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  • il y a 6 minutes
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l'Énergie, annonce son soutien à l'ancien Premier ministre et actuel maire du Havre pour l'élection présidentielle de 2027. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-29-juin-2026-2921232

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00:007h47, la porte-parole du gouvernement et votre invité Benjamin Duhamel.
00:04Bonjour Maud Bréjon, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:07Alors que la France commence enfin à respirer, que l'on peut déjà tenter de dresser un bilan de cette
00:11vague de chaleur inédite.
00:13École transformée en étuve, hôpitaux et services d'urgence en surchauffe,
00:17une ministre de la transition écologique aux prises de parole pour le moins aléatoire.
00:21Est-ce que vous dites pardon aux Français pour une telle impréparation ?
00:24D'abord on a beaucoup appris depuis 2003, contrairement à ce que j'ai pu entendre ici ou là.
00:29Là on a massivement avancé dans la coordination des services entre Météo France,
00:33entre les services déconcentrés de l'État, l'ARS, je veux saluer tout le personnel.
00:37Encore une fois des préfectures par exemple qui ont fait un travail formidable,
00:41les CCAS dans les différentes communes de France qui ont pris le temps d'appeler l'ensemble des personnes fragiles
00:46qu'elles avaient sur leur fichier.
00:47Je ne suis pas sûr que ça ait sauté aux yeux pour les parents d'élèves et les enfants qui
00:50se sont retrouvés dans des écoles où ils étaient en train de gré.
00:52Peut-être pas, mais c'est de ma responsabilité que de rappeler ce qui fonctionne mieux que ce qu'on
00:56a commis avant.
00:56Ensuite, on a mis des moyens supplémentaires sur la table.
01:00Les crédits du ministère de l'Écologie ont doublé depuis 2017.
01:05Et vous parliez des écoles...
01:07Et le fond vert a été divisé, ce que disait Patrick, par quasiment quatre en l'espace de deux ans.
01:11Le fond vert, c'est un élément de l'ensemble des crédits.
01:13On parlait des écoles, il y a en ce moment 6500 emprises scolaires qui ont été rénovées ou qui sont
01:18en cours de rénovation.
01:19Maintenant, je suis d'accord, le réchauffement climatique va plus vite que nous.
01:23Et donc, il va falloir aller bien plus loin que ce que nous sommes en train de faire.
01:27Mais donc, juste Meud Bréjean, tout a fonctionné ?
01:29Il n'y a pas une forme de reconnaissance de choses qui ne sont pas allées assez vite, pas allées
01:34assez loin ?
01:34On fera ce matin un bilan autour du Premier ministre.
01:36Il y a un centre interministériel de crise avec l'ensemble des ministres concernés qui seront représentés.
01:41Ça permettra d'abord de dresser un premier bilan à date et ensuite de regarder très lucidement ce qui a
01:45fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné.
01:47Mais je crois qu'encore, il faut faire preuve d'un peu de mesures, contrairement à ce qu'on a
01:51pu entendre d'ici ou là,
01:52notamment dans les discours politiques depuis plusieurs jours.
01:54D'accord. Je voudrais juste prendre un exemple très concret, Meud Bréjean.
01:57On a appris que le gouvernement avait commandé en urgence 30 000 climatiseurs pour les hôpitaux.
02:02Pourquoi ils n'ont pas été commandés avant ?
02:04Écoutez, je vous ai dit ce qui avait été entamé avant.
02:07Il y a eu une vague absolument historique qui est arrivée il y a quelques jours de ça.
02:12Et je sais que les Français en ont beaucoup souffert.
02:14Et le Premier ministre a fait le bon choix.
02:16Ces commandes de climatiseurs, encore une fois, pour des lieux qui sont des lieux essentiels.
02:20Mais vous n'auriez pas pu anticiper le fait qu'en été, il y ait des vagues de chaleur ?
02:24Quand on voit que ces climatiseurs devraient être opérationnels au milieu de l'été,
02:28on se dit que s'ils avaient été commandés il y a quelques semaines, il y a quelques mois, ça
02:30aurait été un peu plus efficace.
02:31Je veux bien qu'on s'arrête aussi de commandes de climatiseurs, Benjamin Duhamel.
02:34Quand je vous dis que 6 500 emprises scolaires sont en cours de rénovation ou la rénovation achevée,
02:39quand je vous dis que depuis le Ségur de la Santé, les hôpitaux, lorsqu'ils sont construits ou rénovés,
02:44intègrent cette nécessité d'adaptation au changement climatique, c'est bien la preuve qu'on a avancé.
02:49Maintenant, je voudrais juste revenir sur un point que mentionnait Patrick Cohen
02:53et qui m'a beaucoup frappée depuis plusieurs années dans le débat public.
02:55C'est cette opposition systématique entre l'adaptation et l'atténuation.
02:59En réalité, le réchauffement climatique, c'est un voyage sans retour.
03:02Vous ne faites pas machine arrière.
