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Patrick Dutartre, général de l'Armée de l'Air, pilote de chasse et ancien leader de la Patrouille de France, était l’invité du Face-à-Face vendredi 17 avril sur BFMTV et RMC.
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00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Général Patrick Dutartre.
00:04Bonjour Apolline.
00:05Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:07Vous êtes Général de l'Armée de l'Air, vous êtes Pilote de Chasse, vous êtes ancien leader de la
00:10Patrouille de France.
00:11On appartient à moins besoin de vos lumières pour essayer de comprendre ce qui se joue.
00:14J'allais dire même à l'instant où l'on se parle, Emmanuel Macron vient de dire sa préoccupation face
00:20à un cessez-le-feu que l'on sent fragile.
00:22Il a été annoncé hier soir par Donald Trump.
00:23Il était censé entrer en vigueur à partir de 23h heure française cette nuit.
00:29Mais semble-t-il Israël d'un côté, le Hezbollah de l'autre, ont déjà montré que ce cessez-le
00:34-feu était particulièrement fragile.
00:36Est-ce qu'on peut y croire ? Est-ce qu'on peut espérer ?
00:38Il faut toujours y croire. C'est quand même une excellente nouvelle.
00:41Mais est-ce que ça va tenir ? C'est effectivement la question.
00:44Ce n'est pas la première fois qu'il y a eu des cessez-le-feu.
00:46Et chaque fois, en fait, ça a dégénéré, non pas entre le Liban et Israël, mais entre le Hezbollah et
00:53Tzahal, qui réagit immédiatement à des tirs de provocation.
00:57La vraie question, c'est celle-là.
00:58C'est qu'effectivement, on parle de deux acteurs, mais en réalité, il y en a trois.
01:01Bien sûr.
01:01Les deux acteurs qui, semble-t-il, sont prêts à se parler, voire même à aller vers la paix.
01:07Donald Trump dit que les deux protagonistes veulent aller vers la paix.
01:11C'est le Liban et Israël.
01:12Mais il y a un troisième personnage qui, en quelque sorte, est effacé de la photo, mais qui a évidemment
01:17un rôle majeur.
01:18C'est le Hezbollah.
01:19Le Hezbollah qui, pour l'heure, refuse ces discussions et ce dialogue.
01:24Est-ce qu'on peut imaginer, donc, que ce dialogue et que ce cessez-le-feu puissent véritablement tenir ?
01:30Ça tiendra si l'Iran fait suffisamment de pression sur le Hezbollah.
01:34Parce qu'effectivement, le Hezbollah était même contre cette rencontre un peu historique.
01:38De plus de 40 ans qu'il n'y a pas eu cet échange, en fait, un peu formel entre
01:43les Israéliens et les Libanais.
01:45L'annonce de Trump est quand même une très bonne annonce parce que ça augure d'un possible cessez-le
01:51-feu.
01:52Mais est-ce que les Libanais sont en position de faire respecter ce cessez-le-feu ?
01:57C'est toute la question.
01:58Et le Hezbollah étant contre, on espère quand même que l'Iran va être suffisamment persuasif
02:03pour demander au Hezbollah d'arrêter les tirs.
02:07Ce qui permettrait de faire une bonne chose pour ce cessez-le-feu.
02:10Si on dézoome, et effectivement, l'Iran aujourd'hui se retrouve dans cette position très complexe
02:16où on a eu l'impression, il y a une semaine, qu'elle avait repris la main, en quelque sorte,
02:21ou qu'elle avait une sorte de jaillissement de dernière puissance avec ce blocage du Détroit,
02:26le blocus du blocage, là, à nouveau, semble-t-il affaibli,
02:30a-t-elle intérêt à ce que le Hezbollah poursuive
02:32ou est-ce qu'au contraire, elle a intérêt à ce que tout se fige ?
02:35En fait, l'Iran a demandé que les bombardements cessent sur le Liban et donc sur le Hezbollah.
02:42Donc, il faut qu'une certaine logique soit respectée.
02:45Pourquoi ? Parce que c'est le déclencheur.
02:48La fin des tirs du Hezbollah, la paix entre guillemets ou au moins cessez-le-feu,
02:52parce que rappelons que c'est que pour dix jours et j'espère que ça se prolongera,
02:57donc une certaine stabilité au Liban.
02:59Puis, on parle de l'Iran.
03:00Est-ce qu'on arrive à avoir un accord au niveau du nucléaire ?
03:03Et si on arrive à avoir un accord sur le nucléaire militaire iranien,
03:07eh bien, on aura le détroit d'Hormuz et donc la libération de ce fameux détroit.
03:12Donc, c'est comme des dominos ?
03:14Absolument. Quelque part, c'est en cascade.
03:16Et c'est pour ça que c'est important que ce cessez-le-feu puisse fonctionner.
03:21Alors, avant de s'intéresser aussi à la question de l'Iran,
03:24à la question ensuite du rôle de la France,
03:25il y a cette conférence à 14h aujourd'hui avec certains de nos alliés
03:31organisés par la France sur la question de la suite de la libération du détroit d'Hormuz.
03:36Mais si on en reste effectivement à ce qui se joue en ce moment même dans le sud-Liban.
03:40D'un côté, Benjamin Netanyahou dit,
03:43nous avons, je cite, l'occasion d'une paix historique avec le Liban,
03:46mais de l'autre, les forces armées israéliennes affirment qu'elles vont rester présentes
03:51dans cette bande de dix kilomètres au sud du Liban.
03:53Bon, est-ce que ce n'est pas totalement contradictoire ?
03:55Pas totalement, si après, si l'accord se poursuit,
03:59parce que rappelons que c'est un cessez-le-feu de dix jours.
04:02Donc si vraiment ça se consolide, on arrête les tirs,
04:06là il sera question de négocier évidemment un cessez-le-feu beaucoup plus long.
04:09Et là, évidemment, un retrait des forces israéliennes dans le sud-Liban.
04:14Il faut ce retrait ?
04:15Bien sûr qu'il faut ce retrait,
04:16mais on peut comprendre que Tsaal veut mettre les choses dans l'ordre.
04:21D'abord qu'on arrête de tirer de part et d'autre,
04:23et ensuite on fera ce retrait.
04:25En termes de choix stratégiques, militaires, ça vous paraît logique ?
04:29Oui, bien sûr, il n'y a pas d'autre solution que celle-là.
04:31Si on était aux commandes, on ferait exactement la même chose,
04:34c'est-à-dire qu'on maintient les positions.
04:36Pourquoi ? Parce que c'est la sécurité d'Israël quand même.
04:39Ce serait tellement simple que le Hezbollah arrête de tirer,
04:42mais on a bien vu que ces choses-là sont en chaîne avec ce qui se passe en Iran.
04:45Le Hezbollah qui répond effectivement que les pourparalés sont une forme de capitulation,
04:51qui revendiquent effectivement des tirs de roquettes aussi vers Israël.
04:55Mais ce matin, semble-t-il, c'est Israël qui à nouveau a tiré le premier.
04:58Alors je ne sais pas si Israël a tiré le premier,
05:00c'est extrêmement difficile chaque fois de savoir qui fait en premier.
05:03Vous savez, ça peut être la veille à minuit moins une,
05:06et à minuit une, c'est l'Israélien par exemple qui répond.
05:10Donc c'est tout à fait normal dans un cessez-le-feu,
05:13après des campagnes assez intenses de tirs de part et d'autre,
05:17qu'il y ait encore des tirs, ce qu'on appelle sporadiques.
05:22Ça n'aubère pas pour vous la possibilité ?
05:25Au fond, le fait que les premières heures de cessez-le-feu soient fragiles,
05:28c'est presque habituel ?
05:29Oui, c'est presque habituel.
05:31C'est partout pareil, en fait,
05:32quand il y a eu quelque part un conflit d'une certaine intensité.
05:36Chacun peut être le dernier à tirer ?
05:37Est-ce qu'il y a un peu de ça, en général ?
05:39Ça peut, ça peut.
05:40Il faut quand même qu'il y en ait un moment qui s'arrête,
05:42et on espère que Tsaal va avoir un peu de sang-froid aussi,
05:45pour ne pas répliquer systématiquement, si vous voulez,
05:48à un ou deux tirs roquettes qui poursuivraient.
05:49Mais évidemment, si ces tirs sont plus importants que ça,
05:52il faut que Tsaal réplique.
05:53Au milieu de ça, il y a aussi la question de la finule,
05:55on va y revenir, et de certains de nos propres militaires
05:58qui sont sur le terrain au Liban.
06:00Quelles sont les chances aujourd'hui d'aboutir, effectivement,
06:04de ces pourparlers ?
06:05Est-ce que la clé, c'est donc le Hezbollah,
06:08et sa question militaire, la militarisation,
06:10ou la démilitarisation du Hezbollah ?
06:12Moi, je crois que la clé, c'est l'Iran,
06:14qui fasse suffisamment de pression sur le Hezbollah
06:16pour que le Hezbollah arrête.
06:18C'est vraiment le point clé, à mon avis.
06:21Si le Hezbollah arrête de tirer sur Israël,
06:23Israël, même s'il avait envie de poursuivre,
06:26parce qu'il a quelques objectifs encore en ligne de mire,
06:30Donald Trump a mis suffisamment de pression sur Benjamin Netanyahou,
06:33parce que Donald Trump veut que ça s'arrête également en Iran,
06:37et il veut libérer le détroit d'Hormuz.
06:38Alors, il veut que ça s'arrête, et il veut libérer le détroit d'Hormuz.
06:40On verra aussi quel rôle, nous-mêmes, français, occidentaux,
06:45pouvons jouer là-dessus.
06:47On est encore, en réalité, on n'en parle plus,
06:50parce qu'on a l'impression, effectivement, que les choses se sont calmées,
06:52mais on sait qu'il y a quelques jours encore,
06:55un de nos rafales a détruit un drone dans le ciel irakien.
07:01Est-ce que ça veut dire que, malgré une sorte de calme apparent,
07:06nous sommes aujourd'hui très engagés ?
07:10Oui, nous sommes engagés défensivement.
07:12Le président de la République ne s'en est pas caché.
07:15On a des forces à la fois en Jordanie, aux Émirats arabes unis,
07:18on a des accords de défense très très étroits avec les Émiratis,
07:21et dans ce cadre, vous avez des aviateurs français
07:24qui volent tous les jours, en fait.
07:26Il n'y a pas que des aviateurs français,
07:27il y a aussi des pilotes d'hélicoptères
07:29qui volent tous les jours pour intercepter,
07:31notamment, les chaïds,
07:32ou faire une sorte de défense de zone, si vous voulez, multicouche.
07:36Général Dutartre, on parle des bateaux dans le détroit d'Hormuz,
07:39mais sur ces bateaux, il y a des hélicoptères,
07:41il y a parfois même des avions qui survolent la zone.
07:46Vous êtes le général de l'armée de l'air.
07:48Comment on fait quand on a l'impression de quelque chose de si dissymétrique
07:52entre un rafale d'un côté, un drone iranien de l'autre ?
07:56Ça marche comment ?
07:58Pardon de vous poser cette question,
07:59mais j'ai l'impression d'une telle dissymétrie physique, quasiment.
08:03Oui, mais ça ne nous a pas empêchés.
08:04D'abord, le drôle, c'est un objet volant,
08:07non piloté directement, il n'y a pas de pilote à bord,
08:10et donc les chasseurs sont parfaitement armés pour faire ça.
08:12La seule grosse difficulté, on la connaît bien,
08:15c'est que nos missiles sont faits pour détruire des avions de combat adverses,
08:20de 50 à 100 millions d'euros,
08:22et là, on a des drones,
08:23donc on va utiliser des missiles qui coûtent quand même 500 000 euros
08:26pour détruire un petit engin, si vous voulez, 30 000 euros.
08:31Donc c'est pour ça qu'il y a des défenses complémentaires qui sont développées,
08:34des roquettes guidées laser, l'emploi d'hélicoptères,
08:38et surtout, il faut qu'on développe, à mon avis,
08:40toute une défense de drones anti-drones
08:42qui serait la réponse qui nous semble quand même la mieux adaptée.
08:45Quand on dit qu'il faut qu'on le développe,
08:45c'est qu'est-ce qu'on s'est un peu trompé ?
08:48Est-ce qu'on a les capacités de s'adapter vite ?
08:50C'est-à-dire, est-ce qu'on est suffisamment agile
08:51pour comprendre que, en gros, nous, on a fait le nucléaire,
08:55et là-dessus, on se disait, puisqu'on a le nucléaire,
08:58il ne peut rien se passer.
08:59Et puis on se rend compte que, que ce soit en Ukraine ou en Irak,
09:01les guerres, elles sont aussi conventionnelles,
09:03avec des missiles en dessous du nucléaire.
09:06Et puis encore en dessous, on redécouvre, au fond,
09:09ces dernières semaines, la question du drone.
09:12Est-ce qu'on ne s'est pas trompé d'échelle ?
09:15On a essayé de couvrir tout le spectre.
09:17Mais il est évident que, franchement,
09:19je pense qu'on a manqué de pragmatisme,
09:21non seulement les Français, mais surtout les Américains,
09:23en fait, les alliés de manière générale.
09:24On a observé avec beaucoup d'attention,
09:27mais sans prendre forcément les mesures,
09:29de ce qui se passait sur le théâtre ukrainien.
09:31Les chahides, ce n'est pas une surprise.
09:33On aurait dû, à mon sens, avoir des programmes,
09:36ce qu'on appelle des crash-programmes,
09:37si vous voulez, de drones anti-drones,
09:41d'autant plus qu'on sait faire, en fait.
09:42Mais il faut une volonté, il faut...
09:44Il faut des commandes.
09:45Il faut des commandes, il faut être extrêmement pragmatiques,
09:48il faut aller plus vite que les procédures normales.
09:51Il faut se mettre, évidemment, dans une économie
09:53et une procédure militaire qui soit adaptée,
09:56si vous voulez, à la malasse.
09:57Au moment où on se parle,
09:58général Patrick Dutartre,
10:00est-ce que vous voyez un avantage ?
10:02Qui a l'avantage ?
10:02Est-ce que Donald Trump a repris l'avantage ?
10:05Manifestement, à mon sens, il a repris la main
10:07avec ce blocus, non pas du Détroit,
10:10mais des ports iraniens.
10:12On a vraiment l'impression,
10:13et il le dit lui-même d'ailleurs,
10:14que c'est quelque chose dont touche au portefeuille,
10:16en fait, de l'Iran,
10:19et du coup, des gardiens de la révolution.
10:20Et manifestement, ça a une conséquence.
10:23Mais c'est aussi une conséquence pour le monde entier,
10:25parce que la Chine se plaint, évidemment,
10:28de ne plus avoir ses importations de carburant.
10:31L'Inde également.
10:32Et puis, nous-mêmes, à la pompe,
10:33tous les jours, on se plaint quand même
10:35de l'augmentation du prix de l'essence.
10:37Donc, c'est une conséquence mondiale.
10:40C'est un tournant, malgré tout,
10:40le fait de créer un blocus du blocage et des ports ?
10:43Oui, manifestement, c'est un coup d'échec très bon.
10:47On verra le suivant.
10:48Mais celui-là, c'est effectivement une pièce majeure.
10:50Il y a cette conférence à Paris, à 14h,
10:54sur la sécurisation du détroit d'Hormuz.
10:57Ils seront présents, autour d'Emmanuel Macron,
10:59le premier ministre britannique, Kirstarmer,
11:01le chancelier allemand, Friedrich Merz,
11:03et la chef du gouvernement italien, Giorgia Meloni.
11:05Il y aura également 30 autres pays
11:07qui seront en visioconférence associés à cette conférence.
11:11Qu'est-ce qu'on peut faire ?
11:12Quel peut être notre rôle ?
11:14Déjà, être garant du droit international.
11:18Quelque part, c'est montrer que 40 pays se disent
11:21« Écoutez, les gars, c'est bien ce qui se passe là-bas,
11:23mais nous, on veut une liberté de circulation sur les mers
11:27et dans les détroits. »
11:29Donc, un, montrer cette volonté.
11:30Deux, voir qui peut participer, si vous voulez,
11:32à une sorte de force de surveillance.
11:35Ça ne va pas être une force d'interception,
11:36mais une force de surveillance dans l'étroit d'Hormuz,
11:39voir la mer Rouge.
11:39Ça peut être tout simplement une extension, si vous voulez,
11:42de ce que l'Europe fait déjà, la mission Aspides, si vous voulez,
11:45en mer Rouge, pour s'assurer de la sécurité du passage en mer Rouge,
11:48et notamment au large du Yémen,
11:50et de faire quelque part la même chose dans le golfe d'Hormuz.
11:53Alors, il y a la diplomatie et il y a le militaire.
11:56On va revenir évidemment sur le rôle.
11:57Quelles pourraient être nos armes de dissuasion
12:00de ce blocage là-bas et de facilitation de la fluidité de la navigation ?
12:06Le fait qu'Emmanuel Macron et Keir Starmer aient insisté
12:09pour que les Etats-Unis ne participent pas à cette conférence,
12:13c'est important que ce soit autre chose,
12:15que ce soit ceux qui sécurisent, qui défendent,
12:18et non pas ceux qui participent à la coalition ?
12:20Oui, c'est montré d'abord qu'on a une position qui est différenciée,
12:24qu'il y a une quarantaine de pays qui disent
12:26« Oh là, mais nous on veut notre mot à dire
12:29dans la libre circulation des mers ».
12:32Et puis, après des attaques, si vous voulez,
12:40qu'il y a pu y avoir entre les Américains et les Iraniens,
12:44que ce soit quelque part une force qui n'a pas participé au conflit,
12:47qui participe à cette sécurisation,
12:49et ce qui permettra surtout d'éviter, je dirais, une forme de raquette,
12:55et que l'Iran reprenne aussi l'idée de bloquer ce détroit
12:58à partir du moment où il y aura des appareils militaires.
13:00Elle n'oserait plus, elle ne pourrait plus, parce qu'on en dissuaderait ?
13:03C'est-à-dire que si vous avez des forces militaires en permanence dans le Détroit,
13:07ça limitera, si vous voulez, la capacité de reblocage.
13:11Vous parlez de cette question de raquette,
13:12et ça a été vraiment mentionné par Emmanuel Macron
13:14et par les participants à cette conférence.
13:16L'objectif, c'est un, Téhéran ne doit pas viser les navires commerciaux,
13:20Washington ne doit pas bloquer les flux maritimes,
13:22ça c'est pour s'adresser aux deux parties,
13:24et Paris insiste sur deux lignes rouges,
13:27pas de mines,
13:29pas de péage imposé aux navires.
13:32Les mines, comment on peut s'en assurer ?
13:35La première chose qu'il faut faire, c'est aller voir.
13:37Vous savez que même les Iraniens ne sont pas totalement sûrs
13:39de savoir s'ils en ont mis ou pas, en fait,
13:42pour deux raisons.
13:42La première, c'est qu'ils ont été extrêmement perturbés,
13:45quand même, par les 35 jours de bombardement.
13:48Je vous rappelle que les Américains visaient en particulier
13:51toutes les vedettes rapides des gardiens de la Révolution dans le Détroit,
13:55donc ils n'ont plus beaucoup de moyens de voir
13:57ce qui a été mis ou pas mis, en fait.
13:59Et puis, s'il y avait des mines, par exemple, flottantes,
14:02c'était aussi contre les intérêts iraniens.
14:05Donc, il est possible qu'il en ait, on n'est même pas sûr,
14:07mais il faut aller voir, quand même.
14:08Général Dutartre, sur la manière dont on sécurise,
14:12effectivement, et dont on fluidifie,
14:15on a bien compris que ça n'interviendrait qu'une fois
14:17qu'il y aurait une vraie stabilisation de se cesser le feu,
14:20voire même de la paix.
14:22C'est quoi ?
14:23C'est des bateaux, c'est des avions prêts à survoler la zone à tout moment.
14:27Ce sont des hélicoptères.
14:28Quels sont nos moyens, les moyens dont on peut aussi faire la démonstration ?
14:31Oui, vous avez cité les trois principaux,
14:34des drones aussi, qui peuvent surveiller tout simplement
14:36qu'il n'y a pas des vedettes qui viennent poser une mine
14:40ou qui voudraient intercepter un navire.
14:42Surveillance des côtes.
14:43Mais tout ça, ça fera l'objet, à mon avis,
14:45de l'accord global qui sera fait entre les Etats-Unis et l'Iran.
14:49Et puis après, vous avez des navires en permanence
14:51et puis des avions qui sont capables d'intercepter toute menace éventuelle.
14:55Donc, avec ce dispositif,
14:57mais ce sera une fois qu'il y aura un accord global...
15:00Si on veut être dans le défensif,
15:01il faut que la guerre se soit arrêtée.
15:03Mais oui, c'est ce qu'elle propose le Président, absolument.
15:07Général Dutartre, je voudrais quand même vous poser une question
15:09sur les capacités de nos alliés.
15:13Je ne parle pas là des Etats-Unis,
15:14mais nous serons tout à l'heure avec les Britanniques,
15:17les Allemands, les Italiens.
15:18Alors, les Allemands, on le sait, recommencent à s'armer
15:21après avoir longtemps, évidemment, après la Seconde Guerre mondiale,
15:25refusé de se réarmer.
15:26Les Britanniques, on l'entend, ont eu une grande fierté,
15:29notamment de leur flotte.
15:31Est-ce qu'aujourd'hui, on est quand même surpris
15:36d'une forme de faiblesse ?
15:37Est-ce que dire cela, c'est parce que je suis chauvine
15:40et qu'on est sans cesse en train de se féliciter
15:43de notre démonstration de puissance,
15:45avec notamment notre porte-avions,
15:46qui a été un des premiers à pouvoir arriver sur zone,
15:49ou est-ce que c'est une réalité ?
15:50Est-ce qu'aujourd'hui, l'armée britannique
15:54est plus faible qu'elle n'était ?
15:56C'est une observation que je partage, en fait.
15:58On est tous à observer le fait que les Britanniques
16:02ont peut-être été moins vigilants que nous,
16:05même si on a beaucoup d'armées,
16:07on peut le comprendre, après 35 ans de fin de guerre froide.
16:10Mais c'est vrai que l'état de la flotte britannique
16:12est préoccupante.
16:14On est saisi, effectivement,
16:16on est surpris par l'état de la flotte britannique.
16:19Franchement, on est surpris.
16:20Alors maintenant, il faut rentrer dans le détail.
16:22Il y a peut-être un épiphénomène.
16:24Pourquoi ? Parce qu'il y a une conjonction de maintenance
16:26qui est mal tombée, si vous voulez.
16:29Mais effectivement, on n'a pas vu beaucoup de bateaux britanniques
16:31disponibles pour faire des missions,
16:34soit en Méditerranée, soit bientôt dans le Goldman.
16:37Vous le dites, vous, les militaires.
16:40Le président de la République le dit aussi.
16:42Pour être libre, il faut être craint.
16:44Avons-nous les moyens de l'être ?
16:46On n'a pas mis les moyens, franchement, ces dernières années.
16:49On est resté sur notre dissuasion et d'avoir, si vous voulez,
16:52le minimum vital sur toutes les composantes.
16:56C'est vrai qu'on sait tout faire,
16:57mais on n'a absolument pas la profondeur stratégique.
16:59Donc la première chose, c'est qu'il nous faut des munitions
17:02et puis remonter en puissance dans toutes les armées.
17:04Au moment où l'on se parle, en général,
17:05on a presque l'impression que c'est comme s'il y avait une sorte de pause
17:07dans ces moments où tout d'un coup, on réentend le silence.
17:11Ça ne va peut-être pas durer, mais dans ce moment-là,
17:15est-ce que vous pouvez dire que Donald Trump a réussi jusqu'à présent
17:19à peu près son coup militaire ?
17:22Maintenant, il va falloir écrire la suite.
17:23C'est ça, il faut réussir la paix.
17:25En fait, il faut réussir à trouver un accord.
17:27Ce n'est pas facile quand même avec les Iraniens
17:29qui sont extrêmement attachés à leur enrichissement nucléaire
17:34de matière dans un but de...
17:37Il n'y a pas d'autre but de l'enrichissement de la 60%.
17:40Oui, il y aurait une forme d'hypocrisie à continuer à penser.
17:42Absolument.
17:43Il y a une forme d'hypocrisie.
17:44Et donc, il était, à mon avis, temps de mettre un coup d'arrêt à cette chose-là.
17:48Qu'on enlèterait pour autre chose, quoi.
17:49Voilà.
17:49Non, il n'y a pas d'autre chose.
17:50Non, il n'y a pas d'autre chose aujourd'hui.
17:51Et donc, ça, c'est un vrai sujet.
17:53Et donc, il faut trouver l'accord là-dessus.
17:55Et si on a trouvé cet accord...
17:57D'ailleurs, je rappelle que les Américains veulent un accord sur 20 ans.
18:00Ça veut dire que quid après ?
18:02Et les Iraniens disent une pause pendant 5 ans.
18:04Et 5 ans, évidemment, ça ne vous paraît pas suffisant.
18:10Décrypter avec nous ce moment que l'on est en train de traverser.
18:13Et on continue, évidemment, à l'analyser sur BFM TV, notamment.
18:16Il est 8h47.
18:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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