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Le 24 juin, la commission d’enquête sénatoriale sur l’excellence des universités françaises auditionnait Xavier-Laurent Salvador, maître de conférences à l’université Sorbonne Paris Nord Largement investi dans la dénonciation du “wokisme” dans les universités françaises, Xavier-Laurent Salvador a réaffirmé à la commission d’enquête sa conviction d’une remise en cause des principes d’éthique scientifique au sein de toutes les disciplines universitaires. Il a également dénoncé la perte de souveraineté académique de la France, causée par un manque de moyens structurel, une multiplication des tâches attribuées aux universités mais également par le financement accru des programmes de recherche relevant du “wokisme”. Il est également revenu sur la baisse du niveau des étudiants, notamment en orthographe. Le 18 juin, la commission d’enquête du Sénat sur les universités françaises auditionnait des syndicats représentatifs d’enseignants-chercheurs. Ben Ali Cherif, secrétaire général de Sup’Recherche-UNSA, Pierre Baghdad, membre du bureau national de la CGT FERC Sup, et Nicolas Holzschuch, secrétaire fédéral de la CFDT Éducation Formation Recherche Publique ont pris la parole. Ils ont alerté la commission sur la dégradation des conditions de travail et du salaire des enseignants-chercheurs et sur la sauvegarde de l’excellence universitaire française, mise à mal par le manque de financements structurel. Pierre Baghdad s’est également opposé à l’idée d’une baisse du niveau chez les étudiants. Année de Production : 2025

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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17On va parler d'université aujourd'hui, puisque la commission d'enquête du Sénat sur l'excellence des universités françaises
00:00:23poursuit ses auditions,
00:00:24et les sénateurs enquêtent sur le wokisme, un mouvement de pensée venu des États-Unis qui s'intéresse aux minorités
00:00:30et aux inégalités sociales.
00:00:32Mais le wokisme est accusé de diviser la société et d'affaiblir nos universités, selon certains de ses détracteurs,
00:00:39et notamment Xavier Laurent Salvador, maître de conférences à l'université Sorbonne-Paris-Nord.
00:00:44Il a été interrogé par les sénateurs.
00:00:46Nous avons le plaisir, pour continuer cette commission d'enquête, à accueillir cet après-midi
00:00:53M. Xavier Laurent Salvador, maître de conférences en langue et littérature médiévale de l'université Sorbonne-Paris-Nord.
00:01:00Et vous êtes professeur agrégé de lettres modernes.
00:01:05Vous êtes accompagné de Samuel Mayol.
00:01:09Bonjour à tous les deux.
00:01:11Je vous dis quelques mots sur cette commission d'enquête,
00:01:15mais comme vous avez suivi la série, vous avez visionné les épisodes précédents,
00:01:20donc je ne vous apprendrai rien.
00:01:21Cette instance a été créée par le Sénat à l'initiative du groupe Les Républicains,
00:01:27qui en a confié le rapport à la sénatrice Laurence Garnier.
00:01:33Et son objectif est d'identifier les leviers permettant d'améliorer la qualité du service public de l'enseignement supérieur,
00:01:40dont l'université constitue le socle.
00:01:44Il est essentiel pour nous de recueillir votre parole,
00:01:49et notamment sur vos expériences concrètes de terrain.
00:01:54C'est ce qui nous intéresse le plus pour nos auditions.
00:01:59Ce que nous aimerions, c'est que vous nous parliez bien évidemment de vos expériences,
00:02:05mais par rapport aux principales thématiques de cette commission d'enquête,
00:02:09c'est-à-dire les forces et les faiblesses du modèle universitaire français,
00:02:14face à la conquérance des établissements privés et étrangers.
00:02:18Quels sont pour vous les marqueurs de l'excellence académique ?
00:02:23Vous nous avez transmis une contribution intéressante sur ce sujet.
00:02:28Je vous remercie.
00:02:31Ce que je vous propose, c'est de vous laisser la parole pour un propos liminaire d'environ 10 minutes.
00:02:38Et ensuite, je donnerai la parole à notre rapporteur
00:02:42pour qu'elle puisse vous poser une série de questions
00:02:45auxquelles je vous demanderai de répondre de façon relativement synthétique
00:02:49pour donner un peu de dynamisme à vos échanges.
00:02:53Avant de vous laisser la parole, il me faut procéder aux formalités d'usage.
00:02:59J'ai compris que M. Samuel Mayol ne s'exprimerait pas,
00:03:03donc il n'est pas soumis aux mêmes obligations.
00:03:08Je vous rappelle, M. Salvatore,
00:03:11qu'un faux témoignage devant cette commission est passible
00:03:17des peines prévues aux articles 434-13-14-15 du Code pénal.
00:03:22Et je vous invite, après tes serments, de dire toute la vérité.
00:03:25Et rien que la vérité, en levant la main droite et en disant « Je le jure,
00:03:29j'ai pris bonne note de votre serment ».
00:03:32Par ailleurs, je vous demande de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt
00:03:36en relation avec l'objet de notre commission d'enquête.
00:03:40Vous n'en avez pas.
00:03:41Et je vous rappelle que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat.
00:03:46Je vous laisse la parole pour environ 10 minutes.
00:03:54Monsieur le Président, merci infiniment.
00:03:57Merci de me donner la parole.
00:03:59Monsieur le Président, Madame la rapporteure,
00:04:00Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
00:04:02je suis donc maître de conférences habilité à diriger les recherches
00:04:04à l'Université Sorbonne-Paris Nord.
00:04:06Je m'exprime aujourd'hui non comme représentant
00:04:08ni d'un courant politique ni d'une organisation partisane,
00:04:11mais comme universitaire,
00:04:13exerçant depuis plus de 20 ans
00:04:14au sein de l'enseignement supérieur français,
00:04:16ayant participé à ces instances de gouvernance
00:04:19et observé ces transformations récentes.
00:04:20En tant que médiéviste linguiste,
00:04:22je suis le produit académique de l'université.
00:04:25L'ancien français est dans le panorama des études de lettres,
00:04:28la seule discipline qui ne soit enseignée nulle part ailleurs qu'à l'université.
00:04:33Le paradoxe français, il est le suivant.
00:04:35La question qui nous réunit aujourd'hui est celle de l'excellence académique.
00:04:38Je souhaiterais cependant partir d'un paradoxe.
00:04:40Lorsque nous parlons d'excellence académique,
00:04:41nous parlons rarement de l'université elle-même.
00:04:44Pourtant, les 71 universités françaises accueillent plus d'un million sept d'étudiants.
00:04:49Elles assurent l'essentiel de la formation doctorale du pays,
00:04:52produisent une part déterminante de la recherche fondamentale,
00:04:55maintiennent une présence intellectuelle sur l'ensemble du territoire national.
00:04:58Elles accomplissent ces missions avec les droits d'inscription
00:05:00parmi les plus faibles du monde développé,
00:05:03souvent inférieurs à quelques centaines d'euros par an.
00:05:06Autrement dit, l'université demeure l'infrastructure principale de la République savante.
00:05:10Or, depuis plusieurs décennies, la France a progressivement déplacé hors de l'université
00:05:15une partie des fonctions qui font d'être historiquement son autorité.
00:05:19Les filières les plus sélectives recrutent ailleurs.
00:05:22Une partie de la formation des enseignants s'organise ailleurs.
00:05:25Certaines certifications sont délivrées ailleurs.
00:05:28Et j'ajouterais même qu'une partie de plus en plus grande des orientations scientifiques
00:05:31est définie dans d'autres lieux de décision.
00:05:34Or, l'université n'est pas seulement un lieu où l'on transmet des savoirs,
00:05:38c'est le lieu où une société, dans son ensemble,
00:05:41décide quel savoir mérite d'être transmis à la génération suivante.
00:05:46Nous avons ainsi construit un système singulier
00:05:48dans lequel l'institution chargée de former le plus grand nombre
00:05:52n'est plus toujours celle à laquelle sont spontanément associées
00:05:55ces représentations de l'excellence.
00:05:57La preuve en est aujourd'hui que les meilleurs élèves
00:05:59peuvent aujourd'hui suivre plusieurs années d'études dans le supérieur
00:06:03sans jamais rencontrer les chercheurs
00:06:04qui produisent les savoirs que l'institution leur demande pourtant d'apprendre
00:06:08dans les livres écrits par ces mêmes chercheurs qu'ils ne rencontrent pas.
00:06:11Les difficultés actuelles de l'université française
00:06:14ne résultent pas seulement d'un manque de moyens ou de tensions idéologiques.
00:06:19Elles tiennent surtout à une perte progressive de souveraineté académique,
00:06:22c'est-à-dire à une dissociation croissante
00:06:24entre les fonctions de formation, de certification,
00:06:27de recrutement scientifique et d'orientation de la recherche.
00:06:31L'université ne se contente pas de transmettre des savoirs,
00:06:33elle décide aussi à travers ces disciplines de ce qui mérite d'être transmis.
00:06:37C'est une affaire d'épistémologie.
00:06:39De quoi s'agit-il ?
00:06:40Rien d'autre que la catégorisation des savoirs
00:06:42qui constitue la tête bien faite d'un jeune citoyen en âge de voter.
00:06:47La magie fait-elle partie de ces catégories ?
00:06:49S'il devait arriver un jour qu'une discipline fictive appelée magie
00:06:53fut progressivement reconnue comme discipline universitaire,
00:06:56dotée de master, de doctorat et de poste.
00:06:59Il faudrait tôt ou tard former ses enseignants,
00:07:02créer ses concours et l'introduire dans les programmes.
00:07:05L'université d'aujourd'hui est l'école de demain.
00:07:08C'est pourquoi l'agrégation a toujours été la pierre angulaire
00:07:11du dispositif universitaire.
00:07:13L'agrégation, en effet, n'est pas seulement un concours de recrutement,
00:07:16elle constitue historiquement le point de jonction
00:07:18entre l'université et l'école.
00:07:20Les disciplines qui disposent d'une agrégation
00:07:23occupent à cet écart une part particulière
00:07:25puisqu'elles participent directement
00:07:27à la définition des savoirs transmis à cette génération.
00:07:30Les institutions académiques ne sont pas parfaites,
00:07:33mais lorsqu'elles assument pleinement leur rôle,
00:07:35elles constituent souvent les meilleurs remparts
00:07:37contre les effets de mode intellectuel
00:07:39et les pressions idéologiques.
00:07:41Lorsque Tariq Ramadan a voulu trouver un poste
00:07:43à l'université en Europe,
00:07:44il n'a pas pu le faire en France,
00:07:46tout simplement parce que le CNU
00:07:47a joué son rôle protecteur des institutions.
00:07:49Il est important de préserver le rôle de ces institutions
00:07:52tout en renforçant le contrôle étatique
00:07:55sur les dites institutions.
00:07:59La perte de souveraineté académique.
00:08:01Tout d'abord, la perte de souveraineté scientifique.
00:08:03Pendant longtemps, la légitimité scientifique
00:08:05provenait principalement de la discipline,
00:08:07de l'évaluation par les pairs
00:08:08et des mécanismes académiques de recrutement.
00:08:11Depuis une vingtaine d'années,
00:08:12un second principe de légitimation
00:08:14s'est progressivement développé,
00:08:16celui des financements orientés.
00:08:17Une partie croissante des ressources de la recherche
00:08:20dépend désormais de programmes
00:08:21définissant des priorités thématiques,
00:08:23des objectifs sociétaux,
00:08:25des enjeux transversaux.
00:08:26Quelques chiffres très simples.
00:08:27Le septième programme cadre,
00:08:29FP7 pour la période 2007-2013,
00:08:31c'est 50 milliards d'euros.
00:08:33H2020, c'est 80 milliards d'euros.
00:08:35Horizon Europe 21-27,
00:08:36c'est 95,5 milliards d'euros.
00:08:38Le Conseil européen de la recherche, ERC,
00:08:41c'est 16 milliards d'euros sur la période 21-27.
00:08:44Il semble évident que l'échelle de décision s'est déplacée.
00:08:47Plus le financement est orienté,
00:08:49plus il influence les objets de recherche.
00:08:51En 20 ans, nous sommes passés
00:08:53d'un programme cadre européen
00:08:55de l'ordre de 50 milliards d'euros
00:08:56à un programme Horizon Europe
00:08:58dépassant aujourd'hui 95 milliards d'euros.
00:09:01Cette évolution traduit un changement d'aisselle considérable
00:09:04dans la capacité des institutions européennes
00:09:06à orienter les politiques scientifiques
00:09:09et les priorités de recherche.
00:09:10Plus le volume de financement orienté augmente,
00:09:13plus la définition des thèmes éligibles,
00:09:15des mots-clés, des priorités stratégiques
00:09:17et des critères d'évaluation
00:09:18devient un enjeu académique majeur.
00:09:21Et le problème n'est pas en réalité
00:09:23que l'Europe finance la recherche.
00:09:25Le problème est de savoir
00:09:27qui définit les priorités scientifiques
00:09:29lorsqu'une part croissante du financement
00:09:31dépend de programmes orientés.
00:09:33Or, nous avons progressivement évolué
00:09:35vers une définition plus administrative
00:09:37des priorités scientifiques,
00:09:38sans que soient toujours pleinement prises en compte
00:09:41les spécificités nationales des systèmes universitaires
00:09:44ni l'organisation disciplinaire.
00:09:47Les chercheurs ont progressivement perdu
00:09:48une partie de leur capacité collective
00:09:50à déterminer eux-mêmes les priorités de leur recherche
00:09:52et ils sont progressivement conduits
00:09:54à intégrer dans leur stratégie scientifique
00:09:56les priorités définies par les dispositifs de financement.
00:09:59Cette évolution modifie mécaniquement
00:10:01les dynamiques de recrutement,
00:10:02de formation doctorale
00:10:03et de structuration des équipes de recherche.
00:10:06Dans de nombreux secteurs, les recrutements
00:10:07tentent alors à suivre prioritairement
00:10:09les logiques de labellisation et de financement des équipes
00:10:13plutôt que les besoins propres
00:10:14de l'enseignement ou de la recherche.
00:10:17Pour le dire de manière abrupte,
00:10:19autrefois, l'excellence universitaire
00:10:21reposait sur une hiérarchie simple
00:10:23qui partait de la discipline,
00:10:25structurée par les concours jusqu'au doctorat,
00:10:27pour remonter jusqu'à la communauté savante
00:10:29par le biais de l'évaluation par les pairs.
00:10:31Aujourd'hui, certaines approches thématiques
00:10:33ou transdisciplinaires tentent à entrer en concurrence
00:10:35avec les cadres disciplinaires traditionnels,
00:10:37notamment lorsqu'elles correspondent plus directement
00:10:40aux catégories mobilisées dans les appels à projet,
00:10:43quand elles ne se constituent pas ad hoc
00:10:45pour valoriser leur identification
00:10:48au sein de clusters de recherche
00:10:50par objectif fondés sur des priorités thématiques.
00:10:54Il ne s'agit pas de condamner cette évolution,
00:10:56il s'agit de constater qu'elle modifie profondément
00:10:58les conditions d'exercice de la souveraineté académique
00:11:01et donc de ce que vous appelez encore l'excellence.
00:11:04Une démocratie peut légitimement définir
00:11:07des priorités de recherche,
00:11:08mais elle doit évidemment veiller
00:11:10à ce que les chercheurs conservent la capacité
00:11:12de définir eux-mêmes une part significative
00:11:15des questions qu'ils jugent importantes
00:11:17sans que cette souveraineté académique
00:11:19n'apparaissent comme une concession,
00:11:21voire comme un moindre mal.
00:11:24La souveraineté institutionnelle, de son côté,
00:11:27est mise à mal.
00:11:28On demande à l'université de tout faire,
00:11:29former, intégrer, certifier, accueillir,
00:11:32professionnaliser, internationaliser, démocratiser.
00:11:35Maisons de finances n'y ne gouvernent
00:11:37aucune de ces missions de façon cohérente.
00:11:40La souveraineté académique ne dépend pas uniquement
00:11:43des disciplines ou des mécanismes de financement.
00:11:46Elle repose sur des formes de gouvernance
00:11:48capables de maintenir une cohérence
00:11:49entre les missions confiées à l'université
00:11:51et les moyens dont elle dispose pour les accomplir.
00:11:54L'autonomie des universités avait pour ambition
00:11:56de rapprocher la décision du terrain.
00:11:58Elle a produit des effets contrastés.
00:12:00Dans de nombreux cas, elle a renforcé
00:12:01la capacité d'initiative des établissements,
00:12:04incontestablement, mais elle a contribué
00:12:06à une fragmentation croissante du paysage universitaire.
00:12:09Les établissements sont désormais soumis
00:12:10à une multiplicité de procédures d'évaluation,
00:12:13d'appels à projets, de mécanismes de reporting,
00:12:15je cite,
00:12:16qui mobilisent une part croissante
00:12:18de leurs propres ressources humaines.
00:12:19Une activité entière s'est développée
00:12:21autour de la gestion des indicateurs,
00:12:23des réponses aux appels à projets
00:12:24et des procédures d'accréditation.
00:12:26Cette bureaucratisation progressive
00:12:28détourne une partie des énergies
00:12:30de leur objet premier,
00:12:31à savoir l'enseignement et la recherche.
00:12:34Cette évolution s'accompagne
00:12:36d'une difficulté plus profonde.
00:12:37Les universités demeurent juridiquement autonomes,
00:12:39mais les structures de décision
00:12:40qui les encadrent se sont multipliées.
00:12:42Agences d'évaluation, financeurs nationaux ou européens,
00:12:46dispositifs réglementaires et exigences administratives
00:12:49interviennent désormais dans la définition
00:12:51des priorités académiques
00:12:53et donc de l'évaluation de l'excellence.
00:12:55L'autonomie proclamée se traduit parfois
00:12:57par une dépendance accrue
00:12:59à l'égard de mécanismes extérieurs de pilotage.
00:13:02Cette situation appelle une réflexion
00:13:04sur la gouvernance elle-même.
00:13:05L'université ne saurait être administrée
00:13:07comme une entreprise
00:13:08ni abandonnée à une logique gestionnaire.
00:13:09Elle exerce une mission de service public
00:13:11qui justifie à la fois une autonomie scientifique réelle
00:13:14et une exigence élevée de transparence
00:13:16dans l'utilisation des fonds publics.
