 sangliers.
00:47:02Oui,
00:47:02on peut parler,
00:47:02c'est lié au loup quand même.
00:47:04L'an dernier,
00:47:05c'était 26 000.
00:47:06Donc là aussi,
00:47:06il y a un problème
00:47:06de régulation,
00:47:07personne n'en parle.
00:47:08Donc je crois qu'à un moment donné,
00:47:09si on va approcher,
00:47:09si on va à une approche globale,
00:47:12générale,
00:47:12de l'équilibre
00:47:13en matière d'agriculture,
00:47:14il faudra aussi parler de ses yeux.
00:47:14La parole est à M. Dantec
00:47:15pour l'explication de votre...
00:47:19Oui,
00:47:19merci M. le Président.
00:47:20Moi,
00:47:20je vais sur cet article
00:47:22dans le sens de Lucien Standione.
00:47:25J'ai le sentiment
00:47:26que sur le loup,
00:47:27on peut avoir un débat
00:47:28moins caricatural
00:47:29que tout ce qu'on a fait
00:47:31depuis trois jours.
00:47:32C'est que tout le monde,
00:47:34tout le monde,
00:47:35non,
00:47:36tout le monde est d'accord
00:47:37pour réguler le loup.
00:47:39Il n'y a pas de débat.
00:47:41Il n'y a strictement
00:47:42aucun débat là-dessus.
00:47:44Le vrai débat,
00:47:45le vrai débat,
00:47:46il est aujourd'hui scientifique
00:47:48et en termes de moyens,
00:47:50y compris en termes de régulation.
00:47:52Ce qu'on est en train
00:47:53d'expliquer,
00:47:54ce qu'a dit très bien
00:47:55le Président Gontard,
00:47:56c'est qu'il ne faut pas
00:47:58mentir aux éleveurs.
00:48:00Ce n'est pas parce qu'ils auront
00:48:01un fusil avec eux
00:48:03que ça ira mieux.
00:48:04Ce n'est pas vrai.
00:48:05En fait, l'enjeu,
00:48:06et ça fait aussi écho
00:48:07sur la question du sanglier,
00:48:08c'est qu'on est aujourd'hui
00:48:10dans une société
00:48:12où, grâce au protecteur
00:48:14de l'environnement,
00:48:14certains peut-être le regrettent,
00:48:16mais pas ici,
00:48:16bien évidemment,
00:48:17il y a un retour
00:48:18de la faune sauvage
00:48:19qui, y compris,
00:48:21s'est adapté
00:48:21à une civilisation
00:48:23humaine,
00:48:24urbaine,
00:48:25ce qui est assez nouveau.
00:48:27Et que donc,
00:48:28il faut réguler tout ça.
00:48:30Et comment réguler tout ça ?
00:48:31Moi, en fait,
00:48:32mon idée,
00:48:32ça serait peut-être
00:48:34qu'on ait une agence d'État
00:48:36avec beaucoup de moyens scientifiques,
00:48:39avec beaucoup d'agents
00:48:40connaissant parfaitement le terrain,
00:48:42capables de définir
00:48:44les meilleures réponses.
00:48:46Eh bien,
00:48:47c'est la seule solution.
00:48:48Et à chaque fois
00:48:50que vous voulez réduire
00:48:51la capacité des agences dédiées,
00:48:54en fait,
00:48:55vous augmentez les problèmes
00:48:56sur le terrain.
00:48:57C'est ça,
00:48:58la réalité,
00:48:59en fait.
00:49:00On a besoin de science,
00:49:01on a besoin
00:49:03de gens formés
00:49:04sur le terrain.
00:49:05Donc,
00:49:06si vous êtes logique,
00:49:07si vous voulez qu'on régule mieux
00:49:08la faune sauvage,
00:49:09soutenez l'OFB.
00:49:11M. Cabanel,
00:49:12pour l'explication de vote.
00:49:14Oui.
00:49:16Je ne veux pas lourdir le débat,
00:49:18mais vous savez,
00:49:19moi,
00:49:19je suis quelqu'un
00:49:20qui fuit toujours
00:49:21d'essayer
00:49:22d'être dans la nuance
00:49:23et de trouver
00:49:25le bon équilibre.
00:49:27Et je crois
00:49:28que par cet article,
00:49:30je pense que
00:49:31l'équilibre y est.
00:49:33Dans mon département
00:49:34de l'Hérault,
00:49:35on ne connaissait pas
00:49:36le loup.
00:49:37Et voici
00:49:38qu'il y a une dizaine
00:49:39d'années,
00:49:39le loup est arrivé.
00:49:41J'ai fait certainement
00:49:42comme vous.
00:49:43Je suis allé
00:49:43sur le territoire
00:49:44et j'ai été appelé
00:49:45un jour
00:49:46par un éleveur
00:49:47qui avait donc
00:49:49appliqué
00:49:50toutes les mesures
00:49:51de sécurité
00:49:53pour empêcher
00:49:54le loup
00:49:54d'attaquer.
00:49:55Il avait
00:49:56regroupé
00:49:57son troupeau
00:49:58dans un enclos
00:49:59à quelques mètres
00:50:01de sa ferme
00:50:02et le loup
00:50:04a sauté
00:50:04et a égorgé
00:50:05une vingtaine
00:50:07de brebis.
00:50:08Alors,
00:50:09j'ai entendu
00:50:10ce que vous avez dit,
00:50:11président Gontard,
00:50:12sur l'aspect
00:50:14psychologique.
00:50:17on peut essayer
00:50:19de s'efforcer
00:50:19de comprendre
00:50:20mon éleveur,
00:50:21mais de vivre
00:50:22ce qu'il vit
00:50:23quand il arrive
00:50:25le matin
00:50:25et qu'il voit
00:50:26ses brebis
00:50:26égorgés,
00:50:27ça,
00:50:27il n'y a que lui
00:50:28qui peut le sentir.
00:50:30Et aujourd'hui,
00:50:33bon,
00:50:33voilà,
00:50:34moi,
00:50:34je suis
00:50:35un viticulteur,
00:50:36un agriculteur
00:50:37et comme
00:50:38beaucoup de paysages,
00:50:39je suis assez
00:50:40cartésien.
00:50:43L'équilibre,
00:50:45il n'y a qu'une solution.
00:50:46Ça a été dit,
00:50:47mais je tiens
00:50:48à insister.
00:50:49Il n'y a qu'une solution.
00:50:51Et j'ai parlé
00:50:51après du sanglier.
00:50:53Chez nous,
00:50:54il y a des lapins
00:50:55qui...
00:50:56c'est toujours pareil.
00:50:57Il n'y en a qu'une,
00:50:58c'est la régulation.
00:50:59Parce que c'est mathématique.
00:51:01Plus il y a de loups,
00:51:03plus il y a d'attaques.
00:51:04Plus il y a de sangliers,
00:51:05plus il y a de dégâts.
00:51:06Et la seule façon,
00:51:07c'est malheureusement
00:51:08la régulation.
00:51:11Merci.
00:51:12Monsieur l'ELEC.
00:51:14Pour l'explication de votre fin.
00:51:16Oui, merci,
00:51:17Monsieur le Président.
00:51:17Sans vouloir trop
00:51:19prolonger le débat,
00:51:20je viens d'une région
00:51:22où le principal prédateur
00:51:24pour l'instant,
00:51:25ce n'est pas le loup.
00:51:27mais il arrive.
00:51:30Donc il faut s'y préparer.
00:51:33Mais il y a,
00:51:35non,
00:51:35il y a beaucoup le sanglier,
00:51:37le chouka
00:51:38et un autre,
00:51:40je dirais,
00:51:41organisme vivant
00:51:42qui s'appelle le topin
00:51:44qui provoque
00:51:45quelques effets aussi
00:51:47sur certaines cultures.
00:51:48Je ferme la parenthèse.
00:51:50Voilà.
00:51:52Je pense que là aussi,
00:51:55il faut être pragmatique
00:51:57et conscient
00:51:58que lorsque les pouvoirs publics
00:52:02ne s'assument pas bien,
00:52:04la tentation est grande
00:52:05de rechercher
00:52:06des solutions individuelles.
00:52:10Je ne fais pas
00:52:11d'autres commentaires.
00:52:13j'ai observé par exemple
00:52:14dans un secteur de chez nous
00:52:16un lieu où on me dit
00:52:17il n'y a pas de loup,
00:52:19nous on ne l'a pas vu.
00:52:20Cela dit pourtant,
00:52:22il est bien présent ici.
00:52:24Je pense qu'une des précarités
00:52:25de l'exercice
00:52:26auquel nous sommes conduits
00:52:28avec cette proposition de loi,
00:52:31c'est qu'on a tendance
00:52:32à confier
00:52:33à l'agriculteur,
00:52:34aux paysans,
00:52:36le soin
00:52:37de résoudre
00:52:37ces problèmes.
