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  • il y a 11 minutes
Le général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'État-major de l'armée de l'Air, était l'invité du Face à Face sur BFMTV et RMC ce mercredi 8 avril.

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Transcription
00:02Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Général Paloméros.
00:07Jean-Paul Paloméros, vous êtes l'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, vous êtes ancien
00:12commandant suprême de l'OTAN.
00:14On s'est couché hier soir avec ce scénario quasiment d'un basculement dans une troisième guerre mondiale
00:22et on se lève ce matin avec une annonce de cessez-le-feu avec des expressions de Donald Trump d
00:27'une victoire, je cite,
00:28totale et complète, un grand jour pour la paix dans le monde. 15 jours d'un cessez-le-feu fragile,
00:36on imagine,
00:37mais je voudrais d'abord essayer de comprendre ce qu'il s'est joué cette nuit.
00:44On sait qu'on avait tous en tête l'idée que Donald Trump, dont on n'avait pas bien compris
00:50la raison de rentrer finalement dans ce conflit maintenant.
00:53Donc on s'attendait qu'à un moment ou à un autre, effectivement, il veuille en sortir.
00:59Le temps presse, pour différentes raisons, le politique interne en particulier.
01:04Et puis évidemment, les cours du pétrole, le stock exchange, tout ça, on sait qu'il pilote avec ça, c
01:12'est son tableau de bord à lui.
01:15Mais on pensait, honnêtement, on ne peut pas dire qu'on avait prévu s'il allait se passer.
01:19Ce n'est pas vrai, mais on pensait qu'il allait mettre un coup, qu'il allait escalader pour désescalader,
01:25comme on le dit fréquemment.
01:26En fait, il a escaladé verbalement, il a menacé d'escalader pour désescalader.
01:30Certains diront qu'il a associé le verbe, il est allé tellement loin que ça a fait peur.
01:36Je crois qu'on se situe dans une partie d'échec, et Dieu sait si les Iraniens sont bons en
01:42échec, ils ont la main.
01:44Ils ont perdu des pièces, peut-être des pièces majeures, mais c'est eux qui tiennent la main.
01:49C'est eux qui tiennent la main ce matin, c'est ça ce que vous nous dites, Général ?
01:51Regardez un exemple très concret, le détroit d'Hormuz, avant cette guerre.
01:56On en parlait, bien sûr, que c'était un nœud, je dirais névralgique, un nœud central et existentiel pour cette
02:05région.
02:05Mais la circulation dans le détroit d'Hormuz était réglée par le droit international, et ça marchait.
02:13Et aujourd'hui, une partie des négociations va reposer sur le fait que les Iraniens gardent,
02:21une sorte de contrôle, un péage sur le détroit d'Hormuz.
02:25Donc, au moins, dans ce domaine-là, ils ont regardé...
02:27– La situation est pire dans ces cas-là, évidemment, qu'elle ne l'était avant,
02:30ou en tout cas, elle est plutôt à l'avantage de l'Iran ce matin.
02:33– Ils ont saisi eux aussi une pièce, et ça va être très difficile de leur faire rendre.
02:40Pourquoi ? Parce que la coalition, aussi forte soit-elle, ne les a pas amenées à récipicence.
02:45Et ce qui veut dire que l'Iran affaiblit, enfin, le régime islamique, plus exactement,
02:52la République islamique affaiblie, sort, en fin de compte, dans son statut de puissance régionale renforcée.
02:59Elle fait peur à ses voisins, avec sa dissuasion conventionnelle qui a très bien fonctionné,
03:03les missiles balistiques soutenus par les drones.
03:07Et ils sont toujours là.
03:09– D'ailleurs, il y a une semaine, on évaluait que la moitié du stock,
03:13ça vaut ce que ça vaut, ces évaluations, il faudrait pouvoir aller dedans, à l'intérieur.
03:18Mais 50% du stock serait encore là.
03:20Et ils en reconstruiront.