00:13:18Cette exigence pourrait conduire
00:13:19à renforcer la présence des compétences
00:13:21administratives et financières de l'État
00:13:22auprès des exécutifs universitaires
00:13:25qui sont aujourd'hui en partie abandonnés.
00:13:27La question de la formation
00:13:29illustre particulièrement cette difficulté.
00:13:31Depuis plusieurs années,
00:13:32les universités sont encouragées
00:13:33à décrire leur diplôme en termes de compétences.
00:13:36Cette orientation est légitime.
00:13:38elle demeure ce pedant paradoxale
00:13:40lorsqu'elle n'est pas articulée
00:13:41aux besoins réels
00:13:42des recruteurs professionnels concernés.
00:13:45Les référentiels de formation
00:13:46sont élaborés sans dialogue
00:13:47avec les branches professionnelles.
00:13:49Il en résulte un décalage croissant
00:13:51entre le vocabulaire de l'université
00:13:54et le vocabulaire des métiers
00:13:55au bénéfice d'établissements privés
00:13:57qui apparaissent du coup
00:13:59plus lisibles aux yeux des recruteurs
00:14:01tout simplement parce qu'ils emploient
00:14:02les mots des métiers.
00:14:04Enfin, l'université assume aujourd'hui
00:14:06des missions considérables
00:14:08d'intégration académique et culturelle.
00:14:10Dans certaines formations,
00:14:11la proportion d'étudiants étrangers
00:14:12atteint des niveaux très élevés.
00:14:15Pour ne citer qu'une université
00:14:17parmi l'autre en région parisienne,
00:14:1827% dans le LMD,
00:14:2037% au niveau master,
00:14:23sans que les moyens nécessaires
00:14:24à leur accompagnement linguistique,
00:14:26méthodologique, soient toujours prévus.
00:14:28Cette situation crée une tension permanente
00:14:30entre l'ambition d'ouverture internationale
00:14:32et les capacités réelles
00:14:34d'encadrement des établissements.
00:14:35Une politique cohérente
00:14:36de souveraineté académique
00:14:38suppose que les missions
00:14:39qu'on fie à l'université
00:14:40soient effectivement financées
00:14:41et accompagnées.
00:14:43Ces débats contemporains, modernes,
00:14:45qui plus est,
00:14:46affectent la science, la discipline
00:14:48et voient la manifestation
00:14:51d'idéologies paradoxales.
00:14:53Les débats contemporains sur le genre,
00:14:54la race, l'intersectionnalité
00:14:56ou les théories critiques
00:14:57ne doivent pas être compris
00:14:58seulement comme l'irruption
00:14:59d'idées nouvelles.
00:15:01Ils révèlent également
00:15:02une transformation
00:15:03des mécanismes
00:15:04de légitimation scientifique.
00:15:06Certaines approches thématiques
00:15:07ont progressivement acquis
00:15:09une visibilité institutionnelle
00:15:10disproportionnée
00:15:11par rapport à leur enracinement
00:15:13disciplinaire traditionnel,
00:15:14notamment parce qu'elles correspondent
00:15:16davantage aux catégories mobilisées
00:15:18par les dispositifs
00:15:19contemporains de financement.
00:15:21Ces approches tendent
00:15:23à substituer progressivement
00:15:24à des catégories disciplinaires
00:15:26stabilisées,
00:15:27des catégories d'avantages
00:15:29fondées sur l'expérience,
00:15:31le vécu
00:15:32ou la finalité sociale
00:15:33de la recherche.
00:15:34Leur diffusion au-delà
00:15:36de leur champ d'origine
00:15:37favorise alors
00:15:38la constitution
00:15:38d'agrégats disciplinaires
00:15:40dont les contours
00:15:41demeurent incertains.
00:15:42C'est là sans doute
00:15:43que se situe
00:15:43le point névralgique
00:15:45des frictions permanentes
00:15:46entre studies
00:15:48et disciplines,
00:15:49un déplacement progressif
00:15:50du centre de gravité
00:15:52de l'analyse
00:15:52depuis les procédures
00:15:54de vérification
00:15:54propres aux disciplines
00:15:56vers des catégories
00:15:57davantage fondées
00:15:58sur l'expérience vécue,
00:15:59l'engagement,
00:16:00l'affinitalité sociale.
00:16:02L'université a toujours
00:16:03connu des débats
00:16:04intellectuels,
00:16:05philosophiques et politiques.
00:16:06Ce qui change aujourd'hui
00:16:07n'est pas l'existence
00:16:08de ces débats,
00:16:09mais la manière
00:16:10dont certaines catégories
00:16:11d'analyse
00:16:12tendent parfois
00:16:13à se soustraire
00:16:14au mécanisme
00:16:14de la critique disciplinaire.
00:16:16Cette évolution
00:16:17touche à l'un des fondements
00:16:19de l'éthique scientifique.
00:16:22Toute discipline
00:16:23repose sur une distinction
00:16:24essentielle
00:16:25entre la personne
00:16:26du chercheur
00:16:27et l'objet
00:16:27de sa recherche.
00:16:28L'objectivité
00:16:29n'est pas une posture
00:16:30abstraite,
00:16:31elle constitue
00:16:32la condition même
00:16:33de la discussion rationnelle.
00:16:35Une discipline scientifique
00:16:37repose sur une idée
00:16:38très simple,
00:16:39le droit
00:16:40et la possibilité
00:16:42permanente
00:16:43d'avoir tort.
00:16:45Si l'on me démontre
00:16:47aujourd'hui
00:16:47que mes travaux
00:16:48sur la Bible historiale
00:16:49reposent sur une erreur
00:16:50d'interprétation,
00:16:51je serais déçu,
00:16:53mais je serais conduit
00:16:54à réviser mes conclusions,
00:16:55j'aurais appris quelque chose.
00:16:57C'est la progression
00:16:58du savoir
00:16:58qui suppose précisément
00:17:00cette disponibilité
00:17:02à la réfutation.
00:17:04La situation
00:17:05est différente
00:17:06lorsque certaines démarches
00:17:07tentent à faire
00:17:07de l'expérience personnelle,
00:17:09du vécu,
00:17:10de la conviction,
00:17:12de la foi,
00:17:13l'engagement du chercheur
00:17:14une composante centrale
00:17:16de sa démonstration.
00:17:18Dans ce cas,
00:17:19la critique de l'analyse
00:17:20peut être perçue
00:17:21comme une mise en cause
00:17:22de la personne elle-même.
00:17:24l'erreur scientifique
00:17:25cesse alors
00:17:25d'être une étape normale
00:17:27pour devenir
00:17:28une atteinte identitaire,
00:17:30non pas à ce que tu sais,
00:17:32mais à ce que tu es.
00:17:34Cette évolution
00:17:35contribue à expliquer
00:17:36les crispations contemporaines
00:17:38du débat académique.
00:17:39Le problème
00:17:39n'est pas
00:17:40l'existence
00:17:40d'idées nouvelles.
00:17:43Il apparaît
00:17:44lorsque l'adhésion
00:17:45à certaines catégories
00:17:46devient un préalable
00:17:47implicite
00:17:48à l'accès
00:17:49au financement,
00:17:49au recrutement
00:17:50ou à la reconnaissance académique
00:17:52ou lorsque l'engagement
00:17:53personnel du chercheur
00:17:54tente à prendre le pas
00:17:54sur les procédures
00:17:55de vérification scientifique.
00:17:57Si l'on prouve
00:17:58qu'ils ont tort,
00:17:58on met en danger
00:17:59non pas leur représentation
00:18:00mais leur personne même,
00:18:03leur pathos,
00:18:03leur identité.
00:18:05Ces chercheurs
00:18:05perdent le droit
00:18:06d'avoir tort.
00:18:07Le wokisme
00:18:08n'est pas
00:18:08la cause principale,
00:18:10il est le symptôme,
00:18:11le symptôme visible
00:18:12d'une transformation
00:18:13plus profonde
00:18:14des mécanismes
00:18:15de légitimation académique
00:18:17et le refus
00:18:17d'avoir tort.
00:18:20Le questionnaire
00:18:21comme il y est transmis
00:18:23s'inquiétait
00:18:24des pistes de réforme,
00:18:25j'irais
00:18:26quelques esquisses,
00:18:29il faut de manière générale
00:18:30rendre à l'université
00:18:31la maîtrise
00:18:32de ce qu'elle enseigne,
00:18:33de ce qu'elle certifie
00:18:33et de ce qu'elle recherche.
00:18:35Les tensions
00:18:36s'apaiseront
00:18:37d'elles-mêmes
00:18:37dès lors que l'université
00:18:40légitimée,
00:18:42centrale,
00:18:43sur un socle
00:18:43disciplinaire incontestable,
00:18:45retrouvera le socle
00:18:46de ses enseignements
00:18:47et de ses prospections.
00:18:48Je proposerai
00:18:49six pistes
00:18:50à la commission.
00:18:51La première,
00:18:52restaurer la centralité
00:18:53certificative
00:18:54de l'université.
00:18:57Aucun diplôme
00:18:57reconnu nationalement
00:18:58ne devrait être
00:18:59complètement détaché
00:19:00d'une université.
00:19:02Ensuite,
00:19:04réhabiliter
00:19:04les disciplines.
00:19:06Une démocratie
00:19:07doit savoir
00:19:09quels savoirs
00:19:11elle considère
00:19:11comme fondamentaux
00:19:12et adopter
00:19:13une hiérarchie
00:19:13des disciplines.
00:19:15Trois,
00:19:16consolider le contrôle
00:19:17étatique
00:19:18des institutions
00:19:19de régulation
00:19:20académique.
00:19:21Les institutions
00:19:22académiques
00:19:23ne sont pas parfaites
00:19:24mais elles demeurent
00:19:24les meilleures
00:19:25remparts
00:19:25contre les effets
00:19:26de mode.
00:19:27Quatre,
00:19:28réformer la gouvernance,
00:19:30moins de procédures,
00:19:31plus de responsabilité,
00:19:33transparence des fonds,
00:19:34simplification,
00:19:35participation étudiante
00:19:37réelle.
00:19:39Cinq,
00:19:39repenser la relation
00:19:41formation au ploi
00:19:42au sein des universités.
00:19:44une formation universitaire
00:19:46ne devrait pas être
00:19:47décrite uniquement
00:19:48à travers des compétences
00:19:49abstraites
00:19:49mais à travers
00:19:50des réalités professionnelles.
00:19:52Six,
00:19:54faire de l'intelligence
00:19:55artificielle
00:19:56un levier
00:19:57de démocratisation
00:19:58exigeante.
00:20:00Pendant longtemps,
00:20:01l'université de masse
00:20:02et l'excellence
00:20:02ont été perçues
00:20:03comme contradictoires.
00:20:05L'intelligence artificielle
00:20:06offre peut-être
00:20:07la possibilité historique
00:20:09de concilier les deux.
00:20:10Nous avons passé 20 ans
00:20:11à opposer
00:20:12excellence et massification
00:20:14au détriment de l'université.
00:20:16L'intelligence artificielle
00:20:18est peut-être
00:20:18la première technologie
00:20:19qui permettra enfin
00:20:20à un enseignant
00:20:20de parler à mille étudiants
00:20:22comme s'il ne parlait
00:20:22qu'à un seul.
00:20:26De façon plus générale,
00:20:27l'université française
00:20:28ne manque ni de talent,
00:20:29ni de chercheurs,
00:20:30ni d'idées,
00:20:31encore moins d'étudiants.
00:20:32Elle manque parfois
00:20:33de cohérence institutionnelle.
00:20:35Restaurer sa souveraineté académique,
00:20:37ce n'est pas revenir en arrière,
00:20:38c'est lui permettre
00:20:39d'aborder les transcendances
00:20:40de la transformation technologique
00:20:41à venir
00:20:41depuis une position
00:20:42de confiance
00:20:43plutôt que de dépendance.
00:20:46J'ai dit.
00:20:48Je vous remercie.
00:20:50Madame la rapporteure,
00:20:52vous avez la parole.
00:20:55Merci, monsieur le président.
00:20:56Merci beaucoup
00:20:57pour ce propos liminaire.
00:20:59Je vais vous poser
00:21:00un certain nombre de questions.
00:21:01Je vous demanderai
00:21:01si vous voulez bien
00:21:02de vous prêter
00:21:03au jeu des réponses brèves
00:21:05pour qu'on puisse
00:21:07enchaîner un maximum
00:21:08de questions
00:21:09et tirer parti
00:21:11le plus possible
00:21:12de cet échange.
00:21:14Vous avez dit
00:21:15beaucoup de choses
00:21:16dans le propos introductif.
00:21:18Vous avez écrit l'ouvrage
00:21:20Face à l'obscurantisme woke.
00:21:22Je ne reviens pas
00:21:23sur ce que vous avez
00:21:24déjà décrit,
00:21:24donc n'y revenez pas non plus.
00:21:26Il y avait beaucoup de choses
00:21:26dans votre propos.
00:21:27Simplement,
00:21:28est-ce que vous diriez
00:21:29que la plupart des universités
00:21:30sont concernées
00:21:31par ce phénomène
00:21:32ou est-ce qu'il s'agit
00:21:33à vos yeux
00:21:34d'une minorité ?
00:21:36On imagine bien
00:21:37qu'entre une grande
00:21:37université parisienne
00:21:38et une université
00:21:39de territoire
00:21:42dans l'est de la France,
00:21:43par exemple,
00:21:45les enjeux ne sont pas
00:21:45tout à fait les mêmes
00:21:46et la réalité de ce phénomène
00:21:47n'est pas forcément le même.
00:21:48Est-ce qu'il y a aussi
00:21:49pour vous des filières
00:21:51qui sont davantage concernées
00:21:52et d'autres qui sont
00:21:53très protégées
00:21:54des phénomènes
00:21:54que vous avez décrits ?
00:21:58Oui,
00:21:59alors je pense
00:22:00que ce phénomène
00:22:01est généralisé.
00:22:02Je ne crois pas
00:22:02qu'il y ait de terrain
00:22:03aujourd'hui protégé
00:22:04en termes de géographie
00:22:05ni de sociologie
00:22:06et je dirais même
00:22:07que les universités
00:22:08de centre-ville
00:22:09sont sans doute
00:22:10parfois plus concernées
00:22:11que ne le seraient
00:22:12des universités éloignées.
00:22:15Quoi qu'il faut faire attention,
00:22:16c'est quand même
00:22:16dans les universités,
00:22:17vous parliez des territoires
00:22:18de l'est de la France
00:22:19qu'on trouvera peut-être
00:22:20les filières en médecine
00:22:22les plus exposées
00:22:23à des études paramédicales
00:22:26liées à l'anthroposophie,
00:22:27etc.
00:22:29Donc,
00:22:29je ne crois pas
00:22:30qu'il y ait
00:22:30de secteurs
00:22:32véritablement épargnés.
00:22:32Si j'en juge
00:22:33par l'activité
00:22:34de l'observatoire
00:22:36en général,
00:22:37il est évident
00:22:37que c'est dans
00:22:38les sciences humaines,
00:22:39la littérature,
00:22:40l'histoire,
00:22:41sans doute,
00:22:42que l'on a trouvé
00:22:43dans un premier temps
00:22:44le plus rapidement
00:22:45la propagation
00:22:48de tensions idéologiques
00:22:49identitaires
00:22:50liées à ces transversalités-là.
00:22:52Moi, j'y vois,
00:22:53si vous voulez,
00:22:53un phénomène lié
00:22:54à la paupérisation
00:22:54de ces disciplines
00:22:55qui ont sans doute vu
00:22:56dans les appels à projets
00:22:57dont je parlais
00:22:58dans le propos liminaire
00:22:59une planche de salut
00:23:00inévitable.
00:23:01On ne peut pas en vouloir
00:23:01à des collègues
00:23:02d'avoir cherché
00:23:02à reconfigurer
00:23:03leur recherche
00:23:04pour s'en sortir.
00:23:06Mais aujourd'hui,
00:23:08on voit bien en médecine
00:23:09notamment que de plus en plus
00:23:10de collègues
00:23:10nous rejoignent aujourd'hui
00:23:12justement parce qu'en oncologie,
00:23:14notamment la cancérologie,
00:23:15l'oncologie,
00:23:16on voit apparaître
00:23:17beaucoup de questionnements
00:23:18autour de la place
00:23:19de la biologie
00:23:20dans la description
00:23:21des pathologies.
00:23:23On le voit
00:23:24dans les différentes sciences.
00:23:25Si je regarde
00:23:26ce qui se passe à l'étranger,
00:23:27je ne crois pas
00:23:28qu'il y ait
00:23:28de disciplines
00:23:29véritablement protégées.
00:23:30Peut-être que si l'on va
00:23:32le plus loin possible
00:23:33dans les sciences dures
00:23:34pour arriver
00:23:34vers les mathématiques fondamentales,
00:23:36arriver à un très haut niveau
00:23:37de doctorat,
00:23:38on est encore un peu protégé,
00:23:39mais je n'en suis pas certain.
00:23:41C'est sans doute
00:23:42une timidité
00:23:42de la part de nos collègues
00:23:43plus qu'une étanchéité.
00:23:49Merci beaucoup.
00:23:51Vous avez évoqué
00:23:53là aussi
00:23:53dans votre propos liminaire
00:23:54la question des studies.
00:23:56Je vous cite
00:23:57dans le document
00:23:58que vous nous avez fait parvenir.
00:23:59Les tensions observées
00:24:00dans certains secteurs
00:24:01de l'université
00:24:02apparaissent moins
00:24:03comme la conséquence directe
00:24:04de la présence
00:24:05d'idées nouvelles.
00:24:05Vous avez dit
00:24:06que ça avait toujours été le cas.
00:24:08Que comme le symptôme
00:24:10d'un affaiblissement
00:24:10des mécanismes disciplinaires
00:24:12qui encadrent traditionnellement
00:24:13la production du savoir.
00:24:15Là aussi,
00:24:16vous l'avez développé
00:24:17dans votre propos liminaire.
