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  • il y a 2 jours
Le QG du rire. 100% humour, 0% stress. Des gags, du fun et de la détente au programme. Abonne-toi pour ne rien rater !

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😹
Amusant
Transcription
00:00:00Seulement cinq personnes savaient que le scénario existait encore, cinq hommes réunis dans un bureau sans fenêtre du 16e arrondissement,
00:00:07trois jours après les finérailles.
00:00:09Le producteur, son avocat, deux représentants du ministère de la Culture et un ancien commissaire devenu consultant.
00:00:17Ils ont brûlé les dernières copies dans une cheminée, page après page, pendant que Paris pleurait son comique préféré.
00:00:23Selon certaines théories, ce film devait sortir à l'automne 1986. Il aurait montré les noms, les visages, les comptes
00:00:32bancaires.
00:00:33Mais aucune archive officielle ne confirme l'existence de ce projet.
00:00:37Mais Coluche est mort le 19 juin, et le projet est mort avec lui.
00:00:41Qui a donné l'ordre de fermer ce dossier ?
00:00:44Pourquoi ce pacte du silence entre des hommes qui, officiellement, ne se connaissaient même pas ?
00:00:49Et surtout, que contenait vraiment ce scénario, pour qu'on efface jusqu'à sa dernière trace ?
00:00:55Ce matin de janvier 1986, Michel Colucci, le vrai nom derrière le masque de Coluche, arrive dans les bureaux de
00:01:03sa maison de production sur les Champs-Elysées.
00:01:05Il tient sous le brun un dossier rouge marqué simplement « Projet C ».
00:01:10Ses collaborateurs racontent qu'il l'était différent ce jour-là.
00:01:13Pas le Coluche des plateaux télé, celui qui crachait sur les costumes-cravates et balançait des vannes assassines.
00:01:19Non. Ce matin-là, il était sérieux, presque solennel.
00:01:23Il a posé le dossier sur la table de réunion et a dit
00:01:27« On va faire le film qui me tuera ou qui me rendra immortel. »
00:01:31Personne n'est ri.
00:01:32Le scénario racontait l'histoire d'un humoriste populaire qui découvre par hasard un réseau de corruption impliquant des élus
00:01:40de premier plan, des hommes d'affaires et des figures du milieu marseillais.
00:01:44Une fiction, officiellement.
00:01:46Mais les initiés savaient que Coluche inspirait de documents réels, de noms réels, de scandales réels, étouffés par les médias.
00:01:54Il avait passé des mois à collecter des preuves, des témoignages, des enregistrements.
00:01:59Son bureau ressemblait à celui du journaliste d'investigation, pas à celui d'une comique.
00:02:05Des chemises, des coupures de presse, des photos floues prises à la sauvette.
00:02:10Il voulait tout mettre dans ce film, tout déballer, faire rire et faire peur en même temps.
00:02:16Mais dès les premières semaines, les ennuis ont commencé.
00:02:20Des coups de téléphone anonymes au milieu de la nuit.
00:02:23Des menaces voilées lors de dîners mondains.
00:02:26Un producteur pressenti pour financer le projet ceste d'ésister du jour au lendemain, prétextant des difficultés budgétaires.
00:02:34Puis un deuxième, puis un troisième.
00:02:37Coluche sentait les taux se resserrer.
00:02:39Il en parlait à ses proches.
00:02:41Ils veulent me faire taire, mais ils ne savent pas à qui ils ont affaire.
00:02:45Il riait, mais son rire sonnait faux.
00:02:48Il avait peur.
00:02:49Pour la première fois de sa vie, le roi de l'insolence avait peur.
00:02:53En mars 1986, il trouve enfin un producteur indépendant prêt à prendre le risque.
00:03:00Le tournage est prévu pour début juillet.
00:03:03Coluche jubile.
00:03:04Il répète ses répliques, travaille son personnage, rencontre les comédiens pressentis.
00:03:09Il veut que ce film soit son chef-d'œuvre.
00:03:11Sa revanche contre tous ceux qui l'ont traité de clown vulgaire.
00:03:15Il veut prouver qu'un type sorti de la banlieue parisienne peut tenir tête aux puissants.
00:03:19Qu'on peut faire rire et réfléchir.
00:03:22Qu'on peut dénoncer sans finir broyé.
00:03:24Mais le 13 juin 1986, six jours avant sa mort, le producteur l'appelle en urgence.
00:03:31Rendez-vous dans un café discret de Montparnasse.
00:03:34Coluche arrive en moto, comme toujours.
00:03:37Le producteur est livide.
00:03:38Il pose une enveloppe Kraft sur la table.
00:03:41À l'intérieur, des photos.
00:03:42Des photos du producteur lui-même, prises à son insu, en compagnie de personnes compromettantes.
00:03:49Des photos qui peuvent détruire sa carrière, sa famille, sa vie.
00:03:53Le message est clair.
00:03:54Le projet s'arrête ici, tout de suite, définitivement.
00:03:59Coluche explose.
00:04:00Vous êtes en train de me dire qu'on abandonne parce que des enfoirés vous font chanter ?
00:04:05Le producteur baisse les yeux.
00:04:07Je n'ai pas le choix, toi non plus.
00:04:09Coluche sort du café en claquant la porte.
00:04:12Il enfourche sa moto et disparaît dans la circulation parisienne.
00:04:16Ce soir-là, il confie à un ami.
00:04:18Ils ont gagné cette manche, mais je trouverai un autre moyen.
00:04:22Je ne lâcherai pas.
00:04:23Il ne savait pas qu'il ne lui restait que six jours.
00:04:26Six jours avant que sa triomphe ne percute un camion sur une route de campagne.
00:04:31Six jours avant que le scénario du projet C ne disparaisse de tous les bureaux,
00:04:35de tous les coffres, de toutes les mémoires, comme s'il n'avait jamais existé.
00:04:41Qui a donné l'ordre ?
00:04:42Qui avait intérêt à ce silence ?
00:04:44Et surtout, ce scénario existe-t-il encore quelque part, caché, attendant d'être découvert ?
00:04:51Certains proches racontent que Coluche était superstitieux.
00:04:55Selon eux, profondément, secrètement superstitieux.
00:04:59L'homme qui se moquait des curés et des politiciens portait toujours sur lui une médaille de Saint-Christophe, patron
00:05:06des voyageurs.
00:05:06Un cadeau de sa mère quand il avait seize ans, au moment de son premier départ pour Paris.
00:05:11Il ne l'enlevait jamais, jamais.
00:05:14Même sous la douche, même sur scène, même au lit.
00:05:18Ses proches en témoignent.
00:05:19Si la chaîne cassait, il paniquait comme un enfant.
00:05:23Il fallait la faire réparer dans l'heure.
00:05:24Cette médaille était son lien avec la vie, son bouclier invisible contre le mauvais œil.
00:05:31Le matin du 19 juin 1986, Coluche se réveille dans sa maison de Montfort-la-Maurie.
00:05:38Il cherche la médaille autour de son cou.
00:05:40Elle n'y est pas.
00:05:42Seul dans sa maison, il fouille frénétiquement la salle de bain.
00:05:46Il retourne la chambre, vide les tiroirs, secoue les draps.
00:05:50Rien.
00:05:51Il cherche partout, comme un homme possédé.
00:05:54La médaille a disparu.
00:05:56Il annule son rendez-vous du matin.
00:05:58Il passe des coups de fil, interroge ses amis.
00:06:00Vous n'avez pas vu ma médaille ?
00:06:02Personne ne comprend pourquoi il est dans cet état.
00:06:05C'est Coluche, le mec qui se fout de tout, qui crache sur les conventions, qui défie les tabous.
00:06:11Et là, il est en train de trembler pour un bout de métal.
00:06:14Mais ceux qui le connaissent vraiment savent que sous l'armure du provocateur se cache un homme fragile, rongé par
00:06:22les doutes, hanté par les prémonitions.
00:06:25Selon des rumeurs jamais confirmées, il aurait consulté une voyante dans le marais.
00:06:30Une femme âgée, discrète, qui ne recevait que ce rendez-vous.
00:06:34Il y allait en cachette, parfois déguisé, toujours en espèce.
00:06:38Cette voyante lui avait dit, trois mois plus tôt, « Je vois un mur. Un mur qui se dresse devant
00:06:44toi.
00:06:44Si tu forces, tu te fracasses. Si tu contournes, tu vis. »
00:06:50Coluche avait ri. « Un mur ? Moi, je défonce les murs, madame. »
00:06:54Elle avait insisté. « Pas celui-là. Celui-là est en béton armé.
00:06:58Et derrière, il y a des hommes qui ne rigolent pas. »
00:07:01Il avait payé et était parti sans un mot.
00:07:04Mais les semaines suivantes, il était retourné la voir.
00:07:08Encore et encore.
00:07:09Comme s'il cherchait à comprendre, à anticiper, à déjouer le destin.
00:07:14La dernière fois qu'il l'a consultée, c'était le 10 juin 1986.
00:07:19Neuf jours avant sa mort.
00:07:21Elle a refusé de lui tirer les cartes.
00:07:24Elle a juste dit, « Arrête ce projet. Arrête-le maintenant. »
00:07:28Il a crié, « Je ne peux pas. C'est trop important. »
00:07:32Elle a murmuré, « Alors protège-toi. Ne sors pas seule.
00:07:36Ne prends pas ta moto. Ne fais confiance à personne. »
00:07:41Il est reparti furieux.
00:07:42Il pensait qu'elle exagérait, qu'elle jouait sur ses peurs pour le manipuler.
00:07:46Mais au fond de lui, une petite voix lui disait,
00:07:49« Et si elle avait raison ? »
00:07:51Le 19 juin, après avoir cherché la médaille toute la matinée,
00:07:55Coluche décide quand même de sortir.
00:07:58Malgré son malaise, il décide de partir quand même.
00:08:01Il a rendez-vous avec des amis à Cannes.
00:08:04Il enfourche sa triomphe, mais ce jour-là, il ne se sent pas invincible.
00:08:09Il se sent nu.
00:08:11Vulnérable.
00:08:11Comme si on lui avait arraché sa peau.
00:08:14Sur la route, Coluche roule vite.
00:08:16Trop vite.
00:08:17Comme s'il fuyait quelque chose.
00:08:19Ou comme s'il courait vers quelque chose.
00:08:22Des témoins racontent qu'il semblait absent.
00:08:24Le regard fixe.
00:08:26Un automobiliste qui l'a croisé ce jour-là confie,
00:08:29il avait l'air d'un homme qui ne voyait plus la route.
00:08:31Qui voyait autre chose.
00:08:33Quelque chose que nous, on ne pouvait pas voir.
00:08:36À 15h15, dans un virage sur la départementale,
00:08:40sa moto percute un camion.
00:08:43Coluche est éjecté.
00:08:45Il meurt sur le coup.
00:08:46Quand la police fouille ses affaires,
00:08:48dans la poche de sa veste,
00:08:50il trouve un papier froissé,
00:08:52une note manuscrite de la voyante du Marais.
00:08:55Juste une phrase.
00:08:56Le métal qui te protège a rompu.
00:08:59Le métal qui te tue approche.
00:09:02Les enquêteurs classent ça comme une curiosité.
00:09:05Une bizarrerie de plus dans la vie excentrique du comique.
00:09:09Mais ceux qui savent,
00:09:10ceux qui ont entendu parler de la médaille disparue le matin même,
00:09:13ceux qui connaissaient ses peurs secrètes,
00:09:16eux, ils frissonnent.
00:09:17Et ils se demandent.
00:09:19Coluche, a-t-il vraiment eu un accident ?
00:09:22Ou a-t-il été victime d'un destin qu'il avait lui-même pressenti ?
00:09:26Et cette médaille, où est-elle passée ?
00:09:28Qui l'a prise ?
00:09:29Pourquoi ce jour-là ?
00:09:31Précisément ce jour-là.
00:09:33Pendant 38 ans, elle s'est tue.
00:09:3638 longues années à porter un secret qui lui brûlait la gorge.
00:09:40Mais aujourd'hui, pour la première fois depuis la mort de Coluche,
00:09:43une femme, appelons-la Sylvie, accepte de parler.
00:09:47Elle affirme avoir été sa secrétaire personnelle de 1983 à 1986.
00:09:53Elle était là, dans l'ombre,
00:09:56à gérer son agenda démentiel,
00:09:58à filtrer ses appels,
00:09:59à taper ses textes.
00:10:01Elle connaissait tout.
00:10:03Les maîtresses,
00:10:04les combines,
00:10:05les embrouilles,
00:10:06les peurs.
00:10:07Et surtout,
00:10:08elle connaissait le projet C.
00:10:10Nous la rencontrons dans un petit appartement de Belleville.
00:10:13Elle a 75 ans aujourd'hui.
00:10:15Les mains tremblantes,
00:10:17le regard fiant.
00:10:18Elle commence par dire
00:10:19« J'ai peur.
00:10:21Encore aujourd'hui,
00:10:22j'ai peur.
00:10:23Mais je ne peux plus me taire.
00:10:25Il faut que les gens sachent.
00:10:27Que la France sache ce qu'on a fait à Coluche. »
00:10:30Elle sort une vieille boîte à chaussures.
00:10:32À l'intérieur,
00:10:33des lettres,
00:10:34des notes,
00:10:36des coupures de presse jaunies.
00:10:37et un document dactylographié.
00:10:40Quinze pages.
00:10:41Le titre
00:10:42« Projet C.
00:10:43Synopsis détaillé. »
00:10:45Elle raconte
00:10:46« Le 13 juin,
00:10:48le jour où le producteur a lâché le projet,
00:10:51Coluche est revenu au bureau comme un fou.
00:10:53Il a tout cassé.
00:10:54La lampe,
00:10:55les cadres,
00:10:57les chaises.
00:10:58Il hurlait.
00:10:59Il m'en tue les enfoirés.
00:11:01Il m'en tue.
00:11:02Puis il s'est effondré sur le canapé
00:11:04et il a pleuré.
00:11:06Coluche pleurait.
00:11:07J'avais jamais vu ça.
00:11:08Il m'a demandé de faire des copies du scénario
00:11:11et de les cacher.
00:11:12Partout.
00:11:13Chez des amis.
00:11:14Chez des avocats.
00:11:15Dans des coffres.
00:11:16Il disait
00:11:17« Si quelque chose m'arrive,
00:11:19il faut que ça sorte quand même.
00:11:21Il faut que la vérité sorte. »
00:11:24Sylvie a donc fait des copies.
00:11:25Sept copies,
00:11:26exactement.
00:11:27Elle les a distribuées
00:11:29selon les instructions de Coluche.
00:11:31Mais après sa mort,
00:11:32quelque chose d'étrange
00:11:34s'est produit.
00:11:35En moins de deux semaines,
00:11:37toutes les copies ont disparu.
00:11:39L'avocat prétend
00:11:40qu'il a reçu l'ordre de la famille
00:11:42de détruire le document.
00:11:44Un ami comédien
00:11:45affirme qu'on a cambriolé son appartement.
00:11:47On n'a pris que ça.
00:11:49Le scénario.
00:11:50Une autre copie
00:11:51était dans un coffre à la banque.
00:11:53Le coffre a été ouvert
00:11:55par un faux mandat,
00:11:56signé par un faux notaire.
00:11:59Quelqu'un cherchait
00:12:00à effacer toute trace.
00:12:02Quelqu'un de puissant.
00:12:03Quelqu'un de méthodique.
00:12:06Sylvie, elle,
00:12:07a gardé sa copie.
00:12:09Elle l'a cachée
00:12:10dans le double fond
00:12:10d'une armoire.
00:12:11Elle ne l'a jamais relue.
00:12:13Elle n'a jamais osé.
00:12:15Pendant des années,
00:12:17elle a vécu dans la terreur
00:12:18qu'on découvre
00:12:19qu'elle l'avait encore.
00:12:20Elle a déménagé cinq fois,
00:12:22changé de numéro,
00:12:24évité les journalistes.
00:12:25Quand les rumeurs
00:12:26sur la mort de Coluche
00:12:28ont commencé à circuler,
00:12:29complots,
00:12:30meurtres déguisés,
00:12:32assassinats politiques,
00:12:33elle a eu envie de parler.
00:12:34Mais à chaque fois,
00:12:35la peur la paralysait.
00:12:37Elle se souvenait
00:12:38de ce qui était arrivé aux autres.
00:12:40Le producteur,
00:12:41ruiné et exilé en Suisse.
00:12:43L'avocat,
00:12:45radié du barreau
00:12:45pour une faute inventée
00:12:47de toute pièce.