00:52:40Non mais,
00:52:41c'est un peu ça
00:52:42la précarité
00:52:43de l'exercice
00:52:44dans lequel on se trouve.
00:52:45Il y a un problème
00:52:46de flotte,
00:52:47on va vous donner
00:52:48des conditions
00:52:49pour vous permettre
00:52:50de trouver de l'eau.
00:52:51Il y a le problème
00:52:52du prédateur,
00:52:53on va vous donner
00:52:54la faculté
00:52:55de pouvoir
00:52:56résoudre le problème
00:52:58ponctuellement.
00:52:59Non,
00:52:59je reste convaincu
00:53:00qu'on ne parviendra
00:53:02à le surmonter
00:53:03qu'en traitant
00:53:04au fond
00:53:04le sujet
00:53:06et pour ça,
00:53:07nous avons besoin
00:53:08également
00:53:08de prendre l'avis
00:53:09des scientifiques
00:53:10et de nourrir
00:53:11une grande ambition publique
00:53:13pour suivre
00:53:14leurs recommandations.
00:53:16Merci,
00:53:16M. Salmon
00:53:17pour expliquer à son vote.
00:53:25Merci,
00:53:26M. le Président.
00:53:26Je trouve ce débat
00:53:28fort intéressant
00:53:29et le collègue
00:53:34Cabanel
00:53:34a parlé
00:53:35de psychologie
00:53:36et je pense
00:53:36qu'on est vraiment
00:53:37un peu
00:53:38dans ce domaine-là
00:53:39parce que
00:53:40dans notre société,
00:53:42on a mis
00:53:43à l'écart
00:53:44la mort
00:53:45et aujourd'hui,
00:53:47il y a des morts
00:53:48qui sont tolérables
00:53:49et des morts
00:53:50qui sont intolérables.
00:53:51Il y a
00:53:52la mort
00:53:52qui est visible,
00:53:53la mort
00:53:54qui est invisible.
00:53:55on a invisibilisé
00:53:56beaucoup de morts.
00:53:58Je dirais tout simplement
00:53:59que dans nos abattoirs,
00:54:00c'est 5 millions
00:54:01de moutons
00:54:03qui sont abattus
00:54:04et je ne parle pas
00:54:05des autres animaux
00:54:07qui en sont
00:54:08en beaucoup plus grand nombre.
00:54:09Donc, il y a
00:54:12cette dichotomie,
00:54:13cette dissonance
00:54:14entre la vision
00:54:16qu'on a
00:54:17d'une brebis
00:54:18qui est égorgée,
00:54:19qui heurte
00:54:20effectivement
00:54:22l'éleveur
00:54:24mais
00:54:25l'ignorance
00:54:26que l'on a
00:54:26que 80%
00:54:28des moutons
00:54:28qui sont
00:54:29abattus
00:54:30dans les abattoirs
00:54:33sont des agneaux
00:54:34de moins d'un an.
00:54:35Donc,
00:54:36non, non,
00:54:36mais je pense que
00:54:37tout simplement,
00:54:37il y a ce rapport
00:54:39à la mort
00:54:39qui a beaucoup changé
00:54:40depuis des décennies.
00:54:42Je ne dis pas,
00:54:43je ne justifie rien du tout.
00:54:45C'est simplement,
00:54:45je rebondis
00:54:46sur le caractère
00:54:47de la psychologie
00:54:49qu'a employé
00:54:50Henri Cabanel
00:54:50et je pense que
00:54:51c'est très très important
00:54:53de se pencher là-dessus.
00:54:54Je pense qu'on a
00:54:55un débat
00:54:55qui est plutôt intéressant
00:54:57là en ce moment
00:54:59parce qu'il va bien
00:55:00falloir qu'on trouve
00:55:00ce qui est acceptable.
00:55:02C'est ce qui a été dit
00:55:02aussi sur ces bancs.
00:55:04Qu'est-ce qui est acceptable
00:55:05et qu'est-ce qui n'est pas acceptable
00:55:06jusqu'où on peut aller
00:55:07dans cette prédation du loup
00:55:08qui semble tolérable
00:55:10et celle qui est intolérable ?
00:55:12Donc là,
00:55:13on a vraiment
00:55:13à travailler,
00:55:14à travailler dans le fond
00:55:16parce que
00:55:17j'entends bien sur tous ces bancs
00:55:18qu'il n'est pas question
00:55:19d'éradiquer le loup.
00:55:21Donc,
00:55:21il va falloir accepter
00:55:22un certain nombre
00:55:23de dégâts
00:55:25faits par le loup.
00:55:26M. Bui,
00:55:27pour l'explication de votre temps.
00:55:30Merci,
00:55:30M. le Président.
00:55:32Moi,
00:55:32je pense qu'aujourd'hui,
00:55:34on est effectivement
00:55:34un tournant
00:55:36pour nos agriculteurs
00:55:37et pour nos éleveurs.
00:55:38On le voit de partout.
00:55:40Vous le dites
00:55:41dans la Manche,
00:55:42de partout,
00:55:43les loups arrivent.
00:55:44Nous,
00:55:44dans la Drôme,
00:55:45on est impactés
00:55:46depuis de nombreuses années
00:55:47et chaque année,
00:55:48ce qu'on constate,
00:55:49c'est qu'on a
00:55:50de plus en plus d'attaques
00:55:51et de plus en plus
00:55:51de bêtes
00:55:52qui sont malheureusement
00:55:53attaquées
00:55:54et on a des troupeaux
00:55:55qui sont complètement décimés.
00:55:57Aujourd'hui,
00:55:58les jeunes agriculteurs
00:55:59se posent la question
00:56:00de savoir
00:56:00s'ils vont continuer
00:56:01à être agriculteurs
00:56:03et s'ils vont être éleveurs.
00:56:04S'ils ne sont plus éleveurs,
00:56:05qu'est-ce que ça veut dire ?
00:56:05Ça veut dire
00:56:06des pans entiers
00:56:06de montagnes
00:56:07qui ne vont plus être pâturées.
00:56:09Ça veut dire
00:56:09de l'embroussaillement
00:56:10et ça veut dire
00:56:11demain,
00:56:12des feux de forêt.
00:56:13On le voit,
00:56:13aujourd'hui,
00:56:14on en a de partout
00:56:14et ça commence
00:56:16à être très inquiétant.
00:56:17En même temps,
00:56:18on a mis en place
00:56:19des mesures de régulation
00:56:21et je trouve
00:56:22que ce texte
00:56:23est un bon compromis
00:56:24puisqu'aujourd'hui,
00:56:26on voit quand même
00:56:26que là où on arrive
00:56:28à faire peur,
00:56:29à effaroucher
00:56:30et à prélever des loups,
00:56:31c'est efficace.
00:56:32Je pense que les mesures
00:56:33qui ont été mises
00:56:34depuis quelques années
00:56:35ont permis
00:56:36de diminuer
00:56:36non pas le nombre d'attaques
00:56:38mais diminuer
00:56:38le nombre de bêtes
00:56:39qui sont prédatées
00:56:40par troupeaux.
00:56:41On n'a plus,
00:56:41aujourd'hui,
00:56:42des troupeaux
00:56:43avec 80 bêtes
00:56:44qui vont se dérocher.
00:56:45Tout ça parce qu'on a
00:56:46quand même mis en place
00:56:47des mesures de protection
00:56:48et on a notamment
00:56:49les chiens patous.
00:56:50Après,
00:56:51ça pose d'autres problèmes.
00:56:52On le voit aujourd'hui
00:56:53parce que les chiens patous,
00:56:54ils sont là toute l'année.
00:56:55On les a dans les villages
00:56:56et pas forcément
00:56:57dans les bergeries
00:56:59l'hiver.
00:57:00Et aujourd'hui,
00:57:00c'est aussi une régulation
00:57:01qu'il faut qu'on mette en place
00:57:02et qu'on travaille
00:57:04sciemment
00:57:04avec nos agriculteurs.
00:57:05Je pense que le fond du problème,
00:57:06il est sur le nombre de bêtes.
00:57:08Au moins,
00:57:08il y en a,
00:57:08au moins,
00:57:09il y aura de risques.
00:57:10Et aujourd'hui,
00:57:10si l'espèce est viable,
00:57:11comme on le disait
00:57:12il y a quelques années,
00:57:13à 500 bêtes en France,
00:57:15maintenant,
00:57:15les 500 bêtes
00:57:16et ne développent pas
00:57:18cette espèce lupine
00:57:19aujourd'hui
00:57:19qui nous pose des problèmes.
00:57:20Donc,
00:57:20je pense que la régulation
00:57:21est très importante
00:57:23et qu'il faut qu'on se donne
00:57:24des moyens de le faire.
00:57:25Merci.