00:24:18Est-ce que vous pourriez
00:24:18prendre un exemple précis
00:24:20pour incarner un peu ce propos
00:24:22et qu'on comprenne bien
00:24:23le lien que vous faites
00:24:25entre l'affaissement
00:24:26de la discipline
00:24:29en tuyau d'orgue,
00:24:30vous voyez,
00:24:30si je peux dire,
00:24:31et cette transversalité
00:24:33qui, pour vous,
00:24:35affaiblit
00:24:36la connaissance disciplinaire
00:24:38et offre un terrain
00:24:40important à ces studies.
00:24:41Et puis ensuite,
00:24:42on parlera
00:24:43de la question
00:24:44des appels à projets.
00:24:46Si je me place
00:24:47depuis mon observatoire,
00:24:49qui est à la fois
00:24:50celui de la littérature
00:24:52et de son exposition,
00:24:53si vous voulez,
00:24:54aux théories modernes,
00:24:55notamment issues
00:24:57des sciences humaines,
00:24:58sont deux domaines distincts.
00:25:00Je ne sais pas.
00:25:01Il faut bien voir,
00:25:03si vous voulez,
00:25:03que d'une part,
00:25:04cette propagation,
00:25:05cette transversalité,
00:25:06d'abord,
00:25:06elle est liée au fait
00:25:08que les critères
00:25:09de sciences humaines
00:25:10sont en train
00:25:13de fuser
00:25:14dans d'autres disciplines
00:25:15qui, autrefois,
00:25:16en étaient protégées
00:25:17d'une certaine façon.
00:25:18Tout simplement
00:25:19parce que les sciences humaines
00:25:20ont leurs propres méthodes,
00:25:21mais la littérature,
00:25:22qui n'est pas une science humaine,
00:25:23par exemple,
00:25:24se met à adopter
00:25:25les méthodes
00:25:26issues des sciences humaines
00:25:27parce qu'elles sont à la mode,
00:25:28parce qu'elles sont lisibles
00:25:29et parce qu'elles sont financées.
00:25:30Ça aboutit,
00:25:32d'une certaine façon,
00:25:33à ce que les critères
00:25:34de jugement
00:25:35qui sont ceux
00:25:35de la discipline
00:25:36qui sont incarnés,
00:25:37par exemple,
00:25:37par le CNU,
00:25:38dans la littérature elle-même,
00:25:40la production scientifique,
00:25:41la publication
00:25:41dans des revues
00:25:42de reconnaissance internationale,
00:25:46la participation
00:25:47à des collègues internationaux,
00:25:48deviennent,
00:25:49en quelque sorte,
00:25:49brouillés
00:25:50par les critères
00:25:51qui sont ceux
00:25:51de la dite discipline.
00:25:55Publication
00:25:55dans des revues
00:25:56de sciences humaines,
00:25:57création de revues
00:25:58de sciences humaines
00:25:59dédiées
00:26:00à une thématique,
00:26:01les études queer
00:26:02au Moyen-Âge,
00:26:03les études transversales
00:26:04sur les pratiques féministes
00:26:07de la microédition,
00:26:08etc.,
00:26:09qui trouvent des débouchés
00:26:11dans des revues
00:26:11créées ad hoc,
00:26:12dans des colloques
00:26:13organisées
00:26:14autour de ces thématiques
00:26:15qui finissent
00:26:16par créer,
00:26:17en quelque sorte,
00:26:18un effet boule de neige
00:26:20qui entraîne
00:26:21les disciplines
00:26:22du côté
00:26:23de ce qu'elles ne savent
00:26:24pas forcément faire.
00:26:26En regard,
00:26:26les disciplines traditionnelles,
00:26:28mais ce que j'appelle
00:26:28les disciplines traditionnelles
00:26:29c'est tout simplement
00:26:31ce qu'était l'université
00:26:32il y a encore 20 ans,
00:26:33c'est-à-dire son organisation
00:26:35interne,
00:26:36son champ disciplinaire,
00:26:37son CNU,
00:26:39des revues apportées
00:26:40nationales ou internationales
00:26:42qui étaient vers lesquelles
00:26:43tout convergeait,
00:26:45sont aujourd'hui
00:26:46marginalisées
00:26:47par des productions
00:26:48pléthoriques,
00:26:49alors que, par exemple,
00:26:50le publish or perish
00:26:50reste aujourd'hui
00:26:52le premier critère
00:26:52d'évaluation
00:26:53de la carrière
00:26:53d'un chercheur,
00:26:54publier ou périr.
00:26:56Donc, le support
00:26:57de publication,
00:27:00sa fragmentation
00:27:02finit par relativiser
00:27:04des carrières
00:27:05qui mériteraient
00:27:05d'être considérées
00:27:06pour ce qu'elles sont
00:27:07et de les noyer
00:27:09dans des CV
00:27:10qui s'alourdissent
00:27:11dans des publications
00:27:12parascientifiques,
00:27:13mais qui finissent
00:27:14par créer des écoles,
00:27:15par créer des disciplines,
00:27:16par recruter des doctorants
00:27:18et donc par devenir
00:27:19massivement présentes
00:27:20au sein des universités.
00:27:22C'est beaucoup plus clair.
00:27:24Merci beaucoup.
00:27:25Je vous avais dit
00:27:25qu'on parlerait
00:27:26des appels à projets,
00:27:26mais je vais enchaîner
00:27:28avec la question
00:27:28sur le CNU,
00:27:30puisque vous avez évoqué
00:27:31tout à l'heure
00:27:32le fait que le CNU
00:27:33jouait à vos yeux
00:27:34son rôle de filtre
00:27:35et que Tariq Ramadan
00:27:37et ses revenus
00:27:38dans plusieurs auditions
00:27:39n'avaient pas pu
00:27:40trouver de poste
00:27:42au sein de l'université française
00:27:43parce que le CNU
00:27:44a joué son rôle.
00:27:46Est-ce qu'il joue son rôle ?
00:27:47Est-ce qu'il est amené
00:27:48à jouer son rôle différemment
00:27:50concernant les phénomènes
00:27:51que vous venez de décrire ?
00:27:54L'institution est prête,
00:27:55je pense,
00:27:56à fonctionner.
00:27:57J'ai été moi-même
00:27:57membre du CNU
00:27:58pendant une dizaine d'années
00:28:00et pour tout vous dire,
00:28:01puisque nous sommes là
00:28:01pour parler d'exemples concrets,
00:28:02j'ai été présent au CNU
00:28:04pendant dix ans
00:28:05en section 7 linguistique
00:28:06puisque j'avais été qualifié
00:28:07en linguistique et littérature.
00:28:09J'ai été présent au CNU
00:28:10en section 7
00:28:11dans la catégorie
00:28:12des membres nommés
00:28:13par le ministre.
00:28:14Donc nous étions
00:28:15un bon tiers
00:28:16de la commission
00:28:17à avoir été nommés.
00:28:18Le reste était issu
00:28:20des élections
00:28:22internes
00:28:22à l'université.
00:28:24Aujourd'hui,
00:28:25je crois que le rapport
00:28:25est de 1 pour 30,
00:28:28à peu près,
00:28:29de membres nommés.
00:28:30C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui
00:28:31une surreprésentation
00:28:32de catégories
00:28:33issues du vote syndical
00:28:35au sein des institutions.
00:28:37Ce n'est pas du tout
00:28:39une critique en soi.
00:28:41Ça ne suffit pas
00:28:42à caractériser
00:28:43la défaillance
00:28:45probable du CNU.
00:28:46Mais disons que
00:28:46à partir du moment
00:28:47où on rentre
00:28:47dans tout corps politique
00:28:49dans une démarche politique
00:28:50d'élection
00:28:51et de conviction,
00:28:52eh bien,
00:28:53l'État perd en partie
00:28:54le contrôle,
00:28:55sans doute,
00:28:56de la qualité scientifique
00:28:58du travail
00:28:59mené par le CNU.
00:29:00et des voies discordantes
00:29:03ou des voies parascientifiques
00:29:04ou des voies
00:29:05qui mériteraient peut-être
00:29:06d'être parfois
00:29:07minorées,
00:29:08encadrées
00:29:08ou atténuées,
00:29:10trouvent des relais
00:29:11plus forts
00:29:12dès lors
00:29:13qu'ils trouvent
00:29:13une représentation
00:29:14au sein des CNU.
00:29:16Voilà,
00:29:17au sein des
00:29:18différentes sections.
00:29:19Puisque si vous...
00:29:20Alors,
00:29:21la transversalité,
00:29:22vous voyez,
00:29:22lorsqu'on parle de l'université,
00:29:23on a souvent parlé
00:29:24du travail coopératif,
00:29:28de la transversalité disciplinaire.
00:29:30Mais il faut bien voir
00:29:31que lorsqu'on parle
00:29:32de transversalité
00:29:33dans l'université,
00:29:34on effondre en réalité
00:29:35la construction
00:29:36de ce qu'est l'université
00:29:37de son épistémologie.
00:29:38Lorsque vous recrutez
00:29:40un jeune maître de conférence,
00:29:42je dis jeune
00:29:42parce que je suis
00:29:42un vieux maître de conférence,
00:29:44mais lorsque vous recrutez
00:29:45un jeune maître de conférence,
00:29:46c'est une promesse d'espoir,
00:29:47vous le recrutez
00:29:48en linguistique,
00:29:49par exemple,
00:29:49linguistique médiévale.
00:29:50Vous le recrutez
00:29:51parce que ça correspond
00:29:52à une formation,
00:29:53une formation en licence,
00:29:54c'est un cadre national,
00:29:55ça correspond à un enseignement
00:29:56dans les concours,
00:29:57le CAPES,
00:29:58l'agrégation,
00:29:59ça correspond
00:29:59à une typologie
00:30:00d'enseignement.
00:30:01Si le lendemain
00:30:02de son élection,
00:30:03le collègue décide
00:30:04que son rattachement
00:30:06disciplinaire
00:30:07est mineur
00:30:07par rapport
00:30:08à son engagement
00:30:09disciplinaire
00:30:10au sein d'une study
00:30:10qui pourrait être
00:30:13l'étude,
00:30:15j'en ai quelques-unes
00:30:16sous les yeux,
00:30:17l'étude des gens fluides
00:30:19de Jeanne d'Arc
00:30:20au sein de trans
00:30:20et que son entrée
00:30:22disciplinaire,
00:30:23linguistique médiévale,
00:30:24par exemple,
00:30:25pour ne parler que
00:30:25de mon domaine,
00:30:26est secondaire
00:30:27par rapport
00:30:28à son nouveau champ
00:30:29d'études
00:30:30qui lui rapporte plus.
00:30:31Vous en avez
00:30:32pour 30 ans.
00:30:34Vous avez créé
00:30:35une discipline.
00:30:36Vous allez orienter
00:30:37un recrutement
00:30:38de doctorants derrière.
00:30:40Juste le titre,
00:30:41pardon ?
00:30:42Juste pour qu'on
00:30:43l'ait bien en tête
00:30:43parce qu'il n'est pas intuitif.
00:30:45qui est paru.
00:30:46J'en ai quelques-uns.
00:30:47Si vous voulez,
00:30:47sur le mois de février,
00:30:48je pourrais vous en parler
00:30:49tout à l'heure,
00:30:49mais les gens fluides
00:30:50de Jeanne d'Arc
00:30:50au sein de trans.
00:30:51Mais si,
00:30:52je peux vous en donner
00:30:54à titre d'exemple,
00:30:57sur un mois,
00:30:58des communications
00:30:59que nous pouvons recevoir
00:31:00comme alerte
00:31:01ou comme veille.
00:31:03recadré
00:31:03en tant que revue,
00:31:05livre,
00:31:06appel à colloque,
00:31:07colloque, etc.
00:31:081er février,
00:31:09publication en revue
00:31:09Pratiques féministes
00:31:10et queer
00:31:10de la microédition.
00:31:12Séminaire,
00:31:12le 3 février,
00:31:13du cluster gender,
00:31:14sexisme,
00:31:14penser les racines du mal.
00:31:163 février,
00:31:17rencontre avec l'auteur
00:31:18les gens fluides
00:31:18de Jeanne d'Arc
00:31:19au sein de trans.
00:31:194 février,
00:31:21imaginaire queer,
00:31:22transgression religieuse
00:31:23et culturelle
00:31:23à travers l'espace
00:31:24et le temps.
00:31:244 février,
00:31:25toujours,
00:31:26femmes,
00:31:26féminisme,
00:31:26genre,
00:31:27sexualité,
00:31:27nouveaux enjeux
00:31:28dans les études littéraires.
00:31:295 février,
00:31:30annonce de publication
00:31:31en revue,
00:31:31écriture inclusive
00:31:32non genrée,
00:31:33comment la mettre en oeuvre
00:31:34tout en restant accessible.
00:31:357 février,
00:31:37CNRS,
00:31:37philosophie et féminisme.
00:31:39Appel à communication
00:31:40pour un colloque,
00:31:41corporealité féministe
00:31:42et queer
00:31:42dans les pratiques
00:31:43circassiennes
00:31:43et performatives.
00:31:4614 février,
00:31:47annonce de publication
00:31:48d'articles
00:31:48dans les coulisses
00:31:49du désir spontané,
00:31:50sexualité hétérosexuelle,
00:31:51travail des femmes
00:31:52et ordre du genre.
00:31:5315 février,
00:31:54annonce de publication
00:31:54d'articles
00:31:55incarner l'autorité arbitrale
00:31:56dépend-il du genre,
00:31:57théorie et pratique
00:31:58de l'écoféminisme,
00:31:59genre et subjectivité,
00:32:00enjeux épistémologiques
00:32:01et didactiques,
00:32:02étudier la littérature
00:32:03lesbienne,
00:32:03une gouine et une folle
00:32:04enquête en territoire
00:32:05hétérosexuel,
00:32:07danser workshop
00:32:07dans le cadre
00:32:08du mois du genre,
00:32:09publication d'un numéro
00:32:10de revue
00:32:10sur la féminisation des noms
00:32:12et des constructions
00:32:12des stéréotypes
00:32:13sur les voix trans
00:32:13et féministes en musique,
00:32:14sur la douleur chronique
00:32:15comme enjeux féministes
00:32:16ou la traduction d'un article
00:32:17sur les discours anti-trans
00:32:18dans la médecine,
00:32:19gender news,
00:32:20une approche computationnelle
00:32:21des écarts de représentation
00:32:22de genre dans la presse française.
00:32:23J'arrive assez rapidement
00:32:25au 21 février,
00:32:26mais parce que je n'étais là
00:32:27que sur les appels
00:32:28à contribution,
00:32:29je peux revenir au 3 février
00:32:30maintenant pour les colloques.
00:32:323 février,
00:32:33art et décolonialité,
00:32:353 février,
00:32:35enjeux du présent,
00:32:36nom du passé,
00:32:37qui peut parler de quoi ?
00:32:37Les études des coloniales
00:32:38d'Amérique latine
00:32:39et des Caraïbes,
00:32:39etc.
00:32:41Donc c'est ça que j'appelle
00:32:42la transversalité,
00:32:43si vous voulez,
00:32:44c'est fondé.
00:32:45Vous voyez qu'à chaque fois,
00:32:46ce sont des points de vue
00:32:47qui ont une entrée disciplinaire,
00:32:49par exemple la littérature,
00:32:51mais un objet
00:32:51qui revendique
00:32:53d'être la nouvelle université,
00:32:55d'une certaine façon.
00:32:59Merci pour cette énumération
00:33:01qui est assez évocatrice
00:33:02en elle-même.
00:33:04Elle date un peu,
00:33:04pour être tout à fait honnête
00:33:05avec la commission,
00:33:06puisque je suis sous serment,
00:33:07elle est de 2023,
00:33:08j'en ai de réactualiser,
00:33:09mais celle-ci a été prouvée,
00:33:11validée,
00:33:11a été...
00:33:12Très bien, parfait.
00:33:13Écoutez,
00:33:14c'est très bien comme ça.
00:33:16Merci beaucoup.
00:33:17Alors,
00:33:18je reviens maintenant
00:33:19sur la question
00:33:21qui est très liée,
00:33:22d'après ce que vous avez décrit,
00:33:24des appels à projets.
00:33:25Vous avez eu
00:33:27un propos
00:33:28qui expliquait
00:33:31le rôle
00:33:31des appels à projets,
00:33:32notamment européens,
00:33:34dans la façon
00:33:36dont ont évolué
00:33:36les disciplines
00:33:37vers les studies
00:33:38que vous avez présentés.
00:33:40Vous avez eu un propos
00:33:42pour autant modéré.
00:33:44Je reprends vos termes.
00:33:46Une démocratie peut légitimement
00:33:48définir des priorités
00:33:48de recherche.
00:33:50Et effectivement,
00:33:52ça semble légitime
00:33:53et sans doute aussi nécessaire.
00:33:55Comment est-ce que,
00:33:56pour vous,
00:33:57on positionne
00:33:59intelligemment
00:33:59le curseur
00:34:01entre les subventions
00:34:03socles
00:34:03qui permettent
00:34:04une liberté académique
00:34:06totale
00:34:06de l'enseignant-chercheur
00:34:07et cette nécessité
00:34:09de fléchage
00:34:10pour orienter
00:34:12la recherche
00:34:13sur un certain nombre
00:34:14d'éléments
00:34:15de souveraineté nationale,
00:34:17par exemple ?
00:34:18C'est une excellente question.
00:34:20J'y répondrai
00:34:20dans la modeste mesure
00:34:21de mes compétences.
00:34:22Effectivement,
00:34:23on confond souvent
00:34:24militantisme et science.
00:34:25C'est ce à quoi
00:34:27nous sommes aujourd'hui
00:34:29confrontés.
00:34:30Alors,
00:34:30dans le cadre
00:34:30des appels à projets,
00:34:31je voudrais peut-être
00:34:32quand même préciser
00:34:33qu'un premier élément
00:34:36d'émancipation
00:34:37serait l'information
00:34:39de la Commission européenne
00:34:41du mode de fonctionnement
00:34:43des disciplines françaises.
00:34:44C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:34:45on est confrontés
00:34:46à un monde
00:34:50technocratique.
00:34:51Ça a des qualités.
00:34:53Quand je dis technocratique,
00:34:54je ne veux pas l'accabler.
00:34:56C'est une administration
00:34:56qui n'a pas les mots
00:34:58de l'université française.
