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00:00La série House of the Dragon est sur le point d'entrer dans son avant-dernière saison.
00:04Et à cette occasion, on se permet de se lancer dans un récapitulatif de là où la série nous a
00:09déjà amenés
00:09et de regarder à quoi on peut s'attendre pour cette nouvelle saison.
00:12Dans le dernier épisode de la saison 2, on a eu droit à un final beaucoup plus contemplatif qu'épique
00:17et c'est précisément ce qui a fait grincer pas mal dedans.
00:20Et c'est parce que l'épisode narrativement se contente de poser toutes les pièces sur l'échiquier.
00:25Daemon Targaryen, après une saison entière, a erré dans les couloirs hantés de Haren Hall
00:28et à se faire torturer par des visions de plus en plus oppressantes,
00:31finit par toucher l'arbre-cœur du poids sacré et reçoit sa grande révélation.
00:35Une vision qui contient le rêve d'Egon le Conquérant, The Song of Ice and Fire.
00:39Il y voit les Marcheurs Blancs, il voit Daenerys Targaryen, elle-même vue de dos,
00:43émergeant des flammes avec ses trois bébés dragons.
00:45Et comme frappé par la foudre, Daemon comprend alors qu'il n'est qu'un maillon d'une chaîne,
00:49que les enjeux sont plus vastes qu'il n'a su le comprendre
00:51et que finalement son rôle n'est pas de prendre le trône,
00:54mais de protéger celle qui peut sauver le monde des centaines d'années plus tard
00:58et donc qu'il faut permettre sa venue.
01:00Et donc, après une ou deux saisons de suspense,
01:02il prête enfin allégeance pleine et entière à Rhaenyra.
01:05Et pendant ce temps, Alison Hightower a une entrevue secrète et bouleversante avec Rhaenyra,
01:10où elle propose en substance de livrer la capitale sans effusion de sang.
01:13Rhaenyra impose alors la condition qu'on en finisse avec Aegon, son fils,
01:17à elle, Alison, qui est devenue ingérable.
01:19Les nouveaux dragonniers que Rhaenyra a recrutés, Adam The Hull, Hugh Hammer et Ulf,
01:23enfilent leurs armures.
01:24La triarchie, l'alliance des cités libres de Myr, Lys et Tyrosh,
01:27viennent de signer un pacte avec les Verts
01:29pour briser le blocus naval de King's Landing avec une armada de 100 navires.
01:33Tylen Lannister vogue d'ailleurs déjà à leur rencontre dans le gosier.
01:36Bref, à la dernière image, tout le monde se met en marche,
01:38mais aucun coup n'est encore parti.
01:40C'est un final tremplin et pas n'importe quel tremplin.
01:42L'ordre géopolitique qui naît des événements de House of the Dragon,
01:45on le connaît déjà bien.
01:47Et pour rappeler le contexte global depuis le début,
01:49House of the Dragon se déroule environ 200 ans avant Game of Thrones,
01:52à une époque où la dynastie targaryen est à son apogée encore.
01:56Le roi Viserys Ier règne sur les sept couronnes,
01:58possède une quinzaine de dragons sous son contrôle
02:00et désigne contre la tradition.
02:02Sa fille aînée Rhaenyra comme héritière du trône de fer.
02:05Sauf qu'au décès de Viserys, à la fin de la saison 1,
02:07sa seconde épouse Alicent Hightower et son père Otto exécutent un coup d'état.
02:11Couronne à la place leur fils Aegon.
02:12Rhaenyra refuse, lève sa propre armée, ses propres dragons
02:15et c'est le début de ce qu'on appellera dans les chroniques de Westeros,
02:18la danse des dragons.
02:19Le conflit civil le plus dévastateur de l'histoire de la dynastie,
02:22la saison 1 a posé les fondations,
02:24la saison 2 a montré les premiers coups dont certains sont quand même mémorables
02:27et nous voilà à la saison 3,
02:29qui doit livrer ce que deux saisons ont patiemment installé
02:32et les enjeux sont gigantesques.
02:34D'un côté, Team Black avec Rhaenyra,
02:35Daemon, sept dragons et la flotte de la maison Velaryon.
02:38De l'autre, Team Green avec Aegon,
02:40affaibli physiquement par ses blessures.
02:42Aemond, devenu de plus en plus instable et autocrate.
02:44Et Veigar, le plus vieux et le plus puissant des dragons vivants.
