- il y a 11 heures
L'autonomie de la Corse est-elle une menace pour la République ? Nous en discutons avec Benjamin Morel, constitutionnaliste, et Romain Colonna, président du groupe « Fa Populu Inseme » à l’assemblée de Corse. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat/le-debat-de-la-grand-matinale-du-mercredi-17-juin-2026-7015735
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00:009h29, c'est l'heure du débat du jour sur France Inter.
00:04Ce texte parle d'une Corse autonome au sein de la République,
00:09c'est-à-dire dans la Constitution française,
00:12sous l'autorité de la souveraineté nationale
00:14et dans le cadre indivisible de la République.
00:17Il ne remet en cause ni l'unicité du peuple français,
00:22ni la souveraineté nationale.
00:25Et bien c'est ce dont on va discuter ce matin, Madame la Ministre.
00:29Un projet de loi constitutionnelle visant à reconnaître
00:31l'autonomie de l'île Corse est examinée à l'Assemblée nationale.
00:35Ce texte permettrait à la Corse d'adapter certaines lois énormes sur son territoire.
00:41Il graverait dans le marbre l'idée que la Corse est une communauté historique.
00:45Je cite « communauté historique, linguistique, culturelle ayant développé un lien singulier avec sa terre ».
00:51Alors cette réforme permet-elle de répondre à une aspiration des Corses
00:55et d'adapter le pacte républicain à la spécificité de ce territoire ?
01:00Ou est-ce au contraire un texte qui consacre le communautarisme,
01:04brise le pacte républicain et rompt l'égalité entre les citoyens ?
01:08France Inter.
01:09La grande matinale.
01:12Sonia de Villers.
01:13Et j'en débat ce matin avec Benjamin Morel qui est constitutionnaliste.
01:16Bonjour, soyez le bienvenu sur France Inter,
01:19maître de conférence en droit public à l'université Paris-Panthéon-Assas.
01:23Et face à vous Romain Colonna, bonjour.
01:25Bonjour.
01:26Soyez vous aussi le bienvenu sur France Inter.
01:28Vous êtes président du groupe FAPO PULU INSEME,
01:31Faire peuple ensemble en Corse,
01:33à l'Assemblée de Corse qui est le groupe majoritaire et un parti autonomiste.
01:37Et vous êtes également maître de conférence à l'université de Corse.
01:41Romain Colonna, concrètement, je vais commencer avec vous.
01:43Si le texte passe, qu'est-ce que ça changerait pour les Corses ?
01:47Là, comme ça, immédiatement.
01:48Mais ça changerait que ça répondrait à une aspiration qui est vieille maintenant de plusieurs décennies.
01:55Pour ne parler que de la période contemporaine,
01:58ça répondrait à une aspiration démocratique qui s'exprime à travers les urnes en Corse de manière massive,
02:05qui n'a pas d'équivalent en Europe pour la période contemporaine maintenant depuis plus de dix ans,
02:09avec une Assemblée de Corse qui vote en faveur d'un statut de l'autonomie à plus de 80%.
02:15Ça nous permettrait également, au-delà de la partie historique, symbolique,
02:22et de pérennisation du peuple corse sur sa propre terre,
02:26ça permettrait de prendre tout un certain nombre de mesures.
02:29Lesquelles ? Concrètement, lesquelles ?
02:30Par exemple, un pacte fiscal pour la Corse, une meilleure protection de l'environnement,
02:37un meilleur aménagement du territoire, un développement économique plus adéquat,
02:42une politique de l'eau plus adéquate, socialement aussi.
02:47Ça signifie que la République n'est pas en mesure de proposer une fiscalité aux Corses qui soient adaptées,
02:53n'est pas en mesure de protéger l'environnement en Corse comme elle le fait partout ailleurs en France,
02:58n'est pas en mesure de garantir l'accès à l'eau comme elle le fait partout en France ?
03:02Il suffit de venir en Corse et d'y passer quelques heures ou quelques jours
03:06pour constater qu'il y a une différence de traitement notoire à l'égard du peuple corse,
03:13à l'égard de ce territoire, au niveau de beaucoup de politiques publiques.
03:18Mais il ne s'agit pas aujourd'hui de refaire le match,
03:21il s'agit dans le sens d'une éthique de responsabilité pour correspondre à cette aspiration démocratique
03:28et aussi à un fait important qui est objectif, qui est le fait de l'insularité
03:32et de régler une question politique, fondamentalement politique,
03:36avec un vieux conflit maintenant depuis plusieurs décennies.
