00:00Lisa, question grave ce soir, où en est le cours du baril ce soir ?
00:02On est à 83 dollars.
00:0483 dollars ?
00:05Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu ça.
00:06Ça faisait très longtemps qu'on n'avait pas vu ça.
00:08Ça veut dire que, Marc-Totit, tout le monde peut se détendre ce soir ?
00:11Alors, attention, sois prudent.
00:12C'est-à-dire qu'avant, effectivement, le conflit, le baril était à 70 dollars.
00:16Donc, on n'est pas encore.
00:17Si on regarde en fin d'année, on était même l'année dernière,
00:20donc il y a quelques mois, on était à 61 dollars.
00:22Donc, même à 83 dollars, ça reste cher.
00:24Donc, ça veut dire qu'il y a quand même toujours cette inquiétude.
00:26Surtout, le vrai danger, c'est que, justement,
00:28si on avait un espoir de paix définitive, etc.,
00:30je pense que ça aurait pu baisser bien davantage.
00:33Ça ne baisse pas jusque-là,
00:35puisque, justement, il y a encore beaucoup d'incertitudes.
00:37Et puis, surtout, n'oublions pas qu'il y a eu beaucoup d'infrastructures
00:39qui ont été détruites dans les pays du Moyen-Orient,
00:43notamment, du Golfe, précisément.
00:44Donc, ça va prendre du temps, plusieurs mois, voire une année,
00:47certains l'évoquent.
00:47Donc, on ne pourra pas retrouver un niveau normal.
00:50Autre élément important, les réserves stratégiques.
00:52Beaucoup de pays, notamment les États-Unis,
00:53ont utilisé leurs réserves de pétrole.
00:55Et également, évidemment, en Europe.
00:56Donc, ce qui veut dire qu'à ce moment-là, il va falloir les reconstituer.
00:59Avant de retrouver une situation normale, ça va prendre du temps.
01:02Et puis, après, le vrai enjeu sur l'inflation au sens large,
01:05c'est que, là, jusqu'à présent, on a eu ce qu'on appelle les effets de premier tour,
01:08c'est-à-dire l'inflation énergétique.
01:10On en a parlé ici même.
01:11Maintenant, on a les effets de second tour.
01:13Ça veut dire les engrais, les matières premières, etc.
01:16Et après, il y a les effets de troisième tour,
01:18c'est-à-dire sur les biens et services divers et variés.
01:21Prenons l'exemple de la guerre en Ukraine.
01:23Le baril est monté à 130 dollars, donc au début de la guerre.
01:25Après, il est tombé à 82 dollars, un peu comme aujourd'hui.
01:28Pourtant, l'inflation en France est restée entre 4 et 5 % jusqu'en 2023.
01:33Donc, les effets sont induits.
01:35Donc, il ne faut pas aller trop vite en besogne.
01:36Alors, a fortiori, si le baril ne baisse pas vraiment et qu'il repart à la hausse de main,
01:39il faut quand même rester très prudent.
01:40Alors, je reste quand même sur le baril et sur ce que l'on paye à la pompe francboisise.
01:44Est-ce que ceux qui nous regardent ce soir peuvent espérer quand même,
01:47alors je ne sais pas, vous allez nous dire,
01:49à l'échelle de quelques jours, quelques semaines,
01:52de voir franchement le prix de l'essence et du gasoil baisser ?
01:55Je ne voudrais pas doucher vos espoirs, Maxime,
01:57mais pour une fois, je vais même être d'accord avec Marc.
01:59Pour une fois, ces deux-là sont d'accord.
02:03Tout simplement parce qu'il y a plusieurs éléments qui entraînent de compte.
02:06Le premier, c'est qu'il ne faut quand même pas qu'on oublie
02:07qu'à chaque fois que nous allons à la pompe pour acheter de l'essence,
02:11le prix du pétrole brut n'est qu'une part marginale du litre d'essence.
02:15Il faut déjà enlever 60 % de TICPE, de taxes sur les produits pétroliers et de TVA.
02:19Et ensuite, le pétrole, il faut le raffiner, ce qui a un coût.
02:21Et le coût du raffinage ne bouge pas.
02:23Donc, quand le prix du baril baisse, comme l'a observé,
02:25comme le dit l'Isa, tombe à 83 dollars,
02:28la part qui va être répercutée sur le prix du litre d'essence
02:32que nous allons, nous consommateurs, acheter est finalement minoritaire.
02:35– Non mais attendez, d'accord, Franck, mais quand même,
02:37là on est à 83 dollars, il y a quelques semaines,
02:40en plein cœur de la guerre, on est monté à quoi ?
02:42– Pas 115, quasiment 120 dollars, 126 dollars le baril.
02:45À un moment donné, quand vous perdez 43 dollars le baril,
02:49vous ne pouvez pas m'expliquer que ça va être marginal à la pompe, Franck Boisville.
02:51– Je vais vous l'expliquer, Maxime Switek, d'une autre manière,
02:53c'est que demain, tous les navires, les 600 qui sont aux alentours du détroit d'Hormouz
02:59ne vont pas reprendre leur trafic habituel.
03:02La plupart des assureurs, par exemple, nous avons contacté à Libération,
03:05nous disent, nous maintenant nous surprimes
03:08parce que nous considérons que le risque sur le détroit d'Hormouz est élevé,
03:11et donc la raréfaction du trafic venant du détroit d'Hormouz,
03:15pour, je vous le rappelle quand même, 25% à peu près des ressources pétrolières
03:19que nous consommons qui viennent du détroit d'Hormouz,
03:21le pétrole va continuer à être rare.
03:23Donc même à 83 dollars, avec une hausse du prix des assurances,
03:26le raffinage qui demeure, les stocks qui ont été constitués à 100 ou 110 dollars,
03:30quand vous ferez votre plein, Maxime, la semaine prochaine,
03:33il y a fort à parier que le prix n'aura pas varié de manière significative.
03:37Voilà.
Commentaires