02:48La saison 3 va selon les bandes annonces déjà diffusées
02:50et les déclarations officielles de HBO
02:52mettre en scène la fameuse bataille du gosier.
02:55L'une des batailles navales les plus monumentales de l'univers de Westeros.
02:58Qui résonne encore à travers l'histoire,
03:00qui doit ouvrir la saison.
03:02On sait aussi que Rhaenyra prendra King's Landing.
03:04On sait qu'à partir de ce moment,
03:05plus aucun coup ne sera trop violent ou trop cruel.
03:08Le créateur Ryan Condal et HBO ont eux-mêmes annoncé
03:10que la saison 4 serait la dernière.
03:12Ce qui veut dire que les 8 épisodes de la saison 3
03:14et les épisodes restants de la saison 4 doivent raconter la totalité de l'histoire.
03:18Autrement dit, il n'y a plus aucune marge pour traîner.
03:21Cette saison-ci, ça doit cogner.
03:23Et jusqu'à présent, la série a réussi son pari principal.
03:25Et c'est important de le rappeler, parce que beaucoup l'ont perdu de vue.
03:27Quel était ce pari ?
03:28Pas de refaire Game of Thrones.
03:29Au contraire, ici, l'histoire est une chronique historique
03:33dans l'univers même de Game of Thrones.
03:34Tout est consigné déjà.
03:35On sait à peu près qui est leur commande, en quel ordre.
03:38Le défi de Condal n'est donc pas de surprendre,
03:40puisqu'on sait ce que donne l'histoire 200 ans plus tard,
03:42mais de rendre l'inévitable tragique.
03:44De faire en sorte que même en sachant ce qui va arriver,
03:46on souffre quand ça arrive.
03:47Et sur ce plan-là, la série a fonctionné.
03:49Elle fonctionne comme une vraie tragédie grecque ou shakespearienne,
03:52c'est-à-dire en jouant sur l'ironie dramatique.
03:54On regarde des personnages marcher consciemment vers leur destruction,
03:57sans pouvoir rien faire pour l'empêcher.
03:59On assiste à la fin de l'ère des dragons.
04:02Cet air qui, pendant 200 ans, continuera d'imbuer le nom des Targaryens
04:06d'une aura sacrée, avant que Jaime Lannister et Robert Parathéon
04:09n'achèvent de prouver leur brutalité.
04:11Cette époque où des monstres de la taille de montagne,
04:14puissants comme des bombes atomiques sorties, semble-t-il,
04:17des chaudes entrailles de la terre,
04:19conféraient à certains humains le statut de dieu.
04:21C'est pour ça qu'il faut prendre avec des pincettes
04:22les critiques sur les longueurs de la saison 2,
04:24qui, effectivement, ont existé, soyons honnêtes.
04:27Démons coincés 6 épisodes à Hound Hall,
04:29beaucoup l'ont vécu comme un calvaire,
04:30et pourtant, narrativement, cette longueur sert un but précis.
04:34On ne peut pas lui enlever.
04:34Condal l'a expliqué lui-même.
04:36On voulait humilier Démon, faute d'un meilleur mot,
04:38pour le faire arriver à un endroit où il est plus évolué
04:40et, paradoxalement, plus dangereux pour ses ennemis.
04:43Parce qu'on a maintenant un démon très focalisé
04:45avec un seul objectif, mettre Rhaenyra sur le trône.
04:49Tout l'arc de Hound Hall était en réalité
04:51un long exercice de pénitence narrative
04:53pour le personnage le plus orgueilleux
04:55et le plus dangereux de la série.
04:57Sans ces 6 épisodes lents,
04:58le pivot final de Démon, son agenouillement spirituel devant Rhaenyra,
05:02n'aurait pas le poids qu'il a.
05:03Pareil pour Alicent, la lenteur de sa transformation morale.
05:06Sa prise de conscience progressive du fait qu'elle a couronné un monstre
05:09et détruit la vie de son ancienne meilleure amie,
05:12c'est le cœur thématique de la série.
05:14Comment des gens bien, en croyant faire le bien pour leur famille,
05:17déclenchent l'apocalypse ?
05:18La lenteur ici, c'est le moyen de transmettre
05:20ce qu'aucune scène d'action ne saurait dire.
05:22Le poids de la culpabilité,
05:24le travail souterrain de la conscience,
05:25l'irréversibilité des choix.
05:27C'est une lenteur presque à l'opposé du tempo de Game of Thrones,
05:30une lenteur presque permise,
05:31obligatoire quand il y a des dragons dans l'équation
05:33et qu'on ne peut pas se permettre de gestes trop brusques.