03:40Nous demandons ce statut-là pour répondre à toutes ces questions.
03:43Statut qui vous pose problème, à vous le constitutionnaliste, Benjamin Moret.
03:47Oui, et pas qu'à moi, on a fait une tribune avec plusieurs collègues de droite,
03:51Anne Leval, Bertrand Mathieu, plutôt éthique à gauche, Olivier Beau, Michel Troper,
03:55il y a quelques jours dans le monde, pour dire, là, on franchit une limite.
03:58Parce que ce n'est pas qu'un sujet corse.
04:00Comment est-ce qu'on définit le communautarisme en droit ?
04:02On le définit avec la décision du Conseil constitutionnel du 15 juin 1999,
04:06c'est le fait d'accorder à un groupe,
04:08eu égard à des caractéristiques culturelles, religieuses, linguistiques,
04:12des droits particuliers.
04:13Ça, on ne l'a jamais fait en France depuis Vichy, en fait.
04:16Que propose ce texte ?
04:18Eh bien, de reconnaître une communauté culturelle, historique, linguistique,
04:23et d'y attacher des droits.
04:25Ça, réellement, depuis la nuit du 4 août 1789...
04:28Pour vous, c'est la fin du pacte républicain ?
04:29C'est la fin du pacte républicain.
04:30Ça veut dire que si vous avez, si vous pouvez revendiquer une culture,
04:33une histoire particulière, vous aurez des droits différents
04:35de ceux qui ne pourront pas la revendiquer.
04:37Il faut bien comprendre la porte ouverte que l'on ouvre ici.
04:40D'ailleurs, Romain Colonna parle de peuple corse.
04:43Vous, vous ne parlez pas de peuple corse.
04:44Alors, le texte ne parle pas de peuple corse.
04:47Il faut bien comprendre qu'il y a...
04:48Il parle d'une communauté.
04:50Le texte parle d'une communauté.
04:52Il peut y avoir un peuple corse d'un point de vue sociologique.
04:54Moi, je veux bien entendre ça, il n'y a aucun problème.
04:56Mais là, on ne fait pas de la sociologie, on fait du droit.
04:58Et les mots ont un sens en droit, si vous voulez,
05:00qui est un sens juridique.
05:01La notion de peuple ouvre le droit à l'indépendance
05:04et à l'autodétermination.
05:05C'est pourquoi Jacques Chirac et ensuite Emmanuel Macron l'ont exclu.
05:08La notion de communauté, mais pas que de communauté,
05:10encore une fois, on rajoute culturel, historique, linguistique,
05:13ouvre des droits particuliers,
05:15eu égard à ces prérogatives-là.
05:17Et là, ça veut dire que vous créez deux catégories de citoyens.
05:19Les citoyens qui ont accès à ces droits
05:20et ceux qui ne l'ont pas.
05:22Et ça, c'est évidemment très très dangereux.
05:24Demain, si par exemple, je vous dis qu'il y a
05:26une question de tension sur le logement en Ile-de-France
05:29et que donc potentiellement,
05:30les Français qui auraient la bonne culture
05:32pourraient y avoir accès en priorité,
05:34vous seriez choqué.
05:35Romain Colonna, vous entendez que, évidemment,
05:38ça dépasse de très loin la question de la Corse
05:40et que ce qui serait accordé à la Corse
05:42pourrait être accordé à d'autres régions.
05:44Il pourrait y avoir ensuite une compétition entre régions,
05:46une forme de hiérarchie entre régions.
05:48Qui pourrait avoir ce type de statut
05:50et ce type de privilège dans la Constitution
05:52et qui ne l'aurait pas ?
05:54Ça, j'ai envie de vous dire,
05:55d'une part, c'est à Paris d'y répondre.
05:57Et moi, je suis mandaté par le peuple corse
06:01à travers plusieurs scrutins
06:03pour défendre les intérêts collectifs des Corses.
06:05Et il y a manifestement en Corse une rupture d'égalité
06:08qui est patente en termes d'accès au logement,
06:10en termes d'accès à la langue,
06:12en termes d'accès à des droits culturels.
06:15Et, excusez-moi du peu,
06:16mais sous couvert de juridisme,
06:18M. Morel fait passer une idéologie
06:20qui est faussement républicaine,
06:22faussement universalisante,
06:24qui est relativement rance et jacobine.
06:29Et on ne peut pas comparer tous les territoires.
06:32Il y a un fait insulaire en Corse,
06:34il y a un fait historique en Corse.