00:34:59Tout simplement parce qu'elle
00:35:01ne s'en soucie pas
00:35:01parce que cette technocratie
00:35:03est anglo-saxonne,
00:35:05parle l'anglais
00:35:06et que la France
00:35:07n'y pratique aucun lobbying.
00:35:09Nous n'y sommes pas
00:35:10représentés
00:35:11ni en tant que chercheurs
00:35:12ni en tant que communauté
00:35:13scientifique.
00:35:14Donc,
00:35:15je pense qu'il ne s'agit pas
00:35:16de lutter
00:35:18contre les mécaniques
00:35:19de ce financement,
00:35:21mais il s'agirait peut-être
00:35:22de s'en saisir
00:35:23et d'y participer
00:35:24pleinement.
00:35:25Enfin,
00:35:25je pense qu'une des premières
00:35:26missions
00:35:28de souveraineté nationale
00:35:29que devrait se fixer
00:35:31aujourd'hui
00:35:32l'État
00:35:32serait celui
00:35:33d'accompagner
00:35:35cette modification
00:35:36en,
00:35:37d'une certaine façon,
00:35:38atténuant un peu
00:35:39les effets
00:35:40de cette lutte
00:35:41entre,
00:35:41d'un côté,
00:35:41la common law
00:35:42et de l'autre,
00:35:43le droit continental.
00:35:44C'est de ça
00:35:45dont nous parlons
00:35:46en réalité.
00:35:47Et la technocratie
00:35:48européenne,
00:35:49aujourd'hui,
00:35:50fonctionne avec
00:35:51ses propres mots
00:35:52et avec ses propres
00:35:53habitudes
00:35:53et sa propre éthique.
00:35:56ça heurte
00:35:57de plein fouet
00:35:58l'organisation
00:35:59épistémologique
00:35:59disciplinaire,
00:36:00notamment le CNU
00:36:01dont nous parlions,
00:36:02par exemple,
00:36:02c'est-à-dire l'organisation
00:36:03en discipline
00:36:03d'où découlent
00:36:04tous les étages
00:36:05de la fusée
00:36:07universitaire.
00:36:08Et donc,
00:36:09informer
00:36:10et rendre
00:36:11la France
00:36:11présente
00:36:12dans les structures
00:36:13d'évaluation
00:36:14des appels
00:36:15à projets
00:36:15me semblerait
00:36:16déjà une première mission.
00:36:18Lorsque je dis
00:36:19également
00:36:19qu'on ne doit pas
00:36:21faire une concession,
00:36:22c'est-à-dire
00:36:22que la liberté
00:36:23académique n'est pas
00:36:23une concession
00:36:26faite aux chercheurs
00:36:27vécue comme un moindre mal.
00:36:29C'est la condition même
00:36:30de l'état de recherche.
00:36:32Oui,
00:36:32la recherche,
00:36:33aujourd'hui,
00:36:33c'est accepter
00:36:34qu'un chercheur ait tort.
00:36:35Et d'ailleurs,
00:36:36les idées nouvelles
00:36:37auxquelles nous sommes
00:36:38confrontés,
00:36:39si elles se constituent
00:36:39en discipline,
00:36:40si elles se constituent
00:36:41en study,
00:36:42peuvent avoir tort.
00:36:43Ce n'est pas de l'argent
00:36:44perdu que de financer
00:36:45un chercheur
00:36:46qui a tort.
00:36:47C'est une logique
00:36:48qui n'est pas très
00:36:50business model compatible,
00:36:51qui n'est pas très
00:36:52management
00:36:53moderne,
00:36:54mais aujourd'hui,
00:36:55financer un chercheur
00:36:56qui a tort,
00:36:56ce n'est pas perdre
00:36:57du temps,
00:36:57d'une part.
00:36:58Et d'autre part,
00:37:00financer la recherche
00:37:01de quelqu'un
00:37:01qui pourrait avoir tort,
00:37:03ce n'est pas du temps
00:37:03perdu.
00:37:05Donc,
00:37:06donner son autonomie,
00:37:07sa légitimité
00:37:08aux chercheurs
00:37:09au sein d'une école
00:37:10doctorale,
00:37:10par exemple,
00:37:12favoriser le recrutement
00:37:13de chercheurs,
00:37:14donner le temps
00:37:14de la recherche,
00:37:15ce sont des choses
00:37:16qui sont fondamentales.
00:37:17Rendez-vous compte
00:37:18qu'aujourd'hui,
00:37:20je parle encore
00:37:21comme un vieux
00:37:21maître de conférences,
00:37:22mais un enseignant
00:37:24qui voudrait faire
00:37:25une thèse aujourd'hui
00:37:26est invalidé
00:37:28par les écoles
00:37:28doctorales,
00:37:29que ce soit
00:37:29dans nos disciplines
00:37:30d'ailleurs
00:37:30ou dans les disciplines
00:37:31scientifiques.
00:37:33On ne recrute plus
00:37:35en doctorat
00:37:35que des étudiants
00:37:36qui sont financés
00:37:37par les écoles
00:37:38doctorales
00:37:38dans le cadre
00:37:39d'un contrat doctoral.
00:37:41un enseignant
00:37:42du secondaire
00:37:43qui aurait passé
00:37:44l'agrégation
00:37:44qui voudrait
00:37:45poursuivre sa thèse
00:37:46et qui dirait
00:37:47« moi, en trois ans,
00:37:48je n'aurai pas le temps,
00:37:49mais donnez-moi cinq ans,
00:37:49je finirai »,
00:37:50ce qui était le modèle
00:37:51traditionnel
00:37:51dans les études littéraires,
00:37:53mais même mathématiques
00:37:54et scientifiques autrefois,
00:37:55aujourd'hui est refusé
00:37:56par les écoles doctorales
00:37:57parce qu'on n'a pas le temps.
00:37:59Et donc,
00:37:59on va refuser
00:38:00un jeune agrégatif
00:38:02qui enseigne,
00:38:02mais on va financer
00:38:03la thèse
00:38:04d'un étudiant
00:38:06lambda
00:38:07qui,
00:38:08sur la base
00:38:08d'un projet un peu flou,
00:38:10restera deux ans,
00:38:11sera financé
00:38:12et disparaîtra
00:38:13dans les limbes
00:38:13sans jamais avoir
00:38:14rien produit.
00:38:14Qu'est-ce qui est
00:38:15le plus contre-productif
00:38:16aujourd'hui
00:38:16pour l'État ?
00:38:18La disparition
00:38:19d'un étudiant
00:38:19qu'on a financé
00:38:20pendant deux ans
00:38:20ou favoriser
00:38:21la recherche
00:38:22d'un étudiant
00:38:22autofinancé
00:38:23pendant cinq ?
00:38:24Quelle place
00:38:25accorde-t-on au doctorat ?
00:38:26Comment fait-on ensuite
00:38:26pour le sauver ?
00:38:31Parfait.
00:38:32Merci beaucoup.
00:38:34Une dernière question
00:38:35me concernant.
00:38:37vous avez récemment
00:38:38fait état de pression
00:38:39à l'égard
00:38:40d'enseignements chercheurs
00:38:41et de l'instrumentalisation
00:38:42des instances disciplinaires
00:38:44de l'université.
00:38:45Est-ce que vous pouvez
00:38:46nous en dire plus
00:38:47sur ce phénomène
00:38:49qui est,
00:38:50pour tout vous dire,
00:38:52à l'origine
00:38:53de notre volonté
00:38:55de vous entendre,
00:38:56même si tout ce que
00:38:57vous nous avez dit
00:38:57est extrêmement intéressant,
00:38:59mais on aimerait bien...
00:39:01Là, vous pouvez prendre
00:39:02un petit peu de temps
00:39:03pour détailler
00:39:04ces pressions
00:39:06que vous avez décrites
00:39:08et le rôle
00:39:10des instances disciplinaires
00:39:12internes
00:39:12à l'université.
00:39:13Je crois que vous êtes
00:39:14président ou vice-président
00:39:15d'une association.
00:39:16Donc, si vous voulez bien
00:39:17nous dire un petit mot,
00:39:18vous n'en avez pas du tout
00:39:19parlé dans votre propos liminaire
00:39:20et on est très content
00:39:22de vous avoir entendu
00:39:23et de vous avoir interrogé
00:39:24sur tous les autres sujets.
00:39:25Mais sur ce thème-là,
00:39:26si vous voulez bien
00:39:27nous en parler quelques minutes
00:39:28parce que c'est un éclairage
00:39:30que nous n'avons pas encore eu.
00:39:31Merci, madame la rapporteure.
00:39:34Oui, alors je suis président
00:39:35d'une association
00:39:36qui s'appelle
00:39:37le Laboratoire d'analyse
00:39:38des idéologies contemporaines,
00:39:39le laïc,
00:39:40et qui anime donc
00:39:41l'Observatoire du décolonialisme
00:39:43depuis maintenant presque une...
00:39:45Alors, officiellement
00:39:46depuis 2021
00:39:46et le premier ouvrage
00:39:48que nous avions publié
00:39:49avec Jean Slamowicz à l'époque
00:39:51date de 2017,
00:39:52ce qui marque à peu près
00:39:53la naissance
00:39:54de cette fédération
00:39:55d'enseignants-chercheurs
00:39:56qui nous étions regroupés
00:39:58dans le but de documenter
00:40:00ce que nous vivions déjà
00:40:02à l'université
00:40:03puisqu'en réalité
00:40:05nous avions publié
00:40:06un petit ouvrage
00:40:07qui s'appelait
00:40:07Le sexe et la langue
00:40:08qui était un pamphlet
00:40:10un peu, je le reconnais,
00:40:13dont le titre
00:40:13était un peu provocateur,
00:40:16merci,
00:40:16mais dont le contenu
00:40:17lui était parfaitement scientifique
00:40:19et notamment
00:40:19la partie historique
00:40:21qui concernait
00:40:22l'histoire de la langue
00:40:24et à l'occasion
00:40:25d'une conférence
00:40:26à laquelle nous avions été invités
00:40:27pour donner conférence
00:40:28en Sorbonne
00:40:29qu'elle n'avait pas été
00:40:30notre surprise
00:40:31en 2017
00:40:32de découvrir
00:40:32qu'une vingtaine
00:40:33de collègues
00:40:34avaient manifesté
00:40:36auprès du président
00:40:37leur volonté
00:40:38d'interdire
00:40:39notre intervention
00:40:40en séminaire doctoral
00:40:42au titre
00:40:42que nous n'étions
00:40:44ni légitimes
00:40:45ni capables
00:40:46de parler
00:40:46de l'écriture inclusive
00:40:47puisque nous ne la pratiquions pas.
00:40:49Donc,
00:40:51la boucle était bouclée,
00:40:52on ne peut pas s'en sortir,
00:40:53on ne peut pas être linguiste,
00:40:54voilà,
00:40:55c'en était fini de nous
00:40:56et à ce moment-là
00:40:57on s'était rendu compte
00:40:58que finalement
00:40:58notre légitimité,
00:41:00nos études,
00:41:01tout ça,
00:41:01ça ne comptait vraiment pas
00:41:02puisque nous ne manifestions pas
00:41:03notre idéologie
00:41:04et donc nous avons constitué
00:41:05cette association
00:41:06qui peu à peu
00:41:07a pris un peu de place
00:41:07et qui compte aujourd'hui
00:41:092000 abonnés
00:41:10et 250 membres permanents
00:41:13et une centaine
00:41:14de membres actifs
00:41:15et une dizaine
00:41:16de membres du bureau
00:41:17qui s'attachent
00:41:19à documenter
00:41:20ce que vous retrouvez
00:41:23sur le site lui-même
00:41:24et notamment
00:41:25nous publions
00:41:25tous les ans
00:41:26depuis maintenant 5 ans
00:41:27un rapport
00:41:28sur ce que nous appelons
00:41:29la pénétration
00:41:30des idéologies identitaires
00:41:31mais qui est un rapport
00:41:33pour citer les collègues
00:41:34matter of fact
00:41:35donc nous ne commentons pas,
00:41:37nous documentons
00:41:38ce qui nous permet
00:41:38d'avoir ce genre de liste
00:41:40qui vous en fait sourire
00:41:40tout à l'heure
00:41:41mais malheureusement
00:41:42tout ne fait pas rire
00:41:44les pressions subies
00:41:46par les enseignants-chercheurs
00:41:47aujourd'hui sont
00:41:47de différents ordres
00:41:48typiquement
00:41:50ce que nous avions vécu
00:41:51en 2017
00:41:52avec Jean Slamowicz
00:41:53qui est donc lui
00:41:54un maître de conférence
00:41:55à Dijon
00:41:55et professeur à Dijon
00:41:57maintenant
00:41:57pardon
00:41:58c'était une agression
00:42:01disons
00:42:01larvée
00:42:02la plupart des pressions
00:42:04subies par les collègues
00:42:04sont des pressions
00:42:05liées au mode
00:42:06de sélection
00:42:07et d'élection
00:42:08dans les universités
00:42:09les carrières
00:42:10dans l'université
00:42:11et c'est tout à fait légitime
00:42:12sont gérées
00:42:14par les pairs
00:42:15nous sommes élus
00:42:15à nos différents postes
00:42:16nous sommes élus
00:42:17à nos promotions
00:42:17nous sommes élus
00:42:18à nos postes
00:42:19et il est évident
00:42:20que c'est intériorisé
00:42:21par beaucoup de collègues
00:42:22comme une menace
00:42:24permanente
00:42:25si jamais
00:42:26ils sortent
00:42:26de ce qu'ils identifient
00:42:28comme étant
00:42:28le phénomène majeur
00:42:30ou le phénomène
00:42:32qui conditionne
00:42:33leur autonomie
00:42:34au sein de leur université
00:42:36ça se traduit
00:42:37si vous voulez
00:42:37par ces milliers
00:42:38de rencontres
00:42:39de collègues
00:42:40qui viennent nous voir
00:42:41je parle de tous les collègues
00:42:42pas que de moi
00:42:43mais qui viennent nous voir
00:42:44en disant
00:42:44vous avez raison
00:42:45moi je ne peux rien dire
00:42:47mais dès que je suis à la retraite
00:42:48je vous rejoins
00:42:48c'est cette pression là
00:42:52dont les collègues
00:42:53peuvent s'émanciper
00:42:53c'est pour ça
00:42:54que les collègues
00:42:58n'ont qu'à en quelque sorte
00:43:01participer à nos travaux
00:43:01ça c'est le premier rang
00:43:02si vous voulez
00:43:03de ces pressions
00:43:04subies par les collègues
00:43:06il y a des pressions
00:43:07plus fortes
00:43:07qui sont celles
00:43:08vécues par les collègues
00:43:10au sein de leurs unités
00:43:11de recherche
00:43:12laboratoires
00:43:12écoles doctorales
00:43:14dans lesquelles
00:43:14on refuse explicitement
00:43:16les élections de budget
00:43:17les élections de doctorants
00:43:18au titre
00:43:19tout simplement
00:43:20du fait
00:43:21qu'ils n'appartiennent pas
00:43:22à la mouvance
00:43:24qui porte
00:43:26certains projets
00:43:26ce n'est pas forcément
00:43:28que leur courant
00:43:29n'est pas financé
00:43:30ni par la recherche
00:43:31ni par rien
00:43:31mais
00:43:31ils se voient
00:43:33fermer les portes
00:43:34des écoles doctorales
00:43:35on voit de plus en plus
00:43:37utilisé par les présidents
00:43:39d'universités
00:43:40qui nomment
00:43:40les membres
00:43:41de la commission
00:43:43disciplinaire
00:43:43les commissions disciplinaires
00:43:45utilisées
00:43:46comme des substituts
00:43:47d'une justice
00:43:48immanente
00:43:49les commissions disciplinaires
00:43:51sont nommées
00:43:51par les présidents
00:43:52d'universités
00:43:53j'ai moi-même été
00:43:54vice-président
00:43:55des commissions disciplinaires
00:43:56de mon université
00:43:57j'ai été
00:43:58moi-même attaqué
00:44:00en commission disciplinaire
00:44:01autrefois
00:44:01Samuel Mayol également
00:44:03les commissions disciplinaires
00:44:04sont utilisées
00:44:05parfois
00:44:06comme des outils
00:44:07de pression idéologique
00:44:08les membres des commissions
00:44:09sont en quelque sorte
00:44:10affiliés
00:44:11aux élections
00:44:12et sont donc affiliés
00:44:13aux présidents
00:44:15des universités
00:44:16qui voient
00:44:17dans la commission disciplinaire
00:44:18souvent
00:44:18un moyen
00:44:20de faire régner
00:44:22l'ordre
00:44:23dans l'établissement
00:44:24je ne présuppose pas
00:44:25si vous voulez
00:44:26que tous les procès
00:44:27sont politiques
00:44:28je pense que c'est aussi
00:44:29une façon de parer
00:44:29l'urgence
00:44:30parfois
00:44:31mais le fait est
00:44:33qu'aujourd'hui
00:44:33nous avons nous
00:44:34dans l'observatoire
00:44:3510 commissions disciplinaires
00:44:37en cours
00:44:38ce qui nous a amené
00:44:39d'ailleurs à créer
00:44:40une association
00:44:41de défense
00:44:42de la liberté académique
00:44:43la DLA
00:44:44qui finance
00:44:45en partie
00:44:46les frais d'avocat
00:44:47puisque c'est la même université
00:44:49qui mène
00:44:50les poursuites disciplinaires
00:44:51contre un collègue
00:44:51qui refuse
00:44:52la protection fonctionnelle
00:44:54mettant parfois
00:44:55certains collègues
00:44:56dans des situations
00:44:57financières
00:44:58absolument
00:44:59sidérantes
00:45:01nous avons
00:45:01trois dossiers
00:45:02de collègues
00:45:02dont les frais
00:45:03d'avocat
00:45:04s'élèvent
00:45:04à plus de 60 000 euros
00:45:05et qui n'ont jamais
00:45:07été en situation
00:45:08de pouvoir
00:45:09rentrer dans leurs fonds
00:45:10et qui n'ont jamais
00:45:10bénéficié
00:45:11de la protection fonctionnelle
00:45:12il est évident
00:45:13que cela incite
00:45:14à la modestie
00:45:15et à la discrétion
00:45:16bien souvent
00:45:17les universités
