00:00 Les fous ne sont pas en liberté.
00:02 Et puis bon, le terme "fou" peut reverser la folie, c'est toute la question.
00:07 Est-ce que c'est un terme qui est encore adapté ? Je ne sais pas.
00:10 Enfin, en tout cas, il y a des patients sous contrainte,
00:13 donc qu'on contraint aux soins et dans des services qui sont fermés.
00:20 – Est-ce qu'aujourd'hui, les infirmiers psychiatriques tels que vous
00:24 peuvent être en danger face à l'agressivité de certains patients ?
00:29 – Alors nous sommes en danger quotidiennement, encore pour preuve,
00:33 la semaine dernière, on a un patient qui s'est présenté aux urgences psychiatriques
00:38 de notre hôpital et qui a agressé plusieurs collègues occulteurs.
00:44 – Qu'est-ce que vous préconisez alors ?
00:46 – Alors, on peut l'expliquer de différentes façons,
00:51 il y a le sous-effectif chronique.
00:53 Moi, quand j'ai commencé il y a 5 ans à l'hôpital,
00:57 nous étions 5 infirmiers et 2 aides-soignants par service,
01:01 un service de 27 lits, dont 2 chambres d'isolement.
01:04 Aujourd'hui, nous sommes 2 infirmiers et 1 aide-soignant,
01:09 1 à 2 aides-soignants par service, toujours pour 27 patients,
01:14 dont 2 chambres d'isolement.
01:17 – Et du coup, aujourd'hui, vous pensez que ça n'intéresse pas
01:20 les pouvoirs publics, la psychiatrie, même avec des tragédies
01:22 comme on vient de la vivre ?
01:24 – Je pense que ça intéresse tout autant que l'hôpital public.
01:31 On voit bien qu'on a de plus en plus de mal à recruter,
01:34 que l'hôpital se dégrade de jour en jour,
01:40 et alors la psychiatrie, comme vous le disiez,
01:43 c'est le parent pauvre de l'hôpital,
01:46 donc on ne connaît pas bien encore l'origine des pathologies en psychiatrie,
01:53 et c'est des services qui ne rapportent pas, il faut bien le dire.
01:57 On ne peut pas faire un turnover comme on fait à l'hôpital général
02:00 en remplissant des lits, en faisant tourner les patients.
02:06 La psychiatrie, c'est des pathologies qui se traitent sur le long cours.
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