00:01La revue de presse d'Europe 1 à présent, Olivier Delagarde.
00:04Olivier, ce matin, la France s'apprête à rendre un hommage national à Marc Bloch.
00:08Oui, c'est demain que cet historien résistant entrera solennellement au Panthéon.
00:13Garde républicaine, musique militaire et beau discours, la liturgie républicaine est bien rodée.
00:18Mais Emmanuel Macron sera sans doute écouté avec plus d'intérêt que d'habitude.
00:24Car la question est de savoir s'il osera faire, à cette occasion, son testament politique.
00:29Qui osera faire le parallèle entre l'étrange défaite de Marc Bloch et la sienne.
00:34Ce matin, il faut ainsi lire le portrait très éclairant que signe Guillaume Perrault dans le Figaro.
00:39On a l'impression avec lui que Marc Bloch, qui écrit sur l'effondrement de 1940, nous parle en fait
00:44de la France d'aujourd'hui.
00:46Il suffit juste de penser à nos dirigeants quand l'historien pointait du doigt les militaires.
00:50Ce haut commandement, vieilli, chargé d'honneur, gâté par une longue vie de bureau et d'habileté.
00:56Cet état-major ayant une guerre de retard.
00:58Cette obsession chez nombre d'officiers du « pas de vagues » propice aux belles carrières.
01:04Choix de ne pas assumer des décisions qui pourraient mécontenter.
01:07Impuissance à envisager le surprenant et le nouveau.
01:10Mais pour être tout à fait honnête, le politique n'est pas le seul responsable.
01:15De tous côtés, Bloch voit également une société qui fuit.
01:18Écrit aussi l'opinion.
01:20Déjà à l'époque, les syndicats n'avaient pas compris que l'heure n'était plus à l'amélioration des
01:24conditions de travail,
01:25mais à l'augmentation des cadences.
01:26Il est des guerres dont on décide et celles qui vous sont imposées,
01:31expliquait encore l'historien qui dénonçait l'aveuglement des pacifistes,
01:35de l'extrême gauche et d'une partie de la droite,
01:38celle qui ne veut pas voir la menace.
01:39Il paraît qu'Emmanuel Macron est lucide sur la guerre
01:42et qu'il le serait aussi sur une autre maladie diagnostiquée par Marc Bloch,
01:47la mollesse d'un gouvernement qui se traduit par sa capitulation devant les techniciens.
01:53C'est bien d'en être conscient ?
01:55C'eût été mieux de le combattre ou au moins de le reconnaître.
01:58Alors oui, c'eût été une belle occasion de battre sa coupe,
02:01de s'excuser d'avoir ruiné le pays,
02:04d'avoir capitulé sur les retraites et rendu la France ingouvernable,
02:07avec sa funeste dissolution.
02:09Mais ne nous faisons pas d'illusions.
02:11Rien de tout cela n'aura lieu.
02:13Point d'autocritique, mais de l'autosatisfaction.
02:15gageons que dans le discours présidentiel de demain,
02:18ce sera moins de Marc Bloch dont il sera question
02:20que d'une entrée rêvée d'Emmanuel Macron au Panthéon.
02:24On parle maintenant de la plus grande réforme d'Emmanuel Macron.
02:27Un foie de Panifous,
02:29Fabouis, qui aide à la politique ce qu'a la médecine était diaphorus.
02:33Interview du ministre des Relations avec le Parlement dans le Parisien,
02:37aujourd'hui en France, Laurent Panifous,
02:38qui se réjouit de l'adoption à venir de la loi sur le suicide assisté.
02:43Le texte revient une dernière fois à l'Assemblée
02:46et nous déclare-t-il plein de candeur ?
02:48Ce sera la principale réforme des dix ans passés et même au-delà, déclare-t-il.
02:53Et le pire, c'est qu'il a peut-être raison.
02:56Banqueroute et faillite éthique sont les deux mamelles d'un même effondrement.
03:00Étrange défaite, là encore et ô combien symbolique
03:03que cette promotion de l'euthanasie dans ce pays qui ne fait plus d'enfants.
03:07On parle aussi ce matin de l'affaire Liana.
03:10Oui, parce que c'est aujourd'hui que le rapport d'inspection
03:12des ministères de la Justice et de l'Intérieur va être dévoilé.
03:15En fait, il est déjà largement éventé et à la une de l'opinion,
03:19Rémi Godot prévient, ce rapport n'est pas de ceux qui permettent d'enterrer un scandale.
03:23Au contraire, les révélations d'erreurs personnelles et de défaillances procédurales
03:28vont alimenter un écœurement général.
03:31Cette défaite-là n'est plus étrange, elle est juste scandaleuse.
03:44On ne va pas terminer par une défaite,
03:46qui pour le coup serait encore plus qu'étrange.
03:49Je veux bien sûr parler du match de ce soir.
03:53Et si je fais retentir cette trompette de la renommée,
03:56c'est qu'avant d'être reprise comme générique sur une radio concurrente,
03:59cette musique, eh bien, c'est celle de Rocky.
04:01Alors, si vous ne voyez pas où je veux en venir,
04:03lisez le papier de Vincent Duluc dans l'équipe.
04:05Lui n'a pas oublié que, comme le match de ce soir,
04:09Rocky est une histoire qui se passe à Philadelphie.
04:12Et c'est le genre d'aube qui donne envie de convoquer la fanfare,
04:16écrit-il, d'être prêt comme Stallone a grimpé 4 à 4 les marches
04:20du Muséum of Art de Philadelphie.
04:22Cela fait effectivement 50 ans que tous les touristes qui visitent la ville
04:26se font photographier dans la posture de Rocky Balboa en haut de ses escaliers.
04:31Bon, ce soir, pas de blague.
04:32Comme dans le film, il faut que ce soit le favori qui gagne, les bleus.
04:35Tant pis pour les Irakiens, mais les Français en ont besoin,
04:39signale le Parisien aujourd'hui en France.
04:40Le journal consacre ça à une à cette France
04:42qui ne demande qu'à vibrer pour notre équipe de foot.
04:45En fait, et sans faire injure aux Irakiens,
04:48ce que doit surtout redouter la bande à Mbappé, c'est la météo.
04:52Une pluie diluvienne pourrait effectivement s'abattre sur le stade à l'heure du match.
04:57Et en cas d'éclair, la rencontre sera reportée.
05:00Bref, trombe à Philadelphie,
05:02Canicule à Paris, ce n'est pas vraiment une défaite,
05:05mais une curieuse météorologie.
05:08Ce que je voulais vous dire,
05:10c'est que si moi j'ai changé,
05:12c'est que vous avez changé.
05:14Tout le monde peut arriver à changer !
05:18Voilà Rocky pour conclure cette revue de passe.
05:20Merci Olivier Delagarde.
05:21Allez, je vous souhaite une excellente journée.
05:23On est l'heure des pros dans un instant sur Rome.
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