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  • il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Mais du coup, ça va nous amener maintenant à parler de la responsabilité de l'État,
00:04peut-être du manque de prévision et d'anticipation de l'État dans le signé consigné pour terminer cette émission.
00:09Bonsoir Charles Consigny.
00:10Bonsoir.
00:11Et vous êtes, ce soir, vous allez pouvoir discuter avec Bruno Le Maire, l'ancien ministre de l'Économie.
00:14Bonsoir, monsieur le ministre, auteur de Le Temps, d'une décision aux éditions Gallimard.
00:19Mais que ce soit de l'économie, et quand on regarde les chiffres, on les rappelle,
00:233 500 milliards de dettes, 52 milliards d'euros de déficit au record de prélèvement pour financer le modèle social
00:30et public.
00:31Modèle social et public que l'on voit en difficulté aussi dans le traitement des affaires, des affaires judiciaires.
00:37Il y a le rapport qui a été remis aujourd'hui sur l'affaire Liana.
00:40Et même s'il pointe des responsabilités individuelles, il montre aussi les problèmes d'enchaînement dans la machine judiciaire.
00:47Là, on a les écoles qui sont obligées de fermer.
00:50Mais on renvoie les enfants chez eux dans un pays où l'école est obligatoire parce qu'on n'arrive
00:54pas à les ventiler, parce qu'on n'arrive pas à les climatiser.
00:56Est-ce que c'est le symbole d'une France qui va mal, d'une France en faillite, Charles Consigny
01:03ou pas ?
01:03En tout cas, ce qui est curieux, c'est que quand les Français ont voté pour Emmanuel Macron en 2017,
01:10je pense qu'ils s'attendaient à une modernisation du pays.
01:14Je pense que, choisissant ce jeune banquier fringant, ils se sont dit, ben voilà, c'est la start-up nation,
01:22on va voir ce qu'on va voir, il va libéraliser l'économie, il va supprimer ce qui ne marche
01:28pas dans la machine publique,
01:29il va nous faire revenir dans le game de la compétition entre les grandes nations du monde.
01:36Et finalement, bon, on a eu, somme toute, alors certes, il y a eu le Covid, il y a eu
01:41des choses comme ça,
01:42mais on a eu une politique finalement très classique, très, très, très dépensière,
01:48avec fort peu de réduction de dépenses publiques et donc fort peu de marge de manœuvre pour procéder à cette
01:56modernisation.
01:57Et effectivement, on le voit maintenant, où la France, au bout de dix ans de macronisme, de bloc central,
02:04de comme on l'appelle, de l'humérisme, non, pas de l'humérisme, parce qu'il va nous expliquer dans
02:10un instant
02:10comment il s'associe à tout ça et quelle est sa part du bilan.
02:14Mais moi, j'ai le sentiment que la France, elle est quasiment menacée de disparition aujourd'hui.
02:20C'est-à-dire qu'on voit bien qu'à l'échelle du monde, on ne compte plus vraiment.
02:25Et nous-mêmes, en fait, on ne sait même plus si on existe encore.
02:28Et il y a déjà Mélenchon qui est pressé de tourner la page avec sa Nouvelle-France
02:33et le RN qui est pressé de poursuivre le rabougrissement.
02:37Voilà, j'en termine par là.
02:38Donc moi, je me dis, ce bilan, il est quand même contrasté.
02:42Est-ce que vous en sentez en partie responsable ou pas, Bruno Le Maire ?
02:45Alors moi, je suis responsable de tout le bilan économique et financier de 2017 à 2024.
02:50Je n'ai pas l'habitude de me cacher derrière mon petit doigt.
02:53Je prends mes responsabilités.
02:55J'étais ministre de l'Économie et des Finances.
02:57Donc je revendique le bilan de 2017 à 2024.
03:01Avec ces points noirs, vous l'avez dit, le déficit, la dette, on pourra y revenir.