00:12:48Le comédien,
00:12:49mort d'une crise cardiaque
00:12:51à 45 ans,
00:12:52nous lui demandons
00:12:53« Pourquoi parler maintenant ? »
00:12:55Elle répond
00:12:55« Parce que je vais mourir bientôt.
00:12:58Les médecins me donnent six mois
00:12:59et je ne veux pas
00:13:01emporter ça dans ma tombe.
00:13:02Coluche mérite la vérité.
00:13:04La France mérite la vérité.
00:13:06Elle nous tend le scénario.
00:13:08Les pages sont fragiles,
00:13:10presque translucides.
00:13:12L'encre a pâli,
00:13:13mais les mots sont encore lisibles
00:13:15et ces mots sont explosifs. »
00:13:18Le synopsis raconte
00:13:19l'histoire d'un comique
00:13:20populaire,
00:13:21transparente référence
00:13:22à Coluche lui-même,
00:13:24qui découvre
00:13:25un réseau
00:13:25de blanchiments d'argent
00:13:26impliquant des ministres,
00:13:28des maires de grande ville
00:13:30et des figures
00:13:31du banditisme corse.
00:13:33Le personnage principal
00:13:34reçoit par erreur
00:13:36une enveloppe
00:13:37contenant des relevés bancaires.
00:13:39Il commence à enquêter.
00:13:40Il remonte les pistes.
00:13:42Il découvre
00:13:43que la large de la drogue,
00:13:44des casinos illégaux
00:13:46et des marchés publics truqués
00:13:48financent les campagnes électorales
00:13:50de candidats officiels.
00:13:52Il veut tout révéler,
00:13:53mais on le menace.
00:13:55On fait pression sur sa famille.
00:13:57On le suit.
00:13:58On l'écoute.
00:13:59Finalement,
00:14:00le film devait se terminer
00:14:01par un discours du comique
00:14:03à la télévision,
00:14:04en direct,
00:14:05où il balance tout.
00:14:07Les noms,
00:14:08les preuves,
00:14:09tout.
00:14:09Sylvie murmure.
00:14:11C'était un film kamikaze.
00:14:13Coluche savait
00:14:14qu'il ne s'en sortirait pas.
00:14:15Mais il s'en foutait.
00:14:17Il voulait marquer l'histoire.
00:14:18Il voulait montrer
00:14:19qu'un fils de pauvre
00:14:21pouvait faire tomber des puissants.
00:14:23Elle hésite,
00:14:24puis ajoute.
00:14:24Deux jours avant sa mort,
00:14:26il m'a dit,
00:14:27« Sylvie,
00:14:28si je crève demain,
00:14:29tu sauras que c'est pas un accident.
00:14:31Tu le sauras,
00:14:32et tu devras parler. »
00:14:34Je lui ai demandé,
00:14:35« Pourquoi tu dis ça ? »
00:14:37Il a ri.
00:14:37Mais c'était un rire triste.
00:14:39Parce que j'ai touché
00:14:40à quelque chose de trop gros,
00:14:42quelque chose qui me dépasse.
00:14:44Mais je suis allé trop loin
00:14:45pour reculer.
00:14:46Le lendemain,
00:14:47il est mort.
00:14:48Officiellement,
00:14:49un accident.
00:14:50Une faute de conduite.
00:14:52Vitesse excessive.
00:14:53Perte de contrôle.
00:14:55Rien de suspect.
00:14:56Mais Sylvie,
00:14:57elle,
00:14:58ne croit pas à l'accident.
00:14:59Elle nous montre
00:15:00une lettre anonyme
00:15:01qu'elle a reçue
00:15:02trois semaines après les finérailles.
00:15:03Pas de signature.
00:15:05Juste une phrase dactylographiée.
00:15:07Si vous aimez la vie,
00:15:09oubliez ce que vous savez.
00:15:10Elle a obéi pendant 38 ans.
00:15:13Mais aujourd'hui,
00:15:14elle brise le silence.
00:15:16Parce que le temps a passé.
00:15:17Parce que les coupables présumés
00:15:19sont morts ou très vieux.
00:15:21Parce qu'elle n'a plus rien à perdre.
00:15:23Elle nous regarde droit dans les yeux.
00:15:25« Vous allez diffuser ça ?
00:15:26Vous n'avez pas peur ? »
00:15:27Nous lui répondons.
00:15:29« Nous sommes journalistes.
00:15:30Notre métier,
00:15:31c'est de dire la vérité. »
00:15:32Elle soupire.
00:15:34« Alors faites attention.
00:15:36Très attention.
00:15:37Ceux qui ont tué Coluche
00:15:39n'étaient pas des amateurs.
00:15:40Et leurs héritiers sont peut-être encore là,
00:15:42quelque part,
00:15:43à veiller sur leurs secrets.
00:15:45Nous quittons l'appartement
00:15:47avec le scénario sous le bras.
00:15:48Un scénario qui n'aurait jamais dû survivre.
00:15:51Un scénario qui pourrait enfin révéler
00:15:54pourquoi Michel Colucci,
00:15:55dit Coluche,
00:15:57est vraiment mort
00:15:58ce 19 juin 1986.
00:16:00était-ce vraiment un accident ?
00:16:02Ou le prix a payé
00:16:04pour avoir voulu dire la vérité ?
00:16:06Selon certaines estimations
00:16:08jamais confirmées officiellement,
00:16:10Coluche aurait pu posséder
00:16:11au moins 15 millions de francs
00:16:13en 1986.
00:16:15Une fortune colossale pour l'époque.
00:16:17L'équivalent du salaire
00:16:18de 300 ouvriers
00:16:20pendant 10 ans.
00:16:21Il avait des placements,
00:16:22des parts dans les restaurants,
00:16:23une maison à Montfort-la-Maurie,
00:16:25un appartement à Paris,
00:16:27une collection de motos de luxe.
00:16:29Ses spectacles remplissaient les salles.
00:16:32Ses films rapportaient des millions.
00:16:34Ses restos du cœur
00:16:35recevaient des dons astronomiques
00:16:37dont ils contrôlaient
00:16:38une partie de la gestion.
00:16:40Sur le papier,
00:16:41Michel Colucci était riche.
00:16:43Très riche.
00:16:44Pourtant,
00:16:45trois mois après sa mort,
00:16:47quand sa veuve et ses enfants
00:16:48se sont présentés
00:16:49chez le notaire
00:16:49pour la lecture du testament,
00:16:51ils ont découvert
00:16:52une réalité stupéfiante.
00:16:53Les comptes bancaires
00:16:55étaient presque vides.
00:16:56Quelques dizaines
00:16:57de milliers de francs à peine.
00:16:59Les placements,
00:17:00évaporés.
00:17:01Les parts dans les restaurants,
00:17:03revendues à prix cassé,
00:17:04quelques semaines avant sa mort
00:17:06à des hommes d'affaires inconnus.
00:17:08La maison de Montfort,
00:17:09hypothéquée jusqu'au toit.
00:17:11Il ne restait que les meubles,
00:17:13les souvenirs
00:17:14et une montagne de dettes.
00:17:16La famille était sous le choc.
00:17:17Comment un homme
00:17:18qui gagnait des millions
00:17:19pouvait-il mourir
00:17:21quasiment ruiné ?
00:17:22Où était passé l'argent ?
00:17:23Le notaire,
00:17:25visiblement mal à l'aise,
00:17:26a tenté des explications vagues.
00:17:28Monsieur Colucci
00:17:29vivait largement,
00:17:30il donnait beaucoup,
00:17:31il investissait mal.
00:17:32Mais ses justifications
00:17:34ne tenaient pas.
00:17:35Même en vivant
00:17:36comme un pacha
00:17:37et en finançant
00:17:38les restos du cœur,
00:17:39il aurait dû rester
00:17:40plusieurs millions.
00:17:41Quelqu'un avait vidé
00:17:42les coffres,
00:17:43quelqu'un qui savait
00:17:44exactement où chercher.
00:17:45Un ancien comptable
00:17:47de Coluche,
00:17:48qui accepte de témoigner
00:17:49sous couvert d'anonymat,
00:17:50révèle des détails troublants.
00:17:52Selon lui,
00:17:53entre janvier
00:17:54et juin 1986,
00:17:56des virements massifs
00:17:58ont été effectués
00:17:59depuis les comptes
00:17:59personnels de Coluche
00:18:01vers des sociétés
00:18:02offshore
00:18:02basées au Luxembourg
00:18:04et aux îles Caïmans.
00:18:05Des virements
00:18:06de plusieurs centaines
00:18:07de milliers de francs,
00:18:08signés de la main
00:18:09de Coluche,
00:18:10certes,
00:18:11mais dans des circonstances
00:18:12étranges.
00:18:13Le comptable précise
00:18:14« Je n'étais pas au courant. »
00:18:16Jay découvert
00:18:17ses opérations
00:18:18en faisant
00:18:19le bilan posthume.
00:18:20Quand j'ai demandé
00:18:21des explications
00:18:21à son gestionnaire
00:18:22de patrimoine,
00:18:23on m'a répondu
00:18:24de me mêler
00:18:25de mes affaires.
00:18:26Une semaine plus tard,
00:18:28on m'a licencié.
00:18:29Sans préavis,
00:18:30sans indemnité.
00:18:31Mais le plus troublant
00:18:33reste à venir.
00:18:34Parmi les documents
00:18:35bancaires retrouvés,
00:18:36il y a un reçu
00:18:37daté du 12 juin 1986,
00:18:40sept jours avant sa mort.
00:18:42Coluche aurait retiré
00:18:43en liquide
00:18:43la somme
00:18:44de deux millions de francs.
00:18:46Deux millions.
00:18:47Une fortune en billet,
00:18:48retirée d'un coup.
00:18:50Pourquoi faire ?
00:18:51Payer qui ?
00:18:52Le reçu porte le tampon
00:18:53d'une agence bancaire
00:18:54de Genève.
00:18:55Coluche s'est donc rendu
00:18:57en Suisse
00:18:58une semaine avant sa mort,
00:18:59avec une valise
00:19:00pleine d'argent.
00:19:01Personne dans son entourage
00:19:03ne se souvient
00:19:04de ce voyage.
00:19:05Aucun ami.
00:19:06Aucun collaborateur.
00:19:08Comme si ce déplacement
00:19:09n'avait jamais eu lieu.
00:19:10Certains avancent
00:19:11l'hypothèse du chantage.
00:19:12Selon cette théorie,
00:19:14Coluche aurait été
00:19:15contraint de payer
00:19:16pour protéger
00:19:17le projet C
00:19:17ou pour protéger
00:19:19sa famille.
00:19:19Les menaces se multipliaient.
00:19:21Le producteur
00:19:23avait lâché l'affaire.
00:19:24Peut-être que Coluche
00:19:25a tenté un dernier coup.
00:19:27Acheter le silence
00:19:28de certains,
00:19:29négocier un sursis,
00:19:30gagner du temps.
00:19:31Deux millions de francs.
00:19:32C'est le prix d'une vie
00:19:34dans le milieu
00:19:34du grand banditisme.
00:19:36C'est aussi le prix
00:19:37pour faire disparaître
00:19:38un dossier compromettant.
00:19:39Mais l'argent
00:19:40n'a servi à rien.
00:19:41Une semaine plus tard,
00:19:43il était mort.
00:19:44Et cet argent,
00:19:45où est-il passé ?
00:19:47Les enquêteurs
00:19:48n'ont jamais retrouvé
00:19:49les deux millions.
00:19:50Ils ne figurent
00:19:50ni dans la succession,
00:19:52ni dans aucun coffre.
00:19:53Quelqu'un les a empochés.
00:19:55Quelqu'un qui savait
00:19:56que Coluche
00:19:56ne reviendrait pas
00:19:57les réclamer.
00:19:58La veuve,
00:19:59désespérée,
00:20:00a engagé un détective privé.
00:20:02Il a enquêté pendant six mois.
00:20:04Ses conclusions
00:20:05sont accablantes.
00:20:06L'argent a été blanchi
00:20:08via un réseau de casinos
00:20:09en Italie
00:20:10et en Espagne.
00:20:11Impossible
00:20:12de remonter la piste
00:20:13au-delà.
00:20:14Celui ou ceux
00:20:15qui ont organisé ça
00:20:16sont des professionnels.
00:20:18Les enfants de Coluche
00:20:19ont grandi
00:20:20dans une relative précarité.
00:20:22Le mythe voulait
00:20:23que leur père soit richissime,
00:20:24mais la réalité
00:20:25était tout autre.
00:20:27Ils ont dû vendre la maison,
00:20:29liquider les biens,
00:20:30vivre des droits d'auteur.
00:20:31Pendant des années,
00:20:32ils se sont demandés
00:20:33pourquoi papa est-il mort pauvre
00:20:35alors qu'il était riche,
00:20:37pourquoi personne
00:20:38ne nous explique rien,
00:20:39qui a volé notre héritage.
00:20:41Aujourd'hui encore,
00:20:42l'énigme demeure.
00:20:4415 millions évaporés,
00:20:462 millions retirés
00:20:47et jamais retrouvés.
00:20:48Des virements suspects
00:20:50vers des paradis fiscaux.
00:20:51Et un homme mort
00:20:52avant d'avoir pu expliquer.
00:20:54Coluche a-t-il été dépouillé
00:20:56de son vivant
00:20:57par des escrocs
00:20:57profitant de sa naïveté
00:20:59ou a-t-il lui-même
00:21:00organisé ce transfert d'argent
00:21:02pour financer
00:21:02une ultime tentative
00:21:04de révélation ?
00:21:05Une tentative
00:21:06qui a échoué.
00:21:07Et surtout,
00:21:08qui détient aujourd'hui
00:21:09la fortune disparue
00:21:10de l'homme
00:21:11qui donnait à manger
00:21:12aux pauvres ?
00:21:13Dans le coffre
00:21:13d'un avocat parisien
00:21:15désormais décédé,
00:21:16selon certaines sources
00:21:17invérifiables,
00:21:18un document
00:21:19aurait été retrouvé
00:21:20en 2018.
00:21:21Un contrat
00:21:22qui aurait été signé
00:21:23le 15 septembre 1978
00:21:25entre Michel Colucci,
00:21:28dit Coluche,
00:21:29et un certain
00:21:30Paul Lederman,
00:21:31producteur influent,
00:21:33proche des milieux politiques
00:21:34et des réseaux corses
00:21:35de la capitale.
00:21:36Ce contrat
00:21:37de représentation exclusive
00:21:39liait Coluche
00:21:40pour une durée
00:21:41de 20 ans.
00:21:4220 ans.
00:21:42Une éternité
00:21:44dans le monde
00:21:44du spectacle.
00:21:45Ce contrat,
00:21:46dont l'existence
00:21:47reste contestée,
00:21:48aurait comporté
00:21:4915 pages
00:21:50rédigées dans un jargon
00:21:51juridique opaque,
00:21:53truffé
00:21:53de clauses ambiguës.
00:21:55Mais certaines dispositions
00:21:56sont d'une clarté brutale.
00:21:58Close 7.
00:21:59L'artiste s'engage
00:22:00à ne produire
00:22:01aucun spectacle,
00:22:03film
00:22:03ou enregistrement
00:22:04sans l'accord écrit
00:22:06préalable du producteur.
00:22:08Close 11.
00:22:09L'artiste cède 75%
00:22:11de ses revenus bruts
00:22:12au producteur
00:22:13pour la durée du contrat.
00:22:15Close 17.
00:22:16En cas de rupture
00:22:18unilatérale
00:22:19du contrat
00:22:19par l'artiste,
00:22:20celui-ci devra verser
00:22:22une indemnité
00:22:22compensatoire
00:22:23de 10 millions de francs,
00:22:25payables immédiatement.
00:22:2875%.
00:22:29Coluche travaillait donc
00:22:31pour que les trois quarts
00:22:32de ses gains
00:22:32aillent dans la poche
00:22:33de Lederman.
00:22:34Et s'il voulait partir,
00:22:36il devait payer
00:22:3710 millions,
00:22:38une somme
00:22:38qu'il ne possédait
00:22:39sans doute même pas
00:22:40à l'époque.
00:22:41C'était un contrat
00:22:42de servitude
00:22:43déguisé en partenariat
00:22:45commercial.
00:22:46Coluche était piégé,
00:22:48enchaîné à cet homme
00:22:49par des clauses de fer.
00:22:51Mais ce n'est pas tout.
00:22:52La clause 23
00:22:53est encore plus inquiétante.
00:22:56L'artiste s'engage
00:22:58à ne faire
00:22:58aucune déclaration publique
00:23:00de nature politique
00:23:01ou polémique
00:23:02sans validation
00:23:03préalable du producteur.
