00:00Cédric Boulin, bonsoir monsieur Boulin, vous avez contacté BFM aujourd'hui pour raconter votre histoire, en l'occurrence c'est
00:07l'histoire de votre mère, elle a 83 ans,
00:09elle est hospitalisée en ce moment en région parisienne à Colombes et vous vous battez depuis plus d'une semaine
00:14pour installer une climatisation mobile dans sa chambre d'hôpital,
00:19je précise que vous êtes prêt à le faire à vos frais, c'est vous qui êtes prêt à payer
00:22et à installer cette clim et on vous dit non depuis une semaine.
00:26Petite question simple, il fait combien dans la chambre de votre maman à l'hôpital ?
00:30Mais actuellement il fait 35 degrés.
00:33Et quand vous dites je suis prêt à payer moi-même cet appareil mobile, qu'est-ce qu'on vous
00:36répond ?
00:37Je l'ai déjà acheté, je l'ai en ma procession, je suis prêt à l'installer à n'importe
00:40quel moment, j'avais déjà prévu par rapport à la canicule du mois de mai
00:45où déjà elle a souffert dans cette même chambre d'hôpital puisque ça fait 6 mois qu'elle est hospitalisée
00:49et donc voilà, le climatiseur je l'ai à disposition,
00:54je suis prêt à l'installer à n'importe quel moment et l'hôpital m'a sorti plusieurs excuses toutes
01:00différentes
01:01qui ne me semblent pas valables dans une période aussi dramatique que celle d'aujourd'hui.
01:06Mais c'est-à-dire ils vous disent quoi ? C'est une question de normes ? C'est une
01:08question de sécurité ? C'est une question de principe ?
01:11Alors ma mère a demandé en tout premier au médecin-chef du service SMR gériatrie où elle est actuellement hospitalisée,
01:22elle a demandé à ce que je puisse installer cette climatisation dans la chambre qu'elle partage d'ailleurs avec
01:27une autre patiente
01:28et donc ça serait deux personnes qui pourraient en bénéficier dans cette chambre-là et donc la médecin-chef s
01:35'est juste contentée de lui dire non,
01:36sans lui expliquer pourquoi, non, non, c'est pas possible, mais sans donner aucune raison valable à ce moment-là.
01:42Quand ma mère m'a dit ça, évidemment, j'ai relancé l'affaire et j'ai moi-même rappelé l
01:47'hôpital pour obtenir satisfaction
01:50et là j'ai donc eu une cadre de santé, qui s'occupe également du même service SMR gériatrie à
01:58l'hôpital Louis-Mourier,
01:59qui m'a dit dans un premier temps que ça serait inéquitable pour les autres patients,
02:03comme si le fait que ma mère bénéficie de cette clim, c'était totalement injuste pour les autres qui ne
02:11pouvaient pas en bénéficier
02:13et ensuite, j'ai dit tout de suite que ce n'était pas une réponse valable à mes yeux
02:19et derrière, on m'a dit qu'on devait revenir vers moi, on n'est pas revenu vers moi, il
02:24a fallu que je relance encore l'affaire
02:25et là, on m'a sorti une autre excuse comme quoi ça pourrait faire sauter toute l'électricité de l
02:31'hôpital,
02:32que l'électricité était tellement vétuste, que ça serait extrêmement dangereux pour l'ensemble du personnel et des patients
02:39et que le seul moyen pour pallier à ça, il faudrait détruire l'hôpital pour reconstruire toute l'électricité.
02:45– Ce qui serait quand même dommage aussi, Cédric Boulin, restez avec nous, c'est pas la ministre de la
02:52Santé qui est sur ce plateau,
02:53c'est le ministre du Logement, sans langue de bois, qu'est-ce qu'on peut dire à Cédric ?
02:58Est-ce qu'on peut à la fois ne pas avoir l'argent aujourd'hui pour climatiser certaines chambres d
03:03'hôpital
03:03où vivent des personnes âgées, cette femme elle a 83 ans, et refuser à quelqu'un qui veut le faire
03:08de pouvoir le faire ?
03:09Il y a eu le même exemple il y a quelques jours dans une école à Paris où des parents
03:12d'élèves sont venus avec des ventilateurs
03:13qu'ils avaient achetés, et on leur a dit, ils ne sont pas aux normes, il faut passer un appel
03:17d'offres dans l'éducation nationale.
03:19– Je ne veux pas m'immiscer dans un cas particulier que je ne maîtrise pas, je ne connais pas
03:22le règlement d'un hôpital,
03:24et pour quelle raison, est-ce qu'il y a une vraie raison technique ou pas à ce refus ?
03:27Ce qui est sûr c'est qu'à minima il faut que tout le monde fasse un effort de dialogue,
03:31et si on dit non il faut vraiment le justifier, donc je comprends la colère de votre auditeur,
03:37mais plus largement ça pose la question de notre adaptabilité à quelque chose d'exceptionnel.
03:42– Et peut-être, vous dites une forme de souplesse, peut-être une question de normes aussi, mais au fond…
03:46– Au fond c'est comment on s'autorise, on a su le faire au moment du Covid,
03:49on a dit au fond, ça y est on est en guerre, et donc des choses qui n'étaient pas
03:53possibles un mois plus tôt sont devenues possibles.
03:55– Je reviens dans votre secteur, dans le logement, j'ai le souvenir de décisions des bâtiments de France à
03:59Paris,
04:00disant à des habitants des beaux quartiers à Paris qui ont la chance d'habiter à côté d'un bâtiment
04:04classé,
04:04désolé mais les stores c'est non, et ces gens-là ils vivent avec 30-35 degrés à l'intérieur.
04:09– Vous prenez un exemple qui effectivement est très parlant, et typiquement,
04:13moi je ne vais pas reprocher aux architectes des bâtiments de France de faire ce qu'on leur a demandé
04:16de faire,
04:17aujourd'hui ils sont là pour préserver le patrimoine, et on leur a passé cette commande.
04:21Là je pense qu'il faut qu'on se mette autour de la table et leur dire,
04:24vu le contexte, comment on assouplit un petit peu les règles, comment on fait preuve de bon sens,
04:28parce qu'en plus sinon, le patrimoine qu'ils sont censés préserver risque de s'écrouler sur lui-même,
04:32parce qu'à force d'être indécent, de ne plus être habitable, de ne plus apporter le minimum de confort,
04:38ils finissent par être vidés, par finir par se dégrader,
04:40et on aura perdu le patrimoine qu'on est censé protéger.
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