03:06Ça s'explique aussi par le Covid, par l'inflation, par la dissolution
03:09qui nous a empêchés de mettre en œuvre le plan de redressement des comptes publics
03:13et qui m'a forcé à partir dans de mauvaises conditions.
03:15Et puis il y a des zones qui sont des zones lumineuses.
03:18La création de 2,6 millions d'emplois, on avait atteint 7% de taux de chômage,
03:23la réindustrialisation, la stabilité fiscale pour laquelle je me suis battu pendant 7 ans.
03:27Il a suffi que je parte pour que dès le lendemain, on se remette à augmenter les impôts,
03:32faire une surtaxe à l'impôt sur les sociétés et ainsi de suite.
03:35Mais moi, la conclusion que je tire de tout ça, c'est que notre modèle est à bout de souffle.
03:39Et qu'effectivement, quand je regarde après 2 ans en dehors du gouvernement,
03:44que je réfléchis à ce qui s'est passé, parce qu'il faut faire, comme dirait Marc Bloch,
03:48son examen de conscience, on a fait des choses positives,
03:52introduit des réformes qui sont utiles, mais nous n'avons pas changé le modèle.
03:56Or, le modèle, et tout le montre, la justice, l'économie, la dette, est à bout de souffle.
04:01Donc l'enjeu des prochains mois, ce n'est pas de faire une réforme ici, de faire une réforme là,
04:05c'est de proposer un nouveau modèle français, qui du point de vue social,
04:10du point de vue économique, du point de vue de la justice, soit plus efficace,
04:13et donne les résultats aux Français qui payent très cher ce modèle,
04:16que les Français sont en droit d'être.
04:17– À qui la faute alors ?
04:19– Non mais moi, tout ça, ça résonne…
04:22– Ça ne va pas être que la faute d'Emmanuel Macron, il n'a pas été tout seul.
04:24– Doucement, mais moi, ce que je constate, c'est qu'il y a eu,
04:27on dit souvent que gouverner, c'est prévoir,
04:29et je pense qu'il y a eu quand même une espèce de manque de courage politique
04:33qui est liée, à mon sens, à l'ADN du macronisme.
04:37C'est pour ça que moi, je milite contre, intellectuellement,
04:42cette histoire de bloc central qui me paraît être une connerie monumentale,
04:47si je m'exprime un peu directement.
04:49Parce que là, on voit bien, tout le monde est en train de se précipiter,
04:53comme sur le radeau de la Méduse,
04:55derrière la candidature de celui ou celle qui portera cette famille politique,
04:59mais donc on sera, encore une fois, avec à la fois des gens de gauche, des gens de droite,
05:03des gens qui étaient contre le nucléaire, par exemple.
05:05Il y a quelques archives qui sont ressorties,
05:07d'éminentes figures du macronisme expliquaient qu'il fallait,
05:10de toute urgence, démanteler les centrales, etc.
05:13Finalement, on se rend compte qu'heureusement, on a le nucléaire.
05:15Des gens qui sont pour le laxisme en matière de sécurité.
05:18Des gens qui sont contre toute fermeté en matière migratoire.
05:22J'ai encore entendu Emmanuel Macron qui a expliqué que lui,
05:25oulala, il ne voulait surtout pas qu'on utilise un pays tiers pour les expulsions, etc.
05:29Donc, à force de ne pas choisir, je trouve qu'on n'a pas fait les réformes.
05:32Et je pense que c'est très dur, on vous a reproché, Bruno Le Maire,
05:37de ne pas avoir démissionné quand vous sonniez l'alarme.
05:39C'est sûr que c'est très dur.
05:41D'autant plus que ce n'est pas toujours la solution de démissionner.
05:44Regardez Bruno Retailleau qui a démissionné à cause de vous,
05:47parce que, soi-disant, le corps nul a pris par surprise.
05:51Voilà, il a regretté amèrement d'avoir démissionné.
05:55Mais quand même, je pense que parfois, c'est loupé une opportunité.
05:58Puisque je signe ce que vous dites dans votre livre, etc.