00:57:26Alors,
00:57:26monsieur Jean Batchy,
00:57:27puis ensuite,
00:57:28nous terminons,
00:57:28si vous voulez bien,
00:57:29la séquence
00:57:29avec la présidente
00:57:30de la commission.
00:57:34Je ne voulais pas intervenir,
00:57:36mais bon,
00:57:37après tout ce que j'ai entendu,
00:57:38je crois qu'il faut quand même
00:57:40remettre les choses
00:57:40à leur place.
00:57:43Un,
00:57:43on nous dit
00:57:44que le loup est revenu
00:57:45chez nous naturellement.
00:57:47Le loup désabruse,
00:57:48il n'a pas traversé
00:57:49la Toscane
00:57:50et la Lombardie
00:57:51sans se faire revoir
00:57:52pour arriver chez nous
00:57:53dans le Mercantour.
00:57:54Il est arrivé dans le Mercantour
00:57:55en voiture,
00:57:56en camion.
00:57:57Un.
00:57:58Deux,
00:58:00on nous dit
00:58:01le loup,
00:58:02il n'est pas dangereux.
00:58:03Il n'est pas dangereux
00:58:04pour l'homme
00:58:05aujourd'hui.
00:58:06Dans le temps,
00:58:07il a été.
00:58:09Il a été pourquoi ?
00:58:10Le loup,
00:58:11quand il arrive chez nous,
00:58:12madame la ministre
00:58:13nous l'a expliqué,
00:58:14il se développe
00:58:14de façon exponentielle.
00:58:17Il arrive sur un territoire,
00:58:19il commence par nettoyer
00:58:21toute la petite faune sauvage.
00:58:24C'est ce qu'il y a
00:58:25le plus facile.
00:58:26Après,
00:58:27il va vers l'élevage,
00:58:29vers les éleveurs
00:58:30qui n'ont pas eu
00:58:32l'habitude de se protéger
00:58:34contre le loup,
00:58:34dont leurs troupeaux
00:58:35sont mal protégés.
00:58:37c'est facile pour le loup.
00:58:38A partir du moment
00:58:40où on accentue
00:58:41la protection des troupeaux,
00:58:44il retourne
00:58:46vers la faune sauvage.
00:58:47M. Cabernet,
00:58:48vous disiez
00:58:48que vous étiez
00:58:49infesté de sangliers.
00:58:50à partir du moment
00:58:52où le loup sera installé,
00:58:54vous verrez
00:58:54que vos populations
00:58:55de sangliers
00:58:55le seront décimées.
00:58:58Derrière,
00:58:59elles vont changer
00:58:59d'attitude
00:59:00ces populations
00:59:01de sangliers.
00:59:02Aujourd'hui,
00:59:03ces populations
00:59:03de sangliers,
00:59:04elles vivent dans le bois.
00:59:06à partir du moment
00:59:07où le loup sera installé,
00:59:08elles vivront
00:59:09dans les ronciers
00:59:09près des habitations
00:59:10et ils deviendront
00:59:12eux-mêmes dangereux.
00:59:16Quand vous rencontriez
00:59:17un sanglier à l'époque,
00:59:18le sanglier partait.
00:59:20Aujourd'hui,
00:59:21ils sont regroupés
00:59:22en paquets
00:59:23et ils font face
00:59:24parce qu'ils ont compris
00:59:25que s'ils se détachent
00:59:26du troupeau,
00:59:27ils sont morts.
00:59:29Et donc,
00:59:30quand les chasseurs y vont
00:59:31ou même l'homme,
00:59:33le sanglier fait face
00:59:34aujourd'hui.
00:59:34Mais demain,
00:59:36quand il n'y aura plus
00:59:36de sangliers
00:59:37et qu'on aura encore
00:59:38accentué la protection
00:59:40des troupeaux,
00:59:41les populations
00:59:42qui auront augmenté,
00:59:43elles continueront
00:59:44à manger.
00:59:45Et là,
00:59:46elles deviendront
00:59:47dangereuses pour l'homme.
00:59:49Merci,
00:59:49monsieur le sénateur.
00:59:51Je vais me passer
00:59:52la parole
00:59:52à madame la présidente
00:59:54de la commission.
00:59:57Merci,
00:59:58monsieur le président.
00:59:59Alors,
00:59:59je ne vais pas vous parler
00:59:59de mon territoire
01:00:00et pourtant,
01:00:01les Alpes-Maritimes
01:00:01ont été le premier territoire
01:00:03qui a été prédaté
01:00:04par le loup,
01:00:05puisque le loup
01:00:05est arrivé
01:00:05dans les Alpes-Maritimes
01:00:07dans les années 1990.
01:00:09Et c'est vrai
01:00:09que malheureusement,
01:00:10on a quand même
01:00:11cette antériorité
01:00:12qui nous permet
01:00:12de voir aujourd'hui
01:00:14le désarroi,
01:00:15la détresse
01:00:15que connaissent
01:00:16nos éleveurs,
01:00:17nos bergers,
01:00:18nos agriculteurs,
01:00:19mais aussi
01:00:19les élus locaux
01:00:20qui sont directement
01:00:21confrontés
01:00:21à ces problématiques
01:00:23et qui doivent gérer
01:00:23aussi la problématique
01:00:25des conflits d'usage.
01:00:27Et donc,
01:00:27bien évidemment,
01:00:28je souscris
01:00:28à tout ce qu'ont dit
01:00:29un certain nombre
01:00:30de nos collègues.
01:00:31Il y a un point
01:00:32qui n'a pas été évoqué
01:00:33dans l'ensemble
01:00:34de vos interventions.
01:00:35C'est celui
01:00:35de ce que représente
01:00:36la gestion du loup
01:00:37pour les dépenses publiques.
01:00:39Aujourd'hui,
01:00:40c'est 42,8 millions d'euros
01:00:43de dépenses publiques
01:00:45qui ont été donc investies
01:00:47pour pouvoir gérer
01:00:49les mesures d'accompagnement
01:00:51du loup,
01:00:52des troupeaux,
01:00:53des éleveurs.
01:00:54Donc, en 2025,
01:00:55ce chiffre,
01:00:55il a été multiplié
01:00:56par 2
01:00:57par rapport à 2016.
01:00:59Donc, c'est aussi
01:01:00quand même
01:01:00à prendre en considération
01:01:01quand j'entends
01:01:02le président Gontard
01:01:03qui dit
01:01:04qu'il faut plus encore
01:01:05accompagner
01:01:06les éleveurs,
01:01:07les bergers.
01:01:08Oui, mais ça a aussi
01:01:08un coût
01:01:09pour la dette,
01:01:11pour notre pays.
01:01:12Et je crois
01:01:12que ce n'est pas aussi
01:01:14anodin
01:01:14que ce que vous voulez
01:01:15bien le dire.
01:01:16Et donc,
01:01:17quand on voit aussi
01:01:17que dans ces dépenses publiques
01:01:19et dans ce coût
01:01:19pour les éleveurs
01:01:20restent aujourd'hui
01:01:21encore à charge
01:01:22des éleveurs
01:01:22près de 20%
01:01:24des mesures de protection
01:01:25qu'ils doivent être
01:01:27mises en place.
01:01:28Sinon,
01:01:28ils ne sont pas indemnisés.
01:01:30Eh bien,
01:01:30ces 20%
01:01:31à la charge
01:01:32des éleveurs,
01:01:33je pense que c'est aussi
01:01:34aujourd'hui,
01:01:35maintenant,
01:01:35au ministre
01:01:36de la Transition écologique
01:01:37de les prendre en charge
01:01:39parce que les éleveurs,
01:01:40ils n'ont rien demandé.
01:01:41Ils doivent mieux se protéger.
01:01:42Sinon,
01:01:43ils n'ont pas
01:01:43les indemnisations
01:01:44qui vont ensemble.
01:01:45C'est une des recommandations
01:01:46qu'on a fait
01:01:47dans notre rapport
01:01:48sur la mission
01:01:49sur le pastoralisme,
01:01:50un modèle
01:01:51d'élevage d'avenir.
01:01:52Et ce rapport,
01:01:54on l'a voulu aussi
01:01:55pertinemment
01:01:56de façon très équilibrée
01:01:57parce qu'on aide
01:01:58les éleveurs
01:01:59à mieux protéger
01:02:00les troupeaux,
01:02:00mais parce qu'on a aussi
01:02:01voulu montrer
01:02:02qu'il faut continuer
01:02:03à valoriser
01:02:04à la fois
01:02:05le pastoralisme,
01:02:07les spécificités
01:02:08des différents modèles
01:02:09d'élevage
01:02:10et cette économie locale
01:02:11de montagne
01:02:12dont on a absolument
01:02:13besoin
01:02:14si on ne veut pas
01:02:15effectivement
01:02:15être confronté
01:02:16à ce que dans
01:02:17nos montagnes aussi,
01:02:18l'économie,
01:02:19l'emploi
01:02:20disparaissent
01:02:21complètement.
