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00:11Générique
00:16Mesdames, Messieurs, bonsoir. Merci de vous informer sur Média TV.
00:19Voici les principaux titres de votre soir info.
00:23Ambiance de fête, de fierté et de patriotisme.
00:26Les Marocains ont envahi les principales artères du Roirium
00:29après la qualification du Maroc pour les huitièmes de finale
00:32de la Coupe du monde de football.
00:36L'Iran a assuré ce mardi qu'il répondrait systématiquement
00:39à toute violation par les Etats-Unis du protocole d'accord
00:42conclu en vue de mettre fin à la guerre.
00:47Et enfin, l'armée israélienne ne quittera pas le sud du Liban
00:51tant que la menace n'aura pas disparu.
00:53Une déclaration faite aujourd'hui par le premier ministre israélien
00:56Benyamin Netanyahou qui s'est rendu ce mardi dans la partie du sud du Liban
01:01occupée par Israël.
01:06À la une de l'actualité ce mardi, une ambiance de joie et de fierté
01:10a gagné tout le Maroc après la qualification de la sélection nationale
01:14pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde de football.
01:17Malgré l'heure tardive de la rencontre, de nombreux supporters ont bravé le sommeil
01:21pour suivre ce rendez-vous décisif des Lyons de l'Atlas, une nuit de fêtes et d'émotions
01:26qu'on vous propose de revivre avec Dinamrini.
01:32Le Maroc n'a pas dormi cette nuit.
01:35Après un suspense insoutenable, les Lyons de l'Atlas ont offert à tout un peuple
01:40une nouvelle soirée de bonheur en décrochant leur qualification pour les huitièmes de finale
01:45de la Coupe du monde 2026.
01:48Quelques instants plus tôt, le temps semblait suspendu.
01:52Dans les fanzones, devant les écrans géants ou à domicile, chacun retenait son souffle.
01:58Puis au coup de sifflet final, l'émotion a laissé place à une immense explosion de joie.
02:05Les supporters ont envahi les principales artères de plusieurs villes.
02:09Drapeau à la main et maillot rouge sur les épaules, célébrant ensemble cette nouvelle page
02:15de l'histoire du football marocain.
02:21C'était un très beau match.
02:23Le sélectionneur Mohamed Ouahbi a mis en place une tactique qui a beaucoup gêné l'équipe néerlandaise
02:28et qui a permis aux Lyons de l'Atlas de décrocher leur qualification pour les huitièmes de finale.
02:32C'était certainement l'un des matchs les plus difficiles depuis le début de cette Coupe du monde.
02:42C'est un excellent match. Vive le Maroc !
02:50Le match a été difficile, mais cette qualification est largement méritée.
02:57Nous sommes très heureux de cette qualification.
02:59Même si le match était compliqué, les Lyons de l'Atlas ont su faire la différence.
03:03Vive le Maroc !
03:04Une ferveur populaire qui a rassemblé toutes les générations
03:08dans une ambiance de fête, de fierté et de patriotisme.
03:12Pour les supporters, cette qualification confirme la montée en puissance de la sélection nationale.
03:18Il salue la solidarité et la combativité des Lyons de l'Atlas,
03:23convaincu que cette équipe a les moyens de poursuivre son aventure mondiale.
03:34C'est une joie indescriptible. Nous sommes très fiers de cette qualification.
03:39Notre équipe nous a encore une fois rendu fiers, comme au Qatar en 2022 et aujourd'hui au Mexique.
03:44Les Lyons de l'Atlas se sont battus jusqu'au bout et le sélectionneur a fait un excellent travail.
03:49Vive le Maroc !
03:55Le match a été vraiment difficile.
03:58Les joueurs se sont battus pour décrocher cette qualification et ils l'ont pleinement méritée.
04:03Nous continuerons à les soutenir jusqu'au bout.
04:05Inch'Allah, cette Coupe du Monde sera marocaine. Vive le Maroc !
04:09Au terme d'un match intense face aux Pays-Bas, conclu sur un score de parité après prolongation,
04:15le Maroc s'est imposé trois tirs au but à deux.
04:19Les Lyons de l'Atlas retrouveront désormais le Canada en huitième de finale,
04:23après un nouvel exploit en ligne de mire.
04:27Et la sélection marocaine de football s'est donc qualifiée après sa victoire face aux Pays-Bas
04:32au tir au but 3 à 2 au stade de Monterrey au Mexique.
04:36Au terme d'une rencontre intense et indécise,
04:39les deux équipes se sont quittées sur un score de parité,
04:42un but à un à l'issue du temps réglementaire et des prolongations.
04:46Les Pays-Bas avaient ouvert le score par l'intermédiaire de Cody Cagbo
04:50à la 72ème minute avant que le Maroc ne revienne dans la partie
04:54grâce à Issa Diop, auteur du but égalisateur à la première minute du temps additionnel.
05:00Lors de la séance des tirs au but, les Lyons de l'Atlas se sont montrés plus efficaces
05:04pour décrocher leur billet pour le prochain tour de la compétition.
05:12Et l'émotion des Marocains est partagée par les joueurs de la sélection nationale
05:16qui se sont confiés au micro de notre envoyé spécial, Mounsef Addi.
05:21Je vous propose de les écouter.
05:22On est très contents du match, on est très heureux, on a bien profité de la victoire.
05:26Maintenant, on sait qu'on a un prochain match contre le Canada qui va être aussi très difficile
05:30puisqu'ils ont des bons joueurs, ils ont une belle équipe,
05:32donc on va bien se préparer pour le match de Charba.
05:33C'est un but, c'est ça qui marque, mais je pense que c'est un but de toute l
05:36'équipe
05:37avec la belle passe de Shams Albi.
05:39Maintenant, je pense qu'on est tous focus pour le prochain match et on va tout donner.
05:43Oui, Canada, c'est logique ou non ?
05:44Oui, on va préparer le match de la meilleure manière comme on l'a toujours fait
05:49et je pense qu'on va le faire en chambre.
05:52J'espère qu'ils sont fiers et on va continuer à le rendre fiers.
05:54C'est un rêve d'enfant qui se passe aujourd'hui.
05:57On en profite au maximum, mais le plus important, c'est d'avoir la victoire aujourd'hui
06:02et alhamdoulilah, le prochain match.
