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Tensions internationales, conflits meurtriers et climat sous haute surveillance : le journal du 2 juillet 2026 fait le point sur l'actualité brûlante. Les négociations irano-américaines reprennent sous haute tension après le décès d'Ali Khamenei, dans l'espoir d'éviter une nouvelle escalade au Moyen-Orient.

Pendant ce temps, l'Europe est frappée par la guerre en Ukraine. Kiev a subi une nuit d'horreur avec une attaque massive de drones et missiles russes, causant des dizaines de morts et des blessés. La capitale ukrainienne promet des représailles face à l'agression de Moscou.

Au Maroc, la canicule s'intensifie. Les autorités lancent une campagne de sensibilisation pour alerter sur les dangers de la chaleur et les gestes à adopter pour se protéger.

La Syrie est en deuil. Une puissante explosion dans un café de Damas a fait 5 morts et 16 blessés, ajoutant un nouveau défi à la pacification du pays. L'attentat n'a pas encore été revendiqué, mais il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis un an.

Au Liban, le président Aoun défend les négociations avec Israël, affirmant qu'il ne s'agit pas d'une trahison, mais d'une démarche pour garantir le retrait israélien. Un accord cadre de paix durable, signé à Washington, prévoit un désarmement du Hezbollah et le retour de l'armée libanaise dans le sud.

Sur les marchés, la tension monte d'un cran. Le prix du pétrole flambe avec la reprise des hostilités dans le détroit d'Hormuz. Les négociations techniques indirectes entre l'Iran et les États-Unis au Qatar visent à apaiser la situation, mais la France est priée de ne pas compliquer davantage les choses.

#ActualitésInternationales #GuerreEnUkraine #CriseAuMoyenOrient

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Transcription
00:02Bonsoir, bienvenue dans ce journal. Tout de suite, les titres.
00:07Les négociations irano-américaines reprendront après les funérailles d'Ali Khamenei.
00:13En attendant, les deux parties ont convenu d'instaurer un canal de communication pour éviter toute reprise des hostilités.
00:23En Europe, la machine de guerre russe a frappé l'Ukraine.
00:27La nuit dernière, une attaque massive aux drones et missiles sur Kiev qui a causé d'importants dégâts matériels sur
00:34des immeubles.
00:35Bilan, au moins 21 morts et 85 blessés.
00:41Face à la vague de chaleur qui sévit au Maroc, les autorités jouent la carte de la sensibilisation.
00:48Alors, quel geste à adopter pour se protéger des fortes températures ? Réponse dans ce journal.
00:58En Syrie, au moins 5 personnes ont été tuées, selon les autorités syriennes, par l'explosion d'une bombe dans
01:06un café au centre de Damas.
01:08Un nouveau défi pour le président Ahmed El-Shara qui œuvre à pacifier le pays.
01:13L'attentat le plus sanglant depuis une attaque suicide contre une église il y a un an n'a pas
01:19été revendiqué à ce stade.
01:21L'explosion est survenue dans un café situé près du palais de justice, dans un quartier extrêmement animé du centre
01:28de la capitale.
01:29Elle a été provoquée par un engin explosif qui avait été placé sur les lieux, a annoncé le général des
01:35forces de sécurité intérieure,
01:37Mohamed Hrit, à la télévision d'État. Le ministère de la Santé a fait état de 5 morts et 16
01:44blessés.
01:47À quelques kilomètres au Liban, le président libanais Joseph Aoun a affirmé jeudi que les négociations que mènent les pays
01:56avec Israël
01:57ne constituaient pas une trahison, comme l'annonce le Hezbollah, et assurait qu'il ne céderait pas un seul pouce
02:04de territoire.
02:05Le chef de l'État a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers pour garantir le retrait
02:12israélien de son territoire.
02:14L'accord cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement
02:21du Hezbollah.
02:25Toujours sur le front libanais, l'armée israélienne a dit jeudi avoir tué, dans ce qu'elle qualifie de zone
02:32de sécurité,
02:33une personne présentée comme un membre du Hezbollah, assurant qu'elle représentait une menace immédiate pour les soldats.
02:41Dans un processus diplomatique parallèle, un accord cadre pour une paix durable a été signé la semaine dernière à Washington,
02:49entre Israël et le Liban.
02:50Le texte prévoit de confier progressivement à l'armée libanaise le contrôle dans le sud de zones pilotes,
02:57dans le but d'y permettre à terme le retour des civils.
03:01Mais Beyrouth attend que l'armée israélienne débute son retrait.
03:07Du côté de Washington et Téhéran, les représentants américains et iraniens ont conclu une session de négociations techniques et indirectes
03:16au Qatar,
03:17en vue de faire cesser durablement les hostilités au Moyen-Orient, après des échanges de frappes ayant menacé la trêve.
03:24Ces réunions font suite à la signature le 17 juin d'un protocole d'accord entre Téhéran et Washington,
03:31débouchant sur des négociations censées durer au moins 60 jours,
03:36portant notamment sur les épineux sujets du détroit d'Hormuz et du nucléaire iranien.
03:42D'après l'agence officielle iranienne Irna, les discussions ont permis d'aboutir à un accord permettant à l'Iran
03:49d'acquérir des produits dont il a besoin,
03:51avec une partie de ses avoirs gelés au Qatar.
03:54Les partis ont également approuvé l'instauration d'un canal de communication pour signaler et recenser les éventuelles violations du
04:03protocole d'accord.
04:05Et dans ce contexte, l'Iran somme la France de ne pas compliquer davantage la situation dans le détroit d
04:13'Hormuz.
04:13Paris a proposé de mener des opérations de déminage conjointement avec le sultanat d'Oman après leur déclaration commune appelant
04:23à une navigation libre sans conditions ni restrictions à Hormuz.
04:29C'est une bouffée d'oxygène pour les marchés mondiaux de l'énergie.
04:34Le prix du baril du brut est en net recul ce jeudi, tant pour le Brent de la mer du
04:39Nord que pour son équivalent américain.
04:42Une baisse qui s'est confirmée tout au long de la semaine.
04:45A l'origine de ce recul des prix de l'énergie, la reprise progressive du dialogue diplomatique irano-américain et
04:52un détroit d'Hormuz de moins en moins agité.
04:55Explication avec Papa Lyonsar.
04:59Les signaux sont en vert dans le détroit d'Hormuz.
05:02Les cours du pétrole ont affiché une nette baisse cette semaine et les investisseurs écartent désormais le risque d'une
05:09reprise du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis.
05:12Le marché du brut respire.
05:14Avec le pétrole qui continue d'être acheminé vers le marché mondial via les oléoducs en dehors du détroit d
05:20'Hormuz depuis les Émirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite, ainsi que la libération des réserves stratégiques, le marché est
05:27actuellement inondé de bruts.
