00:00Elle a eu un père qui traque les pédocriminalités, les pédocriminels, parce que, dans son quotidien, il a dû y
00:06faire face.
00:06Bonjour Georges Bellilo.
00:08Oui, bonjour.
00:09Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes le papa d'une jeune adolescente de 12 ans, victime,
00:14elle, d'un pédocriminalité, d'un pédocriminel.
00:17Et je vous remercie d'être avec nous ce matin, parce que vous avez notamment écrit une lettre ouverte au
00:21ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avec ces mots
00:23« À quoi servent les promesses de protection lorsque les institutions censées protéger les plus vulnérables échouent ? »
00:30Pourquoi avoir adressé cette lettre à Gérald Darmanin ?
00:33Parce que, déjà, je lui avais adressé deux messages, justement, pour le sensibiliser par rapport à la pédocriminalité.
00:39Et aussi, pour mon affaire, je ne le cacherai pas. Donc, je n'ai pas eu de réponse.
00:44Et ces deux messages, en fait, remontent avant le décès de Liana.
00:51Donc, peut-être que s'il m'avait écouté, ou peut-être que s'il m'avait répondu, on aurait
00:56pu trouver peut-être des solutions avec mon avocat,
01:00l'association Tim Moore, qui aurait pu y participer aussi. On aurait pu mettre des choses en place.
01:04Il a jugé peut-être utile de ne pas me répondre, ou il a pris ça à la légère. Je
01:10ne sais pas, en fait.
01:12Donc, vous avez tenté de l'interpeller, on va dire, publiquement avec cette lettre ouverte.
01:18Non, non, c'était des messages en privé. Non, non, c'était deux messages en privé.
01:21Oui, oui. Et c'est après que vous avez fait la lettre ouverte.
01:23Oui, oui. Après, quand j'ai eu le décès de Liana, oui. Là, ça m'a mis en colère, en
01:31fait. Et oui, j'ai fait une lettre ouverte.
01:32Et vous savez, hélas, de quoi vous parlez. Parce que, l'année dernière, vous vous êtes personnellement lancé dans une
01:37traque
01:37afin de sauver votre propre fille d'un pédocriminalité, d'un pédocriminel. Le tout après une tentative de suicide, c
01:44'est cela ?
01:45C'est ça. C'est ça, c'est ça. Je suis allé, j'ai déposé plainte, en fait.
01:51Alors, sur le travail qui a été fait par les offices polyjudiciaires, je n'ai rien à lire, parce qu
01:55'eux font suivre, en fait.
01:56Georges Bellilo, peut-être, dans l'ordre, racontez ce qui s'est passé avec votre jeune fille.
02:01Vous avez découvert, en réalité, qu'elle échangeait avec un pédocriminalité, un pédocriminel, c'est ça ?
02:06Oui, c'est ça. Trois, d'ailleurs.
02:09Trois.
02:09Il y en a des trois.
02:10Et c'est suite à cette découverte et des échanges que vous avez observés avec eux qu'elle a fait
02:15une tentative de suicide.
02:16Et c'est ça aussi qui vous a poussé, vous, à aller les traquer personnellement ?
02:20Oui, c'est le lendemain de la plainte, en fait, qu'elle a fait ça.
02:25Donc, après, bon, moi, j'ai appelé le commissariat pour savoir où on en était par rapport à la plainte,
02:29s'ils avaient quelque chose.
02:32Non, ils n'avaient rien, puisqu'en plus de ça, il faut savoir que, quand il y a des réquisitions,
02:38Snapchat ne te communique pas.
02:40Des fois, ils ne répondent même pas, en fait, aux autorités.
02:44C'est-à-dire que vous, en tant que papa, vous avez porté plainte contre les pédocriminels qui échangeaient avec
02:48votre fille.
02:49Et une fois que vous êtes allé, on va dire, apporter quelques éléments, que vous avez, j'imagine, fait tout
02:54ce qu'il faut avec votre fille,
02:55dans un contexte difficile qu'on a du mal à imaginer, d'ailleurs, une fois que vous les appelez pour
02:59avoir des suites de l'enquête, rien ne se passe, c'est ça ?
03:03Ce n'est pas que rien ne se passe, c'est qu'ils n'avaient rien, en fait.
03:07Parce que quand il y a des réquisitions qui sont faites auprès de Snapchat, Snapchat ne communique pas, ne répond
03:12pas, en fait.
03:13Snapchat, pour ceux qui nous écoutent, c'est un réseau social avec un principe, normalement, de photos, vidéos, éphémères.
03:19Oui, c'est un vivier à pédocriminels, comme le JuroBlock, c'est comme parmi tant d'autres plateformes.
03:28Donc, si eux n'ont pas de réponse, il faut bien trouver une solution pour pouvoir les trouver, ces gens
03:34-là.
03:35Donc, c'est vous qui avez décidé de jouer à l'inspecteur, en réalité, et de vous renseigner sur leur
03:40profil ?
03:43Au deuxième coup de fil, vu qu'il n'y avait rien, oui, j'ai décidé de le chercher moi
03:46-même, oui.
03:48Et donc, comment vous y êtes pris ?
03:51J'ai été aidé aussi par la Team Moore, j'ai trouvé qu'en fait, l'individu avait plusieurs profils,
03:58en fait.
03:59J'ai tout épluché, la Team Moore m'en a donné d'autres, pardon.
04:08Ensuite, j'ai su qu'il travaillait, grâce à la Team Moore aussi, dans un ESAT.
04:15Il avait été licencié parce qu'il était impliqué dans un viol, faute de...
04:21En fait, la procédure n'a pas abouti, donc il s'en est bien sorti, il n'a rien eu
04:26pour ce viol-là.
04:27Le jour où on est passé au procès, le jour où il y a eu le procès, comment dire, il
04:33dit à la barre, ça a été ses mots à lui,
04:35pour mon premier viol, je n'ai rien eu.
04:38Pour mon premier viol, ce qui laisse supposer qu'il y en a d'autres derrière.
04:44Et malgré ça, il n'a eu que 12 mois de prison avec sursis probatoires sur deux ans.
04:49Obligation de soins, le même teint de soins que pour tout le monde, en fait.
04:54Et quand on voit aujourd'hui ce que vous faites, vous venez de le dire, il y a un deuxième,
04:58visiblement, pédocriminel qui se cache derrière les conversations qu'a pu avoir votre jeune fille.
05:04Quand vous avez vu l'affaire Liana qui déclenche toutes, on va dire, les attentions politiques, médiatiques, des professionnels, des
05:11associations,
05:12comment vous, le papa, vous avez réagi intérieurement ?
05:14Vous vous dites, il faut absolument que je parle parce que derrière, ce sont plusieurs Liana qui risquent de se
05:19reproduire.
05:22Oui, il y a de ça aussi.
05:24Pourquoi j'ai décidé de médiatiser aussi ?
05:26C'est pour pouvoir faire bouger les choses et surtout pour faire aussi de la prévention auprès des parents et
05:34des enfants.
05:35Et s'engager et aussi peut-être leur intimer et d'être extrêmement vigilants quant aux réseaux sociaux de leurs
05:43enfants.
05:43Merci beaucoup, Georges Bilello, d'avoir été avec nous, papa d'une adolescente de 12 ans, victime d'un pédocriminel,
05:48qui a décidé de se lancer lui-même dans la traque, notamment sur les réseaux sociaux,
05:52d'un maximum d'informations pour ensuite aller porter plainte et aider la police,
05:55malheureusement, il faut le dire, à faire tout simplement son travail.
05:58Merci beaucoup d'être passé ce matin dans le studio de Sud Radio, il est 8h25.
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