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00:02Bonsoir, bienvenue dans ce journal. Tout de suite, les titres.
00:07Les négociations irano-américaines reprendront après les funérailles d'Ali Khamenei.
00:13En attendant, les deux parties ont convenu d'instaurer un canal de communication pour éviter toute reprise des hostilités.
00:23En Europe, la machine de guerre russe a frappé l'Ukraine.
00:27La nuit dernière, une attaque massive aux drones et missiles sur Kiev qui a causé d'importants dégâts matériels sur
00:34des immeubles.
00:35Bilan, au moins 21 morts et 85 blessés.
00:41Face à la vague de chaleur qui sévit au Maroc, les autorités jouent la carte de la sensibilisation.
00:48Alors, quel geste à adopter pour se protéger des fortes températures ? Réponse dans ce journal.
00:58En Syrie, au moins 5 personnes ont été tuées, selon les autorités syriennes, par l'explosion d'une bombe dans
01:06un café au centre de Damas.
01:08Un nouveau défi pour le président Ahmed El-Shara qui œuvre à pacifier le pays.
01:13L'attentat le plus sanglant depuis une attaque suicide contre une église il y a un an n'a pas
01:19été revendiqué à ce stade.
01:21L'explosion est survenue dans un café situé près du palais de justice, dans un quartier extrêmement animé du centre
01:28de la capitale.
01:29Elle a été provoquée par un engin explosif qui avait été placé sur les lieux, a annoncé le général des
01:35forces de sécurité intérieure,
01:37Mohamed Hrit, à la télévision d'État. Le ministère de la Santé a fait état de 5 morts et 16
01:44blessés.
01:47À quelques kilomètres au Liban, le président libanais Joseph Aoun a affirmé jeudi que les négociations que mènent les pays
01:56avec Israël
01:57ne constituaient pas une trahison, comme l'annonce le Hezbollah, et assurait qu'il ne céderait pas un seul pouce
02:04de territoire.
02:05Le chef de l'État a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers pour garantir le retrait
02:12israélien de son territoire.
02:14L'accord cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement
02:21du Hezbollah.
02:25Toujours sur le front libanais, l'armée israélienne a dit jeudi avoir tué, dans ce qu'elle qualifie de zone
02:32de sécurité,
02:33une personne présentée comme un membre du Hezbollah, assurant qu'elle représentait une menace immédiate pour les soldats.
02:41Dans un processus diplomatique parallèle, un accord cadre pour une paix durable a été signé la semaine dernière à Washington,
02:49entre Israël et le Liban.
02:50Le texte prévoit de confier progressivement à l'armée libanaise le contrôle dans le sud de zones pilotes,
02:57dans le but d'y permettre à terme le retour des civils.
03:01Mais Beyrouth attend que l'armée israélienne débute son retrait.
03:07Du côté de Washington et Téhéran, les représentants américains et iraniens ont conclu une session de négociations techniques et indirectes
03:16au Qatar,
03:17en vue de faire cesser durablement les hostilités au Moyen-Orient, après des échanges de frappes ayant menacé la trêve.
03:24Ces réunions font suite à la signature le 17 juin d'un protocole d'accord entre Téhéran et Washington,
03:31débouchant sur des négociations censées durer au moins 60 jours,
03:36portant notamment sur les épineux sujets du détroit d'Hormuz et du nucléaire iranien.
03:42D'après l'agence officielle iranienne Irna, les discussions ont permis d'aboutir à un accord permettant à l'Iran
03:49d'acquérir des produits dont il a besoin,
03:51avec une partie de ses avoirs gelés au Qatar.
03:54Les partis ont également approuvé l'instauration d'un canal de communication pour signaler et recenser les éventuelles violations du
04:03protocole d'accord.
04:05Et dans ce contexte, l'Iran somme la France de ne pas compliquer davantage la situation dans le détroit d
04:13'Hormuz.
04:13Paris a proposé de mener des opérations de déminage conjointement avec le sultanat d'Oman après leur déclaration commune appelant
04:23à une navigation libre sans conditions ni restrictions à Hormuz.
04:29C'est une bouffée d'oxygène pour les marchés mondiaux de l'énergie.
04:34Le prix du baril du brut est en net recul ce jeudi, tant pour le Brent de la mer du
04:39Nord que pour son équivalent américain.
04:42Une baisse qui s'est confirmée tout au long de la semaine.
04:45A l'origine de ce recul des prix de l'énergie, la reprise progressive du dialogue diplomatique irano-américain et
04:52un détroit d'Hormuz de moins en moins agité.
04:55Explication avec Papa Lyonsar.
04:59Les signaux sont en vert dans le détroit d'Hormuz.
05:02Les cours du pétrole ont affiché une nette baisse cette semaine et les investisseurs écartent désormais le risque d'une
05:09reprise du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis.
05:12Le marché du brut respire.
05:14Avec le pétrole qui continue d'être acheminé vers le marché mondial via les oléoducs en dehors du détroit d
05:20'Hormuz depuis les Émirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite, ainsi que la libération des réserves stratégiques, le marché est
05:27actuellement inondé de bruts.
05:29Sur les marchés, le baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 1,3% à près
05:35de 80 dollars ce jeudi.
05:36Son équivalent américain a quant à lui fléchi de 1,33% pour s'établir à près de 68 dollars.
05:44Cette baisse significative s'explique par l'apaisement des tensions dans la région.
05:49Même si les passages visibles grâce au système d'identification automatique des navires ont diminué ce week-end, la réalité
05:56du trafic est tout autre.
05:57Le flux réel s'intensifie.
05:59Une part croissante de la flotte naviguant désormais transpondeur état, selon un responsable américain cité par l'agence Bloomberg,
06:08l'approvisionnement en pétrole via cette voie navigable aurait même dépassé les 10 millions de barils par jour.
06:14Cette surabondance d'or noir pourrait encore s'accentuer à mesure que le pétrole est stocké dans les navires bloqués
06:21et les cuves des pays du Golfe durant le conflit sera progressivement écoulée.
06:31La capitale ukrainienne a subi au cours de la nuit la pire frappe de drones et missiles russes depuis le
06:37début de la guerre,
06:38qui a fait au moins 21 morts et 85 blessés.
06:42Kiev promettant jeudi de rendre coup pour coup à Moscou ses attaques.
06:47Plus de 4 ans après le début de l'invasion russe du pays,
06:50celle-ci lance régulièrement des frappes massives impliquant des centaines de drones et dizaines de missiles sur l'Ukraine et
06:59sur sa capitale.