03:22Et ils vont profiter du tempo pour en reconstruire.
03:25Donc pour moi, c'est eux qui ont la main.
03:27On ne peut que se satisfaire, qui est un semblant de paix pour les Iraniens.
03:32Mais quand je dis les Iraniens, pour le peuple iranien, au bout du compte,
03:36ça sera une défaite aussi.
03:37– Si, le pouvoir en ressort quasi renforcé.
03:42On va y revenir.
03:43Au fond, on a posé le décor avec vous, Général.
03:46D'ailleurs, vous parliez de cette question de la coalition.
03:48Alors il y a évidemment les deux, Israël et les États-Unis.
03:52Mais il y a aussi autour la question des pays du Golfe d'un côté,
03:56la question des membres de l'OTAN de l'autre.
03:59Quel rôle aussi pour la France ?
04:00Qui avait dit qu'elle jouerait un rôle une fois que le détroit d'Hormuz
04:04pourrait être au moins en partie sécurisé ?
04:08On verra d'ailleurs, on sera en direct depuis l'Élysée,
04:11dès que le Conseil de défense commencera.
04:15On ira bien sûr en direct voir ce qu'il s'y joue,
04:17parce qu'il est 8h33 et qu'à 8h30,
04:20devait commencer ce Conseil de défense qui a été réuni en urgence,
04:23annoncé hier soir par le président Macron.
04:26Quel rôle, évidemment, pour la France ?
04:28Vous disiez, au fond, sur le plan de l'arsenal.
04:32Prenons d'abord le temps de savoir ce qui, depuis 40 jours maintenant,
04:36a été détruit, affaibli ou renforcé.
04:40Vous parlez d'une guerre conventionnelle.
04:43Il y a eu des missiles, il y a eu des drones,
04:45il y a eu de nouvelles armes qui sont apparues.
04:47Est-ce qu'on peut d'abord, un, penser que tout cela va se taire ce matin ?
04:51Est-ce qu'effectivement, on va retrouver une forme presque, j'allais dire, de silence palpable ?
04:57Les fusils s'arrêtent, les missiles s'arrêtent ?
05:00Alors, il y a au moins une partie de la région
05:03pour laquelle les fusils ne vont pas s'arrêter.
05:06Et bien malheureusement, c'est pour le Liban.
05:08On a bien compris que, et ça, on s'en doutait,
05:12que les Américains, on laisse la main aux Israéliens
05:18qui sont dans leur opération, qu'on pourrait qualifier d'opération de sécurité interne,
05:22si je puis dire, à la frontière.
05:24Vis-à-vis du Hezbollah ?
05:25Vis-à-vis du Hezbollah.
05:26Donc, ça, ça ne s'arrête pas.
05:28L'opération continue et le Liban va continuer à souffrir.
05:33Qu'en adviendra-t-il du Hezbollah ?
05:36Pourquoi les Iraniens se priveraient de continuer à soutenir le Hezbollah ?
05:41Finalement, on ne va pas faire la guerre pour ça.
05:43On ne va pas relancer toutes ces opérations pour ça.
05:47Les Israéliens traiteront le Hezbollah à leur manière, si je puis dire.
05:53Premier élément.
05:54Deuxième élément, les pays du Golfe sortent affaiblis de cette phase-là
06:00et il va falloir qu'ils se reconstruisent.
06:03Certains disent que, par exemple, au plan pratique,
06:06ça prendrait trois ans à peu près au minimum
06:09pour reconstruire les infrastructures
06:11qui permettent d'exploiter les gisements de gaz du Qatar.
06:15Qu'ils se reconstruisent, je m'arrête un instant là-dessus,
06:19il y a le matériel, mais il y a presque, j'allais dire, le moral.
06:22C'est-à-dire qu'au fond, vous étiez mon invité il y a quelques jours,
06:25on avait cette expression,
06:26est-ce que Dubaï ne sera au fond plus jamais Dubaï,
06:30au sens symbolique du terme ?