06:35– Indéniablement, il y a un fait insulaire en Corse.
06:37– Indéniablement.
06:38– Ça, c'est indéniable.
06:39– On parle d'une vieille nation
06:40qui a été indépendante,
06:41qui a proposé à l'Europe
06:44une des premières constitutions démocratiques.
06:47On parle d'un fait culturel qui est indéniable
06:50et nous disons que le droit
06:52doit se mettre au service du citoyen.
06:54Ce n'est pas le citoyen
06:55qui est au service du droit
06:56ou d'une constitution.
06:58– Alors, Benjamin Morel, justement,
06:59est-ce que le droit se met au service du citoyen ?
07:00– Il faut arrêter avec la religion d'État.
07:02– Alors, est-ce qu'il faut arrêter
07:04avec la religion d'État, Primo ?
07:05Est-ce que le droit doit se mettre au service
07:07des citoyens et de leurs particularités
07:10et de leurs besoins ?
07:11– La question, c'est
07:12quelle communauté politique on forme ?
07:13Est-ce qu'on forme une communauté politique
07:15qui est une addition d'ethnie,
07:16qui est une addition de religion,
07:17qui est une addition de communauté
07:18qui chacun a ses droits particuliers ?
07:21Si jamais elles ont toutes les mêmes droits,
07:23on rentre dans un État communautarien.
07:25On peut le vouloir, mais c'est un choix.
07:27– En tout cas, ce n'est pas la France d'aujourd'hui.
07:28– Exactement.
07:29Si jamais on hiérarchise ces communautés
07:30en disant « la Corse, il y aurait le droit,
07:33mais pas la Seine-Saint-Denis, etc. »,
07:34on reconnaît des communautés
07:35et on les hiérarchise.
07:37– Pourquoi vous parlez de la Seine-Saint-Denis ?
07:38C'est intéressant que vous parliez de la Seine-Saint-Denis
07:39parce qu'en Seine-Saint-Denis,
07:40il y a d'énormes problèmes d'accès
07:42aux services publics, aux logements,
07:45à l'accès aux soins et d'énormes problèmes.
07:48– Exactement, comme en Corrèze
07:49et la Seine-Saint-Denis également.
07:51Et je ne vois pas pourquoi
07:52on dirait à quelqu'un qui viendrait…
07:53Vous savez, moi, je suis enseignant.
07:55Quand j'ai un étudiant qui vient me voir
07:56et qui me fait « Monsieur Morel, Monsieur Morel,
07:58je veux que ma communauté soit reconnue »,
07:59je lui dis « Aucune communauté n'est reconnue,
08:01si ce n'est la communauté des citoyens
08:02fondée sur des valeurs universalistes.
08:05Quelle que soit ta couleur de peau,
08:06quelle que soit ta religion,
08:08quelle que soit ta langue,
08:09tu as les mêmes droits
08:10que le citoyen d'à côté
08:11parce que tu es citoyen. »
08:12– Demain, je dis quoi à cet étudiant ?
08:14– En Corse, nous n'avons pas les mêmes droits,
08:15M. Morel.
08:16– M. Morel, nous n'avons pas les mêmes droits en Corse.
08:18– Ne vous coupez pas, je ne vous ai pas coupé.
08:19Pour l'instant, ce débat était respectueux.
08:20– Mais il l'est toujours,
08:21mais nous n'avons pas les mêmes droits en Corse,
08:22– Je lui dis quoi à cet étudiant ?
08:23– Je ne voulais pas l'entendre.
08:24– Soit la communauté…
08:26– Pourquoi vous dites que vous n'avez pas les mêmes droits ?
08:27– Parce que nous n'avons pas même accès à la langue,
08:30à notre langue aussi.
08:31Nous n'avons pas accès au logement.
08:32Les Corses ne peuvent plus se loger sur leur propre terre.
08:35Il y a tout un certain nombre de questions
08:37qui font qu'il y a une rupture manifeste d'égalité en Corse.
08:41Il y a ce que M. Morel ne veut pas entendre,
08:43un fait démocratique en Corse.
08:44Ça ne peut pas être la République contre la démocratie.
08:47Il y a un conflit en Corse,
08:48on ne peut pas comparer la Sainte-Saint-Denis avec la Corse.
08:51– Romain Colonna, c'est ça qu'il faut expliquer
08:52quand vous parlez d'un fait démocratique.
08:54Il faut expliquer que le suffrage universel en Corse
08:59rend les listes autonomistes et nationalistes
09:02en tête des scrutins, scrutin après scrutin.
