00:00Joyeux Noël à tous.
00:02Non, j'ai eu la chance de passer le réveillon de Noël en famille.
00:07Et voilà, j'ai la moins chance, la plus petite malchance,
00:13de venir travailler aujourd'hui le 25 décembre.
00:16Aude, pour les téléspectateurs, les auditeurs qui nous écoutent d'Europe 1,
00:22une nuit comme ça de réveillon, j'imagine que c'est en sous-effectif,
00:26il y a moins de bras, mais en revanche, il n'y a pas de trêve de Noël
00:30lorsqu'il y a des urgences, bien sûr, médicales.
00:33C'est-à-dire que ça tourne à plein régime ?
00:36Alors, il n'y a pas moins de bras aux urgences.
00:38Il n'y a pas de trêve pour nos urgences.
00:41On est en effectif habituel, que ce soit le jour ou la nuit.
00:45Le sous-effectif concerne le reste de l'établissement.
00:50Effectivement, les jours fériés, la nuit, il n'y a pas de médecin
00:52dans le reste de l'établissement, en dehors des services indispensables.
00:56Les chirurgiens qui sont d'astreinte, les anesthésistes également.
01:00Après, nos urgences, on n'a pas d'effectif.
01:04Les soignants sont tous sur le terrain.
01:06Le nombre d'infirmières, le nombre de médecins, le nombre de soignants habituels.
01:10Les ASH également sont présentes.
01:12Aude Murat, j'ai posé la question à Jean-Christophe Couville.
01:15Je lui ai demandé qu'est-ce qu'on pourrait mettre sous le sapin du policier ?
01:18Qu'est-ce qu'on pourrait mettre sous le sapin du soignant ou de la soignante que vous êtes, chère Aude ?
01:24Des lits d'hospitalisation.
01:26Mais je croyais que des lits d'hospitalisation, depuis le Grenelle et la crise Covid,
01:33il n'y en avait eu plus.
01:34Le Ségur de la santé.
01:35On nous a menti ?
01:36Alors, le Ségur de la santé a donné des moyens, mais pour ouvrir des lits, en fait, il faut du personnel.
01:44Et vous n'êtes pas censé savoir que malheureusement, le numerus clausus, qui a fonctionné pendant plusieurs dizaines d'années,
01:54a privé le système de santé français du nombre de médecins dont il a absolument fondamentalement besoin.
02:01Donc aujourd'hui, pour former un médecin, il faut plus de dix ans.
02:05On a relaxé maintenant effectivement un peu et on forme beaucoup plus de médecins que ma génération.
02:11On était vraiment très, très peu.
02:13Mais maintenant, effectivement, il faut attendre que tout ce monde là arrive.
02:16Donc en fait, pour ouvrir des lits, c'est bien beau de mettre des moyens.
02:19Donc bon, les moyens, on peut en discuter, mais de toute façon, il n'y a pas de personnel.
02:23Il n'y a pas de médecin.
02:24Vous manquez de bras.
02:24Les infirmières s'en vont.
02:26Oui, on manque de bras.
02:27On manque de bras.
02:28Eh bien, écoutez, on comprend aussi toutes les difficultés.
02:33On souhaitait ce matin, vous souhaitez, malgré toutes ces contraintes, vous souhaitez un joyeux Noël
02:38puisque vous êtes sur le pont comme bon nombre de soignants dans toute la France.
02:43Merci Aude Murat.
02:44Je rappelle que vous êtes médecin coordinateur des urgences de la clinique de l'Espart en Géronde.
02:49Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires