00:00Et voici l'édito politique, bonjour Patrick Cohen.
00:02Rebonjour.
00:03Ah mais oui c'est vrai, rebonjour.
00:05Les municipales et le parti socialiste dans le piège Mélenchon.
00:08Il ne s'est pas montré depuis dimanche, mais il faut imaginer la jubilation du leader insoumis
00:13devant le sauf qui peut des candidats socialistes.
00:16Fustigé il y a deux semaines par le bureau national du PS pour, je cite,
00:19des propos antisémites intolérables, rejeté comme définitivement infréquentable,
00:25Jean-Luc Mélenchon, en meeting, a bondi le lendemain,
00:28faisait mine de ne pas croire une seconde à la force d'âme de ses anciens camarades.
00:32Ils disent, au deuxième tour non plus il n'y aura pas d'accord.
00:36Alors tout le monde entend, ah ils rompent l'accord.
00:38Penses-tu ? Vous savez ce que c'est, c'est des gros combinards.
00:42Ils ne vont pas nous coûter trop cher je pense à acheter pour le deuxième tour,
00:46là où on les achètera.
00:47Il avait vu juste ainsi fut fait en quelques heures hier,
00:50dans une demi-douzaine de grandes villes,
00:52où la peur de perdre a amené les candidats PS et leur direction à récipicence.
00:57Pas d'accord national, jurait encore dimanche soir Olivier Faure.
01:00Le lendemain à Nantes, Johanna Roland, numéro 2 du parti.
01:03La gauche doit apprendre à se parler et à coopérer.
01:06À Limoges, le socialiste Thierry Miguel,
01:08notre responsabilité doit s'exercer au-delà des blessures.
01:12À Brest, le sortant François Cuyandre,
01:15qui répétait pourtant fusion égale confusion.
01:17Brest est une ville de gauche et qui doit le rester.
01:20Même chose à Toulouse, Clermont-Ferrand, Limoges, Avignon.
01:23Au moins, ces socialistes-là ne se feront pas traiter de petits bourgeois visqueux,
01:28comme Jean-Luc Mélenchon l'avait dit du maire de Saint-Denis,
01:31battu dimanche par un insoumis.
01:32Mais Patrick, l'EPS avait-il le choix ?
01:34Le premier paradoxe, c'est que l'EPS donne l'impression d'un parti aux abois,
01:38alors qu'il a dominé le premier tour dans les grandes villes.
01:405 millions de voix pour la gauche non-mélenchoniste,
01:43d'après les premiers des comptes.
01:44C'est 6 fois plus que les scores de LFI.
01:47Et oui, l'EPS pouvait refuser cette volte-face.
01:49La preuve, à Paris, Marseille, Rennes, Saint-Etienne,
01:53où les candidats socialistes ont fermé la porte à des alliances locales,
01:56surtout à Marseille, seule grande ville qui peut être prise par l'extrême droite,
02:00au risque de perdre, oui.
02:02Mais comment en être sûr ?
02:03Dimanche prochain, lors du second tour,
02:05ce sont les électeurs de toutes ces villes
02:07qui dessineront le tableau de la gauche à un an de la présidentielle.
02:11Si les fusions avec LFI sont victorieuses,
02:13s'il s'avère que le désir unitaire des électeurs de gauche
02:16pèse plus lourd que l'effet repoussoir des insoumis,
02:20alors Jean-Luc Mélenchon aura gagné les grandes mairies.
02:23Il aura retrouvé son ascendant et l'EPS, ses divisions.
02:27Le piège se sera refermé.
02:29Chapeau l'artiste.
02:29Une sortie à saluer, enfin, à droite.
02:32Pierre-Yves Bournazel, le centriste parisien
02:34qui avait construit sa candidature en rupture avec Rachida Dati,
02:38pressé par les chefs du bloc central,
02:40jusqu'au plus haut sommet de l'État.
02:41Il fusionne sa liste avec celle de la candidate à l'air,
02:45mais se retire de la course,
02:46refuse la deuxième place que lui proposait celle dont il se défiait.
02:49« Mon chemin s'arrête là », dit Bournazel.
02:52Lui, au moins, ne fera pas semblant.
02:55Merci Patrick Cohen.