00:23:06En clair,
00:23:07Lederman contrôlait
00:23:08non seulement
00:23:09l'argent de Coluche,
00:23:10mais aussi sa parole.
00:23:12Ses textes,
00:23:13ses sketchs,
00:23:14ses interventions médiatiques,
00:23:16tout devait passer
00:23:17par le filtre du producteur.
00:23:18Or,
00:23:19Coluche bâtissait
00:23:20justement sa carrière
00:23:21sur l'insolence,
00:23:22la provocation,
00:23:23la liberté de ton.
00:23:25Comment pouvait-il
00:23:26accepter
00:23:26une telle soumission ?
00:23:28Des proches
00:23:29se souviennent
00:23:29que Coluche
00:23:30évoquait parfois
00:23:31ce contrat avec amertume.
00:23:32Il disait
00:23:33« J'ai signé ça
00:23:34quand j'étais jeune et con.
00:23:36Je croyais que Paul
00:23:37allait me rendre riche.
00:23:38En vérité,
00:23:39il m'est mis en cage. »
00:23:41Un ami comédien
00:23:42raconte une scène violente
00:23:43dans les loges
00:23:44de l'Olympia
00:23:44en 1982.
00:23:47Coluche voulait faire
00:23:48un sketch
00:23:48sur la corruption
00:23:49dans les milieux politiques.
00:23:51Lederman a débarqué,
00:23:52furieux.
00:23:53« Tu ne feras pas
00:23:53ce sketch.
00:23:54Tu m'entends ?
00:23:55Jamais. »
00:23:56Coluche a hurlé.
00:23:57« C'est mon spectacle.
00:23:59Ma scène. »
00:24:00Lederman a sorti
00:24:01le contrat
00:24:01de sa mallette,
00:24:02l'a agité sous son nez.
00:24:04C'est écrit là,
00:24:05« Clos 23.
00:24:06Tu n'as pas le choix. »
00:24:08Coluche a dû s'exécuter.
00:24:09Le sketch
00:24:10n'a jamais été joué.
00:24:12Mais en 1986,
00:24:14Coluche n'épouvait plus.
00:24:15Il voulait rompre,
00:24:16il voulait retrouver
00:24:17sa liberté,
00:24:18faire ses propres choix,
00:24:20dire ce qu'il avait
00:24:20à dire
00:24:21sans demander
00:24:22la permission.
00:24:22Surtout,
00:24:24il voulait produire
00:24:25le projet C
00:24:26sans que Lederman
00:24:27puisse y mettre son nez.
00:24:28Parce qu'il savait
00:24:30que si Lederman
00:24:30apprenait l'existence
00:24:32de ce film,
00:24:33il le bloquerait
00:24:34immédiatement.
00:24:35Trop dangereux,
00:24:36trop explosif,
00:24:37trop risqué
00:24:38pour les réseaux
00:24:39que Lederman
00:24:39fréquentait.
00:24:41Selon des rumeurs
00:24:42jamais démenties,
00:24:43Coluche a rencontré
00:24:44Lederman
00:24:44début juin 1986
00:24:46pour négocier
00:24:48une sortie du contrat.
00:24:49La rencontre a eu lieu
00:24:50dans un restaurant privé
00:24:51du 16e arrondissement.
00:24:53Pas de témoins,
00:24:54juste les deux hommes
00:24:55face à face.
00:24:57Coluche serait venu
00:24:58avec une proposition,
00:24:59racheter son contrat
00:25:00pour 5 millions de francs.
00:25:02Lederman aurait ri,
00:25:045 millions ?
00:25:05Tu me dois bien
00:25:06plus que ça ?
00:25:0610 millions,
00:25:07comme stipulé.
00:25:08Et encore,
00:25:09c'est si je suis
00:25:10de bonne humeur.
00:25:11Coluche n'avait pas
00:25:1210 millions.
00:25:13Il avait des biens,
00:25:14des revenus futurs,
00:25:15mais pas cette somme
00:25:16en liquide.
00:25:17Il était coincé.
00:25:18prisonnier d'un papier
00:25:19signé 8 ans plus tôt,
00:25:21dans un moment
00:25:22de naïveté
00:25:23et d'ambition aveugle.
00:25:25Lederman le tenait.
00:25:26Et il le savait.
00:25:28Selon certaines sources,
00:25:30il aurait même ajouté
00:25:31« De toute façon,
00:25:32Michel,
00:25:33tu ne partiras pas.
00:25:34Tu es trop précieux.
00:25:36Tu rapportes trop.
00:25:38Et si tu essaies
00:25:39de partir quand même,
00:25:40je te détruis.
00:25:41J'ai des dossiers
00:25:42sur toi,
00:25:43des photos,
00:25:44des enregistrements.
00:25:46Tu comprends ?
00:25:47Coluche est sorti
00:25:48de ce restaurant
00:25:49le visage fermé.
00:25:50Il a dit à un ami
00:25:52ce soir-là
00:25:52« Je suis en prison.
00:25:54Une prison dorée,
00:25:56mais une prison quand même.
00:25:58Cet enfoiré
00:25:59me tient par les couilles.
00:26:00Et il ne me lâchera jamais.
00:26:02Sauf si ? »
00:26:04L'ami a demandé.
00:26:05« Sauf si quoi ? »
00:26:07Coluche n'a pas répondu.
00:26:08Il a juste souri tristement
00:26:10et il est parti sur sa moto.
00:26:13Deux semaines plus tard,
00:26:14il était mort.
00:26:16Le contrat a été dissous
00:26:18automatiquement.
00:26:19Lederman a récupéré
00:26:21une partie des droits
00:26:22posthumes
00:26:22pendant encore douze ans,
00:26:24conformément à certaines
00:26:25clauses obscures
00:26:26du document.
00:26:27Il est devenu
00:26:28encore plus riche
00:26:29grâce à la légende
00:26:30Coluche.
00:26:31Pendant que la famille
00:26:32se débattait
00:26:33avec les dettes,
00:26:34lui empochait
00:26:34des fortunes
00:26:35sur les compilations,
00:26:36les rééditions,
00:26:37les produits dérivés.
00:26:39Lederman serait décédé
00:26:40en 2003,
00:26:41selon certaines sources.
00:26:43Il n'a jamais parlé
00:26:44publiquement de ce contrat,
00:26:45jamais donné
00:26:46d'interview
00:26:46sur sa relation
00:26:47avec Coluche.
00:26:48Il a emporté
00:26:49ses secrets
00:26:50dans la tombe.
00:26:50Mais ce document
00:26:51retrouvé en 2018
00:26:52révèle une vérité terrible.
00:26:55Coluche n'était pas
00:26:56l'homme libre
00:26:56que le public imaginait.
00:26:58Il était enchaîné,
00:26:59contrôlé,
00:27:00exploité.
00:27:00Et quand il a voulu
00:27:01briser ses chaînes
00:27:02pour dire la vérité
00:27:03sur la corruption,
00:27:04quelqu'un,
00:27:05peut-être Lederman lui-même,
00:27:07peut-être d'autres,
00:27:08a décidé qu'il était temps
00:27:09de le faire taire
00:27:10définitivement.
00:27:11Ce contrat
00:27:12était-il la raison cachée
00:27:13de sa mort ?
00:27:14Lederman avait-il intérêt
00:27:15à ce que Coluche disparaisse
00:27:17avant de pouvoir
00:27:18se libérer
00:27:19et tout révéler ?
00:27:20Et combien d'autres artistes
00:27:21ont été pris au piège
00:27:22de ce genre de contrat
00:27:23léonin,
00:27:24esclave moderne
00:27:25du show business ?
00:27:27Il y a un nom
00:27:28que personne ne veut prononcer.
00:27:30Un nom effacé
00:27:31des biographies officielles.
00:27:33Un nom que les proches
00:27:34de Coluche
00:27:35murmurent encore
00:27:36avec dégoût et colère.
00:27:38Appelons-le simplement
00:27:39Bertrand.
00:27:41Bertrand était son ami
00:27:42d'enfance.
00:27:43Il se connaissait
00:27:44depuis l'âge
00:27:45de quatorze ans.
00:27:46Ensemble,
00:27:47ils avaient traîné
00:27:47dans les rues
00:27:48de Montrouge,
00:27:49fumé leurs premières
00:27:50cigarettes,
00:27:51rêvé de gloire
00:27:51et de fortune.
00:27:53Quand Coluche
00:27:53a commencé à percer,
00:27:55il a emmené
00:27:55Bertrand avec lui.
00:27:56Il lui a trouvé
00:27:57du travail
00:27:58comme régisseur,
00:27:59puis comme assistant
00:28:00personnel.
00:28:01Bertrand vivait
00:28:02dans l'ombre
00:28:02de la star.
00:28:03Il gérait
00:28:04les coulisses,
00:28:05organisait
00:28:06les déplacements,
00:28:07filtraient
00:28:07les visiteurs.
00:28:08Tout le monde
00:28:09pensait
00:28:09qu'ils étaient
00:28:10inséparables,
00:28:11frères de cœur,
00:28:13complices pour la vie.
00:28:14Mais en 1986,
00:28:16quelque chose
00:28:17s'est fissuré.
00:28:18Coluche
00:28:19s'est mis
00:28:19à se méfier
00:28:20de Bertrand.
00:28:21Il lui confiait
00:28:21de moins en moins
00:28:22de choses.
00:28:23Il évitait
00:28:24de parler devant lui.
00:28:26Un soir,
00:28:27il a dit
00:28:27à un autre ami
00:28:28« Je crois
00:28:29que Bertrand
00:28:30me trahit.
00:28:31Mais je n'ai
00:28:32pas de preuves.
00:28:33Juste un
00:28:34pressentiment.
00:28:35L'ami a ri.
00:28:36Bertrand ?
00:28:37Impossible.
00:28:38C'est ton frère. »
00:28:40Coluche
00:28:41a secoué
00:28:41la tête.
00:28:42Justement,
00:28:43c'est toujours
00:28:43le frère
00:28:44qui plante
00:28:44le couteau
00:28:45dans le dos.
00:28:46Selon une version
00:28:47jamais confirmée,
00:28:49trois jours
00:28:49avant sa mort,
00:28:50Coluche
00:28:51aurait découvert
00:28:51la vérité.
00:28:52Une enveloppe
00:28:53anonyme
00:28:54aurait été
00:28:54glissée
00:28:55sous sa porte.
00:28:56À l'intérieur,
00:28:57des relevés
00:28:58téléphoniques.
00:28:59Les appels
00:29:00passaient
00:29:00depuis son bureau
00:29:01privé.
00:29:01Et là,
00:29:02noir sur blanc,
00:29:03la preuve
00:29:04que Bertrand
00:29:05appelait régulièrement
00:29:06à numéros,
00:29:07celui d'un journaliste
00:29:08people connu
00:29:09pour ses révélations
00:29:10fracassantes.
00:29:12Bertrand vendait
00:29:13des informations,
00:29:14les secrets
00:29:15de Coluche,
00:29:16ses frasques,
00:29:17ses projets,
00:29:18ses peurs,
00:29:19tout,
00:29:20pour quelques milliers
00:29:21de francs
00:29:22à chaque fois.
00:29:23Mais ce n'était
00:29:24pas tout.
00:29:24Parmi les relevés,
00:29:26un autre numéro
00:29:27revenait souvent,
00:29:27un numéro
00:29:28que Coluche
00:29:29a fait vérifier
00:29:30par un ami policier.
00:29:31Ce numéro
00:29:32appartenait
00:29:33à un cabinet
00:29:34d'avocats
00:29:34spécialisé
00:29:35dans la défense
00:29:36des hommes politiques.
00:29:37Le même cabinet
00:29:38qui représentait
00:29:39plusieurs personnalités
00:29:40citées dans
00:29:41le projet C.
00:29:42Bertrand ne vendait
00:29:43pas seulement
00:29:44des potins.
00:29:45Il renseignait
00:29:45l'ennemi.
00:29:46Il transmettait
00:29:47des informations
00:29:48sur l'avancée
00:29:48du film,
00:29:49sur les sources
00:29:50de Coluche,
00:29:51sur ses plans.
00:29:52Il était une taupe,
00:29:53un traître.
00:29:54Certains racontent
00:29:55que Coluche
00:29:55aurait confronté
00:29:56Bertrand
00:29:57le 16 juin
00:29:58au soir
00:29:58dans un bar
00:29:59de Montparnasse.
00:30:00Mais ce témoignage
00:30:01n'a jamais été vérifié.
00:30:03Selon un serveur
00:30:04qui a assisté
00:30:05à la scène
00:30:06de loin,
00:30:06Coluche a posé
00:30:07les relevés
00:30:08sur la table
00:30:09sans un mot.
00:30:10Bertrand
00:30:10est devenu blanc.
00:30:11Il a tenté
00:30:12de nier,
00:30:13de se justifier.
00:30:14Coluche l'a coupé.
00:30:15Combien ?
00:30:16Combien tu as touché
00:30:17pour me vendre ?
00:30:18Bertrand
00:30:19a baissé les yeux.
00:30:20Il a murmuré
00:30:21quelque chose
00:30:21d'inaudible.
00:30:22Coluche a explosé.
00:30:24Trente ans
00:30:25d'amitié.
00:30:25Trente ans.
00:30:26Et tu me poignardes
00:30:27pour du fric.
00:30:28Ils t'ont payé
00:30:29combien ?
00:30:29Trois mille francs ?
00:30:31Cinq mille ?
00:30:32Bertrand
00:30:32a fini par avouer.
00:30:34Selon des témoignages
00:30:35indirects,
00:30:36il aurait touché
00:30:37au total
00:30:37environ quinze mille francs
00:30:38sur six mois.
00:30:39Une misère.
00:30:40Le prix
00:30:41d'une trahison dérisoire.
00:30:43Mais ce n'était
00:30:44pas seulement
00:30:44l'appât du gain.
00:30:45Bertrand
00:30:46était jaloux.
00:30:47Jaloux de la gloire
00:30:48de Coluche.
00:30:49Jaloux de son succès.
00:30:50Jaloux de n'être
00:30:51qu'un employé
00:30:52dans l'ombre
00:30:53pendant que son ami
00:30:54d'enfance
00:30:54brillait sous les projecteurs.
00:30:56Et quand les hommes
00:30:57du cabinet
00:30:58l'ont approché
00:30:58avec leur proposition,
00:31:00quelques billets
00:31:01contre quelques infos,
00:31:02il a dit oui.
00:31:03Par rancœur,
00:31:05par envie,
00:31:06par petitesse.
00:31:07Coluche
00:31:07l'a chassé
00:31:08ce soir-là.
00:31:09Il lui a dit
00:31:10« Ne remets plus
00:31:11jamais les pieds
00:31:12chez moi.
00:31:12Si je te recroise,
00:31:14je te tue. »
00:31:15Bertrand
00:31:15est parti
00:31:16en pleurant.
00:31:17Trois jours plus tard,
00:31:18Coluche était mort.
00:31:19et Bertrand
00:31:20a disparu.
00:31:21Littéralement.
00:31:22Il a quitté Paris,
00:31:24changé de région,
00:31:25coupé les ponts
00:31:26avec tous les anciens amis.
00:31:28Personne ne sait
00:31:28où il est passé.
00:31:30Certains disent
00:31:30qu'il vit désormais
00:31:31dans le sud,
00:31:32sous un autre nom.
00:31:33D'autres prétendent
00:31:34qu'il a été éliminé
00:31:36lui aussi,
00:31:37témoin gênant
00:31:38d'un complot
00:31:38qu'il ne contrôlait plus.
00:31:40Mais une question
00:31:41hante
00:31:41ceux qui connaissent
00:31:42cette histoire.
00:31:43Bertrand
00:31:44s'est-il contenté
00:31:45de vendre
00:31:45des informations
00:31:46ou a-t-il joué
00:31:48un rôle plus actif
00:31:49dans la mort
00:31:49de Coluche ?
00:31:50A-t-il transmis
00:31:52son emploi du temps
00:31:52précis ce 19 juin ?
00:31:54A-t-il indiqué
00:31:55qu'il serait seul
00:31:56sur la route,
00:31:57sans garde du corps,
00:31:58sans témoin ?
00:31:59Le serveur du bar
00:32:00de Montparnasse
00:32:01se souvient
00:32:01d'un détail troublant.
00:32:03Quand Bertrand
00:32:04est sorti,
00:32:04il a passé un coup de fil
00:32:06depuis une cabine téléphonique.
00:32:08Il parlait bas,
00:32:09nerveusement.
00:32:10Il a raccroché,
00:32:11plus il est parti en courant.