07:00Kiev a aussi fait monter en puissance ses attaques sur le territoire russe,
07:04portant un coup notamment au secteur pétrolier.
07:08Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'Ukraine a été visée par 496 drones et 74 missiles de différents
07:15types,
07:16dont respectivement 476 et 48 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
07:25Une atmosphère apocalyptique.
07:29Une pluie de drones et de missiles.
07:31Les civils fuient dans la panique et se cachent là où ils le peuvent.
07:35L'offensive a duré plusieurs heures.
07:37Selon Kiev, l'armée russe a utilisé des drones d'attaque, des missiles balistiques et des missiles de croisière.
07:41Dans la capitale ukrainienne, les frappons détruisent des étages entiers de bâtiments.
07:47Un poste d'ambulance a aussi été touché.
07:50La veille, depuis Dublin, Volodymyr Zelensky avait annoncé cette attaque, faisant état de renseignement.
07:55Il avait appelé les civils à redoubler de prudence.
07:58Aujourd'hui, nous avons reçu des informations très préoccupantes concernant une nouvelle attaque massive de l'armée russe.
08:06Nous disposons de renseignements.
08:08Juste après notre conférence de presse et notre discussion, je retournerai en Ukraine avec mon équipe.
08:17Dans les métros, de nombreux civils se sont réfugiés dans les sous-sols.
08:21Hommes, femmes, enfants et même animaux de compagnie.
08:23Impossible pour eux de ressortir.
08:25Les attaques peuvent reprendre à tout moment.
08:28Tant des matelas au sol, ils resteront ici jusqu'à la levée de l'alerte.
08:33Le mercure continue de grimper au Maroc.
08:36Les températures pourraient monter jusqu'à 46 degrés dans les provinces de Zagora, Tata, Assazeg, Bouchdour, Esmara, Aousseld et Ouaddeheb.
08:46Le centre et le centre-est du royaume sont également placés en vigilance orange avec des températures qui pourraient monter
08:53jusqu'à 44 degrés.
08:55Attention aussi aux averses orageuses et aux fortes rafales de vent dans le sud du pays.
09:03Je vous le disais en titre, face à cette vague de chaleur au Maroc, le ministère de la Santé et
09:09de la Protection sociale appelle à la plus grande vigilance
09:12afin de prévenir les risques liés à la canicule.
09:15Alors quels sont les gestes à adopter ?
09:17Dinamrini nous en dit plus.
09:20Quand le thermomètre s'emballe, les bons réflexes peuvent faire toute la différence.
09:26Pour limiter les risques liés à la canicule, le ministère de la Santé appelle chacun à la vigilance.
09:33Boire de l'eau régulièrement, même sans ressentir la soif, reste le premier réflexe à adopter.
09:39Il est également conseillé d'éviter les sorties et les efforts physiques pendant les heures les plus chaudes de la
09:45journée
09:46et de privilégier les endroits frais ou bien ventilés.
09:50Une attention particulière est demandée pour les personnes les plus vulnérables.
09:55Les personnes âgées, les nourrissons, les enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies chroniques.
10:02Les familles sont invitées à veiller à leur hydratation et à leur bien-être.
10:06Les professionnels de santé rappellent les signes qui doivent alerter.
10:11Fortes fièvres, maux de tête, vertiges, fatigue intense ou perte de connaissances.
10:16En présence de ces symptômes, il est recommandé de consulter rapidement un professionnel de santé.
10:23Un message simple enfin.
10:25Adopter les bons gestes permet de prévenir les complications liées à la chaleur.
10:30La vigilance reste de mise.
10:32Les fortes chaleurs devraient se maintenir dans plusieurs régions au cours des prochains jours.
10:38Place M à présent à l'invité de Soir Info sur Médien TV.
10:43Restez avec nous.
10:54Le capital investissement s'impose comme l'un des principaux leviers de financement des entreprises.
11:01A fort potentiel, en près de 25 ans, plus de 40 milliards de dirhams ont été levés
11:07et 370 entreprises accompagnées au Maroc.
11:10A la tête de l'association marocaine des investisseurs en capital, Omar Bekhali, notre invité,
11:16entend désormais ouvrir un nouveau chapitre pour un secteur appelé à jouer un rôle croissant
11:21dans le financement de l'économie, de l'innovation et de la souveraineté industrielle du Royaume.
11:27Alors pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Omar Bekhali, nouveau président fraîchement élu
11:34de l'association marocaine des investisseurs en capital, l'AMIC.
11:38Vous êtes également directeur associé d'Afrique Invest, l'un des plus grands gestionnaires panafricains de capital investissement.
11:46D'abord, félicitations pour votre élection et merci d'être avec nous.
11:52Bonsoir, merci à vous et merci de l'invitation.
11:56Donc vous prenez la présidence de l'AMIC à un moment où le Maroc accélère ses grands projets industriels
12:03et ses ambitions économiques.
12:05Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la maturité du capital investissement marocain
12:10et est-ce que l'on constate qu'il y a un changement d'échelle ?
12:15Absolument. Le capital investissement marocain a aujourd'hui près de 25 ans d'existence.
12:21C'est une industrie qui est partie de rien avec quelques fonds pionniers à la fin des années 90 et
12:27au début des années 2000
12:28et qui s'est transformé en un écosystème structuré avec un cadre réglementaire modernisé, avec les OPCC notamment,
12:36des véhicules d'investissement diversifiés, des équipes de gestion qui se sont aussi professionnalisées année après année.
12:43Personnellement, j'évolue dans cette industrie depuis près de 17 ans et en toute objectivité,
12:48je considère le bilan de ces 25 dernières années comme extrêmement positif.
12:52Cela se mesure et peut même s'apprécier sur l'ensemble de la chaîne de valeur de notre industrie.
12:59On peut citer quelques chiffres.
13:02On a des levées de fonds historiques.
13:04Entre 2020 et 2025, près de 20 milliards de dirhams ont été mobilisés,
13:09soit quatre fois le volume de la génération précédente et avec plus de 6 milliards levés rien qu'en 2025.
13:15Un record historique.
13:17Dans cette dynamique de levée, il y a aussi une tendance importante qu'il convient de souligner.
13:22C'est la transition vers les capitaux locaux.
13:24Les investisseurs marocains représentent désormais 60% des subscriptions dans les fonds contre 30% lors de la génération précédente.
13:34Cela réduit la dépendance aux organismes internationaux et ça traduit aussi la mobilisation de l'épargne institutionnelle locale.
