Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
La comédienne et réalisatrice Yolande Moreau est l’invitée du Grand Portrait de Sonia Devillers à l'occasion de la présentation en copie restaurée de son film "Quand la mer monte", coréalisé avec Gilles Porte, au 54° Festival La Rochelle Cinéma (26 juin au 4 juillet). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mercredi-17-juin-2026-7907456

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Mais qui est Yolande Moreau ?
00:01Elle restera à jamais dans le cœur des Belges et des Français,
00:05une des chiens, une Séraphine, une Irène,
00:07dans « Quand la mer monte », ce si beau film qui lui a valu deux Césars.
00:11Mais qui est cette femme, lente et un peu maladroite,
00:15tellement comique quand elle prend son air ahuri,
00:18tellement bouleversante quand elle baisse les yeux après avoir souri ?
00:21J'en ai pour ma part, archi-marre, des mauvaises nouvelles.
00:26Alors s'il vous plaît, Yolande Moreau, dessinez-moi un jardin plein de fleurs,
00:31de lapins, de mauvaises herbes, dessinez-moi un clown,
00:34dessinez-moi des gens qui font attention aux autres, ça devient tellement rare.
00:38Portrait numéro 157.
01:01La Traviata, qui s'en va et qui revient dans « Quand la mer monte »,
01:05pourquoi Verdi à l'époque ? Pourquoi vous aviez choisi Verdi ?
01:09Je crois que c'était lié au fait, quand je faisais mes tournées avec le spectacle,
01:14on avait des petites cassettes et j'avais une vieille DS.
01:17J'ai fait beaucoup de tournées en DS et j'avais un sentiment un peu de liberté, je veux dire.
01:23Vous êtes sur la route ?
01:24Sur la route.
01:25Et aussi quand même, deux enfants, bas âge.
01:29Aller en tournée, il y avait aussi un côté « Prendre la route ».
01:32Et aller hop, je laisse tout le monde à la maison, je me taille.
01:36Ça allait bien avec la bagnole.
01:39Verdi, ça allait bien avec la bagnole.
01:41Bonjour Yolande Moreau, soyez la bienvenue sur France Inter.
01:44Merci beaucoup de m'accueillir.
01:45Alors, quand la mer monte va être présentée au Festival de la Rochelle,
01:49dans une version restaurée, ce film était en train de disparaître.
01:53Il est sorti il y a 20 ans.
01:55Ça a été un très très très très beau succès à l'époque.
01:58Donc il est restauré, il est au Festival de la Rochelle
02:01et à la rentrée, il va ressortir dans 200 salles
02:06dans le cadre du Festival Play It Again.
02:08Oui.
02:09Donc vous serez la marraine.
02:10Oui, voilà.
02:11Ouais, c'est dit.
02:14C'est dit.
02:15On va y venir à ce film.
02:17Mais d'abord, comment ça va ?
02:19Comment ça va le jardin ?
02:20Comment il va ce jardin que vous aimez tant ?
02:22Le jardin, il va bien.
02:24Il est beau, il devient plus sauvage parce que j'y mets moins la pâte.
02:28Mais heureusement, mon mari, mon ami prend la relève.
02:32Et donc on a quand même, là on mange nos premières tomates,
02:36les artichauts.
02:37Voilà.
02:38Et même sauvage, il est beau.
02:40Mais il ne faut plus que je me dise, il faut absolument que je fasse ça.
02:44Je ne me dis pas ça.
02:46Vous le laissez vivre.
02:48Oui.
02:48Bah oui.
02:49Est-ce que les tomates poussent dans la serre
02:52dans laquelle vous avez placé vos trois Césars ?
02:55Alors non, parce que c'est plus compliqué que ça.
02:58Parce qu'il y a un acteur en France
03:00qui a mis ses Césars dans sa serre, dans le jardin.
03:03Aucun, à part vous ?
03:05Oui, là c'est la grange, ce qu'on appelle,
03:09enfin qui est un endroit où on fait beaucoup de choses.
03:14On fait des fêtes, on écrit, on fait Noël.
03:17Si on fait du feu de la cheminée, on peut faire plein, on bricole.
03:22C'est là que vous faites de la mosaïque ?
03:24Oui.
03:25Et c'est là qu'on a écrit le film avec Gilles, il y a des années.
03:29Avec Gilles Porte, avec qui vous avez réalisé « Quand la mer monte ».
03:32C'était dans cette grange ?
03:33Oui, on a fait.
03:35C'est une grange qui sert un peu à tout,
03:38que j'aime beaucoup, c'est un bel endroit.
03:40D'où vous est venu cet amour de la nature,
03:43du contact avec la nature,
03:45cette envie d'avoir les mains dans la terre ?
03:47Je crois que depuis, déjà ma mère, elle aimait bien le jardin,
03:52mais depuis que je suis jeune,
03:54je me disais que je ne voulais pas vivre en ville,
03:57qu'il me fallait un peu de terre.
04:01Et j'ai beaucoup hésité quand j'étais jeune,
04:05avec, dans les années 70, ce grand retour à la nature.
04:08Donc descendant entre ça et faire ce que je fais,
04:13j'ai beaucoup hésité.
04:14Entre ça et faire ce que je fais,
04:16c'est-à-dire entre faire du théâtre, du cinéma,
04:20recevoir trois Césars dans la vie,
04:22ou cultiver son jardin.
04:23Oui.
04:24Dans quel milieu vous avez grandi en Belgique ?
04:26Mon père était négocié en bois.
04:32On vient d'une famille nombreuse,
04:34il y avait quatre filles, ma mère au foyer.
04:37Donc, petits, des gens moyens.
04:40Mais vous êtes née dans les années 50,
04:42et les filles, dans les années 50,
04:44elles reçoivent une éducation très...
04:46Ah oui, là j'étais quand même...
04:47Oui.
04:48Dame de Marie, je ne pouvais pas sortir.
04:51Dame de Marie, c'est-à-dire lycée catholique ?
04:53École catholique ?
04:54École catholique, de fille.
04:56Mais alors, je ne pouvais pas sortir,
04:58mais des années après, je me dis,
05:00j'ai bien râlé contre mes parents,
05:02quand j'avais 18 ans, 7 ans,
05:04j'avais envie de sortir.
05:06J'avais envie d'aller dans les bars,
05:08j'avais envie de rencontrer des garçons,
05:10je ne connaissais pas les garçons.
05:13Et comme je ne pouvais pas,
05:15j'ai fait beaucoup de peinture dans ma chambre,
05:17et je suivais des cours de diction,
05:19et je lisais les bordasses de l'école,
05:22nos livres français,
05:24pour savoir quelle poésie j'allais faire.
05:26Qu'est-ce que c'est qu'un cours de diction ?
05:28Diction, déclamation, c'est-à-dire des poèmes.
05:31Et donc, quelque part,
05:33longtemps après, je me suis dit,
05:34mais toutes ces années-là,
05:36j'ai bien fulminé contre mes parents,
05:39mais elles m'ont servi, quelque part.
05:40Elles vous ont servi à vous fabriquer
05:42un monde intérieur ?
05:43Oui.
05:44Je ne dis pas aux parents qu'il faut faire ça
05:46en panique.
05:47Un imaginaire ?
05:48Oui, parce que j'étais plongée
05:50dans les livres de poésie,
05:53j'ai fait beaucoup de peinture,
05:54je ne vais pas peindre, mais...
05:57Et de cette éducation catholique,
05:58est-ce qu'il est resté quelque chose
06:00de ce rapport ?
06:01Non, mais pendant ces raffines,
06:03ça m'a servi.
06:04Parce qu'à 12 ans,
06:06j'étais quand même
06:07une grenouille de bénitier.
06:08Ah oui ?
06:09Ah oui, à 13, c'était fini.
06:11Ah, d'accord.
06:14Ça n'a pas duré longtemps.
06:15Non, mais à 12, oui.
06:18Allez, le carnaval,
06:19comme on l'entend
06:19dans « Quand la mer monte ».
06:39La fin des années 60,
06:41Yolande Moreau,
06:42peut-être que les Français
06:43ne s'en rendent pas compte,
06:44mais ça a été aussi, en Belgique,
06:46une période très agitée,
06:47politiquement.
06:48Les étudiants belges
06:49se sont mobilisés
06:50avant les étudiants français.
06:52Il y a eu un 68
06:53avant la France.
06:54Ah, je ne l'avais pas.
06:55Oui.
06:55J'apprends.
06:56N'empêche que vous,
06:57ça vous a emporté, quand même.
06:59Oui, surtout les années 68
07:01et tout ça, oui, je crois que...
07:02C'est-à-dire le catéchisme ?
07:03Hop !
07:04Ah oui, à ce moment-là,
07:05déjà, c'était bien fini.
07:07Mais oui, je pense qu'on a dû
07:12vivre 68 de l'intérieur.
07:13Parce que je n'étais pas encore...
07:15J'avais 17 ans, je ne sais plus.
07:16J'étais en 53.
07:19Mais oui, je crois que ça a marqué.
07:22Moi, j'ai eu mes enfants très vite après.
07:25Je suis partie.
07:26Pour quelqu'un qui ne connaissait pas les garçons,
07:28vous avez fait tout en accéléré.
07:30Tout en accéléré.
07:31J'ai eu ma fille à 19.
07:32Voilà !
07:33Mon fils à 20.
07:34Voilà.
07:34Et à 21, j'étais séparée du père.
07:36Et à l'heure !
07:37Ah, c'est drôle !
07:39Oui.
07:41Mais alors, à ce moment-là,
07:43vous avez cru que le monde
07:45pourrait changer ?
07:46Oui.
07:48Franchement, c'était les années
07:49quand même babacool,
07:51comme on dit.
07:51Mais j'ai bien aimé cette période
07:54parce que j'ai vraiment cru
07:55qu'on allait vers un mieux.
07:57Je ne le pense plus.
07:58C'est vrai ?
07:59Ah non, je ne le pense plus.
08:00Désolée.
08:02Pour la matinale.
08:03Oui, désolée pour la matinale.
08:05Je cherchais en vous
08:06une bouffée d'espoir.
08:07Oui.
08:07Non.
08:08Mais ça raconte ça dans la fiancée,
08:10pour moi.
08:11La fiancée du poète,
08:12c'était...
08:14Un autre film.
08:14Il faut recréer des manières
08:16de vivre ensemble.
08:19Il ne faut pas accepter
08:20tout ce qu'on nous dit.
08:21Il ne faut pas faire tout ce qu'on nous dit.
08:23Il faut un peu...
08:25Faut-le-souc.
08:27Faut-le-souc.
08:28Oui.
08:29Et justement,
08:30je me suis demandé, moi,
08:32comment une maman si jeune,
08:34avec deux petits-enfants
08:36et pas un rond à l'époque,
08:39pas un rond,
08:40comment vous décidez
08:41de vous lancer dans le théâtre ?
08:43Je veux dire, normalement,
08:45vous auriez dû être lestée
08:46et enfermée à la maison.
08:48Oui, j'avais envie de théâtre.
08:50Donc avant,
08:51en faisant mes cours de poèmes,
08:51j'y suis revenue...
08:53Ah, c'est les cours de diction ?
08:54Diction, déclamation.
08:56Qui donnent envie de faire du théâtre ?
08:57À ce moment-là,
08:58je me suis dit,
08:58il faut quand même choisir
09:00ou bien tu pars,
09:02tu vas dans le Larzac.
09:04Avec les hippies ?
09:06Avec les hippies.
09:08Mais là,
09:11j'ai rencontré là
09:13ces têtes pour enfants
09:15par lesquels je suis revenue.
09:18Et ça m'arrangeait
09:19parce qu'on faisait du théâtre
09:21pour les jeunes
09:23pour l'école
09:24et ça coïncidait
09:25aux horaires de mes enfants.
09:27Et donc,
09:28j'ai pu faire ça.
09:29Et on gagnait un peu de sous avec ça ?
09:30Et gagner un peu de sous
09:31parce qu'avant ça,
09:32moi, j'ai fait des ménages,
09:33j'ai fait des petits boulots
09:34et comme je dis,
09:35j'ai un peu quand même
09:35tiré le diable pour la queue.
09:37Mais ce n'était pas triste.
09:38Vous avez tiré le diable pour la queue,
09:40vous êtes comme moi.
09:40Par allongé.
09:41toutes les expressions.
09:43Je voudrais que vous me parliez
09:45d'un homme
09:47que j'ai découvert
09:48en travaillant sur votre histoire
09:50qui est mort en fait
09:51il y a deux mois
09:52et que le monde entier connaissait
09:55qui s'appelait
09:56Philippe Gaullier.
09:57Ah oui.
09:58Là, j'ai décidé
09:59d'aller faire des cours
10:00de clowns chez lui.
10:01C'est ma grande découverte.
10:03Il était professeur
10:04dans une école très fameuse.
10:06L'école Lecoq.
10:07Et après,
10:08il a fondé sa propre école
10:09et moi,
10:09j'étais dans l'école
10:11qu'il avait fait.
10:13Et là,
10:13j'ai découvert
10:14que j'aimais ce métier,
10:15que je ferais peut-être bien ça
10:16parce qu'avant ça,
10:17je n'étais pas sûre.
10:18Il vous a appris le clown,
10:20il vous a appris le bouffon.
10:21Je ne sais pas ce que c'est
10:22que d'apprendre le bouffon.
10:25Plein de choses.
10:26En tout cas,
10:27pour moi,
10:27ce qui était marquant,
10:28c'est le clown,
10:28c'est une école
10:30de théâtre quelque part.
10:32Des années après,
10:33je me sers toujours
10:34de Philippe Gaullier.
10:36Mais pourquoi ?
10:37Parce que lui,
10:37il disait,
10:39moi,
10:40mon travail,
10:40ce n'est pas de donner
10:41un style aux étudiants,
10:42c'est de leur donner
10:43une liberté.
10:44Ils ont peur,
10:45il faut qu'ils jouent
10:45avec leurs peurs.
10:46Ils ont peur,
10:47il faut qu'ils prennent
10:47du plaisir avec leurs peurs.
10:49Oui.
10:51Oui,
10:51apprendre à jouer
10:52avec ce qu'on est.
10:54Puis j'ai appris
10:54en regardant les autres
10:55et comment lui,
10:57je me rappelle très fort
10:58d'une fille
11:00qui était là,
11:01qui était un peu
11:02empotée
11:02et qui venait
11:05suivre des cours
11:06pour être...
11:07Et il disait,
11:07bonjour ma chérie,
11:08tout le monde riait.
11:09Et cette fille,
11:10après chaque cours,
11:11elle pleurait.
11:12Et j'ai compris
11:14que c'est l'humanité
11:15qui fait rire.
11:17Et donc,
11:18ceux qui faisaient
11:18des rigolos de service,
11:19ça ne marchait pas du tout.
11:21Et cette fille-là,
11:22quand elle disait,
11:23bonjour,
11:24tout le monde riait.
11:26Mais elle pleurait après.
11:27Mais c'était...
11:30de l'humanité,
11:31ça touchait à elle.
11:32Alors,
11:33dans « Quand la mer monte »,
11:34c'est l'histoire
11:34d'une femme,
11:36vous en l'occurrence,
11:37parce que c'est largement
11:38puisée dans votre histoire,
11:40qui a fabriqué
11:40un spectacle,
11:41un seul en scène,
11:43pas si courant
11:43pour une femme
11:44de votre génération.
11:45Non,
11:46c'était nouveau.
11:47On n'était pas nombreux.
11:48Non,
11:48il y avait Zouk,
11:49il n'y avait pas beaucoup
11:50de femmes
11:51qui étaient un seul en scène.
11:53Et donc,
11:53c'est un seul en scène
11:54avec un masque,
11:55un drôle de masque.
11:57Vous sauriez le décrire ?
11:59Oui,
11:59c'est un masque
12:01qu'on avait fabriqué.
12:02Ce n'est pas moi,
12:02c'est Béatablassus
12:04qui l'a fabriqué,
12:05qui était à secours.
12:07Et on devait fabriquer
12:08des masques
12:10un peu grotesques
12:11à partir d'un masque neutre
12:13avec un faux nez.
12:15Et puis alors,
12:15elle a une robe
12:16assez grossière
12:17et puis elle a les bras
12:18pleins de sang.
12:19Et puis elle arrive sur scène
12:20et puis elle dit
12:21qu'elle a tué son mari.
12:23Salle affaire.
12:24Salle affaire.
12:25J'ai trempé dans un crime.
12:28Vous ne voulez pas
12:29nous refaire le début ?
12:31Salle affaire.
12:33J'ai trempé dans un crime.
12:36Et là,
12:37elle regarde le public
12:38et elle lui dit
12:38et elle dit
12:39C'est moche, hein ?
12:42Et puis,
12:42oui,
12:44je m'adresse au public
12:45en fait directement.
12:46Je m'adresse à eux
12:48comme pour poser un acte
12:50et leur demander
12:51à travers ça
12:52s'ils m'aimaient.
12:53Je crois que c'est ça
12:54qu'il y a en dessous
12:55des lignes
12:56ou qu'est-ce que
12:57vous en pensez.
12:58On écoute un extrait
12:59du film
12:59qui raconte ce spectacle.
13:01Poussin et moi,
13:032003,
13:05Armand Thiers,
13:07une grande histoire
13:08d'amour
13:09qui commence.
13:11Et c'est ça
13:12qui est important.
13:14C'est le début
13:15des grandes histoires
13:16d'amour.
13:18La fin,
13:19on s'en fout.
13:21Un Poussin.
13:27Et hop,
13:28la Traviata
13:28s'est repartie.
13:30C'est le début
13:31des grandes histoires
13:32d'amour
13:32qui comptent.
13:33La fin,
13:34on s'en fout.
13:35Les histoires
13:36d'amour
13:37finissent mal.
13:38En général,
13:39en général,
13:39c'est Catherine Rager.
13:42Mais c'est ça
13:43que ça raconte
13:44ce film.
13:45C'est-à-dire,
13:46il y a une histoire
13:46d'amour
13:46dans ce film
13:47et quand la mer monte,
13:48c'est probablement
13:49le désir qui envahit.
13:52Mais il y a aussi
13:53quelque chose
13:53qui se crée
13:54chaque soir
13:55avec le public.
13:56Chaque soir.
13:57Comme un début
13:57d'histoire d'amour.
13:59Oui,
14:00en tout cas,
14:02dans le spectacle,
14:03c'est ça,
14:03ça recrée chaque fois.
14:04C'est un spectacle
14:05où il y a beaucoup
14:06de silence
14:07et c'est un jeu
14:08un peu sur une corde raide
14:09parce que ça prend
14:10ou ça ne prend pas.
14:12Après,
14:12je trouvais ça confortable
14:13de jouer dans la troupe
14:14de Deschamps
14:15avec d'autres gens.
14:16Ah,
14:16alors Jérôme Deschamps,
14:17expliquez-nous
14:18qui est Jérôme Deschamps
14:19et machama qui est Yef.
14:21Je les ai rencontrés
14:22après ce spectacle-là.
14:27Ils faisaient des spectacles
14:28en regroupant des gens.
14:30François Morel,
14:33Saladin,
14:33Laurel,
14:34avant,
14:34on était une troupe
14:36qui a été appelée
14:37les Deschiens.
14:39Ouais.
14:40Un peu après.
14:41Ça a donné les sketchs.
14:43Les Deschiens,
14:43c'est les sketchs
14:44à la télé.
14:45Mais quand même,
14:46à la fin,
14:46on l'appelait comme ça.
14:49Les Deschiens,
14:50on les écoute,
14:50les Deschiens,
14:51parce qu'ils sont quand même
14:52complètement barrés,
14:53les Deschiens.
14:53Et je me demande,
14:55franchement,
14:55écoutez ça,
14:56s'il y a un équivalent
14:57des Deschiens aujourd'hui.
14:59C'est qui, Dave ?
15:02Je ne suis pas
15:02sur cette garde non plus.
15:04Ce matin,
15:05je l'ai vu.
15:06Ce matin,
15:06il était là.
15:08C'est hier
15:09qu'il était là.
15:10C'est hier
15:10qu'il était là.
15:12Ouais,
15:12c'est hier.
15:13Hier,
15:13il était là.
15:15Ah ben,
15:16il est là.
15:18Où t'étais alors ?
15:19Où t'étais ?
15:19Où t'étais ?
15:20J'étais à l'école.
15:22Hein ?
15:23Où t'étais ?
15:24Alors ?
15:26Il était à l'école.
15:27Ah oui,
15:28je m'en rappelle pas de suite.
15:29Il était à l'école.
15:30Il y avait
15:31beaucoup d'impros
15:31dans les Deschiens.
15:32Ah,
15:32c'était que ça ?
15:33Avec des idées
15:34parfois émises
15:35par Jérôme Machat
15:36ou amener.
15:40Le but,
15:40c'était comme un jeu,
15:42d'essayer de déstabiliser l'autre,
15:44de surprendre l'autre.
15:45Mais il y avait un début,
15:46un milieu,
15:46une fin.
15:47Quand on devait terminer,
15:48Jérôme faisait un petit signe
15:49de la main.
15:50Il faut clôturer
15:51parce que...
15:52que de l'impro.
15:52Que de l'impro.
15:53Ah oui,
15:54oui.
15:55C'est fascinant
15:56quand on les revoit aujourd'hui.
15:58Oui,
15:58c'est ce qui m'a...
15:59Oui,
15:59oui,
16:00il y a des gens très forts.
16:02François...
16:02Il y a des gens très forts,
16:03oui.
16:03Ah oui.
16:04Oui.
16:06Que de l'impro,
16:07avec toujours quelque chose
16:09qui est évidemment
16:10propre à tous vos films
16:12et à tout votre travail
16:13sur scène
16:13et au cinéma,
16:15de jouer des petites gens
16:18en faisant ressortir
16:19des choses extrêmement drôles
16:21mais toujours profondément humaines.
16:23Oui,
16:24mais c'était les spectacles
16:25comme ça aussi.
16:26J'aimais bien les spectacles
16:27moi aussi
16:27parce que quelque part
16:29il y avait toujours
16:30un moment pour sauver.
16:34Les chiens,
16:34j'aimais bien aussi
16:35mais c'était brut,
16:36c'était violent parfois.
16:37Oui,
16:37c'était violent.
16:37Les gens nous ont parfois accusés
16:39de se foutre de la gueule
16:40des pauvres.
16:40Moi,
16:41j'ai toujours dit non,
16:42c'est pas vrai.
16:43mais je me sens...
16:45c'est devenu
16:47absolument culte aujourd'hui.
16:49A l'époque,
16:50c'était diffusé sur Canal Plus ?
16:51Certains trouvaient ça.
16:52Moi,
16:52je n'ai pas trouvé.
16:53J'ai trouvé que ça parlait
16:55d'une violence de la vie.
16:57Ça,
16:57oui.
16:59Dans les spectacles,
16:59j'aimais bien
17:00qu'il y avait toujours
17:00un moment
17:01où Jean-Marie Billot
17:02pouvait chanter,
17:03qu'il y avait une voix
17:04comme ça
17:05quelque part
17:06qui allait vers le ciel.
17:07enfin,
17:07une affaire de crime,
17:08une affaire de sexe
17:09et ça démarre avec une femme
17:10qui a les mains pleines de sang.
17:11Il y a de la violence là.
17:13À très.
17:13Violante Moro.
17:14Il y a de la violence.
17:16Ça dit une femme
17:17qui a souffert.
17:19Je parlais
17:19de la folie ordinaire aussi.
17:22De l'envie d'amour
17:23et d'incapacité
17:25d'aimer.
17:26Je parle de ça
17:26dans le spectacle.
17:27Et la folie ordinaire,
17:28c'est quelque chose
17:29qui a aussi traversé
17:30toute votre carrière.
17:32Tous les personnages
17:33que vous avez fabriqués.
17:35Oui,
17:36c'est des personnages
17:36que j'ai bien aimés.
17:39Même quand j'ai fait en Hongrie,
17:41je parle aussi
17:44un peu de ça,
17:47des gens qui sont
17:48un peu à côté de la plaque
17:49pour fonctionner.
17:50Mais parce que vous,
17:51vous sentez vous-même
17:53un petit peu à côté
17:53de la plaque
17:54pour fonctionner.
17:54Sans doute,
17:55mais comme beaucoup de gens.
17:57Et un petit peu rongé
17:58par une forme de folie ordinaire
17:59que vous avez canalisé
18:01sur scène
18:02et dans les masques
18:03et dans les personnages ?
18:04Moi, au début,
18:05que je faisais du spectacle,
18:08je me disais
18:09tiens, je fais une psychanalyse
18:10à bon marché.
18:10Allez.
18:11Je me disais ça.
18:13Je ne sais pas si je disais
18:13tout ça.
18:14Mais quand même,
18:15il y a des choses
18:16très personnelles dans ça.
18:17À la fin,
18:17je ne dirais même pas quoi.
18:19Mais je sais très bien
18:20qui ont un rapport
18:22par rapport à moi,
18:23par rapport à ma vie.
18:24Et qui sont mis
18:25de manière...
18:26Personne ne peut le voir.
18:27Moi, ça me va très bien
18:28la psychanalyse à bon marché.
18:29J'ai envie de rester avec vous
18:31pendant des heures,
18:32Yolande Moreau.
18:32C'est la fin de cette interview.
18:34Merci mille fois
18:35d'être venu sur France Inter
18:36ce matin,
18:36d'avoir lâché votre jardin.
18:39Il n'y a plus de poules
18:40en ce moment dans le jardin ?
18:41Non.
18:41Mais quand vous reviendrez
18:42de La Rochelle,
18:43il y en aura.
18:43C'est ça.
18:44Là, on va essayer
18:45de la Rochelle.
18:46On va en prendre trois.
18:48Ça fait trois jeux par jour.
18:50C'est bien.
18:50C'est bien.
18:51On peut en donner.
18:51C'est bien.
18:52Allez,
18:52Quand la mer monte
18:53va donc être diffusée
18:55à La Rochelle
18:56dans 10 jours
18:56pour le festival
18:57et ressortira
18:58dans 200 salles
18:59en France
18:59à la rentrée.
19:00Et c'est un très,
19:01très beau film.
19:02Merci.
19:03Merci de m'avoir accueillie.
Commentaires

Recommandations