00:45:18seront désavouées
00:45:19par le CNESER
00:45:19lorsque les commissions
00:45:21sont illégitimes
00:45:22une commission
00:45:22est légitime
00:45:23lorsque par exemple
00:45:24une action publique
00:45:25est entreprise
00:45:28par un tribunal
00:45:29ou qu'une enquête
00:45:31a lieu
00:45:32qu'une plainte
00:45:32est déposée
00:45:32dans un commissariat
00:45:33qu'une enquête
00:45:34a lieu
00:45:34qu'elle conclue
00:45:35par exemple
00:45:35un comportement déviant
00:45:37il faut protéger
00:45:37immédiatement
00:45:38l'université
00:45:39ça c'est le fonctionnement
00:45:40normal
00:45:40de la commission disciplinaire
00:45:42ça l'est moins
00:45:43lorsque nous avons
00:45:44par exemple
00:45:45un collègue
00:45:45qui est accusé
00:45:46de sexisme
00:45:47pour être sorti
00:45:48trop tard
00:45:49de sa salle de cours
00:45:50avec cinq minutes
00:45:51de retard
00:45:51alors qu'une collègue
00:45:53devait lui succéder
00:45:55qu'elle lui a fait
00:45:55une réflexion
00:45:56et qu'il lui a répondu
00:45:57sur un ton
00:45:57un peu violent
00:45:58qu'elle n'avait qu'à
00:45:59attendre dans le couloir
00:46:00et de se retrouver
00:46:01mise à pied
00:46:02et effacée
00:46:04de tous ses cours
00:46:05voilà
00:46:06l'université parisienne
00:46:07c'est un dossier
00:46:08c'est le cas
00:46:09d'un autre collègue
00:46:10qui dirige un master
00:46:11et qui
00:46:12sur la base
00:46:13de dénonciations
00:46:14très tardives
00:46:15se retrouve
00:46:16mis à pied
00:46:17de son master
00:46:17de ses enseignements
00:46:18à deux ans de la retraite
00:46:19sous couvert
00:46:20de commissions disciplinaires
00:46:21alors qu'aucune autre démarche
00:46:23n'est entreprise
00:46:24par personne
00:46:24contre lui
00:46:25et voilà un collègue
00:46:26qui se retrouve
00:46:26piézé-poinlier
00:46:28une commission disciplinaire
00:46:29décidant de ne lui accorder
00:46:31qu'un demi-traitement
00:46:32pendant deux ans
00:46:33le voilà
00:46:34piézé-poinlier
00:46:35dégagé de son master
00:46:36avec un demi-salaire
00:46:37en attendant la retraite
00:46:38ce sont ces fonctionnements-là
00:46:40qui ne sont pas médiatiques
00:46:41qui ne sont pas
00:46:43qui sont insaisissables
00:46:45parce qu'ils relèvent
00:46:45de ces fonctionnements
00:46:47de communautés
00:46:48de groupes
00:46:49qu'on doit retrouver
00:46:49dans l'entreprise
00:46:50j'en suis certain
00:46:50qu'on retrouve dans l'université
00:46:52également
00:46:52mais dans l'université
00:46:54ça devient un comportement
00:46:55institutionnel
00:46:55qui est porté
00:46:56par la voix d'un président
00:46:57la chose est différente
00:46:59et donc aujourd'hui
00:47:00il y a un signal
00:47:01d'alarme à tirer
00:47:02oui la commission disciplinaire
00:47:04est là pour protéger
00:47:05le campus
00:47:0625 000-30 000 étudiants
00:47:08des agissements
00:47:08de quelqu'un
00:47:09de dangereux
00:47:10non la commission disciplinaire
00:47:12n'est pas le moyen
00:47:13de régler les problèmes
00:47:14lorsqu'il y a
00:47:15des désaccords
00:47:16entre des collègues
00:47:17sur la gestion
00:47:18d'un master
00:47:18ou d'une série de cours
00:47:23merci beaucoup
00:47:26madame Lavarde
00:47:27vous avez
00:47:28vous avez la parole
00:47:30chers collègues
00:47:30merci
00:47:31je ne sais pas
00:47:32combien de personnes
00:47:32regardent cette audition
00:47:33mais moi je suis édifiée
00:47:35par ce que je viens d'entendre
00:47:36en fait je n'imaginais même pas
00:47:37qu'on pouvait
00:47:38produire autant
00:47:39de travaux
00:47:40dont je ne suis pas certaine
00:47:42de l'intérêt
00:47:43pour la conduite
00:47:44de la nation
00:47:44financée
00:47:45par nos impôts
00:47:47tous
00:47:47je ne dis pas
00:47:48qu'il ne faut pas en faire
00:47:49mais en faire autant
00:47:50alors qu'on
00:47:51dans tout un tas
00:47:52d'autres disciplines
00:47:53on arrête
00:47:54et on manque de crédit
00:47:54pour la recherche
00:47:55enfin je pense que
00:47:56ce n'est pas devant
00:47:57le rapporteur
00:47:58et le président
00:47:59ou deux membres
00:47:59de la commission
00:48:00de la culture
00:48:01qui pourront me dédire
00:48:02sur le fait
00:48:02qu'aujourd'hui
00:48:04on a quelques petites
00:48:06quelques petites lacunes
00:48:07mais je voudrais
00:48:08poser une question
00:48:09peut-être beaucoup plus
00:48:10terre à terre
00:48:10pragmatique
00:48:12vous avez fait
00:48:13il n'y a pas très longtemps
00:48:14une tribune
00:48:15incitant à enseigner
00:48:17le plaisir de lire
00:48:18j'ai mené
00:48:19un certain nombre
00:48:19de travaux
00:48:21au Sénat
00:48:22sur des sujets
00:48:23divers et variés
00:48:24notamment dans le cadre
00:48:25de la délégation
00:48:25à la prospective
00:48:27et j'ai le sentiment
00:48:28que là
00:48:29on est en train
00:48:30d'ajouter
00:48:31un nombre
00:48:31de blocs
00:48:34dans l'enseignement
00:48:35du niveau collège
00:48:36et du niveau lycée
00:48:38qui finalement
00:48:39comme on n'a pas
00:48:40enfin j'ai pas lu
00:48:41qu'on a augmenté
00:48:41le temps de scolarisation
00:48:42enfin de présence
00:48:43dans les établissements
00:48:44scolaires des élèves
00:48:45je me demande juste
00:48:46ce qui va rester
00:48:48pour l'enseignement
00:48:49des matières classiques
00:48:51donc qu'est-ce que
00:48:51vous en pensez
00:48:52là à la rentrée scolaire
00:48:53normalement
00:48:54désormais
00:48:55l'éducation
00:48:56aux médias
00:48:56et à l'information
00:48:57qui est censée
00:48:57être enseignée
00:48:58depuis les années 1980
00:49:00va faire l'objet
00:49:01d'un programme
00:49:02qui a été validé
00:49:03et d'un module spécifique
00:49:05au même titre
00:49:06que les VARS
00:49:06le ministère
00:49:08de l'économie
00:49:08et des finances
00:49:09a communiqué
00:49:10en grande pompe
00:49:11au mois d'avril
00:49:12au mois de mai
00:49:13pour dire
00:49:13qu'elle est désormais
00:49:14être introduit
00:49:15un cours
00:49:16d'initiation
00:49:17à l'économie
00:49:19qui n'est pas
00:49:19le module
00:49:20de sciences économiques
00:49:21mais pour tous les élèves
00:49:22là aussi
00:49:22on était très mauvais
00:49:23mais
00:49:25je pourrais faire
00:49:26une liste comme ça
00:49:27d'un catalogue
00:49:27de tout ce que nos enfants
00:49:29sont censés apprendre
00:49:30au collège
00:49:31et comment est-ce
00:49:32qu'on peut consigner ça
00:49:33avec effectivement
00:49:34enseigner le simple
00:49:35plaisir de lire
00:49:36revenir à des classiques
00:49:37et est-ce que finalement
00:49:38ce que vous
00:49:38vous observez
00:49:40plus tard à l'université
00:49:42n'est pas la conséquence
00:49:42aussi de ces choix
00:49:43qu'on fait sur le collège
00:49:45sachant qu'en plus
00:49:46que les étudiants
00:49:47que vous voyez aujourd'hui
00:49:48sont des jeunes
00:49:49qui étaient au collège
00:49:50il y a 10 ans
00:49:51donc eux
00:49:51ils n'ont pas eu
00:49:52ni le MI
00:49:52ni les VARS
00:49:53ni le module
00:49:55d'éducation financière
00:49:56ni tout ce que je ne connais
00:49:57pas encore
00:49:58et que je vais découvrir
00:49:59si je prolonge mes travaux
00:50:01voilà
00:50:02ma question est très pragmatique
00:50:03mais en fait
00:50:04ce que vous m'avez dit
00:50:06me sidère en fait
00:50:07comme maman
00:50:08de personnes
00:50:08qui iront certainement
00:50:09un jour
00:50:10faire des études supérieures
00:50:11je me dis
00:50:12mais où est-ce qu'on peut
00:50:12les emmener
00:50:13pour qu'ils apprennent
00:50:13des choses simples
00:50:14pour la vie de tous les jours
00:50:16qui contribuent ensuite
00:50:17au pays
00:50:19Monsieur Salvador
00:50:20vous avez la parole
00:50:22Merci Monsieur le Président
00:50:23pardon
00:50:25vous avez parfaitement raison
00:50:27la tribune
00:50:28que j'ai signée
00:50:29sur le plaisir de lire
00:50:30le titre était
00:50:31des journalistes
00:50:32moi j'ai dit
00:50:32que je critiquais
00:50:34dans la tribune
00:50:35le fait qu'aujourd'hui
00:50:36on assigne
00:50:36au livre et à la lecture
00:50:38des missions
00:50:38qui ne sont pas
00:50:39les siennes
00:50:39c'est à dire
00:50:40qu'on a glissé
00:50:42progressivement
00:50:42dans l'école
00:50:43d'un enseignement
00:50:44de savoir
00:50:44à un enseignement
00:50:45de comportement
00:50:46qui est en réalité
00:50:46un enseignement de morale
00:50:48mais une morale
00:50:49qui ne dit pas son nom
00:50:50et dont personne
00:50:50ne veut revendiquer
00:50:51ni assumer
00:50:52le fait qu'elle dit
00:50:53explicitement
00:50:53qu'elle doit justement
00:50:55préparer à ça
00:50:57dans l'université
00:50:58aujourd'hui
00:50:58nous le constat
00:50:59que nous faisons
00:50:59et ça pour le coup
00:51:00je pense que c'est un consensus
00:51:01et tous les collègues
00:51:02qui me regarderont
00:51:03je les salue bien volontiers
00:51:04s'accorderont
00:51:05pour dire
00:51:06qu'aujourd'hui
00:51:06dans l'enseignement
00:51:08supérieur
00:51:09les étudiants
00:51:09qui nous arrivent
00:51:12ne savent pas lire
00:51:13et ne savent pas écrire
00:51:14pour la première année
00:51:17toute une promotion
00:51:19d'étudiants
00:51:19de L1
00:51:20ne dépasse pas
00:51:218
00:51:21mais non pas
00:51:23sur des critères
00:51:23de contenu disciplinaire
00:51:24mais sur des critères
00:51:25de maîtrise orthographique
00:51:27et de maîtrise lexicale
00:51:28dans les couloirs
00:51:30les gens ne parlent
00:51:30que de créer
00:51:31des années de tampon
00:51:32une année de tampon
00:51:33deux années de tampon
00:51:34cinq années de tampon
00:51:35entre l'université
00:51:37et le lycée
00:51:37les collègues rêveraient
00:51:39de revenir à une université
00:51:40qui soit une université
00:51:41d'étudiants émancipés
00:51:42qui parle couramment
00:51:43le français
00:51:44ça n'est pas le cas
00:51:45là aujourd'hui
00:51:46et c'est justement
00:51:47ce que j'expliquais
00:51:48à force d'avoir
00:51:50démultiplié
00:51:50les pistes
00:51:51dans le supérieur
00:51:52les bons étudiants
00:51:53ne viennent pas
00:51:53à l'université
00:51:54rencontrer les bons chercheurs
00:51:55qui écrivent
00:51:55les bons livres
00:51:56qu'ils devraient lire
00:51:57donc on a réussi
00:51:58ce tour de force
00:51:59que des étudiants
00:52:01mal formés
00:52:02viennent dans l'université
00:52:04pendant que
00:52:04des élèves bien formés
00:52:06eux s'acharnent
00:52:07à essayer
00:52:07d'éviter
00:52:07de contourner le système
00:52:08tout ça est une gabegie gigantesque
00:52:10et oui vous avez raison
00:52:11chaque fois qu'on ajoute
00:52:12un module
00:52:13dans le secondaire
00:52:16ou dans le primaire
00:52:17et var dans le primaire
00:52:19et varse dans le secondaire
00:52:21il ne faudrait pas
00:52:22tellement se poser
00:52:22la question
00:52:23de ce qu'on ajoute
00:52:23en plus
00:52:24mais de savoir
00:52:24ce qu'on enlève
00:52:25en réalité
00:52:25et aujourd'hui
00:52:26ce qu'on enlève
00:52:27ce sont des savoirs fondamentaux
00:52:28si je prends l'éducation
00:52:29à la vie affective
00:52:30et relationnelle
00:52:31puisque vous avez cité
00:52:32le mot des var
00:52:33aujourd'hui
00:52:34je pense qu'il vaudrait
00:52:35mieux apprendre
00:52:35à des enfants
00:52:36à avoir les mots
00:52:38et la richesse
00:52:39du vocabulaire
00:52:39pour mettre des mots
00:52:40sur les relations affectives
00:52:42connaître la nuance
00:52:43peut-être
00:52:43entre amour
00:52:44affection
00:52:45fraternité
00:52:47agapé
00:52:47je ne sais pas
00:52:48mettez dans les vies relationnelles
00:52:50tout ce que vous estimez
00:52:51qu'il doit y avoir
00:52:53famille
00:52:54comprendre les nuances
00:52:55ce qu'il y a
00:52:55entre tous ces mots
00:52:56et ce serait
00:52:57beaucoup plus utile
00:52:57pour des enfants
00:52:58que d'être initiés
00:52:59brutalement
00:53:00ou frontalement
00:53:01à des notions
00:53:02que les adultes
00:53:02ne maîtrisent même pas
00:53:03eux-mêmes
00:53:04voilà
00:53:04donc là
00:53:05et évidemment
00:53:06que nous
00:53:06nous héritons
00:53:07d'un public
00:53:08qui rentre
00:53:09dans nos rangs
00:53:10avec parfois
00:53:13une vision
00:53:13biaisée
00:53:14de ce qu'est la recherche
00:53:15des compétences lexicales
00:53:16et des compétences
00:53:17orthographiques
00:53:18qui ne sont pas là
00:53:18et qui prétendent
00:53:20ensuite vouloir faire
00:53:21des études
00:53:21auxquelles ils savent
00:53:22très bien
00:53:22qu'ils ne peuvent pas
00:53:23prétendre
00:53:23il ne faut pas prendre
00:53:24cette jeunesse
00:53:25pour ce qu'elle n'est pas
00:53:26elle sait très bien
00:53:27qu'on lui ment
00:53:27et nous lui mentons
00:53:29voilà
00:53:30il faut le savoir
00:53:30et nous le faisons
00:53:32avec un cynisme
00:53:33qui ne nous honore pas
00:53:36rendons
00:53:37à notre jeunesse
00:53:39la maîtrise
00:53:40de sa langue
00:53:40de sa culture
00:53:41et offrons-lui
00:53:42les moyens
00:53:43de s'épanouir
00:53:44dans ce monde commun
00:53:45je dis ça
00:53:46de manière
00:53:46très très brutale
00:53:48parce que je pense
00:53:49qu'aujourd'hui
00:53:51cette jeunesse
00:53:52nous en veut
00:53:53de ne pas le faire
00:53:54et la critique
00:53:55sous-jacente
00:53:56qui est adressée
00:53:57à l'école
00:53:57comme à l'université
00:53:58qui serait de dire
00:53:59que finalement
00:54:01enseigner
00:54:02c'est coloniser
00:54:03les esprits
00:54:03or coloniser
00:54:04c'est mal
00:54:05donc enseigner
00:54:07c'est mal
00:54:07enseigner les savoirs
00:54:09cet aphorisme là
00:54:11est destructeur
00:54:12c'est lui
00:54:12qui justifie
00:54:13qu'on soit passé
00:54:14d'une école
00:54:14des savoirs
00:54:15à une école
00:54:16des comportements
00:54:18résultat
00:54:19on n'a
00:54:19ni les savoirs
00:54:21ni les comportements
00:54:22et dans l'université
00:54:25on ne peut pas
00:54:26en vouloir
00:54:26à notre jeunesse
00:54:28de se révolter
00:54:29contre un système
00:54:30qui l'emmène
00:54:30dans le mur
00:54:33M. Pinoy
00:54:34vous voulez vous exprimer
00:54:36oui merci
00:54:37M. le Président
00:54:38merci pour vos propos
00:54:39je rejoins évidemment
00:54:40ce qu'a dit
00:54:41Christine Lavard
00:54:42à l'instant
00:54:43vous avez parlé
00:54:44de retour
00:54:45à ce qu'a été
00:54:46l'université
00:54:47il y a quelques années
00:54:48peut-être
00:54:48il y a quelques décennies
00:54:49même
00:54:50de la création
00:54:51ou d'envisager
00:54:52des créations
00:54:53d'années tampons
00:54:54de deux années tampons
00:54:55ce qu'on appelle
00:54:56les années prépodétiques
00:54:57pour ce qui nous concerne
00:55:00j'ai été enseignant
00:55:0125 ans
00:55:01de mathématiques
00:55:02personne n'est parfait
00:55:04et un petit calcul
00:55:06assez simple
00:55:06montre que
00:55:07sur les 15 dernières années
00:55:10si on prend
00:55:11le cumul d'heures
00:55:12de mathématiques
00:55:13en particulier
00:55:14mais c'est valable
00:55:14pour d'autres disciplines
00:55:15je pense à la physique
00:55:16aussi
00:55:17et probablement le français
00:55:18si on fait le calcul
00:55:19de nombre d'heures perdues
00:55:21du collège
00:55:21au lycée
00:55:22donc sur tout le secondaire
00:55:23on a effectivement
00:55:24un déficit