05:35Dans Game of Thrones, plus rien n'est sacré,
05:37on ne risque que de disparaître brutalement
05:39avec un coup de couteau ou un poison.
05:40Là, on peut perdre un pays si on fait n'importe quoi.
05:43Et c'est précisément là qu'arrive la deuxième vraie critique récurrente,
05:45celle de la déception.
05:46Beaucoup de gens ont commencé House of the Dragon
05:48en pensant retrouver Game of Thrones.
05:50Ils en sont sortis frustrés.
05:52Sauf que House of the Dragon n'est tout simplement pas Game of Thrones
05:54et ne peut pas l'être.
05:55Tout comme A Knight of the Seven Kingdoms n'est pas Game of Thrones
05:57pour des raisons structurelles profondes.
05:59Game of Thrones était une fresque chorale
06:00à huit points de vue principaux dispersés sur deux continents
06:03dans des cultures radicalement différentes.
06:04Westeros, Essos, Lemur,
06:06Qarth, Meryn, Braavos,
06:07Tussi Vétyrion à King's Landing,
06:08Daenerys de l'autre côté de la mer,
06:10Jon Snow au mur,
06:11Arya en cavale,
06:12Sansa prisonnière
06:12et chaque épisode de la grande époque en tout cas
06:14baladait entre ces mondes.
06:16C'était un puzzle géant.
06:17House of the Dragon, c'est l'inverse.
06:19C'est l'implosion d'une seule famille,
06:21piégée dans un conflit binaire entre deux clans.
06:24C'est resserré et claustrophobe.
06:26Ce que les gens aimaient dans Game of Thrones
06:28ne peut structurellement pas exister dans House of the Dragon.
06:31Demander à House of the Dragon d'être Game of Thrones,
06:33c'est comme demander à Macbeth
06:34d'être le seigneur des anneaux.
06:36Ça n'a aucun sens.
06:37Maintenant, on ne peut pas faire l'impasse
06:39sur les tensions entre George R.R. Martin
06:40et Ryan Condal
06:41parce qu'elles se sont énormément invitées
06:43dans la conversation autour de la série.
06:45Au rappel, en décembre 2024,
06:47Martin a publié sur son blog Not a Blog
06:49un billet intitulé Beware the Butterflies.
06:52Méfiez-vous des papillons.
06:53Où il s'attaquait à plusieurs choix d'adaptation de la saison 2
06:55et en particulier à la disparition du personnage du prince Mylore,
06:59le plus jeune fils d'Egon et d'Helena
07:01dans la séquence Blood and Cheese.
07:02Traumatisant de vous en rappeler sûrement.
07:04Pour Martin, cette suppression apparemment mineure
07:06aurait des conséquences en cascade,
07:07des effets papillons,
07:08Beware the Butterflies,
07:09sur les arcs narratifs des saisons 3 et 4.
07:11Parce que Mylore joue un rôle clé
07:13dans la suite des événements du livre.
07:14Il a aussi prévenu que les changements encore plus toxiques
07:16étaient à prévoir pour les saisons à venir.
07:19Le billet a été supprimé de son blog peu après,
07:21mais le mal était fait.
07:22Et en janvier 2026,
07:23dans une interview au Hollywood Reporter,
07:25Martin a enfoncé le clou.
07:26Notre relation est pire que rocailleuse,
07:28elle est abyssale.
07:29Il a même lâché une phrase qui a marqué les fans.
07:31Ça n'est plus mon histoire.
07:32HBO a fini par s'interposer,
07:34demandé à Martin de transmettre ses notes au network
07:36plutôt qu'à Condal directement.
07:37Et de son côté,
07:37Condal a répondu plus mesurément
07:39qu'il trouvait les critiques de Martin décevantes
07:41et que son partenaire d'écriture
07:42refusait de reconnaître les contraintes pratiques
07:45de l'adaptation à l'écran.
07:46La vérité, comme souvent,
07:47est probablement quelque part entre les deux.
07:48Les craintes de Martin sont légitimes,
07:51mais Laure a effectivement
07:52des implications narratives dans le livre,
07:53mais Condal a aussi raison de dire
07:55qu'on ne peut pas tout filmer
07:56et qu'un showrunner doit faire des choix.
07:58On sait à quel point il y a fallu en faire
07:59dans Game of Thrones.
08:00Le bras de fer entre l'auteur original
08:01et l'adaptateur,
08:02c'est une histoire vieille comme Hollywood.