06:01Moi, je pense qu'il faut aller, à titre personnel, je termine par là,
06:04je pense qu'il faut aller même beaucoup plus loin dans la réforme du pays.
06:08Je pense qu'il faut un million de fonctionnaires en moins.
06:10Je pense qu'il faut travailler 40 heures.
06:12Je pense qu'il faut faire la retraite à 67 ans.
06:14Je pense qu'il faut tronçonner les agences de l'État,
06:17tronçonner les échelons administratifs,
06:19supprimer les aides aux entreprises,
06:20et baisser d'autant les prélèvements obligatoires.
06:22Tout ça, je pense qu'il faut le faire vraiment avec l'énergie d'une charge de cavalerie, si vous
06:27voulez.
06:27Or, on a eu...
06:29Vous n'avez pas été sabreau clair.
06:30Vous avez été un peu, ou pas.
06:32Vous étiez avec une épée de bois, quoi.
06:33Moi, je suis allé sabreau clair sur la réforme fiscale.
06:35Personne n'a fait une réforme fiscale comme celle que nous avons faite en 2017.
06:38Et d'ailleurs, il y en a beaucoup qui voulaient la faire en deux temps.
06:40Et moi, j'y suis allé sabreau clair.
06:41Et contre beaucoup dans la majorité,
06:44j'ai imposé une réforme qui s'est faite en nulle seule fois
06:46pour baisser l'impôt sur les sociétés,
06:48baisser l'imposition du capital,
06:50le prélèvement forfaitaire unique.
06:52Là où je rejoins sur beaucoup de points
06:54ce qu'a dit Charles Consigny,
06:55c'est d'abord que je n'aime pas cette expression de bloc central,
06:57qui n'est ni un bloc, ni central.
07:00Et qui vous empêche de réfléchir
07:02aux diagnostics et aux solutions.
07:04Pour moi, aujourd'hui, au point où nous en sommes arrivés,
07:06dans un modèle qui est à bout de souffle,
07:09il y a trois priorités absolues.
07:11Et je ne parle pas en secteur,
07:12en vous disant qu'il y a la médecine, la santé.
07:15Non, il y a trois priorités absolues
07:16pour la nation française.
07:18La première, c'est l'appauvrissement de la nation française.
07:21On le voit en tout.
07:23On le voit dans les services publics,
07:24on le voit dans les salaires,
07:25on le voit dans la difficulté des gens à boucler les fins de mois.
07:27La réponse, c'est quoi ?
07:28C'est plus de travail,
07:30c'est la liberté pour les entreprises,
07:33et c'est le retrait de l'État
07:34d'un certain nombre d'activités économiques.
07:36La deuxième priorité,
07:38c'est l'autorité de l'État.
07:39Et l'autorité de l'État ne pourra pas être rétablie
07:42si vous ne rétablissez pas des chaînes de commandement claires,
07:44si vous ne clarifiez pas l'organisation politique du pays.
07:47Aujourd'hui, vous avez cinq, six échelons différents.
07:50Moi, j'en propose trois.
07:50L'État, la région, la commune, rien d'autre.
07:54Si vous ne mettez pas fin au fonctionnement
07:57de la haute fonction publique telle qu'il existe aujourd'hui,
07:59où personne n'est jamais responsable de rien,
08:00c'est des gens, ils sont recasés.
08:01Moi, j'ai démissionné de la haute fonction publique.
08:03Mais tout le monde devrait faire la même chose
08:05quand il fait de la politique.
08:06Et cette manière que l'on a de replacer les uns et les autres
08:10dans des différents postes
08:11sans que jamais personne ne rende de compte
08:13sur ce qu'il a fait,
08:14est insupportable pour les Français.
08:16Je termine juste sur la troisième priorité,
08:18c'est l'Allemagne.
08:19Parce que nous voyons bien, aujourd'hui,
08:21que nous sommes en train de nous éloigner des Allemands,
08:24donc nous éloigner d'une construction européenne
08:26qui est pourtant la seule protection possible
08:27face à la Chine et face aux États-Unis.