00:55:25d'une année
00:55:27d'une année scolaire
00:55:28et par ailleurs
00:55:30on sait que
00:55:31pour les générations
00:55:33actuelles
00:55:33il y a des prérequis
00:55:36en tout cas
00:55:36des formations
00:55:36qui n'existaient pas
00:55:37il y a 10 ans
00:55:38ou il y a 15 ans
00:55:39je pense à l'intelligence
00:55:39artificielle
00:55:40je pense à l'éveil
00:55:42nécessaire
00:55:44sur les réseaux sociaux
00:55:45l'esprit critique
00:55:47qui à mon avis
00:55:48doit être beaucoup plus développé
00:55:49pour ces générations
00:55:50que pour les nôtres
00:55:51parce que
00:55:52les canaux d'information
00:55:53étaient moins nombreux
00:55:55et sans doute
00:55:56moins sujets
00:55:56à manipulation
00:55:58et donc
00:55:59ma question
00:55:59vous l'avez dit
00:56:00d'ailleurs
00:56:01il y a toujours autant
00:56:02d'heures de cours
00:56:03il y a toujours autant
00:56:04d'heures dans une journée
00:56:05en réalité
00:56:06et si on ne veut pas
00:56:08surcharger
00:56:10ni modifier d'ailleurs
00:56:11l'emploi du temps
00:56:12de nos élèves
00:56:13et même de nos étudiants
00:56:15parce que
00:56:15mon dieu
00:56:16les faire travailler
00:56:17en dehors
00:56:19ou rogner
00:56:19sur les vacances scolaires
00:56:20ce serait quand même
00:56:21on serait à dos doigts
00:56:22du sacrilège
00:56:23pour certains
00:56:24je ne dis pas
00:56:25que c'est mon point de vue
00:56:25mais j'essaie d'expliquer
00:56:29est-ce que la solution
00:56:30ça n'est pas
00:56:31on est un peu loin du sujet
00:56:32mais ça n'est pas
00:56:32de reconstruire aussi
00:56:33un corpus
00:56:34qui soit construit
00:56:35avec une année supplémentaire
00:56:37en réintroduisant
00:56:38des matières
00:56:40l'essentiel des matières fondamentales
00:56:42ça veut dire aussi
00:56:43peut-être en faisant le manège
00:56:44mais là
00:56:44ce qu'évoquait Christine Lallard
00:56:45et ce qu'évoquait
00:56:46la rapporteure
00:56:47c'est aussi des sujets
00:56:48sur la création des programmes
00:56:51qui se laissent aller
00:56:52on n'a pas parlé encore
00:56:53des cours d'empathie
00:56:55on n'a pas parlé encore
00:56:56d'éducation
00:56:58au bien-être animal
00:56:59c'est important
00:56:59le bien-être animal
00:57:00mais ce n'est pas
00:57:01la vocation première
00:57:01de l'école
00:57:02on n'a pas parlé
00:57:03de la sensibilisation
00:57:05à l'hygiène corporelle
00:57:06moi j'ai été
00:57:06je suis un peu plus âgé
00:57:07que Christine
00:57:09j'ai été choqué
00:57:09quand mes enfants
00:57:10ont appris à l'école primaire
00:57:11qu'il fallait changer
00:57:12de maillot de corps
00:57:12tous les jours
00:57:14j'étais content de le savoir
00:57:15mais je crois que je le savais
00:57:16on ne le sait pas
00:57:18par où on commence
00:57:19donc la question c'est
00:57:20comment on fait
00:57:20pour intégrer tout ça
00:57:21avec des nouveaux enjeux
00:57:22et des nouveaux besoins
00:57:23de formation
00:57:24donc je l'ai dit
00:57:24sur le numérique
00:57:25globalement pour faire simple
00:57:26et reconstruire un socle
00:57:28parce que
00:57:29c'est parce que le ministre
00:57:30dit qu'on va durcir
00:57:31les notes au bac
00:57:32que subitement
00:57:32l'orthographe
00:57:33va s'améliorer d'un coup
00:57:36Monsieur Salvador
00:57:37allez-y
00:57:38Merci Monsieur le Président
00:57:39merci Monsieur le Sénateur
00:57:39d'abord oui
00:57:40je pense que vous avez
00:57:41parfaitement raison
00:57:42sur le constat
00:57:42et ce que vous décrivez
00:57:44c'est encore une fois
00:57:44ce glissement
00:57:45de l'école des savoirs
00:57:45vers l'école des comportements
00:57:47ou l'école de la morale
00:57:48mais une école
00:57:49qui justement
00:57:50ne transmet pas les savoirs
00:57:51et transfère en réalité
00:57:54son temps
00:57:55à une adaptation
00:57:57au comportement
00:57:59alors
00:58:00dans mon propos liminaire
00:58:02j'ai insisté
00:58:03sur l'idée
00:58:03d'une hiérarchie
00:58:04des disciplines
00:58:05mais je pense que
00:58:06la hiérarchie des disciplines
00:58:06alors je sais que le mot hiérarchie
00:58:08il faut parler de projet
00:58:09le projet des disciplines
00:58:10commence déjà peut-être
00:58:12par avoir
00:58:12reconnaître
00:58:13et identifier
00:58:13des savoirs fondamentaux
00:58:15en ne hiérarchisant pas
00:58:17les savoirs
00:58:18en ne reconnaissant pas
00:58:19par exemple
00:58:20qu'il faut avoir
00:58:21il faut avoir appris à lire
00:58:22pour beaucoup lire
00:58:23qu'il faut beaucoup lire
00:58:24pour être cultivé
00:58:25que l'expérience de l'autre
00:58:27ça passe par la littérature
00:58:28parce que la littérature
00:58:29c'est
00:58:30j'écris beaucoup d'articles
00:58:32pour dire que nous sommes
00:58:32les avocats des morts
00:58:33c'est la pensée
00:58:34de la rencontre
00:58:34avec une civilisation
00:58:36par delà de la mort
00:58:37et c'est ça
00:58:38l'éducation
00:58:39à la connaissance de l'autre
00:58:40c'est pas en allant toucher
00:58:41les autres
00:58:41qu'on apprend
00:58:41qui sont les autres
00:58:43c'est en lisant des livres
00:58:44qu'on apprend
00:58:44qui sont les autres
00:58:45sinon on n'apprend rien
00:58:46lisez Montaigne
00:58:47vous en saurez plus
00:58:48sur qui sont les gens
00:58:49que si vous allez toucher
00:58:50des gens
00:58:50pour vérifier qu'ils existent
00:58:52toucher des gens
00:58:53c'est une attitude
00:58:53de science humaine
00:58:54lire des livres
00:58:54c'est une attitude
00:58:55de littéraire
00:58:56la littérature
00:58:56n'est pas une science humaine
00:58:57mais aujourd'hui
00:58:58on transforme en science humaine
00:58:59toutes les disciplines
00:59:00remettons la langue
00:59:02comme le premier étage
00:59:03la capacité de calcul
00:59:04le compute
00:59:05moi je pense que c'est très important
00:59:07reconnaissons que de ça
00:59:08dépend la littérature
00:59:09que de la littérature
00:59:10dépend de la psychologie
00:59:11que de la psychologie
00:59:11dépend de la psychanalyse
00:59:13repyramidons les disciplines
00:59:14et vous verrez que
00:59:15dans l'école primaire
00:59:17vous ne mettrez plus
00:59:18l'économie
00:59:19avant que d'avoir
00:59:21instruit les enfants
00:59:21dans le calcul
00:59:23parce que la hiérarchie
00:59:24des disciplines
00:59:25s'est effondrée
00:59:26est-ce qu'il faut réintégrer
00:59:28alors moi je suis contre
00:59:29l'écotère sur des jambes de bois
00:59:30je pense que rajouter
00:59:31une année
00:59:31à des enfants
00:59:32qui passent déjà
00:59:33quand même
00:59:33donc un enfant
00:59:35en école primaire
00:59:36est à l'école
00:59:36de 8h à 18h30
00:59:38parce qu'il reste
00:59:38dans les tapes
00:59:40au collège
00:59:41il y est de 8h à 17h
00:59:43il est à l'université
00:59:44de 8h parfois
00:59:45jusqu'à 19h
00:59:46tous les jours de la semaine
00:59:4710 mois par an
00:59:48il reste un temps
00:59:50invraisemblable
00:59:51assis à l'école
00:59:52pendant 20 ans
00:59:53et on arrive
00:59:54à faire le constat
00:59:55qu'ils n'y apprennent rien
00:59:57donc je ne suis pas
00:59:58forcément enthousiaste
00:59:59à l'idée
00:59:59qu'on leur rajoute
01:00:00une année
01:00:01par contre
01:00:01je serais assez
01:00:02pour qu'on diminue
01:00:04un peu les heures
01:00:04de ces pauvres enfants
01:00:05mais qu'on les recentre
01:00:07sur des savoirs
01:00:08qui seront des sensibilisations
01:00:09à la nature de l'autre
01:00:10au comportement
01:00:10à l'économie
01:00:11c'est la méthode
01:00:12freinée
01:00:12on les emmènera voir
01:00:13des oiseaux
01:00:14et des arbres
01:00:15ils sauront ce que c'est
01:00:16qu'un tilleul
01:00:17et ils reconnaîtront
01:00:18la mésange et le lièvre
01:00:19mais ça se fait
01:00:20par l'expérience
01:00:21de l'école
01:00:22rajouter une année
01:00:23je ne suis pas favorable
01:00:24en revanche
01:00:24si l'on remet
01:00:25l'université
01:00:26au centre
01:00:27de tous les dispositifs
01:00:28de certification
01:00:29c'est à dire
01:00:29si on revient à l'idée
01:00:30que l'université
01:00:31ne sait faire
01:00:31qu'une et une seule chose
01:00:32c'est à dire certifier
01:00:34certifier un niveau
01:00:34de progression
01:00:35dans une discipline
01:00:37et qu'on est bien d'accord
01:00:38pour dire qu'on ne peut pas
01:00:39former un enseignant
01:00:40sans qu'il passe
01:00:41par l'université
01:00:41parce qu'aujourd'hui
01:00:42les enseignants
01:00:43sont formés en dehors
01:00:44des universités
01:00:46aujourd'hui
01:00:47des universités privées
01:00:50donnent le doctorat
01:00:51ou des écoles
01:00:52donnent le doctorat
01:00:54bref
01:00:55remettons l'université
01:00:56au centre du dispositif
01:00:57arc-boutons
01:00:58l'université
01:01:00sur ses disciplines
01:01:01lions les disciplines
01:01:02à l'agrégation
01:01:03et vous aurez
01:01:04assez vite
01:01:05retissé
01:01:07le lien entre
01:01:08les savoirs fondamentaux
01:01:10à l'école
01:01:10les disciplines
01:01:12à l'agrégation
01:01:12et les étages
01:01:14de l'université
01:01:15et ça ira mieux
01:01:23merci
01:01:23je vais me permettre
01:01:25de poser
01:01:26quelques questions
01:01:29vous êtes exprimé
01:01:30à l'oral
01:01:32donc
01:01:32à l'oral
01:01:34il n'y a pas de différence
01:01:35entre les minuscules
01:01:36et les majuscules
01:01:37et
01:01:39j'ai eu le sentiment
01:01:40que quand vous parliez
01:01:42de l'université
01:01:42c'est avec un grand U
01:01:43c'était
01:01:44l'institution
01:01:46donc
01:01:47comment vous faites
01:01:48le lien entre les deux
01:01:51en estimant
01:01:52et je pense que
01:01:53je dénature pas
01:01:53votre propos
01:01:54que l'université
01:01:56avec un grand U
01:01:56c'est pas la somme
01:01:57des universités
01:01:58avec des petits U
01:02:00et vous voyez
01:02:01où je veux
01:02:02en venir
01:02:03c'est
01:02:03la relation
01:02:04entre
01:02:05l'institution
01:02:06universitaire
01:02:07et
01:02:07les processus
01:02:09de différenciation
01:02:10des universités
01:02:11qui ont été engagés
01:02:13depuis environ
01:02:1420 ans
01:02:16sur un modèle
01:02:17je fais très simple
01:02:18plutôt anglo-saxon
01:02:21qui ne connaît pas du tout
01:02:22les modes de régulation
01:02:23que vous avez évoqué
01:02:25le CNU
01:02:27la qualification
01:02:28on n'a pas parlé
01:02:29de l'HDR
01:02:29on n'aurait pu
01:02:30on n'a pas parlé
01:02:31de l'agrégation de droits
01:02:32on aurait pu le faire
01:02:33enfin il y a
01:02:33un certain nombre
01:02:34de choses
01:02:35que vous avez évoqué
01:02:39j'ai retenu
01:02:41votre expression
01:02:41qui me semble très bonne
01:02:42comme des moyens
01:02:44de légitimation
01:02:45académique
01:02:47on a vu
01:02:48une expression
01:02:49fondamentale
01:02:50sauf que
01:02:51toutes les institutions
01:02:52dont vous nous parlez
01:02:53elles sont régulièrement
01:02:55remises en question
01:02:56ici
01:02:58vous savez que
01:02:59la qualification
01:03:00pour les professeurs
01:03:01on l'a abandonné
01:03:02pour un certain nombre
01:03:03de choses
01:03:03sur l'agrégation
01:03:04de droits
01:03:04très régulièrement
01:03:06elle est abandonnée
01:03:07et je me permets de dire
01:03:09à mes collègues
01:03:10comme ça en passant
01:03:11que je crois avoir été
01:03:12le seul
01:03:13à avoir défendu
01:03:14très récemment
01:03:15le monopole
01:03:16de la collation
01:03:16des grades
01:03:17pour les universités publiques
01:03:19je ferme la parenthèse
01:03:20donc
01:03:21comment on arrive
01:03:23dans un système
01:03:25je doute
01:03:26qu'on puisse revenir
01:03:27en arrière
01:03:28sur l'autonomie
01:03:29des universités
01:03:29telle qu'elle est engagée
01:03:30depuis 20 ans
01:03:31je doute
01:03:32on peut l'espérer
01:03:33mais je n'y crois pas
01:03:34donc comment on fait
01:03:36pour essayer
01:03:37de mieux organiser
01:03:38l'interaction
01:03:39entre ce niveau national
01:03:41qui est impératif
01:03:41et la différenciation
01:03:45des universités
01:03:46qui est de plus en plus
01:03:48importante
01:03:52je ne sais pas
01:03:53si j'ai été
01:03:53suffisamment clair
01:03:55je crois comprendre
01:03:57merci monsieur le président
01:03:58dans un premier temps
01:04:04je dirais
01:04:05je ne sais pas
01:04:09cela dit
01:04:12il y a quand même
01:04:15différents
01:04:17points de réflexion
01:04:19qui méritent quand même
01:04:20d'être soulevés
01:04:21tout d'abord
01:04:25on peut avoir
01:04:26le sentiment
01:04:26que
01:04:27les grands personnages
01:04:28de l'état
01:04:29n'ont pas forcément
01:04:30fréquenté
01:04:30les grandes universités
01:04:31françaises
01:04:32ils ne les connaissent pas
01:04:34et cette méconnaissance
01:04:36conduit parfois
01:04:37à des timidités
01:04:38ou à des craintes
01:04:39l'université
01:04:40est un territoire
01:04:41en soi
01:04:42dont on perçoit
01:04:43une certaine
01:04:46incohérence
01:04:47enfin bref
01:04:47qu'on ne maîtrise pas
01:04:48et cela conduit
01:04:49à ce que
01:04:51le personnel politique
01:04:52bien souvent
01:04:53hélas
01:04:53ne s'intéresse pas
01:04:54assez
01:04:55à ce que fait
01:04:56l'université
01:04:57il y aurait là
01:04:58un lien
01:04:58à retisser
01:04:59peut-être
01:05:00dans la formation
01:05:01peut-être
01:05:01des personnels politiques
01:05:02pour l'avenir
01:05:02là je vous parle
01:05:03à très long terme
01:05:04il y a un lien
01:05:05à retisser
01:05:06aussi
01:05:06dans le contrôle
01:05:08de l'état
01:05:09sur les institutions
01:05:10universitaires
01:05:11ce contrôle de l'état
01:05:12ne veut pas dire
01:05:13remettre en cause
01:05:14loin de là
01:05:15la liberté académique
01:05:16des chercheurs
01:05:17mais c'est réimplanter
01:05:19c'est réimplanter
01:05:22l'état
01:05:23dans la gestion
01:05:24des universités
01:05:25épauler
01:05:27la démocratie
01:05:27universitaire
01:05:30en l'accompagnant
01:05:32moi je ne pense pas
01:05:33que les présidents
01:05:34d'universités
01:05:34soient coupables
01:05:35de quoi que ce soit
01:05:36je pense qu'il y a
01:05:37parfois un problème
01:05:37de formation
01:05:38qu'une compétence
01:05:39gestionnaire
01:05:39n'est pas demandé
01:05:40mais il faut dire aussi
01:05:41que quand vous avez
01:05:42une université
01:05:43de 30 000 étudiants
01:05:4430 000 étudiants
01:05:45c'est une belle ville
01:05:46c'est déjà une grande ville
01:05:47c'est quand même
01:05:48une grande communauté
01:05:48où vous avez
01:05:5030 000 étudiants
01:05:50qui payent
01:05:52250 euros
01:05:53par exemple
01:05:53d'impôts
01:05:54je ne parle pas
01:05:55des frais d'inscription
01:05:55je parle de la CEVEC
01:05:56je parle du FSDIE
01:05:57etc
01:05:58ce sont des sommes colossales
01:05:59qui sont gérées
01:06:00par des communautés
01:06:01universitaires
01:06:02sans aucun contrôle
01:06:03ni de la Cour des Comptes
01:06:05régionales
01:06:05ni des Cour des Comptes
01:06:06nationales
01:06:07expertes
01:06:07qui remet un rapport
01:06:08tous les 5 ans
01:06:09mais qui de toute façon
01:06:10n'a aucune efficience
01:06:10puisque la gouvernance
01:06:12a été entièrement
01:06:14renouvelée
01:06:14donc le dialogue
01:06:15peut-être
01:06:16entre les institutions