08:04Celle-ci est simplement particulièrement publique.
08:06Maintenant,
08:06ce qu'il faut dire clairement,
08:07et c'est notre pari,
08:08sur cette saison 3,
08:09les gens ne devraient pas être déçus.
08:11Il y a plusieurs raisons pour cela.
08:12D'abord, le format, la saison 2 souffrait
08:14de devoir installer
08:15beaucoup de pions sur le plateau.
08:17La saison 3 va, à l'inverse,
08:18dérouler les pay-off
08:19de tout ce qui a été mis en place.
08:21Fatalement, il faut bien que ça arrive.
08:22Ensuite, la bande-annonce finale,
08:23diffusée fin mai,
08:24ne laisse aucune ambiguïté
08:25sur le ton de cette saison 3.
08:26C'est de la bataille frontale,
08:27dragon contre dragon,
08:28des batailles navales d'une ampleur
08:29jamais vues dans la franchise.
08:31Condal a parlé de séquences d'action
08:32qui dépasseraient tout ce que Game of Thrones a fait,
08:34ce qui est ambitieux,
08:34mais ce qui est matché par le budget.
08:36Et la série, en vrai,
08:37a toujours su retomber sur ses pieds
08:38dans les séquences dramatiques.
08:40Regardez ça.
08:41C'est quand même quelque chose.
08:43En tout cas, on verra ça très vite.
08:44La saison 3 démarre le 21 juin 2026
08:46sur HBO et HBO Max
08:47à raison d'un épisode par semaine
08:48jusqu'au 9 août,
08:498 épisodes, 8 dimanches,
08:50et bien sûr, on sera là
08:52pour donner notre sentiment
08:53qu'il soit mitigé au triomphant.
08:56Accrochez-vous bien,
08:56parce que ce qui est sur le point
08:58de se passer dans les salles de cinéma
08:59n'est jamais arrivé.
09:01On est sur le point
09:02d'assister à un été sans précédent.
09:04Cet été, tous les studios
09:05se sont mis en ordre de bataille,
09:06et ont sorti leur artillerie lourde
09:08pour un combat sans merci.
09:10On va assister
09:11à une véritable battle royale
09:12dans les salles obscures.
09:13Chaque studio va débarquer
09:14avec ses champions.
09:15Il n'y a qu'à regarder
09:16la liste des contenders.
09:17Universal envoie la cavalerie lourde
09:19avec Steven Spielberg
09:20et Disclosure Day
09:20et s'associe à Christopher Nolan
09:22pour son projet épique,
09:23l'Odyssée.
09:24De son côté,
09:24Warner Bros abat sa carte maîtresse
09:26avec Supergirl.
09:27Sony dégaine son titan
09:28Spider-Man,
09:29Brand New Day,
09:29tandis que Paramount
09:30lance le thriller post-apocalyptique
09:32de Ridley Scott,
09:33The Dog Stars.
09:34Et pour verrouiller définitivement
09:35le public familial,
09:36Disney Pixar sort le très lourd
09:38avec Vaiana et Toy Story 5.
09:39Et face à ses empires,
09:41un invité surprise
09:41s'invite sur le ring.
09:42A24 a décidé de venir
09:44se mêler à la baston
09:44et de défier les grands
09:45sur leur propre terrain
09:46et il n'arrive pas
09:47les mains vides.
09:48Il balance Backroom,
09:49le phénomène d'horreur
09:50ultra attendu
09:50né sur internet
09:51et, on l'appelait Robin Desbois,
09:53The Death of Robin Hood,
09:54une relecture crépusculaire
09:55et sombre
09:56portée par Hugh Jackman.
09:57Hollywood a brisé
09:58toutes ses règles de sécurité
09:59pour créer le plus grand
10:01embouteillage de films
10:02de l'histoire.
10:03Une stratégie
10:04pour le moins surprenante
10:05tant la règle à Hollywood
10:06depuis des décennies maintenant
10:07était de calculer
10:08jalousement le calendrier,
10:09d'étaler stratégiquement
10:10les blockbusters
10:11pour éviter toute cannibalisation
10:12et de laisser au moins
10:14deux à trois semaines
10:15d'inertie et de respiration
10:16à un film
10:17pour qu'il rentabilise
10:18son week-end d'ouverture.
10:19Mais cette fois-ci,
10:20il semblerait que les studios
10:20aient décidé de se dire
10:21tant pis pour la concurrence.