08:29– Si vous permettez, ce que vient de dire Bruno Le Maire,
08:32ça nous rattache justement,
08:33vous avez défini trois priorités,
08:35à l'actualité du jour.
08:36Et dans un domaine que vous connaissez bien
08:38qui est celui de la justice, le conseil.
08:39Le rapport qui a été rendu sur, malheureusement,
08:42le drame de Liana.
08:44Que dit Sébastien Lecornu ?
08:46La chaîne de protection a failli.
08:48Succession d'erreurs, de négligence,
08:50d'inaction et de mauvaise décision.
08:52Et on regarde, notamment du côté de Hauche,
08:54que ce n'est pas une question de moyens.
08:57Mais donc on se dit,
08:58« Mais là, puisqu'on est dans le service public,
09:00chaîne de protection, succession d'erreurs de négligence,
09:02est-ce qu'il y aura des sanctions ?
09:03Est-ce que quelqu'un sera responsable ? »
09:05Il n'est pas question de trouver un bouc émissaire
09:07et de dire, « Voyez, on a sanctionné. »
09:10Mais simplement de dire,
09:11« Malheureusement, ça a conduit à la mort d'une petite fille
09:16et c'est la machine de l'État qui s'est ratée. »
09:19– Bien sûr.
09:19– Parce que là, ensuite, on nous dit,
09:21« Là, c'est le pré-rapport,
09:22il y aura des enquêtes administratives
09:23pour manquement professionnel. »
09:24– La logique du bouc émissaire,
09:26je l'ai bien connue,
09:26c'était rappelé par Charles Consigny,
09:28on a dit, « Voilà, les 1 000 milliards d'euros de dettes,
09:30c'est Bonneau-le-Mer, donc on dégage. »
09:32D'accord, Bonneau-le-Mer est parti,
09:34et au bout du compte,
09:35on a 1 250 milliards d'euros de dettes aujourd'hui,
09:37le problème n'est toujours pas réglé
09:38parce qu'on n'a pas voulu voir
09:40les responsabilités d'un modèle social qui est trop coûteux
09:42et les responsabilités d'un fonctionnement technique
09:45qui ne marche pas,
09:46où on peut se planter sur 40 milliards d'euros
09:48d'évaluation des recettes,
09:49et malgré tout, il n'y a jamais de responsable.
09:50Dans une affaire autrement plus dramatique,
09:53qui touche le cœur du cœur des Français
09:55et qui révoltent au plus profond d'entre eux
09:58nos compatriotes.
10:01Sébastien Lecornu, le Premier ministre,
10:02a eu des mots justes.
10:04Une fois qu'on a prononcé ces mots,
10:06on est obligé de remonter dans la chaîne de responsabilité,
10:08de définir qui a fait quoi,
10:10que ces responsables soient poursuivis
10:12et soient sanctionnés.
10:13Je reviens encore à Marc Bloch,
10:15je reviens encore à l'étrange défaite
10:16parce que c'est cruellement contemporain.
10:19Quand il dit, dans le fond,
10:20l'échec de la guerre de 40, c'est quoi ?
10:22Ce n'est pas uniquement le général,
10:23c'est dans toute la chaîne de commandement,
10:26dans tous ceux qui avaient une part de responsabilité
10:29que certains n'ont pas exercé cette responsabilité.
10:32Oui, mais très honnêtement,
10:33vous seriez plus audible à dire ça
10:34si vous aviez démissionné
10:36quand vous constatiez que vos alertes n'étaient pas entendues.
10:39Non.
10:39Je pense que...
10:41Précisément non,
10:41parce que prendre ces responsabilités,
10:44ce n'est pas fuir la décision,
10:46c'est prendre les décisions
10:47en étant correctement informé
10:49le plus lucidement possible.
10:51Démissionner, c'est déserter.
10:52Et je considère que jusqu'au bout,
10:54il faut se battre.