06:05Bien sûr, tous les matchs sont très importants, mais celui-là, il fallait le gagner
06:08pour le pays et pour nous et pour tous les Marocains.
06:13On poursuit ce journal avec l'actualité internationale et l'Iran qui a assuré ce mardi
06:17qu'il répondrait systématiquement à toute violation par les États-Unis
06:21du protocole d'accord conclu en vue de mettre fin à la guerre
06:24après la reprise de frappes mutuelles durant le week-end qui fragilise la trêve.
06:29Aucune action ne restera sans réponse, comme l'ont démontré les puissantes forces armées iraniennes.
06:35Tout acte d'agression contre la République islamique d'Iran entraînera une riposte immédiate.
06:40C'est ce qu'a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmail Barai,
06:44lors d'une conférence à Téhéran à laquelle assiste l'AFP.
06:54Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui s'est rendu ce mardi dans la partie sud du Liban,
07:00occupé par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien les menace.
07:06Notre position est claire, nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu
07:11et tant que le Hezbollah armé sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici,
07:17a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.
07:22Nous disons à l'Iran ainsi qu'au Hezbollah, partez d'ici, vous n'avez plus votre place ici.
07:27Il y a deux États souverains qui veulent vivre en paix, rétablir une réalité de sécurité et de prospérité,
07:33aussi bien pour les habitants du nord d'Israël que pour les habitants du Liban, a déclaré Benyamin Netanyahou.
07:43Le premier ministre britannique Gerstheimer a dévoilé ce mardi un vaste plan d'investissement dans la défense
07:49prévoyant près de 300 milliards de livres sterling de dépenses sur les quatre prochaines années,
07:54objectif renforcer les capacités militaires du pays face à un contexte international jugé de plus en plus instable.
08:00Le plan prévoit une enveloppe supplémentaire de 15 milliards de livres par rapport aux engagements déjà inscrits
08:06dans la revue des dépenses publiques. Le gouvernement britannique entend ainsi porter les dépenses militaires à 2,7% du
08:13PIB d'ici 2029,
08:15avec l'objectif d'atteindre 3% au cours de la prochaine législature, tout en respectant les règles budgétaires.
08:26La ville croate de Split a enregistré ce mardi un record de température avec 39,5 degrés.
08:33C'est donc la journée la plus chaude jamais enregistrée, mais reste en deçà du record national de 42,8
08:41degrés.
08:42Cette vague de chaleur est la plus sévère et jamais a été enregistrée en mesure en Europe
08:48et aurait été quasiment impossible au mois de juin sans le changement climatique.
08:53Selon les climatologues du World Weather Attribution, des records absolus de températures ont été aussi battus en Allemagne,
09:01en Pologne, en Slovaquie, en République tchèque et en Hongrie, et pour le mois de juin au Royaume-Uni et
09:07en Suisse.
09:07Les températures moyennes en France ont également atteint des records,
09:11avec notamment les nuits les plus chaudes jamais mesurées sur le territoire français.
09:17Retour sur le continent et direction la République démocratique du Congo,
09:21où le gouvernement a interdit les rassemblements de masse dans la capitale Kinshasa et trois autres provinces,
09:26en invoquant le risque de propagation de l'épidémie d'Ebola.
09:29La République démocratique du Congo est en proie, vous le savez, à une 17e épidémie de maladie d'Ebola,
09:35déclarée le 15 mai dernier.
09:37La crise sanitaire, dont l'ampleur réelle est encore difficile à mesurer,
09:41touche quatre provinces du nord-est du vaste pays d'Afrique centrale.
09:44Le dernier bilan officiel fait état de 1 274 cas et 360 décès.
09:50Aucun cas de transmission n'a été signalé à Kinshasa,
09:53mégapoles de plus de 17 millions d'habitants.
09:59Le bilan des inondations qui ont paralysé la capitale ghanéenne en ce début de semaine
10:03s'élève désormais à 12 morts.
10:05C'est ce qu'on a annoncé ce mardi.
10:06Les pompiers, une situation dont l'opposition tire le gouvernement responsable.
10:10Ces inondations provoquées par des pluies torrentielles qui ont submergé les routes et les habitations
10:15à travers Accra lundi, ont nécessité des centaines d'opérations de sauvetage.
10:20Les équipes d'urgence ayant travaillé toute la nuit,
10:23le porte-parole des pompiers Alex King-Narteil a déclaré ce mardi matin aux médias locaux
10:28que le bilan officiel des victimes se portait à 12 morts
10:32et avertit qu'ils pourraient encore s'alourdir plusieurs personnes étant toujours portées disparues.
10:46Et place à présent à notre entretien avec l'invité de la rédaction.
10:59Longtemps considérée comme une ressource abondante,
11:02la main-d'oeuvre agricole devient aujourd'hui l'une des principales préoccupations des exploitants.
11:06Dans plusieurs régions du Royaume, les professionnels évoquent une pénurie généralisée de travailleurs,
11:11notamment lors des périodes de récolte.
11:14Conséquence, les rémunérations connaissent parfois des envolées spectaculaires.
11:18Selon les cultures et les périodes de fortes demandes,
11:20un ouvrier agricole peut percevoir entre 400 et 500 dirhams par jour,
11:25voire jusqu'à 600 dirhams pour certaines moissons,
11:28lorsque le travail est rémunéré à la tâche.
11:31Pour certaines productions, la main-d'oeuvre représente désormais près de 50% du prix de vente
11:36et peut atteindre 70% du coût de revient.
11:39Une évolution qui interroge la rentabilité des exploitations,
11:43mais aussi l'avenir de la compétitivité de l'agriculture marocaine.
11:46Et pour en parler, nous sommes en direct depuis Rabat avec Rachid Ben Ali,
11:50président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural.
11:55Rachid Ben Ali, bonsoir et merci d'être avec nous.
11:59Bonsoir et merci pour l'invitation.
12:02Soyez le bienvenu.
12:02Alors les agriculteurs parlent aujourd'hui d'une pénurie généralisée de main-d'oeuvre.
12:07Comment est-ce qu'on explique cette raréfaction des ouvriers agricoles ?
12:12Il y a plusieurs explications à ça.
12:15Premièrement, on a connu six années sécheresse.