01:02:22Merci,
01:02:23Madame la Présidente
01:02:24de la Commission.
01:02:25Je vais mettre
01:02:25en voie
01:02:27ces deux amendements
01:02:28identiques
01:02:28qui ont reçu
01:02:29deux avis défavorables.
01:02:31Qui est pour ?
01:02:33Qui est contre ?
01:02:34Qui s'abstient ?
01:02:36Les amendements identiques
01:02:37ne sont pas adoptés.
01:02:38Ensuite,
01:02:39cinq amendements
01:02:39en discussion commune.
01:02:40Nous débutons par
01:02:41trois identiques
01:02:42de 246.
01:02:43Monsieur Cabanel.
01:02:44Merci,
01:02:45Monsieur le Président.
01:02:47La détresse
01:02:48des éleveurs
01:02:49confrontés au loup
01:02:49doit être
01:02:50impérativement
01:02:51pleinement entendue.
01:02:53Mais la réponse
01:02:54ne peut pas consister
01:02:55à banaliser
01:02:55l'usage d'équipements
01:02:56de visée nocturne,
01:02:57thermique ou infrarouge
01:02:58par des personnes privées.
01:03:00Ces dispositifs
01:03:01sont sensibles.
01:03:02Ils relèvent
01:03:02d'interventions
01:03:03qui doivent rester
01:03:04strictement encadrées
01:03:05pour des raisons
01:03:06de sécurité,
01:03:07de contrôle
01:03:07et de proportionnalité.
01:03:09Nous ne disons pas
01:03:10dans cet amendement
01:03:10qu'ils ne doivent
01:03:11jamais être utilisés.
01:03:12Nous disons
01:03:13qu'ils doivent être
01:03:13faits par des personnes
01:03:15habilitées
01:03:16dans un cadre clair
01:03:17sous le contrôle
01:03:18de l'autorité compétente,
01:03:19lieutenant de l'ouvainterie,
01:03:20agent formé,
01:03:21personnel autorisé.
01:03:23La protection des troupeaux
01:03:24exige des moyens efficaces
01:03:25mais l'efficacité
01:03:26ne doit pas se traduire
01:03:27par une extension
01:03:28trop large
01:03:29de moyens de tir
01:03:30particulièrement puissants.
01:03:31Cet amendement
01:03:32permet donc
01:03:32de préserver un équilibre,
01:03:34agir contre la prédation,
01:03:36oui,
01:03:36déréguler l'usage
01:03:37de dispositifs
01:03:38nocturnes sensibles,
01:03:39non.
01:03:42Merci.
01:03:43Ensuite,
01:03:44M. Hubert,
01:03:45pour un identique 367.
01:03:46Oui,
01:03:47le matériel de tir
01:03:48avec précision
01:03:49comme la visée nocturne
01:03:50est actuellement
01:03:50réservée aux agents de l'Etat.
01:03:52Autoriser demain
01:03:53n'importe quelle personne
01:03:54à pouvoir utiliser
01:03:55cette technologie
01:03:56ne rend pas seulement
01:03:57impossible
01:03:58de contrôler
01:03:59le nombre de prélèvements
01:04:00effectifs
01:04:00concernant le loup.
01:04:01Elle pose une question
01:04:02concernant plus largement
01:04:03la réglementation de la chasse
01:04:04et aussi une question
01:04:05d'ordre public.
01:04:06La vision thermique
01:04:07change profondément
01:04:08la vision du tireur
01:04:10qui n'identifie rien d'autre
01:04:11qu'une source de chaleur.
01:04:12Elle ne permet
01:04:12aucune identification formelle
01:04:14de l'environnement,
01:04:15de l'arrière-plan,
01:04:16de l'angle de tir,
01:04:17de l'animal lui-même
01:04:17qui est ciblé.
01:04:18Faciliter le recours
01:04:19à ces armes nocturnes
01:04:20rend en pratique
01:04:21le contrôle
01:04:22et la légalité
01:04:23de la chasse impossible,
01:04:24en particulier
01:04:24dans les territoires
01:04:25montalieux
01:04:26où se trouve le loup.
01:04:28Président Gontard,
01:04:29pour un identique.
01:04:31Oui,
01:04:31merci,
01:04:31M. le Président.
01:04:33Effectivement,
01:04:33un amendement identique
01:04:34mais quand même important.
01:04:35On parlait tout à l'heure
01:04:36d'équilibre.
01:04:37Je pense que,
01:04:38oui,
01:04:38il faut de l'équilibre
01:04:39et que là,
01:04:39pour le coup,
01:04:40on n'est clairement pas
01:04:41dans l'équilibre.
01:04:42On est même dans...
01:04:43Je ne sais pas
01:04:44où on va
01:04:44avec cet amendement.
01:04:47mais dire quand même
01:04:47que je reprends
01:04:49les mots
01:04:50à la fois,
01:04:51d'ailleurs,
01:04:51du gouvernement,
01:04:53du ministère
01:04:53de l'Intérieur
01:04:54lui-même
01:04:55et de militaires
01:04:57et je vais en citer
01:04:58un certain nombre.
01:04:58Une lunette thermique,
01:05:00si elle est fixée
01:05:00sur l'arme,
01:05:01la transforme
01:05:02en arme de guerre.
01:05:03Nous ne pouvons pas
01:05:03prendre le risque
01:05:04d'autoriser cet équipement
01:05:05à un public élargi.
01:05:06Une lunette thermique
01:05:07n'est pas une simple
01:05:08paire de jumelles
01:05:09ou un appareil
01:05:09d'observation neutre.
01:05:10Ce dispositif est
01:05:11directement intégré
01:05:12à l'acte de tir
01:05:13et son utilisation
01:05:14a pu causer
01:05:14des accidents.
01:05:15En dehors des agents
01:05:16de l'OFB
01:05:17et des louvetiers,
01:05:18seuls les militaires
01:05:18sont autorisés
01:05:19à en disposer.
01:05:20Quand une végétation
01:05:21très dense,
01:05:22un mur végétal
01:05:23fait écran,
01:05:24saut une excellente formation
01:05:25permet de savoir
01:05:26si on vise un loup
01:05:26ou un humain.
01:05:28Donc là,
01:05:28on ouvre quand même...
01:05:29Ça fait rire,
01:05:31mais c'est quand même
01:05:31une réalité.
01:05:32Ça vient du ministère
01:05:33de l'Intérieur,
01:05:34en général,
01:05:35qui est plutôt...
01:05:36Je pense qu'on ouvre
01:05:38quelque chose
01:05:38qui, pour moi,
01:05:39n'est pas acceptable,
01:05:41encore une fois,
01:05:42de l'équilibre,
01:05:45et surtout,
01:05:46c'est quoi la suite ?
01:05:48Derrière,
01:05:48ça va être
01:05:49on va autoriser
01:05:49les grenades,
01:05:50on va...
01:05:51Oui,
01:05:52mais on en est là.
01:05:53Je veux dire
01:05:53qu'on puisse faire
01:05:55du prélèvement,
01:05:57qu'on puisse faire
01:05:57du tir
01:05:58des farouchements,
01:05:59OK,
01:06:00mais avoir
01:06:01ce type d'armes
01:06:02entre les mains,
01:06:03ce n'est pas anodin,
01:06:04surtout quand ce sont
01:06:05des non-professionnels
01:06:06et ça a un impact.
01:06:07On rigole,
01:06:08mais quand il y aura
01:06:09un accident,
01:06:10je pense qu'hélas,
01:06:10on rigolera moins.
01:06:11Donc, je pense que réellement,
01:06:12il faut supprimer
01:06:13cet article.
01:06:15Merci,
01:06:16Monsieur le Ministre,
01:06:17pour un amendement
01:06:18du gouvernement 871.
01:06:22Monsieur le Président,
01:06:23Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
01:06:25le gouvernement
01:06:25est opposé
01:06:26à l'introduction
01:06:28des lunettes thermiques
01:06:30et des lunettes nocturnes
01:06:32pour plusieurs raisons.
01:06:34D'abord,
01:06:35pour un enjeu
01:06:35de sécurité publique,
01:06:37s'agissant,
01:06:38cela a été rappelé,
01:06:39quand le matériel
01:06:40est fixé sur l'arme
01:06:41d'une arme de guerre
01:06:42qui peut poser
01:06:43des difficultés,
01:06:45évidemment,
01:06:46de vision
01:06:47et de risques
01:06:48en matière de tir
01:06:49qui sont extrêmement importants.
01:06:50On a déjà connu
01:06:51certains accidents
01:06:52en la matière.
01:06:54La formation
01:06:55qui est prévue
01:06:57par les articles
01:06:58qui nous occupent
01:06:59par l'OFB
01:07:00auquel vous souhaitez
01:07:01ajouter les louvetiers
01:07:03nous paraît également
01:07:05assez peu définie.
