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  • il y a 20 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00De retour en direct avec vous sur BFM TV, avec ce soir, un espoir.
00:05Si la guerre s'arrête vraiment, si Ormuz rouvre vraiment, comme le dit Trump ce soir,
00:10allez-vous payer votre carburant moins cher ?
00:12Question cruciale, notamment à quelques semaines des vacances d'été, les grands départs.
00:15On va en parler ce soir avec Marc Toitie.
00:18Bonsoir Marc, merci d'être là.
00:20Bonsoir Marc, avec plaisir.
00:20Économiste C.I. Toro, avec Franck Boisys.
00:22Bonsoir Franck, journaliste au service Économie de Libération, avec Yves Tréa.
00:26Bonsoir Maxime.
00:27Bonsoir Ulysses, bonsoir Yves.
00:28Je ne vais pas y arriver, je ne sais pas pourquoi je n'ai pas y arriver.
00:30C'est l'émotion, c'est l'émotion.
00:31C'est l'émotion du baril.
00:32Je mélange ceux que j'ai déjà vus en plateau et ceux que je n'ai pas encore vus.
00:35Elsa Vidal, Elisa Hadeff avec moi.
00:37Lisa, question grave ce soir, où en est le cours du baril ce soir ?
00:39On est à 83 dollars.
00:4183 dollars.
00:42Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu ça.
00:43Ça faisait très longtemps qu'on n'avait pas vu ça.
00:45Ça veut dire que, Marc Toitie, tout le monde peut se détendre ce soir ?
00:48Alors attention, sois prudent.
00:49C'est-à-dire qu'avant, effectivement, le conflit, le baril était à 70 dollars.
00:53Il n'y en a pas encore.
00:54Si on regarde en fin d'année, on était même l'année dernière, il y a quelques mois,
00:58on était à 61 dollars.
00:59Donc même à 83 dollars, ça reste cher.
01:01Ça veut dire qu'il y a quand même toujours cette inquiétude.
01:03Surtout, le vrai danger, c'est que, justement, si on avait un espoir de paix définitive, etc.,
01:07je pense que ça aurait pu baisser bien davantage.
01:10Ça ne baisse pas jusque-là, puisque, justement, il y a encore beaucoup d'incertitudes.
01:14Et puis surtout, n'oublions pas qu'il y a beaucoup d'infrastructures qui ont été détruites
01:17dans les pays du Moyen-Orient, notamment, du Golfe, précisément.
01:21Donc ça va prendre du temps, plusieurs mois, voire une année, certains l'évoquent.
01:25Donc on ne pourra pas retrouver un niveau normal.
01:27Autre élément important, les réserves stratégiques.
01:29Beaucoup de pays, notamment les États-Unis, ont utilisé leurs réserves de pétrole.
01:32Et également, évidemment, en Europe.
01:34Donc ce qui veut dire qu'à ce moment-là, il va falloir les reconstituer.
01:36Avant de retrouver une situation normale, ça va prendre du temps.
01:39Puis après, le vrai enjeu sur l'inflation au sens large,
01:42c'est que là, jusqu'à présent, on a eu ce qu'on appelle les effets de premier tour,
01:45c'est-à-dire l'inflation énergétique, on en a parlé ci-même.
01:48Maintenant, on a les effets de second tour, ça veut dire les engrais, les matières premières, etc.
01:53Et après, il y a les effets de troisième tour, c'est-à-dire sur les biens et services divers
01:57et variés.
01:58Prenons l'exemple de la guerre en Ukraine.
02:00Le baril est monté à 130 dollars, donc au début de la guerre.
02:03Après, il est tombé à 82 dollars, un peu comme aujourd'hui.
02:05Pourtant, l'inflation en France est restée entre 4 et 5 % jusqu'en 2023.
02:10Donc les effets sont induits.
02:12Donc il ne faut pas aller trop vite en besogne.
02:13Et alors, a fortiori, si le baril ne baisse pas vraiment et qu'il repart à la hausse de main,
02:16il faut quand même rester très prudent.
02:17Alors je reste quand même sur le baril et sur ce que l'on paye à la pompe francboisise.