05:29Sur les marchés, le baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 1,3% à près
05:35de 80 dollars ce jeudi.
05:36Son équivalent américain a quant à lui fléchi de 1,33% pour s'établir à près de 68 dollars.
05:44Cette baisse significative s'explique par l'apaisement des tensions dans la région.
05:49Même si les passages visibles grâce au système d'identification automatique des navires ont diminué ce week-end, la réalité
05:56du trafic est tout autre.
05:57Le flux réel s'intensifie.
05:59Une part croissante de la flotte naviguant désormais transpondeur état, selon un responsable américain cité par l'agence Bloomberg,
06:08l'approvisionnement en pétrole via cette voie navigable aurait même dépassé les 10 millions de barils par jour.
06:14Cette surabondance d'or noir pourrait encore s'accentuer à mesure que le pétrole est stocké dans les navires bloqués
06:21et les cuves des pays du Golfe durant le conflit sera progressivement écoulée.
06:31La capitale ukrainienne a subi au cours de la nuit la pire frappe de drones et missiles russes depuis le
06:37début de la guerre,
06:38qui a fait au moins 21 morts et 85 blessés.
06:42Kiev promettant jeudi de rendre coup pour coup à Moscou ses attaques.
06:47Plus de 4 ans après le début de l'invasion russe du pays,
06:50celle-ci lance régulièrement des frappes massives impliquant des centaines de drones et dizaines de missiles sur l'Ukraine et
06:59sur sa capitale.
07:00Kiev a aussi fait monter en puissance ses attaques sur le territoire russe,
07:04portant un coup notamment au secteur pétrolier.
07:08Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'Ukraine a été visée par 496 drones et 74 missiles de différents
07:15types,
07:16dont respectivement 476 et 48 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
07:25Une atmosphère apocalyptique.
07:29Une pluie de drones et de missiles.
07:31Les civils fuient dans la panique et se cachent là où ils le peuvent.
07:35L'offensive a duré plusieurs heures.
07:37Selon Kiev, l'armée russe a utilisé des drones d'attaque, des missiles balistiques et des missiles de croisière.
07:41Dans la capitale ukrainienne, les frappons détruisent des étages entiers de bâtiments.
07:47Un poste d'ambulance a aussi été touché.
07:50La veille, depuis Dublin, Volodymyr Zelensky avait annoncé cette attaque, faisant état de renseignement.
07:55Il avait appelé les civils à redoubler de prudence.
07:58Aujourd'hui, nous avons reçu des informations très préoccupantes concernant une nouvelle attaque massive de l'armée russe.
08:06Nous disposons de renseignements.
08:08Juste après notre conférence de presse et notre discussion, je retournerai en Ukraine avec mon équipe.
08:17Dans les métros, de nombreux civils se sont réfugiés dans les sous-sols.
08:21Hommes, femmes, enfants et même animaux de compagnie.
08:23Impossible pour eux de ressortir.
08:25Les attaques peuvent reprendre à tout moment.
08:28Tant des matelas au sol, ils resteront ici jusqu'à la levée de l'alerte.
08:33Le mercure continue de grimper au Maroc.
08:36Les températures pourraient monter jusqu'à 46 degrés dans les provinces de Zagora, Tata, Assazeg, Bouchdour, Esmara, Aousseld et Ouaddeheb.
08:46Le centre et le centre-est du royaume sont également placés en vigilance orange avec des températures qui pourraient monter
08:53jusqu'à 44 degrés.
08:55Attention aussi aux averses orageuses et aux fortes rafales de vent dans le sud du pays.
09:03Je vous le disais en titre, face à cette vague de chaleur au Maroc, le ministère de la Santé et
09:09de la Protection sociale appelle à la plus grande vigilance
09:12afin de prévenir les risques liés à la canicule.
09:15Alors quels sont les gestes à adopter ?
09:17Dinamrini nous en dit plus.
09:20Quand le thermomètre s'emballe, les bons réflexes peuvent faire toute la différence.
09:26Pour limiter les risques liés à la canicule, le ministère de la Santé appelle chacun à la vigilance.
09:33Boire de l'eau régulièrement, même sans ressentir la soif, reste le premier réflexe à adopter.
09:39Il est également conseillé d'éviter les sorties et les efforts physiques pendant les heures les plus chaudes de la
09:45journée
09:46et de privilégier les endroits frais ou bien ventilés.
09:50Une attention particulière est demandée pour les personnes les plus vulnérables.
09:55Les personnes âgées, les nourrissons, les enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies chroniques.
10:02Les familles sont invitées à veiller à leur hydratation et à leur bien-être.
10:06Les professionnels de santé rappellent les signes qui doivent alerter.
10:11Fortes fièvres, maux de tête, vertiges, fatigue intense ou perte de connaissances.
10:16En présence de ces symptômes, il est recommandé de consulter rapidement un professionnel de santé.
10:23Un message simple enfin.
10:25Adopter les bons gestes permet de prévenir les complications liées à la chaleur.
10:30La vigilance reste de mise.
10:32Les fortes chaleurs devraient se maintenir dans plusieurs régions au cours des prochains jours.
10:38Place M à présent à l'invité de Soir Info sur Médien TV.
10:43Restez avec nous.
10:54Le capital investissement s'impose comme l'un des principaux leviers de financement des entreprises.
11:01A fort potentiel, en près de 25 ans, plus de 40 milliards de dirhams ont été levés
11:07et 370 entreprises accompagnées au Maroc.
11:10A la tête de l'association marocaine des investisseurs en capital, Omar Bekhali, notre invité,
11:16entend désormais ouvrir un nouveau chapitre pour un secteur appelé à jouer un rôle croissant
11:21dans le financement de l'économie, de l'innovation et de la souveraineté industrielle du Royaume.
11:27Alors pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Omar Bekhali, nouveau président fraîchement élu
11:34de l'association marocaine des investisseurs en capital, l'AMIC.
11:38Vous êtes également directeur associé d'Afrique Invest, l'un des plus grands gestionnaires panafricains de capital investissement.
11:46D'abord, félicitations pour votre élection et merci d'être avec nous.
11:52Bonsoir, merci à vous et merci de l'invitation.
11:56Donc vous prenez la présidence de l'AMIC à un moment où le Maroc accélère ses grands projets industriels
12:03et ses ambitions économiques.
12:05Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la maturité du capital investissement marocain
12:10et est-ce que l'on constate qu'il y a un changement d'échelle ?
12:15Absolument. Le capital investissement marocain a aujourd'hui près de 25 ans d'existence.