01:07:07C'est la raison
01:07:08pour laquelle
01:07:09le gouvernement
01:07:09souhaite revenir
01:07:10sur cette possibilité.
01:07:13J'ajoute également
01:07:14que,
01:07:15s'agissant
01:07:15d'un enjeu
01:07:16de sécurité publique,
01:07:17si ces armes
01:07:19venaient à être déployées,
01:07:20on aurait,
01:07:21par ailleurs,
01:07:22un sujet de contrôle
01:07:22par les forces
01:07:23de sécurité intérieure,
01:07:25que le risque
01:07:26de braconnage
01:07:27serait également
01:07:28extrêmement important
01:07:31et enfin
01:07:33que la responsabilité,
01:07:34me semble-t-il,
01:07:35qui pèserait sur
01:07:36les agriculteurs
01:07:37s'en trouverait
01:07:38renforcée,
01:07:39encore une fois,
01:07:40avec un véritable risque
01:07:42d'avoir des erreurs
01:07:44dans les tirs
01:07:45avec ce matériel,
01:07:47ces armes
01:07:47qui sont des armes
01:07:48de catégorie 4,
01:07:49je crois,
01:07:515,
01:07:51et qui sont
01:07:53évidemment
01:07:54aujourd'hui
01:07:55destinées uniquement
01:07:56à des personnels
01:07:57qui sont des personnels
01:07:58formés
01:07:59de longue date
01:08:00pour des usages
01:08:01qui sont des usages
01:08:02plutôt d'ordre militaire.
01:08:04Le gouvernement
01:08:05souhaite revenir
01:08:05sur ces dispositions
01:08:06et a fortiori
01:08:08revenir sur
01:08:08l'extension
01:08:09qu'a proposée
01:08:10le Sénat
01:08:10en matière
01:08:11d'infrarouge.
01:08:13Merci,
01:08:13M. le ministre.
01:08:14Mme Diffolco
01:08:14pour l'amendement 625 rectifié.
01:08:16Merci, Président.
01:08:17L'amendement
01:08:18de notre collègue
01:08:19Anglard
01:08:20vise à améliorer
01:08:21la réactivité nécessaire
01:08:23sur le terrain
01:08:23pour les éleveurs
01:08:24qui font face
01:08:24à une attaque
01:08:25afin qu'ils puissent
01:08:27intervenir
01:08:27lorsque la louveterie
01:08:28n'est pas mobilisable
01:08:29le soir même.
01:08:30Le but est de renforcer
01:08:32l'efficacité
01:08:32des tirs de défense
01:08:33et de permettre
01:08:34l'utilisation
01:08:34des dispositifs
01:08:35de repérage infrarouge
01:08:37ou thermique
01:08:37équipés d'un adaptateur
01:08:38permettant de les fixer
01:08:40sur une lunette de tir.
01:08:41Je vous remercie.
01:08:42Merci, M. le rapporteur.
01:08:44Quel est l'avis de la commission
01:08:45sur ces amendements
01:08:46en discussion commune
01:08:46et notamment
01:08:47les trois premiers identiques ?
01:08:48Merci, M. le Président.
01:08:50La commission est favorable
01:08:51à la possibilité
01:08:53d'utilisation
01:08:54de la détection thermique
01:08:56par les éleveurs
01:08:57ou leurs mandataires.
01:08:58Aussi, je voudrais préciser
01:09:00quelques éléments.
01:09:01Que l'utilisation
01:09:02des lunettes de tir
01:09:03de ce type
01:09:04est soumise
01:09:05à des conditions
01:09:06très strictes.
01:09:07A savoir,
01:09:08elle intervient
01:09:09dans le cadre
01:09:10d'opérations
01:09:11de gestion
01:09:11destinées
01:09:12à lutter
01:09:12contre la prédation
01:09:13des troupeaux.
01:09:14Ça vient d'être dit.
01:09:15L'éleveur
01:09:16ou son mandataire
01:09:17doit bien entendu
01:09:18être titulaire
01:09:19d'un permis
01:09:19de chasse validé.
01:09:21Il doit aussi
01:09:22avoir suivi
01:09:24une formation
01:09:24préalable
01:09:25auprès de l'Office français
01:09:26de la biodiversité
01:09:27ou d'un lieutenant
01:09:28de Louverture
01:09:29ayant suivi
01:09:30cette même formation.
01:09:31Elle n'est autorisée
01:09:33que dans la période
01:09:33allant du 1er mai
01:09:34pendant la période estive
01:09:35du 1er mai
01:09:36au 30 octobre
01:09:37et sur un périmètre
01:09:38géographique
01:09:39limité
01:09:40et défini
01:09:41par le préfet.
01:09:42C'est un avis
01:09:44défavorable.
01:09:46Concernant
01:09:47l'amendement
01:09:48861,
01:09:49871,
01:09:51défavorable également.
01:09:53Ensuite,
01:09:54l'amendement
01:09:55246,
01:09:56367,
01:09:57880
01:09:58et 871
01:10:00du gouvernement,
01:10:03donc avis
01:10:03défavorable.
01:10:04L'amendement
01:10:04625 rectifié,
01:10:06cet amendement
01:10:07entre en contradiction
01:10:08avec la linéa 13
01:10:10qui fixe un régime
01:10:12juridique spécifique
01:10:13pour l'utilisation
01:10:14des lunettes de tir
01:10:15utilisant
01:10:15ces mêmes technologies.
01:10:17Ce serait une demande
01:10:18de retrait.
01:10:20Merci.
01:10:21Monsieur le ministre,
01:10:22quel est l'avis du gouvernement
01:10:23sur les amendements
01:10:26qui cohabitent
01:10:27avec le vôtre ?
01:10:30Merci,
01:10:30Monsieur le Président.
01:10:32Le gouvernement
01:10:33est d'ores et déjà
01:10:34défavorable
01:10:35à l'article
01:10:36tel qu'il a été
01:10:37introduit
01:10:37par l'Assemblée nationale.
01:10:39Toutes les
01:10:40facilités supplémentaires
01:10:41qui sont introduites
01:10:43au Sénat,
01:10:44le gouvernement
01:10:44y est également
01:10:45défavorable.
01:10:46J'ajoute que
01:10:47la formation
01:10:48telle que vous la proposez,
01:10:49puisque le texte
01:10:50initial de l'Assemblée nationale
01:10:52propose une formation
01:10:53par l'OFB
01:10:54sans d'ailleurs
01:10:55en définir
01:10:56le contenu,
01:10:58vous souhaitez
01:10:58l'élargir
01:10:59au Louvetier,
01:11:00mais je comprends
01:11:01d'un échange
01:11:02avec ceux-ci
01:11:03que ces derniers
01:11:04ne sont pas nécessairement
01:11:05volontaires
01:11:06pour procéder
01:11:07à ce type
01:11:08de formation.
01:11:09Si on rentre
01:11:09très concrètement,
01:11:12oui,
01:11:12ce n'est pas obligatoire,
01:11:13mais encore faudrait-il
01:11:14peut-être pour cela
01:11:15d'ores et déjà
01:11:16définir le contenu
01:11:17de la formation
01:11:17tel que pratiqué
01:11:18par l'OFB
01:11:20et y compris
01:11:20avec des enjeux
01:11:21me semble-t-il
01:11:22très concrets
01:11:23de renouvellement
01:11:25de cette formation
01:11:26par exemple,
01:11:27ce qui ne figure pas
01:11:28dans le texte.
01:11:29Je vous redis
01:11:30la grande prudence
01:11:31du gouvernement
01:11:32à l'élargissement
01:11:33de ces mesures.
01:11:35Un point principiel
01:11:36que j'ai oublié,
01:11:38c'est que nous n'avons pas
01:11:39ou marginalement
01:11:40d'enjeux
01:11:41d'efficience
01:11:42des tirs
01:11:43de prélèvement.
01:11:44Quand il y a un enjeu
01:11:45d'efficience
01:11:45des tirs de prélèvement,
01:11:46on envoie la brigade mobile
01:11:47d'intervention,
01:11:49par exemple,
01:11:50les Louvetiers,
01:11:51mais la brigade mobile
01:11:52d'intervention notamment.
01:11:54Le quota annuel
01:11:56est atteint.
01:11:57C'est bien la preuve
01:11:59que l'enjeu
01:12:00n'est pas de réussir
01:12:01le tir.
01:12:02Les tirs sont réussis
01:12:04et les prélèvements
01:12:05sont réalisés.
01:12:06Je crains
01:12:08encore une fois
01:12:09que cet article,
01:12:10ces dispositions
01:12:11ne fassent peser
01:12:12un risque
01:12:14important
01:12:15sur la sécurité publique.