01:06:17d'État
01:06:18qui existent déjà
01:06:19et les institutions
01:06:20universitaires
01:06:20qu'il ne faut pas
01:06:21remettre en cause
01:06:22existe
01:06:23il faut peut-être
01:06:24simplement
01:06:25travailler
01:06:25à les renforcer
01:06:27les rectorats
01:06:28ne sont guère
01:06:29associés
01:06:29au fonctionnement
01:06:30des comités
01:06:32des CA
01:06:33dans les universités
01:06:34et les représentants
01:06:35de l'État
01:06:36ne sont pas nommés
01:06:37dans les compétences
01:06:38territoriales
01:06:39des régions
01:06:39les membres nommés
01:06:40ne viennent que
01:06:40pour les élections
01:06:41et s'en vont ensuite
01:06:42pour 5 ans
01:06:43donc cette désaffection
01:06:44ou ce recul
01:06:46de la présence
01:06:46de l'État
01:06:46conduit à faire
01:06:47de l'université
01:06:48un territoire
01:06:49autonome
01:06:50par définition
01:06:51et ça n'aide pas
01:06:52à la gestion
01:06:53de la démocratie
01:06:53universitaire
01:06:55ça a abouti
01:06:55à une balkanisation
01:06:56des universités
01:06:57elles-mêmes
01:06:57il y a des choses
01:06:58qui sont incroyables
01:06:59on assigne à l'université
01:07:00la mission
01:07:01de former
01:07:0165%
01:07:03à peu près
01:07:0371 universités
01:07:04qui accueillent
01:07:0565%
01:07:06de la jeunesse
01:07:07française
01:07:07chaque année
01:07:1071 universités
01:07:11je crois que j'avais
01:07:12fait le compte
01:07:12si on prend toutes
01:07:13les écoles de commerce
01:07:14les écoles d'ingé
01:07:15les écoles paramédicales
01:07:18les écoles privées
01:07:19je crois qu'il y a
01:07:192700 établissements
01:07:20du supérieur
01:07:22qui accueillent
01:07:22les 30% restants
01:07:25les frais d'inscription
01:07:26de l'université
01:07:27sont ce qu'ils sont
01:07:27on n'y revient pas
01:07:29mais il faut bien le dire
01:07:30l'autonomie a quand même
01:07:31été un synonyme
01:07:32d'abandon
01:07:33l'État finance
01:07:34les salaires
01:07:35la dotation salariale
01:07:36est présente
01:07:37mais en termes
01:07:37de pilotage
01:07:38il n'y a plus rien
01:07:39que la démocratie
01:07:39universitaire elle-même
01:07:40et cette démocratie là
01:07:42autonomie ou pas
01:07:43elle n'a pas de compétence
01:07:44de gestion
01:07:45elle n'est pas épaulée
01:07:46donc peut-être
01:07:47qu'il y a là
01:07:47une piste de réflexion
01:07:49à conduire
01:07:49non pas
01:07:52une mise
01:07:53au pas
01:07:54des universités
01:07:55mais un accompagnement
01:07:56par l'État
01:07:57et par les différents
01:07:59étages
01:07:59de l'État
01:08:00du rectorat
01:08:01jusqu'à la cour des comptes
01:08:03auprès des universités
01:08:04dans les conseils
01:08:05qui ne peuvent pas
01:08:06être
01:08:07que le fruit
01:08:08que l'émanation
01:08:08d'une espèce
01:08:09de démocratie éclairée
01:08:10des collègues
01:08:11qui ne votent pas
01:08:13qui ne sont pas présents
01:08:14enfin il n'y aurait
01:08:15beaucoup à dire
01:08:15sur le fonctionnement
01:08:16de cette démocratie
01:08:18universitaire aujourd'hui
01:08:19qui a été largement dévoyée
01:08:20quand même
01:08:20ça aussi c'était
01:08:21une grande piste
01:08:22de réflexion
01:08:22enfin je ne l'ai pas
01:08:23mis dans mon
01:08:24dans mon propos liminaire
01:08:25mais rendons le vote
01:08:28étudiant obligatoire
01:08:32ah oui
01:08:33bon bah tant mieux
01:08:34c'est que c'est une idée
01:08:35qui avance
01:08:43je voudrais revenir
01:08:46mon propos sera peut-être
01:08:48un peu abscond
01:08:49ou pédant
01:08:49vous choisirez
01:08:50sur la relation
01:08:53entre les disciplines
01:08:55et les thématiques
01:08:57nous étions certains
01:08:59à être hier soir
01:09:00au Panthéron
01:09:01pour honorer
01:09:02la mémoire
01:09:03de Marc Bloch
01:09:04Marc Bloch
01:09:05c'est l'apologie
01:09:07du métier d'historien
01:09:09c'est quelqu'un
01:09:09qui disait à Lucien Fèvre
01:09:10qu'il n'y a rien de plus beau
01:09:12qu'un cartulaire
01:09:13mais
01:09:14c'est quelqu'un
01:09:15qui
01:09:16avec les caractères
01:09:17originaux
01:09:18de l'histoire rurale
01:09:19française
01:09:19sort complètement
01:09:21de sa discipline
01:09:21pour aborder
01:09:23des questions
01:09:24qui sont thématiques
01:09:25avec les outils
01:09:26de la géographie
01:09:28de la sociologie
01:09:30rurale
01:09:31pour créer
01:09:32un objet
01:09:33spécifique
01:09:34c'est-à-dire
01:09:35l'histoire rurale
01:09:36dont je me réclame
01:09:38encore personnellement
01:09:39mais je ferme
01:09:40la parenthèse
01:09:41qu'est-ce qui
01:09:42distingue
01:09:43cette capacité
01:09:44de quelqu'un
01:09:45comme Bloch
01:09:46à à la fois
01:09:47travailler sur la discipline
01:09:49et en sortir
01:09:49et les dérives
01:09:51que vous aviez
01:09:52évoquées
01:09:53tout à l'heure
01:09:54qu'est-ce qui les distingue
01:09:56en quoi
01:09:57celle de Bloch
01:09:58serait légitime
01:10:00et celle
01:10:00que vous nous avez décrite
01:10:02elle le serait moi
01:10:08merci monsieur le président
01:10:09c'est une très belle question
01:10:11ça mérite
01:10:12un petit temps
01:10:14de réflexion
01:10:14mais
01:10:20je veux le dire bien
01:10:22moi-même
01:10:23je ne veux être
01:10:23ni abscond
01:10:24ni pédant
01:10:31la légitimité académique
01:10:33est une affaire
01:10:34de discussion collective
01:10:36et de ce point de vue-là
01:10:37je pense que
01:10:38c'est une des raisons
01:10:39pour lesquelles
01:10:39nous avons fondé
01:10:39l'association
01:10:40vous ne m'avez jamais entendu
01:10:42je pense
01:10:43attaquer frontalement
01:10:44des collègues
01:10:45ou des travaux
01:10:46de chercheurs
01:10:47pour dire
01:10:48ça ne devrait pas exister
01:10:50à l'université
01:10:51on peut discuter
01:10:52de la frontière
01:10:52entre militantisme
01:10:54et science
01:10:55mais je n'attaque pas
01:10:56nous n'avons jamais
01:10:57attaqué
01:10:58la légitimité
01:10:59de ces travaux
01:11:00simplement
01:11:01nous considérons
01:11:03qu'il faut
01:11:04à un moment
01:11:04qu'intervienne
01:11:05dans le débat
01:11:06ce tiers médian
01:11:07qu'est le grand public
01:11:08pour l'informer
01:11:09de cette transformation
01:11:11qui auront des conséquences
01:11:13sur l'école de demain
01:11:14sur la société
01:11:15d'après-demain
01:11:16c'est une des raisons
01:11:17pour lesquelles
01:11:17la question de la légitimité
01:11:19elle est évidemment
01:11:20fondamentale
01:11:21si un chercheur
01:11:21veut s'aventurer
01:11:22dans des chemins
01:11:24de traverse
01:11:26je dirais
01:11:27et l'exemple
01:11:27de Marc Bloch
01:11:28de Le Goff
01:11:29de Duby
01:11:30et le Moyen-Âge
01:11:31est sans doute
01:11:31le lieu
01:11:32de toutes les transversalités
01:11:33j'en suis profondément
01:11:35convaincu
01:11:35et par définition
01:11:37justement
01:11:37j'avais des propos
01:11:38sur l'IA
01:11:39nous sommes des disciplines
01:11:40qui sommes toujours
01:11:41à la pointe
01:11:42des technologies
01:11:43pour des raisons
01:11:44évidentes
01:11:44liées au corpus
01:11:45à la langue
01:11:45etc
01:11:45il faut absolument
01:11:47tout essayer
01:11:48la dynamique
01:11:50change
01:11:51dès lors
01:11:51que l'objet d'études
01:11:53est un peu
01:11:55modifié
01:11:55et dès lors
01:11:56que la discussion
01:11:57académique
01:11:58ne repose plus
01:11:59sur les critères
01:12:00du débat scientifique
01:12:01c'est à dire
01:12:02la reproductibilité
01:12:03l'évaluation
01:12:03l'objectivité
01:12:05de l'analyse
01:12:05et l'appropriation
01:12:07des travaux
01:12:08par un tiers
01:12:08lorsque
01:12:10la recherche
01:12:11sort
01:12:12de sa discipline
01:12:14pour
01:12:15y substituer
01:12:16une grille
01:12:17de lecture
01:12:17qui n'est plus
01:12:18une grille
01:12:18de lecture
01:12:19prospective
01:12:20mais qui est
01:12:20une grille
01:12:21de lecture
01:12:21morale
01:12:22au nom
01:12:23d'ailleurs
01:12:24de dogmes
01:12:24moraux
01:12:25qui sont
01:12:26admis
01:12:26comme tels
01:12:27par exemple
01:12:28la conscientisation
01:12:29on n'a pas parlé
01:12:30enfin je
01:12:31voilà
01:12:31ça n'était pas
01:12:32dans le questionnaire
01:12:33qui m'a été
01:12:34transmis
01:12:34mais
01:12:35dans le vocabulaire
01:12:37de ces nouvelles
01:12:37études
01:12:38de cette nouvelle
01:12:38université
01:12:39vous trouvez
01:12:41un objectif
01:12:42un telos
01:12:42qui n'est plus
01:12:43la recherche
01:12:44en soi
01:12:44mais qui est
01:12:45modifier les comportements
01:12:47conscientiser les gens
01:12:48c'est à dire
01:12:49une démarche
01:12:49de militantisme
01:12:50actif
01:12:50lorsque bloc
01:12:52utilise la géographie
01:12:53lorsque
01:12:54le gof
01:12:55explose
01:12:55les cadres
01:12:56de la pensée
01:12:57lorsque
01:12:57Mircea Eliade
01:12:58fait de l'anthropo
01:13:00de l'ethno
01:13:00et ramène tout ça
01:13:02pour apporter des livres
01:13:04sur le chamanisme
01:13:04son but n'est pas
01:13:06de conscientiser
01:13:07les populations
01:13:07au chamanisme
01:13:08ni de convertir
01:13:09la France
01:13:09au chamanisme
01:13:09il est de documenter
01:13:13on revient à quelque chose
01:13:14qui pour le coup
01:13:14est peut-être abscons
01:13:15et pédant
01:13:15mais qui est la nature
01:13:16autotélique
01:13:17de la recherche
01:13:17telos c'est le but
01:13:18autotélique
01:13:19il ne faut avoir
01:13:20que soi-même
01:13:20comme objectif
01:13:21si le but
01:13:22est politique
01:13:23si la visée
01:13:24est morale
01:13:25si la visée
01:13:26est sociologique
01:13:27alors la recherche
01:13:28n'est plus
01:13:29au service de la vérité
01:13:30elle est au service
01:13:31du bien
01:13:33elle n'est plus
01:13:33de la recherche
01:13:34elle devient une morale
01:13:35le critère
01:13:35il est aussi simple
01:13:36que ça
01:13:36est-ce que tu travailles
01:13:37sur le bien
01:13:38ou est-ce que tu travailles
01:13:39sur le vrai
01:13:40le vrai n'est pas forcément
01:13:42bon pour la société
01:13:43et le bien
01:13:43n'est pas forcément vrai
01:13:45on revient sur des vieilles choses
01:13:47mais je pense que Bloch
01:13:49en était conscient
01:13:49et je pense que certains
01:13:50de nos collègues
01:13:51l'ont oublié
01:13:51on continue à suivre
01:13:52la commission d'enquête
01:13:53du Sénat
01:13:54sur l'excellence
01:13:54des universités françaises
01:13:56les sénateurs
01:13:57ont auditionné
01:13:57des syndicats
01:13:58d'enseignants-chercheurs
01:14:00commençons
01:14:00par rappeler
01:14:01les fondamentaux
01:14:02l'université
01:14:03est l'endroit
01:14:03dans le système
01:14:04d'enseignement
01:14:05où recherche
01:14:05et enseignement
01:14:06se rejoignent
01:14:07et se nourrissent mutuellement
01:14:08les étudiants
01:14:09y sont au contact
01:14:10de la recherche de pointe
01:14:11les chercheurs
01:14:12y sont au contact
01:14:13des étudiants
01:14:15l'université française
01:14:16a par ailleurs
01:14:17énormément évolué
01:14:18au cours
01:14:19des 30 dernières années
01:14:19c'est quelque chose
01:14:20que j'ai pu observer
01:14:21personnellement
01:14:22dans ma carrière
01:14:23la qualité des recherches
01:14:24a énormément augmenté
01:14:26dans toutes les disciplines
01:14:27ces recherches
01:14:28sont publiées
01:14:29dans des endroits
01:14:30plus prestigieux
01:14:31qu'il y a 30 ans
01:14:32plus internationaux
01:14:33aussi
01:14:34d'autre part
01:14:35les personnels
01:14:36de l'université
01:14:36et notamment
01:14:37les enseignants-chercheurs
01:14:38sont très attachés
01:14:39à leur double mission
01:14:40d'enseignement
01:14:41et de recherche
01:14:42ils ont un très haut niveau
01:14:43de conscience professionnelle
01:14:44et ils prennent très à coeur
01:14:46l'accomplissement
01:14:46de leurs deux missions
01:14:47c'est important
01:14:48à mon avis
01:14:49de garder ce point en tête
01:14:50vous avez des personnels
01:14:51qui ont effectué
01:14:52des études
01:14:52longues et difficiles
01:14:53qui ont dépassé
01:14:54des concours
01:14:54de recrutement
01:14:55très prestigieux
01:14:56et qui ont très à coeur
01:14:57de bien faire leur travail
01:14:59si vous estimez
01:15:00qu'ils ne font pas leur travail
01:15:01c'est qu'il y a quelque chose
01:15:02qui ne va pas
01:15:02quelque chose
01:15:03qui n'est pas allé
01:15:04qu'est-ce qui s'est passé
01:15:05la réponse
01:15:06à mon avis
01:15:07c'est que l'état
01:15:07n'a pas su avoir
01:15:08une vision globale
01:15:09de l'enseignement supérieur
01:15:11et de la recherche
01:15:11et qui n'a pas su les traiter
01:15:13comme deux questions
01:15:14qui sont intrinsèquement liées
01:15:16pour réduire
01:15:16un certain nombre
01:15:17de problèmes
01:15:17de l'enseignement supérieur
01:15:19on a rajouté du travail
01:15:21aux enseignants-chercheurs
01:15:22sans voir que le temps
01:15:23qu'on rajoute
01:15:24sur l'enseignement
01:15:25c'est forcément du temps
01:15:26qu'on prend
01:15:27sur la partie recherche
01:15:28aujourd'hui
01:15:30pour répondre
01:15:31aux besoins
01:15:31en enseignement
01:15:32les enseignants-chercheurs
01:15:33français sont en
01:15:34sur-service moyen
01:15:35de 32%
01:15:36c'est-à-dire qu'ils effectuent
01:15:37tous en moyenne
01:15:3832% de plus
01:15:40que leurs heures
01:15:40statutaires théoriques
01:15:41c'est épuisant
01:15:42et ça n'est pas tenable
01:15:43sur le long terme
01:15:44à cette augmentation
01:15:46significative
01:15:47de la mission d'enseignement
01:15:48il faut ajouter
01:15:49une grosse hausse
01:15:51des missions administratives
01:15:52quelle que soit
01:15:53l'opinion qu'on a
01:15:54sur Parcoursup
01:15:55et mon master
01:15:55leur mise en place
01:15:57représente
01:15:57des millions
01:15:58de dossiers
01:15:59de candidatures
01:16:00à évaluer
01:16:00et à classer
01:16:01chaque année
01:16:01un travail
01:16:02qui n'existait pas avant
01:16:03un travail supplémentaire
01:16:05qui n'a pas été compensé
01:16:06et qui rajoute
01:16:07à l'épuisement
01:16:08des enseignants-chercheurs
01:16:09et de tous
01:16:10les collègues universitaires
01:16:11selon le baromètre
01:16:13bien-être au travail
01:16:14commandité
01:16:14par notre ministère
01:16:16de l'enseignement supérieur
01:16:17et de la recherche
01:16:1760%
01:16:19des enseignants-chercheurs
01:16:20estiment aujourd'hui
01:16:21que leur travail
01:16:22met en danger
01:16:23leur santé physique
01:16:24ou mentale
01:16:24c'est énorme
01:16:25cette dégradation
01:16:27des conditions
01:16:28de travail
01:16:28a eu des conséquences
01:16:30sur l'attractivité
01:16:31de notre métier
01:16:37globalement
01:16:388%
01:16:39des postes
01:16:39d'enseignants-chercheurs
01:16:40n'ont pas été pourvus
01:16:42au dernier concours
01:16:43un doublement
01:16:44par rapport au taux
01:16:45en 2020
01:16:45ce taux monte
01:16:47à 12%
01:16:48pour les disciplines
01:16:49scientifiques
01:16:49et à 21%
01:16:50pour l'informatique
01:16:51les métiers
01:16:52d'enseignants-chercheurs
01:16:54à cause de la dégradation
01:16:55de travail
01:16:55n'attirent plus
01:16:58rappelons
01:16:58que les enseignants-chercheurs
01:16:59sont la première force
01:17:00de recherche
01:17:01de notre pays