13:41Cette réalisation a été rendue possible grâce au concours du Fonds Mohamed VI pour l'investissement qui est né d
13:49'une vision royale.
13:50Juste que vous évoquiez une levée de fonds historiques, alors peut-on dire que le secteur est arrivé à un
13:57tournant de son développement ?
14:00Oui, on peut définitivement dire qu'il s'agit d'un tournant parce qu'au-delà des levées, il y
14:06a également la qualité du deal flow, des sociétés investies.
14:09Il y a aussi tout le travail d'accompagnement et puis il y a également les sorties car notre métier
14:13ne se résume pas à seulement investir.
14:15On accompagne, on crée de la valeur et puis on sort.
14:18Les sorties ont également enregistré des montants records de plus de 4 milliards de dirhams l'année dernière
14:24et avec des rendements, notamment des taux de rentabilité internes appréciables de 14% et un multiple de deux fois
14:31les capitaux investis.
14:33Au-delà même de ces rendements financiers, il y a également les considérations d'impact avec de la création d
14:38'emplois,
14:38avec de la responsabilité, des postes à responsabilité octroyés aux femmes, avec le renforcement des instances de gouvernance.
14:48Enfin, tous ces éléments nous confortent sur l'état du capital investissement, sur la maturité après un chemin parcouru.
14:55Mais il faut rester lucide aussi dans cette euphorie.
14:58On a néanmoins une industrie qui est à peine à 0,6% de taux de pénétration dans le PIB.
15:04Ça reste inférieur au niveau qu'on observe à l'international.
15:08À ce sujet, justement, est-ce que vous estimez que le Maroc reste-t-il encore sous-financé par rapport
15:14à d'autres marchés comparables ?
15:18Oui, tout à fait.
15:21Les entreprises, l'accès au financement reste, en tout cas pour les PME et les TPME,
15:26qui constituent plus de 82% des entreprises et plus de 80% des emplois,
15:32ont du mal à accéder au financement, que ce soit le financement bancaire
15:37ou le financement par le capital investissement.
15:40Et c'est tout l'objectif de cette initiative portée par le Fonds Mohamed VI
15:45et qui a joué un rôle de catalyseur en mobilisant également l'épargne locale
15:50auprès d'institutionnels locaux, des banques, des compagnies d'assurance
15:53pour justement adresser ces segments d'activités porteurs et accompagner ces PME et start-up aussi.
16:02À ce sujet, justement, le crédit bancaire demeure la principale source de financement des entreprises.
16:09Quelle est aujourd'hui la valeur ajoutée du capital investissement
16:12et quelle est la différence surtout entre le crédit bancaire d'un côté et le capital investissement ?
16:20Alors, merci de poser cette question tout à fait pertinente.
16:23Il y a une idée reçue qu'il faut déconstruire.
16:25Le capital investissement ne vient pas concurrencer le financement bancaire,
16:29il vient plutôt le compléter.
16:31La banque finance l'exploitation, le cycle d'activité.
16:35Le capital d'investissement, lui, finance le risque, la croissance, la transformation,
16:40tout ce que la dette bancaire ne peut pas raisonnablement porter.
16:42En revanche, une entreprise qui est correctement capitalisée devient un meilleur emprunteur.
16:48Son profil de risque est amélioré parce que sa structure financière est plus saine.
16:53Ses ratios d'endettement sont plus rassurants pour une banque.
16:56Donc, les deux mondes se nourrissent l'un l'autre.
16:59Et nous avons d'ailleurs des relations de proximité avec nos partenaires bancaires
17:04et nous contribuons tous les deux à l'effort de croissance des entreprises dans lesquelles nous investissons.
17:09Alors, au-delà du simple, on va dire, financement ou aspect, on va dire, contribution financière,
17:17il y a tout l'accompagnement qu'un fonds d'investissement apporte à une entreprise.
17:22D'abord, au niveau de la gouvernance.
17:24Nous mettons en place des conseils d'administration structurés.
17:27Alors, juste avant de parler de gouvernance, est-ce qu'on peut revenir sur la nature des entreprises
17:34que vous accompagnez ? Il y a des startups, des PME.
17:36Est-ce que vous pouvez nous en dire plus à ce sujet ?
17:40Oui, aujourd'hui, l'offre du capital investissement et du venture capital au Maroc est assez diversifiée.
17:48Elle est large et diversifiée.
17:49Elle permet d'accompagner les entreprises à différents stades de vie, à différents stades de développement.
17:54Donc, de la startup qui vient, on va dire, lever des capitaux pour financer ses premiers projets,
18:04on va dire, où c'est les premiers emplois à recruter, les effectifs à mobiliser,
18:12et également les solutions technologiques, par exemple.
18:15Puis, il y a également les fonds qui adressent ce qu'on appelle le segment du growth,
18:19pour investir et accompagner des entreprises matures et qui sont en accélération de leur croissance
18:26et qui ont besoin de financement pour assurer cette accélération dans les meilleures conditions.
18:32Puis, nous avons également le segment du capital transmission.
18:36Là, on adresse une autre période de vie de l'entreprise,
18:40souvent de la société familiale, de l'entreprise familiale,
18:44où il y a un changement, on va dire, d'actionnariat,
18:47où il y a une transmission du capital de cette entreprise.
18:51Donc, nous venons accompagner cet élan de transmission,
18:54l'institutionnaliser davantage, afin d'assurer sa pérennité dans le futur.
19:00Alors, nous pouvons adresser, enfin, notre industrie adresse ces différents segments,
19:06différents stades de vie à travers des fonds généralistes,
19:08mais nous avons également des fonds spécialisés qui se mettent en place
19:12et qui permettent, on va dire, d'investir dans des entreprises,
19:16dans des secteurs particuliers, que ce soit l'industrie aéronautique,
19:19le transport, la logistique, l'hôtellerie.
19:25Enfin, voilà, il y a plusieurs…
19:26L'offre est assez large aujourd'hui pour pouvoir accompagner ces entreprises.
19:30On y revient alors à cette notion de gouvernance.
19:33Au-delà des financements, les fonds apportent également de la gouvernance,
19:38comme vous l'avez évoqué, et aussi de l'expertise et des réseaux.
19:42Alors, est-ce que cet accompagnement devient aussi important que l'argent investi ?
19:47Il est tout aussi important, tout aussi important.
19:51Au-delà même de cet apport financier et de la gouvernance que j'ai évoquée,
19:58nous accompagnons également les entreprises sur l'innovation
20:01et sur la création de valeurs à travers différents leviers.