12:18Pendant cette période, il y a eu un départ massif vers les villes
12:23parce qu'il n'y avait plus de travail au niveau du rural.
12:26Donc ce départ, une fois qu'on a goûté à la vie, au niveau des villes,
12:35c'est très difficile de revenir au rural.
12:37C'est très difficile de revenir dans les conditions dans lesquelles on travaille chez nous dans l'agriculture.
12:43Donc ça, c'est la première cause.
12:46La deuxième cause, ce sont les grands projets.
12:48Le baroque a connu et il va connaître encore dans les prochaines années
12:53des grands projets au niveau des villes, comme les stades, les autoroutes, les routes.
12:59Il y a tellement de grands chantiers et ces grands chantiers sont demandeurs de main-d'oeuvre.
13:04Et bien sûr, les ouvriers, on le comprend parfaitement.
13:07On voit un petit peu les conditions météorologiques avec les températures qui battent tous les records.
13:13On préfère travailler dans des endroits plus frais que de travailler au niveau des oisisses
13:21ou bien n'importe où au niveau du rural.
13:24Ce sont les deux qui ont raison.
13:27Est-ce qu'il s'agit, selon vous, d'un phénomène conjoncturel
13:31ou bien d'une transformation durable du marché du travail rural ?
13:35Il y a les deux.
13:36On peut dire que c'est conjoncturel parce qu'on a des chantiers.
13:39Des chantiers qui vont durer encore 4-5 ans.
13:42Donc, on peut dire que c'est conjoncturel, ça reste.
13:45Mais ça risque d'avoir un effet d'en retour.
13:50C'est-à-dire que pour les gens qui ont goûté la qualité de vie dans les villes,
13:54c'est difficile pour eux de revenir dans le rural.
13:58Et deuxièmement, on ne sait pas encore de quoi ça sera fait demain.
14:02On est dans un changement climatique radical.
14:06Rien que vous voyez un petit peu l'exemple de ce qui se passe en Europe.
14:10Donc, on ne sait pas aujourd'hui, on a eu une bonne année agricole.
14:13On a eu des avions métriques qu'il faut.
14:16On a les barrages qui sont pleins et tout ça.
14:17Mais demain, est-ce qu'on va avoir gardé la même chose,
14:21les mêmes conditions climatiques ?
14:22Est-ce qu'on les aura pour quelques années ?
14:24On les aura encore pour une année ou deux ?
14:25On ne sait pas encore.
14:27Donc, il y a plein d'inconnus.
14:30Et ces inconnus, ils nous laissent, pas qu'ils laissent vis-à-vis de ce qui se passe.
14:34On ne sait pas réellement, est-ce que vraiment, demain, on aura la main d'oeuvre qu'il faut
14:40ou bien c'est vraiment irréversible.
14:42Alors, les salaires atteignent désormais 400 à 500 dirhams par jour,
14:47voire 600 dirhams pour certaines récoltes,
14:49notamment lorsque la rémunération est calculée à la tâche.
14:52Que révèle cette flambée des rémunérations ?
14:54Est-ce que le marché de la main d'oeuvre agricole est désormais soumis
14:57à une véritable logique d'offres et de la demande, d'après vous ?
15:01Ben, exactement ça.
15:03Il y a deux sortes d'oeuvriers agricoles.
15:06Il y a des oeuvriers qui sont permanents dans nos exploitations.
15:10Et là, ils sont stables, ils touchent des salaires tout à fait normales.
15:14Ils sont de SMAC, plus des primes, des rémunérations de plus.
15:19Mais il y a les oeuvriers.
15:20Et ce qui représente la masse, c'est le plus important.
15:23Ça représente plus de 80 %, ce sont les oeuvriers qui travaillent, les saisonniers.
15:27Les saisonniers, bien sûr, c'est l'offre à la demande.
15:29Quand on a une forte production, comme cette année, l'année dernière, je veux dire,
15:34de l'olivière, par exemple, on a une forte demande d'un seul goût
15:38qui va rester trois ou quatre mois.
15:40Et si ça tombe avec la même période, par exemple, des agrus
15:43ou avec l'arrachage de la pente de terre ou les fruits rouges,
15:47donc quand ça tombe exactement dans la même période que d'autres spéculations,
15:51d'autres produits, à ce moment-là, il y a une très forte demande.
15:54Et bien sûr, c'est la demande qui crée la pénurie.
15:57Et la pénurie fait flamber les prix.
16:03Et bien sûr, il y a ce côté-là, c'est des oeuvriers qui travaillent à la journée,
16:07mais la majorité, surtout au niveau des récoltes, on travaille à la tâche.
16:11Et quand on travaille à la tâche, bien sûr, tout le monde se retrouve,
16:15on n'a pas le choix.
16:16Donc, c'est bien pour les agriculteurs comme pour les ouvriers.
16:20Au lieu de travailler, il peut travailler jusqu'à 400, 500 dirhams par jour.
16:27Donc, ça dépend de ce qu'il fait qu'on travaille.
16:30Mais même, ça c'est à la tâche, on l'avait depuis quelques années déjà.
16:34On sait que ça coûte beaucoup plus cher.
16:36Mais maintenant, même la journée coûte très cher.
16:38Quand on a, par exemple, au niveau de cette année, on a eu du 300, 400, 500,
16:44et même des fois, ce qui est connu chez nous, c'est avoir la moitié, la moitié de la récoltes.
16:50Quand on est sur un verger d'une production moyenne, on fait une production,
16:57par exemple d'oliviers, c'est très difficile de s'enlever.
17:00Mais à ce moment-là, on se dit qu'on travaille à moitié.
17:05Dans certaines filières, le coût de la main-d'œuvre représente jusqu'à 50% du prix de vente
17:12et parfois 70% du coût de revient.
17:14Est-ce qu'on peut encore parler d'un modèle économique viable ?
17:20Heureusement, ce n'est pas tout le temps que ça arrive.
17:22Mais il y a des fois que ça arrive.
17:23Cette année, on l'a connu.
17:24On l'a connu énormément dans l'olivier.
17:26Et c'était pendant longtemps, pendant ce reçu de l'olivier,
17:29et pratiquement dans toutes les régions du Royaume.
17:32Et le prix, c'était vraiment…
17:34Dans un chiffre, on parlait de…
17:38Le prix de vente de l'olivier, c'était entre 4 à 5 dirhams.