10:23On jette toutes nos forces
10:24dans l'arène en même temps
10:25et que le meilleur gagne.
10:26Et si certains analystes
10:27expliquent ce phénomène
10:28d'embouteillage
10:29dans les salles obscures
10:29par les grèves historiques
10:31des scénaristes
10:35forçant tous les studios
10:36à reporter tous leurs projets majeurs
10:37sur la même fenêtre estivale,
10:39dans cette vidéo,
10:40on va essayer de se demander
10:40si en réalité
10:41cela ne cache pas
10:42un changement de paradigme
10:43beaucoup plus profond
10:44à Hollywood.
10:45Pour comprendre
10:46ce qui se passe cet été,
10:47il faut effectivement
10:48remonter trois ans en arrière
10:49et regarder en face
10:50la plus grande gueule de bois
10:52de l'industrie du divertissement
10:53depuis l'arrivée
10:53de la télé en couleur,
10:54la débâcle du tout streaming.
10:57Pendant la période 2019-2023,
10:59les studios ont massivement
11:00investi dans le streaming
11:01et c'était une stratégie cohérente
11:02portée par la pandémie
11:03par la transformation des usages
11:05et par la promesse
11:06d'un public mondial
11:07captif.
11:08Et il faut reconnaître
11:09ce que le streaming a apporté.
11:10Une distribution planétaire,
11:11instantanée,
11:12l'émergence de séries d'auteurs
11:13d'une qualité inédite,
11:14des plateformes comme Netflix
11:15qui ont prouvé
11:16que leur modèle
11:16pouvait être profondément rentable
11:18et un accès
11:19à des films et séries
11:20qu'on n'aurait jamais pu voir autrement.
11:22Le streaming,
11:22c'est une révolution réelle
11:23et qui n'est pas remise en cause
11:24ici par nous.
11:25Ce qui a évolué en revanche,
11:26c'est la place
11:27du blockbuster
11:28à très gros budget
11:29dans cette équation.
11:29Quand un film comme l'Odyssée
11:31coûte 250 millions de dollars
11:32à produire
11:33et au moins autant à promouvoir,
11:34il y a une vérité mathématique
11:36qui s'impose.
11:36Ce niveau d'investissement
11:37ne se rentabilise pas
11:39en streaming,
11:40pas avec les modèles
11:40d'abonnement actuels.
11:41Pour amortir ce niveau de budget,
11:43il n'y a qu'un seul endroit
11:44dans l'écosystème
11:45qu'il permet,
11:45la salle de cinéma.
11:46Son ticket à 15 euros,
11:47son IMAX à 22
11:48et sa capacité à générer
11:49un milliard de dollars
11:51en quelques semaines
11:52à l'international.
11:52Bob Iger, lui-même,
11:54l'a reconnu publiquement
11:54en 2024.
11:55Disney avait investi trop,
11:56trop vite,
11:57beaucoup trop loin
11:58du point de retour
11:59sur investissement possible
12:00sur le streaming.
12:01Et l'avenir de la grande oeuvre
12:02passait par un rééquilibrage
12:03vers la salle.
12:04Et c'est précisément
12:05ce rééquilibrage
12:06qu'on observe cet été.
12:07Les studios n'ont pas
12:07abandonné le streaming,
12:08bien sûr,
12:09ils continuent à l'alimenter
12:10et produire, investir.
12:11Mais ils ont compris
12:12qu'il fallait redonner
12:12sa place centrale à la salle,
12:14en particulier pour les oeuvres
12:15ambitieuses
12:15qui ne peuvent exister
12:17qu'à grande échelle.
12:18Et puisque tous les studios
12:19sont arrivés à cette conclusion
12:19en même temps,
12:20après les retards forcés
12:21par les grèves de 2023,
12:22ils se retrouvent tous
12:23en même temps
12:24avec leur plus grosse cartouche
12:25à sortir.
12:26Et là,
12:26beaucoup d'analystes
12:27vont vous expliquer
12:28que c'est dangereux,
12:29que les films vont se cannibaliser,
12:30que sortir deux blockbusters
12:32le même week-end
12:32s'est obligé le public
12:33à choisir
12:34et donc faire perdre
12:35tout le monde.
12:35C'est l'argument
12:36qui a structuré
12:37le calendrier hollywoodien
12:38pendant 40 ans.
12:40Sauf que cet argument
12:40s'est effondré
12:41sous nos yeux collectifs
12:42en l'espace d'un week-end
12:43de juillet 2023
12:44avec un événement
12:45qu'on a fini par appeler
12:47Barbenheimer.