10:55La seule chose, Charles Consigny,
10:56que je ne pouvais pas prévoir,
10:57c'est quand vous avez proposé
10:58un plan de rétablissement des comptes publics,
11:00que vous commencez à le mettre en œuvre
11:01et qu'il commence à donner des résultats,
11:03tout d'un coup, dissolution,
11:05plus de plan de redressement des comptes publics.
11:07Oui, mais moi, ce que je vois,
11:08c'est parfois, partir, c'est aussi résister,
11:11sans faire de parallèle à la con historique.
11:13Mais quand De Gaulle se barre
11:15avec armée et bagages,
11:17il n'écoute pas ce qu'il lui dirait
11:19qu'il vaut mieux rester pour essayer
11:20de juguler la tragédie.
11:26Moi, je pense quand même
11:27qu'il y a eu dix ans de macronisme
11:31et franchement, je trouve qu'en dix ans,
11:33malgré les crises,
11:33et les crises, tous les présidents en ont.
11:35Sarkozy a eu une crise majeure,
11:37Hollande, à sa façon,
11:38avec le terrorisme, a eu une crise majeure.
11:40Je trouve que le bilan est quand même
11:42assez décevant
11:43et à mon sens, il tient du positionnement politique.
11:45Je vous pose une question, par exemple.
11:47Vous parlez de l'Allemagne.
11:48L'Allemagne nous a forcés à ratifier,
11:50elle ne nous a pas d'ailleurs forcés à ratifier,
11:52elle a ratifié contre nos intérêts
11:54le traité du Mercosur.
11:55Vous avez été ministre de l'Agriculture,
11:57vous savez à quel point
11:58les agriculteurs français,
12:00ils n'en veulent pas du Mercosur.
12:02Moi, je pense qu'ils ont raison
12:03de ne pas en vouloir
12:04et qu'en fait, ce traité
12:05correspond à une vision du monde
12:07qui est dépassée,
12:08c'est-à-dire se dire
12:08qu'on va s'aborder
12:10les agriculteurs français
12:11pour vendre des Mercedes
12:12au nom de l'Europe.
12:13Je suis désolé,
12:14moi, j'ai beau être très pro-européen,
12:15ça ne fait pas aimer l'Europe.
12:17Typiquement, ce traité,
12:18demain, si vous étiez au pouvoir,
12:19qu'est-ce que vous feriez
12:20de ce Mercosur ?
12:22Et comment vous expliquez
12:23aux Allemands
12:24qui sont à fond
12:25pour le Mercosur
12:26que vous le passez
12:27par perte et profit
12:28si c'est ce que vous souhaitez faire ?
12:30Moi, je pense qu'on a besoin
12:31d'avoir des traités commerciaux
12:32avec d'autres puissances.
12:33C'était trois ans,
12:34ministre de l'Agriculture.
12:35On n'en manque pas
12:35des traités commerciaux.
12:37Non, mais je pense
12:38que nous avons besoin
12:39d'ouvrir pour nos viticulteurs,
12:40pour nos producteurs de lait,
12:42d'autres marchés.
12:43Les viticulteurs,
12:43ils sont en grande difficulté.
12:45Qu'ils soient dans le bord de lait
12:46ou ailleurs,
12:47en grande difficulté.
12:47Oui, parce qu'on consomme
12:48moins de vin aussi.
12:49Oui, mais du coup,
12:49ils ont besoin d'autres marchés.
12:51Donc, l'idée qu'on va se fermer
12:52à d'autres marchés
12:52ne me paraît pas bonne.
12:53Ce qui est injuste
12:54et inacceptable
12:54pour les paysans français,
12:55ils ont raison,
12:56c'est qu'il y a deux poids,
12:57deux mesures.
12:57C'est qu'on applique des règles
12:58en Europe
12:59et que l'Europe ne soit pas capable
13:00de les faire respecter
13:01par le Brésil
13:02ou par d'autres paysans
13:03du Mercosur.