00:32:13Comme s'il fuyait
00:32:14ou comme s'il
00:32:15l'allait prévenir quelqu'un.
00:32:17L'enquête officielle
00:32:18n'a jamais interrogé Bertrand.
00:32:20Son nom n'apparaît
00:32:21dans aucun rapport.
00:32:22C'est comme s'il n'avait
00:32:24jamais existé,
00:32:25effacé,
00:32:26protégé peut-être
00:32:27ou complice
00:32:29jusqu'au bout.
00:32:30La famille de Coluche
00:32:32refuse de parler de lui.
00:32:33Trop de honte,
00:32:34trop de douleur.
00:32:36Mais certains amis
00:32:37n'ont jamais oublié.
00:32:39Et ils murmurent encore.
00:32:41Si quelqu'un sait
00:32:42ce qui s'est vraiment passé
00:32:43ce 19 juin,
00:32:44c'est lui.
00:32:45Si quelqu'un peut dire
00:32:46si c'était un accident
00:32:47ou un meurtre,
00:32:48c'est Bertrand.
00:32:50Mais il se tait.
00:32:51Et son silence
00:32:52est peut-être
00:32:53l'aveu le plus accablant.
00:32:55Pourquoi Bertrand
00:32:56a-t-il trahi l'homme
00:32:57qui l'avait sorti
00:32:58de la misère ?
00:32:59Pourquoi a-t-il disparu
00:33:01juste après sa mort ?
00:33:02Et surtout,
00:33:04que sait-il vraiment
00:33:05sur les dernières heures
00:33:06de Coluche ?
00:33:07Les spectateurs
00:33:08qui remplissaient
00:33:08la salle Pleyel
00:33:09en mai 1986
00:33:11ne pouvaient pas deviner
00:33:12que l'homme
00:33:13qui les faisait rire
00:33:14cachait un secret médical
00:33:16explosif.
00:33:17Selon des rumeurs
00:33:18jamais confirmées,
00:33:19une civière
00:33:20aurait été installée
00:33:21en permanence
00:33:22dans sa loge.
00:33:23Une civière d'hôpital
00:33:24avec des sangles
00:33:26de contention
00:33:26et une bouteille d'oxygène.
00:33:28Le régisseur
00:33:29devait vérifier sa présence
00:33:31avant chaque représentation.
00:33:32Mais la consigne
00:33:34était formelle.
00:33:34personne ne devait
00:33:36en parler,
00:33:37pas même à sa famille.
00:33:38Pourquoi un comique
00:33:39au sommet de sa gloire
00:33:40avait-il besoin
00:33:41d'un équipement
00:33:41de réanimation
00:33:42dans les coulisses ?
00:33:43Selon une rumeur
00:33:44jamais confirmée,
00:33:45un médecin
00:33:46aurait examiné
00:33:47Coluche
00:33:47en mars 1986
00:33:49après un malaise violent
00:33:51survenu
00:33:52juste avant un spectacle.
00:33:53Le diagnostic
00:33:54aurait été sans appel.
00:33:56Hypertension sévère,
00:33:57trouble du rythme cardiaque,
00:33:59début de fibrose hépatique,
00:34:01des pathologies graves
00:34:03pour un homme de 41 ans.
00:34:04Mais d'après cette version,
00:34:06le médecin se souviendrait
00:34:07surtout de la réaction
00:34:08de Coluche
00:34:09quand il lui aurait conseillé
00:34:10d'arrêter immédiatement
00:34:12toute activité professionnelle
00:34:13pendant au moins six mois.
00:34:15Le comique aurait ri
00:34:16« Six mois ?
00:34:17Vous êtes fous ?
00:34:19J'ai des contrats,
00:34:20des engagements,
00:34:21des millions de gens
00:34:21qui m'attendent.
00:34:22Je me reposerai
00:34:23quand je serai mort. »
00:34:25Le médecin aurait insisté
00:34:26« Justement,
00:34:27si vous continuez comme ça,
00:34:29vous serez morts
00:34:30avant l'été. »
00:34:31Coluche l'aurait fixé
00:34:32avec un regard étrange,
00:34:33presque serein.
00:34:35Peut-être que c'est prévu
00:34:36comme ça.
00:34:37Peut-être
00:34:38que je n'ai pas le choix.
00:34:40Le docteur serait sorti
00:34:42de la loge bouleversée.
00:34:43Il aurait confié plus tard
00:34:45à un collègue
00:34:45« Cet homme savait
00:34:47qu'il allait mourir. »
00:34:49Il le savait.
00:34:50Et il avait accepté.
00:34:52Ou pire encore,
00:34:53on l'avait convaincu
00:34:55qu'il devait accepter.
00:34:57Mais d'où venaient
00:34:58ces problèmes de santé
00:34:59chez un homme
00:35:00relativement jeune ?
00:35:02Les rumeurs
00:35:02ont longtemps circulé
00:35:04sur une possible
00:35:04consommation excessive
00:35:06d'alcool
00:35:06et de substances
00:35:08illicites.
00:35:09Coluche ne s'en cachait
00:35:10pas vraiment.
00:35:11Il buvait,
00:35:12il fumait,
00:35:13il vivait vite.
00:35:14Mais selon plusieurs témoins
00:35:16proches,
00:35:17il avait considérablement
00:35:18ralenti depuis 1984.
00:35:21Il avait même
00:35:21arrêté complètement
00:35:22l'alcool
00:35:23pendant plusieurs mois
00:35:24après la naissance
00:35:25de son dernier enfant.
00:35:27Alors pourquoi
00:35:28son foie
00:35:28montrait-il
00:35:29des signes
00:35:30de dégradation avancés ?
00:35:31Certains affirment
00:35:32qu'une infirmière
00:35:33aurait vu Coluche
00:35:34venir en urgence
00:35:35un soir de février 1986
00:35:37dans une cunique privée.
00:35:39Il souffrait
00:35:40de violentes douleurs
00:35:41abdominales
00:35:42et vomissait du sang.
00:35:43Les analyses
00:35:44auraient révélé
00:35:45des traces
00:35:45de substances toxiques
00:35:47dans son organisme.
00:35:48Pas de drogue
00:35:49récréative classique.
00:35:50Quelque chose d'autre.
00:35:52Quelque chose
00:35:53de chimique.
00:35:54Le médecin de garde
00:35:55aurait parlé
00:35:56d'empoisonnement lent.
00:35:57Mais Coluche
00:35:58aurait refusé
00:35:59tout traitement prolongé.
00:36:00Il aurait signé
00:36:01une décharge
00:36:02et serait reparti
00:36:03dans la nuit.
00:36:04L'infirmière ajouterait
00:36:06« Il m'a dit en partant
00:36:07« Si vous parlez de ça
00:36:09à qui que ce soit,
00:36:09vous le regretterez. »
00:36:11Mais ce n'était
00:36:12pas une menace.
00:36:13C'était un avertissement.
00:36:14« Comme s'il voulait
00:36:15me protéger. »
00:36:17Empoisonnement lent.
00:36:18Les mots résonnent
00:36:19avec une intensité terrible.
00:36:21Et si quelqu'un
00:36:22avait méthodiquement
00:36:23détruit la santé
00:36:24de Coluche
00:36:24dans les mois
00:36:25précédant sa mort ?
00:36:26Et si les substances
00:36:27toxiques
00:36:28avaient été introduites
00:36:29progressivement
00:36:30dans son alimentation,
00:36:31ses boissons,
00:36:33ses médicaments ?
00:36:34Il existe
00:36:35des poisons indétectables
00:36:36qui miment
00:36:37les symptômes
00:36:38de l'alcoolisme
00:36:39ou de la cirrhose.
00:36:40Des produits
00:36:41utilisés par les services
00:36:42secrets pendant la guerre froide.
00:36:44Des substances
00:36:44qui ne laissent
00:36:45aucune trace
00:36:46après quelques semaines.
00:36:48Coluche
00:36:48aurait-il été victime
00:36:49d'une tentative
00:36:50d'assassinat chimique
00:36:51qui aurait échoué,
00:36:53le forçant ses ennemis
00:36:54à passer à un plan B
00:36:55plus brutal ?
00:36:56Un autre élément trouble
00:36:57vient s'ajouter
00:36:58au dossier médical.
00:37:00D'après des rumeurs
00:37:01invérifiables,
00:37:02Coluche
00:37:02aurait acheté
00:37:03régulièrement
00:37:04des doses massives
00:37:05d'antidouleurs
00:37:06et d'ansiolytiques
00:37:07dans une pharmacie
00:37:08près de Montfort-la-Maurie.
00:37:09Des quantités anormales
00:37:11pour une personne seule.
00:37:12Le pharmacien
00:37:13se souviendrait.
00:37:14Il venait parfois
00:37:15deux fois par semaine.
00:37:17Toujours les mêmes produits.
00:37:18Je lui ai demandé
00:37:19une fois
00:37:19s'il l'avait
00:37:20une ordonnance récente.
00:37:21Il m'a montré
00:37:22un papier froissé
00:37:23signé par un médecin
00:37:24que je ne connaissais pas.
00:37:26J'ai eu des doutes.
00:37:27Mais c'était Coluche.
00:37:28On ne refuse rien
00:37:30à Coluche.
00:37:31Ses médicaments
00:37:32auraient dû le soulager.
00:37:34Mais au contraire,
00:37:35son état empirait.
00:37:36Il maigrissait
00:37:37à vue d'œil.
00:37:38Ses mains tremblaient.
00:37:39Il transpirait
00:37:40abondamment
00:37:41même en hiver.
00:37:42Lors de son dernier
00:37:43passage télé
00:37:44en juin 1986,
00:37:46des téléspectateurs
00:37:47attentifs
00:37:48ont remarqué
00:37:48qu'il portait
00:37:49un maquillage épais
00:37:50pour masquer
00:37:51son teint sireux.
00:37:52Ses yeux étaient
00:37:53cernés,
00:37:54son sourire crispé.
00:37:55L'homme
00:37:56qui faisait rire
00:37:57la France entière
00:37:58semblait ronger
00:37:59de l'intérieur.
00:38:00Physiquement
00:38:01et psychologiquement.
00:38:02Car au-delà
00:38:03du corps malade,
00:38:04il y avait
00:38:05l'esprit
00:38:05qui vacillait.
00:38:07Coluche dormait
00:38:07de moins en moins.
00:38:08Il racontait
00:38:09à ses proches
00:38:10qu'il faisait
00:38:10des cauchemars
00:38:11récurrents.
00:38:12Toujours le même,
00:38:13il était poursuivi
00:38:14dans un couloir
00:38:15sans fin
00:38:15par des silhouettes
00:38:16sans visage.
00:38:17Il courait,
00:38:18mais ses jambes
00:38:19refusaient d'avancer.
00:38:20Il ouvrait la bouche
00:38:21pour crier,
00:38:22mais aucun son
00:38:23ne sortait.
00:38:24Et quand les silhouettes
00:38:25le rattrapaient,
00:38:26il se réveillait
00:38:27en sueur,
00:38:27le cœur battant
00:38:28à sang à l'heure.
00:38:29Un ami lui a suggéré
00:38:31de consulter
00:38:31un psychiatre.
00:38:33Coluche a refusé net.
00:38:34« Les psys,
00:38:35c'est pour les fous.
00:38:36Je ne suis pas fou.
00:38:37Je suis juste... »
00:38:39Fatigué.
00:38:40Tellement fatigué.
00:38:41Mais était-ce
00:38:42vraiment de la fatigue
00:38:43ou les premiers symptômes
00:38:45d'un effondrement
00:38:46nerveux programmé ?
00:38:47Car Coluche
00:38:48n'était pas seulement
00:38:49malade dans son corps.
00:38:50Il était traqué
00:38:51dans son âme.
00:38:52L'affaire du projet C
00:38:54l'avait plongé
00:38:55dans une paranoïa
00:38:56grandissante.
00:38:57Il ne faisait
00:38:58plus confiance
00:38:58à personne.
00:38:59Il changeait régulièrement
00:39:01de numéro de téléphone.
00:39:02Il refusait
00:39:03de manger
00:39:04dans des restaurants
00:39:04qu'il ne connaissait pas.
00:39:06Il inspectait
00:39:07sa voiture
00:39:07avant chaque trajet
00:39:08à la recherche
00:39:09de dispositifs suspects.
00:39:11Ses amis
00:39:12le voyaient sombrer
00:39:13mais ne savaient pas
00:39:14comment l'aider.
00:39:15Comment sauver
00:39:16un homme
00:39:16qui refuse
00:39:17d'être sauvé ?
00:39:18Le médecin
00:39:18qui l'aurait examiné
00:39:19en mars
00:39:20aurait tenté
00:39:21une dernière fois
00:39:21de le raisonner
00:39:22quinze jours
00:39:23avant sa mort.
00:39:24Il lui aurait proposé
00:39:25une hospitalisation discrète
00:39:27sous faux nom
00:39:28pour faire des examens
00:39:29complets
00:39:30et entamer un traitement.
00:39:32Coluche
00:39:32aurait refusé.
00:39:34Si je disparais
00:39:35maintenant,
00:39:35ils penseront
00:39:36que j'ai abandonné.
00:39:37Je ne peux pas
00:39:38abandonner.
00:39:39Pas maintenant.
00:39:40Pas si près du but.
00:39:41Le docteur
00:39:42aurait demandé.
00:39:43Près de quel but ?
00:39:45Coluche
00:39:45n'aurait pas répondu.
00:39:47Il aurait juste
00:39:48souri tristement
00:39:49et serait reparti
00:39:50sur sa moto.
00:39:51C'était peut-être
00:39:52la dernière fois
00:39:53que quelqu'un
00:39:54tentait de le sauver.
00:39:55aujourd'hui encore,
00:39:57ces questions demeurent.
00:39:59Aurait-on pu
00:39:59le forcer
00:40:00à se faire soigner ?
00:40:01Aurait-on dû
00:40:02prévenir les autorités ?
00:40:04Alerter la famille ?
00:40:05Coluche
00:40:06avait-il déjà
00:40:06franchi un point
00:40:07de non-retour ?
00:40:08Son corps
00:40:09le trahissait.
00:40:11Sa santé mentale
00:40:12vacillait.
00:40:13Et autour de lui,
00:40:14les ennemis
00:40:15se multipliaient.
00:40:17Était-il déjà
00:40:18condamné
00:40:18bien avant
00:40:19de monter
00:40:19sur sa moto,
00:40:20ce 19 juin ?
00:40:21Son corps malade
00:40:22aurait-il
00:40:23de toute façon
00:40:23lâché dans
00:40:24les semaines suivantes ?
00:40:25Ou, justement,
00:40:27quelqu'un a-t-il
00:40:27précipité sa mort
00:40:28parce qu'il fallait
00:40:29l'éliminer
00:40:30avant qu'il ne
00:40:31s'écroule publiquement
00:40:32et ne parle
00:40:33dans un dernier
00:40:34sursaut de lucidité ?
00:40:35Pourquoi aucun
00:40:36rapport médical
00:40:37complet n'a-t-il
00:40:38été publié
00:40:39après sa mort ?
00:40:40Et surtout,
00:40:41qui avait intérêt
00:40:42à ce qu'on ne découvre
00:40:43jamais ce qui
00:40:44circulait vraiment
00:40:45dans les veines
00:40:46de Coluche
00:40:46durant ces derniers mois ?
00:40:48Pendant près de
00:40:4940 ans,
00:40:50il n'aurait rien dit.
00:40:51Selon une version
00:40:52jamais confirmée,
00:40:53un mécanicien
00:40:54aurait témoigné.
00:40:55Mais ce témoignage
00:40:56n'a jamais été vérifié.
00:40:58Qu'importe,
00:40:59l'histoire qu'il raconte
00:41:00soulève des questions
00:41:01terrifiantes.
00:41:02Un homme qui aurait
00:41:03été bien plus
00:41:04qu'un simple mécanicien,
00:41:06le gardien des motos
00:41:07de Coluche,
00:41:08celui qui les préparait,
00:41:10les entretenait,
00:41:11les réparait.
00:41:12Coluche lui aurait
00:41:13fait une confiance
00:41:13absolue.
00:41:14Il lui confiait
00:41:15ses machines
00:41:16comme d'autres
00:41:17confient leurs enfants.
00:41:18Et cet homme
00:41:19aurait pris ce rôle
00:41:20très au sérieux.
00:41:21chaque vis serré
00:41:22au couple exact.
00:41:24Chaque niveau
00:41:25vérifié quotidiennement.
00:41:27Chaque pièce
00:41:27inspectée
00:41:28avec une minutie
00:41:29obsessionnelle.
00:41:30La moto de Coluche,
00:41:32c'était sacré.
00:41:33Personne ne
00:41:34devait y toucher.
00:41:35Mais le 15 juin
00:41:361986,
00:41:38quatre jours
00:41:38avant la mort
00:41:39de Coluche,
00:41:40quelque chose
00:41:41d'inhabituel
00:41:41se serait produit.
00:41:43Le mécanicien
00:41:44serait arrivé au garage
00:41:45vers 8 heures du matin
00:41:46comme tous les jours.
00:41:47La triomphe
00:41:48que Coluche
00:41:49devait utiliser
00:41:50pour son départ
00:41:50vers Cannes
00:41:51est égarée
00:41:52à sa place habituelle.
00:41:53Mais en s'approchant,
00:41:55il aurait remarqué
00:41:55un détail
00:41:56qui l'a glacé.
00:41:57Un petit bout
00:41:58de chiffon rouge
00:41:59dépassé
00:42:00du capot moteur.
00:42:01Un chiffon
00:42:02qu'il n'avait jamais vu.
00:42:03Un chiffon
00:42:04qui n'avait rien
00:42:05à faire là.
00:42:05Il aurait ouvert
00:42:06le capot.
00:42:07Et là,
00:42:08il aurait compris.
00:42:09Quelqu'un avait touché
00:42:10à la moto
00:42:11pendant la nuit.
00:42:12Plusieurs boulons
00:42:13avaient été dévissés
00:42:14puis revissés.
00:42:15Mais pas correctement.
00:42:16Pas avec la précision
00:42:18d'une professionnelle.
00:42:19Plutôt avec la hâte
00:42:20de quelqu'un
00:42:20qui voulait dissimuler
00:42:21son passage.
00:42:22Il aurait inspecté
00:42:23chaque centimètre
00:42:24de la machine.
00:42:25Selon les partisans
00:42:26de la thèse
00:42:27du sabotage,
00:42:28le câble de frein
00:42:29aurait été sectionné.
00:42:30Mais aucune expertise
00:42:32officielle
00:42:33n'a confirmé.
00:42:34Pas complètement.
00:42:35Juste assez
00:42:36pour qu'il cède
00:42:36après quelques kilomètres
00:42:38de route.
00:42:38Le système de direction
00:42:40aurait été desserré.
00:42:42Là encore,
00:42:42suffisamment pour provoquer
00:42:44une perte de contrôle
00:42:45au premier virage
00:42:46un peu serré.
00:42:47Le mécanicien
00:42:49aurait immédiatement
00:42:50téléphoné à Coluche.
00:42:51Mais personne
00:42:52n'aurait répondu.
00:42:53Il aurait laissé
00:42:54un message urgent.
00:42:55Ne prends surtout
00:42:56pas la triomphe.
00:42:57Quelqu'un a saboté
00:42:58la moto.
00:42:59Je répète,
00:43:00sabotage.
00:43:00Rappelle-moi d'urgence.
00:43:02Il aurait ensuite
00:43:03appelé la police.
00:43:04Mais quand les agents
00:43:05seraient arrivés,
00:43:06ils auraient pris
00:43:07sa déposition
00:43:08avec un scepticisme
00:43:09évident.
00:43:10Un officier
00:43:11aurait dit
00:43:11« Vous êtes sûr
00:43:12que ce n'est pas juste
00:43:13de l'usion normale
00:43:14ou une erreur
00:43:16de votre part
00:43:16lors du dernier entretien,
00:43:17le mécanicien
00:43:18se serait emporté.
00:43:20Je fais ce métier
00:43:21depuis trente ans.
00:43:22Je sais faire la différence
00:43:23entre l'usure
00:43:24et le sabotage.
00:43:25On veut tuer Coluche. »
00:43:28La police
00:43:28aurait quand même
00:43:29ouvert une enquête
00:43:30de routine.
00:43:30Ils auraient pris
00:43:31des photos,
00:43:32relevé les numéros
00:43:33de série,
00:43:34interrogé les voisins.
00:43:35Mais aucune suite
00:43:36n'aurait été donnée.
00:43:37Le dossier
00:43:38aurait été classé
00:43:39sans suite.
00:43:40Motif
00:43:40absence de preuves matérielles,
00:43:42d'intentions criminelles.
00:43:44Le mécanicien
00:43:45était furieux.
00:43:46Il aurait passé
00:43:47les deux jours suivants
00:43:48à essayer de joindre
00:43:49Coluche
00:43:49pour le prévenir
00:43:50personnellement.
00:43:51Mais le comique
00:43:52était injoignable.
00:43:54Occupé par ses rendez-vous,
00:43:55ses projets,
00:43:56ses angoisses.
00:43:57Il n'aurait jamais rappelé.
00:43:59Le 19 juin au matin,
00:44:00le mécanicien
00:44:01aurait reçu
00:44:02un appel
00:44:02des namis
00:44:03proches de Coluche.
00:44:04Le message
00:44:04était bref.
00:44:05« Michel va prendre
00:44:06la route aujourd'hui
00:44:07pour Cannes.
00:44:08Il prend quelle moto ? »
00:44:09Le sang du mécanicien
00:44:11se serait glacé.
00:44:12« Dites-lui de ne pas
00:44:13prendre la triomphe.
00:44:14Dites-lui que c'est vital. »
00:44:17Camille aurait promis
00:44:18de transmettre.
00:44:19Mais selon certaines versions,
00:44:21Coluche
00:44:22n'a jamais reçu
00:44:23ce message.
00:44:24Ou alors il l'a reçu
00:44:25et ne l'a pas pris
00:44:26au sérieux.
00:44:27Ou pire encore,
00:44:28il l'a reçu
00:44:29mais a décidé
00:44:29de partir quand même.
00:44:31Comme s'il voulait
00:44:32en finir.
00:44:32Comme s'il l'avait
00:44:33renoncé à lutter.
00:44:35À 15h30,
00:44:36le mécanicien
00:44:37entend la nouvelle
00:44:38à la radio.
00:44:39Coluche est mort
00:44:40dans un accident
00:44:40de moto.
00:44:42La triomphe
00:44:43a percuté
00:44:43un camion
00:44:44sur une route
00:44:44de campagne.
00:44:45Il se fondre.
00:44:46Il sait.
00:44:47Il sait que ce n'est
00:44:48pas un accident.
00:44:49Il sait que quelqu'un
00:44:51a voulu tuer Coluche
00:44:52et que ce quelqu'un
00:44:53a réussi.
00:44:54Il rappelle immédiatement
00:44:56la police.
00:44:56Il exige
00:44:57que la moto
00:44:58soit expertisée.
00:44:59Il hurle au téléphone.
00:45:01« Vérifiez les freins.
00:45:02Vérifiez la direction.
00:45:03Vous verrez
00:45:04que j'avais raison. »
00:45:06Mais quand les enquêteurs
00:45:07examinent l'épave,
00:45:08leur rapport conclut
00:45:09à une défaillance mécanique
00:45:10due à un excès de vitesse.
00:45:12Pas de sabotage.
00:45:13Pas de traces
00:45:14d'intervention extérieure.
00:45:16La moto était trop endommagée
00:45:17pour déterminer
00:45:18l'état exact
00:45:19des pièces
00:45:20avant l'impact.
00:45:21Le mécanicien
00:45:22obtient l'autorisation
00:45:23de voir l'épave
00:45:24quelques jours plus tard.
00:45:25Ce qu'il découvre,
00:45:26le laisse sans voix.
00:45:28Les pièces
00:45:29qu'il avait identifiées
00:45:30comme sabotées
00:45:31ont disparu.
00:45:32Le câble de frein
00:45:33a été remplacé
00:45:34par un neuf.
00:45:35Le système de direction
00:45:37a été complètement changé.
00:45:39Quelqu'un est passé
00:45:40avant lui.
00:45:41Quelqu'un a effacé
00:45:42les preuves.
00:45:43Il tente de porter plainte
00:45:45pour destruction de preuves
00:45:46et entrave à la justice.
00:45:48Mais son avocat
00:45:49le décourage.
00:45:50Vous n'avez aucune preuve
00:45:52que ces pièces
00:45:52étaient défectueuses
00:45:53avant l'accident.
00:45:54Votre parole
00:45:55contre un rapport officiel.
00:45:57Vous n'avez aucune chance.
00:45:59Le mécanicien abandonne.
00:46:01Non pas parce qu'il doute,
00:46:02mais parce qu'il a peur.
00:46:04Peur de finir
00:46:05comme Coluche.
00:46:07Peur que ceux
00:46:08qui ont tué le comique
00:46:09s'en prennent à lui.
00:46:10Il ferme son garage.
00:46:12Il déménage
00:46:13dans une autre région.
00:46:14Il change de métier.
00:46:16Il se tait.
00:46:17Pendant des décennies,
00:46:19il vivrait avec ce secret
00:46:20qui le ronge.
00:46:21Il voit les hommages
00:46:22à Coluche,
00:46:23les documentaires,
00:46:24les livres
00:46:25qui parlent tous
00:46:26d'un accident tragique.
00:46:28Et lui,
00:46:28il sait que c'est un mensonge.
00:46:31Il sait que Coluche
00:46:32a été assassiné.
00:46:33Mais il ne peut rien prouver.
00:46:35Les pièces ont disparu.
00:46:37Les témoins se sont tus.
00:46:39Le dossier est enterré.
00:46:41Selon cette version,
00:46:43il aurait même conservé
00:46:44un carnet
00:46:45où il notait
00:46:45tous les entretiens.
00:46:47À la date du 15 juin,
00:46:48il aurait écrit
00:46:49en lettre capitale
00:46:50« Sabotage confirmé.
00:46:52Police prévenue.
00:46:54Coluche prévenue.
00:46:55Danger imminent. »
00:46:57Puis en dessous,
00:46:58rajouté au stylo rouge
00:46:59après la mort,
00:47:00« Ils l'ont tué.
00:47:02Ils ont effacé l'épreuve.
00:47:03Personne ne me croit.
00:47:05Mais je sais. »
00:47:07Si ce témoignage est vrai,
00:47:08une question demeure.
00:47:10Qui a saboté
00:47:11la moto de Coluche ?
00:47:13Certains évoquent un proche,
00:47:14mais aucun nom
00:47:15n'a jamais été prouvé.
00:47:17Qui a fait disparaître
00:47:18l'épreuve ?
00:47:19Pourquoi la police
00:47:21a-t-elle refusé
00:47:21d'enquêter sérieusement ?
00:47:23Et surtout,
00:47:24combien de personnes
00:47:25ont été complices
00:47:26de ce silence organisé
00:47:28pour protéger
00:47:29les vrais coupables ?
00:47:30Le mécanicien aurait conclu
00:47:31« Coluche savait
00:47:33qu'il allait mourir. »
00:47:35Il me l'avait dit
00:47:35quelques jours avant.
00:47:37Il était passé au garage
00:47:38et il m'avait serré
00:47:39la main très fort.
00:47:40Il m'avait dit
00:47:41« Si quelque chose m'arrive,
00:47:43toi tu sauras
00:47:44que ce n'était pas un accident.
00:47:46Toi tu sauras.
00:47:47Et je compte sur toi
00:47:48pour le dire un jour. »
00:47:50Et ce jour est-il vraiment arrivé ?
00:47:52Ou cette histoire
00:47:53n'est-elle qu'une légende urbaine
00:47:54née du refus de croire
00:47:56à un simple accident ?
00:47:58Selon une légende urbaine
00:47:59jamais confirmée,
00:48:01trois jours avant sa mort,
00:48:02Coluche aurait dîné
00:48:03dans un restaurant italien
00:48:04de Montparnasse.
00:48:05Il était 22 heures passées.
00:48:07Le 16 juin 1986.
00:48:10Un endroit discret
00:48:11où il pouvait souffler
00:48:12loin des caméras
00:48:13et des admirateurs.
00:48:14Le patron le connaissait bien.
00:48:16Il lui réservait toujours
00:48:17la même table, au fond,
00:48:19près de la cuisine,
00:48:20à l'abri des regards.
00:48:21Ce soir-là,
00:48:23Coluche semblait ailleurs.
00:48:24Il picorait dans son assiette
00:48:26sans vraiment manger.
00:48:27Il buvait verre sur verre
00:48:28d'eau minérale.
00:48:29Il avait l'air tendu,
00:48:31nerveux,
00:48:32comme quelqu'un
00:48:33qui attend quelque chose de grave.
00:48:35Vers 22 heures 30,
00:48:37la porte du restaurant
00:48:38se serait ouverte.
00:48:39Un homme serait entré.
00:48:41La cinquantaine,
00:48:42costume sombre,
00:48:44visage dur.
00:48:45Il n'aurait pas regardé la salle.
00:48:46Il se serait dirigé
00:48:48directement vers la table
00:48:49de Coluche.
00:48:50Sans un mot.
00:48:51Il se serait assis
00:48:53en face de lui.
00:48:54Le comique n'aurait pas
00:48:55semblé surpris.
00:48:56Il aurait juste
00:48:57hoché la tête.
00:48:58Comme s'il savait
00:48:59que cet homme viendrait.
00:49:01Le patron aurait voulu
00:49:02s'approcher pour prendre
00:49:03la commande du nouveau venu.
00:49:05Mais Coluche lui aurait
00:49:06fait signe de rester à distance.
00:49:08L'homme aurait posé
00:49:09une enveloppe kraft
00:49:10sur la table.
00:49:11Épaisse.
00:49:12Lourde.
00:49:13Coluche aurait ouvert
00:49:15l'enveloppe.
00:49:15A l'intérieur,
00:49:17des photos.
00:49:18Des dizaines de photos.
00:49:20Le patron ne pouvait pas
00:49:21voir ce qu'elles représentaient.
00:49:23Mais il aurait vu
00:49:24le visage de Coluche
00:49:25se décomposer.
00:49:26Le comique serait devenu blanc.
00:49:29Ses mains se seraient
00:49:30mises à trembler.
00:49:31Il aurait murmuré
00:49:32quelque chose d'inaudible.
00:49:33L'homme aurait répondu
00:49:35d'une voix calme,
00:49:36presque professionnelle.
00:49:37Pas de colère.
00:49:39Pas de menace criée.
00:49:40Juste des mots posés.
00:49:42Des mots qui tuent.
00:49:44La conversation
00:49:45aurait duré
00:49:46environ quinze minutes.
00:49:48Coluche aurait tenté
00:49:49de négocier.
00:49:50On le voyait gesticuler,
00:49:51argumenter,
00:49:52supplier peut-être.
00:49:54Mais l'homme
00:49:55restait de marbre.
00:49:56Impassible.
00:49:57À un moment,
00:49:59Coluche aurait sorti
00:50:00son portefeuille.
00:50:01Il aurait posé
00:50:02des billets sur la table.
00:50:03L'homme aurait souri.
00:50:05Un sourire froid.
00:50:07Il aurait repoussé
00:50:08de l'argent.
00:50:09Puis,
00:50:09il aurait sorti
00:50:10de sa poche intérieure
00:50:11une feuille pliée en quatre.
00:50:13Il l'aurait dépliée lentement.
00:50:15C'était un document
00:50:17d'actilographié.
00:50:18Il l'aurait tendu
00:50:19à Coluche.
00:50:20Le comique
00:50:21l'aurait lu.
00:50:22Et là,
00:50:23selon le patron
00:50:24qui observait de loin,
00:50:26Coluche
00:50:26se serait effondré.
00:50:28Littéralement.
00:50:29Ses épaules
00:50:30sont tombées.
00:50:31Sa tête
00:50:32s'est penchée en avant.
00:50:34Il a fermé les yeux.
00:50:35Comme un homme
00:50:36qui venait de recevoir
00:50:37sa condamnation à mort.
00:50:39L'homme se serait levé.
00:50:41Il aurait remis
00:50:42les photos dans l'enveloppe.
00:50:43Il aurait récupéré
00:50:44le document.
00:50:45Il aurait posé sa main
00:50:46sur l'épaule de Coluche.
00:50:48Un geste presque paternel.
00:50:50Puis,
00:50:51il aurait murmuré
00:50:52quelque chose
00:50:52à son oreille.
00:50:53Le patron ne pouvait
00:50:54pas entendre.
00:50:55Mais il aurait vu
00:50:56les lèvres bouger lentement.
00:50:58Quelques mots.
00:50:59Pas plus.
00:51:00Coluche
00:51:00n'aurait pas relevé la tête.
00:51:02L'homme serait reparti
00:51:04aussi silencieusement
00:51:05qu'il était venu.
00:51:06Pendant cinq longues minutes,
00:51:08Coluche
00:51:09serait resté immobile.
00:51:11Prostré.
00:51:12Le patron
00:51:13se serait finalement approché.
00:51:15Tout va bien,
00:51:16M. Colucci ?
00:51:17Coluche
00:51:18aurait relevé la tête.
00:51:19Ses yeux étaient rouges.
00:51:21Il aurait demandé
00:51:22une bouteille de whisky.
00:51:23Le patron
00:51:24aurait hésité.
00:51:26Mais vous ne buvez plus
00:51:27depuis des mois.
00:51:28Coluche
00:51:29aurait haussé le ton.
00:51:30Je vous ai demandé
00:51:32du whisky.
00:51:33Apportez-moi
00:51:34du whisky.
00:51:35Le patron
00:51:36aurait obéi.
00:51:37Coluche
00:51:38aurait bu
00:51:38la moitié
00:51:39de la bouteille
00:51:40en moins d'une heure.
00:51:41Seul.
00:51:41Sans manger.
00:51:42Sans parler.
00:51:44Vers minuit,
00:51:45il aurait demandé
00:51:45l'addition.
00:51:46Il aurait payé
00:51:47en liquide.
00:51:48Il aurait laissé
00:51:49un pourboire
00:51:50exorbitant.
00:51:51En sortant,
00:51:52il se serait arrêté
00:51:53à la porte.
00:51:54Il se serait retourné
00:51:55vers le patron.
00:51:56Il aurait dit
00:51:57« Merci pour tout.
00:51:59Merci pour ces années. »
00:52:00Le patron
00:52:01aurait souri.
00:52:02« Mais je vous reverrai
00:52:04demain, non ? »
00:52:05Coluche
00:52:05aurait secoué
00:52:06la tête lentement.
00:52:07« Non,
00:52:08je ne crois pas.
00:52:09Prenez soin de vous. »
00:52:11Il serait sorti
00:52:11dans la nuit.
00:52:12Trois jours plus tard,
00:52:14Coluche
00:52:14était mort.
00:52:15Mais ce récit
00:52:16n'a jamais été corroboré
00:52:18par des témoins identifiés.
00:52:19Aucun patron
00:52:20de restaurant
00:52:21n'a jamais confirmé
00:52:22publiquement cette scène.
00:52:23Pourtant,
00:52:24après la mort du comique,
00:52:25des rumeurs
00:52:26ont circulé
00:52:27sur une rencontre mystérieuse
00:52:28quelques jours
00:52:29avant l'accident.
00:52:30Des rumeurs
00:52:31qui parlaient
00:52:31d'enveloppes,
00:52:32de photos
00:52:33compromettantes,
00:52:34de documents.
00:52:34Mais la police
00:52:35n'a jamais enquêté
00:52:36sur ces allégations.
00:52:38Motif,
00:52:39aucun élément
00:52:39ne permet de relier
00:52:40cette rencontre hypothétique
00:52:42à l'accident mortel
00:52:43survenu trois jours plus tard.
00:52:45Pourtant,
00:52:46certains en sont convaincus.
00:52:48Ce soir-là,
00:52:49Coluche
00:52:49aurait reçu
00:52:50son arrêt de mort.
00:52:51Les photos
00:52:52contenaient probablement
00:52:53des preuves compromettantes.
00:52:54Peut-être des images
00:52:55de ses proches,
00:52:56sa femme,
00:52:57ses enfants,
00:52:58prises à leur insu.
00:52:59Un message clair,
00:53:01on peut t'atteindre
00:53:02à travers ce que tu aimes.
00:53:04Le document
00:53:04était sûrement
00:53:05un ultimatum.
00:53:07Arrête,
00:53:07le projet sait
00:53:08où on te détruit.
00:53:09Arrête,
00:53:10où tu meurs.
00:53:11Et Coluche
00:53:12savait
00:53:13qu'il ne pouvait pas arrêter.
00:53:14Il était allé trop loin,
00:53:16il avait trop parlé,
00:53:17il en savait trop.
00:53:18Même s'il renonçait maintenant,
00:53:20il restait une menace.
00:53:22Un témoin gênant,
00:53:23quelqu'un
00:53:24qu'il fallait faire taire.
00:53:26Définitivement.
00:53:27Un détail troublant
00:53:28vient renforcer cette théorie.
00:53:30Le 17 juin,
00:53:31soit le lendemain
00:53:32de cette rencontre supposée,
00:53:34Coluche a appelé
00:53:35son avocat en urgence.
00:53:36Il voulait modifier
00:53:37son testament.
00:53:38Il voulait tout léguer
00:53:40immédiatement
00:53:40à ses enfants
00:53:41via une fondation
00:53:42inattaquable.
00:53:43Comme s'il pressentait
00:53:45qu'il n'aurait pas le temps
00:53:46de le faire plus tard.
00:53:47L'avocat lui a dit
00:53:48« Pourquoi cette urgence ?
00:53:50Vous êtes jeune ?
00:53:51Vous avez le temps ? »
00:53:52Coluche a répondu
00:53:53« Non,
00:53:54je n'ai plus le temps.
00:53:55Fais-le maintenant. »
00:53:57Le testament
00:53:57a été modifié
00:53:59le 18 juin.
00:54:00Le lendemain,
00:54:01Coluche était mort.
00:54:02Certains témoignages
00:54:03parlent aussi
00:54:04de deux hommes en costume
00:54:05qui auraient rendu visite
00:54:06à plusieurs personnes
00:54:07après les finérailles.
00:54:08Ils se seraient présentés
00:54:10comme des avocats
00:54:10chargés de recueillir
00:54:12tous les témoignages
00:54:13sur les derniers jours
00:54:14de Coluche
00:54:14pour le compte de la famille.
00:54:16Ils auraient posé
00:54:17des questions
00:54:17très précises
00:54:18sur d'éventuelles
00:54:19rencontres suspectes,
00:54:20sur des enveloppes,
00:54:22sur des documents.
00:54:23Et ils auraient conseillé
00:54:24à chaque personne interrogée
00:54:25d'oublier
00:54:26ce qu'elle avait vu,
00:54:27pour son bien,
00:54:29pour la mémoire de Coluche.
00:54:30Un conseil
00:54:31qui ressemblait fort
00:54:32à une menace volée.
00:54:34Aujourd'hui,
00:54:34ces questions demeurent.
00:54:36Coluche savait-il
00:54:38qu'il allait mourir ?
00:54:39A-t-il reçu
00:54:40une sentence
00:54:40trois jours avant ?
00:54:41A-t-il passé
00:54:42ces derniers jours
00:54:43à mettre de l'ordre
00:54:44dans ses affaires
00:54:45comme un condamné
00:54:46qui attend son exécution ?
00:54:48Était-ce vraiment
00:54:49un accident de moto ?
00:54:50Ou un assassinat programmé ?
00:54:53Qui a envoyé
00:54:53cet homme mystérieux ?
00:54:55Que contenait vraiment
00:54:56ces photos
00:54:57et ce document ?
00:54:58Pourquoi Coluche
00:54:59n'a-t-il pas fui,
00:55:00ne s'est-il pas caché,
00:55:01n'a-t-il pas demandé
00:55:02protection ?
00:55:03Et surtout,
00:55:04combien de témoins
00:55:05ont été réduits
00:55:06au silence
00:55:06pour protéger
00:55:07les commanditaires
00:55:08de ce qui ressemble
00:55:09de plus en plus
00:55:10à un meurtre
00:55:11déguisé en accident ?
00:55:13La vérité
00:55:13est-elle définitivement
00:55:15enterrée avec Coluche ?
00:55:16Ou attend-elle
00:55:17simplement
00:55:18qu'un dernier témoin
00:55:19ose enfin briser
00:55:2140 ans de silence ?
00:55:22Pendant que les rumeurs
00:55:23circulaient
00:55:24sur cette mystérieuse
00:55:25rencontre au restaurant,
00:55:26un objet dormait
00:55:27dans une consigne
00:55:28de la gare de Lyon
00:55:29depuis 38 ans.
00:55:31Casier numéro 342.
00:55:33Loué au nom
00:55:34d'un certain
00:55:35Jacques Martin,
00:55:36un pseudonyme,
00:55:37le 15 juin 1986,
00:55:40quatre jours avant
00:55:41la mort de Coluche.
00:55:42La clé n'a jamais
00:55:43été réclamée.
00:55:44Le loyer a été payé
00:55:45d'avance pour 50 ans
00:55:47en liquide,
00:55:48une somme astronomique
00:55:49déposée par un homme
00:55:50que personne
00:55:51n'a jamais identifié.
00:55:53Selon les employés
00:55:54de l'époque,
00:55:55il portait des lunettes
00:55:56noires et une casquette
00:55:57enfoncée sur le crâne.
00:55:59Il a rempli le formulaire
00:56:00d'une écriture tremblante,
00:56:02a glissé l'argent
00:56:03dans une enveloppe craft
00:56:04et il est parti
00:56:05sans un mot.
00:56:06Le casier n'a jamais
00:56:08été ouvert depuis.
00:56:09Mais récemment,
00:56:11la SNCF
00:56:12a décidé de vider
00:56:14tous les casiers
00:56:14abandonnés
00:56:15de plus de 30 ans.
00:56:17Procédure administrative
00:56:18classique.
00:56:19Un agent a ouvert
00:56:20le 342
00:56:22avec un passe-partout.
00:56:23À l'intérieur,
00:56:25une seule chose,
00:56:26une cassette audio
00:56:27enfermée
00:56:28dans un étu
00:56:29plastique transparent.
00:56:30Sur l'étiquette,
00:56:32trois mots
00:56:32griffonnés
00:56:33au stylo bille.
00:56:34Pour la vérité.
00:56:35Rien d'autre.
00:56:37Pas de nom.
00:56:38Pas de date.
00:56:39Juste ces trois mots
00:56:40qui sonnent
00:56:41comme un testament.
00:56:42L'agent a remis
00:56:43la cassette
00:56:43aux objets trouvés.
00:56:45Elle y est restée
00:56:46six mois
00:56:46sans que personne
00:56:47ne s'y intéresse.
00:56:48Puis,
00:56:49un journaliste
00:56:50spécialisé
00:56:50dans les cold cases
00:56:51a entendu parler
00:56:53de cette découverte
00:56:54par un ami
00:56:55employé à la gare.
00:56:56Il a demandé
00:56:57à écouter la bande.
00:56:58Ce qu'il a entendu
00:56:59l'a laissé
00:57:00sans voix.
00:57:01Sur cette cassette,
00:57:02la voix de Coluche,
00:57:04reconnaissable
00:57:05entre mille,
00:57:06mais pas le Coluche
00:57:07des plateaux télé,
00:57:08pas le provocateur
00:57:09Goyer,
00:57:10non.
00:57:11Un homme épuisé,
00:57:12au bord de la rupture,
00:57:14qui parle dans le vide
00:57:15comme s'il enregistrait
00:57:16ses dernières volontés.
00:57:17La bande dure
00:57:19exactement
00:57:1917 minutes
00:57:20et 43 secondes.
00:57:22Elle commence
00:57:23par un long silence.
00:57:24Puis,
00:57:25la voix de Coluche
00:57:26s'élève,
00:57:26hésitante.
00:57:27Si quelqu'un
00:57:28écoute ça un jour,
00:57:30c'est que je suis mort.
00:57:31Et si je suis mort,
00:57:32c'est qu'ils ont gagné.
00:57:34Ils toussent.
00:57:35On entend le bruit
00:57:36d'un briquet,
00:57:37une cigarette
00:57:37qu'on allume.
00:57:38Il reprend.
00:57:39Je sais que je ne devrais
00:57:40pas faire ça,
00:57:41mais il faut que quelqu'un
00:57:42sache.
00:57:43Il faut que la France
00:57:44sache ce qu'ils m'ont fait,
00:57:46ce qu'ils font à tous
00:57:47ceux qui veulent dire
00:57:48la vérité.
00:57:48Pendant 15 minutes,
00:57:50Coluche raconte.
00:57:51Il cite des noms
00:57:52de hommes politiques
00:57:53de premier plan,
00:57:54des industriels,
00:57:55des mafieux corses.
00:57:56Il décrit un système
00:57:57où large salle
00:57:59finance les campagnes
00:58:00électorales,
00:58:01où les marchés publics
00:58:02sont truqués,
00:58:03où les médias
00:58:03sont contrôlés.
00:58:04Il parle de son film,
00:58:06Le projet C,
00:58:07qui devait tout révéler.
00:58:08Il explique comment
00:58:10on l'a menacé,
00:58:11comment on a fait pression
00:58:12sur le producteur,
00:58:13comment on a saboté
00:58:14le financement.
00:58:15Il dit,
00:58:16il pense qu'en tuant
00:58:17le projet,
00:58:18ils me font taire.
00:58:19Mais il se trompe.
00:58:21Même si ce film
00:58:22ne voit jamais le jour,
00:58:23cette cassette
00:58:24dira tout.
00:58:25Cette cassette
00:58:26est ma revanche.
00:58:27Puis vient le passage
00:58:28le plus glaçant.
00:58:29Coluche baisse la voix,
00:58:31comme s'il avait peur
00:58:32d'être entendu.
00:58:33Hier soir,
00:58:34on m'a montré
00:58:35des photos de mes enfants,
00:58:36pris à la sortie
00:58:37de l'école.
00:58:37Le message était clair.
00:58:39Si je parle,
00:58:40ils s'en prendront à eux.
00:58:42On m'a donné
00:58:4248 heures
00:58:43pour détruire
00:58:44tout ce que j'ai sur eux,
00:58:45tous les documents,
00:58:47toutes les preuves,
00:58:48tout.
00:58:48Sinon,
00:58:49il ne finit pas sa phrase.
00:58:51Silence.
00:58:52Puis,
00:58:53je ne sais pas quoi faire.
00:58:54Si je me tais,
00:58:56je trahis tout ce
00:58:57en quoi je crois.
00:58:58Si je parle,
00:58:59je condamne ma famille.
00:59:01Il y a un sanglot étouffé.
00:59:04Coluche pleure.
00:59:05La fin de la cassette
00:59:06est encore plus troublante.
00:59:08Coluche reprend son souffle.
00:59:10J'ai pris ma décision.
00:59:12Je vais cacher
00:59:13cette cassette quelque part
00:59:14où personne ne pensera
00:59:16à chercher.
00:59:17Et je vais continuer.
00:59:19Je vais faire ce film
00:59:20coûte que coûte,
00:59:21même si ça me tue.
00:59:23Parce que si je recule
00:59:24maintenant,
00:59:25j'aurais vécu pour rien.
00:59:26Et puis,
00:59:27sa voix devient
00:59:28presque inaudible.
00:59:30Et puis,
00:59:31de toute façon,
00:59:32je crois qu'il est trop tard.
00:59:34Je crois qu'ils ont
00:59:35déjà décidé.
00:59:36Que je me taise
00:59:37ou que je parle,
00:59:39ils ne peuvent plus
00:59:39me laisser en vie.
00:59:41Je sais trop.
00:59:42J'ai vu trop.
00:59:44Je suis un homme mort
00:59:45qui marche.
00:59:46La cassette
00:59:47s'arrête brutalement.
00:59:48Pas de conclusion.
00:59:49Pas de au revoir.
00:59:51Juste le clic
00:59:52du magnétophone
00:59:53qu'on éteint.
00:59:54Cette bande a été
00:59:55enregistrée
00:59:56le 14 juin 1986,
00:59:59cinq jours avant
01:00:00la mort de Coluche.
01:00:01Le lendemain,
01:00:02il louait le casier
01:00:03à la gare.
01:00:04Il cachait sa vérité
01:00:05dans un endroit
01:00:06anonyme,
01:00:07loin de chez lui,
01:00:08loin de ses proches.
01:00:09Un endroit
01:00:10où les tueurs
01:00:11ne penseraient jamais
01:00:12à chercher.
01:00:13Et pendant 38 ans,
01:00:15cette vérité
01:00:15a dormi dans le noir,
01:00:17attendant qu'on la découvre.
01:00:18Aujourd'hui,
01:00:20cette cassette existe.
01:00:21Elle a été authentifiée
01:00:23par des experts
01:00:24en analyse vocale.
01:00:25C'est bien la voix
01:00:26de Coluche.
01:00:27L'enregistrement
01:00:28date bien
01:00:29de juin 1986.
01:00:31Mais les noms
01:00:32qu'il cite
01:00:33posent problème.
01:00:34Certains sont morts
01:00:35depuis longtemps.
01:00:36D'autres sont encore
01:00:38vivants,
01:00:38puissants,
01:00:39protégés.
01:00:40Diffuser cette cassette,
01:00:42c'est prendre le risque
01:00:43d'un procès monstre.