20:04Donc, vous avez mentionné l'accès à un réseau,
20:06ça peut être un réseau local, un réseau international.
20:08Il y a également la mise en place de systèmes d'information,
20:13la structuration de la politique de gestion des ressources humaines.
20:16Il y a l'accélération des projets de croissance externe,
20:18ça c'est extrêmement important.
20:20Nos économies avancent, nous avons besoin de structurer des secteurs d'activité,
20:26de faire émerger des champions locaux ou régionaux,
20:29car nous accompagnons également les entreprises investies dans leur expansion internationale,
20:33dans les stratégies d'export.
20:34Et tous ces leviers sont visibles au niveau des performances financières
20:38des entreprises que nous accompagnons,
20:40dont la progression en termes de chiffre d'affaires et de rentabilité
20:43surperforme le rythme de croissance de l'économie nationale.
20:47Et en parlant justement d'expansion internationale,
20:51on voit qu'on est un peu dans une période charnière,
20:54parce qu'il va y avoir des besoins qui vont exploser en termes de financement
20:59avec les infrastructures, la transition énergétique, l'industrie
21:03ou encore la préparation de la Coupe du Monde 2030.
21:07Alors le capital investissement peut-il devenir un facteur majeur
21:11de cette nouvelle phase de développement ?
21:15Oui, j'y crois, j'y crois très fort.
21:17Le Maroc vit un moment inédit, avec des chantiers importants et cruciaux,
21:23portés par l'ambition Maroc 2030, et des besoins de financement massif
21:28au niveau des infrastructures dans le cadre des grands événements sportifs
21:31comme la Coupe du Monde, ou encore sur les besoins qui sont requis
21:37sur l'industrie, sur la souveraineté industrielle, je pense aux filières automobiles,
21:41l'aéronautique, la transition énergétique, toutes ces filières ont besoin
21:46de capitaux patients, et c'est exactement le positionnement naturel
21:49du capital investissement.
21:52Nous ne pouvons que nous réjouir de cette dynamique.
21:56Par rapport à cette dynamique, est-ce que vous voyez émerger
21:59de nouveaux secteurs prioritaires ?
22:00Vous avez cité l'automobile, est-ce qu'il y en a d'autres ?
22:04Oui, il y a les secteurs aussi qui sont portés par des réformes profondes,
22:08je pense au secteur de la santé, l'industrie pharmaceutique,
22:13l'accès aux soins à travers les cliniques,
22:16et aussi la logistique.
22:18La logistique aussi, le transport par exemple.
22:19La logistique, le transport, absolument.
22:22Donc tous ces secteurs vont contribuer, on va dire, à la croissance nationale
22:26et doivent être accompagnés proprement et bien capitalisés.
22:31Mais au-delà de ces secteurs d'activité,
22:34peut-être avec une vision un peu plus large,
22:37il y a tout le rôle du secteur privé au Maroc,
22:40qui est aujourd'hui clé.
22:41Le Maroc, on va dire l'économie marocaine,
22:45repose encore sur l'activité du secteur public
22:47qui représente plus des deux tiers de l'investissement.
22:51Il faut que nous puissions inverser la tendance
22:54et que le secteur privé prenne le relais,
22:57car le secteur public aussi a des contraintes budgétaires.
23:00Donc vous parlez d'inverser la tendance,
23:03permettez-moi, excusez-moi,
23:05vous parlez d'inverser la tendance
23:06pour revenir à votre mandat de président.
23:08Quelles seront vos priorités à la tête de l'AMIC ?
23:13Alors, on a une feuille de route qui est ambitieuse.
23:18Les mandats assurés par mes prédécesseurs que je salue
23:22et qui ont réalisé un travail colossal
23:25ont permis de poser les fondations solides,
23:28notamment sur la partie réglementaire,
23:30le décret sur les OPCC-RFA.
23:33Mais la priorité maintenant est de finaliser
23:36le nouveau plan comptable des OPCC en cours
23:39qui permettra aussi de rassurer les investisseurs institutionnels
23:43aussi bien locaux qu'étrangers.
23:46Donc ça, c'est une priorité.
23:47Maintenant, il y a aussi les réformes
23:50qui sont susceptibles d'accélérer le développement
23:53du capital investissement au Maroc.
23:55Pour moi, c'est continuer sur cette dynamique d'encouragement
24:01d'une allocation plus significative
24:03de l'épargne institutionnelle locale.
24:05Est-ce qu'à ce sujet, vous souhaitez en quelque sorte
24:09démocratiser davantage le capital investissement
24:12auprès des entrepreneurs marocains,
24:14des entrepreneurs de la vie quotidienne en quelque sorte ?
24:18Alors, on souhaite le démocratiser à deux niveaux.
24:21Au niveau supérieur, au niveau des levées de fonds
24:24pour que les compagnies d'assurance,
24:27les caisses de retraite et autres bailleurs de fonds
24:31puissent contribuer davantage,
24:32car le capital investissement est aujourd'hui
24:34sous-représenté dans leur portefeuille.
24:36Et puis, en aval, au niveau des entrepreneurs,
24:39effectivement, démocratiser cet outil,
24:42c'est un chantier beaucoup plus large
24:44que nous allons attaquer pour que la perception
24:48de notre industrie puisse évoluer.
24:51Beaucoup de dirigeants perçoivent encore,
24:53notamment de PME ou d'entreprises familiales,
24:55perçoivent l'ouverture de capital comme une perte de contrôle,
24:58alors que c'est avant tout un partenariat de croissance.
25:00Donc, il faut multiplier les actions de sensibilisation,
25:05démocratiser aussi dans un sens géographique.
25:07Aujourd'hui, le capital investissement est très concentré
25:09sur l'axe Casablanca-Stats,
25:12qui concentre plus de 70% des montants investis.
25:15Il faut pouvoir accompagner des entreprises
25:18de toutes les régions du Royaume,
25:21toucher des startups aussi.
25:23Le segment startup est présent.
25:24Et pour accompagner justement ces entreprises
25:26à travers le Royaume,
25:29brièvement, quelques mots,
25:30quelles réformes permettraient, selon vous,
25:32d'accélérer le développement de cette industrie
25:35en termes de fiscalité, de réglementation,
25:38ou même de profondeur du marché financier ?
25:42Écoutez, en termes de fiscalité,
25:44il y a beaucoup de progrès qui ont été réalisés.
25:47La fiscalité, moi, je considère,
25:49nous considérons que la fiscalité est favorable.
25:52Aujourd'hui, bien entendu, elle reste à parfaire.