09:05On est bien d'accord ?
09:06– Ultra majoritaire.
09:07– Ultra majoritaire.
09:08C'est ça dont vous parlez quand vous parlez d'un fait démocratique.
09:11C'est une aspiration des Corse qui passe par les urnes.
09:13– Les Corses ont voté de manière écrasante
09:15pour un projet d'autonomie.
09:17Ça a été un long compromis qui a été patiemment élaboré
09:20d'abord en Corse, puis avec le gouvernement.
09:22Et aujourd'hui, nous demandons aux constituants,
09:24aux parlementaires, Assemblée nationale et Sénat à Paris
09:28de prendre en compte ce fait démocratique
09:29tout en leur reconnaissant bien évidemment leur pleine souveraineté.
09:31– Alors Benjamin Morel, j'ai bien compris,
09:34évidemment, vos réticences en termes de principes de fond,
09:37sur le fond, mais est-ce qu'il n'y a pas là
09:38un déni de démocratie à ne pas vouloir voir
09:41ce que votent les Corse ?
09:42– Je voudrais simplement finir ma démonstration
09:44parce qu'elle est importante.
09:45Je disais, si j'ai un étudiant qui me dit
09:47que je ne veux pas que la communauté soit reconnue,
09:48soit je lui dis que ta communauté est reconnue
09:50et on rentre dans un État communautarien,
09:52soit je lui dis que ta communauté,
09:53en Seine-Saint-Denis, en Corrèze, en Bretagne,
09:55elle ne mérite pas d'être reconnue,
09:59et là, je fais du racisme.
10:00Et donc, là-dessus, ce n'est pas une affaire Corse.
10:02Que les Corses soient consultées, c'est une bonne chose,
10:04on y reviendra, mais là-dessus,
10:06sur la redéfinition de la République,
10:07c'est tous les Français qui doivent être consultés.
10:10Est-ce que les Français veulent ça ?
10:11Ce n'est pas qu'une affaire locale,
10:12ce n'est pas qu'une affaire Corse.
10:13– Ça serait un référendum national.
10:15– Ça devrait être un référendum national, à minima, en effet.
10:17De l'autre côté, concernant les Corse…
10:18– Mais à minima, il y a un référendum international, M. Morel.
10:21– Mais encore une fois, je ne vous ai pas coupé, M. Colonna.
10:23– Pourquoi pas, M. Colonna ?
10:24– Je ne vous ai pas coupé, M. Morel.
10:26– Pourquoi pas demander à tous les Français
10:27si la Corse peut obtenir un statut
10:30que les autres régions ne peuvent pas obtenir ?
10:31– Mais est-ce qu'on redéfinit les fondements de la République ?
10:34Est-ce que demain, on veut ça ?
10:35Est-ce qu'on veut redéfinir notre pacte républicain
10:37depuis la nuit du 4 août 1789 ?
10:40C'est ça, la question ?
10:40– Alors, répondez sur la question du déni de démocratie,
10:42parce qu'il y a Romain Colonna qui en parle,
10:44mais il y a aussi Jean-Jacques Urvois,
10:46ancien garde des Sceaux, qui dit
10:47« Mais regardez ce que votent les Corses ! »
10:49– Sur le déni de démocratie, je vous répondrai que les Corses ont voté
10:52une fois sur un statut particulier, c'était en 2003.
10:54– En pleine réforme des retraites, M. Morel.
10:56– Attendez, laissez-le parler.
10:57– En pleine contestation sociale.
10:58– Oui, mais…
10:59– Non, non, laissez-le parler.
11:00– J'aimerais bien résumer sur ce plateau, M. Sivou, s'il vous plaît.
11:02– Il y en a, M. Morel.
11:03– Ne dites pas n'importe quoi.
11:04– Alors, laissez-le parler, vous rectifirez après.
11:06– Alors, merci.
11:07– Vous rectifirez après.
11:07– Donc, ils ont voté non en 2003 sur un statut particulier.
11:10On leur a quand même donné sur la demande,
11:12à l'époque de Paul Jacobi et des nationalistes.
11:14Par ailleurs, ensuite, vous êtes en effet arrivé au pouvoir à Ajaccio,
11:18mais sur un programme qui ne portait pas que sur l'autonomie,
11:21contre la mafia, etc.
11:23– C'est normal, ça s'appelle un programme politique.
11:25– Ensuite, le projet de loi constitutionnel, en l'occurrence,
11:27ne prévoit pas de consulter les Corses sur l'autonomie.