06:31C'est-à-dire que ce qu'ils apportaient comme image dans le monde,
06:35ce qu'ils avaient construit même comme image symbolique,
06:37elle est désormais, j'allais dire, à tout jamais perdue.
06:40C'est-à-dire que cette idée qu'on peut être hors des conflits du monde,
06:44un espace de profit, ça, c'est brisé.
06:49En toute logique, effectivement, les pays du Golfe,
06:51ils ont des leçons stratégiques à tirer.
06:56Alors soit ils le font, soit ils imaginent que le monde va continuer,
07:00va reprendre comme avant.
07:02Je pense que ça serait une erreur,
07:04parce qu'au premier coup de vent mauvais,
07:06les Iraniens qui auront reconstruit leur pays,
07:11ils ont perdu, mettons, une année de PIB.
07:13C'est gros, c'est lourd.
07:16La population va en souffrir, bien entendu,
07:18mais en attendant, les ressources, ils les ont.
07:22Souvenons-nous toujours que l'Iran est un pays riche.
07:24Il a les ressources.
07:26Il a les ressources pour construire,
07:28il a les ressources pour exporter,
07:30il a les ressources cruciales, vitales pour le monde.
07:33Le monde d'aujourd'hui est le monde de demain.
07:35Les ressources pétrolifières, gazières,
07:37c'est une mine d'or, si je puis m'exprimer ainsi.
07:41Donc, ils se reconstruiront.
07:43Ils ont des amis.
07:44Mais est-ce que ça veut dire, au fond,
07:46qu'on a basculé dans un cycle de guerre et de paix
07:51qui alterne au gré de la reconstruction de l'Iran ?
07:55Il y avait eu la guerre des 12 jours,
07:58qui avait affaibli, mais pas suffisamment, semble-t-il.
08:01Il y a eu à nouveau celle-ci,
08:03qui n'est visiblement évidemment pas terminée,
08:06mais est-ce qu'on est dans une sorte de balancier
08:08où, au fur et à mesure des reconstructions,
08:11il y aura à nouveau des frappes,
08:12puis ça se reconstruira, puis des frappes.
08:14Est-ce qu'on peut imaginer une sorte de guerre alternative ?
08:17Mais qui aura le courage et la volonté, demain,
08:22de s'en prendre dans l'Iran ?
08:24Pour moi, c'est ça la question.
08:25À partir du moment où l'Iran,
08:27enfin, la République islamique, soyons clairs,
08:30a fait cette démonstration de force,
08:32avec sa dissuasion conventionnelle,
08:34à la limite, elle n'a pas besoin du nucléaire aujourd'hui.
08:37Elle pèse sur la région avec cette capacité à les frapper.
08:40C'est aussi parce que les pays du Golfe sont faibles.
08:43Évidemment, tout ça, c'est un rapport de force.
08:46Et ça va prendre du temps.
08:48S'ils le souhaitent, s'ils le veulent,
08:50pour qu'ils se reconstruisent,
08:52le feront-ils ensemble, d'ailleurs ?
08:53Ils ont des vraies questions à se poser.
08:55Au fond, si les États-Unis, une fois qu'ils y ont été,
08:58n'en sortaient pas véritablement victorieux,
09:01par principe, ce serait une victoire de l'Iran,
09:05et une victoire à long terme.
09:06J'ai toujours dit, depuis le début,
09:08on m'a entendu, il n'y a pas de match nul.
09:09Pas possible.
09:10Il y aura un vaincteur.
09:12Et pour l'instant, je suis désolé de le dire,
09:14le cessez-le-feu, personne ne peut cracher sur le cessez-le-feu.
09:18C'est des vies humaines qui sont en jeu, bien sûr, on comprend.
09:21C'est sensible.
09:22Et puis même nous, on y est sensible.
09:25Personne n'a envie qu'il y ait une escalade telle
09:27qu'on ne puisse même plus l'interrompre.
09:29C'était ça, un peu le risque qu'on voyait se pointer.