25:54Et nous poursuivons le dialogue avec la direction de Trésor,
25:57avec la direction des impôts,
26:00pour essayer de renforcer l'attractivité fiscale
26:06de nos véhicules d'investissement,
26:08face à la concurrence d'autres places régionales,
26:10car nous évoluons dans un contexte international.
26:13Mais je tiens surtout à préciser qu'ici,
26:16l'enjeu de cette attractivité vise justement,
26:20à travers plus d'investissement,
26:21une meilleure attractivité permet plus d'investissement,
26:24de la croissance, de la transparence des sociétés investies.
26:28Et par ricochet, on a une contribution de notre industrie
26:31aux revenus fiscaux plus importante.
26:34Et puis, il y a également les frictions résiduelles
26:37sur les flux transfrontaliers,
26:38sur lesquelles aussi nous maintenons des échanges continus
26:42avec les administrations,
26:44notamment la direction du trade-off.
26:46Merci.
26:47Merci d'avoir répondu à nos questions.
26:49Omar Bekalik, je le rappelle,
26:51est le nouveau président de l'association marocaine
26:54des investisseurs en capital.
26:57Merci à vous.
27:01Tout de suite, le journal de l'économie
27:03avec Rachid Farhane.
27:14Nous ouvrons ce journal avec une bonne nouvelle
27:16pour les finances extérieures du Royaume.
27:18Les transferts des Marocains résidant à l'étranger
27:21continuent d'afficher une remarquable résilience.
27:24Selon les derniers chiffres de l'Office d'échange,
27:26ils se sont établis à 50,6 milliards de dirhams
27:29à fin mai 2026,
27:31en progressant de 2,8%
27:33par rapport à la même période de l'année dernière.
27:36Si cette hausse est plus modérée
27:38que les records enregistrés au sortir de la pandémie,
27:40elle confirme ni au moins la solidité
27:42de cette source de devises
27:43devenue indispensable pour l'économie marocaine.
27:47Ces transferts permettent non seulement
27:48de soutenir la consommation des ménages,
27:50mais aussi de financer de nombreux projets immobiliers
27:52et investissements privés.
27:54Ils contribuent également au renforcement
27:56des réserves de change du Royaume
27:58et participent à l'équilibre de la balance et des paiements.
28:01Cette évolution confirme l'attachement économique
28:03des Marocains du monde à leur pays d'origine.
28:06Autre indicateur encourageant,
28:08le secteur touristique poursuit sur sa lancée.
28:11Afin mai, les recettes voyage atteignent près de 46 milliards de dirhams,
28:15soit une progression de 14,6% en glissement annuel.
28:18Cette hausse explique par plusieurs facteurs.
28:21D'abord, l'augmentation du nombre d'arrivées
28:22de touristes étrangers et de Marocains résidant à l'étranger.
28:25Ensuite, une amélioration de la durée moyenne des séjours
28:28et des dépenses réalisées par les visiteurs.
28:31Cette performance confirme le redressement durable du secteur
28:34après les années marquées par la crise sanitaire.
28:36Au-delà des recettes en devise,
28:38cette dynamique profite à l'ensemble
28:40de l'écosystème touristique,
28:41hôtels, maisons d'hôtes, agences de voyage,
28:44restaurations, transports touristiques et artisanat.
28:47Le tourisme confirme ainsi son statut de moteur de croissance
28:50et d'importantes sources de création d'emplois.
28:54Autre secteur qui continue de tirer les exportations marocaines,
28:58l'industrie automobile.
28:59Afin mai, les ventes à l'export enregistrent une nouvelle progression.
29:02Cette évolution est portée par les performances
29:05des différents segments de la filière,
29:06notamment la construction automobile,
29:08le câblage électrique,
29:09ainsi que la fabrication de composants.
29:12Les investissements réalisés ces dernières années
29:14dans les plateformes industrielles de Tanger et Kimitra
29:17continuent ainsi de produire leurs effets.
29:19La montée en gamme de la production marocaine,
29:22conjuguée à la demande des constructeurs européens,
29:24permet au Royaume de consolider sa position
29:26parmi les principaux pôles automobiles
29:28du continent africain et du bassin méditerranéen.
29:31Les signaux restent également positifs
29:33du côté des investissements.
29:35Selon les données publiées à fin mai,
29:36le flux des investissements directs étrangers
29:39progresse de 41,8% par rapport à la même période
29:42de l'année précédente.
29:44Cette hausse traduit le maintien de la confiance
29:46des investisseurs internationaux
29:48dans les perspectives économiques du Maroc.
29:50Elle reflète également l'attractivité du Royaume
29:53dans plusieurs secteurs stratégiques,
29:54notamment l'industrie, l'automobile, l'aéronautique,
29:57les énergies renouvelables et les nouvelles technologies.
30:00L'amélioration du climat des affaires,
30:02ainsi que les nombreux projets liés à la préparation
30:05de la Coupe du Mans 2030,
30:07contribuent également à renforcer cette dynamique.
30:10Direction l'Afrique centrale,
30:12la République centrafricaine cherche à mobiliser
30:141,7 milliard de dollars afin de raccorder
30:172,4 millions de personnes au réseau électrique d'ici 2030.
30:22Aujourd'hui, le pays affiche l'un des plus faibles
30:24taux d'accès à l'électricité au monde.
30:27L'objectif est donc de développer de nouvelles infrastructures
30:29de production et de distribution
30:31afin de soutenir le développement économique,
30:34améliorer les conditions de vie des populations
30:36et favoriser l'industrialisation.
30:39Ce vaste programme devrait également attirer
30:41de nouveaux partenaires techniques et financiers.
30:44Au Congo-Brasaville,
30:46les autorités affichent des objectifs budgétaires plus ambitieux.
30:49Le gouvernement prévoit de porter les recettes publiques
30:52au-delà de 3 000 milliards de francs CFA dès 2028.
30:55Pour atteindre cet objectif,
30:57les autorités misent sur une meilleure collecte
30:59des recettes fiscales, une lutte renforcée contre la fraude
31:02ainsi qu'une diversification progressive de l'économie
31:05afin de réduire la dépendance aux revenus pétroliers.
31:08Cette stratégie vise à offrir davantage de marge de manœuvre
31:11pour financer les politiques publiques et les investissements.
31:14Au Ghana, l'inflation repart légèrement à la hausse au mois du juin.
31:18Cette évolution est principalement attribuée
31:21à l'augmentation des prix des produits non alimentaires.