01:17:02toute mesure
01:17:03que l'état prend
01:17:04et qui impacte
01:17:05le temps de recherche
01:17:05des enseignants-chercheurs
01:17:06impacte la capacité
01:17:07de recherche du pays
01:17:08inversement
01:17:09toute mesure
01:17:10qui libère du temps
01:17:11de travail en recherche
01:17:12améliorera
01:17:12la qualité de recherche
01:17:14du pays
01:17:15vous nous posez
01:17:16des questions
01:17:16sur le mode
01:17:17de recrutement
01:17:18des enseignants-chercheurs
01:17:19mais pour nous
01:17:19il y a 55 000
01:17:21enseignants-chercheurs
01:17:21en poste
01:17:22on en recrute
01:17:231200 nouveaux
01:17:23chaque année
01:17:24agir sur les conditions
01:17:25de recrutement
01:17:26c'est agir sur 2%
01:17:27des enseignants-chercheurs
01:17:28il est beaucoup plus intéressant
01:17:30efficace
01:17:30de réfléchir
01:17:31à maintenir en activité
01:17:33à maintenir
01:17:33en capacité
01:17:34de faire leur travail
01:17:35les 55 000
01:17:36enseignants-chercheurs
01:17:37existants
01:17:37et de ne pas les épuiser
01:17:40pour finir
01:17:42l'université française
01:17:44est à la fois
01:17:45similaire
01:17:45et différente
01:17:46de ses homologues
01:17:47internationaux
01:17:48similaire
01:17:49en ce sens
01:17:49qu'elle est l'endroit
01:17:50comme toutes les universités
01:17:52internationales
01:17:52où se croisent
01:17:53et se nourrissent
01:17:54mutuellement
01:17:54enseignement
01:17:55et recherche
01:17:55l'endroit aussi
01:17:57qui permet aux étudiants
01:17:58de se réorienter
01:17:59facilement
01:18:00précisément
01:18:01à cause de son caractère
01:18:02universel
01:18:03différente
01:18:04parce qu'elle a
01:18:05historiquement
01:18:05une attitude différente
01:18:07par rapport aux étudiants
01:18:08et ce en deux endroits
01:18:09d'une part
01:18:10elle s'efforce
01:18:10d'accueillir
01:18:11tout le monde
01:18:11à l'entrée en licence
01:18:12et d'autre part
01:18:13elle prend un très grand soin
01:18:14de ses doctorants
01:18:16dans le système
01:18:17universitaire français
01:18:18chaque doctorant
01:18:19est très important
01:18:20il a une contribution
01:18:21importante à la recherche
01:18:22et il doit pouvoir
01:18:23faire son travail
01:18:24dans de bonnes conditions
01:18:25je suis d'accord
01:18:26avec mon collègue
01:18:26qu'on pourrait améliorer
01:18:27ces conditions
01:18:27mais c'est une obsession
01:18:29de nos collègues
01:18:30déjà
01:18:31que d'améliorer
01:18:32c'est l'esprit
01:18:33du système français
01:18:34de doctorat
01:18:35ça explique
01:18:35la règlement actuelle
01:18:36cet objectif
01:18:37est partagé
01:18:38par la plupart
01:18:39de nos collègues
01:18:40mais du coup
01:18:41ça se traduit
01:18:41par moins de doctorants
01:18:42par encadrants
01:18:43et par des encadrants
01:18:44qui ont à coeur
01:18:45de ne pas prendre
01:18:45de doctorants
01:18:46s'ils estiment
01:18:47qu'ils ne pourront
01:18:47pas les encadrer
01:18:48dans de bonnes conditions
01:18:49ce qui explique
01:18:50la baisse actuelle
01:18:51du nombre de doctorats
01:18:56merci
01:18:57bon
01:18:59monsieur le shérif
01:19:00pour l'UNSA
01:19:01vous avez la parole
01:19:07mettez votre micro
01:19:11c'est bon
01:19:12c'est l'avantage
01:19:13de parler à la fin
01:19:14voilà
01:19:14donc écoutez
01:19:16mesdames et messieurs
01:19:17les sénateurs
01:19:18chers collègues
01:19:19alors je dirais
01:19:22que grâce au dévouement
01:19:22des personnels
01:19:23enseignants
01:19:24chercheurs
01:19:26administratifs
01:19:27le modèle français
01:19:29demeure
01:19:30performant
01:19:31et capable
01:19:32de produire
01:19:33une recherche
01:19:33et des formations
01:19:34d'excellence
01:19:35alors
01:19:36cette excellence
01:19:37est historiquement
01:19:38construite
01:19:39au sein
01:19:39d'un écosystème
01:19:40unique
01:19:41et fondé
01:19:42sur une articulation
01:19:44entre les universités
01:19:46les établissements
01:19:48de recherche
01:19:48nationaux
01:19:49notamment le CNRS
01:19:50ainsi que
01:19:52les grandes écoles
01:19:55la quasi-totalité
01:19:57on parlait d'excellence
01:19:57mais la quasi-totalité
01:19:59des prix Nobel
01:20:00français
01:20:0060 sont issus
01:20:02de l'ancienne
01:20:03université
01:20:04de Paris
01:20:05avant son éclatement
01:20:06en 70
01:20:06donc autant dire
01:20:08que le modèle
01:20:09d'excellence
01:20:10l'université
01:20:11a produit
01:20:11de l'excellence
01:20:13ont bénéficié
01:20:14de ce maillage
01:20:16universités
01:20:16organismes de recherche
01:20:17et grandes écoles
01:20:18il y a eu
01:20:19des allers-retours
01:20:20il y a eu
01:20:20des coopérations
01:20:21il y a eu
01:20:21des collaborations
01:20:23ce modèle
01:20:23on le retrouve toujours
01:20:24au niveau des universités
01:20:26vous avez des UMR
01:20:27des chercheurs
01:20:28de l'université
01:20:29qui vont au CNRS
01:20:30faire une année
01:20:32de recherche
01:20:33et revenir à l'université
01:20:34donc ce maillage
01:20:35est unique
01:20:35je crois que la France
01:20:37est le seul
01:20:37à avoir
01:20:38un maillage
01:20:39de cette nature
01:20:42bon
01:20:42tout ceci
01:20:43repose
01:20:43sur un investissement
01:20:45à long terme
01:20:46il faut investir
01:20:47sur la recherche
01:20:49les formations
01:20:51et la production
01:20:52de savoir
01:20:54et donc
01:20:54la question
01:20:55aujourd'hui
01:20:56qui devrait se poser
01:20:58c'est
01:20:58sommes-nous capables
01:20:59de maintenir
01:21:00ce modèle
01:21:01dans la situation
01:21:03actuelle
01:21:04et c'est
01:21:05véritablement
01:21:05la vraie question
01:21:06la vraie question
01:21:08l'université
01:21:09depuis
01:21:10de nombreuses années
01:21:12et confronter
01:21:13un écart croissant
01:21:14entre l'ampleur
01:21:15de ces missions
01:21:15et les moyens
01:21:16dont ils disposent
01:21:18depuis 10 ans
01:21:19c'est plus de
01:21:20300 000 étudiants
01:21:21supplémentaires
01:21:22qui ont été
01:21:23accueillis
01:21:24à l'université
01:21:25ce qui représente
01:21:26environ 15 créations
01:21:28d'universités
01:21:28300 000 étudiants
01:21:30il a fallu
01:21:31intégrer
01:21:32ces étudiants
01:21:33avec une baisse
01:21:34des moyens
01:21:36et cette baisse
01:21:37des moyens
01:21:37s'est installée
01:21:38depuis de très
01:21:39nombreuses années
01:21:40alors le désenrangement
01:21:41de l'état
01:21:42s'est poursuivi
01:21:43pour le PLF
01:21:452025
01:21:45c'est 1,2 milliard
01:21:47de baisse de crédit
01:21:48pour la recherche
01:21:50pour la vie étudiante
01:21:51et aussi pour les organismes
01:21:52de recherche
01:21:53voilà
01:21:55alors le résultat
01:21:56de ces baisses
01:21:56de crédit
01:21:57fait qu'aujourd'hui
01:21:5860 universités
01:22:00enfin en 2025
01:22:0160 universités
01:22:02ont présenté
01:22:03un budget initial
01:22:04déficitaire
01:22:0660 sur 75 universités
01:22:09donc les marges
01:22:10de manœuvre
01:22:11sont réduites
01:22:12pour faire de l'innovation
01:22:15pour l'innovation
01:22:17recherche
01:22:18mais également
01:22:18en pédagogie
01:22:20et pour faire face
01:22:22à cette baisse
01:22:24de crédit
01:22:24mes collègues
01:22:26l'ont signalé
01:22:27tout à l'heure
01:22:28les universités
01:22:29sont contraintes
01:22:31à geler des postes
01:22:33à geler des postes
01:22:34d'enseignants
01:22:35chercheurs
01:22:36de chercheurs
01:22:37et parfois
01:22:38d'administratifs
01:22:41alors
01:22:43ces gels de postes
01:22:45mes collègues
01:22:47l'ont signé
01:22:48tout à l'heure
01:22:49ont évidemment
01:22:50des impacts
01:22:51sur les enseignants
01:22:52chercheurs
01:22:53parce que
01:22:55dans beaucoup
01:22:56de laboratoires
01:22:58nous avons
01:22:59de jeunes maîtres
01:23:00de conférences
01:23:00qui sont là
01:23:01depuis peu de temps
01:23:03c'est d'abord
01:23:04les premiers
01:23:04souvent impactés
01:23:06on les surcharge
01:23:07d'heures supplémentaires
01:23:09pour compenser
01:23:10le gel des postes
01:23:13alors
01:23:14mon collègue
01:23:15Nicolas
01:23:15parlait de
01:23:1630%
01:23:1632%
01:23:19un jeune maître
01:23:20de conférences
01:23:21après le stage
01:23:22est censé faire
01:23:23192 heures
01:23:24comme les autres
01:23:25par an
01:23:25et commencer
01:23:27à construire
01:23:28sa recherche
01:23:29sauf que
01:23:30on lui rajoute
01:23:32donc
01:23:3232%
01:23:34c'est
01:23:34c'est pratiquement
01:23:36un tiers
01:23:37pratiquement
01:23:38du service
01:23:40c'est à dire que
01:23:41j'ai des gelmets de conf
01:23:42qui font
01:23:43192 heures
01:23:44plus derrière
01:23:45à peu près
01:23:4560-70 heures
01:23:47supplémentaires
01:23:48voilà
01:23:48et cela
01:23:49c'est
01:23:50c'est très pénalisant
01:23:52pour
01:23:52entamer
01:23:53initier une nouvelle recherche
01:23:54voilà
01:23:59donc
01:23:59pour conclure
01:24:01parce qu'on reviendra
01:24:01probablement
01:24:02sur toutes les autres
01:24:02questions
01:24:03après
01:24:03pour conclure
01:24:05le diagnostic central
01:24:06de mon point de vue
01:24:08est le suivant
01:24:08le modèle français
01:24:10possède des forces
01:24:11considérables
01:24:12et continue
01:24:13de montrer
01:24:13sa capacité
01:24:14à former
01:24:15innover
01:24:16et rayonner
01:24:17à l'échelle internationale
01:24:18mais sans moyens
01:24:19supplémentaires
01:24:20le risque
01:24:21à terme
01:24:21est un affondrement
01:24:22brutal
01:24:25on reviendra
01:24:26tout à l'heure
01:24:26on donnera des exemples
01:24:28et la remise en cause
01:24:30de la promesse républicaine
01:24:32de donner accès
01:24:33à tout et à tous
01:24:34à un enseignement supérieur
01:24:35exigeant
01:24:36et émancipateur
01:24:37sur le défasage
01:24:38du niveau
01:24:40à mon niveau
01:24:41d'enseignant-chercheur
01:24:41absolument pas
01:24:43dans nos filières
01:24:44à cause d'une sélection
01:24:46de plus en plus difficile
01:24:47vous êtes dans quelle filière ?
01:24:49je suis moi en sciences politiques
01:24:50et à l'université de Nanterre
01:24:53nous n'avons plus que des étudiants
01:24:55qui ont mention très bien au bac
01:24:57en première année de licence
01:24:59c'est une réalité
01:25:00donc parler de défasage du niveau
01:25:03c'est pas du tout ce qu'on voit
01:25:04la sélection elle a justement
01:25:07et un de ces résultats
01:25:08ça a été de faire monter
01:25:10ce qui est considéré
01:25:12comme les prérequis
01:25:13pas par les enseignants-chercheurs
01:25:14par les systèmes
01:25:16des étudiants
01:25:17donc c'est pas du tout
01:25:19une chose que l'on voit
01:25:21maintenant sur la réussite
01:25:23ou l'échec
01:25:23bon
01:25:24d'abord nous ne considérons pas
01:25:25que des orientations
01:25:26sont des formes d'échec
01:25:27ce tâtonnement
01:25:29etc
01:25:30il est absolument nécessaire
01:25:32il est je pense central
01:25:33dans l'enseignement supérieur
01:25:35ce qu'on constate par contre
01:25:37à cause encore une fois
01:25:39de ces processus
01:25:40de sélection
01:25:41c'est qu'à peu près
01:25:42un tiers des étudiants
01:25:44ne vont pas
01:25:45dans une filière
01:25:46de leur choix
01:25:48ils vont dans une filière
01:25:49par défaut
01:25:50parce que
01:25:51avec aussi
01:25:52les prérequis
01:25:53aujourd'hui
01:25:54du monde du travail
01:25:54il faut
01:25:55un diplôme
01:25:57d'enseignement supérieur
01:25:57et
01:25:58ils vont là où ils peuvent
01:26:00là où ils sont acceptés
01:26:01à cause justement
01:26:03de cette
01:26:04différenciation
01:26:05entre
01:26:05les demandes
01:26:06des étudiants
01:26:08et
01:26:09les places
01:26:10qui sont ouvertes
01:26:11à cause de cette sélection
01:26:12maintenant
01:26:12les conditions de réussite
01:26:14ce ne sont pas
01:26:15à notre sens
01:26:16les prérequis
01:26:16ce sont à la fois
01:26:17les conditions sociales
01:26:18et les conditions d'études
01:26:19on sait qu'aujourd'hui
01:26:20les étudiants
01:26:21vivent
01:26:21de plus en plus
01:26:23dans une très grande précarité
01:26:24leurs études
01:26:26de plus en plus
01:26:27ils sont obligés
01:26:27d'avoir
01:26:28un emploi
01:26:29à côté
01:26:29de leurs études
01:26:31les bourses
01:26:32sont très peu nombreuses
01:26:33et très faibles
01:26:34donc
01:26:36il y a
01:26:37évidemment
01:26:37des conditions sociales
01:26:39et des conditions d'études
01:26:40différentes
01:26:41qui créent aussi
01:26:41une forme de différenciation
01:26:43dans les parcours
01:26:44dans l'enseignement
01:26:46supérieur
01:26:47ce sont
01:26:48ces questions là
01:26:49qu'il faut régler
01:26:55il y a effectivement
01:26:56eu un événement
01:26:57qui a amené
01:26:58une baisse
01:26:59du niveau
01:26:59des étudiants
01:27:00et c'est la réforme
01:27:01du bac
01:27:02la réforme récente
01:27:03du bac
01:27:03a fait que les étudiants
01:27:05qui passent le bac
01:27:05ont fait beaucoup moins
01:27:06de mathématiques
01:27:07que les étudiants précédents
01:27:09et pour certains d'entre eux
01:27:11moins de philosophie
01:27:13cette réforme
01:27:13a aussi eu
01:27:14un impact
01:27:15genré
01:27:15c'est à dire
01:27:16que les jeunes femmes
01:27:17ont aussi fait
01:27:17moins de mathématiques
01:27:19et ça a un impact
01:27:20sur le niveau
01:27:22à l'entrée en licence
01:27:23ceci dit
01:27:24si vous nous parlez
01:27:25d'orientation incitative
01:27:26notre position
01:27:27est qu'aujourd'hui
01:27:28l'orientation incitative
01:27:30elle existe
01:27:31les attendus
01:27:33de parcours sup
01:27:34la présélection
01:27:34des dossiers
01:27:35par parcours sup
01:27:36aboutit au fait
01:27:37que de fait
01:27:38les étudiants
01:27:40sont déjà sélectionnés
01:27:41à l'entrée en licence
01:27:42mes collègues de STAPS
01:27:43me disent
01:27:44qu'eux
01:27:44ils voient
01:27:45une hausse
01:27:46du niveau
01:27:47et peut-être
01:27:48que s'il y a une baisse
01:27:49en philosophie
01:27:49c'est parce que
01:27:50c'était une filière
01:27:52moins choisie
01:27:52on va dire
01:27:53que les STAPS
01:27:55le dernier point
01:27:56c'est que
01:27:56sur la réussite étudiante
01:27:57c'est qu'il y avait
01:27:58un bon dispositif
01:27:59qui était mis en place
01:28:00dans la loi
01:28:00orientation et réussite
01:28:01des étudiants
01:28:02c'est le mentorat
01:28:03le mentorat
01:28:03quand il a été mis en place
01:28:05avait des résultats
01:28:06très efficaces
01:28:08sur la réussite
01:28:09et la qualité
01:28:10des études
01:28:10des étudiants
01:28:11mais l'état
01:28:12n'a pas su
01:28:13assumer
01:28:14ses engagements
01:28:15et donc
01:28:15ce mentorat
01:28:16ce dispositif
01:28:17de mentorat
01:28:17a été financé
01:28:18pendant deux ans
01:28:19et après
01:28:19ça a arrêté
01:28:22voilà pour ces travaux
01:28:23de la commission
01:28:24d'enquête du Sénat
01:28:24sur l'excellence
01:28:25des universités françaises
01:28:27c'est la fin
01:28:27de cette émission
01:28:28merci de l'avoir suivi
01:28:29continuez à suivre
01:28:30l'actualité politique
01:28:31et parlementaire
01:28:32sur notre site internet
01:28:33publicsénat.fr
01:28:34je vous souhaite
01:28:35une très bonne journée
01:28:35et sur Public Sénat
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