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  • il y a 4 minutes
Aude Mura, médecin coordinateur des urgences de la clinique de Lesparre-Médoc, était invitée de Punchline week-end sur CNEWS ce samedi 27 juin. «On a des personnes qui restent dans les couloirs sur des brancards des journées entières», a-t-elle déploré. 

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Transcription
00:00Bonjour à toutes, merci de nous donner la parole.
00:04Oui, la situation est compliquée chez nous.
00:06Nous, on est dans une région touristique,
00:11donc on est habitués à avoir un flux estival important,
00:16avec des températures effectivement qui peuvent être élevées,
00:19notamment dans la région d'Elmo et de Julier.
00:26Mais là, franchement, cet été arrive très en avance,
00:32à la fois sur le plan des températures
00:34et à la fois sur le plan de l'activité saisonnière.
00:38On a effectivement une saisonnalité qui est très prématurée cette année,
00:44et puis des températures caniculaires qui aggravent l'état des patients,
00:50que ce soit des patients qui sont même des touristes,
00:53qui sont en camping dans des conditions d'hébergement
00:55qui sont parfois un peu précaires quand il est question de canicule comme ça.
01:00Et puis les patients, enfin voilà, tous les patients de la région,
01:04les EHPAD, les patients âgés, les patients isolés,
01:07on a beaucoup d'isolement dans les DOC,
01:09donc tout ça est très compliqué à gérer pour nous,
01:11et vient sur une situation qui reste dégradée,
01:14mois après mois, depuis maintenant on peut parler en année,
01:18avec un aval des urgences qui est complètement défaillant.
01:23Est-ce que vous avez le sentiment que la situation est pire qu'en 2003 ?
01:28Année de référence aussi ?
01:31Alors 2003, je n'étais pas dans la région,
01:34et pour tout vous dire, en 2003 j'étais en congé maternité,
01:39donc je ne pourrais pas vous répondre,
01:40et puis je n'étais pas dans la région girondine,
01:44donc je ne peux pas vous parler de la saisonnalité en 2003.
01:46Ce qui est sûr, c'est qu'on voit les choses qui s'aggravent
01:48avec les années ces dernières années,
01:50c'est-à-dire que la fréquentation aux urgences,
01:52elle augmente toujours un petit peu,
01:54et par contre, les conditions d'hospitalisation en aval des urgences
01:59se dégradent, n'arrivent pas à s'améliorer,
02:02malgré les tentatives de mise en place de dispositifs,
02:07mais il manque l'essentiel, il manque le personnel,
02:10c'est toujours la même chose, ça ne change pas,
02:12on en a déjà parlé ensemble au mois de décembre,
02:14on peut en reparler, c'est mois après mois
02:17toujours les mêmes problèmes,
02:18on n'a pas suffisamment d'aval,
02:20on a des patients qui restent sur les brancards,
02:22moi hier matin, je ne travaillais pas
02:24puisque je suis de garde 24 heures aujourd'hui,
02:27donc hier matin, mes collègues m'ont appelé dès le matin,
02:29on avait des patients qui étaient dans le couloir
02:31des urgences sur les brancards depuis plus de 15 heures,
02:35dans des zones d'attente d'urgence depuis plus de 20 heures,
02:38dans le service du HCD,
02:40qui est le service d'hospitalisation de courte durée,
02:42où théoriquement, ça ne devrait pas accéder 24 heures
02:45pour permettre la fluidité du service,
02:48les patients étaient là depuis 36 heures, 48 heures,
02:51et c'est quotidien, c'est quotidien,
02:53donc on n'a pas de possibilité,
02:55là j'ai une patiente à transférer,
02:57ça fait 48 heures qu'elle est chez nous,
02:59j'ai fait le tour des établissements de Bordeaux,
03:02des services d'endocrinologie,
03:04il n'y a pas de place pour elle.
03:06Voilà, ça c'est notre réalité quotidienne.
03:08Sous-titrage Société Radio-Canada
03:09www.bordeaux.com
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