31:23Même si le pays parvenu ces derniers mois
31:26à ralentir fortement l'inflation,
31:27grâce à ses réformes économiques
31:29et au soutien du FMI,
31:31cette reprise rappelle que la stabilité des prix
31:34reste un défi pour l'économie gagnée.
31:36Les autorités continueront donc
31:38de surveiller de près l'évolution des prix
31:40afin de préserver le pouvoir d'achat des ménages.
31:42La justice européenne inflige un nouveau revers à Google.
31:46La Cour de justice de l'Union européenne
31:48confirme définitivement l'amende de 4,1 milliards d'euros
31:52prononcée contre le géant américain.
31:54La justice estime que Google a abusé
31:57de la position dominante de son système Android
31:59afin de favoriser ses propres services
32:02au détriment de la concurrence.
32:04Cette décision constitue l'une des sanctions
32:07les plus importantes jamais prononcées
32:09contre une entreprise technologique.
32:10Elle confirme également la volonté de l'Union européenne
32:13de renforcer la régulation des grandes plateformes numériques.
32:17Dans la zone euro,
32:19les tensions sur les prix continuent de s'atténuer.
32:21L'inflation a de nouveau ralenti au mois de juin,
32:24principalement sous l'effet de la baisse des prix de l'énergie.
32:27Cette évolution rapproche progressivement
32:29la Banque centrale européenne
32:31de son objectif de stabilité des prix.
32:33Elle pourrait également conforter
32:34les anticipations des marchés concernant
32:36une poursuite de l'assouplissement de la politique monétaire
32:39si cette tendance se confirme dans les prochains mois.
32:42Pour les ménages comme pour les entreprises,
32:44un ralentissement durable de l'inflation
32:46constitue généralement un facteur favorable
32:48à la reprise de la consommation et de l'investissement.
32:53Et dans l'invité culture de ce soir,
32:56Myriam Khamlichy reçoit Ismail Assi,
32:59auteure et correspondante de Financial Afrique.
33:13Mesdames et messieurs,
33:14bonsoir et bienvenue dans l'invité culture.
33:16Nous parlons ce soir du livre « Morale stérile »,
33:19un ouvrage marquant du journaliste et écrivain ivoirien Ismail Assi
33:24qui explore les racines profondes et souvent ignorées
33:28des crises migratoires actuelles.
33:30Loin de se contenter d'analyser le phénomène migratoire
33:33uniquement sous le prisme des drames humains en Méditerranée,
33:38Ismail Assi choisit de plonger dans la matrice sociale
33:42et les causes structurelles qui poussent la jeunesse au départ.
33:46Le récit suit le destin tragique de trois jeunes congolais
33:50confrontés à une effroyable précarité sociale.
33:53Journaliste économique et écrivain Ismail Assi
33:55livre un plaidoyer pour que les consciences se réveillent
34:00et pour dépasser les simples récits médiatiques.
34:04Ismail Assi, bonsoir à vous.
34:06C'est un plaisir de vous avoir comme invité ce soir.
34:08Merci d'avoir accepté cette invitation.
34:10Bonsoir Miriam, merci beaucoup pour l'invitation.
34:12Alors on va parler de votre dernier livre,
34:16je le disais à l'instant, Morale stérile,
34:19une histoire qui se concentre un petit peu sur les causes structurelles,
34:22on va dire, de l'immigration, de cette traversée,
34:26de ce choix qui se fait par les jeunes.
34:30Pourquoi d'abord avoir choisi de vous intéresser à ce sujet en particulier
34:34et pourquoi également le choix de la narration par le roman
34:38et pas une autre forme d'écrit ?
34:42Donc déjà, merci beaucoup Miriam pour l'invitation
34:44et merci de nous donner cette tribune pour pouvoir traiter ce sujet
34:49qui est quand même assez important.
34:50Donc pour répondre à la question,
34:52Morale stérile est parti d'une réflexion simple,
34:54c'est-à-dire depuis des années, des décennies,
34:57l'Afrique a été toujours racontée de l'extérieur.
34:59C'est-à-dire, les Occidentaux ont toujours saisi les problématiques de l'Afrique
35:03et je me suis dit aujourd'hui en tant que jeune,
35:06il est important que la jeunesse et surtout un Africain,
35:09même si je ne suis pas congolais,
35:11en tant qu'Ivoirien, je peux en tout cas me saisir de ce sujet africain.
35:16Donc c'est cette raison qui nous a poussés à amener cette réflexion.
35:20Maintenant, après derrière, pour répondre à la question du pourquoi le roman,
35:23je dirais que déjà, lorsqu'on voit les migrants ici et là,
35:27il faut dire que ces migrants, derrière chaque visage, il y a une histoire
35:31et souvent, c'est une histoire tragique.
35:34Donc, et le roman, au travers de la fiction,
35:37est quand même un style littéraire qui permet de raconter une histoire
35:41et nous, ici, on voulait raconter une histoire
35:43et en même temps aussi toucher une forme de vérité.
35:47– Parlez-nous justement du destin de ces trois jeunes Congolais
35:50que vous suivez dans cette histoire.
35:54– Justement, au fait, dans le livre Mora Styril,
35:57il y a trois personnages, mais avant tout, il y a le père,
36:01c'est-à-dire qui était mineur, qui a eu une vie pas facile
36:05et voilà, ce dernier n'a pas pu assurer une certaine forme d'existence,
36:11de qualité de vie à ses enfants.
36:13Donc, ces trois enfants se sont vus obligés de suivre le chemin de leur père,
36:20c'est-à-dire à savoir descendre dans la mine.
36:21Et ces jeunes, voilà, se sont confrontés à la réalité précaire de leurs parents
36:28et à un moment donné, l'aîné, Kinda, s'est vu obligé de faire un choix.
36:34Voilà, je reviens au titre Mora Styril,
36:37c'est-à-dire aujourd'hui, face à la précarité de son père
36:41et à la précarité que lui-même il a subie,
36:44la dureté du travail dans les mines, c'est des profondeurs sous terre,
36:49c'est un travail difficile.
36:50Et ce dernier a fait le choix de rentrer dans une milice.
36:55Et le destin, du moins, l'a mis sur le chemin d'un chef, d'un seigneur de guerre,
37:01dans le roman on parle de l'Okasi,
37:04qui, comment on dit ça, a installé du moins une stratégie de terreur.
37:11Et pour sortir un peu du roman, il faut expliquer que la région du Kivu,
37:14depuis des décennies, est entraînée dans une guéguerre interminable.
