00:00Pour nous expliquer, je me trouve avec Léa de la protection civile. Bonsoir Léa.
00:04Concrètement, si quelqu'un vous appelle là pour intervenir, parce qu'il y a eu un coup de chaleur.
00:09On va prendre Aurel Gage, par hasard, qui se trouve à côté de nous. Merci Aurel d'être avec nous
00:13ici.
00:15Si Aurel vous appelle et vous dit « je ne me sens pas très bien », il a un coup
00:17de chaleur, ça se manifeste comment et qu'est-ce qu'on fait quand on travaille à la protection civile
00:21?
00:22Alors, nous on est bénévole à la protection civile et quand on intervient, ça peut être pour des malaises simples
00:26au départ, des petits coups de chaud.
00:28Des personnes qui ont été un peu trop exposées au soleil et qui n'ont pas assez bu, qui vont
00:33avoir des nausées, des maux de tête.
00:35Et on va avoir le vrai coup de chaleur qui va être lié à l'effort, qui arrive souvent chez
00:39des sportifs notamment.
00:40Et je rappelle qu'il est dangereux de courir à cette heure-ci, on voit encore des joggers passer pendant
00:43qu'on se parle.
00:44Exactement. Et là, quand on a des vrais coups de chaleur malignes, donc là une agence vitale qui est en
00:51cours,
00:51et il va falloir refroidir brutalement et immédiatement la personne pour que la température baisse en dessous des 40 degrés.
00:58Concrètement, comment on refroidit la température corporelle d'une personne ?
01:02Eh bien concrètement, nous c'est là que nous intervenons, où on va mettre en place des bassines d'eau
01:07glacée.
01:08Donc là, l'eau doit être aux alentours de 2 à 5 degrés.
01:11Ah oui, c'est très très froid.
01:12C'est très très froid, parce que l'objectif, c'est vraiment de refroidir immédiatement et brutalement la température corporelle.
01:19Ce n'est pas dangereux ?
01:20Pas de choc thermique, pas de...
01:22Eh bien, même s'il y a un choc thermique, le choc thermique ne tue personne, alors qu'un coup
01:27de chaleur peut tuer.
01:28Le pronostic vital est vraiment engagé.
01:30Donc il y a une vraie urgence à refroidir immédiatement la personne.
01:33On nous montre ?
01:33Mais je vais surtout vous conseiller de le faire, Lisa, parce que c'est important.
01:36Je pense que vous allez y aller, Aurel.
01:37Docteur, je pense que c'est vous que ce soit vous qui montriez l'exemple.
01:39Oui, mais attendez, je ne vais pas le faire habiller.
01:42Si, si, il pronostique vital, on n'a pas le temps de le faire.
01:44Vous avez bien vu des vos fesses, mais quand même, on y va.
01:46Allez-y, allez-y, allez-y, allez-y.
01:48Hop, voilà, hop.
01:50Voilà.
01:52C'est plutôt cool, en vrai, mais c'est très...
01:53Et on refroidit comme ça un petit peu aussi la nuque, la tête, voilà, pour que vraiment...
01:59Il faut respirer, je pense.
01:59Voilà, il faut respirer, mais ça fait du bien.
02:02Et là, la température corporelle descend.
02:04Alors, on laisse la personne combien de temps à l'intérieur de ce bassin ?
02:07Le temps nécessaire jusqu'à ce que la température baisse en dessous des 39 degrés.
02:11Une fourchette, le temps nécessaire, c'est quoi ?
02:13C'est deux minutes, dix minutes, une demi-heure ?
02:15Ça peut être quelques minutes pour permettre de refroidir.
02:18On prend régulièrement...
02:21On prend régulièrement la température jusqu'à ce que ça redescende ces quelques minutes,
02:24et puis après, ça va mieux.
02:27Vous venez de dire que le choc thermique ne tue pas.
02:29Moi, j'étais persuadé que, par exemple, l'hydrocution, ça pouvait être ça.
02:32Non, ça ne tue pas.
02:33Le docteur pourra confirmer.
02:35Le choc thermique ne tue pas.
02:36En revanche, le coup de chaleur lié à l'effort peut lui tuer, et c'est un pronostic vital.
02:41Donc après, c'est le bénéfice-risque.
02:44Qu'est-ce que vous ressentez, Aurél, à l'intérieur de la baisse ?
02:47Je ressens de la fraîcheur, et je me dis qu'on m'a sauvé neurologiquement.
02:49Parce que c'est important de le rappeler.
02:50C'est-à-dire que, dans le pire des cas, une hydrocution, c'est juste un malaise vagal.
02:53C'est-à-dire qu'en gros, vous allez avoir un problème de vascularisation du cerveau.
02:56Donc la seule chose que vous risquiez, c'est un traumatisme.
02:58Mais à part ça, tout va bien.
03:00Donc là, je suis bien entouré.
03:01J'ai la protection civile qui m'a refroidi.
03:03Et ça m'a permis de sauver mon cerveau.
03:04Parce que sinon, pour suivre l'émission, ça va être compliqué.
03:07Pardon, mais dans quelles circonstances vous déployez ce genre de choses ?
03:11On peut les déployer sur les festivals, notamment.
03:15On peut les déployer sur toutes les courses.
03:16Sur les courses, tous les éléments sportifs.
03:20où on peut avoir des risques accrus de coups de chaleur.
03:24C'est souvent lié à l'effort physique,
03:27une température élevée au niveau des circonstances
03:30et puis effectivement des atteintes neurologiques.
03:32Il faut vraiment agir très très vite.
03:34Merci beaucoup.
03:35Merci Aurélien d'avoir joué les cobayes.
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