12:21C'est une industrie qui est partie de rien avec quelques fonds pionniers à la fin des années 90 et
12:27au début des années 2000
12:28et qui s'est transformé en un écosystème structuré avec un cadre réglementaire modernisé, avec les OPCC notamment,
12:36des véhicules d'investissement diversifiés, des équipes de gestion qui se sont aussi professionnalisées année après année.
12:43Personnellement, j'évolue dans cette industrie depuis près de 17 ans et en toute objectivité,
12:48je considère le bilan de ces 25 dernières années comme extrêmement positif.
12:52Cela se mesure et peut même s'apprécier sur l'ensemble de la chaîne de valeur de notre industrie.
12:59On peut citer quelques chiffres.
13:02On a des levées de fonds historiques.
13:04Entre 2020 et 2025, près de 20 milliards de dirhams ont été mobilisés,
13:09soit quatre fois le volume de la génération précédente et avec plus de 6 milliards levés rien qu'en 2025.
13:15Un record historique.
13:17Dans cette dynamique de levée, il y a aussi une tendance importante qu'il convient de souligner.
13:22C'est la transition vers les capitaux locaux.
13:24Les investisseurs marocains représentent désormais 60% des subscriptions dans les fonds contre 30% lors de la génération précédente.
13:34Cela réduit la dépendance aux organismes internationaux et ça traduit aussi la mobilisation de l'épargne institutionnelle locale.
13:41Cette réalisation a été rendue possible grâce au concours du Fonds Mohamed VI pour l'investissement qui est né d
13:49'une vision royale.
13:50Juste que vous évoquiez une levée de fonds historiques, alors peut-on dire que le secteur est arrivé à un
13:57tournant de son développement ?
14:00Oui, on peut définitivement dire qu'il s'agit d'un tournant parce qu'au-delà des levées, il y
14:06a également la qualité du deal flow, des sociétés investies.
14:09Il y a aussi tout le travail d'accompagnement et puis il y a également les sorties car notre métier
14:13ne se résume pas à seulement investir.
14:15On accompagne, on crée de la valeur et puis on sort.
14:18Les sorties ont également enregistré des montants records de plus de 4 milliards de dirhams l'année dernière
14:24et avec des rendements, notamment des taux de rentabilité internes appréciables de 14% et un multiple de deux fois
14:31les capitaux investis.
14:33Au-delà même de ces rendements financiers, il y a également les considérations d'impact avec de la création d
14:38'emplois,
14:38avec de la responsabilité, des postes à responsabilité octroyés aux femmes, avec le renforcement des instances de gouvernance.
14:48Enfin, tous ces éléments nous confortent sur l'état du capital investissement, sur la maturité après un chemin parcouru.
14:55Mais il faut rester lucide aussi dans cette euphorie.
14:58On a néanmoins une industrie qui est à peine à 0,6% de taux de pénétration dans le PIB.
15:04Ça reste inférieur au niveau qu'on observe à l'international.
15:08À ce sujet, justement, est-ce que vous estimez que le Maroc reste-t-il encore sous-financé par rapport
15:14à d'autres marchés comparables ?
15:18Oui, tout à fait.
15:21Les entreprises, l'accès au financement reste, en tout cas pour les PME et les TPME,
15:26qui constituent plus de 82% des entreprises et plus de 80% des emplois,
15:32ont du mal à accéder au financement, que ce soit le financement bancaire
15:37ou le financement par le capital investissement.
15:40Et c'est tout l'objectif de cette initiative portée par le Fonds Mohamed VI
15:45et qui a joué un rôle de catalyseur en mobilisant également l'épargne locale
15:50auprès d'institutionnels locaux, des banques, des compagnies d'assurance
15:53pour justement adresser ces segments d'activités porteurs et accompagner ces PME et start-up aussi.
16:02À ce sujet, justement, le crédit bancaire demeure la principale source de financement des entreprises.
16:09Quelle est aujourd'hui la valeur ajoutée du capital investissement
16:12et quelle est la différence surtout entre le crédit bancaire d'un côté et le capital investissement ?
16:20Alors, merci de poser cette question tout à fait pertinente.
16:23Il y a une idée reçue qu'il faut déconstruire.
16:25Le capital investissement ne vient pas concurrencer le financement bancaire,
16:29il vient plutôt le compléter.
16:31La banque finance l'exploitation, le cycle d'activité.
16:35Le capital d'investissement, lui, finance le risque, la croissance, la transformation,
16:40tout ce que la dette bancaire ne peut pas raisonnablement porter.
16:42En revanche, une entreprise qui est correctement capitalisée devient un meilleur emprunteur.
16:48Son profil de risque est amélioré parce que sa structure financière est plus saine.
16:53Ses ratios d'endettement sont plus rassurants pour une banque.
16:56Donc, les deux mondes se nourrissent l'un l'autre.
16:59Et nous avons d'ailleurs des relations de proximité avec nos partenaires bancaires
17:04et nous contribuons tous les deux à l'effort de croissance des entreprises dans lesquelles nous investissons.
17:09Alors, au-delà du simple, on va dire, financement ou aspect, on va dire, contribution financière,
17:17il y a tout l'accompagnement qu'un fonds d'investissement apporte à une entreprise.
17:22D'abord, au niveau de la gouvernance.
17:24Nous mettons en place des conseils d'administration structurés.
17:27Alors, juste avant de parler de gouvernance, est-ce qu'on peut revenir sur la nature des entreprises
17:34que vous accompagnez ? Il y a des startups, des PME.
17:36Est-ce que vous pouvez nous en dire plus à ce sujet ?
17:40Oui, aujourd'hui, l'offre du capital investissement et du venture capital au Maroc est assez diversifiée.
17:48Elle est large et diversifiée.
17:49Elle permet d'accompagner les entreprises à différents stades de vie, à différents stades de développement.
17:54Donc, de la startup qui vient, on va dire, lever des capitaux pour financer ses premiers projets,
18:04on va dire, où c'est les premiers emplois à recruter, les effectifs à mobiliser,
18:12et également les solutions technologiques, par exemple.
18:15Puis, il y a également les fonds qui adressent ce qu'on appelle le segment du growth,
18:19pour investir et accompagner des entreprises matures et qui sont en accélération de leur croissance
18:26et qui ont besoin de financement pour assurer cette accélération dans les meilleures conditions.
18:32Puis, nous avons également le segment du capital transmission.
18:36Là, on adresse une autre période de vie de l'entreprise,
18:40souvent de la société familiale, de l'entreprise familiale,
18:44où il y a un changement, on va dire, d'actionnariat,
18:47où il y a une transmission du capital de cette entreprise.
18:51Donc, nous venons accompagner cet élan de transmission,
18:54l'institutionnaliser davantage, afin d'assurer sa pérennité dans le futur.