37:20Et vu que cette région, comment je peux dire, rigole de milliards de ressources,
37:28donc voilà, des milices se sont organisées pour pouvoir avoir accès à ces ressources.
37:34Donc ces milices-là, notamment, puisent dans le socle, le bassin social.
37:42Donc voilà comment ce jeune personnage, dans le livre, rencontre un seigneur de guerre.
37:46Et celui-ci joue sur sa précarité, joue sur son misérabilisme
37:50et essaye de l'enrouler dans la milice.
37:53Donc une aventure commence et voilà, on s'en suit tragédie après tragédie,
38:01jusqu'à ce qu'ils prennent le chemin de l'immigration que l'on estime.
38:04– Qui finalement, on a l'impression que c'est un choix,
38:09mais ce n'en est pas forcément un, finalement.
38:13C'est peut-être le seul chemin de survivre,
38:15parce que quand on vit dans un quotidien où on ne peut plus, justement,
38:20où le quotidien est plus tragique que cette menace de la mort,
38:25au niveau de la traversée,
38:26on se retrouve face à une nécessité, finalement, pas un choix.
38:32C'est ça que vous avez essayé de véhiculer un petit peu ?
38:34– Au fait, dans ce roman, j'essaye, à partir d'une histoire,
38:39de raconter une vérité.
38:41Parce qu'aujourd'hui, lorsque vous, par exemple,
38:43vous sortez dans les rues, vous croisez les migrants,
38:46on a tendance à avoir un regard un peu de jugement.
38:49On s'est dit, aujourd'hui, déjà c'est un regard d'optique,
38:51qu'est-ce que ces gens font ici ?
38:52Mais après, il faut comprendre que ces gens n'ont pas choisi
38:56le chemin de l'immigration par volonté,
39:00c'est-à-dire qu'ils ont été obligés.
39:01Parce que dans leur pays, c'est des gens à qui on refuse le minimum vital.
39:07Et ces gens sont, à un moment donné, c'est une mort sociale qui s'ensuit.
39:12Et quand il y a mort sociale, c'est clair qu'on est obligé de s'engager
39:18dans une survie, ou du moins dans une forme de névose obsessionnelle
39:22de réalisation de soi.
39:23Et aujourd'hui, avec surtout la magie de la télé,
39:26donc ces jeunes, c'est clair que du Congo, de la Côte d'Ivoire, du Mali,
39:30on voit aujourd'hui, c'est la vie ailleurs.
39:33Et la vie ailleurs, c'est ça, ces jeunes sont séduits,
39:35ils se disent qu'en allant en Europe, je peux me réaliser
39:38en dehors d'un corps social qui m'a éjecté.
39:41Parce que ces jeunes dans ces pays, ils sont au marge de la société,
39:46ils sont éjectés du corps social.
39:47Donc pour eux, le chemin de l'immigration,
39:50c'est une forme de renaissance sociale.
39:52– Et pourquoi vous avez décidé de situer ça au Congo, justement ?
39:56L'histoire…
39:58– Oui, au fait, pour moi, le Congo, c'est juste un exemple.
40:02Mais quand vous prenez, par exemple, les différents pays,
40:06l'idée ici, c'est de dire que l'immigration qu'on estime,
40:10oui, c'est une problématique,
40:11mais derrière cette grande problématique,
40:14il y a plusieurs sous-problématiques qui alimentent ce départ.
40:17En fait, ce n'est pas un départ joyeux, c'est un départ forcé.
40:22Et ici, en prenant l'exemple du Congo…
40:25– Forcé et on met sa vie en péril, qui est risqué également.
40:31– Oui, risqué.
40:32– Si on avait le choix, on ne le ferait pas.
40:34– Effectivement.
40:35– On ne jouerait pas avec sa propre vie.
40:36– En effet, parce que moi, je pense que des jeunes de 20 ans, de 30 ans
40:44qui prennent des barques et qui vont affronter des vagues de 7 mètres,
40:49pour moi, c'est quand même… c'est fou, oui.
40:54Mais moi, je pense qu'il faut porter la réflexion sur le pourquoi.
40:58Qu'est-ce qui fait que ces jeunes décident de risquer autant
41:02pour un avenir meilleur ?
41:04Et je pense que le livre ici, c'est d'interpeller un peu nos élites
41:07pour qu'on puisse regarder frontalement les faits problèmes.
41:11Ce sont les problèmes de gouvernance,
41:13ce sont les problèmes de partage équitable de la richesse,
41:16ce sont les problèmes ici du minimum vital.
41:21– C'est une réalité invisible que vous voulez un petit peu visibiliser
41:24d'une certaine manière.
41:25– C'est ça.
41:25– Les causes, comme je le disais tout à l'heure en introduction,
41:29structurelles, comprendre ce qu'il y a derrière le visage de ces migrants,
41:33comprendre un petit peu leurs histoires et cette détresse finalement.
41:38– Cette détresse, effectivement.
41:39Pour moi, c'est une forme de, comment je disais, de mort sociale.
41:44Ces jeunes étant dans, comprenez par exemple dans le roman,
41:49l'aîné Kinda, il est l'aîné d'une famille,
41:52et quand vous essayez de comprendre un peu la sociologie africaine,
41:56voilà, le père y fait, après derrière, l'aîné,
42:00du moins les enfants font pour les parents.
42:02En tout cas, voilà comment se construit.
42:04Quand vous essayez de comprendre un peu comment fonctionne la société africaine,
42:08c'est comme ça.
42:09C'est-à-dire, aujourd'hui, il y a une forme de redevabilité
42:11entre les enfants et les parents.
42:13Et ces enfants, à un moment donné, dans une société où,
42:18je parle ici par exemple de la Côte d'Ivoire,
42:19une société que je maîtrise le plus,
42:21une société de concurrence où on essaye de mettre les uns et les autres en concurrence,
42:27donc ces gens, ces jeunes sont un peu, à la limite,
42:32il y a un sussaut d'orgueil.
42:33C'est-à-dire, moi, quand je vois par exemple un tel fils d'une autre famille
42:37qui fait des choses pour la famille, pour, comment on dit ça, pour ses parents,
42:42et moi, je n'arrive pas à aider mes parents,
42:45et que je suis dans une précarité à un moment donné,
42:48je suis dans une dynamique du, comment on dit ça,
42:51de faire tout pour pouvoir réussir et venir aider mes parents.
42:54C'est dans cette logique-là que ces jeunes sortent.
42:56Ce n'est pas pour les beaux yeux de l'Europe.
