00:00Christine Kelly et vous.
00:01Dernière partie à 12h49 sur Europe 1, sécurité sociale, moins de remboursement,
00:05DCTT, qui payera la facture ? 0,1, 80, 20, 30, 21, si vous voulez réagir,
00:10chers auditeurs d'Europe 1 et Christine, nous sommes avec notre invité Jacques Cressel,
00:14président de la Fédération des institutions paritaires de la protection sociale.
00:18Il était en train de nous expliquer à quel point il a fait des propositions
00:21pour que ce ne soit pas les mutuels encore,
00:24qu'ils puissent être obligés de répercuter ce déremboursement sur les Français,
00:30sur les cotisants.
00:31Il était en train de nous expliquer comment il a proposé des économies
00:35qui n'ont pas été entendues.
00:37Quelles sont les autres propositions que vous avez réalisées,
00:39Jacques Cressel, président de la Fédération des instituts paritaires de la protection sociale ?
00:44Les partenaires sociaux ont tous fait des propositions.
00:46Si je prends celles qui ont été faites par l'organisme qui me mandate comme président,
00:52qui est le MEDEF par exemple, qui sont, je crois, partagées par beaucoup,
00:55nous pensons que le numérique doit permettre d'éliminer les examens en double,
01:01de limiter les frais administratifs, de lutter contre la fraude.
01:06On voit bien que ça, c'est un vrai enjeu par derrière
01:08qui doit permettre de diminuer les dépenses de manière très importante
01:12et de manière très concrète.
01:13À l'heure de l'intelligence artificielle, par exemple, et du numérique, tout à fait.
01:16Aujourd'hui, ce sujet-là, il n'est pas sur la table.
01:19Une meilleure organisation entre, justement, ce qu'on appelle l'assurance maladie obligatoire, la Sécu,
01:25et puis les assurances maladies complémentaires, les mutuelles, les complémentaires santé,
01:29de façon à faire en sorte que, sur tous les sujets, on décide ensemble.
01:32Alors qu'aujourd'hui, l'État, la Sécurité sociale, la plupart du temps, décident tout seul.
01:37C'est le cas encore avec ces transferts de charges qui sont annoncés.
01:41Alors même qu'on devrait être capable de se dire, voilà le sujet,
01:44comment on fait pour le traiter au mieux, le moins cher possible,
01:46et avec une seule pensée par derrière, c'est faire en sorte que, pour les Français,
01:50ça soit le plus efficace.
01:51Or, malheureusement, on n'y arrive pas, pour plein de raisons historiques ou autres.
01:57Et surtout, la Sécurité sociale et l'État refusent, finalement, de travailler avec les autres.
02:02Et notamment avec nous.
02:04Ça, c'est un vrai problème depuis très longtemps.
02:06C'est une de mes grandes découvertes depuis que je m'occupe de ce secteur.
02:08Il y a un dialogue quasi impossible.
02:12Un dialogue quasi impossible, un dialogue, vous dites, refus.
02:15Un dialogue impossible.
02:16Vous êtes, rappelons, que vous êtes une organisation qui représentait des organismes
02:19chargées de compléter la protection sociale des salariés,
02:22avec une gouvernance partagée entre patrons et syndicats.
02:26Concrètement, ça veut dire quoi ?
02:27Ça veut dire qu'effectivement, tous les salariés devront finalement mettre la main à la poche ?
02:31Ça veut dire que ceux qui payent effectivement aujourd'hui les complémentaires santé,
02:38c'est-à-dire pour les salariés et les entreprises.
02:43C'est ça.
02:43Les salariés représentent à peu près 40% de ce qui est payé.
02:46Les entreprises, à peu près 50%.
02:48Et puis, il y a naturellement les seniors qui, eux, payent tout seuls tout ceci.
02:53Eh bien, ils vont bien être amenés à avoir une augmentation de leur cotisation.
02:59Et donc, il faut bien voir que ces transferts de charges,
03:02ça va s'ajouter à la dérive naturelle des dépenses,
03:06qui est de 3 ou 4% par an.
03:08Donc, si vous avez 3 ou 4%,
03:10et puis qu'ensuite, vous rajoutez 2, 3, 4 points régulièrement,
03:14vous avez des augmentations
03:15qui vont très nettement au-delà de l'évolution du pouvoir d'achat des Français.
03:19Donc, ça veut dire quoi ?
03:20Ça veut dire moins de pouvoir d'achat et plus de coût du travail.
03:24Exactement le contraire de ce dont on a besoin aujourd'hui.
03:27Moins de pouvoir d'achat.
03:28Donc, si on prolonge les courbes,
03:31moins de pouvoir d'achat et moins de...
03:34Et un coût du travail qui augmente.
03:35Et un coût du travail qui augmente, effectivement, ce dont...
03:37Et donc, moins d'emploi.
03:37Et moins d'emploi.
03:39Est-ce que...
03:40Donc, c'est la faute à qui, en fait, vous disiez,
03:42c'est une question que je vais vous poser,
03:43mais vous disiez que c'était, en fait, le manque de discussion,
03:46le manque de dialogue entre le gouvernement
03:48et des organismes comme les vôtres.