19:00Alors, nous pouvons adresser, enfin, notre industrie adresse ces différents segments,
19:06différents stades de vie à travers des fonds généralistes,
19:08mais nous avons également des fonds spécialisés qui se mettent en place
19:12et qui permettent, on va dire, d'investir dans des entreprises,
19:16dans des secteurs particuliers, que ce soit l'industrie aéronautique,
19:19le transport, la logistique, l'hôtellerie.
19:25Enfin, voilà, il y a plusieurs…
19:26L'offre est assez large aujourd'hui pour pouvoir accompagner ces entreprises.
19:30On y revient alors à cette notion de gouvernance.
19:33Au-delà des financements, les fonds apportent également de la gouvernance,
19:38comme vous l'avez évoqué, et aussi de l'expertise et des réseaux.
19:42Alors, est-ce que cet accompagnement devient aussi important que l'argent investi ?
19:47Il est tout aussi important, tout aussi important.
19:51Au-delà même de cet apport financier et de la gouvernance que j'ai évoquée,
19:58nous accompagnons également les entreprises sur l'innovation
20:01et sur la création de valeurs à travers différents leviers.
20:04Donc, vous avez mentionné l'accès à un réseau,
20:06ça peut être un réseau local, un réseau international.
20:08Il y a également la mise en place de systèmes d'information,
20:13la structuration de la politique de gestion des ressources humaines.
20:16Il y a l'accélération des projets de croissance externe,
20:18ça c'est extrêmement important.
20:20Nos économies avancent, nous avons besoin de structurer des secteurs d'activité,
20:26de faire émerger des champions locaux ou régionaux,
20:29car nous accompagnons également les entreprises investies dans leur expansion internationale,
20:33dans les stratégies d'export.
20:34Et tous ces leviers sont visibles au niveau des performances financières
20:38des entreprises que nous accompagnons,
20:40dont la progression en termes de chiffre d'affaires et de rentabilité
20:43surperforme le rythme de croissance de l'économie nationale.
20:47Et en parlant justement d'expansion internationale,
20:51on voit qu'on est un peu dans une période charnière,
20:54parce qu'il va y avoir des besoins qui vont exploser en termes de financement
20:59avec les infrastructures, la transition énergétique, l'industrie
21:03ou encore la préparation de la Coupe du Monde 2030.
21:07Alors le capital investissement peut-il devenir un facteur majeur
21:11de cette nouvelle phase de développement ?
21:15Oui, j'y crois, j'y crois très fort.
21:17Le Maroc vit un moment inédit, avec des chantiers importants et cruciaux,
21:23portés par l'ambition Maroc 2030, et des besoins de financement massif
21:28au niveau des infrastructures dans le cadre des grands événements sportifs
21:31comme la Coupe du Monde, ou encore sur les besoins qui sont requis
21:37sur l'industrie, sur la souveraineté industrielle, je pense aux filières automobiles,
21:41l'aéronautique, la transition énergétique, toutes ces filières ont besoin
21:46de capitaux patients, et c'est exactement le positionnement naturel
21:49du capital investissement.
21:52Nous ne pouvons que nous réjouir de cette dynamique.
21:56Par rapport à cette dynamique, est-ce que vous voyez émerger
21:59de nouveaux secteurs prioritaires ?
22:00Vous avez cité l'automobile, est-ce qu'il y en a d'autres ?
22:04Oui, il y a les secteurs aussi qui sont portés par des réformes profondes,
22:08je pense au secteur de la santé, l'industrie pharmaceutique,
22:13l'accès aux soins à travers les cliniques,
22:16et aussi la logistique.
22:18La logistique aussi, le transport par exemple.
22:19La logistique, le transport, absolument.
22:22Donc tous ces secteurs vont contribuer, on va dire, à la croissance nationale
22:26et doivent être accompagnés proprement et bien capitalisés.
22:31Mais au-delà de ces secteurs d'activité,
22:34peut-être avec une vision un peu plus large,
22:37il y a tout le rôle du secteur privé au Maroc,
22:40qui est aujourd'hui clé.
22:41Le Maroc, on va dire l'économie marocaine,
22:45repose encore sur l'activité du secteur public
22:47qui représente plus des deux tiers de l'investissement.
22:51Il faut que nous puissions inverser la tendance
22:54et que le secteur privé prenne le relais,
22:57car le secteur public aussi a des contraintes budgétaires.
23:00Donc vous parlez d'inverser la tendance,
23:03permettez-moi, excusez-moi,
23:05vous parlez d'inverser la tendance
23:06pour revenir à votre mandat de président.
23:08Quelles seront vos priorités à la tête de l'AMIC ?
23:13Alors, on a une feuille de route qui est ambitieuse.
23:18Les mandats assurés par mes prédécesseurs que je salue
23:22et qui ont réalisé un travail colossal
23:25ont permis de poser les fondations solides,
23:28notamment sur la partie réglementaire,
23:30le décret sur les OPCC-RFA.
23:33Mais la priorité maintenant est de finaliser
23:36le nouveau plan comptable des OPCC en cours
23:39qui permettra aussi de rassurer les investisseurs institutionnels
23:43aussi bien locaux qu'étrangers.
23:46Donc ça, c'est une priorité.
23:47Maintenant, il y a aussi les réformes
23:50qui sont susceptibles d'accélérer le développement
23:53du capital investissement au Maroc.
23:55Pour moi, c'est continuer sur cette dynamique d'encouragement
24:01d'une allocation plus significative
24:03de l'épargne institutionnelle locale.
24:05Est-ce qu'à ce sujet, vous souhaitez en quelque sorte
24:09démocratiser davantage le capital investissement
24:12auprès des entrepreneurs marocains,
24:14des entrepreneurs de la vie quotidienne en quelque sorte ?
24:18Alors, on souhaite le démocratiser à deux niveaux.
24:21Au niveau supérieur, au niveau des levées de fonds
24:24pour que les compagnies d'assurance,
24:27les caisses de retraite et autres bailleurs de fonds
24:31puissent contribuer davantage,
24:32car le capital investissement est aujourd'hui
24:34sous-représenté dans leur portefeuille.
24:36Et puis, en aval, au niveau des entrepreneurs,
24:39effectivement, démocratiser cet outil,
24:42c'est un chantier beaucoup plus large
24:44que nous allons attaquer pour que la perception
24:48de notre industrie puisse évoluer.
24:51Beaucoup de dirigeants perçoivent encore,
24:53notamment de PME ou d'entreprises familiales,
24:55perçoivent l'ouverture de capital comme une perte de contrôle,
24:58alors que c'est avant tout un partenariat de croissance.
25:00Donc, il faut multiplier les actions de sensibilisation,
25:05démocratiser aussi dans un sens géographique.