17:41Et le coût de revient de uniquement…
17:44Je dis bien, pas le coût de revient de toute la main-d'œuvre.
17:47Uniquement la récoltes était aux alentours de 2 dirhams à 2,50 dirhams, voire même plus.
17:52Ce qui représente pratiquement plus de 50-60% du prix de vente de l'olivier.
18:00Est-ce que toutes les filières sont touchées de la même manière ?
18:03Ou bien certaines productions, notamment les cultures intensives en main-d'œuvre, sont plus vulnérables que d'autres ?
18:10Est-ce que les petits exploitants sont-ils les plus exposés à cette hausse des coûts ?
18:15Non, pas du tout. On a tendance à se dire toujours au Maroc que les petites exploitations, les grandes et
18:22les moyens, c'est exactement la même chose.
18:23Ils sont touchés de la même manière.
18:25Quand on a un produit, une culture qui peut être automatisée, que ce soit en achat de matériel, ou bien
18:32en location, ou bien en sous-traitance,
18:34il y a toujours un prestataire de service, donc il y a toujours cette possibilité quand on peut le mécaniser.
18:39Mais quand on n'arrive pas à mécaniser, qu'ils soient petits, ou moyens, ou grands, c'est la même
18:44chose.
18:45On est tous de la même manière, on a affaire au même problème.
18:52Maintenant, est-ce que toutes les situations sont touchées ?
18:55Oui, plus ou moins.
18:56Quand on est par exemple en céréales, non, beaucoup moins.
18:59On a quelques petites exploitations, ceux qui travaillent encore à la récolte manuelle, mais très peu,
19:04surtout au niveau des zones de montagne et des zones des oasis, mais ça représente très très peu.
19:11Là, c'est beaucoup plus cher, ça peut atteindre 500, même 600 dirhams aussi la journée, mais c'est très
19:18peu.
19:18Ce n'est pas très important.
19:19Mais quand on a affaire au maraîchage, par exemple, ou bien aux agrumes ou à l'olivier, là, ça devient
19:27vraiment très difficile.
19:29Le problème, c'est quand ça se pose.
19:33Donc, quand on a, par exemple, l'olivier qui tombe à pic avec les agrumes, avec les fruits rouges, avec
19:40le maraîchage,
19:41on a 4 ou 5 spéculations qui demandent la main-d'œuvre en même temps, et c'est là où
19:47il y a la vraie lapinerie, c'est là où on sent la lapinerie.
19:49Alors, le Maroc, on le sait, est un grand exportateur de fruits et de légumes.
19:53Est-ce que cette hausse de coûts de la main-d'œuvre risque d'affaiblir la compétitivité des produits marocains
20:00sur les marchés internationaux ?
20:02Est-ce que les producteurs peuvent répercuter ces hausses sur les prix ou est-ce qu'ils voient leur marge
20:08se réduire ?
20:10Très difficile de répercuter.
20:11Comme vous voyez un petit peu, tout ce qui se passe aujourd'hui, le sujet numéro 1 aujourd'hui du
20:16citoyen marocain,
20:17c'est les prix élevés sur les produits agricoles.
20:20Et vraiment, ce n'est pas notre problème, on ne le répétera jamais assez.
20:25L'agriculteur, lui, le pauvre, il paie, il paie les ponts gardés, il paie cette pression qui est faite par
20:30le consommateur ou par la rue.
20:33Cette pression, donc, il est obligé d'avoir, de garder ses prix.
20:37Et malheureusement, il ne peut pas répercuter automatiquement les prix, le coût de revient, on ne peut pas le faire.
20:43Donc, je vous dis l'exemple de l'olive.
20:44On prend un exemple, par exemple, si on parle de l'olive, on peut le cuire à 2 dirhams ou
20:49à 3 dirhams.
20:50Le prix de vente était à 4 dirhams ou 5 dirhams et il restait le même.
20:53Parce que nous avons devant nous des produits qui sont importés, qui nous font de la concurrence directe,
20:58comme cette année, il y avait une importation massive de huile d'olive, par exemple.
21:01ou bien le marché ne peut pas se permettre d'avoir des prix plus importants, ou bien dans le marché.
21:09Qu'est-ce qu'on a, nous, par rapport, un plus par rapport aux étrangers ?
21:14On avait, dans notre pays, on avait le coût de la main d'oeuvre qui était plus ou moins, on
21:19peut dire, plus ou moins inférieur aux autres.
21:20Ce n'est pas vraiment, ce n'est pas le cas d'Egypte, par exemple, où le coût de la
21:24main d'oeuvre est 4 fois moins cher que celle du Maroc et 10 fois celle de l'Europe.
21:30Nous, au niveau marocain, on reste un prix, un salaire plus ou moins normal.
21:36Malheureusement, ça nous cause des problèmes quand même.
21:40Monsieur Ben Ali, face à cette pénurie, certains exploitants accélèrent la mécanisation.
21:45Est-ce qu'elle peut constituer une solution réaliste pour toutes ces cultures ?
21:50C'est la solution.
21:52Malheureusement, on ne peut pas le faire pour toutes ces cultures.
21:55Il y a des cultures, on ne peut pas le faire.
21:58En restant toujours, si vous voulez, on restant toujours sur les agrudes, par exemple, ce n'est pas facile de
22:03mécaniser.
22:03Très difficile de mécaniser les agrudes.
22:05La récolte des agrudes, on peut mécaniser beaucoup de tâches, mais pas la récolte.
22:10Au niveau d'Olivier, les anciens bergers, on ne peut pas les mécaniser.
22:14Difficilement, très difficilement de faire.
22:17Donc, au niveau du maraîchage, c'est très difficile de cuire la tomate avec des outils, des machines.
22:26Donc, il y a pas mal de produits.
22:28Bon, reste la mécanisation d'autres produits.
22:31Par exemple, on est aujourd'hui, par exemple, au niveau de l'arrachage de la pomme de terre.
22:37On est encore avec des méthodes traditionnelles, si on veut dire, alors qu'il y a des possibilités d'avoir
22:44de la mécanisation.
22:45Ça, on est en train de le faire.
22:48Malheureusement, aujourd'hui, on a des freins au niveau de la mécanisation.
