00:00Rouge canicule dès midi, la fin d'année scolaire vire au cauchemar dans les écoles.
00:04Invité d'ici matin, c'est donc Amélie Lapprend, co-secrétaire du SNIP-EPFSU dans le doux premier syndicat enseignant.
00:10Bonjour Amélie Lapprend.
00:11Bonjour.
00:12Comment ça va ? Est-ce que les instits tiennent le coup ?
00:15Ils tiennent le coup, ils n'ont pas le choix.
00:18Je crois qu'il faut garder les écoles ouvertes puisqu'a priori ce sont les directives,
00:24même si on a des consignes qui permettent de dire aux parents de garder leurs enfants à la maison
00:29si les enfants y sont mieux.
00:32Pour autant, on reste pour beaucoup d'enseignants et d'enseignantes dans des locaux qui ne sont pas isolés,
00:38extrêmement surchauffés, c'est compliqué.
00:40Oui justement, c'est compliqué pour vous enseignants, c'est compliqué pour les parents
00:43puisque, je donne des exemples, l'Onse-le-Saunier dans le Jura, la mairie ferme toutes ses écoles
00:48entièrement matin, après-midi, d'Aul que l'après-midi,
00:52comme à Dan-Marie-Surcrête, on en parlait en début de semaine dans le Grand Besançon,
00:55là c'est fermeture de l'école maternelle l'après-midi.
00:57Alors, qui fait quoi ? Et vous, surtout, qu'est-ce que vous avez le droit de faire ou de
01:02ne pas faire ?
01:03Alors, qui fait quoi ? Merci de poser la question.
01:06Les consignes n'ont pas été très claires depuis la semaine dernière
01:09alors qu'on connaissait l'arrivée de cet épisode caniculaire.
01:14On le connaît depuis plusieurs années, de toute façon, puisqu'ils seront récurrents.
01:18Qui fait quoi ? Les écoles, les enseignants-enseignantes ont possibilité de dire aux familles,
01:22effectivement, comme je vous le disais, de rester à la maison.
01:25En revanche, il n'y a pas de fermeture d'écoles généralisées.
01:29Ce n'est pas le souhait du DAZEN ou du ministre, de toutes les manières.
01:37Les notions d'alerte rouge, d'alerte orange ne sont qu'indicatives
01:42parce que finalement, selon les écoles où les enfants sont, où les enseignants-enseignantes enseignent,
01:49selon l'isolation, il fait plus ou moins chaud.
01:51Donc c'est vrai qu'il y a certaines écoles où quand il fait 29 degrés maximum, rideau fermé,
01:58on arrive à maintenir finalement un petit peu une ambiance de classe.
02:04Oui, une ambiance de classe, pas du frais.
02:05C'est ça.
02:06Les mots sont choisis.
02:06Voilà, mais on a des écoles où il fait 32 degrés à Bourgogne, école Bourgogne élémentaire,
02:1132 degrés à 8h le matin à Besançon.
02:13C'est juste invivable.
02:16Des écoles, là, on était à 35,5, à Pierre et Marie Curie dans des locaux.
02:23Quartier Palante.
02:24Oui, tout à fait.
02:26Ce n'est pas possible.
02:26À partir de 30 degrés, on sait déjà que c'est dangereux pour la santé.
02:30Il y a des enseignants qui se plaignent effectivement de troubles physiques liés à la chaleur.
02:36Pierre et Marie Curie qui a été rénovée dans le quartier Palante à Besançon.
02:41Non, elle n'a pas été rénovée.
02:43La cour a été végétalisée.
02:44L'école, elle-même, n'a pas été rénovée.
02:46Preuve en est, en maternelle, là où les vitrages ont été changés à Pierre et Marie Curie,
02:51on est à 29 degrés, 30, ça se maintient.
02:55Là où les vitrages n'ont pas été rénovés dans le côté élémentaire, c'est là où on monte à
03:0035,5.
03:01D'où la nécessité absolue de continuer le plan de rénovation, de le mettre en place, de le projeter, de
03:08le budgéter.
03:09On voit que c'est essentiel.
03:12Une école comme...
03:13Alors, pareil, je reprends à Besançon parce que c'est là que j'ai eu des remontées d'écoles rénovées.
03:18La vieute élémentaire, l'année dernière, avant rénovation, montait jusqu'à 37 dans les classes.
03:23Après rénovation, on était à 30 maximum au plus chaud.
03:27Pour végétaliser, vous êtes à 28 degrés à l'ombre sous les arbres, dans l'herbe.