25:07Aujourd'hui, le capital investissement est très concentré
25:09sur l'axe Casablanca-Stats,
25:12qui concentre plus de 70% des montants investis.
25:15Il faut pouvoir accompagner des entreprises
25:18de toutes les régions du Royaume,
25:21toucher des startups aussi.
25:23Le segment startup est présent.
25:24Et pour accompagner justement ces entreprises
25:26à travers le Royaume,
25:29brièvement, quelques mots,
25:30quelles réformes permettraient, selon vous,
25:32d'accélérer le développement de cette industrie
25:35en termes de fiscalité, de réglementation,
25:38ou même de profondeur du marché financier ?
25:42Écoutez, en termes de fiscalité,
25:44il y a beaucoup de progrès qui ont été réalisés.
25:47La fiscalité, moi, je considère,
25:49nous considérons que la fiscalité est favorable.
25:52Aujourd'hui, bien entendu, elle reste à parfaire.
25:54Et nous poursuivons le dialogue avec la direction de Trésor,
25:57avec la direction des impôts,
26:00pour essayer de renforcer l'attractivité fiscale
26:06de nos véhicules d'investissement,
26:08face à la concurrence d'autres places régionales,
26:10car nous évoluons dans un contexte international.
26:13Mais je tiens surtout à préciser qu'ici,
26:16l'enjeu de cette attractivité vise justement,
26:20à travers plus d'investissement,
26:21une meilleure attractivité permet plus d'investissement,
26:24de la croissance, de la transparence des sociétés investies.
26:28Et par ricochet, on a une contribution de notre industrie
26:31aux revenus fiscaux plus importante.
26:34Et puis, il y a également les frictions résiduelles
26:37sur les flux transfrontaliers,
26:38sur lesquelles aussi nous maintenons des échanges continus
26:42avec les administrations,
26:44notamment la direction du trade-off.
26:46Merci.
26:47Merci d'avoir répondu à nos questions.
26:49Omar Bekalik, je le rappelle,
26:51est le nouveau président de l'association marocaine
26:54des investisseurs en capital.
26:57Merci à vous.
27:01Tout de suite, le journal de l'économie
27:03avec Rachid Farhane.
27:14Nous ouvrons ce journal avec une bonne nouvelle
27:16pour les finances extérieures du Royaume.
27:18Les transferts des Marocains résidant à l'étranger
27:21continuent d'afficher une remarquable résilience.
27:24Selon les derniers chiffres de l'Office d'échange,
27:26ils se sont établis à 50,6 milliards de dirhams
27:29à fin mai 2026,
27:31en progressant de 2,8%
27:33par rapport à la même période de l'année dernière.
27:36Si cette hausse est plus modérée
27:38que les records enregistrés au sortir de la pandémie,
27:40elle confirme ni au moins la solidité
27:42de cette source de devises
27:43devenue indispensable pour l'économie marocaine.
27:47Ces transferts permettent non seulement
27:48de soutenir la consommation des ménages,
27:50mais aussi de financer de nombreux projets immobiliers
27:52et investissements privés.
27:54Ils contribuent également au renforcement
27:56des réserves de change du Royaume
27:58et participent à l'équilibre de la balance et des paiements.
28:01Cette évolution confirme l'attachement économique
28:03des Marocains du monde à leur pays d'origine.
28:06Autre indicateur encourageant,
28:08le secteur touristique poursuit sur sa lancée.
28:11Afin mai, les recettes voyage atteignent près de 46 milliards de dirhams,
28:15soit une progression de 14,6% en glissement annuel.
28:18Cette hausse explique par plusieurs facteurs.
28:21D'abord, l'augmentation du nombre d'arrivées
28:22de touristes étrangers et de Marocains résidant à l'étranger.
28:25Ensuite, une amélioration de la durée moyenne des séjours
28:28et des dépenses réalisées par les visiteurs.
28:31Cette performance confirme le redressement durable du secteur
28:34après les années marquées par la crise sanitaire.
28:36Au-delà des recettes en devise,
28:38cette dynamique profite à l'ensemble
28:40de l'écosystème touristique,
28:41hôtels, maisons d'hôtes, agences de voyage,
28:44restaurations, transports touristiques et artisanat.
28:47Le tourisme confirme ainsi son statut de moteur de croissance
28:50et d'importantes sources de création d'emplois.
28:54Autre secteur qui continue de tirer les exportations marocaines,
28:58l'industrie automobile.
28:59Afin mai, les ventes à l'export enregistrent une nouvelle progression.
29:02Cette évolution est portée par les performances
29:05des différents segments de la filière,
29:06notamment la construction automobile,
29:08le câblage électrique,
29:09ainsi que la fabrication de composants.
29:12Les investissements réalisés ces dernières années
29:14dans les plateformes industrielles de Tanger et Kimitra
29:17continuent ainsi de produire leurs effets.
29:19La montée en gamme de la production marocaine,
29:22conjuguée à la demande des constructeurs européens,
29:24permet au Royaume de consolider sa position
29:26parmi les principaux pôles automobiles
29:28du continent africain et du bassin méditerranéen.
29:31Les signaux restent également positifs
29:33du côté des investissements.
29:35Selon les données publiées à fin mai,
29:36le flux des investissements directs étrangers
29:39progresse de 41,8% par rapport à la même période
29:42de l'année précédente.
29:44Cette hausse traduit le maintien de la confiance
29:46des investisseurs internationaux
29:48dans les perspectives économiques du Maroc.
29:50Elle reflète également l'attractivité du Royaume
29:53dans plusieurs secteurs stratégiques,
29:54notamment l'industrie, l'automobile, l'aéronautique,
29:57les énergies renouvelables et les nouvelles technologies.
30:00L'amélioration du climat des affaires,
30:02ainsi que les nombreux projets liés à la préparation
30:05de la Coupe du Mans 2030,
30:07contribuent également à renforcer cette dynamique.
30:10Direction l'Afrique centrale,
30:12la République centrafricaine cherche à mobiliser
30:141,7 milliard de dollars afin de raccorder
30:172,4 millions de personnes au réseau électrique d'ici 2030.
30:22Aujourd'hui, le pays affiche l'un des plus faibles
30:24taux d'accès à l'électricité au monde.
30:27L'objectif est donc de développer de nouvelles infrastructures
30:29de production et de distribution
30:31afin de soutenir le développement économique,
30:34améliorer les conditions de vie des populations
30:36et favoriser l'industrialisation.
30:39Ce vaste programme devrait également attirer
30:41de nouveaux partenaires techniques et financiers.
30:44Au Congo-Brasaville,
30:46les autorités affichent des objectifs budgétaires plus ambitieux.
30:49Le gouvernement prévoit de porter les recettes publiques
30:52au-delà de 3 000 milliards de francs CFA dès 2028.