02:21Est-ce que ceux qui nous regardent ce soir peuvent espérer quand même,
02:24alors je ne sais pas, vous allez nous dire, à l'échelle de quelques jours, quelques semaines,
02:29de voir franchement le prix de l'essence et du gasoil baisser ?
02:32Je ne voudrais pas doucher vos espoirs, Maxime,
02:34mais pour une fois, je vais même être d'accord avec Marc.
02:36Pour une fois, ces deux-là sont d'accord.
02:40Tout simplement parce qu'il y a plusieurs éléments qui entraînent de compte.
02:43Donc le premier, c'est qu'il ne faut quand même pas qu'on oublie qu'à chaque fois que
02:45nous allons à la pompe
02:46pour acheter de l'essence, le prix du pétrole brut n'est qu'une part marginale du litre d'essence.
02:52Il faut déjà enlever 60% de TICPE, de taxes sur les produits pétroliers et de TVA.
02:56Et ensuite, le pétrole, il faut le raffiner, ce qui a un coût.
02:58Et le coût du raffinage ne bouge pas.
02:59Donc quand le prix du baril baisse, comme l'a observé, comme le dit l'Isa,
03:03tombe à 83 dollars, la part qui va être répercutée sur le prix du litre d'essence
03:09que nous allons, nous consommateurs, acheter est finalement minoritaire.
03:12– Non mais attendez, d'accord Franck, mais quand même, là on est à 83 dollars.
03:16Il y a quelques semaines, en plein cœur de la guerre, on est monté à quoi ?
03:19À 115, quasiment 120 dollars ?
03:20– 126 au maximum.
03:21– 126 dollars le baril.
03:22À un moment donné, quand vous perdez 43 dollars le baril,
03:26vous ne pouvez pas m'expliquer que ça va être marginal à la pompe, Franck Boisville ?
03:28– Je vais vous l'expliquer, Maxime Switek, d'une autre manière.
03:31C'est que demain, tous les navires, les 600 qui sont aux alentours du détroit d'Hormuz
03:36ne vont pas reprendre leur trafic habituel.
03:39La plupart des assureurs, par exemple, nous avons contacté à Libération,
03:42nous disent, nous maintenant nous surprimes
03:45parce que nous considérons que le risque sur le détroit d'Hormuz est élevé.
03:48Et donc, la raréfaction du trafic venant du détroit d'Hormuz
03:52pour, je vous le rappelle quand même, 25% à peu près des ressources pétrolières
03:56que nous consommons qui viennent du détroit d'Hormuz,
03:58le pétrole va continuer à être rare.
04:00Donc, même à 83 dollars, avec une hausse du prix des assurances,
04:03le raffinage qui demeure, les stocks qui ont été constitués à 100 ou 110 dollars,
04:07quand vous ferez votre plat, Maxime, la semaine prochaine,
04:10il y a fort à parier que le prix n'aura pas varié de manière significative.
04:14– La semaine prochaine, d'accord, ok.
04:15Mais dans les semaines qui suivent, il y a un moment donné où ça va baisser.
04:19– Bien sûr, bien sûr, on a un impact.
04:20– Il me semblait qu'il y avait une espèce de règle, entre guillemets,
04:24que quand le prix du baril baisse de 10 dollars,
04:27on pouvait quand même espérer avoir, effectivement,
04:30une baisse de quelques centimes à la pompe.
04:32– Alors, pour l'instant, on l'a déjà, ça commence déjà.
04:34– Voir de 10 centimes, 10 dollars, 10 centimes, ça ne marche pas comme ça ?
04:36– Il y a eu 9 centimes de baisse depuis, effectivement,
04:38la baisse des prix du pétrole de ces dernières semaines,
04:40donc il y a quand même eu un impact.
04:41Mais ce qui est vraiment rageant, il faut le dire quand même pour les Français,
04:43c'est que quand on a eu, au début de la guerre,
04:45la hausse des cours du baril, là, la hausse était instantanée sur les prix à la pompe.
04:49– Immédiate.
04:49– Et là, on nous dit, parce qu'en fait, on a acheté le pétrole à un prix élevé,
04:53donc on ne peut pas répercuter, donc il y a un petit problème.
04:55– Mais par contre, c'est clair qu'à moyen terme,
04:58si le baril continue de baisser, bien sûr qu'on aura un impact à la pompe,
05:01ça c'est inévitable.
05:02Mais n'oublions pas qu'il n'y a pas le pétrole,
05:03il y a d'autres matières premières, par exemple l'électricité,
05:06là on a des tarifs régulés qui augmentent également,
05:09plus l'ensemble des matières premières.
05:10Donc c'est là où, même si je pense que le baril va baisser,
05:12on l'espère tous, et il y aura donc une conséquence sur les prix à la pompe
05:15qui sera malheureusement limitée à court terme,
05:17mais le reste c'est que les autres produits vont continuer d'augmenter malheureusement.
05:21– Lisa, à combien sont les carburants ce soir, essence et gasoil ?
05:25– Sans plomb 98 est à 2,03 euros, le sans plomb 95 à 1,99 euros,
05:30et le gazole à 1,98, il a enfin repassé sous la barre des 2 euros.
05:34– Si, si, le gazole par exemple est repassé sous la barre des 2 euros aujourd'hui.
05:37– Le gazole mais l'essence.
05:39– Si, si on était à 2,5 euros, on était à 1,60 pour le litre de gazole.
05:46– Là où c'est grave, parce qu'on parle de 1,60 litres de gazole,
05:49on est à 60 dollars le baril.
05:51– On parle de l'essence là, on parle d'hydrocarbures,
05:54mais ce qu'il faut voir c'est les engrais.
05:57Là, les agriculteurs, je peux vous dire, ils tirent la langue.
06:00Alors en France, comme partout ailleurs en Europe,
06:03en Afrique, c'est une catastrophe, parce que les semis, vous les avez faits par définition
06:08il y a quelques mois, et les récoltes, vous allez les faire au deuxième semestre.
06:13Et les récoltes vont être catastrophiques.
06:16Donc vous allez avoir des pays en Afrique qui vont subir le contre-coup,
06:21y compris d'ailleurs en Europe et en France.
06:24Vous avez énormément d'agriculteurs, en plus dans une situation agricole
06:27quand même guerre reluisante, qui vont payer les conséquences,
06:31parce que les deux grandes conséquences de cette crise au Moyen-Orient,
06:35c'est les hydrocarbures et les engrais, et les intrants.
06:38Parce que vous avez 30% des engrais dans le monde, 35% qui viennent du Moyen-Orient.
06:44– D'ailleurs ce qu'on appelle l'indice CRB, c'est toutes les matières premières confondues,
06:47c'est intéressant de voir.
06:48Et donc là, malgré la baisse du pétrole, ça reste élevé.
06:50Donc vous voyez que c'est bien diffus malheureusement dans le temps,
06:53donc il ne faut pas casser l'ambiance.
06:54– On verra dans une seconde quand même,
06:56parce que Trump ce soir promène une réouverture complète d'Hormuz vendredi,
06:59on en parle avec l'Église Gosset dans une seconde.
07:02Simplement, on peut refaire tous les calculs que l'on veut,
07:04je me mets à la place des téléspectateurs qui nous regardent,
07:07et où on leur dit, oui le prix du baril a effectivement baissé,
07:09on est passé de 126 au pire de la guerre à 83 dollars, etc.
07:12Alors certes c'est plus qu'avant la guerre, blablabla, très bien.
07:15Mais vous arrivez à leur expliquer ce soir,
07:17à leur place je deviendrai dingue,
07:19qu'en réalité il n'y aura pas de conséquences à la pompe pour l'instant.
07:23– Il y a de quoi effectivement avoir des égards d'estomac,
07:25sachant que comme on l'a dit tout à l'heure,
07:27la baisse s'il y a, de toute façon elle sera,
07:30un, limitée, deux, décalée dans le temps.
07:32Et ce que vous soulignez tout à l'heure Maxime,
07:33c'est-à-dire le fait que quand ça augmente, ça augmente très vite,
07:35et quand ça baisse il y a un temps d'inertie
07:37qui est effectivement assez agaçant.
07:39La nature humaine est ainsi faite que le pétrole c'est un marché.
07:41Un marché c'est animé par des traders.
07:42Et les traders, ils jouent à la hausse et à la baisse,
07:45notamment à Genève, dans ces grandes sociétés de trading pétroliers.