22:51On a des freins.
22:52On a été imposé à Tauraison.
22:56Ça, ce n'est pas à moi de le dire.
22:57Mais on a été imposé, par exemple, sur la TVA, sur du matériel de récolte, la TVA sur la mécanisation
23:03de batteuse.
23:04Le jour où on a instauré la TVA sur la mécanisation de batteuse, il n'y a plus de vente.
23:09Tout simplement.
23:10On est passé de 250 moissonneuses par an à moins de 5 par an.
23:15Mais il n'y a pas de TVA parce qu'il y avait déjà des augmentations de prix.
23:18Et les clés sont fixes depuis 40 ans.
23:22Le prix du matériel a augmenté.
23:25Et sur le gâteau, on a rajouté la TVA.
23:28Justement, est-ce que cette tension sur la main-d'œuvre ne révèle pas un changement plus profond des campagnes
23:35marocaines
23:36avec l'exode rural, le vieillissement de la population agricole et l'évolution des aspirations des jeunes ?
23:43Bien sûr, on y va.
23:45On est en plein dedans.
23:46On est en plein de vétations.
23:48Cette imitation, c'est pour ça que je vous ai dit au début, on ne pense pas que ça va
23:52être réversible.
23:53Pour nous, c'est réversible.
23:54Pour les gens qui partent, c'est vraiment l'exempleur.
23:58D'ailleurs, les chiffres le montrent.
24:01On était à 4 millions d'emplois dans le secteur agricole.
24:06On a baissé à 3,5, 3,3 cent.
24:09Maintenant, on est à environ 3 millions, peut-être même un peu moins.
24:12Et justement, face à cette situation, quelle réponse faut-il privilégier ?
24:16Une meilleure valorisation des métiers agricoles, davantage de mécanisation ou une réorganisation des calendriers de récolte ou encore une montée
24:24en gamme des productions ?
24:27Aujourd'hui, en tant que commadaire, on a signé une convention avec l'ANAPEC, avec les deux départements de tutelle,
24:34l'agriculture et l'emploi,
24:37pour essayer de trouver un moyen au moins de tourner, de faire des rotations, de trouver des endroits où il
24:43y a ce que nous, difficile pour nous, agriculteurs,
24:46de savoir s'il y a un endroit où il y a encore des ouvriers dans une période bien précise
24:51de l'année.
24:52Essayer d'avoir ces informations, ce partage d'informations qu'on est en train, on a signé une convention globale.
24:57Maintenant, on est en train de signer des conventions au niveau spécifique, par spéculation.
25:02Et si on arrive à avoir cette rotation, peut-être qu'on peut s'en sortir.
25:06Ce sera une des solutions.
25:07Deuxième solution, c'est mécaniser.
25:09Mécaniser, ce n'est pas si facile.
25:11Il faut créer des entreprises.
25:13On est en train d'encourager des jeunes à créer des entreprises, des coopératives, de prestations de services.
25:20Et c'est un avenir.
25:21Au moins, quelqu'un qui travaille pour son propre compte ou pour un petit groupe de jeunes, ce sera une
25:26bonne chose.
25:27Ça va encourager même peut-être d'autres personnes à sortir carrément des villes pour venir travailler.
25:32Surtout qu'il y a un potentiel important et surtout il y a des prix, des salaires assez importants maintenant
25:38dans le rurage.
25:41Écoutez, le message est passé.
25:42Merci beaucoup, M. Rachid Ben Ali, pour votre analyse et d'avoir répondu à toutes nos questions.
25:47Je rappelle que vous êtes président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural
25:52et que vous étiez avec nous en direct depuis RAPA.
25:54Merci infiniment.
25:56Merci.
25:59Il est l'heure à présent de faire le tour de l'actualité économique nationale et internationale et c'est
26:03avec Younes Benzineb.
26:15A la une de l'actualité économique de ce mardi, les États-Unis ont annoncé une suspension temporaire de certains
26:21droits de douane sur les engrais phosphatés emportés du Maroc.
26:25Une mesure autorisée par le président américain Donald Trump afin de répandre aux difficultés d'approvisionnement auxquelles fait face le
26:31secteur agricole américain.
26:33Selon la Maison-Blanche, les chaînes d'approvisionnement mondiales en engrais phosphatés ont été perturbées ces derniers mois
26:38par les conflits dans plusieurs régions productrices ainsi que par certaines mesures commerciales prises par les principaux pays exportateurs.
26:45L'administration américaine souligne également que la production nationale d'engrais reste insuffisante pour couvrir les besoins de l'agriculture.
26:52En attendant hausse des capacités de production, Washington estime que des fournisseurs comme le Maroc peuvent continuer à assurer un
26:59approvisionnement régulier du marché américain.
27:03On poursuit au Maroc avec l'indice des prix à la production des industries manufacturières hors raffinage de pétrole qui
27:10a reculé de 0,3% en mai par rapport au mois d'avril.
27:14Cette évolution est principalement liée à une baisse des prix dans les industries alimentaires.
27:18Dans le même temps, plusieurs secteurs ont enregistré de légères hausses, notamment la métallurgie, la fabrication d'autres produits minéraux
27:25non métalliques ainsi que l'industrie de l'abîme.
27:27En revanche, les indices des prix à la production des industries extractives ainsi que ceux de la production et de
27:33la distribution d'électricité et d'eau sont restés stables au cours de la même période de l'année.
27:41Autre indicateur, cette fois sur la dynamique entrepreneuriale et l'innovation.
27:45L'Office marocain de la propriété industrielle et commerciale fait état d'un bilan positif pour l'année 2025 et
27:51les cinq premiers mois de l'année 2026.
27:53En 2025, plus de 32 000 demandes de marques ont été enregistrées, dont 68% d'origine marocaine.
28:00Les demandes de brevets et d'invention ont atteint près de 3 000 dépôts.
28:04L'AMPIC souligne également la dynamique de création d'entreprises et note que près de 110 000 entreprises ont été
28:12créées, soit une hausse de 14,6% par rapport à l'année précédente.
28:16Cette tendance s'est poursuivie durant les cinq premiers mois de 2026 avec une nouvelle progression des demandes de marques,
28:23de brevets et de dessins industriels.
28:28Direction à présent l'Europe.
