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  • il y a 2 jours
"Le problème c'est qu'on est excité.es par la domination."

Au micro des Inrocks, Iris Bey, directrice de l’ouvrage La Culture de l’inceste, revient sur l’onde de choc provoquée par l’affaire Lyhana, qu’elle analyse comme un véritable moment de bascule collective.

@irisbrey

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Transcription
00:00On commence à comprendre que le problème fondamental,
00:04c'est que des hommes et des femmes sont excités par la domination.
00:08Je pense qu'on a un moment de bascule collective
00:10parce que l'affaire Liana, elle touche en dehors des cercles féministes.
00:16Parce que tout d'un coup, on se rend compte que oui, la justice est défaillante,
00:21mais on se rend compte aussi qu'on a un problème majeur
00:25qui est qu'on est une culture qui repose sur l'érotisation de la domination.
00:31Et comme Dorothée Ducy le dit, c'est-à-dire le perso de domination, c'est l'inceste.
00:37Et que ce soit en fait l'affaire Pellico ou que ce soit Liana,
00:41c'est la même chose en fait qui lie ces affaires-là,
00:44c'est-à-dire que les personnes qui agressent ont grandi
00:47dans des climats de familles incestueuses ou incestuelles.
00:52Et donc il y a une reproduction de ces violences-là
00:55qui fait que tout d'un coup, les hommes et les femmes
00:58pensent qu'ils ont le droit de prendre le corps des enfants comme des objets,
01:02comme on pense qu'on peut prendre le corps des femmes comme des objets.
01:04Et donc l'érotisation de ces corps-là qui sont objectifiés
01:09commence à faire gronder, je pense, la colère des femmes et des féministes
01:14qui ne veulent plus de cet imaginaire
01:17où l'objectification, la domination sont au cœur de notre imaginaire érotique et amoureux.
01:25Et donc pour sortir de cet imaginaire-là,
01:28il faut que collectivement, on déconstruise
01:32pourquoi en tant que société, on nous a appris à aimer et à désirer
01:37à travers la domination du corps des enfants ou du corps des femmes.
01:40Et je pense que ça dépasse en fait les questions judiciaires.
01:44C'est-à-dire que oui, évidemment, il faut plus de moyens,
01:46mais que la vraie prévention, c'est de se poser la question collectivement
01:51de qui nous apprend à désirer et comment on désire aujourd'hui.
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