03:04Et donc, notre premier enjeu, c'est évidemment d'en freiner les effets.
03:08Pour autant, les effets, le mal qui est fait, il est là.
03:11Et donc, il y a cette nécessité en parallèle d'arriver à s'adapter.
03:15Et pendant longtemps, on a opposé les deux.
03:18Vous regardez ce que vous a dit l'extrême-gauche depuis des années.
03:20L'extrême-gauche, je vous disais, surtout pas de climatiseur, surtout pas d'adaptation.
03:24Pardon, mais ce n'est pas l'extrême-gauche qui est au pouvoir depuis 2017.
03:27Vous pouvez effectivement souligner leurs contradictions.
03:29Elles existent.
03:29Enfin, c'est bien de votre responsabilité que de mener cette adaptation.
03:33Et le Rassemblement National, qui s'est opposé, qu'on entend beaucoup ces derniers jours,
03:37mais qui s'est opposé méthodiquement, méthodiquement,
03:40à toutes les mesures qu'elle est dans le sens de réduire les émissions de gaz à effet de serre,
03:44vient aujourd'hui nous donner des grandes leçons d'écologie depuis quelques jours,
03:48alors qu'ils se sont opposés à la construction d'énergies renouvelables,
03:51qui ont voté pour la suppression des ZFE,
03:53qui ont voulu baisser les budgets sur l'écologie.
03:56Donc, vous voyez que chacun regarde un peu ces contradictions aussi.
03:58D'accord, mais on est bien d'accord que c'est vous qui gouvernez depuis dix ans.
04:00Mais je ne vous dis pas le contraire.
04:02D'accord.
04:02Je ne vous dis pas le contraire,
04:04mais pour recevoir tous les matins des gens qui nous attaquent sur vos matinales,
04:08vous me permettrez encore une fois, et c'est aussi mon rôle, de pouvoir y répondre.
04:11Et vous avez pu répondre.
04:11Maude Bréjean, je voudrais aussi vous entendre sur les propos tenus par la ministre de l'écologie, Monique Barbu,
04:16après avoir anticipé mercredi dernier, à votre place, une nouvelle canicule jusqu'au 14 juillet,
04:20ce qui a été démenti dans la foulée par ses propres services Météo France.
04:24Elle a de nouveau suscité la polémique en parlant de la clim.
04:26Voilà ce qu'elle a dit.
04:27Je vais la citer in extenso.
04:29Je suis horrifié par les gens qui me disent
04:31« Oh, mais il n'y a qu'à mettre la clim partout. »
04:32Très bien, on va mettre la clim partout.
04:34Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ?
04:35Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ?
04:37Vous croyez que ça va éviter quoi ?
04:39Rien.
04:40Est-ce que vous comprenez qu'il y a quelque chose d'étonnant
04:42à se faire sermonner comme ça par la ministre de l'Écologie en pleine canicule ?
04:45Écoutez, moi je vais vous répondre sur le fond.
04:48Sur le fond, bien sûr qu'il ne faut pas mettre de la climatisation partout.
04:52Nous, nous sommes favorables à la climatisation partout,
04:55où c'est nécessaire, dans les hôpitaux, dans les écoles,
04:58dans les maternités, dans l'ensemble des services publics,
05:00où on voit que nous n'avons plus d'autre choix.
05:03Pour autant, ce n'est pas la seule réponse à apporter.
05:06On voit bien que ça va bien au-delà de ça.
05:08Et je pense que c'est ce que voulait dire Monique Barbu.
05:10Quand elle parle de la biodiversité, quand elle parle des incendies...
05:13Mais quand elle dit « Qui croit que la clim va éviter les feux de forêt ? »
05:16Est-ce que quelqu'un pense sincèrement que la climatisation va éviter les feux de forêt ?
05:19J'ai entendu, là encore, dans certains propos politiques,
05:23des lignes qui tendaient à dire « Il faut de la clim partout ! »
05:26D'accord, mais ce n'est pas la même chose que de dire
05:27que la clim va éviter les feux de forêt ou la mort des animaux.
05:29Vous comprenez très bien ce qu'elle veut dire.
05:31Ce qu'elle veut dire, c'est que la clim est une des réponses.
05:34Et nous l'assumons complètement.
05:35Nous ne sommes pas dans un discours dogmatique ou idéologique.
05:37Est-ce que vous reconnaissez une forme de maladresse à minima de la part de la ministre de la Transition
05:40écologique ?
05:41Ce n'est pas suffisant.
05:41Moi, je comprends que les Français qui ont beaucoup souffert depuis plusieurs jours,
05:45qui ont eu des difficultés dans leur quotidien,
05:47parce que les crèches ont été fermées,
05:49parce que les écoles ont pu être fermées,
05:52ont surtout envie qu'on soit à leur côté.
05:54Donc il faut faire attention pour les propos.
05:56Et qu'on fasse preuve, en tout cas, d'écoute et d'empathie.
