00:00D'abord votre réaction, bien sûr, après la noyade dramatique de deux enfants dans la rivière au niveau du parc
00:06Micoa à Besançon ce week-end.
00:07Est-ce que ce drame aurait pu être évité selon vous ?
00:11Malheureusement, il aurait pu être évité si la réglementation était respectée et si les arrêtés municipaux d'interdiction de baigner
00:17de l'été.
00:17Les policiers ont passé beaucoup de temps ce week-end à tirer des jeunes, souvent hors de l'eau.
00:23On comprend la tentation qu'ils ont de se baigner, mais le Doubs est une rivière dangereuse, en particulier à
00:27Besançon,
00:28compte tenu notamment des aménagements qui ont été opérés sur cette rivière au fil des siècles.
00:32Et donc, il faut respecter ce principe d'interdiction de baignade.
00:35Mais d'abord, on pense à ces jeunes victimes, malheureusement, à leur famille, à leurs camarades.
00:40Une cellule d'accompagnement psychologique est en place ce matin au collège de Car-Soleil pour accompagner les camarades de
00:45classe d'un de ces jeunes.
00:47Est-ce qu'à Besançon, parce que vous dites qu'il y a eu des aménagements de faits,
00:50mais est-ce qu'on ne manque pas quand même de lieux de baignade et de fraîcheur ?
00:53De fraîcheur aussi, tout simplement, accessible en cette période particulière.
00:58C'est un période de canicule.
01:00J'ai noté qu'il y avait des débats municipaux autour de ces questions.
01:03Je laisse le Soir aux autorités municipales de saisir du sujet.
01:07En tout état de cause, les aménagements en question sont sans doute possibles.
01:10Assurément, ils prennent du temps et demandent des moyens.
01:13Je souligne aussi qu'on aura peut-être à ce moment-là à se poser la question de la qualité
01:16des eaux de baignade,
01:17puisqu'aujourd'hui, on n'effectue pas de contrôle sur les eaux du Doubs à Besançon,
01:21puisqu'on n'a pas vocation à s'y baigner.
01:22Mais c'est un enjeu important et je ne suis pas persuadé qu'on puisse toujours se baigner à Besançon,
01:27en particulier dans des périodes d'étiage comme celle qu'on connaît aujourd'hui,
01:30où la qualité des eaux n'est pas forcément la meilleure.
01:32Tous les départements de Franche-Comté sont en vigilance.
01:36Orange canicule, 40 au total en France,
01:39contre 49 en rouge dès midi.
01:42Vous nous confirmez, rouge dès midi.
01:44Pour les autres, pas pour nous.
01:46Justement, pourquoi on est, nous, en orange ?
01:48Alors bon, c'est de la couleur, on est d'accord,
01:50mais quand même, ça veut dire quelque chose.
01:51Pourquoi orange chez nous, pas rouge ?
01:53Ça veut dire d'abord, tout simplement,
01:55qu'on ne connaît pas les températures qui sont annoncées dans certaines régions de l'ouest de la France,
01:59où on dépassera les 40 degrés aujourd'hui et demain.
02:02Même si les températures sont très élevées en Franche-Comté,
02:06aujourd'hui et demain, elles n'atteignent pas ces niveaux-là.
02:09Ensuite, on verra.
02:10C'est quelque chose qui est discuté chaque jour,
02:12avec Météo France, avec les services de santé,
02:15puisque la longueur d'un épisode caniculaire
02:18peut aussi nous amener à un moment à basculer en rouge
02:20compte tenu des conséquences que tout ça peut avoir sur la santé.
02:23Mais il est trop tôt pour dire si nous passerons en rouge ou pas dans la semaine.
02:26Justement, quels sont les points de vigilance
02:28lorsqu'on est comme ça, en orange, pour canicule ?
02:31En orange, on reste normalement centré sur les publics prioritaires,
02:34c'est-à-dire les plus fragiles, les personnes âgées,
02:36les femmes enceintes, les plus jeunes.
02:39C'est donc vers eux que se tournent nos politiques publiques,
02:42avec la mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés,
02:45on a eu l'occasion de communiquer sur ce qui se faisait dans les EHPAD
02:47la semaine dernière, par exemple.
02:49Le suivi, évidemment, des sujets d'urgence.
02:52Les hôpitaux connaissent une augmentation d'activité
02:54qui est significatiste,
02:56plus d'un point d'appel au centre 15 depuis le début de la canicule.
02:59C'est une réalité.
03:01Et puis, évidemment, les jeunes enfants,
03:06avec toute l'adaptation des horaires scolaires
03:10qui s'est mis en place localement,
03:12le choix a été fait de laisser la liberté aux élus
03:14et aux acteurs de terrain
03:16de décider de la meilleure adaptation possible
03:18compte tenu des circonstances.