28:30L'Union européenne appliquera à partir du 1er juillet son accord commercial conclu avec les États-Unis en 2025.
28:37Conformément à cet engagement, les droits de douane sur les produits américains seront supprimés.
28:42La législation met en œuvre cette mesure à été publiée au journal officiel de l'Union européenne, ouvrant la voie
28:48à son entrée en vigueur dès ce mercredi.
28:50Cette décision marque une nouvelle étape dans la mise en application de l'accord commercial négocié entre Bruxelles et Washington.
29:00Restons en Europe avec la conjoncture économique allemande.
29:03L'inflation a ralenti à 2,3% sur un an en juin contre 2,6% en mai.
29:09Un résultat inférieur aux prévisions des analystes qui tablaient sur un taux de 2,5%.
29:14Selon les chiffres provisoires de l'Institut d'Estatis, ce ralentissement s'explique principalement par la baisse des prix de
29:21l'énergie.
29:22Cette évolution renforce les attentes des marchés selon lesquels la Banque Centrale Européenne ne serait plus contrainte de relever ses
29:29taux d'intérêt à court terme.
29:32Et on termine cette édition avec une étude consacrée au patrimoine mondial.
29:37Selon le dernier rapport de la banque suisse UBS, près d'un million de personnes sont devenues millionnaires en dollars
29:43en 2025,
29:45soit environ 2 600 nouveaux millionnaires chaque jour.
29:48Les Etats-Unis concentrent à eux seuls près de la moitié de ces nouveaux millionnaires devant la Chine, le Japon,
29:54l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France.
29:56L'étude indique également que la richesse des ménages a progressé de 10,8% dans le monde en 2025,
30:02soit son rythme de croissance le plus élevé depuis l'année 2017.
30:07Cette hausse est portée par la bonne tenue des marchés financiers et l'augmentation de la valeur des actifs non
30:12financiers, notamment l'immobilier.
30:14UBS précise enfin qu'être millionnaire en dollars ne signifie pas disposer d'un million en liquidités.
30:20Le patrimoine pris en compte comprend l'ensemble des actifs financiers et immobiliers, déductions en fête des dettes.
30:26La Suisse demeure le pays affichant le patrimoine moyen par adulte le plus élevé devant les Etats-Unis.
30:38Votre Soir Info se poursuit avec l'invité culture Marie-Eme Khamdichi reçoit aujourd'hui Ahmed El Fullah, comédien, auteur
30:45et metteur en scène.
30:59Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue dans l'invité culture.
31:02Aujourd'hui, nous plongeons dans les pages d'un premier roman saisissant.
31:07Son titre résonne comme un défi lancé au conformisme.
31:12Journal d'un fou se livre nous plonge dans l'errance d'un homme à rabat perçu comme un marginal.
31:18Ce fou qu'on verse avec Maoulana pour tenter de retrouver son être profond.
31:24À travers cette déambulation, une question s'impose à nous.
31:27Et si ce fou n'était finalement rien d'autre qu'un artiste, un écrivain, un amoureux égaré dans un
31:33monde devenu trop rationnel ?
31:36Ahmed Fullah, bonsoir à vous.
31:39C'est vous qui l'avez écrit, ce premier roman.
31:40C'est un plaisir de vous recevoir.
31:42Bien le bonsoir.
31:43Merci beaucoup pour l'invitation.
31:44Alors, je montre d'abord la couverture de votre roman que je tiens entre les mains qui a été publié
31:50aux éditions Sélénite.
31:54Dites-nous tout d'abord pourquoi avoir décidé, pour ce premier écrit, de rentrer dans ce personnage que l'on
32:02considère comme étant fou ?
32:04Eh bien, je ne pense pas que c'était une décision purement rationnelle.
32:12C'était plutôt un besoin d'écriture, un besoin de s'exprimer.
32:16Je pense que nous écrivons avec ce qui nous traverse, avec nos obsessions, avec ce qui nous entoure, ce qui
32:24nous affecte.
32:24En tant qu'artiste évoluant dans un contexte, il se trouve que c'est celui de Rabat et du Maroc,
32:30mais c'est le cas pour tous les artistes qui évoluent dans des contextes différents.
32:34Ils sont souvent vus d'une façon, ils sont souvent affectés par ce qui les entoure.
32:42Et ils sont souvent et surtout mis dans des cases pour être mieux compris.
32:50On les enferme, on les dilue pour mieux les digérer, parce que souvent on n'arrive pas à les comprendre,
32:56vu qu'ils tentent vers une façon de vivre qui est un peu différente de ce que les gens ont
33:05l'habitude de voir et de vivre.
33:08Le fait d'être différent fait qu'on est perçu également différemment par les autres.
33:12On peut donc avoir cette étiquette, on va dire, de fou, en tout cas dans la couverture de votre livre.
33:21Vous posez cette question, le fou ne serait-il rien d'autre qu'un artiste, un écrivain, un amoureux ?
33:26C'est ce que je viens de reprendre également en introduction.
33:29Est-ce que pour vous, la création artistique ou l'amour absolu exige une forme de rupture avec la société
33:36telle qu'on la connaît aujourd'hui ?
33:38Alors, une rupture, moi je dirais plutôt un recul, parce qu'un artiste, c'est quelqu'un qui se permet,
33:45qui se donne le droit de prendre ce recul vis-à-vis de la société pour pouvoir mieux l'observer.
33:52Un recul vis-à-vis de la normalité des autres.
33:54Voilà, exactement, vis-à-vis de la norme en général.
33:58Sauf que ce recul n'est jamais complet, il n'est jamais parfait,
34:02parce que même en faisant un pas en arrière ou de côté pour mieux observer,
34:07on y est aussi avec ce qui nous a traversés.
34:10C'est-à-dire qu'on garde quand même ce cordon ombilical qui nous lie à la vie,
34:15qui continue à préserver toutes les émotions aussi que nous ramenons avec nous
34:23dans cet endroit de, entre guillemets, de réclusion à travers lequel nous allons observer le monde
34:29et nous allons observer cette réalité, pour peut-être mieux la commenter
34:35et pour créer des œuvres qui en parlent.
34:39Alors, je vais lire un petit extrait d'un passage.
34:43Rien ne me ferait plus plaisir.
34:46Alors, être seul, entouré mais seul.