06:02Maude Bréjon, dimanche prochain, le 5 juillet,
06:04Edouard Philippe organise un grand meeting à Paris.
06:06Il y a quelques mois, vous disiez qu'il était le mieux placé pour 2027.
06:10Est-ce que vous avez fait votre choix entre soutenir le candidat de votre parti,
06:13Gabriel Attal, ou soutenir Edouard Philippe ?
06:15J'ai fait mon choix sur la base d'un constat qui, aujourd'hui, très clair, lucide,
06:19et qui, je crois, saute aux yeux de beaucoup d'entre nous.
06:22C'est ce risque absolument majeur d'un second tour, d'une part,
06:25entre la France insoumise et le Rassemblement national au second tour.
06:29Et puis, ensuite, le risque de victoire du Rassemblement national.
06:34Et aujourd'hui, en responsabilité, j'ai fait le choix, d'une part,
06:37d'aller au meeting d'Edouard Philippe la semaine prochaine,
06:40et puis, plus globalement, de le soutenir dans sa candidature, pour deux raisons.
06:43D'abord, parce que je pense qu'il est le plus à même, aujourd'hui,
06:47à rassembler, très largement, bien au-delà de sa propre famille politique,
06:51bien au-delà de nos propres familles politiques.
06:54Et que ce rassemblement est un impératif absolument vital pour le pays,
07:00pour notre accession au second tour,
07:02et pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir.
07:07Et ensuite, parce que c'est quelqu'un qui a beaucoup d'expérience.
07:11Expérience de Premier ministre, expérience de maire,
07:13et que je crois que, dans les temps extrêmement troublés,
07:17que nous vivons aujourd'hui, c'est quelque chose qui est important.
07:19Plus que Gabriel Attal ? Parce que, pardon, Maude Bréjean,
07:22mais vous êtes adhérente d'un parti, dont vous avez d'ailleurs été la porte-parole,
07:25et pourtant, vous soutenez le candidat d'un autre parti.
07:28Qu'est-ce qu'il a de plus que Gabriel Attal ?
07:30Moi, je ne renie rien, et je ne critique en rien les compétences et la légitimité des uns et des
07:36autres de Gabriel Attal,
07:38comme d'autres.
07:38Je pourrais aussi citer Bruno Retailleau, vu que je plaide pour un très large rassemblement.
07:42C'est bien que, selon vous, il a des qualités que Gabriel Attal n'a pas.
07:45Ce que je pense, c'est qu'aujourd'hui, le rassemblement est un point absolument fondamental,
07:51et que de par le parcours qui est le sien, vous savez qu'il vient de la droite,
07:54qu'il a été Premier ministre d'Emmanuel Macron pendant trois ans,
07:57qu'il est maire d'une ville populaire.
08:01Ça le met aujourd'hui plus que les autres dans cette capacité de rassembler largement.
08:06Or, si on n'est pas capable d'opérer ce rassemblement,
08:10nous n'arriverons pas à éviter ce duel entre la France insoumise et le rassemblement national.
08:16On n'est pas sur quelque chose de théorique, Benjamin Duhamel.
08:19On est à une croisée des chemins qui est absolument majeure.
08:22C'est un enjeu de responsabilité.
08:25Deux questions rapides pour terminer Maude Bréjean.
08:26Est-ce qu'en conséquence, vous allez quitter Renaissance pour rejoindre Horizon ?
08:30Écoutez, je soutiens un homme qui a été nommé Premier ministre par Emmanuel Macron.
08:36Vous ne répondez pas tout à fait.
08:37Est-ce que vous allez quitter le parti qui a un candidat ?
08:40Le Premier ministre du Président de la République que je soutiens.
08:44Emmanuel Macron est d'ailleurs, vous le savez, président d'honneur du parti.
08:47Donc je n'ai pas l'intention de changer de parti.
08:49Première question.
08:50Et la deuxième, je croyais, Maude Bréjean, que les ministres n'avaient pas le droit de faire de politique
08:54et n'étaient pas censés s'engager dans la campagne.
08:55La règle est très claire.
08:56Vous allez devoir quitter votre poste de porte-parole du gouvernement ?
08:58La règle est très claire.
09:00D'une part, pas de candidat au sein du gouvernement.
09:02C'est bien normal.
09:03Et ensuite, pas de rôle opérationnel dans la campagne.
09:05Je n'aurai aucun rôle opérationnel dans la campagne.
09:07Mais pour autant, je crois qu'on parle.
09:10On parle aujourd'hui, encore une fois, de quelque chose qui nous dépasse,
09:13qui est plus grand que nous.
09:14C'est l'avenir et l'intérêt de la France.
09:15Mais vous serez donc peut-être au premier ou au deuxième rang du meeting d'Edouard Philippe dimanche prochain.
09:21Merci.
09:21Merci à vous.
09:22Et merci Benjamin Duhamel.
09:23On se retrouve tout à l'heure pour le grand entretien.
09:25Il est 7h57.
09:30Avec qui passons-nous l'été ?
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