12:48Quand Warner a sorti
12:48Barbie de Greta Gorwig
12:49le même jour
12:52les analystes prédisaient
12:53une cata.
12:54Deux films de prestige,
12:55deux mastodontes,
12:55l'un devait étouffer l'autre
12:56et c'est exactement
12:57l'inverse qui s'est produit.
12:58Barbie a généré
12:59environ 1,44 milliards
13:00de dollars au box-office
13:01Oppenheimer,
13:02975 millions à peu près
13:03et surtout
13:03les deux films
13:04se sont mutuellement servis.
13:05Les gens allaient voir l'un
13:06parce qu'ils avaient vu l'autre.
13:07Ils enchaidaient les deux
13:07dans la journée.
13:08Le mot valise
13:09Barbenheimer
13:09est devenu un phénomène
13:10culturel mondial,
13:12un mème,
13:12une expérience collective.
13:14Personne n'avait perdu.
13:15Tout le monde avait gagné
13:15et le cinéma surtout
13:16qui retrouvait soudain
13:17une centralité culturelle
13:19qu'il avait perdue
13:19depuis 20 ans.
13:20Ce que Barbenheimer
13:21a démontré,
13:21c'est un principe
13:22que le marketing
13:22avait oublié.
13:24Le public ne va pas
13:24au cinéma pour voir
13:25un film,
13:26il va au cinéma
13:27pour aller au cinéma.
13:28Et plus il y a de films
13:29qui l'enthousiasment
13:30la même semaine,
13:31plus l'habitude
13:31se réinstalle.
13:32Allez voir Spider-Man
13:33le vendredi,
13:33donne envie d'aller voir
13:34Nolan le mardi,
13:35allez voir Nolan le mardi,
13:36donne envie d'aller voir
13:36un A24 le samedi.
13:38Le succès,
13:38appelle le succès,
13:39appelle le succès.
13:40La sortie,
13:40appelle la sortie,
13:40la salle pleine
13:41remplit la salle d'à côté.
13:43C'est exactement
13:43cette mécanique
13:44que les studios
13:44sont en train d'exploiter
13:45cet été.
13:46Et c'est tellement vrai
13:47qu'aujourd'hui
13:47les studios en ont fait
13:48un outil de marketing
13:49à part entière.
13:50On met en scène
13:51cette rivalité.
13:51On sait que l'affrontement
13:52vend,
13:53que le récit du David
13:54contre Goliath,
13:54du blockbuster
13:55contre le film d'auteur,
13:56de la franchise
13:56contre l'original
13:57crée de l'engagement.
13:58Une bataille fait des camps,
13:59des camps font du contenu,
14:00du contenu fait du buzz,
14:01du buzz fait des tickets,
14:02tout ça est très simple.
14:03Chaque duel produit
14:04son propre contenu viral
14:11enchaîner deux films
14:11d'affilée,
14:12photographier leurs tickets
14:13côte à côte,
14:13partager leur expérience,
14:14ce que Barbenheimer
14:15avait inauguré
14:16comme heureux accident
14:17est devenu un format
14:18à part entière.
14:19Et donc,
14:20plutôt que de se battre
14:21contre cette dynamique,
14:22les studios l'instrumentalisent,
14:23sortir leurs films
14:24aux mêmes dates
14:24pour créer artificiellement
14:26les doubles séances
14:27dont les réseaux vont rêver.
14:28Alors bien sûr
14:29que ça peut foirer.
14:30Et l'embouteillage de cet été
14:30n'est peut-être
14:31qu'une anomalie de calendrier
14:32ou le chant du cygne
14:33d'une industrie
14:34qui après avoir rayonné
14:35un siècle s'éteint.
14:36En tout cas,
14:37une chose est sûre,
14:37si vous êtes un amoureux
14:38du cinéma,
14:40regardez bien
14:40ce qui va se passer
14:41entre jean et septembre 2026.
14:42Vous êtes en train
14:43d'assister en direct
14:44soit à un dernier
14:45baroud d'honneur magnifique
14:46avant la fin définitive
14:47de la salle obscure,
14:48soit,
14:48et c'est notre pari,
14:49au tout début
14:50d'un nouvel âge d'or
14:51qu'on racontera
14:51dans les écoles de cinéma
14:52dans 30 ans.
14:53De toute manière,
14:54peu importe l'issue,
14:55pour la première fois
14:56depuis longtemps,
14:56il faut être au cinéma.
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