11:31Il prévoit de les consulter, peut-être, éventuellement,
11:34sur ces modalités d'organisation.
11:36Donc, dans le projet de loi qui a été concocté
11:38entre vous et le gouvernement,
11:39le principe de la démocratie du référendum,
11:42je suis désolé, il n'est pas là.
11:43Et si vous vouliez vraiment parler démocratie,
11:45vous exigeriez qu'il y ait une consultation préalable des Corses
11:49à minima sur votre article.
11:50– Expliquez Romain Colonna,
11:51pourquoi est-ce que les Corses ne sont pas consultés ?
11:53– Ils le seront, bien évidemment.
11:55Et monsieur Ouellet, des missions en émission,
11:57sans tête dans le déni, les contre-vérités et les inepties.
12:01Nous avons voté à l'Assemblée de Corses
12:03à près de 80% une délibération
12:05sur un projet de statut d'autonomie.
12:08Dans cette délibération, nous, pas monsieur Morel,
12:11qui n'est pas élu,
12:12nous avons voté en tant qu'élu, démocratiquement,
12:15cette délibération dans laquelle nous faisons figurer
12:17l'exigence d'un référendum, d'une consultation pour les Corses.
12:20– Pourquoi l'avez-vous pas exigé dans le texte ?
12:21– Nous avons patiemment discuté ensuite
12:24avec le gouvernement pour trouver,
12:25aller aboutir sur un texte de compromis.
12:28Il se trouve qu'une consultation est prévue
12:31à l'issue des travaux parlementaires.
12:34Il n'y a aucun souci là-dessus.
12:36Les Corses seront consultées.
12:37Je le dis très tranquillement, très sereinement à votre micro.
12:40C'est une ineptie, encore une fois,
12:43proférée par monsieur Morel.
12:44– Non, c'est dans votre texte.
12:46Le texte, le dernier linéa,
12:47dit que les Corses pourront, passeront,
12:50peut-être pourront être consultées.
12:51– Vous êtes en face d'un juriste.
12:52Il regarde les textes.
12:54– Non, je suis en face d'un idéologue jacobin,
12:56pas d'un juriste.
12:57– Vous avez votre idéologie, vous aussi.
12:59– Oui, mais moi, j'ai été élu pour la faire valoir.
13:01– C'est la lettre du texte, enfin le texte que vous avez négocié
13:03avec le gouvernement, monsieur Colonna.
13:04– Moi, j'aime bien savoir avec qui je discute sur un plateau de radio.
13:06– Vous avez négocié ça avec le gouvernement,
13:08vous avez négocié le fait que les Corses pourront être consultées,
13:11non pas sur l'autonomie, non pas sur la Constitution,
13:14mais sur ses modalités d'application.
13:16Autrement dit, les Corses prendront l'autonomie
13:19et ensuite, ils pourront éventuellement
13:21discuter des détails.
13:22– On vous a bien entendu, je vous remercie tous les deux.
13:24Benjamin Morel, vous faites preuve de pédagogie
13:27pour nous expliquer ce que c'est que la rupture du pacte républicain
13:30et les inégalités que ça créerait entre les Français.
13:32Je vous remercie, Romain Colonna,
13:33parce que vous nous avez bien expliqué aussi
13:35quelle est l'aspiration des Corses à travers cette demande,
13:38à travers ce vote massif et à travers ce texte.
13:41– Statue qui correspond à toutes les îles en Méditerranée,
13:44aux Açores, Madère, au-delà.
13:46– La Crète n'a pas d'autonomie.
13:48– C'est la seule, monsieur Morel.
13:49– La Crète n'a pas d'autonomie.
13:50– Les Baléars ont moins d'autonomie que la Catalogne
13:55et la Sicile a moins d'autonomie que la Valdao.
13:56– Mais ils sont autonomes ou pas ?
13:57– La Sicile est autonome ou pas, monsieur Morel ?
13:59– Et par ailleurs, la Corse aurait plus d'autonomie que la Réunion.
14:02– Et l'autonomie existe déjà en France.
14:04– Dans un autre océan.
14:05– Merci beaucoup.
14:05– Donc cet argument est nul et non-avis.
14:06– Merci beaucoup à tous les deux.
14:07– Oui, c'est sûr, les îles méditerranéennes ne sont pas autonomes, monsieur Morel.
14:10– Merci beaucoup à tous les deux.
14:11– Merci beaucoup à tous les deux.
14:11– Merci beaucoup à tous les deux.
14:12– Merci beaucoup à tous les deux.
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