03:50Ils refusent donc de discuter et de vous écouter.
03:52Oui, exactement.
03:53C'est un...
03:54Nous sommes prêts à le faire en permanence.
03:57On se fait convoquer pour dire ça sera ça.
03:59Nous demandons depuis très longtemps...
04:00Convoquer pour écouter des ordres.
04:01Exactement.
04:02Nous demandons depuis très longtemps
04:04qu'on soit capable d'avoir une gouvernance partagée
04:06sur, après tout,
04:08à partir du moment où...
04:09Mais il reste théorique.
04:10Nous payons, il est normal que nous co-décidions.
04:12C'est ça.
04:13Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
04:14Et on sait très bien que, au niveau de l'hôpital,
04:17au niveau de la médecine de ville,
04:18au niveau de tout ce qui est optique et autres,
04:22il y a des économies possibles.
04:24On doit être capable de faire mieux.
04:27Et pour ça, il suffit de se mettre autour de la table
04:29et de discuter.
04:30Aujourd'hui, malheureusement, ça n'existe pas.
04:32Alors, dernière question avant le mot de la fin
04:34de Gabriel Cluzel et Karim Maloum.
04:37C'est sous Emmanuel Macron,
04:39parce qu'on peut regarder sous tous les différents présidents de la République,
04:41il n'empêche que les faits sont là,
04:43c'est sous Emmanuel Macron que le déremboursement est record.
04:46Est-ce que ça vous choque, selon vous ?
04:48Alors, ce qui reste à la charge des salariés à la fin
04:52a plutôt eu tendance à diminuer.
04:54Par contre, ce qui est transféré aux mutuelles et autres
04:58a plutôt tendance à augmenter.
05:00Et donc, in fine, ce sont les Français et les entreprises
05:05qui finissent par payer.
05:06Et donc, ça, c'est le problème.
05:07Mais le problème le plus grave,
05:09c'est surtout l'augmentation de la dépense.
05:11Il faut absolument être capable de faire en sorte
05:14que cette dépense n'augmente pas plus vite
05:15que la richesse, déjà dans un premier temps.
05:17Parce que si elle continue à augmenter de manière considérable,
05:20il est clair qu'on ne s'en sentira pas.
05:21Merci beaucoup Jacques Ressel,
05:23en direct sur Europe,
05:24un président de la Fédération des Instituts Parités
05:26et de la Protection Sociale.
05:27Gabriel Cluzel, Karim Maloum,
05:28On voit bien que c'est un miroir aux alouettes.
05:30C'est-à-dire qu'une finée,
05:31c'est quand même le contribuable qui paie.
05:33Moi, je constate que dans le domaine,
05:34il y a les vaches à lait et les vaches sacrées.
05:36Les vaches à lait, c'est les contribuables
05:38qui, au bout de la route,
05:40les primes augmentant,
05:41ce qui est légitime,
05:42puisque les mutuelles ne vivent pas d'amour et d'offresse,
05:45ils mettent la main au portefeuille.
05:47Et les vaches sacrées,
05:48c'est tout ce dont on n'a pas le droit de parler.
05:50Je pense à la fraude sociale.
05:52Charles Pratt, c'est son sujet,
05:53on n'a pas le droit d'en parler.
05:54L'AME, impossible d'en parler.
05:56Il y a un certain nombre de sujets comme ça
05:57qui sont absolument tabous.
05:59Et Nicolas continue à payer.
06:02Je comprends parfaitement
06:03qu'un organisme comme la Sécurité sociale
06:05cherche à faire des économies.
06:07C'est normal.
06:07Mais les économies, on peut les faire.
06:09Vous venez de citer quelques exemples.
06:11Ce n'est pas possible de continuer
06:12à l'heure du numérique,
06:14à l'heure de l'intelligence artificielle,
06:15de ne pas industrialiser
06:18pour faire des économies d'échelle.
06:19Et le deuxième point,
06:20quand vous faites transfert de charges
06:22pour les entreprises,
06:23au moment où ils cherchent
06:24à baisser pour gagner en compétitivité,
06:26vous les bloquez,
06:27donc ils ne peuvent pas embaucher.
06:29Et pour terminer,
06:30quand quelqu'un ne peut pas se soigner,
06:33soit des emphémies, des économies,
06:35mais il finit,
06:35on va tomber malade
06:36et ça coûtera plus cher
06:38pour la Sécurité sociale.
06:39Incroyable.
06:40En tout cas,
06:40c'est important de mettre
06:41un coup de projecteur sur tout ça.
06:43Bonjour Clélie Mathias.
06:44Bonjour, Masha Christine.
06:45Quel programme aujourd'hui.
06:46Bonjour à tous.
06:47Dans un instant,
06:47on reviendra sur les rapports
06:49des inspecteurs généraux
06:50de la justice et de la gendarmerie.
06:52Ils sont en train de le dévoiler
06:54dans l'affaire, bien sûr,
06:55Liana.
06:56Quelle défaillance,
06:57quelle responsabilité.
06:58On en parlera,
06:59on en dépattera aussi.
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