09:31Et d'un autre côté, l'Iran est renforcé.
09:34Le régime, alors, on peut faire des ronds de jambes
09:37et puis dire, on a changé de régime, tu parles.
09:38On a changé des hommes et peut-être qu'ils sont encore plus féroces
09:42que ceux qui étaient avant.
09:43Il y avait le régime des Mollahs.
09:44Maintenant, on est sous le régime des Pazarhan.
09:46Et on sait ce que ça veut dire.
09:47Et le peuple iranien va le savoir encore plus.
09:49Donc, il doit y avoir à la fois du soulagement
09:53dans le peuple iranien en se disant,
09:54on va peut-être pouvoir reprendre une vie,
09:56mais ça va être une vie terrible.
09:57Et ça va être une vie sous le joug de ce pouvoir
10:00qui sortira renforcé.
10:02Il faut qu'on soit bien clair là-dessus.
10:04Après, est-ce que par la négociation,
10:07par d'autres moyens, on pourra faire avancer les choses ?
10:11Ce qui est certain, c'est que la plus grande coalition
10:13qu'on ait pu assembler,
10:14je ne parle pas des opérations de la guerre en Irak,
10:17mais quand même une coalition qui a du poids
10:20avec les États-Unis, Israël,
10:22n'aura pas fait plier sérieusement
10:25et définitivement le régime.
10:28Je ne peux qu'en conclure que le régime s'en est renforcé.
10:31Et je me souviens qu'au premier jour de la guerre,
10:33général Paloméros,
10:35vous disiez de votre côté que cette guerre n'était pas souhaitable,
10:38mais qu'une fois qu'elle avait été enclenchée,
10:40le pire serait qu'elle n'aboutisse pas.
10:43Est-ce qu'on est dans ce moment-là ?
10:46Malheureusement, oui, je ne veux pas doucher les espoirs,
10:48mais je le crois.
10:49Sur le fond, au niveau stratégique,
10:52sur le long terme, on peut dire
10:55oui, oui, c'est une sorte d'échec
10:59parce que tout le monde a peur,
11:02parce que la région a peur,
11:03parce que l'Iran impose quelque part sa vision
11:05et que même elle ose revendiquer le détroit d'Hormuz.
11:10Vous voyez, on sort d'une période de cinq semaines
11:14quand même de guerre intense.
11:15Les Iraniens sont toujours là en disant
11:16écoutez, le détroit d'Hormuz, finalement, c'est chez nous.
11:19Parmi les points, les dix points,
11:21alors tout cela n'est pas officiellement sur la table,
11:24mais ce que l'on comprend, c'est que l'Iran est arrivé
11:26avec dix points, les Etats-Unis avec quinze points,
11:30qui seraient mis à la discussion.
11:32Aucun de ces points ne sont à ce stade acceptés.
11:35Mais voilà les demandes des uns et des autres.
11:36Et du côté de l'Iran,
11:38ils disent donc accepter de rouvrir le détroit d'Hormuz,
11:42mais en imposant des frais, en quelque sorte de pH,
11:44comme vous disiez,
11:45deux millions de dollars par navire,
11:47l'Iran partagerait ces frais avec Oman
11:49et utiliserait cet argent, notamment,
11:50pour se reconstruire.
11:52Mais ils demandent également la levée des sanctions américaines
11:57et la fin de tous les combats régionaux.
12:00La question, c'est évidemment aussi le nucléaire.
12:03Avec cet uranium enrichi,
12:05dont on a réalisé à nouveau il y a quelques jours,
12:08que l'Iran n'y avait jamais véritablement renoncé
12:11et continuait à avoir un uranium suffisamment enrichi
12:15pour pouvoir, à un moment ou à un autre,
12:17l'obtenir.
12:18Mais au fond, ce que vous dites ce matin,
12:20c'est que ce n'est même plus la question,
12:21c'était censé être un des buts de guerre de Donald Trump.