30:55Pour atteindre cet objectif,
30:57les autorités misent sur une meilleure collecte
30:59des recettes fiscales, une lutte renforcée contre la fraude
31:02ainsi qu'une diversification progressive de l'économie
31:05afin de réduire la dépendance aux revenus pétroliers.
31:08Cette stratégie vise à offrir davantage de marge de manœuvre
31:11pour financer les politiques publiques et les investissements.
31:14Au Ghana, l'inflation repart légèrement à la hausse au mois du juin.
31:18Cette évolution est principalement attribuée
31:21à l'augmentation des prix des produits non alimentaires.
31:23Même si le pays parvenu ces derniers mois
31:26à ralentir fortement l'inflation,
31:27grâce à ses réformes économiques
31:29et au soutien du FMI,
31:31cette reprise rappelle que la stabilité des prix
31:34reste un défi pour l'économie gagnée.
31:36Les autorités continueront donc
31:38de surveiller de près l'évolution des prix
31:40afin de préserver le pouvoir d'achat des ménages.
31:42La justice européenne inflige un nouveau revers à Google.
31:46La Cour de justice de l'Union européenne
31:48confirme définitivement l'amende de 4,1 milliards d'euros
31:52prononcée contre le géant américain.
31:54La justice estime que Google a abusé
31:57de la position dominante de son système Android
31:59afin de favoriser ses propres services
32:02au détriment de la concurrence.
32:04Cette décision constitue l'une des sanctions
32:07les plus importantes jamais prononcées
32:09contre une entreprise technologique.
32:10Elle confirme également la volonté de l'Union européenne
32:13de renforcer la régulation des grandes plateformes numériques.
32:17Dans la zone euro,
32:19les tensions sur les prix continuent de s'atténuer.
32:21L'inflation a de nouveau ralenti au mois de juin,
32:24principalement sous l'effet de la baisse des prix de l'énergie.
32:27Cette évolution rapproche progressivement
32:29la Banque centrale européenne
32:31de son objectif de stabilité des prix.
32:33Elle pourrait également conforter
32:34les anticipations des marchés concernant
32:36une poursuite de l'assouplissement de la politique monétaire
32:39si cette tendance se confirme dans les prochains mois.
32:42Pour les ménages comme pour les entreprises,
32:44un ralentissement durable de l'inflation
32:46constitue généralement un facteur favorable
32:48à la reprise de la consommation et de l'investissement.
32:53Et dans l'invité culture de ce soir,
32:56Myriam Khamlichy reçoit Ismail Assi,
32:59auteure et correspondante de Financial Afrique.
33:13Mesdames et messieurs,
33:14bonsoir et bienvenue dans l'invité culture.
33:16Nous parlons ce soir du livre « Morale stérile »,
33:19un ouvrage marquant du journaliste et écrivain ivoirien Ismail Assi
33:24qui explore les racines profondes et souvent ignorées
33:28des crises migratoires actuelles.
33:30Loin de se contenter d'analyser le phénomène migratoire
33:33uniquement sous le prisme des drames humains en Méditerranée,
33:38Ismail Assi choisit de plonger dans la matrice sociale
33:42et les causes structurelles qui poussent la jeunesse au départ.
33:46Le récit suit le destin tragique de trois jeunes congolais
33:50confrontés à une effroyable précarité sociale.
33:53Journaliste économique et écrivain Ismail Assi
33:55livre un plaidoyer pour que les consciences se réveillent
34:00et pour dépasser les simples récits médiatiques.
34:04Ismail Assi, bonsoir à vous.
34:06C'est un plaisir de vous avoir comme invité ce soir.
34:08Merci d'avoir accepté cette invitation.
34:10Bonsoir Miriam, merci beaucoup pour l'invitation.
34:12Alors on va parler de votre dernier livre,
34:16je le disais à l'instant, Morale stérile,
34:19une histoire qui se concentre un petit peu sur les causes structurelles,
34:22on va dire, de l'immigration, de cette traversée,
34:26de ce choix qui se fait par les jeunes.
34:30Pourquoi d'abord avoir choisi de vous intéresser à ce sujet en particulier
34:34et pourquoi également le choix de la narration par le roman
34:38et pas une autre forme d'écrit ?
34:42Donc déjà, merci beaucoup Miriam pour l'invitation
34:44et merci de nous donner cette tribune pour pouvoir traiter ce sujet
34:49qui est quand même assez important.
34:50Donc pour répondre à la question,
34:52Morale stérile est parti d'une réflexion simple,
34:54c'est-à-dire depuis des années, des décennies,
34:57l'Afrique a été toujours racontée de l'extérieur.
34:59C'est-à-dire, les Occidentaux ont toujours saisi les problématiques de l'Afrique
35:03et je me suis dit aujourd'hui en tant que jeune,
35:06il est important que la jeunesse et surtout un Africain,
35:09même si je ne suis pas congolais,
35:11en tant qu'Ivoirien, je peux en tout cas me saisir de ce sujet africain.
35:16Donc c'est cette raison qui nous a poussés à amener cette réflexion.
35:20Maintenant, après derrière, pour répondre à la question du pourquoi le roman,
35:23je dirais que déjà, lorsqu'on voit les migrants ici et là,
35:27il faut dire que ces migrants, derrière chaque visage, il y a une histoire
35:31et souvent, c'est une histoire tragique.
35:34Donc, et le roman, au travers de la fiction,
35:37est quand même un style littéraire qui permet de raconter une histoire
35:41et nous, ici, on voulait raconter une histoire
35:43et en même temps aussi toucher une forme de vérité.
35:47– Parlez-nous justement du destin de ces trois jeunes Congolais
35:50que vous suivez dans cette histoire.
35:54– Justement, au fait, dans le livre Mora Styril,
35:57il y a trois personnages, mais avant tout, il y a le père,
36:01c'est-à-dire qui était mineur, qui a eu une vie pas facile
36:05et voilà, ce dernier n'a pas pu assurer une certaine forme d'existence,
36:11de qualité de vie à ses enfants.
36:13Donc, ces trois enfants se sont vus obligés de suivre le chemin de leur père,
36:20c'est-à-dire à savoir descendre dans la mine.
36:21Et ces jeunes, voilà, se sont confrontés à la réalité précaire de leurs parents
36:28et à un moment donné, l'aîné, Kinda, s'est vu obligé de faire un choix.
36:34Voilà, je reviens au titre Mora Styril,
36:37c'est-à-dire aujourd'hui, face à la précarité de son père
36:41et à la précarité que lui-même il a subie,
36:44la dureté du travail dans les mines, c'est des profondeurs sous terre,
36:49c'est un travail difficile.
36:50Et ce dernier a fait le choix de rentrer dans une milice.