01:12:16C'est la raison
01:12:17pour laquelle
01:12:17le gouvernement
01:12:18y est défavorable.
01:12:19Monsieur le rapporteur.
01:12:23Monsieur le ministre,
01:12:24je crois qu'il est temps
01:12:26de ne pas perdre de temps.
01:12:27Nous devons protéger
01:12:28nos éleveurs.
01:12:29Les éleveurs
01:12:30doivent pouvoir
01:12:30se protéger
01:12:31avec les lieux
01:12:32de temps de louvrerie,
01:12:33avec les gens
01:12:33qui sont accrédités
01:12:34pour le faire.
01:12:35Et sur le principe
01:12:36de la sécurité,
01:12:37je dois vous avouer
01:12:38qu'une lunette
01:12:39rend les choses
01:12:40encore beaucoup plus précises
01:12:42qu'autrement.
01:12:43Donc,
01:12:44je ne vois pas
01:12:44ce que vous pourrez trouver
01:12:45comme sécurité supplémentaire,
01:12:48bien sûr,
01:12:48la formation,
01:12:49etc.,
01:12:50mais la lunette,
01:12:51c'est un avantage
01:12:52considérable.
01:12:54Considérable.
01:12:54Il faut voter
01:12:55cet amendement.
01:12:58Merci.
01:12:58Monsieur Salmon
01:12:59pour l'explication de vote.
01:13:02Merci,
01:13:02Monsieur le Président.
01:13:04En début 2022,
01:13:05j'ai participé
01:13:06à une mission d'information
01:13:07sur la sécurisation
01:13:08de la chasse
01:13:09suite à des accidents
01:13:10mortels
01:13:11qu'il y avait eu
01:13:12et qui avaient ponctué
01:13:13l'année précédente.
01:13:14Je pense que nous devons
01:13:16être très, très prudents.
01:13:17Nous sommes dans un moment
01:13:18où, effectivement,
01:13:20on parle moins
01:13:21de ces accidents.
01:13:22On sait bien
01:13:22qu'ils sont très en lien
01:13:24avec,
01:13:25il y a le facteur humain,
01:13:26mais qui est aggravé
01:13:28par l'armement
01:13:29dont on dispose.
01:13:31Ces lunettes thermiques,
01:13:33effectivement,
01:13:34demandent une grande formation
01:13:35et doivent être réservées
01:13:37à l'usage très particulier
01:13:39que peuvent en faire
01:13:40plutôt les militaires
01:13:41ou les services
01:13:42des forces nationales.
01:13:45donc, je pense que c'est
01:13:47vraiment
01:13:50une fausse bonne idée
01:13:52de mettre ça
01:13:53dans les mains
01:13:54des éleveurs.
01:13:57Les louvetiers,
01:13:58les lieutenants
01:13:58de louveterie
01:13:59n'en veulent pas
01:14:00particulièrement non plus,
01:14:01comme l'a rappelé
01:14:01M. le ministre.
01:14:03Donc, je ne vois
01:14:04vraiment pas l'intérêt
01:14:05à part, demain,
01:14:06avoir des accidents.
01:14:08et puis,
01:14:09on a toujours la crainte
01:14:11de la dissémination
01:14:12de ce genre,
01:14:14je ne vais pas dire
01:14:15d'outils,
01:14:16mais ça fait partie
01:14:17de l'armement
01:14:18qui pourrait tomber
01:14:19dans de très mauvaises mains
01:14:20et donc, je pense
01:14:21qu'il faut vraiment
01:14:22éviter ce piège-là.
01:14:25Merci.
01:14:26Je vais mettre
01:14:27aux voix
01:14:28cette série
01:14:29d'amendements
01:14:30en discussion.
01:14:31Mme Zifolko,
01:14:33vous retirez
01:14:35l'amendement
01:14:36625
01:14:36de M. Anglard.
01:14:38Très bien.
01:14:38Donc, nous votons
01:14:39sur les trois identiques
01:14:42avec deux avis défavorables.
01:14:43Qui est pour ?
01:14:45Qui est contre ?
01:14:46Qui s'abstient ?
01:14:47Les amendements identiques
01:14:48ne sont pas adoptés.
01:14:49Et nous votons enfin
01:14:50sur l'amendement
01:14:51du gouvernement
01:14:52le 871
01:14:53avec un avis défavorable
01:14:54de la Commission.
01:14:55Qui est pour ?
01:14:57Qui est contre ?
01:14:59Qui s'abstient ?
01:15:00L'amendement du gouvernement
01:15:01n'est pas adopté.
01:15:02Je mets aux voix
01:15:02l'article 14.
01:15:04Qui est pour ?
01:15:05Qui est contre ?
01:15:06Qui s'abstient ?
01:15:07L'article 14 est adopté.
01:15:09Je vais mettre aux voix
01:15:09l'ensemble du projet de loi.
01:15:12Y a-t-il des demandes
01:15:13d'explication de vote,
01:15:14M. Salmon ?
01:15:16Merci, M. le Président.
01:15:19Cette loi,
01:15:20qui va sans doute être votée,
01:15:22hélas,
01:15:22nous fait opérer
01:15:22un recul
01:15:23de plus de 20 ans
01:15:24en termes de droit
01:15:25de l'environnement.
01:15:26L'intérêt général
01:15:28et la démocratie
01:15:29ont payé
01:15:30un lourd tribut
01:15:30au dogme
01:15:31de la mondialisation
01:15:33et de la compétitivité.
01:15:35Quelques miettes
01:15:36concernant la protection
01:15:37du marché français,
01:15:39le foncier,
01:15:41la rémunération.
01:15:42Tout cela constitue
01:15:43un simple écran de fumée
01:15:45qui ne masque pas
01:15:46la volonté
01:15:46de perdurer
01:15:47dans un modèle
01:15:49qui détruit
01:15:49notre environnement
01:15:50en même temps
01:15:51qu'il détruit
01:15:52nos fermes.
01:15:53Le modèle défendu
01:15:54est celui
01:15:55de l'agrobusiness
01:15:56qui nourrit
01:15:57les marchands d'engrais
01:15:58de pesticides,
01:15:59de machines
01:15:59et de semences.
01:16:01Parmi les points marquants,
01:16:03c'est sans contexte
01:16:04la démocratie de l'eau
01:16:06qui a été la plus attaquée
01:16:07avec un amoindrissement
01:16:09des comités de bassins
01:16:11et des commissions locales
01:16:12de l'eau.
01:16:13C'est l'eau bien commun
01:16:15qui s'efface derrière
01:16:16une forme de privatisation.
01:16:18Les zones humides,
01:16:19les zones de non-traitement
01:16:20sont encore amoindries.
01:16:22C'est notre capacité
01:16:24de résilience
01:16:25qui est,
01:16:25elle aussi,
01:16:26amoindrie.
01:16:27Notre santé
01:16:28qui est sacrifiée
01:16:29au nom de la compétitivité
01:16:31est la levée des contraintes
01:16:33pour quelques agriculteurs.
01:16:35Mais ces contraintes,
01:16:36elles vont se reporter
01:16:38ailleurs.
01:16:39Ces contraintes,
01:16:40elles seront
01:16:40sur les collectivités
01:16:42territoriales
01:16:43qui payent déjà
01:16:44un lourd tribut
01:16:45en potabilisation
01:16:46de l'eau.
01:16:48Pour nos citoyens,
01:16:49tout cela se payera
01:16:51également
01:16:52en coûts de santé
01:16:53avec un déficit
01:16:56de la sécurité sociale
01:16:57qui ne cesse de croître.
01:16:58Des contraintes
01:16:59également
01:17:00pour les générations futures.
01:17:03Pourtant,
01:17:03un autre modèle agricole,
01:17:05un autre monde
01:17:06est possible
01:17:06et nous continuerons
01:17:08de le défendre.
01:17:10Merci,
01:17:11M. Tissot
01:17:12pour une explication de vote.
01:17:15Merci, M. le Président.
01:17:17Nous venons d'examiner
01:17:18plus de 1 000 amendements,
01:17:20preuve de l'intérêt
01:17:21que nous portons
01:17:21à ce texte,
01:17:22mais également
01:17:23de son caractère
01:17:24très contesté.
01:17:25Un examen
01:17:26à un rythme effréné,
01:17:27comme si vous étiez pressé
01:17:28d'adopter vos dispositions
01:17:30et que,
01:17:31de toute façon,
01:17:32nous n'étions
01:17:32qu'une chambre
01:17:33d'enregistrement.
01:17:34Et puisque vous aimez
01:17:35les chiffres,
01:17:35messieurs les rapporteurs,
01:17:37je veux vous en donner
01:17:38moi aussi.
01:17:39Côté socialiste,
01:17:40nous avons été constructifs
01:17:41et nous avons déposé
01:17:42plus de 200 amendements
01:17:43et seule une toute petite poignée
01:17:45a été adoptée.