03:19On n'a pas le même bâti scolaire partout,
03:21on n'a pas non plus les mêmes températures partout.
03:23Entre Pontarlier et Besançon,
03:24les enjeux ne sont pas exactement les mêmes.
03:25Et donc, à partir d'aujourd'hui,
03:27les parents ont pu le constater.
03:29Souvent, dans les collèges,
03:30on a recommandé aux élèves de ne pas venir l'après-midi.
03:33Et dans un certain nombre d'établissements du primaire,
03:36c'est également le cas aujourd'hui.
03:37Oui, alors c'est une recommandation,
03:38ce n'est pas une obligation.
03:40Chaque école, chaque collège fait un petit peu comme il veut.
03:43Pour ce qui est du bac,
03:44il y a le grand oral qui démarre aujourd'hui.
03:46Les candidats au bac, eux,
03:48ils vont passer leur épreuve ici
03:49dans toute l'académie de Besançon.
03:51Il n'y a pas de consigne à ce niveau.
03:53Alors, la consigne, c'est qu'évidemment,
03:55on va passer les épreuves du bac.
03:56On ne va pas pouvoir annoncer qu'on le donne cette année
03:58compte tenu de la chaleur.
04:00Maintenant, la rectrice a pris toutes les mesures utiles
04:01pour que les euros aient lieu normalement le matin,
04:05pour l'essentiel.
04:06Et donc, ça amènera probablement à décaler
04:08un certain nombre d'euros par rapport au planning prévu
04:10et à étendre un petit peu la période d'examen.
04:12Mais normalement, l'objectif est bien
04:14que les euros aient lieu le matin.
04:15Le préfet du Doubs, Rémi Bastille,
04:17est l'invité d'ici matin.
04:18Alors, on parle beaucoup, effectivement,
04:20des personnes âgées, des jeunes enfants.
04:21Là, on parlait des candidats au bac.
04:23Il y a les entreprises aussi.
04:25On avait tout à l'heure une entreprise de BTP,
04:28de bâtiments et travaux publics,
04:29qui décale aussi ses horaires.
04:31Est-ce que vous, préfet du Doubs,
04:32vous donnez des consignes précises aux entreprises
04:34avec la canicule ?
04:35En orange, nous sommes au stade de la recommandation.
04:38Donc, les consignes visent à sensibiliser
04:42les chefs d'entreprise au besoin d'adapter les horaires.
04:45Je pense que la plupart ont conscience
04:46de ces enjeux aujourd'hui
04:47et font leur maximum pour effectivement s'adapter.
04:50Ce n'est pas toujours simple,
04:51on en est conscient,
04:52mais on parle de la santé des travailleurs
04:54et donc, c'est prioritaire.
04:55Si nous passons en rouge,
04:56là, on pourra aller vers des mesures réglementaires
04:58qui imposeront des adaptations d'horaires.
05:00Mais on n'en est pas là.
05:00D'accord.
05:01Pour finir, Rémi Bastille,
05:03vous avez déclenché le niveau alerte sécheresse.
05:05Jeudi, c'est bien cela,
05:07avec les premières restrictions d'eau.
05:09Quelle est la situation ?
05:10Est-ce qu'on a déjà des communes,
05:11notamment alimentées en citerne ?
05:13Pas à ma connaissance, en tout cas.
05:15D'accord.
05:15Par contre, on a un niveau d'eau dans le doux
05:17dans son cours supérieur
05:18qui est déjà très bas.
05:20Le lac de Saint-Point sert déjà
05:22à alimenter la rivière en eau.
05:24C'est un peu tôt dans l'année.
05:26Et puis, surtout,
05:27la période très prolongée
05:28de forte chaleur qu'on va connaître
05:29va mettre en tension
05:30une grande partie du département
05:32sur la ressource hydrique,
05:33sans parler évidemment des enjeux
05:34de pousses d'herbe
05:35qui vont poser des problèmes aux agriculteurs.
05:37D'où le besoin d'être très attentif déjà
05:40à l'eau.
05:41On est très tôt dans l'année,
05:43mais donc, il faut gérer l'eau au mieux
05:45pour tenir tout l'été
05:46dans un département, vous le savez,
05:48très sensible sur ces sujets-là.
05:49Donc, vous pourriez accentuer
05:51les restrictions d'eau ?
05:51On comprendra des mesures complémentaires
05:53si jamais, effectivement,
05:54on constatait des tensions très fortes
05:56sur la disponibilité de la ressource.
05:59Merci beaucoup, en tous les cas,
06:00Rémi Bastille,
06:01préfet du département du Doubs,
06:02donc d'être venu dans nos studios
06:03à ICI Besançon.
06:05Interview, on réécoute,
06:06comme chaque matin,
06:07sur ICI.fr Besançon
06:08et votre appli, ici.
06:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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