12:25– Oui, enfin, on a compris que c'était ça,
12:28parce que personne n'a vraiment compris…
12:32– Les buts de guerre à proprement parler.
12:34– Pour comprendre cette guerre à ce moment-là,
12:36il y a eu le moment,
12:37et sur le fond de savoir quelle était vraiment sa conviction
12:41sur l'avenir du Moyen-Orient et le rôle que l'Iran devait jouer
12:45et l'avenir de la population.
12:49Ça, on a compris assez vite que ce n'était vraiment pas son souci,
12:51même s'il l'avait affiché initialement
12:53et qu'il leur avait donné quelques espoirs.
12:54– Il parlait d'affaiblir le régime.
12:57– Oui, mais la seule manière d'affaiblir durablement le régime,
13:01c'était le priver des outils qui lui permettent
13:03à la fois de peser sur son peuple,
13:05mais surtout de peser à l'extérieur.
13:06Aujourd'hui, j'allais lire le régime islamique,
13:10il est en train de se dire, on a passé le plus dur,
13:13bon, on va négocier, mais ils sont très forts en négociation,
13:16les 10 points, les 15 points.
13:17Oui, ils vont céder peut-être quelque chose sur le contrôle du nucléaire.
13:20Comme je le disais tout à l'heure,
13:22ont-ils vraiment besoin du nucléaire pour peser dans la région ?
13:25En tout cas, pas dans les médias.
13:27– Qui va s'assurer que ce cessez-le-feu est bel et bien respecté ?
13:30Aurons-nous, nous autres, un rôle ?
13:33Et d'ailleurs, est-ce qu'il faut qu'on le joue ce rôle ?
13:36– En toute logique, oui,
13:38parce que c'est un peu ce qu'on a affiché d'ailleurs,
13:41c'est ce qu'avait dit le président.
13:42Je dois avouer que, sans prendre parti,
13:46mais le rôle de la France, finalement,
13:51la France a joué son rôle,
13:52elle a protégé autant que faire elle pouvait,
13:55mais il lui manquait aussi des moyens pour aller plus loin,
13:57donc ça, ça fait partie de la loi de programmation militaire,
14:00mais a joué son rôle.
14:02– Qui va annoncer aujourd'hui justement
14:03un renforcement du budget de l'armée ?
14:06– Il ne faut pas qu'on parte du principe
14:08que parce qu'il y a un cessez-le-feu au Moyen-Orient,
14:11le monde est plus pacifique.
14:13Je dirais que c'est plutôt un peu l'inverse.
14:16Si le régime en Iran tombait,
14:18et on commence à en douter un peu quand même,
14:21mais voyons, le peuple iranien a aussi…
14:24– Imaginons, espérons, tirons ce fil.
14:25– Eh bien, si le régime iranien tombait,
14:29là, on aurait vraiment un espoir de paix,
14:31de construction.
14:32Ce n'est pas le cas, on n'a pas peut-être le courage,
14:35la profondeur, la patience.
14:37Je crois que le problème de la patience, c'est la clé.
14:39J'avais parlé de patience stratégique.
14:42– Le temps.
14:43– Une campagne de cette nature, si vous voulez,
14:45j'avais fait souvent le parallèle avec la Libye,
14:48toute comparaison n'est pas raison,
14:50mais c'est au moins six mois, un an,
14:52regardez ce qui se passe en Ukraine aujourd'hui.
14:53Donc, on pouvait se douter qu'en quelques semaines,
14:56on n'arriverait pas au bout d'un régime
14:58qui s'est construit au fil des années,
15:00et qui se renforce, et qui va trouver dans ses racines.
15:03Regardez, les opposants vont être…
15:08Là, malheureusement, on annonce des mauvaises nouvelles.
15:12Les mesures de rétorsion peuvent être terribles.
15:15– Contre la population.
15:16– Contre la population, évidemment.
15:18– Général Paloméros,
15:20Keir Starmer, le Premier ministre britannique,
15:22annonce se rendre dans les pays du Golfe.