36:55Et le destin, du moins, l'a mis sur le chemin d'un chef, d'un seigneur de guerre,
37:01dans le roman on parle de l'Okasi,
37:04qui, comment on dit ça, a installé du moins une stratégie de terreur.
37:11Et pour sortir un peu du roman, il faut expliquer que la région du Kivu,
37:14depuis des décennies, est entraînée dans une guéguerre interminable.
37:20Et vu que cette région, comment je peux dire, rigole de milliards de ressources,
37:28donc voilà, des milices se sont organisées pour pouvoir avoir accès à ces ressources.
37:34Donc ces milices-là, notamment, puisent dans le socle, le bassin social.
37:42Donc voilà comment ce jeune personnage, dans le livre, rencontre un seigneur de guerre.
37:46Et celui-ci joue sur sa précarité, joue sur son misérabilisme
37:50et essaye de l'enrouler dans la milice.
37:53Donc une aventure commence et voilà, on s'en suit tragédie après tragédie,
38:01jusqu'à ce qu'ils prennent le chemin de l'immigration que l'on estime.
38:04– Qui finalement, on a l'impression que c'est un choix,
38:09mais ce n'en est pas forcément un, finalement.
38:13C'est peut-être le seul chemin de survivre,
38:15parce que quand on vit dans un quotidien où on ne peut plus, justement,
38:20où le quotidien est plus tragique que cette menace de la mort,
38:25au niveau de la traversée,
38:26on se retrouve face à une nécessité, finalement, pas un choix.
38:32C'est ça que vous avez essayé de véhiculer un petit peu ?
38:34– Au fait, dans ce roman, j'essaye, à partir d'une histoire,
38:39de raconter une vérité.
38:41Parce qu'aujourd'hui, lorsque vous, par exemple,
38:43vous sortez dans les rues, vous croisez les migrants,
38:46on a tendance à avoir un regard un peu de jugement.
38:49On s'est dit, aujourd'hui, déjà c'est un regard d'optique,
38:51qu'est-ce que ces gens font ici ?
38:52Mais après, il faut comprendre que ces gens n'ont pas choisi
38:56le chemin de l'immigration par volonté,
39:00c'est-à-dire qu'ils ont été obligés.
39:01Parce que dans leur pays, c'est des gens à qui on refuse le minimum vital.
39:07Et ces gens sont, à un moment donné, c'est une mort sociale qui s'ensuit.
39:12Et quand il y a mort sociale, c'est clair qu'on est obligé de s'engager
39:18dans une survie, ou du moins dans une forme de névose obsessionnelle
39:22de réalisation de soi.
39:23Et aujourd'hui, avec surtout la magie de la télé,
39:26donc ces jeunes, c'est clair que du Congo, de la Côte d'Ivoire, du Mali,
39:30on voit aujourd'hui, c'est la vie ailleurs.
39:33Et la vie ailleurs, c'est ça, ces jeunes sont séduits,
39:35ils se disent qu'en allant en Europe, je peux me réaliser
39:38en dehors d'un corps social qui m'a éjecté.
39:41Parce que ces jeunes dans ces pays, ils sont au marge de la société,
39:46ils sont éjectés du corps social.
39:47Donc pour eux, le chemin de l'immigration,
39:50c'est une forme de renaissance sociale.
39:52– Et pourquoi vous avez décidé de situer ça au Congo, justement ?
39:56L'histoire…
39:58– Oui, au fait, pour moi, le Congo, c'est juste un exemple.
40:02Mais quand vous prenez, par exemple, les différents pays,
40:06l'idée ici, c'est de dire que l'immigration qu'on estime,
40:10oui, c'est une problématique,
40:11mais derrière cette grande problématique,
40:14il y a plusieurs sous-problématiques qui alimentent ce départ.
40:17En fait, ce n'est pas un départ joyeux, c'est un départ forcé.
40:22Et ici, en prenant l'exemple du Congo…
40:25– Forcé et on met sa vie en péril, qui est risqué également.
40:31– Oui, risqué.
40:32– Si on avait le choix, on ne le ferait pas.
40:34– Effectivement.
40:35– On ne jouerait pas avec sa propre vie.
40:36– En effet, parce que moi, je pense que des jeunes de 20 ans, de 30 ans
40:44qui prennent des barques et qui vont affronter des vagues de 7 mètres,
40:49pour moi, c'est quand même… c'est fou, oui.
40:54Mais moi, je pense qu'il faut porter la réflexion sur le pourquoi.
40:58Qu'est-ce qui fait que ces jeunes décident de risquer autant
41:02pour un avenir meilleur ?
41:04Et je pense que le livre ici, c'est d'interpeller un peu nos élites
41:07pour qu'on puisse regarder frontalement les faits problèmes.
41:11Ce sont les problèmes de gouvernance,
41:13ce sont les problèmes de partage équitable de la richesse,
41:16ce sont les problèmes ici du minimum vital.
41:21– C'est une réalité invisible que vous voulez un petit peu visibiliser
41:24d'une certaine manière.
41:25– C'est ça.
41:25– Les causes, comme je le disais tout à l'heure en introduction,
41:29structurelles, comprendre ce qu'il y a derrière le visage de ces migrants,
41:33comprendre un petit peu leurs histoires et cette détresse finalement.
41:38– Cette détresse, effectivement.
41:39Pour moi, c'est une forme de, comment je disais, de mort sociale.
41:44Ces jeunes étant dans, comprenez par exemple dans le roman,
41:49l'aîné Kinda, il est l'aîné d'une famille,
41:52et quand vous essayez de comprendre un peu la sociologie africaine,
41:56voilà, le père y fait, après derrière, l'aîné,
42:00du moins les enfants font pour les parents.
42:02En tout cas, voilà comment se construit.
42:04Quand vous essayez de comprendre un peu comment fonctionne la société africaine,
42:08c'est comme ça.
42:09C'est-à-dire, aujourd'hui, il y a une forme de redevabilité
42:11entre les enfants et les parents.
42:13Et ces enfants, à un moment donné, dans une société où,
42:18je parle ici par exemple de la Côte d'Ivoire,
42:19une société que je maîtrise le plus,
42:21une société de concurrence où on essaye de mettre les uns et les autres en concurrence,
42:27donc ces gens, ces jeunes sont un peu, à la limite,
42:32il y a un sussaut d'orgueil.
42:33C'est-à-dire, moi, quand je vois par exemple un tel fils d'une autre famille
42:37qui fait des choses pour la famille, pour, comment on dit ça, pour ses parents,
42:42et moi, je n'arrive pas à aider mes parents,
42:45et que je suis dans une précarité à un moment donné,
42:48je suis dans une dynamique du, comment on dit ça,
42:51de faire tout pour pouvoir réussir et venir aider mes parents.