01:17:46Vous faites votre loi
01:17:47dans votre coin
01:17:48sans prendre en compte
01:17:49ce que l'on peut vous proposer.
01:17:50Le plus grave,
01:17:51c'est que cette loi,
01:17:51elle nous a été dictée
01:17:53par une minorité.
01:17:54Alors oui,
01:17:54ici,
01:17:55vous êtes majoritaire.
01:17:56Mais cette loi,
01:17:57que j'appelle FNSEA,
01:17:58c'est une loi
01:18:00pour une toute petite minorité
01:18:01d'exploitants agricoles.
01:18:03Un autre chiffre
01:18:04pour l'illustrer,
01:18:05il y a 400 000 agriculteurs
01:18:07en France.
01:18:08Parmi ces 400 000,
01:18:0940 % ont participé
01:18:11aux élections
01:18:11des chambres d'agriculture
01:18:12en 2025
01:18:13et on sait que le résultat
01:18:14de ces élections
01:18:15indique les forces syndicales.
01:18:16Donc soit 160 000.
01:18:19Et parmi ces 160 000 votants,
01:18:21l'alliance syndicale
01:18:22qui nous dicte ces lois
01:18:23depuis des années
01:18:24réalise environ 45 % des voix.
01:18:26Soit 72 000 voix.
01:18:27Donc on est en mesure
01:18:29de dire que 72 000 personnes
01:18:30imposent à 69 millions de Français
01:18:32restant l'ensemble
01:18:33de la politique agricole.
01:18:35ça veut dire que 0,1 %
01:18:37de la population
01:18:38impose aux 99,9 autres
01:18:40à la fois ce qu'il faut manger,
01:18:42ce qu'il faut respirer,
01:18:43ce qu'il faut voir.
01:18:44Vous ne voulez ni entendre
01:18:45le reste du monde agricole,
01:18:46ni les attentes de la société.
01:18:48Vous n'en avez rien à faire,
01:18:50vous ne pensez qu'exporter
01:18:51et rendement.
01:18:52Et puis une dernière réflexion
01:18:54qui m'a exaspéré
01:18:54et vous nous avez répété,
01:18:56Madame la Ministre,
01:18:57qu'il n'y avait pas
01:18:57de recul environnemental.
01:18:59Alors soit c'est une méconnaissance
01:19:00de votre texte,
01:19:01ce que je ne me refuse
01:19:03de croire évidemment,
01:19:05soit c'est une tentative
01:19:06d'auto-persuasion.
01:19:07Et dans les deux cas,
01:19:08c'est grave.
01:19:09Ayons au moins le courage
01:19:10d'assumer,
01:19:11Madame la Ministre,
01:19:11en tout état de cause,
01:19:12puisque ce projet de loi
01:19:13ne résoudra pas
01:19:14la crise agricole,
01:19:15puisqu'il perpétue
01:19:16un modèle qui ne fonctionne plus
01:19:17et puisqu'il participe
01:19:18à déréguler la protection
01:19:19de l'environnement,
01:19:20le groupe socialiste
01:19:21votera contre ce texte.
01:19:23Écoutez, on est parti
01:19:24de ce projet de loi,
01:19:25pas convaincu,
01:19:26les agriculteurs.
01:19:27Même moi,
01:19:28je n'étais pas convaincu.
01:19:28un énième projet d'urgence.
01:19:31Vous voyez l'urgence
01:19:32quand elle est décrétée
01:19:33et quand elle finit,
01:19:34on voit bien
01:19:34qu'il se passe
01:19:35un délai assez long,
01:19:36avec toutes les difficultés
01:19:37de revoir les trajectoires,
01:19:38c'est-à-dire que
01:19:39dans la boîte de vitesse
01:19:41de notre travail
01:19:42de parlementaire,
01:19:43on n'a pas beaucoup
01:19:43de marche arrière.
01:19:46Et le gouvernement
01:19:48a du mal
01:19:49à lâcher des marches arrières.
01:19:50On fait souvent
01:19:51des apports dans les textes,
01:19:52mais la simplification,
01:19:54on n'arrive pas à l'écrire.
01:19:55Là, aujourd'hui,
01:19:56on peut dire,
01:19:57sur les différents sujets
01:19:59qu'on a touchés,
01:20:01lancés par le gouvernement,
01:20:04repris par les rapporteurs,
01:20:07améliorés par l'ensemble
01:20:08de nos amendements.
01:20:09Je peux vous assurer
01:20:10qu'aujourd'hui,
01:20:11on a quand même fait
01:20:12quelque chose de massif.
01:20:14C'est assez rare
01:20:15pour être noté.
01:20:15ça fait peur à beaucoup
01:20:17de monde.
01:20:17Ça va faire peur
01:20:18beaucoup au gouvernement,
01:20:20aux députés,
01:20:21en disant,
01:20:22tout ce que vous avez fait
01:20:24va faire exploser la loi,
01:20:26comme l'a dit
01:20:26l'ancien ministre
01:20:27de l'Agriculture,
01:20:28et je le regrette,
01:20:29Marc Fénaud.
01:20:32Aujourd'hui,
01:20:33l'ambition,
01:20:34elle a été écrite
01:20:37correctement,
01:20:39de façon assez équilibrée.
01:20:41Je n'étais pas forcément
01:20:42convaincu.
01:20:43Je remercie le rapporteur,
01:20:45Laurent Duplomb,
01:20:46parce qu'on connaît
01:20:48parfois sa façon
01:20:50à être un peu
01:20:51excessive par moment.
01:20:53Et pour moi,
01:20:53qui suis très posé
01:20:54et modéré,
01:20:56tout le monde comprendra
01:20:57que je peux le comprendre.
01:21:00On a réussi
01:21:01à atterrir
01:21:02à un équilibre
01:21:02qui est assez rare.
01:21:04Donc,
01:21:04mes chers collègues,
01:21:05je vous remercie tous.
01:21:06Je remercie bien sûr
01:21:07les membres de la Commission
01:21:08et vous dire que maintenant,
01:21:10il va falloir faire cette CMP.
01:21:12Moi, j'y mettrai
01:21:13toute mon énergie
01:21:15et puis convaincre
01:21:16nos collègues députés
01:21:17de dire que
01:21:18les moments historiques,
01:21:19ils ne se passent pas souvent
01:21:21pour l'agriculture.
01:21:24Monsieur le rapporteur,
01:21:25vous avez la parole
01:21:26pour clore
01:21:27les explications de vote.
01:21:29Alors,
01:21:29Monsieur le Président,
01:21:30d'abord,
01:21:30remercier mes co-rapporteurs,
01:21:32que ce soit Franck
01:21:33comme Pierre.
01:21:34Remercier la présidente
01:21:35de la Commission
01:21:36remercier les différents
01:21:38administrateurs,
01:21:39le chef de la Commission
01:21:41économique,
01:21:42ainsi que remercier,
01:21:44bien sûr,
01:21:44la ministre de l'Agriculture
01:21:45et surtout remercier
01:21:47tous les sénateurs
01:21:47qui ont suivi
01:21:49relativement nombreux
01:21:50la totalité des débats
01:21:52et qui nous ont apporté
01:21:53à nous,
01:21:54les rapporteurs,
01:21:56un soutien massif
01:21:57qui nous a permis
01:21:58d'aller jusqu'au bout
01:22:00des sujets
01:22:00et de faire
01:22:01ce que je dirais
01:22:03un peu l'inverse
01:22:04de ce que vous avez dit,
01:22:05Monsieur l'Aélec.
01:22:07Non,
01:22:07je ne crois pas
01:22:08que nous n'ayons pas
01:22:09abordé les problèmes
01:22:10de fond.
01:22:11Je pense que,
01:22:12bien au contraire,
01:22:13nous avons abordé
01:22:15la question de fond.
01:22:17Et vous avez raison,
01:22:18Monsieur Tissot.
01:22:19Les chiffres,
01:22:20c'est les chiffres.
01:22:21L'avantage d'un chiffre,
01:22:23c'est que,
01:22:23soit il est objectif,
01:22:24soit il est faux.
01:22:26Mais la réalité,
01:22:27c'est que,
01:22:28souvent,
01:22:29pour ne pas dire
01:22:30très souvent,
01:22:31je ne crois pas
01:22:32qu'on puisse
01:22:32me condamner
01:22:33pour donner des chiffres
01:22:34qui sont faux.
01:22:35Et d'ailleurs,
01:22:37on n'a eu pas plus tard
01:22:37qu'il y a quelques jours
01:22:38la ministre de l'Environnement
01:22:41confirmer les 500 milliards
01:22:42de mètres cubes,
01:22:43confirmer les 211 milliards
01:22:45de mètres cubes,
01:22:45confirmer les 1,5 million
01:22:47d'hectares
01:22:48de surface irriguée
01:22:49en France.