07:48Et bien entendu, quand ils jouent à la hausse,
07:49ils jouent très rapidement puisque leur gain est indexé sur la hausse.
07:52Tandis que quand ils jouent le pétrole à la baisse,
07:54leurs gains sont moins importants quand ils jouent à la baisse.
07:57Donc il y a une capacité ou une volonté de la part de ceux
08:00qui négocient le pétrole tous les jours par millions de tonnes
08:03de retenir, si j'ose dire, la baisse du prix du pétrole.
08:07Ulysse Gosset, Hormuz va rouvrir vendredi.
08:10C'est ce que nous dit Donald Trump ce soir depuis Evian, depuis le G7.
08:14Qu'est-ce qu'on fait de cette déclaration-là ? C'est impossible ?
08:16C'est un vœu pieux et d'autant plus que même aux États-Unis,
08:19des experts de la Maison-Blanche disent en off à la presse américaine
08:23que ça prendra au moins deux semaines.
08:24Et une chaîne comme CNN parle de 30 jours.
08:28En fait, ce qui est important, c'est qu'il n'y a pas de confiance.
08:32On voit d'abord que l'accord, il est toujours secret.
08:34On ne sait pas exactement ce qu'il y a dedans.
08:35Ce n'est même pas un accord complet, c'est un mémorandum
08:38préparant un éventuel accord.
08:40Et il y a deux mois de négociations sur les questions les plus dures,
08:43c'est-à-dire le nucléaire en particulier.
08:45Et donc, finalement, les marchés sont prudents.
08:48Et que finalement, pourquoi faire baisser le prix
08:51alors que peut-être le baril va remonter
08:53s'il y a de nouvelles attaques de l'un ou de l'autre
08:56ou si les négociations échouent ?
08:57Imaginez que demain, il n'y ait pas d'accord sur, par exemple,
09:01le fameux stock d'uranium enrichi.
09:04Les marchés vont réagir et le baril va remonter.
09:06Donc, ce manque de confiance, d'abord entre les deux,
09:09entre l'Iran et les États-Unis, il est là.
09:11Donc, ça ne facilite pas non plus le dialogue.
09:13Et ça explique que, malheureusement,
09:15il ne faut pas s'attendre à des baisses spectaculaires
09:17dans les semaines qui viennent
09:18et qu'il y a une période qui va durer au moins 60 jours d'incertitude
09:22et peut-être même plus jusqu'à la fin de l'année.
09:25Il ne faut pas s'attendre à ce que le détroit d'Hormuz retrouve un cours normal,
09:28si j'ose dire, avant le début de l'année prochaine.
09:31– Marc Toiti, est-ce que ce soir, le scénario noir de Toiti,
09:35j'appelle ça comme ça, vous étiez venu nous raconter…
09:38– Le signe noir.
09:39– Oui, ce n'est pas encore le signe noir.
09:41– Non, mais vous étiez venu nous dire, il y a quelques semaines,
09:44qu'en réalité, on allait tout droit vers 4-5% d'inflation d'ici la fin de l'année.
09:46– 4% d'inflation, tout à fait, mais ça, je maintiens.
09:49– C'est-à-dire que ce qui se passe là, ce soir, ne change rien à la donne.
09:51– Quand je suis venu ici même, rappelez-vous, Maxime,
09:52je suis venu ici même, l'inflation était à 1,8%.
09:55Le gouverneur de la Banque de France disait,
09:56bon, on va monter à 2, mais pas plus.
09:58Moi, je vous avais dit, on va aller monter à 4.
09:59Nous sommes aujourd'hui à 2,8 en France, norme Eurostat,
10:023,2% dans la zone euro.
10:05Malheureusement, on va aller, effectivement, dans ces 4% d'inflation.
10:08Par contre, la bonne nouvelle, c'est que,
10:09d'ailleurs, là aussi, je m'inscrivais en faux,
10:11c'est que beaucoup de coups disaient, le baril va monter à 200 dollars.
10:13Non, il ne peut pas monter à 200 dollars,
10:15parce que s'il dépasse les 150 dollars, ça casse l'activité mondiale.
10:18Donc, après, le baril baisse.
10:19Donc, c'est ça, entre guillemets, le drame, c'est que le mal est déjà fait.
10:22C'est-à-dire qu'on a déjà un ralentissement qui est là.
10:24Et puis, si on prend le cas de la France, ne l'oubliez pas,
10:26la situation était déjà catastrophique avant la guerre.
10:30C'est-à-dire qu'on avait des faillites d'entreprises
10:32qui atteinaient déjà des sommets historiques.
10:34Le chômage, catastrophique, frangoisiste, dit préoccupant.
10:38C'est normal, voilà, c'est une vision du monde.
10:40Encore une fois, moi, je suis pour le réalisme.
10:41Mais regardez, ce n'est pas moi qui le dis.
10:43Je ne suis pas pour l'utopie, mon cher Marc.
10:45C'est pas moi non plus.
10:46C'est vrai qu'il y a quelques temps, justement,
10:47vous aviez raison de dire,
10:48c'était perçu comme un scénario assez catastrophiste, va-t-on dire ?
10:52Mais regardez les chiffres, les annonces de Bercy,
10:55les annonces de la Banque de France,
10:57les annonces de la direction du Trésor.
10:58Il y a une note interne à fuiter en disant,
11:02ben oui, le déficit public va être bien plus élevé que prévu.
11:03C'est la croissance aussi qui va...
11:05Exactement, la croissance...
11:06La Banque centrale avait prévu que si on avait un baril à 140 dollars,
11:13je crois, la croissance baisserait,
11:15qui était prévue à 0,9,
11:19elle serait à 0,3.
11:20C'est terrible, avec des conséquences sur...
11:22Mais là, on n'a pas le baril à 140.
11:24Non, mais justement, c'est ça le problème,
11:25c'est qu'on est déjà à 0,3% de croissance,
11:26mais je vous donne un exemple simple.
11:27Non, on n'est pas à 0,3%.
11:28Non, non, c'est ma prévision.
11:30Mais vous verrez, on lissera, comme sur l'inflation,
11:32on reviendra, on refera le signe.
11:35Non, non, pas du tout, parce que moi,
11:36encore une fois, je ne suis pas...
11:37Bon, je suis le seul économiste en France,
11:38depuis 30 ans que je fais ce métier,
11:39à faire le bilan de mes prévisions chaque année.
11:41Je dis, voilà, il y a un an, on avait dit ça,
11:42là, on avait raison, il y a 8 heures.
11:43L'année dernière, j'ai fait 2 heures de prévision sur 30.
11:45Donc, bon, voilà, mais encore une fois,
11:47moi, je ne suis pas pessimiste,
11:48moi, je suis optimiste.
11:49C'est vrai qu'en 2009, par exemple,
11:51Franck peut en témoigner,
11:52je tiens à l'heure à dire que ça allait redémarrer.
11:53Donc, quand il y a des bonnes nouvelles,
11:55il faut les donner.
11:56Là, aujourd'hui, voilà,
11:57que le baril baisse, effectivement, tant mieux,
11:58mais on a quand même une situation dramatique.
12:00Je vous donne un exemple très simple pour comprendre.
12:01Les entreprises qui ont fait faillite, là,
12:03et on a eu notamment 71 grandes entreprises,
12:07ce qu'on appelle des ETI,
12:08entreprises de taille intermédiaire,
12:09c'est-à-dire entre 250 et 5 000 salariés,
12:11qui ont fait faillite.
12:12Donc, maintenant que le baril est à 83 dollars,
12:14elles ne vont pas renaître de leur cendre.
12:16Elles ont fait faillite.
12:17Donc, derrière, il y a du chômage.
12:18Donc, c'est-à-dire que là aussi,
12:19on aura une latence, malheureusement.
12:21Et ce qui m'inquiète,
12:22c'est les taux d'intérêt qui sont en train d'augmenter.
12:25Et parallèlement, ça veut dire
12:26que ça va aggraver la situation.
12:27– Attends, j'aimerais que tous les deux,
12:28vous vous mouilliez sur le prix.
12:30– Oui, oui, mais il n'y a pas de problème.
12:31– Sur le prix du carburant.
12:32Quand Lisa, ce soir, nous annonce un prix du litre
12:35autour de 2 euros.
12:37– 1,98 à 1,99.
12:39– Voilà.
12:39– Bravo.
12:40– Si les choses en restent là,
12:43c'est-à-dire que si Trump, d'une certaine manière,
12:45a raison que dans les semaines qui viennent,
12:47on arrive à faire passer du pétrole dans Hormuz,
12:49Hormuz rouvre, il y a des négociations qui s'enclenchent,
12:52ça prend du temps, etc.
12:53Très bien, mais on y est.
12:54Dans un mois, premier grand départ en vacances
12:57pour la mi-juillet.
12:58Qu'est-ce qu'on peut espérer ?
12:59Qu'est-ce que vous pouvez dire aux téléspectateurs
13:01qui nous regardent ?
13:01D'un prix du litre du carburant autour de 2 euros,
13:05qu'est-ce qu'on peut espérer dans un mois ?
13:07– On va se mouiller, on va sauter à l'eau.
13:10Et comme on dit Marc, on fera le bilan après.
13:12Vu le temps d'inertie qu'on a évoqué tout à l'heure
13:15autour de cette table,
13:16je pense qu'il serait illusoire d'imaginer une baisse
13:19au début du mois de juillet
13:22supérieure à 8 à 10 centimes.
13:24– Oui, je pense qu'on se retourne...
13:25– Donc quand même, on peut revenir à quelque chose
13:27autour d'un euro de 90 le litre ?
13:28– 1,95, je pense qu'on sera autour de ces niveaux-là.
13:31– Non, bien, 1,95, ça fait 3 ans.
13:32– Ça sera très limité, parce qu'encore une fois,
13:34il y a beaucoup d'incertitudes.
13:35Et moi, ce qui m'inquiète, c'est que la dernière fois,
13:37on avait eu ça, souvenez-vous,
13:38quand Donald Trump avait annoncé
13:40« ça y est, c'est bon, on a trouvé un accord, tout va bien ».
13:42Le baril a chuté en quelques heures, voilà, 82 dollars.
13:45Quelques jours plus tard, il était remonté à 110, 120.
13:48Donc ça peut évidemment...
13:49C'est quand même très, très volatile.
13:51Donc oui, on peut descendre à 1,90, va-t-on dire,
13:54mais il ne faut pas rêver, on n'ira pas beaucoup plus bas.
13:55Ou alors, effectivement, si ça continue,
13:58plutôt à l'automne prochain.
13:59– Un point peut-être révélateur, Maxime,
14:02pour Libération, on a interrogé Total
14:03pour savoir s'ils maintenaient le plafonnement de leurs prix,
14:06puisque Total est un pétrolier
14:08qui plafonne ces prix.
14:09Et au moment où on se parle,
14:11il n'était pas question que ce plafonnement soit revu.
14:14Et leur propos est de dire,
14:15on le maintient tant que dure la crise,
14:17sans limitation de temps.
14:18Ça me semble être...
14:19– On pourrait en être joué dans la crise.
14:20– Ça me semble être un signal faible, néanmoins,
14:23du fait que le prix de l'essence
14:25ne va pas varier significativement.
14:26– Attends, une petite question, Yves Tréard.
14:28On a cru comprendre que demain,
14:30un certain nombre de distributeurs de carburant
14:32étaient à nouveau invités par le gouvernement.
14:34Enfin, invités ou convoqués,
14:34je ne sais pas comment décrire ça,
14:36par le gouvernement.
14:37Convoqués, c'est le...
14:38– Ça me semble plus juste.
14:39– Ça me semble plus juste.
14:40Mais que peut faire le gouvernement là-dessus ?
14:42Comment est-ce qu'il peut agir ?
14:43– Il ne peut rien faire.
14:45– Merci, Yves Tréard.
14:46– À bientôt.
14:47– Réalisme.
14:48– À bientôt.
14:49– Il ne peut absolument rien faire.
14:50Ce sont des boîtes qui sont des boîtes totales,
14:52qui est la plus importante,
14:53et toutes les autres sont des boîtes privées,
14:55ou étrangères,
14:56et ils ne vont pas,
14:57pour faire plaisir au gouvernement,
14:59du jour au lendemain,
15:00baisser leur prix.
15:00Déjà, Total,
15:02je laisse de côté,
15:03tout le côté des bénéfices records,
15:06enfin, tout ce qu'on a entendu,
15:06les surplus, machin.
15:08– C'est difficile de le laisser de côté,
15:10quand même.
15:11– Non, non, mais d'accord,
15:12mais déjà, Total,
15:13depuis le début de la crise,
15:13il faut le répéter.
15:15Total a plafonné ses prix à la pompe.
15:18Ils n'étaient pas obligés de le faire.
15:19Ils l'ont fait, évidemment,
15:20pour des raisons d'image.
15:21On n'est pas complètement naïfs.
15:23– Et pour éviter peut-être,
15:25quand j'y arrive, une surtaxe.
15:26– Oui, oui, d'accord,
15:27mais je ne crois pas
15:28que le gouvernement puisse faire
15:29quoi que ce soit.
15:30– Ah, c'est incroyable, quand même,
15:32parce que, bon, tout à l'heure,
15:33Franck le disait,
15:33c'est qu'on a quand même
15:34quasiment 60% de taxes.
15:36Donc, c'est vrai,
15:37c'est toujours intéressant
15:38de trouver un bouc émissaire,
15:39de mettre sur le dos, etc.
15:40Bon, Total qui a fait des efforts.
15:41Mais là, si le gouvernement
15:42voulait réagir,
15:43voulait donner un petit coup de pouce,
15:45c'est celui qui faut réagir.
15:45– C'est celui qui faut réagir.
15:46– À réduire certaines taxes,
15:48quitte à réduire d'autres dépenses publiques,
15:49etc.,
15:49ou les co-taxes, etc.
15:51Donc, c'est ça,
15:51je trouve ça un petit peu dangereux.
15:53C'est-à-dire qu'on vient de se débat
15:54à chaque fois,
15:55où finalement,
15:55le gouvernement se débat
15:56– Le gouvernement…
15:56– C'est pas à cause de moi,
15:57– Oui, mais le gouvernement,
15:58je sais que depuis le début
15:59de cette crise…
15:59– Il prend 60% de prix à l'économie.
16:01– Depuis le début de cette crise,
16:01Marc, vous réclamez une baisse des taxes.
16:03Depuis le début de cette crise,
16:04Sébastien Lecornu,
16:04et le gouvernement,
16:05vous répondent non.
16:05– Oui, moi, j'ai bien compris, bien sûr.
16:06– Ça n'arrivera pas.
16:07Il y a eu des aides
16:08pour les gros rouleurs.
16:09Personne n'a encore rien touché.
16:10Et là, peut-être que le baril
16:11va baisser un tout petit…
16:11Enfin, le prix du litre
16:13va peut-être baisser un tout petit peu.
16:14en question les aides.
16:14– Non, non, ils ne remettent pas…
16:15Non, non, les aides
16:16qui ont été promises,
16:17elles seront versées.
16:19Mais d'une certaine manière,
16:20Sébastien Lecornu
16:21qui gère et qui vérifie
16:23et qui surveille
16:23les caisses de l'État,
16:24il a eu raison de faire le doron
16:26et de dire on attend,
16:27on attend, on attend.
16:28– Non, le problème
16:28sur les caisses de l'État,
16:29c'est que malheureusement,
16:30effectivement,
16:30il y a un dérapage
16:31du déficit public.
16:32Encore une fois,
16:32c'est la direction du Trésor
16:33qui le dit,
16:34mais ce n'est pas moi.
16:34– Mais un dérapage
16:35du déficit public
16:35par qui a une moindre rentrée fiscale
16:38si ce qu'on est en difficulté.
16:39– Oui, c'est ce que j'ai évoqué,
16:40c'est qu'effectivement,
16:41il y a une erreur
16:41sur la croissance qui avait été annoncée.
16:43Le gouvernement également,
16:44n'oublions pas,
16:44dans le budget 2026,
16:46a augmenté les dépenses publiques,
16:48a augmenté également les impôts,
16:49mais on sait très bien
16:50que ça va casser
16:51trop d'impôts tue l'impôt,
16:52ça va casser l'activité économique.
16:53Il y a le problème
16:54de la réforme des retraites
16:55qui avait également été décalé.
16:56Tout ça, on le savait déjà,
16:58si vous voulez.
16:59Simplement,
16:59il y avait une sorte d'enjolivement
17:00où on disait
17:00non, tout va bien,
17:01ne vous inquiétez pas,
17:02ça va se réduire.
17:03Moi, j'annonçais effectivement
17:04que ce déficit public
17:04allait être bien plus élevé
17:05que prévu.
17:06Mais encore une fois,
17:06c'est la direction du Trésor
17:07qui le dit.
17:07Parce qu'il y a également
17:08un autre élément important,
17:09c'est les taux d'intérêt
17:10qui ont augmenté.
17:11Et vous savez que l'État français
17:12s'endette à taux d'intérêt variable
17:14indexé sur l'inflation.
17:15Donc quand l'inflation augmente,
17:16l'État français paye automatiquement
17:18très vite,
17:19beaucoup plus cher.
17:20Et donc cette année,
17:21la charge d'intérêt de la dette
17:22va atteindre 75 milliards d'euros.
17:24Ça sera le premier poste budgétaire.
17:26C'est énorme.
17:26Et dans quelques années,
17:27direction du Trésor également,
17:28mais j'invente rien.
17:29Plus de 100 milliards d'euros
17:31juste pour la charge d'intérêt de la dette
17:32sur une année.
17:34Vous vous rendez compte ?
17:34Donc c'est ça qui aujourd'hui
17:35est extrêmement dangereux.
17:36D'où ce dérapage.
17:37Moi, je suis d'accord avec vous,
17:38il fallait mieux tenir
17:39le cordon de la bourse
17:39et justement réduire certaines dépenses,
17:41notamment les dépenses de fonctionnement
17:42qui, elles, continuent d'augmenter.
17:44Franck, l'économiste talentueux
17:46que vous êtes, Marc,
17:47c'est très bien que pour juguler l'inflation,
17:48il n'y a pas 50 solutions.
17:49C'est la hausse des taux d'intérêt
17:51qui permet de juguler cette inflation.
17:52Si l'inflation est due à la demande.
17:53Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
17:54Quant à la baisse des taxes sur l'essence,
17:57n'oubliez pas un truc,
17:57ces six baisses des taxes, il y a,
17:59c'est une baisse qui profite à tout le monde,
18:00les plus aisés comme les moins aisés,
18:02alors que l'aide aux gros rouleurs
18:03ou les aides sectorisées
18:04qui ont été accordées
18:05ont été accordées à ceux
18:07qui en avaient manifestement le plus besoin.
18:09C'est-à-dire que le gouvernement
18:10n'avait pas le choix,
18:10il ne pouvait faire que ce type d'aide,
18:12il ne pouvait pas faire du quoi qu'il en coûte.
18:14Du quoi qu'il en coûte, c'est terminé.
18:15Oui, au-delà du prix de l'essence
18:17qui est très important,
18:18il faut rappeler que au G7 ce soir
18:19et demain, l'un des grands sujets,
18:21c'est l'économie mondiale.
18:23Donc les conséquences, évidemment,
18:25de la crise avec l'Iran,
18:26mais surtout les déséquilibres,
18:28c'est-à-dire, par exemple,
18:29la puissance chinoise,
18:31dont on parle peu,
18:32et les taxes douanières
18:33dont Trump a reparlé ce soir.
18:35Il n'a pas oublié
18:36les 100% de taxes pour l'Iran.
18:38Ce que je veux dire par là,
18:39c'est que, oui,
18:40le prix de l'essence,
18:41c'est fondamental pour les automobilistes,
18:42mais là, il y a des enjeux globaux
18:44qui sont majeurs,
18:45qui sont discutés.
18:46Est-ce qu'on arrivera, par exemple,
18:47à amadouer Trump sur les taxes,
18:49les Chinois avec les voitures électriques
18:51qui arrivent massivement,
18:52et la question des métaux critiques,
18:55des terres rares
18:56qui alimentent tous les téléphones portables,
18:58les ordinateurs, etc.
18:59Il y a des sujets majeurs
19:00qui seront abordés à Evian.
19:011,90 €.
19:03Autour d'1,90 €.
19:04Rendez-vous dans un mois.
19:06On vous reconvoquera.
19:07Si la guerre n'est pas oubliée,
19:09si là, parce que là, évidemment,
19:10ça sera complètement du tout.
19:11Merci en tout cas à tous les six.
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