42:54C'est dans cette logique-là que ces jeunes sortent.
42:56Ce n'est pas pour les beaux yeux de l'Europe.
42:59Parce que quand vous voyez un peu, déjà, je vais parler de l'économie.
43:02Les récits médiatiques un petit peu.
43:04C'est ça. Je prends par exemple d'une, comment je vais appeler,
43:07d'un peuple, les soniqués par exemple, qui sont très représentés en France.
43:11Mais figurez-vous, ces gens du Mali, cette étnue du Mali,
43:15ils sont les plus nombreux en France à rapatrier des fonds.
43:20C'est-à-dire que quand ils vont à l'aventure,
43:22du moins, quand ils vont chercher les Lorados,
43:25ce n'est pas pour eux, en vérité, c'est pour leur famille en fait.
43:28Et aujourd'hui, moi je pense que ce livre,
43:32au-delà même de la question de l'immigration clandestine,
43:35c'est pour dire aussi, c'est de mettre le doigt aussi
43:37sur la problématique qui vous, comme j'ai rappelé en prélude,
43:41c'est près de 30 ans de guerre, de chaos,
43:43et c'est l'omerta totale.
43:47Je salue ici, voilà, le plaidoyer du président Tsekedi du Congo,
43:52de la ADC, qui a, maintes fois à la tribune de l'ONU,
43:55essayé de porter cette problématique sur la scène internationale.
43:59– Donc, vous l'avez très bien dit,
44:01quand on parle de ce choix, de cette décision,
44:04c'est un sacrifice finalement légitime
44:07qui se fait des enfants pour les parents.
44:10– Tu n'as pas compris ?
44:11– Qui se fait un sacrifice des enfants pour les parents,
44:14donc un sacrifice légitime.
44:15– En effet, c'est pour moi, c'est légitime.
44:17– C'est ça, un sacrifice légitime.
44:19– Quand vous avez mentionné tout à l'heure le titre,
44:22donc morale stérile,
44:24est-ce que c'est une espèce de condamnation,
44:27tout de même que vous faites vis-à-vis de la communauté internationale,
44:30qui ne réagit peut-être pas à la situation,
44:33ou est-ce que c'est un miroir aussi qui est tendu
44:38aux gouverneurs locaux, finalement,
44:42pour pouvoir finalement réagir,
44:45quand on dit stérile, puisque morale stérile,
44:47donc pas de réaction, je ne sais pas.
44:49Est-ce qu'il y a un jeu de mots ?
44:50Expliquez-nous un petit peu.
44:52– En fait, le titre morale stérile,
44:53au-delà de la forme littéraire et philosophique,
44:56il y a une vérité cachée dans ce titre.
44:59C'est simple, c'est-à-dire aujourd'hui,
45:02comprenez encore une fois l'histoire du personnage,
45:06Kinda, qui était l'aîné de la fatrie,
45:09l'aîné dans la famille,
45:10qui a vu son père dans la précarité,
45:15qui lui-même a été dans cette précarité ambiante,
45:19à un moment donné, il a reçu aussi une éducation,
45:22parce que l'Afrique, c'est aussi l'Afrique des valeurs,
45:24l'Afrique de l'éducation.
45:26Et ce dernier, à un moment donné,
45:29lorsqu'il rencontre le seigneur de guerre,
45:31qu'il enroule dans la milice,
45:33au fond de lui, il sait que ce n'est pas bien.
45:35Tuer des gens, du moins pratiquer,
45:40du moins participer à des opérations atroces,
45:43il sait en conscience que ce n'est pas bien.
45:45Mais la survie l'emporte sur la morale, en vérité.
45:49C'est ça un peu l'idée que je veux véhiculer,
45:52c'est-à-dire que ces jeunes qui viennent à l'immigration,
45:55ils savent que l'immigration est un chemin périlleux,
45:59ils savent que la mort peut-être les attend,
46:01mais ils se disent que c'est un choix de survie.
46:05C'est un choix, comme vous l'avez dit,
46:07c'est un choix, c'est un sacrifice légitime.
46:12Et justement, si on devait retenir un message principal
46:16que vous avez envie de véhiculer,
46:17ou que vous avez eu envie, en tout cas,
46:19de porter à cette jeunesse aujourd'hui,
46:22pour conclure cet entretien, quel serait-il ?
46:25Le message, moi, je pense qu'il est simple.
46:28C'est-à-dire, aujourd'hui, moi, au travail de ce récit,
46:31je voulais, ici, à ma petite échelle,
46:34essayer de faire comprendre aux uns et aux autres
46:37que l'immigration n'est pas un chemin qui se décide, en fait.
46:42On ne se lève pas un matin et puis on dit,
46:45bon, je vais à l'aventure, moi, je viens affronter les affres du désert
46:50ou du moins de la mer.
46:51C'est un chemin forcé.
46:54Les gens, ils sortent parce qu'ils s'étouffent
46:58dans ce contexte social de précarité, de misérabilisme.
47:02Et ça, c'est la première réflexion.
47:04La deuxième réflexion sur la question du kivu,
47:06c'est de dire, aujourd'hui, il est important
47:08qu'on ne soit pas dans l'omerta,
47:10parce qu'aujourd'hui, on a l'impression
47:13qu'il y a une forme de compétition,
47:16ou du moins, le mot ne me vient pas,
47:20c'est-à-dire qu'on essaie de donner de l'importance
47:22aux douleurs de certains,
47:24et des façons, on essaie aussi de rendre invisible
47:28les douleurs d'autres personnes.
47:30Voilà, et ici, nous, on veut faire comprendre
47:33que la problématique du kivu,
47:35c'est les milliers de morts,
47:36c'est les femmes qui ont subi des viols,
47:38c'est la pauvreté, c'est un cycle des pauvretés ambiants.
47:42Donc, aujourd'hui, il est important
47:43que nos élites internationales,
47:45du moins, l'ONU et tout ça, qu'on sort,
47:47se penchent sur la question pour apporter
47:49une réponse internationale à la catastrophe humaine
47:51qui perjure.
47:53– Merci à vous, Ismaëlle Assis.
47:54C'était un plaisir de vous avoir comme invité ce soir
47:56de parler de ce dernier roman moral stérile
47:59et de les oublier, Dieu qui vous, merci à vous.
48:01– Merci pour cette tribune, merci.
48:03– C'est la fin de l'Invité Culture pour ce soir,
48:05je vous souhaite une très bonne soirée.
48:09– C'est la fin de ce journal,
48:11bonne suite de programmes sur Médien TV.
48:16– Sous-titrage ST' 501
48:28– Sous-titrage ST' 501
48:29– Sous-titrage ST' 501
48:31Merci.
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