00:00La Grande Matinale sur France Inter
00:05Voici l'édito politique. Patrick Cohen, le premier meeting de Raphaël Glucksmann au doc d'Aubervilliers est une sérieuse entrée
00:13en campagne.
00:14Oui, sérieuse, c'est le mot, avec une salle pleine, 3 à 4 000 personnes, vibrante de Raphaël Président, un
00:19discours présidentiel conjugué au futur,
00:21un fond de scène qui promet de gagner en 2027 et un appel à la mobilisation pour finir.
00:26Il nous reste 10 mois et pas une seconde à perdre à la tribune, pourtant, un homme qui, dans ses
00:31interviews, affirme qu'il ne s'est pas officiellement lancé,
00:34un pas encore candidat, ou comme auraient dit les guignols de l'info, un candidat de dans 3 mois, un
00:40flottement, une étrangeté tactique
00:42qui contraste avec ce que le leader de Place Publique dit de l'enjeu de 2027 et des dangers qui
00:48guettent le pays.
00:48Un enjeu existentiel.
00:50Oui, celui de vivre libre et de vivre en paix, pas moins.
00:54Le prochain président, dit Glucksmann, devra préparer le pays à la menace d'une guerre sur le sol européen.
01:00Quant à la liberté, l'eurodéputé en désigne les ennemis qui brident notre souveraineté et nous tiennent en laisse,
01:05les énergies fossiles, les produits chinois et les technologies américaines qui volent nos données et manipulent nos cerveaux
01:11pour s'extirper de cette oligarchie mondiale.
01:14Glucksmann en appelle à la fierté française, au vrai patriotisme.
01:18Et il voit le grand combat anticapitaliste de notre époque, ce qui s'appelle avoir une bonne gauche.
01:24Et c'était l'un de ses objectifs.
01:25Oui, répondre à ceux qui lui reprochent de n'être pas assez à gauche, voire pas vraiment de gauche, ou
01:29pire, un nouveau Macron.
01:30Raphaël Glucksmann, samedi, s'est appliqué à les faire mentir.
01:33Taxation des plus riches, lutte contre les inégalités, défense de l'école publique,
01:36autant de messages d'amour aux militants socialistes qui, à un moment ou à un autre, devront décider qui sera
01:43le candidat du PS.
01:45Certains de ses adversaires, proches du premier secrétaire Olivier Faure, diront sûrement,
01:48pour faire comme Guy Mollet parlant de Mitterrand, que Glucksmann n'est pas socialiste, mais qu'il a appris à
01:54parler socialiste.
01:55Mais dans les sondages, il est aujourd'hui dans sa catégorie, au milieu d'une douzaine de concurrents de gauche,
02:01l'un des deux seuls candidats à deux chiffres, avec Jean-Luc Mélenchon.
02:05Qu'est-ce qui empêche le parti socialiste de se ranger derrière lui ?
02:08Une direction qui ne se résout pas à se laisser déposséder dans le monde d'avant.
02:13Un premier secrétaire du PS en place depuis dix ans, comme l'est Olivier Faure,
02:17aurait été le candidat naturel et légitime pour un scrutin suprême,
02:21comme l'ont été avant lui François Mitterrand, Lionel Jospin, François Hollande.
02:24Pas ici, pas du tout, mais Olivier Faure ne semble pas renoncer à jouer les premiers rôles.
02:29Un mot enfin pour relativiser les succès d'Estrade.
02:32Un souvenir, le 19 mars 2017, le candidat socialiste Benoît Hamon remplissait Bercy de Benoît Président,
02:39scandé par 20 000 supporters, deux fois plus qu'Emmanuel Macron à la porte de Versailles.
02:45Un mois plus tard, Hamon se ramasse, ne ramasse que 6% des voix, trois fois moins que Jean-Luc
02:51Mélenchon.
02:52La ferveur militante ne dit rien des dynamiques de campagne et des effets de vote utiles à l'approche des
02:57scrutins.
02:58Merci Patrick Cohen.