13:04Tant qu'on n'a pas
13:05cette garantie-là,
13:06on ne peut pas signer
13:07un accord de libre-échange.
13:08Ce n'est pas pour autant
13:09qu'il faut fermer la porte
13:10à des accords
13:11qui, eux,
13:12seront rigoureusement respectés.
13:12Donc, ce traité, par exemple,
13:14vous reviendriez dessus,
13:15vous dénonceriez
13:16les conventions internationales
13:17ou européennes
13:18qui nous obligent
13:19en l'état à la pitié.
13:20Qu'est-ce que vous feriez
13:21en matière ?
13:21Je garantirais simplement
13:22l'équité pour nos agriculteurs.
13:24si un produit bovin
13:26qui vient du Brésil
13:27a été produit
13:29avec des hormones
13:29qui ne sont pas autorisées
13:31par les instances sanitaires...
13:34Oui, mais ça, on sait bien
13:34que c'est le cas.
13:35Je veux dire,
13:36les agriculteurs, vous savez...
13:37Moi, j'ai rencontré...
13:39J'ai discuté longuement...
13:40Encore faut-il qu'on puisse
13:40le vérifier
13:41parce que quand vous allez
13:41en Bretagne
13:42et que vous regardez
13:44la manière dont sont surveillées
13:45les exportations
13:46de porcs bretons
13:47vers la Chine,
13:48vous avez des autorités
13:49sanitaires chinoises
13:50qui sont présentes
13:50et qui vérifient
13:51où sont les autorités européennes
13:53qui vont vérifier
13:54sur le sol sud-américain
13:55que les produits
13:56qui seront importés
13:58respectent vigoureusement
13:58les normes qu'on impose
13:59à nos paysans.
14:00Donc, il ne faut pas
14:01de se traiter du Mercosur.
14:02Il ne faut de traiter
14:03qu'à partir du moment
14:04où on respecte
14:05les règles des deux côtés.
14:06Oui, mais donc,
14:06ça impliquerait, par exemple,
14:07de dénoncer ce traité,
14:09de ne pas l'appliquer.
14:10Ça impliquerait
14:10de ne pas l'appliquer
14:11tel qu'il est aujourd'hui,
14:12bien sûr.
14:12Mais je reviens juste
14:13au prix d'une fâcherie
14:14avec Calman.
14:15Une seconde,
14:16étant beaucoup plus âgé
14:16que Charles Consigny,
14:18sur le bilan...
14:20Malheureusement, si.
14:21Sur le bilan...
14:22On a autant de cheveux là, Claude.
14:23Et je vais être
14:24un peu plus cruel
14:26peut-être encore que vous.
14:27Dans le fond,
14:29ce n'est pas les 10 ans
14:29qui n'ont pas marché.
14:30Ce n'est pas les 15 ans.
14:32C'est que,
14:32quand vous regardez,
14:33et j'en prends toute ma part,
14:35j'ai fait de la politique
14:35depuis des années.
14:37Quand vous regardez
14:38le bilan depuis 20-25 ans,
14:40on devrait être
14:41à 4% de taux de chômage.
14:43On devrait avoir engagé
14:44la réindustrialisation.
14:45On devrait avoir
14:46une meilleure prospérité
14:47pour les Français.
14:48Et ce n'est pas le cas.
14:49Donc, je pense que
14:50prendre Emmanuel Macron
14:51comme cible,
14:51c'est une mauvaise cible.
14:53Parce que ça nous empêche...
14:54collectivement comme cible.
14:55Ça nous empêche...
14:56Ça nous empêche de voir...
14:56C'est pas lui, c'est lui,
14:58vous et tous les sept ministres
14:59du gouvernement.
15:00C'est tout le modèle
15:01sur lequel nous vivons
15:02depuis 1981,
15:04qui est un modèle
15:05de redistribution,
15:07de pénurie,
15:08où l'État prend
15:09toujours plus de place
15:10et l'économie,
15:11toujours moins
15:11qui ne fonctionne pas.
15:12On avait commencé...