01:22:50Alors,
01:22:50pourquoi je vous dis
01:22:51que les chiffres sont importants ?
01:22:53Eh bien,
01:22:54parce qu'il y a des chiffres
01:22:55que je ne vous ai pas
01:22:56encore donnés
01:22:57et que je vais vous donner
01:22:58puisque, oui,
01:22:59j'aime les chiffres.
01:23:01À cette tribune,
01:23:05lors d'un discours
01:23:05politique général,
01:23:08un Premier ministre,
01:23:10François Bayrou,
01:23:12ou la personne
01:23:13qui le représentait
01:23:13pour faire le même discours
01:23:15à l'Assemblée nationale,
01:23:16a dit
01:23:17« Le coût des normes
01:23:20en Europe,
01:23:22c'est en moyenne
01:23:230,5% du PIB ».
01:23:28Ça veut dire
01:23:29que le coût des normes
01:23:31pour tous les pays européens,
01:23:32c'est un demi-point
01:23:34du PIB
01:23:35de chaque pays
01:23:36en moyenne.
01:23:38Et il a cité
01:23:40quatre exemples.
01:23:42Oui,
01:23:43c'est dommage
01:23:44que M. Dantec ne soit pas là
01:23:45parce qu'il aurait dit
01:23:46que je suis amoureux
01:23:46de l'Espagne.
01:23:47L'Espagne,
01:23:48il a cité
01:23:490,3% du PIB.
01:23:52Il a cité
01:23:53l'Italie,
01:23:540,8% du PIB.
01:23:57Il a cité
01:23:57l'Allemagne,
01:23:580,17% du PIB.
01:24:01Et puis,
01:24:02il a cité
01:24:03la France
01:24:03et il a dit
01:24:05presque
01:24:064% du PIB.
01:24:08Si on s'amuse
01:24:10à faire un petit calcul
01:24:10rapide
01:24:11et si on se benchmark
01:24:13par rapport
01:24:14à l'Allemagne,
01:24:15la France,
01:24:16Mme la Ministre,
01:24:17je pense que vous
01:24:17confirmerez mes dires,
01:24:19fait un produit
01:24:20intérieur brut
01:24:20d'à peu près
01:24:213 000 milliards par an.
01:24:23Si nous étions
01:24:24comme les Allemands,
01:24:25le coût des normes
01:24:26que nous appliquerions
01:24:27sur toutes nos activités,
01:24:30qu'elles soient
01:24:32industrielles,
01:24:33artisanales,
01:24:34agricoles,
01:24:35mais aussi
01:24:36dans la vie des gens,
01:24:37dans la vie courante
01:24:38de tous ceux
01:24:39qui veulent avoir
01:24:39un projet,
01:24:40construire une maison,
01:24:42faire quelque chose
01:24:43qui,
01:24:44améliorent
01:24:44leurs conditions
01:24:45de vie.
01:24:46Si nous avions
01:24:48le même taux
01:24:49que les Allemands,
01:24:50les normes
01:24:51nous coûteraient
01:24:52avec ce 3 000 milliards
01:24:54d'euros
01:24:55de PIB,
01:24:565 milliards,
01:24:580,17%
01:24:59de 3 000,
01:25:005 milliards.
01:25:01Quand François Bayrou
01:25:03dit
01:25:03que les normes
01:25:05en France
01:25:05sont de presque
01:25:064%,
01:25:08ça veut dire
01:25:09qu'on fait peser
01:25:10année après année
01:25:12120 milliards
01:25:14de coûts
01:25:17liés à nos normes
01:25:19qui sont
01:25:19une spécificité
01:25:21française.
01:25:23Ça veut dire
01:25:24en clair
01:25:24que la différence
01:25:25entre
01:25:26des Allemands
01:25:27qui entreprennent
01:25:28et des Français
01:25:29qui entreprennent,
01:25:30entre des agriculteurs
01:25:32allemands
01:25:33ou des agriculteurs
01:25:34français,
01:25:35il y a une différence
01:25:36de 22 fois
01:25:38le coût
01:25:39des normes.
01:25:41Ça veut dire
01:25:42en clair
01:25:42que si vous prenez
01:25:43un sac à dos
01:25:44et que pour un Allemand
01:25:45à qui vous lui demandez
01:25:47d'être dans la compétition
01:25:48avec les autres pays
01:25:49européens,
01:25:50vous lui mettez
01:25:51dans ce sac à dos
01:25:52un kilo.
01:25:53Et quand vous prenez
01:25:54un Français,
01:25:55vous lui dites
01:25:56tu vas courir
01:25:57la même distance,
01:25:59tu vas courir
01:26:00la même course,
01:26:01mais seulement
01:26:02tu auras un sac à dos
01:26:03de 22 kilos.
01:26:04Vous pensez
01:26:05que le Français
01:26:06dans tous les cas de figure,
01:26:07il arrivera à avancer
01:26:08autant que l'Allemand ?
01:26:09Eh bien non.
01:26:10Alors la cause
01:26:11de tout cela,
01:26:12c'est ce que nous avons vu
01:26:14pendant tous ces débats,
01:26:16pendant toutes ces heures,
01:26:18un vocabulaire
01:26:19toujours le même,
01:26:21les méga-bassines,
01:26:22alors qu'on a
01:26:23211 milliards
01:26:25de mètres cubes
01:26:26d'eau
01:26:27qui correspondent
01:26:28à une ressource
01:26:29renouvelable.
01:26:30Comme si
01:26:31le simple principe,
01:26:33alors que ça a été
01:26:34depuis que le monde
01:26:35est monde,
01:26:36le concours
01:26:37de tout homme
01:26:37qui a voulu
01:26:38sur la Terre
01:26:38essayer de faire
01:26:40quelque chose,
01:26:41de stocker l'eau.
01:26:42211 millions,
01:26:44milliards de mètres cubes.
01:26:45Le deuxième élément,
01:26:46c'est les élevages
01:26:47intensifs.
01:26:48C'est la même chose.
01:26:49La moyenne
01:26:50des élevages en France,
01:26:51c'est 50 vaches
01:26:52par exploitant.
01:26:53Ce ne sont pas
01:26:55des élevages intensifs.
01:26:56Les pesticides,
01:26:57c'est la même chose.
01:26:58Nous sommes un pays
01:27:00qui avons quasiment
01:27:01supprimé
01:27:02la totalité
01:27:03des CMR1
01:27:04qui sont mutagènes,
01:27:06cancérigènes
01:27:07et reprotoxiques.
01:27:08Alors le vocabulaire
01:27:09ne pousse qu'à une chose.
01:27:11Faire peur
01:27:12pour culpabiliser,
01:27:14pour finir par interdire.
01:27:16Et la réalité
01:27:16de l'interdit,
01:27:17c'est ce que nous avons vu
01:27:18pendant tout ce temps,
01:27:19multitude d'amendements
01:27:21qui ont consisté
01:27:22soit à supprimer
01:27:23les articles,
01:27:24soit à revenir
01:27:24sur la totalité
01:27:25de ce que nous vions faire.
01:27:27Moi, ce que je veux dire
01:27:27aujourd'hui,
01:27:28en conclusion,
01:27:29c'est que cette urgence,
01:27:31elle nous a permis
01:27:31à faire une chose,
01:27:32c'est redonner
01:27:33aux agriculteurs
01:27:34et à ceux
01:27:35qui produisent
01:27:36un peu d'espoir.
01:27:38Merci,
01:27:39M. le rapporteur.
01:27:40Je mets au voie
01:27:41l'ensemble du projet
01:27:42de loi d'urgence
01:27:43pour la protection
01:27:44et la souveraineté agricole.
01:27:45J'ai été saisi
01:27:46d'une demande
01:27:47de scrutin publié
01:27:48par le groupe
01:27:49Écologie,
01:27:50Solidarité
01:27:51et Territoires.
01:27:52Le scrutin est ouvert.
01:27:54Le scrutin est clos.
01:27:57Nombre de votants,
01:27:58345.
01:27:59Nombre de suffrages
01:28:00exprimés,
01:28:00330.
01:28:01Pour l'adoption,
01:28:01219 contre 111.
01:28:03Le Sénat a adopté.
01:28:05Voilà pour ce débat
01:28:06au Sénat
01:28:07sur le projet
01:28:07de loi d'urgence agricole.
01:28:09C'est la fin
01:28:10de cette émission.
01:28:10Merci de l'avoir suivie.
01:28:11Continuez à suivre
01:28:12l'actualité politique
01:28:13et parlementaire
01:28:14sur notre site internet
01:28:15publicsénat.fr.
01:28:16Je vous souhaite
01:28:16une très bonne journée
01:28:17sur Public Sénat.
01:28:18Sénat.
01:28:20Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:21Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:24Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:26Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:28Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires