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Le général Patrick Dutartre était l'invité de BFMTV et RMC ce vendredi 12 juin pour évoquer la situation au Moyen-Orient, l'abandon de l'avion de combat Scaf ou encore le survol de New York par la patrouille de France.
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00:00Bonjour Général Patrick Dutartre.
00:02Bonjour Marie-Chanteret.
00:02Un habitué de nos antennes, merci beaucoup d'être là.
00:05Je le rappelle, vous êtes Général de l'Armée de l'Air,
00:07Pilote de chasse et ancien leader de la Patrouille de France.
00:10On a besoin de vous ce matin pour y voir plus clair
00:13sur ce qu'il se joue en ce moment sur le front de la guerre.
00:16Quelques heures après avoir promis de nouvelles attaques,
00:19fortes, très fortes, le Président américain a fait marche arrière
00:23en invoquant un accord avec l'Iran à la surprise générale.
00:27Écoutez-le, c'était hier soir.
00:30Nous avons mis fin à la guerre avec l'Iran aujourd'hui
00:33et ils ont accepté de ne jamais avoir d'armes nucléaires,
00:35ce que nous avons exigé.
00:37C'était tout l'objectif, c'était 95% de l'enjeu.
00:42Déclaration fracassante générale, mais dans la foulée,
00:45l'Iran a déclaré qu'aucune décision définitive n'a été prise
00:49concernant un accord de paix avec les Etats-Unis.
00:52Qu'est-ce que fait le Président américain ?
00:54Vous, le militaire que vous êtes, il se donne un peu d'air
00:57uniquement avant un week-end chargé, les 250 ans de l'indépendance américaine,
01:01un G7 qui arrive, c'est 80 ans à lui-même ?
01:03Oui, effectivement, le timing est plutôt pour ne pas reprendre les hostilités tout de suite
01:09avec tout ce qu'il y a à fêter en fait, mais c'est vrai qu'on se perd un
01:12peu
01:13et le monde est suspendu au poste du Président Trump.
01:17Et on se demande parfois s'il ne transforme pas ses désirs en réalité.
01:21En fait, ce qui semble clair, c'est qu'évidemment, il veut trouver un accord avec l'Iran
01:27et les gardiens de la révolution, notamment sur le nucléaire.
01:30Ça, c'est son obsession et on peut le comprendre.
01:32L'obsession aussi israélienne.
01:34L'obsession israélienne aussi.
01:35Aussi israélienne de son allié Netanyahou, même si on se demande si,
01:39au vu des déclarations des derniers jours, c'est encore un allié.
01:43C'est la 39e fois que Donald Trump s'avance sur un potentiel hacker.
01:4939e fois depuis l'annonce de cesser le feu.
01:55Franchement, effectivement, ce matin, ce vendredi matin, quand il se projette sur une signature,
02:00peut-être dans le week-end, peut-être en début de semaine,
02:03vous, le militaire que vous êtes, vous doutez et vous vous dites que c'est faisable ?
02:08Tout est possible.
02:09Dans le monde dans lequel on vit, c'est ça qui est extraordinaire quelque part,
02:12c'est que tout est possible.
02:13Mais c'est vrai qu'on a quelques doutes quand même,
02:15parce qu'à force de nous annoncer tous les jours tout est son contraire,
02:20on garde un certain recul sur les choses.
02:23Ce qui semble intéressant, c'est qu'il y a ce qu'on appelle un MOU,
02:28Memorandum of Understanding, qui est un classique chez les anglo-saxons,
02:33notamment les américains, pour définir ce qu'on appelle un accord cadre
02:36sur les sujets qu'on pourrait aborder.
02:40Alors, lui, il transforme ça en accord de paix,
02:42mais dans l'esprit iranien, je ne suis pas sûr du tout que ce soit la même chose.
02:47C'est un accord, finalement, préliminaire, une forme de compromis de vente,
02:51mais on n'est pas du tout à la signature de la maison, si vous me permettez l'image.
02:56Mais quand même un président qui s'avance beaucoup,
02:59parce qu'il dit hier, Moshtab HaMenei, retranché dans ces montagnes iraniennes
03:05que personne n'a vues publiquement, a validé cet accord.
03:09Avec, je le disais en début d'interview,
03:12un Iran qui dément encore ce matin d'être allé si loin.
03:15Oui, c'est ça. On disait hors plateau que les Iraniens comprenaient le Trump,
03:24mais que Trump ne comprenait pas l'Iranien, en fait, entre parenthèses.
03:28Et donc, il a envie de cet accord cadre, ça c'est clair,
03:32avec des sujets qui pourraient être abordés,
03:34mais les détails de ce qui peut se passer,
03:37ça peut prendre des semaines, peut-être même des mois.
03:40Donc, ce serait bien, évidemment, de disposer cet accord cadre.
03:43Il évoque même une signature en Europe, mais on garde un certain doute, en fait.
03:48On espère tous, en fait, qu'évidemment, les hostilités se terminent
03:51et qu'on libère le détroit d'Hormuz.
03:53Mais ça sera long, très long.
03:55On va revenir sur l'accord et les points précis.
03:57Juste là, encore une fois, au général que vous êtes,
04:00à la maîtrise de la guerre, de ce qu'elle est sur le terrain,
04:03il y a ce que les États-Unis disent,
04:05et puis, il y a ce que l'armée américaine, aussi, dans le même temps, fait.
04:09Parce que cet accord, cette annonce d'accord,
04:13a été précédée de menaces très fortes, dans l'après-midi même,
04:16et la veille, deux nouvelles frappes américaines en Iran.
04:22Cet allié américain, notre allié américain, encore une fois,
04:26très imprévisible, est-ce que c'est une force, de votre point de vue ?
04:29Est-ce que ça affaiblit l'ennemi,
04:31lui donnant, finalement, des signaux contradictoires ?
04:35S'agissant de l'armée américaine, Suncom,
04:38eux, ils essaient d'être assez pragmatiques, en fait,
04:40donc, se tenir prêts à n'importe quel engagement.
04:43Même avec un président tel que Donald Trump, ça ne doit pas être ça,
04:45c'est toute la difficulté des généros américains,
04:48de Suncom et du chef d'état-major des armées,
04:51de faire, en fait, l'interface, si vous voulez,
04:53entre des postes, des décisions qui vont un peu dans tous les sens,
04:57et puis, pour l'armée, de garder un cap.
04:59Voilà, si vous faites bouger comme ça vos troupes
05:02au même tempo que les postes, c'est insupportable pour les troupes.
05:07Donc, les forces sont prêtes.
05:11Ce qu'il faut noter, c'est que les derniers bombardements
05:13ont été quand même beaucoup plus significatifs qu'on imaginait.
05:15Vous parlez dans la nuit de mercredi à jeudi.
05:18On ne s'attendait pas à une telle violence et force de feu.
05:21Oui, c'était assez important.
05:23Il y avait déjà eu des frappes la veille,
05:26mais là, elles étaient beaucoup plus conséquentes.
05:27Et, effectivement, on sent qu'une campagne de bombardement intense
05:30était en mesure d'être déclenchée.
05:33Et, finalement, Donald Trump a menacé l'Iran
05:36de « lâcher » toutes les forces qu'il avait préparées.
05:41et puis, il a fait volte-face parce que les Iraniens ont lui dit
05:46« bon, on s'est monté jusqu'à Mojtabar à Menei »
05:49et qu'il n'est pas contre.
05:51Et, donc, peut-être que Trump a transformé cette information
05:55en disant « on est prêt de signer ».
05:56En fait, il le souhaite tellement qu'il confond peut-être parfois…
06:00Trop précis, autoréalisatrice et ce qui est la réalité véritablement.
06:05Encore une fois, vous dites « tout était prêt, tout est prêt encore ».
06:08Mais sur le plan opérationnel, encore une fois,
06:11l'armée américaine est différente de l'armée française.
06:14Mais ça doit être une gestion particulièrement plus que délicate.
06:18Je ne sais même pas si c'est le bon mot.
06:19Oui, oui, mais ça, c'est le rôle vraiment des généraux.
06:22C'est de donner des consignes le plus simples possible,
06:25le plus clair possible à leurs troupes.
06:27C'est-à-dire, vous tenez prêt, vous préparez vos missions pour ce soir.
06:31Mais il peut y avoir un « no-go », ce qu'on appelle un « no-go »,
06:34c'est-à-dire qu'on n'y va pas.
06:35Et c'est ce qui s'est passé, à mon avis, pour hier soir.
06:37C'est-à-dire qu'ils étaient effectivement prêts à une campagne intense de bombardement.
06:41Les objectifs étaient désignés.
06:44Et ça allait, effectivement, débuter une campagne aérienne à nouveau,
06:48mais extrêmement forte sur site.
06:50Et du fait de ce qui s'est passé la veille,
06:52je pense que les Iraniens ont lâché quelque chose, entre guillemets,
06:55en disant, par exemple, ce mémorandum au final standing,
06:58le MOU, où cet accord cadre est arrivé jusqu'à Mojtaba Ramenei,
07:02qui ne l'a pas rejeté, par exemple.
07:04Qui ne l'a pas rejeté, mais qui ne l'a pas encore accepté.
07:06Avec des mots, et j'y reviens, on entendait le président américain
07:10qui parle de cet accord, qui parle aussi d'un Iran défait.
07:15Il dit qu'ils n'ont plus les moyens de cette guerre,
07:17le pays est totalement détruit, plus d'invasion, plus de militaires.
07:20Ils vont donc signer cet accord.
07:22Alors, si on entend certains observateurs spécialistes aujourd'hui de l'Iran,
07:27certains disent que les Iraniens sont habitués à souffrir,
07:30ils sont habitués aux sanctions, ils sont habitués à serrer la ceinture.
07:34Et finalement, ce ne sont même pas les négociateurs qui en paient le prix le plus fort.
07:38Et puis que finalement, ces quelques semaines de cessez-le-feu
07:41ont aussi permis à l'Iran de se réarmer,
07:44de retrouver une certaine forme de puissance.
07:46Est-ce qu'au vu des connaissances de votre spécialité, de cet environnement,
07:51c'est quelque chose que vous pouvez attester ?
07:53L'Iran n'est pas désarmé aujourd'hui ?
07:54Enfin, moi, je suis sceptique quand même sur leur capacité à se réarmer,
07:58c'est-à-dire à réindustrialiser certains composants
08:01ou certains matériels militaires critiques.
08:04En revanche, ce dont ils disposent encore, c'est des stocks.
08:07Alors, toute la question est dans ces stocks...
08:10De missiles, donc ?
08:11De missiles et de drones, les fameux Shahed,
08:16missiles croisières et les missiles balistiques.
08:19Et on le voit encore ces derniers jours dans le détroit d'Hormuz,
08:21détroit balistique, sur des navires, sur des cibles bien précises,
08:24là encore une fois, ça leur permet de nuire à l'armée américaine.
08:29Bien sûr, bien sûr.
08:30Mais dans quelle proportion ? C'est toute la question, en fait.
08:33Et ces fameux souterrains dans lesquels seraient stockés des armes,
08:37où personne n'a une vraie visibilité, en fait, sur ce qu'il reste.
08:41Ce qui est sûr, c'est que la capacité de nuisance iranienne existe encore.
08:47Mais à quel niveau ? C'est toute la question.
08:49La capacité de nuisance, et on va venir sur ce point très précis,
08:52parce que Donald Trump, là aussi, s'avance,
08:54en disant qu'une fois l'accord signé,
08:56le détroit d'Hormuz, qui est une voie de circulation maritime,
09:00aujourd'hui, on voit, majeure,
09:02et on voit ses conséquences avec sa fermeture et son blocus,
09:05pourrait rouvrir, peut-être même ce week-end.
09:08Là, encore une fois, on est dans le déclaratif,
09:11et on connaît le style du président américain.
09:14Ce week-end, non, on sait très bien que cela va prendre du temps,
09:17d'autant que s'interroge sur la présence ou pas de mines,
09:21parole contre parole encore.
09:23Logistiquement, le militaire que vous êtes dit
09:25ça va être un temps beaucoup plus long
09:29que ce que peut dire le président américain.
09:31Oui, surtout entre l'accord éventuellement accepté
09:36au plus haut niveau des autorités iraniennes
09:38et de descendre jusqu'aux troupes,
09:41aux gardiens de la révolution,
09:43sur la côte du détroit d'Hormuz,
09:45là, ne serait-ce qu'il y a toujours un temps,
09:47si vous voulez, entre la décision éventuellement politique,
09:50on ne sait pas trop comment la communication s'opère,
09:53surtout qu'il y a beaucoup de délégations locales.
09:56Moi, il me semble quand même que ce détroit
09:57pourrait s'ouvrir rapidement,
10:00mais il faudrait évidemment un accord.
10:02Et je pense qu'il n'est pas du tout hermétique.
10:04En ce moment, il y a quand même des passages
10:06qui sont annoncés assez discrètement.
10:09Certains bateaux coupent leurs transpondeurs,
10:10c'est-à-dire leurs balises d'informations.
10:12Qui leur permettent d'être repérés, en effet,
10:14et qui leur permettent de passer.
10:16Et dans certains cas, de passer,
10:17pour les plus téméraires, en fait.
10:20Et s'ils ne viennent pas des côtes iraniennes,
10:22les Américains les laissent passer.
10:23En tout cas, c'est ce qui semblerait dans...
10:25Donc, il n'est pas totalement hermétique.
10:27Mais c'est vrai qu'on a tous besoin que ce détroit
10:30se rouvre pleinement et sans ambiguïté.
10:32Avec des menaces du président américain, encore une fois.
10:35C'était il y a à peine 24 heures.
10:37Si, pas d'accord.
10:38Menace de frapper à nouveau.
10:40Avec juste, j'aimerais, ce point précis de l'île de Karg.
10:44Qui, à nos auditeurs, à nos téléspectateurs,
10:47désormais sont habitués à cette nouvelle géographie.
10:50Mais pourquoi l'île de Karg ?
10:52Parce que c'est là où transite,
10:54c'est où est stocké le pétrole iranien en masse.
10:58Alors, l'île de Karg est assez intéressante
11:00parce que, évidemment, le président Trump l'a évoqué spécifiquement.
11:03Absolument.
11:04Ce qu'il n'avait pas fait depuis un certain temps.
11:06Mais cette île, elle est au fin fond du golfe Persique.
11:09Et c'est là, en fait, d'où sort toute la production
11:13d'hydrocarbures iraniennes.
11:15Donc, on a tous envisagé à un moment, en tant qu'expert militaire,
11:18qu'il pourrait y avoir une opération, entre guillemets, spéciale sur cette île.
11:20Et je pense que ça démange, quelque part, le président Trump.
11:23Et si les choses devaient dégénérer,
11:25il est possible que, non seulement, il y ait une campagne de bombardement,
11:28mais également une action offensive sur cette île, précisément.
11:32Qui impliquerait donc, possiblement, une action au sol, une action terrestre ?
11:37On a vu ces bateaux, ces barges et ces images
11:40qui peuvent s'apparenter à une forme aussi de propagande.
11:43De dire, en gros, nous sommes prêts, possiblement, à arriver sur cette île.
11:48Oui, parce que ce ne serait pas un débarquement complet
11:50qu'on peut envisager de troupes terrestres sur le territoire iranien,
11:54proprement dit, mais sur cette île en particulier,
11:57qui pourrait faire l'objet d'un coup de force, quelque part,
12:00avec une opération aéro-terrestre.
12:02Et ça, quelque part, c'est envisageable, absolument.
12:04Et là, on rentrerait dans totalement autre chose.
12:07Encore une fois, vous disiez, hier, Donald Trump a sans doute dit « no go ».
12:11Mais si les choses devaient tourner dans les prochaines heures différemment,
12:15et son imprévisibilité très connue, ça pourrait arriver.
12:18Et ça pourrait être décidé.
12:20Absolument.