15:13Quand vous étiez ministre,
15:14vous l'avez bien constaté,
15:15vous étiez un ministre
15:16important du gouvernement.
15:17C'est bien pour ça
15:19que Bercy pourrait fonctionner
15:21avec moitié moins
15:22de fonctionnaires
15:23que n'avez-vous mis à pied
15:24la moitié des fonctionnaires
15:26de Bercy.
15:26que nous avons engagé
15:28des mesures contre l'avis
15:29de tout le monde
15:30qui ont donné des résultats
15:31mais qui commençaient
15:32à nous sortir
15:33de ce modèle de 1981.
15:35Les réformes fiscales,
15:36la stabilité fiscale,
15:38la transformation
15:38du marché du chômage,
15:40la réduction
15:41des désamnisations chômage
15:42pour inciter au retour
15:43à l'emploi,
15:44la facilitation
15:45de la vie des entreprises
15:46avec PAC,
15:46le début d'une retraite
15:48par capitalisation
15:49avec le produit
15:50d'épargne retraite.
15:50On était dans la bonne direction.
15:52On aurait dû simplement...
15:53C'est bien mais sur 10 ans
15:54c'est quand même...
15:55Nous aurions dû simplement
15:56pousser les choses
15:57beaucoup plus loin
15:58pour faire basculer
16:00le pays dans la bonne direction.
16:01Au lieu de ça,
16:03depuis 2024,
16:04on a pris le chemin inverse.
16:06C'est ça que nous payons cash.
16:07Par exemple,
16:07aujourd'hui,
16:08puisqu'on parle
16:08des chaînes de responsabilité,
16:09est-ce que Gérald Darmanin
16:10peut rester encore
16:12ministre de la Justice,
16:13selon vous, Charles ?
16:14Vu les conclusions
16:15de Le Cornu,
16:15c'est quand même compliqué,
16:17je pense.
16:18Moi, j'ai un avis différent.
16:19Je défends le travail
16:20que fait Gérald Darmanin.
16:23J'estime qu'il a été
16:24un des premiers à dire
16:25on a un sujet là-dessus,
16:26j'envoie des circulaires.
16:28Je me mobilise
16:29sur cette question
16:30des violences
16:30qui sont faites aux enfants.
16:32Simplement,
16:32le problème de fond,
16:34c'est que le garde des Sceaux
16:35n'a pas autorité
16:37sur la chaîne pénale.
16:38La proposition que je fais,
16:39c'est de revenir
16:40sur la loi Taubira de 2013,
16:42de rétablir
16:43des instructions individuelles
16:45pour que le garde des Sceaux
16:46ait autorité.
16:47Je vous dis que le deuxième sujet majeur,
16:49c'est l'autorité de l'État.
16:50J'en tire des conclusions
16:51très pratiques.
16:52Si vous voulez que le garde des Sceaux
16:53soit vraiment garde des Sceaux
16:54et pas simplement
16:55la reine d'Angleterre,
16:56comme avait dit
16:57un ancien garde des Sceaux,
16:58il faut qu'il puisse
16:59donner des instructions individuelles,
17:01revenir sur la loi Taubira,
17:03définir une politique pénale
17:05et appliquer cette politique pénale.
17:07Vous n'appliquez pas
17:08vos propres principes.
17:09Vous venez de dire
17:09qu'il faut que de nouveau
17:10les gens soient responsables,
17:12sanctionnés individuellement, etc.
17:13Moi, je n'ai rien
17:15contre Gérald Darmanin,
17:16mais il a été ministre de l'Intérieur,
17:18il est maintenant garde des Sceaux.
17:20On constate que ce sont des gendarmes
17:21et des juges
17:22qui ont failli dans cette histoire.
17:24Et il n'y a pas que Liana.
17:25Avant Liana,
17:26il y a eu Lola.
17:27Avant Lola,
17:28il y a eu Philippine,
17:30il y a eu Matisse,
17:30il y a eu tous ces prénoms,
17:32tous ces drapes finalement
17:33dont les gens se souviennent
17:35parce qu'à chaque fois,
17:36c'est l'État qui avait failli.