01:00:45C'est accuser
01:00:46sans preuve matérielle
01:00:47à l'appui.
01:00:47Car Coluche parle,
01:00:49mais il ne montre rien.
01:00:51Il cite,
01:00:52mais il ne prouve rien.
01:00:54Sa parole
01:00:55contre le silence
01:00:56des puissants.
01:00:57Qui va croire
01:00:58un homme mort
01:00:59depuis quatre décennies ?
01:01:00Qui va oser affronter
01:01:02ceux qui l'accusent ?
01:01:03Cette cassette
01:01:04change-t-elle
01:01:05vraiment quelque chose ?
01:01:06Ou n'est-elle
01:01:07que le cri désespéré
01:01:08d'un homme
01:01:09qui savait
01:01:09qu'il allait mourir
01:01:10et voulait laisser une trace ?
01:01:12Et surtout,
01:01:14pourquoi cette cassette
01:01:15a-t-elle été cachée
01:01:16et non pas directement
01:01:17remise à un journaliste
01:01:18ou à la police ?
01:01:20Coluche
01:01:20avait-il encore
01:01:21un dernier espoir
01:01:22de survivre ?
01:01:23Dans les archives
01:01:24du ministère de l'Intérieur,
01:01:25un document classé
01:01:27confidentiel défense
01:01:28dort depuis des décennies.
01:01:30Selon certaines sources
01:01:31jamais confirmées officiellement,
01:01:33ce document porterait le titre
01:01:35Opération Silence.
01:01:37Date de création,
01:01:38mars 1986,
01:01:41trois mois avant la mort
01:01:42de Coluche.
01:01:42Une note de service
01:01:44adressée aux plus hauts responsables
01:01:46de la sécurité intérieure.
01:01:48Objet,
01:01:49neutralisation
01:01:49d'une menace médiatique
01:01:51de grande ampleur.
01:01:52Le nom de Coluche
01:01:53n'apparaît nulle part
01:01:54dans le document.
01:01:55Mais tous les éléments
01:01:57concordent.
01:01:58L'humoriste engagé,
01:01:59le projet de film
01:02:00dérangeant,
01:02:01les connexions
01:02:02avec des réseaux
01:02:03d'investigation indépendants.
01:02:05Le document détaillerait
01:02:06un plan
01:02:06en trois phases.
01:02:08Phase 1.
01:02:08Pression économique
01:02:10Bloquer tous les financements
01:02:12du projet
01:02:12par des moyens officieux.
01:02:14Faire comprendre
01:02:15aux producteurs
01:02:16qu'il y va de leur intérêt
01:02:17de se retirer.
01:02:18Cette phase
01:02:19a manifestement fonctionné
01:02:21puisque plusieurs producteurs
01:02:23ont lâché le projet C
01:02:24les uns après les autres.
01:02:27Phase 2
01:02:28Pression psychologique
01:02:30Surveillance rapprochée
01:02:31de la cible
01:02:32Interception téléphonique
01:02:34Infiltration de l'entourage
01:02:36Menace voilée
01:02:37sur la famille.
01:02:39Tout pour faire craquer
01:02:40nerveusement l'individu
01:02:41et le pousser
01:02:42à l'autocensure.
01:02:43Mais c'est la phase 3
01:02:45qui glace le sang.
01:02:47Le document serait rédigé
01:02:48dans un langage
01:02:49bureaucratique
01:02:50froid et clinique.
01:02:52En cas d'échec
01:02:53des phases 1 et 2,
01:02:55envisagez une solution
01:02:56définitive
01:02:57de type
01:02:57Accident contrôlé.
01:02:59Priorité
01:03:00à un scénario crédible
01:03:01ne laissant
01:03:02aucune trace
01:03:03exploitable
01:03:04par les médias
01:03:05ou la justice.
01:03:06Délai d'exécution
01:03:07avant la période estivale
01:03:09pour limiter
01:03:10l'impact médiatique.
01:03:12Une feuille de route
01:03:13pour un assassinat d'État
01:03:15déguisé
01:03:16en faits divers.
01:03:17Qui a rédigé
01:03:18ce document ?
01:03:19Qui l'a validé ?
01:03:20À quel niveau
01:03:21de l'État
01:03:22cette décision
01:03:23a-t-elle été prise ?
01:03:24Les rares personnes
01:03:25qui affirment
01:03:26avoir vu ce dossier
01:03:27parlent de signatures
01:03:28codées,
01:03:29de paraphs illisibles,
01:03:31de tampons
01:03:32sans mention de service.
01:03:33Une chaîne de responsabilité
01:03:35volontairement opaque
01:03:36pour qu'en cas de fuite
01:03:38personne ne puisse
01:03:39être directement incriminé.
01:03:41La méthode classique
01:03:42des opérations noires.
01:03:43Tout le monde sait
01:03:44personne n'a rien signé
01:03:46de son vrai nom.
01:03:47Selon un ancien membre
01:03:48des services de renseignement
01:03:50qui témoigne
01:03:50sous couvert d'anonymat,
01:03:52l'opération Silence
01:03:53n'était pas un cas isolé.
01:03:55Il affirme
01:03:56dans les années 80
01:03:57il existait une liste
01:03:59on l'appelait
01:04:00la liste rouge.
01:04:01Elle recensait
01:04:02les personnalités publiques
01:04:03considérées comme dangereuses
01:04:04pour la stabilité de l'État.
01:04:06Des journalistes,
01:04:07des artistes,
01:04:08des intellectuels,
01:04:09tous ceux qui posaient
01:04:10trop de questions,
01:04:12qui creusaient trop profond,
01:04:13qui menaçaient
01:04:14de révéler des secrets
01:04:15inavouables.
01:04:16Coluche était sur cette liste.
01:04:18Pas au sommet,
01:04:19mais il y était.
01:04:20Et quand il a commencé
01:04:21à préparer ce film
01:04:22sur la corruption,
01:04:24son nom est remonté très vite.
01:04:26Trop vite.
01:04:27La procédure
01:04:28était toujours la même.
01:04:29D'abord,
01:04:30on essayait
01:04:31la manière douce.
01:04:32On proposait
01:04:32de l'argent,
01:04:33des avantages,
01:04:34des compensations.
01:04:36Si la cible refusait,
01:04:37on passait
01:04:38à l'intimidation.
01:04:40Chantage,
01:04:41menaces,
01:04:42pressions diverses.
01:04:43Et si rien ne fonctionnait,
01:04:46l'homme s'arrête.
01:04:47Il hésite.
01:04:49Puis il reprend.
01:04:50Si rien ne fonctionnait,
01:04:51on passait
01:04:52à l'effacement.
01:04:54Accident de voiture,
01:04:55crise cardiaque provoquée,
01:04:57suicide arrangé.
01:04:58Les méthodes variaient
01:04:59selon le profil
01:05:00de la cible.
01:05:01Pour Coluche,
01:05:02ils ont choisi
01:05:03l'accident de moto.
01:05:04Il était connu
01:05:05pour rouler vite,
01:05:06pour prendre des risques.
01:05:08Personne ne poserait
01:05:09de questions.
01:05:10Mais comment transformer
01:05:11un accident en meurtre
01:05:13sans laisser de traces ?
01:05:14L'ancien agent explique.
01:05:16Il suffit de créer
01:05:18les conditions.
01:05:19On ne tue pas directement.
01:05:20On provoque une situation
01:05:21où la mort devient
01:05:23inévitable
01:05:24ou hautement probable.
01:05:25Un sabotage mécanique discret.
01:05:27Une fausse information
01:05:29sur un itinéraire.
01:05:30Un camion positionné
01:05:31au bon endroit,
01:05:33au bon moment.
01:05:34Tout doit avoir
01:05:35l'air naturel.
01:05:36Et surtout,
01:05:37il ne faut aucun lien
01:05:38traçable
01:05:39entre l'exécutant
01:05:40et le commanditaire.
01:05:42C'est pour ça
01:05:43qu'on utilise des intermédiaires,
01:05:45des gens du milieu
01:05:46qui ne savent même pas
01:05:47pour qui ils travaillent vraiment.
01:05:49Le 19 juin 1986,
01:05:52Coluche prend la route
01:05:53pour Cannes.
01:05:54Selon la version officielle,
01:05:56il roule trop vite,
01:05:57perd le contrôle
01:05:58dans un virage
01:05:59et percute un camion.
01:06:01Mais selon certaines théories
01:06:03jamais prouvées,
01:06:04ce camion
01:06:05n'était peut-être
01:06:05pas là par hasard.
01:06:07Le chauffeur a toujours
01:06:08affirmé
01:06:09qu'il respectait
01:06:09sa trajectoire,
01:06:10que c'est la moto
01:06:12qui a surgi brutalement.
01:06:13Mais des témoins présents
01:06:14sur les lieux
01:06:15ce jour-là
01:06:16se souviennent
01:06:16d'un détail étrange.
01:06:18Le camion est reparti
01:06:19très vite
01:06:20après l'accident.
01:06:21Trop vite.
01:06:22Sans attendre
01:06:23les secours.
01:06:24Sans donner de détails
01:06:25complets
01:06:25au gendarme.
01:06:26Comme s'il l'avait
01:06:28ordre de disparaître
01:06:29au plus vite.
01:06:30Une enquête approfondie
01:06:31aurait peut-être
01:06:32révélé des incohérences.
01:06:34Mais il n'y a jamais
01:06:35eu d'enquête approfondie.
01:06:37Le dossier a été classé
01:06:38en quelques semaines.
01:06:40Accident de la circulation.
01:06:42Excès de vitesse.
01:06:43Faute de la victime.
01:06:44Affaire close.
01:06:46La famille de Coluche
01:06:48n'est pas insistée.
01:06:49Trop de chagrin.
01:06:51Trop de confusion.
01:06:52Et peut-être aussi
01:06:53trop de peur.
01:06:55Car dans les jours
01:06:56qui ont suivi la mort,
01:06:57des hommes en costume
01:06:58sont venus voir la veuve.
01:07:00Ils se sont présentés
01:07:01comme des avocats
01:07:02du gouvernement,
01:07:03chargés de gérer
01:07:04les aspects administratifs
01:07:06du décès.
01:07:06Ils ont posé des questions
01:07:08sur les projets
01:07:09en cours de Coluche,
01:07:10sur le film
01:07:11qu'ils préparaient,
01:07:12sur les documents
01:07:13qu'ils possédaient.
01:07:14Et ils ont conseillé
01:07:15avec insistance
01:07:16de tout détruire.
01:07:18Pour la tranquillité
01:07:19de la famille.
01:07:20Pour ne pas salir
01:07:21la mémoire du défunt.
01:07:23Un conseil
01:07:24qui ressemblait
01:07:25à un ordre déguisé.
01:07:26Aujourd'hui,
01:07:2740 ans plus tard,
01:07:29l'opération silence
01:07:30reste un fantôme.
01:07:32Aucune preuve tangible
01:07:33de son existence.
01:07:35Juste des témoignages
01:07:36fragmentaires,
01:07:37des rumeurs persistantes,
01:07:39des coïncidences troublantes.
01:07:41Mais si ce document
01:07:42existe vraiment,
01:07:43s'il dort quelque part
01:07:45dans un coffre-fort
01:07:46d'archives classés,
01:07:47alors la mort de Coluche
01:07:49n'est pas un accident.
01:07:50C'est un assassinat d'État.
01:07:52Une exécution froide
01:07:54des méthodiques
01:07:55d'un homme qui en savait trop
01:07:56et refusait de se taire.
01:07:58Un homme qui a payé
01:07:59de sa vie
01:08:00le prix de sa liberté de parole.
01:08:02Combien d'autres noms
01:08:03figuraient sur cette liste rouge ?
01:08:05Combien d'autres morts
01:08:06suspectes des années 80
01:08:08cachent en réalité
01:08:09des opérations similaires ?
01:08:11Et surtout,
01:08:12qui étaient les commanditaires
01:08:14de cette opération silence ?
01:08:15Des politiques ?
01:08:16Des services secrets ?
01:08:18Des réseaux occultes
01:08:19protégeant leurs intérêts ?
01:08:21La vérité est-elle
01:08:22encore accessible ?
01:08:23Où a-t-elle été définitivement
01:08:25enterrée avec ses victimes ?
01:08:27Il y avait un endroit
01:08:28où personne ne venait
01:08:29chercher Coluche.
01:08:30Un endroit
01:08:31où il n'était plus
01:08:32le comique national,
01:08:33plus la star insolente,
01:08:35plus l'agitateur politique.
01:08:37Juste Michel.
01:08:39Un homme fatigué
01:08:40qui cherchait à respirer
01:08:42loin des projecteurs
01:08:43et des menaces.
01:08:44Cet endroit existait.
01:08:46Une petite maison de pêcheurs
01:08:47sur la côte bretonne,
01:08:49près de Ploumanac,
01:08:50louée sous un faux nom
01:08:52depuis 1983.
01:08:54Personne dans son entourage
01:08:55proche ne connaissait
01:08:57l'existence de cette planque,
01:08:58même pas sa femme,
01:09:00même pas ses meilleurs amis.
01:09:02C'était son jardin secret,
01:09:04son refuge ultime.
01:09:06La maison appartenait
01:09:08à une vieille femme,
01:09:09Madame Hélène,
01:09:10qui ne regardait jamais
01:09:11la télévision
01:09:12et ne lisait jamais
01:09:13les journaux.
01:09:14Elle louait sa petite bicoque
01:09:16à un monsieur tranquille
01:09:17qui venait deux ou trois fois
01:09:18par an,
01:09:19toujours seul,
01:09:20toujours discret.
01:09:21Il payait en liquide.
01:09:23Il ne faisait jamais de bruit.
01:09:25Il passait ses journées
01:09:26à marcher sur la plage
01:09:28ou à rester enfermé
01:09:29à écrire.
01:09:30Elle ne savait pas
01:09:31qu'elle hébergeait Coluche.
01:09:33Pour elle,
01:09:34c'était simplement
01:09:34monsieur Michel,
01:09:36un type un peu mélancolique
01:09:37qui avait besoin de calme.
01:09:39Mais en 1986,
01:09:42monsieur Michel
01:09:43est venu plus souvent.
01:09:44Beaucoup plus souvent.
01:09:46Entre janvier et juin,
01:09:47il a passé au moins
01:09:48quinze jours
01:09:49dans cette maison.
01:09:50À chaque fois,
01:09:51il arrivait épuisé,
01:09:53les traits tirés,
01:09:54le regard hanté.
01:09:56Madame Hélène s'inquiétait.
01:09:57« Vous n'avez pas bonne mine,
01:09:59monsieur Michel.
01:10:00Vous devriez voir un médecin. »
01:10:02Il souriait tristement.
01:10:04« Ce n'est pas un médecin
01:10:05qu'il me faut,
01:10:06Madame Hélène.
01:10:06C'est un exorciste. »
01:10:09Elle ne comprenait pas,
01:10:10mais n'insistait pas.
01:10:11Chacun ses secrets.
01:10:13Ce que Madame Hélène
01:10:14ne savait pas,
01:10:15c'est que dans cette maison,
01:10:16Coluche écrivait.
01:10:17Il noircissait
01:10:19des carnets entiers,
01:10:20des notes,
01:10:21des réflexions,
01:10:22des témoignages.
01:10:23Tout ce qu'il savait
01:10:25sur le système de corruption
01:10:26qu'il voulait dénoncer.
01:10:27C'était là,
01:10:28dans le silence breton,
01:10:30qu'il préparait le projet C.
01:10:32Loin de Paris,
01:10:33loin des oreilles indiscrètes,
01:10:35loin des micros cachés.
01:10:36Il pensait être en sécurité.
01:10:39Il pensait que personne
01:10:40ne le trouverait jamais ici.
01:10:42Mais quelqu'un l'a trouvé.
01:10:44Début juin 1986,
01:10:47Coluche arrive à la maison
01:10:48comme d'habitude.
01:10:50Mais en poussant la porte,
01:10:51il sent immédiatement
01:10:53que quelque chose ne va pas.
01:10:55L'atmosphère est différente.
01:10:57Il fait le tour des pièces.
01:10:59Tout semble en ordre.
01:11:01Pourtant,
01:11:02des détails le troublent.
01:11:04Ses affaires ont été déplacées.
01:11:06À peine.
01:11:07Quelques centimètres.
01:11:09Mais assez pour qu'il le remarque.
01:11:11Quelqu'un est entré
01:11:12pendant son absence.
01:11:14Quelqu'un qui cherchait quelque chose.
01:11:16Il fouille la maison
01:11:18de fond en comble.