42:59Parce que quand vous voyez un peu, déjà, je vais parler de l'économie.
43:02Les récits médiatiques un petit peu.
43:04C'est ça. Je prends par exemple d'une, comment je vais appeler,
43:07d'un peuple, les soniqués par exemple, qui sont très représentés en France.
43:11Mais figurez-vous, ces gens du Mali, cette étnue du Mali,
43:15ils sont les plus nombreux en France à rapatrier des fonds.
43:20C'est-à-dire que quand ils vont à l'aventure,
43:22du moins, quand ils vont chercher les Lorados,
43:25ce n'est pas pour eux, en vérité, c'est pour leur famille en fait.
43:28Et aujourd'hui, moi je pense que ce livre,
43:32au-delà même de la question de l'immigration clandestine,
43:35c'est pour dire aussi, c'est de mettre le doigt aussi
43:37sur la problématique qui vous, comme j'ai rappelé en prélude,
43:41c'est près de 30 ans de guerre, de chaos,
43:43et c'est l'omerta totale.
43:47Je salue ici, voilà, le plaidoyer du président Tsekedi du Congo,
43:52de la ADC, qui a, maintes fois à la tribune de l'ONU,
43:55essayé de porter cette problématique sur la scène internationale.
43:59– Donc, vous l'avez très bien dit,
44:01quand on parle de ce choix, de cette décision,
44:04c'est un sacrifice finalement légitime
44:07qui se fait des enfants pour les parents.
44:10– Tu n'as pas compris ?
44:11– Qui se fait un sacrifice des enfants pour les parents,
44:14donc un sacrifice légitime.
44:15– En effet, c'est pour moi, c'est légitime.
44:17– C'est ça, un sacrifice légitime.
44:19– Quand vous avez mentionné tout à l'heure le titre,
44:22donc morale stérile,
44:24est-ce que c'est une espèce de condamnation,
44:27tout de même que vous faites vis-à-vis de la communauté internationale,
44:30qui ne réagit peut-être pas à la situation,
44:33ou est-ce que c'est un miroir aussi qui est tendu
44:38aux gouverneurs locaux, finalement,
44:42pour pouvoir finalement réagir,
44:45quand on dit stérile, puisque morale stérile,
44:47donc pas de réaction, je ne sais pas.
44:49Est-ce qu'il y a un jeu de mots ?
44:50Expliquez-nous un petit peu.
44:52– En fait, le titre morale stérile,
44:53au-delà de la forme littéraire et philosophique,
44:56il y a une vérité cachée dans ce titre.
44:59C'est simple, c'est-à-dire aujourd'hui,
45:02comprenez encore une fois l'histoire du personnage,
45:06Kinda, qui était l'aîné de la fatrie,
45:09l'aîné dans la famille,
45:10qui a vu son père dans la précarité,
45:15qui lui-même a été dans cette précarité ambiante,
45:19à un moment donné, il a reçu aussi une éducation,
45:22parce que l'Afrique, c'est aussi l'Afrique des valeurs,
45:24l'Afrique de l'éducation.
45:26Et ce dernier, à un moment donné,
45:29lorsqu'il rencontre le seigneur de guerre,
45:31qu'il enroule dans la milice,
45:33au fond de lui, il sait que ce n'est pas bien.
45:35Tuer des gens, du moins pratiquer,
45:40du moins participer à des opérations atroces,
45:43il sait en conscience que ce n'est pas bien.
45:45Mais la survie l'emporte sur la morale, en vérité.
45:49C'est ça un peu l'idée que je veux véhiculer,
45:52c'est-à-dire que ces jeunes qui viennent à l'immigration,
45:55ils savent que l'immigration est un chemin périlleux,
45:59ils savent que la mort peut-être les attend,
46:01mais ils se disent que c'est un choix de survie.
46:05C'est un choix, comme vous l'avez dit,
46:07c'est un choix, c'est un sacrifice légitime.
46:12Et justement, si on devait retenir un message principal
46:16que vous avez envie de véhiculer,
46:17ou que vous avez eu envie, en tout cas,
46:19de porter à cette jeunesse aujourd'hui,
46:22pour conclure cet entretien, quel serait-il ?
46:25Le message, moi, je pense qu'il est simple.
46:28C'est-à-dire, aujourd'hui, moi, au travail de ce récit,
46:31je voulais, ici, à ma petite échelle,
46:34essayer de faire comprendre aux uns et aux autres
46:37que l'immigration n'est pas un chemin qui se décide, en fait.
46:42On ne se lève pas un matin et puis on dit,
46:45bon, je vais à l'aventure, moi, je viens affronter les affres du désert
46:50ou du moins de la mer.
46:51C'est un chemin forcé.
46:54Les gens, ils sortent parce qu'ils s'étouffent
46:58dans ce contexte social de précarité, de misérabilisme.
47:02Et ça, c'est la première réflexion.
47:04La deuxième réflexion sur la question du kivu,
47:06c'est de dire, aujourd'hui, il est important
47:08qu'on ne soit pas dans l'omerta,
47:10parce qu'aujourd'hui, on a l'impression
47:13qu'il y a une forme de compétition,
47:16ou du moins, le mot ne me vient pas,
47:20c'est-à-dire qu'on essaie de donner de l'importance
47:22aux douleurs de certains,
47:24et des façons, on essaie aussi de rendre invisible
47:28les douleurs d'autres personnes.
47:30Voilà, et ici, nous, on veut faire comprendre
47:33que la problématique du kivu,
47:35c'est les milliers de morts,
47:36c'est les femmes qui ont subi des viols,
47:38c'est la pauvreté, c'est un cycle des pauvretés ambiants.
47:42Donc, aujourd'hui, il est important
47:43que nos élites internationales,
47:45du moins, l'ONU et tout ça, qu'on sort,
47:47se penchent sur la question pour apporter
47:49une réponse internationale à la catastrophe humaine
47:51qui perjure.
47:53– Merci à vous, Ismaëlle Assis.
47:54C'était un plaisir de vous avoir comme invité ce soir
47:56de parler de ce dernier roman moral stérile
47:59et de les oublier, Dieu qui vous, merci à vous.
48:01– Merci pour cette tribune, merci.
48:03– C'est la fin de l'Invité Culture pour ce soir,
48:05je vous souhaite une très bonne soirée.
48:09– C'est la fin de ce journal,
48:11bonne suite de programmes sur Médien TV.
48:16– Sous-titrage ST' 501
48:28– Sous-titrage ST' 501
48:29– Sous-titrage ST' 501
48:31Merci.
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