03:32Alors que vous êtes à 45 sur le bitume, juste à côté, quelques mètres à côté.
03:37Donc, vraiment, je ne vois pas comment on peut remettre en question, comme j'ai pu l'entendre dire,
03:42le plan de rénovation qui a été programmé par l'ancienne municipalité.
03:47Il faut absolument continuer.
03:48Il faut le faire partout, dans toutes les écoles.
03:49On parle de Besançon, mais quel que soit le lieu...
03:52Et surtout le territoire.
03:53En France, on avait quand même des fonds verts,
03:56qui étaient de 2,4 milliards initialement,
03:59un budget qui ont été divisés par 3.
04:02On est à 800 millions maintenant.
04:06Donc, comment voulez-vous anticiper, aider les collectivités territoriales
04:11à financer toutes ces rénovations, si vous ne mettez pas les moyens ?
04:15Il n'y aura pas 36 000 solutions.
04:16Il va falloir mettre du budget.
04:18Il va falloir s'organiser aussi, pour mettre en place des protocoles, petit à petit.
04:23Amélie Laprend, un co-secrétaire du SNIPP FSU dans le Doubs,
04:26un premier syndicat enseignant, est l'invité d'ici matin.
04:28Alors, on entend votre colère sur la rénovation des écoles,
04:32c'est peu de le dire.
04:33Moi, j'ai envie de parler aussi des sorties scolaires.
04:35Alors, c'est vrai que c'est souvent la fête de l'école en fin d'année,
04:39les sorties pour les enfants, pour les enseignants,
04:42un moment pour respirer.
04:43Et puis, on l'entend depuis ce matin sur ICI Besançon,
04:46Marion Streicher a passé pas mal de coups de fil,
04:48elle s'est déplacée.
04:49Les sites de plein air, il n'y a plus personne.
04:51Les sorties scolaires, elles sont annulées.
04:52C'est la double peine pour vous ?
04:54C'est la double peine.
04:55Alors, pour nous, pour les enfants, pour les élèves,
04:58essentiellement, les sorties, elles sont organisées pour elles et eux.
05:02Alors, certaines sorties ont été maintenues quand même
05:04en début de semaine, parce qu'il n'y a pas de directive stricte,
05:09tout simplement parce que parfois, les sorties scolaires
05:10permettent d'être dans un environnement
05:12beaucoup plus favorable finalement qu'à l'école.
05:15Quand vous allez à la forêt...
05:17Oui, voilà, aller en forêt, ce qui sont des sorties qui se font
05:22beaucoup amusées, forêt, nature, ferme, etc.
05:25En revanche, effectivement, il faut regarder quel est le risque.
05:29Est-ce que c'est nécessaire de déplacer un groupe d'enfants ?
05:32Puis autre chose, quand on n'a pas toute sa classe,
05:34parce qu'il n'y en a qu'une partie qui vient en classe,
05:36est-ce bien équitable de garder une sortie scolaire ?
05:40Et puis, parce que voilà, c'est décevant pour les enfants
05:42qui ne peuvent pas y aller, et puis ça n'a pas de sens
05:44pour le projet de classe qu'on avait construit pédagogiquement.
05:47Pour terminer, Amélie Lapprend, qu'est-ce qu'il faut vous souhaiter ?
05:50De bonnes vacances ?
05:51Alors, ce qu'il faut nous souhaiter, surtout,
05:53c'est un plan de rénovation énergétique
05:55qui soit national, avec des budgets, des moyens,
05:59pour qu'il y ait une véritable continuité pédagogique
06:01qui se mette en place, parce que là, on nous parle
06:03de continuité pédagogique, c'est pour ça qu'on ne ferme pas,
06:05mais enfin, c'est faux.
06:06Il n'y a pas de continuité pédagogique, même quand les enfants sont en classe,
06:09quand il fait 30 degrés.
06:11Merci beaucoup, en tous les cas, pour votre témoignage.
06:13Bon courage à vous.
06:14On pense à tous les enfants, à tous les élèves,
06:17à ceux aussi, aux élèves de troisième,
06:18qui passeront le brevet, eux, dès demain.
06:21Donc, voilà, pas d'annulation, pas de report des épreuves.
06:24Amélie Lapprend, donc, co-secrétaire du syndicat SNU-IPPFSU,
06:28dans le Doubs, le premier syndicat enseignant
06:30dans le département du Doubs.
06:32Interview, on réécoute, comme chaque matin,
06:34sur ici.fr, Besançon et votre appli, ici.
06:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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