12:20C'est ça qui est terrible dans le monde dans lequel on vit,
12:22c'est que tout est possible.
12:23Tout est possible.
12:24C'est très difficile de faire des conjonctures sur ce qui va se passer demain.
12:27Sur ce mémorandum, ce projet d'accord sur lequel le président américain s'avance,
12:32il y a le Hormuz, il y a aussi le nucléaire.
12:35Là, encore une fois, une forme d'opacité quant à ce que serait cet accord sur le nucléaire.
12:42« Ils n'auront pas l'arme », dit le président américain.
12:46Mais ça serait relégué finalement au second plan, vu dans un temps plus lointain.
12:53Est-ce que ça peut satisfaire son partenaire israélien, Benyamin Netanyahou,
12:57qui en fait une condition, j'ai envie de dire, vitale ?
13:01Oui, alors moi j'ai toujours dit depuis des dizaines d'années que l'Israélien ne serait jamais,
13:06je dis bien jamais, l'Iran se dotait de l'arme nucléaire.
13:08Parce que c'est une question existentielle pour eux.
13:11Donc ils surveillent bien sûr cela, mais à mon sens aujourd'hui,
13:14les capacités d'enrichissement, les capacités de produire une bombe
13:18ont vraiment été repoussées de mois, voire d'années, avec tous les bombardements qu'il y a eu.
13:23Cela dit, Donald Trump veut des garanties pour la suite.
13:27Et c'est tout l'objet en fait de sa détermination.
13:30Et il est vraiment focus, entre guillemets, sur ce point-là.
13:33Et on peut le comprendre.
13:36Et donc par contre, ce qu'il a demandé,
13:37comme sortir ce qui a été enrichi comme matériel nucléaire,
13:43comme uranium nucléaire dans un pays tiers,
13:47sûrement pas aux Etats-Unis.
13:48À mon avis, les Iraniens ne l'accepteront jamais.
13:51En revanche, que ce soit vers la Chine ou que ce soit vers la Russie,
13:56c'est des choses qui pourraient éventuellement s'entendre.
13:59Mais à mon avis, on n'en est pas là.
14:01Mais qui traduit aussi, en général, une profonde, au fur et à mesure de ce conflit,
14:07divergence de vue entre un Donald Trump et un Benjamin Netanyahou ?
14:10Qui finalement, dans l'approche, la chute du régime,
14:15un changement de régime du point de vue américain,
14:17ça n'est plus ?
14:19Est-ce que ça a été un jour la priorité ?
14:21À la différence des Israéliens ?
14:23Vous avez tout à fait raison, Marie, de le souligner.
14:25À mon avis, ce n'était pas la priorité des Américains.
14:27En revanche, effectivement, c'était un souhait très fort de Benjamin Netanyahou.
14:31Le nucléaire, je pense qu'il prend du recul dessus,
14:33parce que, compte tenu de tout ce qu'ils savent,
14:36ce n'est pas demain que l'Iran va se doter d'une arme.
14:39En revanche, les proxys, les missiles balistiques,
14:42ça, c'est un vrai sujet aussi.
14:44Le droit d'en mousse, pour Israël, ce n'est pas la priorité.
14:46Alors que pour les Occidentaux, éventuellement aux Américains,
14:48c'est quand même un facteur déterminant.
14:50Mais on apprend quand même que le président américain
14:52a pris le soin de contacter le Premier ministre israélien
14:56une fois l'annonce de cet accord en vue annoncée publiquement.
15:01Mais là encore, on soigne et on n'insulte pas l'avenir.
15:04C'est sans doute ça le sens d'une démarche pareille.
15:06Complètement.
15:06Et ce que dit d'ailleurs Benjamin Netanyahou,
15:08nous donne plus d'idées sur les points de la coquade
15:11que Donald Trump le donne lui-même.
15:12Donc ça, c'est intéressant à lire.
15:13Général Patrice Dutrat, à ce moment de l'interview,
15:16peut-être un mot sur cette annonce de cette semaine.
15:18Le SCAF, vous savez, le projet d'avion de combat franco-allemand,
15:23abandonné, sans revenir sur les raisons économiques.
15:27Et après neuf ans, neuf ans économiques et industriels,
15:31vous avez raison de le mentionner.
15:33Quel terrible échec quand on voit la Chine se surarmer,
15:38se préparer, la Russie.
15:39Que dit le militaire ce matin quant à cette annonce ?
15:43Alors moi, je suis pour une force européenne dissuasive dans le monde.
15:48Donc tout accord commun qui ne fonctionne pas,
15:52ça me fait un peu de la peine.
15:53Cela dit, je comprends aussi Dassault,
15:56qui sait faire effectivement des avions de cinquième ou sixième génération tout seul.
16:00On n'a pas besoin des Allemands.
16:02Oui, mais je pense qu'on n'a peut-être pas besoin d'Allemands pour faire un avion,
16:06mais on a besoin des Allemands pour une armée à facette européenne dissuasive.
16:13Mais vous vous dites quoi ? Énorme gâchis.
16:15Après, encore une fois, je le rappelle, neuf ans de projet d'études pour en arriver là.
16:19Oui, quelque part c'est décevant.
16:23Parce qu'on est capable, je rappelle,
16:24parce qu'on est encore peut-être,
16:26mais la Patrouille de France actuellement aux Etats-Unis a survolé.
16:29Et on y vient justement.
16:31On y vient.
16:31Vous savez pourquoi je vous dis ça ?
16:32Oui, non, dis-moi.
16:33Pourquoi je vous dis ça ?
16:33Parce que les appareils qui ont survolé New York,
16:35c'est des appareils franco-allemands,
16:38d'assaut d'ornier à l'époque,
16:39qui était une formidable réussite.
16:40Et donc, ça peut donc fonctionner.
16:42En effet, terminons avec ces images magnifiques
16:45et aux auditeurs qui n'ont que le son.
16:48La Patrouille de France, vous, l'ancien leader de la Patrouille de France,
16:51qui a survolé le ciel new-yorkais
16:54pour les 250 ans de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis.
16:58Derrière le spectacle, quand même.
17:00Une opération diplomatique et logistique parfaitement organisée.
17:04Oui, absolument.
17:04Et vous savez que ça ne me touche pas si vraiment,
17:06parce que moi, il y a 40 ans, j'étais à leur place, en fait,
17:08au-dessus de New York.
17:09Et vous avez survolé la grosse pomme ?
17:11Absolument.
17:12Avec mon camarade, Pascal Ferrault.
17:14Souvenir ému, j'imagine.
17:15Oui, oui, absolument.
17:16C'est pratiquement les mêmes images,
17:17mais c'est vrai que c'est un symbole extrêmement fort, la Patrouille,
17:21de rayonnement, en fait,
17:22au-delà de l'armée de l'air, de la défense,
17:24de l'aéronautique nationale, mais de notre pays.
17:27Et c'est un facteur diplomatique extrêmement important.
17:30Les Américains apprécient.
17:31Et ça fait la une de toute la presse américaine.
17:33Oui, la une du Wall Street Journal, quand même.
17:35C'est pas mal.
17:36Et non, non, c'est un facteur.
17:38Il faudra penser à l'avion de remplacement de l'Alpha Jet.
17:40Mais par cette démonstration,
17:43et on voit cette une du Wall Street au même moment,
17:46derrière tout ça, derrière le décorum,
17:50il y a de la diplomatie là aussi.
17:52Nos alliés et nos relations avec les Américains
17:54ne sont pas toujours au beau fixe.
17:56Normalement, Emmanuel Macron et Donald Trump
17:58doivent se voir dans 48 heures.
17:59Absolument.
18:00C'est ça qui se joue également et qui se raconte.
18:02Exactement.
18:03Et puis aussi, une coopération dont on parle moins,
18:04c'est la coopération militaire sur le terrain
18:06entre les Américains et les Français
18:08qui est extrêmement bonne depuis des dizaines d'années.
18:11Et on est très fiers de la Patrouille de France.
18:12Merci beaucoup, Général Patrick Dutraert,
18:14d'avoir été avec nous ce matin.
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