17:38Et ça aussi, pardon,
17:39je pense que c'est aussi
17:40une disant de non-choix
17:42en matière de sécurité,
17:44deux règles de procédure pénale
17:46et de droit pénal
17:46et d'immigration.
17:47Et ça, c'est aussi le résultat
17:49dû en même temps.
17:49Est-ce qu'au moins,
17:51vous êtes d'accord
17:52pour dire que vous sortez
17:53complètement de cette logique
17:55dû en même temps ?
17:56Vous vous affirmez de droite ?
17:57Est-ce que vous ne vous dites pas
17:57qu'il aurait peut-être fallu
17:59un président de droite ?
18:01Je ne m'affirme pas de droite.
18:02Je m'affirme...
18:04Pardon, je vous le dis
18:05comme je pense.
18:06Erreur.
18:06Ma grande liberté
18:07est de m'affirmer
18:08sur des convictions
18:08qui correspondent à mon avis
18:10plus à ce que peuvent attendre
18:11les Français,
18:11qui se contrefoutent
18:12de savoir si vous êtes
18:13de droite ou de gauche.
18:14Mais ils ne se contrefoutent pas
18:15quand vous dites
18:16que vous êtes
18:17pour la prospérité des Français,
18:18pour la liberté d'entreprendre
18:19et pour plus de travail
18:21pour tout le monde
18:22partout en France.
18:24Ils ne s'en contrefoutent pas
18:25quand vous dites
18:25que vous êtes pour l'autorité
18:26de l'État
18:26et que vous en tirez
18:27des conséquences
18:28très pratiques
18:29sur l'organisation
18:30de la chaîne pénale,
18:31sur la fin de la loi Taubira
18:33et sur le retour
18:34des instructions individuelles.
18:35Qui vaut d'ailleurs
18:36pour beaucoup d'autres domaines.
18:37Comment est-ce que vous pouvez
18:38expliquer qu'en France,
18:39un chef d'établissement scolaire
18:41ne puisse pas remplacer
18:42un des enseignants
18:43lorsqu'il est absent
18:44ou lorsqu'il ne remplit pas
18:45son devoir ?
18:45Comment vous expliquez
18:46qu'en France,
18:47on veille un ministre de la Culture
18:48qui ne puisse pas nommer lui-même
18:50et ne pas avoir autorité
18:51sur les présidents
18:51d'établissements publics
18:53parce que c'est le président
18:54de la République
18:54qui nomme le président
18:56du château de Versailles.
18:57Tout ça est indigne
18:59d'une nation comme la France.
19:01Donc je préfère dire
19:01que je suis pour l'autorité
19:03de l'État,
19:03pour la liberté d'entreprendre,
19:05pour davantage de travail
19:06pour tous partout en France
19:08et pour une intégration européenne
19:09plus forte à 6
19:10que vous dire
19:11je suis de droite
19:12ou je suis de gauche.
19:13C'est bien de choisir
19:14une direction au Patreon.
19:16Il nous reste 20 secondes.
19:17Deux questions rapides.
19:18Emmanuel Macron, oui, non.
19:19A-t-il été un bon président ?
19:21Oui.
19:22Est-ce que vous revoiteriez pour lui ?
19:24Je ne pense pas
19:25qu'il puisse se représenter.
19:26Non mais s'il soit représenté,
19:27est-ce que vous revoiteriez pour lui ?
19:28Je réponds
19:29aux cas de figure
19:29qui peuvent se présenter.
19:30Et est-ce que vous allez
19:31vous présenter en 2027 ?
19:33Oui, non.
19:34Ma réponse, c'est...
19:35Oui, non.
19:36Sera donnée en octobre.
19:39Donc vous y réfléchissez sérieusement.
19:40Merci Bruno Le Maire.
19:42Merci d'être passé par ce plateau.
19:43Donc...
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