34:50Je ne me sens jamais si seul que quand je suis entouré.
34:53La foule me crache au visage, ils n'aiment pas ma manière d'aimer
34:57et ils détestent encore plus ma manière de détester.
35:00Ils ont tellement aimé et détesté les mêmes choses et de la même façon
35:04qu'ils ne savent plus faire ni l'un ni l'autre.
35:06Ils n'aiment pas que je parle de la mort, ils ne m'écoutent pas quand je leur dis
35:10que la véritable mission de l'être humain est de mener la Terre à sa fin,
35:15que l'homme est condamné à refaire toujours les mêmes erreurs.
35:18Ils disent que je suis fou.
35:20Je sais que ce roman a été incarné en pièces de théâtre
35:25et j'aurais dû vous laisser le leçon de le lire avec toute la dynamique,
35:28le timbre de voix qu'il faut.
35:30C'était très bien aussi.
35:31Mais en tout cas, ça nous donne un petit peu une idée
35:34de ce personnage principal qui se voit face à une société
35:38qui ne le comprend pas, qui se cherche tout au long de ce livre
35:42et qui essaie de se retrouver en fait.
35:45Donc c'était un petit peu drôle tout en étant profond,
35:52malgré l'épaisseur, le roman qui peut sembler ne pas comporter beaucoup de pages.
35:58Mais en tout cas, chaque message était suffisamment profond
36:01et il touche des questions existentielles aujourd'hui de l'humanité,
36:05de la société aussi dans laquelle on vit.
36:07Et j'imagine que c'est un petit peu la mission que vous vous êtes donnée
36:10également en écrivant.
36:11En tout cas, pour ce personnage qui subit cette différence
36:17qui normalement devrait être une richesse.
36:20Parce que la réalité, c'est que nous sommes tous différents.
36:23Artistes ou pas, nous avons tous une différence
36:27par rapport à ceux qui nous entourent.
36:29Nous n'avons pas la même empreinte, nous n'avons pas le même souffle.
36:32Et nous avons tous quelque chose à proposer et une histoire à raconter.
36:37Après, il y a la conformité qui oblige une masse à rentrer dedans
36:43et à se conformer à des normes.
36:45Mais il reste toujours des personnages comme celui-ci
36:48qui prônent une forme d'authenticité.
36:51Mais malheureusement, cette authenticité, des fois,
36:54elle n'est pas identifiable par la grille de lecture,
36:58en tout cas des gens qui l'entourent.
37:00Et on fait des êtres invisibles, comme ils se considèrent.
37:03Exactement, justement.
37:03Et on leur fait subir des violences.
37:07Et l'invisibilisation en est une.
37:10Et c'est même la plus grande violence que subit ce personnage,
37:13en tout cas dans ce récit.
37:16Pourquoi le choix de Maoulana comme guide spirituel
37:19et dans les échanges, donc, entre le personnage principal et Maoulana ?
37:25Maoulana, pour les adeptes de cette philosophie Sophie,
37:33dont je fais partie,
37:35Maoulana, c'est Jalal Dinajoumi,
37:37qui est un poète mystique, persan,
37:41qui a des écrits qui ont laissé une empreinte assez profonde
37:46dans la littérature mondiale.
37:48Et le choix de discuter avec ce personnage,
37:53c'est deux personnages qui ont vécu dans deux époques différentes.
37:59Le fou vit aujourd'hui et Maoulana a vécu des siècles auparavant.
38:02C'est aussi une envie personnelle de créer ce lien,
38:06de recréer ce lien avec Jalal Dinajoumi
38:10et lui poser des questions pour essayer de trouver des réponses,
38:13des réponses qui existent dans ce qu'il a déjà écrit il y a des siècles.
38:22D'ailleurs, chaque chapitre est ponctué par un quatrain,
38:25un quatrain de Roumy qui répond au questionnement
38:29et aux doutes et à la quête du fou.
38:33Alors, parmi ces quatrain, il y a une réponse qui m'avait marquée.
38:36Ta folie est meilleure que la raison des autres.
38:38Et ça résume assez bien, je trouve, un petit peu le récit que j'ai lu.
38:44C'est celle qui m'a le plus marquée aussi, parmi tous les quatrain.
38:48Et Roumy était quelqu'un de différent aussi.
38:53Donc, cette marginalisation, Roumy est son maître absolu.
38:59Parce que quand on parle de Roumy, on parle aussi de Shams de Tabriz,
39:02qui est son maître absolu, qui lui était un vrai soufi
39:07et qui a été marginalisé par la société.
39:10Sauf que ces deux-là, Roumy et son maître,
39:14ont fait de cette invisibilisation, ont fait de cette marge,
39:18une puissance et une force.
39:20Et ils nous ont laissé des écrits éternels
39:23que l'humanité continue encore à savourer.
39:26Dans la tradition sophie, la folie amoureuse ou spirituelle
39:30est souvent perçue comme le plus haut degré de lucidité
39:35et aussi de détachement de l'ego.
39:38Qu'en est-il par rapport à votre écrit ?
39:41Est-ce votre intention de lier la folie psychiatrique
39:44ou sociale à cette folie qui est finalement sacrée, presque poétique ?
39:50Alors, la folie de la façon dont elle a été traitée dans ce roman
39:55n'a rien à voir avec la folie psychiatrique,
39:58qui pour moi est la seule et unique folie
40:02qui mériterait en tout cas quand on utilise ce terme pour la qualifier.
40:07La folie de la façon dont elle a été traitée,
40:10c'est une grande métaphore.
40:12Parce que quand la société traite quelqu'un de fou,
40:15c'est parce qu'elle ne trouve pas un autre mot
40:19pour le marginaliser, pour l'invisibiliser.
40:22Le fou ou la folie, en tout cas dans cet univers-là,
40:26c'est la personne différente.
40:28Et d'ailleurs, dans la littérature de Rumi
40:31ou dans la littérature sophie de façon plus large,
40:34parce qu'il y a eu des disciples et des gens
40:36qui se sont inspirés de lui,
40:37la folie ou le fou, c'est celui qui a compris
40:41des choses que les autres n'ont pas compris.
40:43Tout simplement parce qu'il s'autorise encore
40:45ce fameux recul vis-à-vis de la société.