15:25Emmanuel Macron, c'est ce qu'on nous fait savoir à l'instant,
15:28devrait s'exprimer dans les prochaines minutes.
15:30Ce sera évidemment à vivre en direct
15:31pour ceux qui regardent BFM TV
15:34ou à entendre sur RMC.
15:36Il y aura bien sûr des conséquences,
15:38des options à prendre.
15:40Une question encore sur notre propre arsenal.
15:42Le Charles de Gaulle, on le sait,
15:45est dans la Méditerranée orientale.
15:47Il y a aussi nos frégates.
15:50Quelles peuvent être les actions ?
15:51Et là, j'en appelle à vous sur le plan militaire,
15:54qui permettent effectivement de sécuriser.
15:56C'est-à-dire qu'il y a une chose,
15:57c'est de dire le détroit d'Hormuz est ouvert.
15:59Et il y en a une autre, c'est d'oser y aller.
16:02– Si on croit au cessez-le-feu
16:04et au fait que les partis ont baissé les armes,
16:07c'est le moment d'y aller.
16:08C'est un peu ce qu'avait dit le président.
16:10On s'organise pour,
16:12lorsque il y aura une des escalades,
16:13bon, à priori, on y est.
16:16Souhaitons-le.
16:17Un cessez-le-feu, reste un cessez-le-feu, malgré tout.
16:20– Quand vous dites ça, ça veut dire quoi ?
16:21Ça veut dire que ça reste fragile ?
16:22Ça veut dire que ça n'est pas la paix ?
16:25– Bien sûr que ça reste fragile.
16:26D'un autre côté, à partir du moment
16:28où Donald Trump saisit cette occasion
16:31pour désescalader
16:32et pour afficher, évidemment,
16:35il va afficher une victoire.
16:37On ne peut pas faire autrement.
16:38On se demande laquelle,
16:39mais il va afficher une victoire.
16:40on va dire que l'Iran est rejeté à l'âge de pierre.
16:44Enfin, il l'a déjà dit.
16:46Mais nous, on sait que c'est faux.
16:48On sait que le régime se reconstruira.
16:50On sait que l'Iran a des ressources.
16:51Et on sait qu'elle va ressortir
16:53comme une puissance régionale majeure.
16:54– Ce matin, je vous sens au minimum sceptique,
16:57peut-être même, général, assez pessimiste.
17:00– Oui, puisqu'on n'a pas su faire rendre gorge
17:03à un régime dictatorial qui écrasait son peuple
17:07parce qu'on n'a pas pu,
17:10et ça prouvait d'ailleurs toute ça,
17:12la profondeur de son dispositif.
17:15Il avait bien compris
17:16quelles étaient les armes de dissuasion moderne,
17:18en quelque sorte.
17:19Il savait aussi la faiblesse…
17:20– L'arme économique.
17:21– Bien sûr, économique,
17:24armes balistiques,
17:25pour bien faire peser cette pression
17:27sur des pays qu'il savait faibles,
17:29faibles en termes de puissance militaire
17:31et totalement dépendants,
17:33en particulier des Américains.
17:34En partie de nous, mais de manière très faible,
17:37mais en particulier des Américains.
17:40Donc, on sort de là quand même.
17:42On est un peu chaos.
17:43On espère que l'activité va repartir.
17:46Ça, c'est pour tout le monde,
17:47pour nos concitoyens.
17:48Mais le monde de demain
17:50ne sera pas comme celui d'hier.
17:51Il faut qu'on en tire toutes les conséquences.
17:53– Et ce sera d'ailleurs normalement
17:55chose faite dès aujourd'hui,
17:56espérons-le, en tout cas,
17:58sur notamment la question militaire,
18:01puisque la loi de programmation
18:02devrait augmenter le budget militaire.
18:04Et d'ailleurs, la ministre des Armées
18:06sera mon invitée demain matin
18:08à ce même micro.
18:09– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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