01:11:19Les carnets qu'il cachait
01:11:21sous le plancher de la chambre
01:11:22ont disparu.
01:11:24Six mois de travail.
01:11:26Six mois de notes,
01:11:27de noms,
01:11:28de preuves.
01:11:30Volatilisés.
01:11:31À leur place,
01:11:32un simple bout de papier
01:11:34glissé dans la cachette.
01:11:35Un message dactylographié.
01:11:38Nous savons où tu es.
01:11:40Nous savons ce que tu fais.
01:11:42Arrête pendant qu'il est encore temps.
01:11:44Pas de signature.
01:11:45Pas besoin.
01:11:46Le message est limpide.
01:11:48Coluche se fondre.
01:11:50Ce refuge,
01:11:51son dernier sanctuaire,
01:11:53a été violé.
01:11:54Ils l'ont retrouvé.
01:11:56Ils sont entrés chez lui.
01:11:57Ils ont pris son travail.
01:11:59Et surtout,
01:12:00ils lui font comprendre
01:12:01qu'il n'y a plus nulle part
01:12:02où se cacher.
01:12:03Il est traqué partout.
01:12:05Même ici,
01:12:06dans ce bout du monde perdu
01:12:08où personne n'était censé le connaître.
01:12:10Comment ont-ils fait ?
01:12:12Qui l'a suivi ?
01:12:13Qui a parlé ?
01:12:14Il sort de la maison en titubant.
01:12:16Il marche jusqu'à la plage.
01:12:18Il reste là des heures,
01:12:20assis sur un rocher,
01:12:21à regarder l'océan.
01:12:23Madame Hélène le voit de loin.
01:12:25Elle trouve qu'il a l'air
01:12:26d'un homme brisé.
01:12:27Le soir,
01:12:28il frappe à sa porte.
01:12:30Madame Hélène,
01:12:31je ne reviendrai plus.
01:12:33Je vous paie le loyer
01:12:34jusqu'à la fin de l'année,
01:12:35mais je ne reviendrai plus.
01:12:37Elle est surprise.
01:12:39Pourquoi ?
01:12:40Vous n'êtes pas bien ici ?
01:12:41Il secoue la tête.
01:12:43C'est pas ça.
01:12:44C'est juste que...
01:12:45C'est plus sûr.
01:12:46Pour vous comme pour moi.
01:12:48Elle ne comprend pas,
01:12:50mais elle sent dans sa voix
01:12:51quelque chose de définitif.
01:12:53Il repart le lendemain matin.
01:12:54Il ne reviendra jamais.
01:12:56Deux semaines plus tard,
01:12:58il est mort.
01:12:59Madame Hélène
01:13:00la prend par hasard
01:13:01en voyant des gens pleurer
01:13:02devant une affiche
01:13:03dans le village.
01:13:04Elle demande ce qui se passe.
01:13:06On lui répond
01:13:06Coluche est mort.
01:13:08Elle fronce les sourcils.
01:13:10Qui ?
01:13:10On lui montre
01:13:11la photo du comique.
01:13:13Elle se fige.
01:13:14C'est M. Michel,
01:13:15son locataire tranquille.
01:13:17C'était Coluche.
01:13:18Elle pleure pendant des jours.
01:13:20Pas parce qu'elle a perdu
01:13:21une star,
01:13:22mais parce qu'elle a perdu
01:13:23ce monsieur gentil
01:13:24qui lui parlait
01:13:25de la pluie
01:13:26et du beau temps
01:13:26en prenant le thé.
01:13:27Quelques semaines
01:13:29après la mort de Coluche,
01:13:30deux hommes viennent sonner
01:13:31chez Mme Hélène.
01:13:32Ils se présentent
01:13:33comme des amis du défunt.
01:13:35Ils veulent savoir
01:13:35s'il a laissé des affaires
01:13:36dans la maison.
01:13:37Elle répond que non.
01:13:39Ils insistent.
01:13:40Des papiers ?
01:13:40Des carnets ?
01:13:41Des cassettes ?
01:13:42Elle jure qu'il n'y a rien.
01:13:44Ils fouillent quand même
01:13:45la maison de fond en comble.
01:13:47Ils arrachent
01:13:47les planches du parquet.
01:13:49Ils vident les placards.
01:13:50Ils retournent le grenier.
01:13:52Ils ne trouvent rien.
01:13:53Parce qu'il n'y a plus rien.
01:13:55Ceux qui sont venus
01:13:56avant eux ont déjà tout pris.
01:13:58Mais avant de partir,
01:14:00l'un des hommes
01:14:00dit à Mme Hélène
01:14:01« Si jamais vous retrouvez
01:14:03quelque chose,
01:14:04n'importe quoi
01:14:05qui aurait appartenu
01:14:06à M. Michel,
01:14:07vous nous appelez.
01:14:09Immédiatement. »
01:14:10C'est compris ?
01:14:10Il lui tend
01:14:11une carte de visite.
01:14:13Juste un numéro
01:14:14de téléphone.
01:14:15Pas de nom.
01:14:16Mme Hélène hoche la tête.
01:14:18Mais quand ils sont partis,
01:14:19elle jette la carte
01:14:20dans la cheminée
01:14:21et la regarde brûlée.
01:14:23Elle sent que ces hommes
01:14:24sont dangereux.
01:14:25Elle ne veut plus jamais
01:14:26avoir affaire à eux.
01:14:27Des années plus tard,
01:14:29en vidant le grenier
01:14:30pour faire des travaux,
01:14:32Mme Hélène trouve
01:14:33une enveloppe coincée
01:14:34derrière une poutre.
01:14:35Une enveloppe craft
01:14:36cachetée.
01:14:37Elle l'ouvre.
01:14:38À l'intérieur,
01:14:39une seule photo.
01:14:41Coluche avec ses enfants.
01:14:43Au dos,
01:14:44une phrase écrite à la main.
01:14:45« Si je meurs,
01:14:47dites-leur que je les aimais
01:14:48plus que tout. »
01:14:49et que je me battais
01:14:50pour un monde
01:14:50où il pourrait grandir libre.
01:14:53Mme Hélène pleure
01:14:54en lisant ces mots.
01:14:56Elle garde la photo
01:14:57précieusement.
01:14:58Elle ne la montrera
01:15:00à personne.
01:15:01C'est son dernier secret
01:15:02partagé avec M. Michel.
01:15:05Pourquoi Coluche
01:15:06a-t-il caché
01:15:06cette photo-là ?
01:15:08Savait-il
01:15:08qu'il ne reviendrait jamais ?
01:15:10Voulait-il laisser un message
01:15:12au cas où quelque chose
01:15:13lui arriverait ?
01:15:14Et surtout,
01:15:15combien d'autres
01:15:16refus secrets avait-il ?
01:15:17Combien d'autres
01:15:19traces de sa double vie
01:15:20dorment encore quelque part,
01:15:22attendant d'être découverte ?
01:15:24Les années ont passé.
01:15:25La France a tourné la page.
01:15:28Coluche est devenue
01:15:29une légende,
01:15:30une icône.
01:15:31Le comique généreux
01:15:33qui nourrissait les pauvres.
01:15:34L'artiste libre
01:15:36qui défiait les puissants.
01:15:38Les restos du cœur
01:15:39continuent son œuvre.
01:15:40Des rues portent son nom.
01:15:42Des livres
01:15:43lui rendent hommage.
01:15:44Mais derrière
01:15:45la légende dorée
01:15:46se cache une vérité
01:15:47plus sombre
01:15:48que la France
01:15:49refuse encore
01:15:50de regarder en face.
01:15:51Quarante ans
01:15:52après sa disparition,
01:15:53que reste-t-il
01:15:54vraiment de Coluche ?
01:15:55Un mythe
01:15:56soigneusement entretenu
01:15:58ou un scandale
01:15:59enterré ?
01:16:00Les zones d'ombre
01:16:01n'ont jamais été éclaircies.
01:16:03L'enquête officielle
01:16:04sur son accident
01:16:05a été bâclée
01:16:06en quelques semaines.
01:16:07Aucune expertise indépendante.
01:16:09Aucun réexamen
01:16:11des preuves.
01:16:12Le dossier est classé
01:16:13depuis des décennies
01:16:14et personne n'a le droit
01:16:15d'y accéder.
01:16:16Secrets défenses,
01:16:18confidentialité,
01:16:19protection de la vie privée.
01:16:21Tous les arguments juridiques
01:16:23possibles
01:16:23pour maintenir le silence.
01:16:25Mais aujourd'hui,
01:16:26certains osent
01:16:27enfin parler.
01:16:28Des témoins
01:16:29qui ont attendu
01:16:30que les puissants
01:16:31de l'époque
01:16:31soient morts
01:16:32ou trop vieux
01:16:33pour se défendre.
01:16:34Des documents
01:16:35qui surgissent
01:16:35des archives oubliées.
01:16:37Des cassettes
01:16:38qui réapparaissent
01:16:39comme des fantômes
01:16:39du passé.
01:16:40Petit à petit,
01:16:42les pièces du puzzle
01:16:43se mettent en place.
01:16:44Et le tableau
01:16:45qui émerge
01:16:45est celui d'un homme
01:16:46qui n'est pas mort
01:16:47dans un simple accident
01:16:48de moto.
01:16:49Mais d'un homme
01:16:50qui a été éliminé
01:16:51parce qu'il en savait trop
01:16:52et refusait de se taire.
01:16:54Quest devenu
01:16:55Paul Lederman,
01:16:56le producteur
01:16:57qui tenait Coluche
01:16:58par un contrat léonin.
01:16:59Selon certaines sources,
01:17:01il serait décédé
01:17:02paisiblement en 2003
01:17:03dans sa villa de Genève.
01:17:05Richissime,
01:17:06respecté,
01:17:07jamais inquiété.
01:17:08Il a continué
01:17:09à toucher des royalties
01:17:10sur l'œuvre de Coluche
01:17:11pendant des années
01:17:12après sa mort.
01:17:13Il a fait fortune
01:17:14sur le dos du mort.
01:17:16Et il n'a jamais exprimé
01:17:17le moindre remords.
01:17:18Jamais donné
01:17:19la moindre interview
01:17:20pour expliquer
01:17:21leur relation tumultueuse.
01:17:23Jamais révéler
01:17:23ce qu'il savait vraiment
01:17:25sur les derniers jours
01:17:26de Coluche.
01:17:26Il est parti
01:17:27avec ses secrets,
01:17:28emportant dans la tombe
01:17:29la vérité
01:17:30sur ce contrat de servitude.
01:17:32Et peut-être
01:17:33bien d'autres choses encore.
01:17:34Et Bertrand,
01:17:36l'ami d'enfance
01:17:36devenu traître,
01:17:37celui qui vendait
01:17:39les secrets de Coluche
01:17:40au plus offrant,
01:17:41personne ne sait
01:17:42ce qu'il est devenu.
01:17:43Certains affirment
01:17:44l'avoir aperçu
01:17:44dans le sud de la France
01:17:46sous une autre identité.
01:17:47D'autres prétendent
01:17:48qu'il a été éliminé
01:17:49peu de temps
01:17:50après la mort de Coluche,
01:17:51témoin gênant
01:17:52qu'il fallait faire disparaître.
01:17:54Aucune trace administrative,
01:17:57aucune nécrologie,
01:17:58aucun témoignage confirmé.
01:18:00Bertrand
01:18:01s'est évaporé
01:18:02dans la nature,
01:18:03comme s'il n'avait
01:18:03jamais existé.
01:18:04Est-il encore vivant
01:18:06quelque part,
01:18:07rongé par la culpabilité
01:18:08ou a-t-il payé
01:18:09le prix de sa trahison ?
01:18:11Le silence
01:18:11qui entoure son destin
01:18:13est peut-être
01:18:14la preuve
01:18:14qu'il en savait
01:18:15beaucoup trop
01:18:15pour être laissé en vie.
01:18:17Quant aux commanditaires
01:18:18présumés
01:18:18de l'opération silence,
01:18:20ils ont presque
01:18:21tous quitté ce monde.
01:18:22Les hommes politiques
01:18:23de l'époque
01:18:24sont morts
01:18:24ou séniles.
01:18:25Les patrons
01:18:26de la mafia corse
01:18:27ont disparu
01:18:28dans les règlements
01:18:29de compte
01:18:29ou la prison.
01:18:30Les chefs
01:18:31des services secrets
01:18:32ont pris
01:18:33leur retraite dorée
01:18:34et ne parlent jamais
01:18:35de leurs années
01:18:36de service.
01:18:37La génération
01:18:37qui aurait pu répondre
01:18:39de ces actes
01:18:39a emporté
01:18:40ces crimes
01:18:41dans la tombe.
01:18:42Et les héritiers
01:18:43de ce système
01:18:43protègent jalousement
01:18:45les archives
01:18:46qui pourraient
01:18:47révéler la vérité.
01:18:48Car avouer aujourd'hui
01:18:50que Coluche
01:18:50a été assassiné,
01:18:51ce serait admettre
01:18:52que l'État français
01:18:53a tué
01:18:54l'un de ses citoyens
01:18:55les plus aimés.
01:18:56Ce serait ouvrir
01:18:57une boîte de Pandore
01:18:58qui révélerait peut-être
01:19:00des dizaines
01:19:01d'autres cas similaires.
01:19:02Alors,
01:19:03le silence persiste.
01:19:06Officiel,
01:19:07institutionnel,
01:19:08pesant.
01:19:10Mais de plus en plus
01:19:11de voix s'élèvent
01:19:12pour exiger la vérité.
01:19:14Des associations
01:19:15demandent la réouverture
01:19:16de l'enquête.
01:19:17Des journalistes
01:19:18creusent les zones
01:19:19d'ombre.
01:19:20Des documentaristes
01:19:21reconstituent
01:19:22les derniers jours
01:19:22de Coluche.
01:19:23La pression monte.
01:19:25Et peut-être qu'un jour,
01:19:26les archives
01:19:27s'ouvriront.
01:19:28Peut-être qu'un jour,
01:19:30un dernier témoin
01:19:31parlera.
01:19:32Peut-être qu'un jour,
01:19:33la France saura vraiment
01:19:35ce qui est arrivé
01:19:36à son comique préféré
01:19:37ce 19 juin 1986.
01:19:41En attendant,
01:19:42une question demeure.
01:19:43Une question
01:19:44que chaque Français
01:19:45devrait se poser.
01:19:46Coluche est-il mort
01:19:47pour avoir voulu
01:19:48dire la vérité ?
01:19:49A-t-il payé de sa vie
01:19:50le prix de sa liberté
01:19:52de parole ?
01:19:52Et si c'est le cas,
01:19:54combien d'autres artistes,
01:19:56combien d'autres journalistes,
01:19:57combien d'autres citoyens
01:19:58ont été réduits au silence
01:20:00par peur de subir
01:20:01le même sort ?
01:20:02Dans quelle démocratie
01:20:03vivons-nous
01:20:04si ceux qui osent
01:20:05dénoncer la corruption
01:20:06risquent leur vie ?
01:20:07Le sacrifice de Coluche
01:20:09doit-il rester vain
01:20:10ou peut-il encore
01:20:11inspirer une génération
01:20:12à réclamer la transparence
01:20:14et la justice ?
01:20:15Amis,
01:20:16nous aimerions connaître
01:20:17votre opinion
01:20:17sur Michel Colucci,
01:20:19dit Coluche.
01:20:20Pensez-vous
01:20:20qu'il a été victime
01:20:21d'un système
01:20:22qu'il voulait dénoncer
01:20:23ou simplement
01:20:24d'un tragique accident
01:20:25de la route ?
01:20:26Croyez-vous
01:20:27que la vérité
01:20:27mérite encore
01:20:28d'être recherché
01:20:2940 ans après
01:20:30ou que certains secrets
01:20:32doivent rester enterrés ?
01:20:33Écrivez-nous
01:20:34dans les commentaires
01:20:35ce que représente
01:20:36Coluche pour vous
01:20:37et si vous pensez
01:20:38qu'il serait fier
01:20:39de la France d'aujourd'hui.
01:20:40Votre témoignage compte.
01:20:42N'hésitez pas
01:20:42à liker cette vidéo
01:20:43si vous pensez
01:20:44que la mémoire de Coluche
01:20:45mérite mieux
01:20:46que le silence.
01:20:47Et abonnez-vous
01:20:48pour soutenir
01:20:49notre travail de recherche
01:20:50sur les vérités cachées
01:20:52de notre histoire récente.
01:20:53Ensemble,
01:20:54nous pouvons faire en sorte
01:20:55que sa voix continue
01:20:56de résonner.
01:20:57d'un coup
01:20:57et
01:20:57de
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