40:48Et ce questionnement aussi.
40:50Pardon ?
40:50Il se permet ce questionnement que les autres
40:54n'essayent pas en tout cas.
40:55C'est ça et c'est lié à ce que vous avez dit tout à l'heure.
40:59C'est lié à ce recul aussi par rapport à l'ego.
41:03Parce que l'ego nous confine dans une façon de voir
41:09qui est altérée et qui est souvent déformée.
41:13Alors que quand on réussit à s'en débarrasser,
41:16en tout cas grandement,
41:19parce qu'on ne se débarrasse jamais complètement
41:20de notre ego,
41:22ça nous permet de voir des formes
41:25qui se rapprochent plus ou moins de la vérité.
41:28– Il y a aussi le choix de plusieurs lieux de rabat
41:32et des monuments dont vous parlez, que vous évoquez.
41:35Donc c'est pour rester ancré dans ce référentiel
41:39qui est le vôtre aujourd'hui ?
41:40– Effectivement.
41:42Je voulais parler de ma ville,
41:44de la ville dans laquelle j'évolue,
41:46dans laquelle je vis,
41:48dans laquelle je passe le plus grand de mon temps.
41:50et c'est une ville qui, pour moi,
41:52n'a pas encore pris assez d'espace dans la fiction
41:56pour que les gens puissent voir sa complexité.
42:01Aujourd'hui, dans l'imaginaire collectif,
42:03Rabat, c'est la ville parfaite, propre,
42:06dans laquelle il n'y a rien qui se passe.
42:08Elle est belle, elle est grande,
42:10elle est propre et calme, c'est vrai,
42:12mais elle n'est pas que ça.
42:14Comme toutes les grandes capitales du monde.
42:17Elle a aussi sa part sombre,
42:18elle a aussi sa complexité,
42:20et il y a aussi des humains.
42:22Parce que c'est vrai qu'elle est de plus en plus gentrifiée,
42:25de plus en plus propre et lisse,
42:28mais ce n'est qu'une façade.
42:30Derrière tout ça, il y a un humain,
42:32donc il y a une fragilité,
42:33et donc il y a forcément des récits et des histoires.
42:36Moi, je voulais un peu humaniser cette ville dans ce roman,
42:40jusqu'au point où elle devient elle-même un personnage
42:44du roman, un personnage qui se raconte.
42:47En tout cas, cette étiquette, ou ce rôle,
42:51ou ce personnage que vous avez choisi comme étant fou,
42:55et qui a été qualifié de cette manière,
43:00fait que vous avez eu quand même une certaine liberté
43:03dans l'écriture par rapport à l'imaginaire,
43:05par rapport à des scènes qui peuvent sembler parfois abracadabrantes.
43:09Je fais référence à la partie avec les bébés, peut-être,
43:12et la pluie.
43:14Donc c'est une espèce de liberté quand même
43:16que vous vous êtes également octroyée dans l'écriture.
43:20– Eh bien, je ne pense pas que l'on puisse créer,
43:24en tout cas des œuvres authentiques,
43:26sans être libre.
43:29– C'est toute la différence que je fais entre les écrivains et les écriveurs.
43:35– C'est juste.
43:36– On ne peut pas écrire sur commande,
43:41on ne peut pas écrire parce que c'est le moment d'écrire,
43:44c'est le moment de sortir un livre,
43:46c'est le moment de…
43:47parce qu'il y a tout l'enjeu de l'édition
43:50et toute la pression de toute une profession derrière.
43:54Il y a des gens qui sont à la solde, par exemple, d'éditeurs,
43:58qui attendent de nouveaux manuscrits.
44:01Moi, je ne suis pas là-dedans.
44:02On en a parlé peut-être rapidement tout à l'heure.
44:04Moi, je suis comédien, c'est mon métier,
44:06et j'écris parce que j'aime écrire,
44:08et j'écris quand j'ai quelque chose à dire.
44:09– En tout cas, vous avez été primé pour ce livre.
44:11– Voilà, ça me fait plaisir,
44:13mais en tout cas, je n'ai pas écrit pour ça.
44:15Et puis, je ne me mets pas de pression.
44:17J'ai toute la liberté.
44:18Là, je suis en train d'écrire un livre
44:20que j'ai commencé déjà il y a quelques années.
44:23Si je l'écris en six mois, c'est bien.
44:25Si je l'écris en dix ans, c'est exactement la même chose.
44:27Il n'y a pas d'attente pour moi.
44:29Je ne me mets pas de pression.
44:30J'ai toute la liberté pour écrire un livre
44:32ou de ne pas l'écrire aussi,
44:34ou peut-être aller le dire sur scène.
44:36Donc, cette liberté est importante.
44:38Si on veut, après, offrir des objets
44:44qui ont du sens et qui sont authentiques, surtout.
44:48– En tout cas, dans l'écriture,
44:49une écriture aussi authentique, très rythmée.
44:52Et j'imagine que ça, c'est votre côté un petit peu comédien
44:55qui a dû influer sur le rythme du récit.
44:59– Beaucoup, parce que quand j'écris,
45:00je fais toujours des pauses et je dis
45:03le texte à haute voix et il faut qu'il soit rythmé.
45:06Pour moi, c'est très important.
45:08Après, ce n'est pas la méthode, ce n'est pas l'idéal.
45:10C'est juste ma façon à moi de faire les choses.
45:13Pour moi, il faut que le texte soit lu
45:18de façon aussi fluide que quand on l'entend.
45:22Donc, voilà, je fais des tests, je lis à haute voix
45:25et s'il est bien rythmé, je garde.
45:27S'il n'est pas assez rythmé, je réécris.
45:29– Merci à vous, en tout cas, Ahmed Fallah.
45:32C'était un plaisir de vous avoir comme invité ce soir
45:35et hâte de vous relire.
45:36– Merci beaucoup pour l'invitation et hâte de revenir.
45:39– C'est la fin de l'invité culture pour ce soir.
45:42Très bonne soirée.
45:47– C'est aussi la fin de ce journal.
45:49Merci à vous de nous suivre.
45:50L'information revient dans un instant sur Médianté.
45:55– Sous-titrage Société Radio-Canada
46:07– Sous-titrage Société Radio-Canada
46:12– Sous-titrage Société Radio-Canada
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