00:00Bonjour Vincent Louot, sénateur des indépendants d'Indre-et-Loire, vous êtes agriculteur de profession,
00:05vous receviez donc la ministre de l'Agriculture. Allons droit au but, le Sénat qui veut réintroduire
00:09l'acétamipride dans le projet de loi d'urgence agricole qui arrive au Sénat ces jours-ci.
00:13Le gouvernement considère que la réintroduction de l'acétamipride dans ce véhicule législatif
00:17n'est pas souhaitable, a dit Annie Gennevard. C'est une question aussi débattue, la restauration
00:22de l'acétamipride peut compromettre l'adoption de ce texte auquel le gouvernement est attaché.
00:26Est-ce que vous allez tout de même remettre cet acétamipride dans le texte, même si
00:31la ministre y est opposée ?
00:32Alors écoutez, depuis le début, sur ce projet de loi d'urgence que nous n'avons pas demandé
00:37et qui a été décidé par le Premier ministre, nous avons eu l'ambition de dire on va faire
00:42une loi qui va servir au final à quelque chose. Le gouvernement a préféré faire un paramètre
00:47très restreint, on ne parle pas des moyens de production, on ne parle jamais des sujets
00:50qui font mal et qui concernent nos agriculteurs, c'est le schéma économique de la Ferme France
00:54qui est en plein naufrage.
01:00Donc nous, l'acétamipride, on le remettra parce que c'est un moyen de production.
01:04Moi je l'ai toujours dit, je l'ai dit à vos journalistes, je l'ai dit sur tous les
01:07plateaux
01:07de télévision. Pourquoi ? Parce que c'est une emblème et que malgré le fait qu'il y ait
01:12eu un mouvement un peu citoyen qu'il faut considérer, mais nous remettons l'acétamipride
01:20d'une façon complètement modérée en reprenant toutes les préconisations et du Conseil
01:24constitutionnel et du Conseil d'État. On n'est pas là sur un phénomène dérogatoire,
01:29donc on n'est pas là les méchants contre les gentils. C'est un peu plus complexe que ça
01:32et aujourd'hui, nous, on a fait le choix à plusieurs sénateurs de dire, c'est notre
01:39devoir de remettre l'ensemble des sujets qui grattent.
01:43Vous en ferez une ligne rouge s'il y a un bras de fer comme ça avec l'Assemblée
01:46nationale en commission mixte paritaire par exemple, et que l'Assemblée nationale
01:49refuse cette partie du texte et que vous, vous le voulez, ça fera un motif pour rejeter
01:53complètement le texte ?
01:54Je n'aime pas les lignes rouges parce que tout est plus compliqué que des simples
01:57lignes rouges. Moi, vous savez, je suis très attaché aussi à ce qu'on revienne sur
02:00les zones humides, les deux doubles critères l'un ou l'autre des zones humides pour
02:03qu'il y ait un seul critère. Je pense qu'aujourd'hui, il faut ramener du pragmatisme,
02:12du bon sens, dans des dérapages qui ont été voulus par des politiques à un moment
02:16et qui ont fait des lois et qui nécessitent aujourd'hui que nous passions par la loi.
02:19On ne le dit pas assez. Là, c'est à mépris. Nous sommes obligés de le réintroduire
02:22par une loi. Pourquoi ? Parce qu'il a été de façon complètement abusive, mis dans
02:28une loi à l'époque.
02:29Quel accueil est-ce que vous réservez à ce projet de loi ? Il a fait l'objet de nombreux
02:33ajouts, une quarantaine d'articles en plus votés par les députés. Est-ce que votre
02:37principal travail, ça va être déléguer ce texte ?
02:39Alors, déjà, un, il faut reconnaître que les députés ont travaillé. Ils ont plus
02:45ou moins bien travaillé. On n'est pas d'accord sur tout. Mais déjà, il y a eu un travail.
02:47Il faut le reconnaître. Ça n'a pas été le cas avant. Donc là, déjà, moi, je remercie
02:51mes collègues députés qui ont fait un vrai travail de parlementaire. Deux, certaines
02:56choses un peu excessives vont devoir être élaguées. Mais en fait, on a déjà une bonne
03:00base.
03:01Donc, c'est un bon texte qui vous arrive.
03:03Nous, c'est... Pour nous, enfin pour moi notamment, je trouve que c'est un bon texte qui a
03:08été travaillé. Alors, bien sûr, on va remettre notre patte. Et en CMP, on va discuter...
03:12En commission du paritaire, sept députés, sept sénateurs.
03:14Voilà, sept députés, sept sénateurs. Mais j'ai envie de vous dire, pour moi, j'ai pas
03:18de notion de ligne rouge.
03:19D'accord.
03:19On peut pas échanger les cartes de Monopoly face à des sujets comme l'agriculture.
03:25Donc, on va être très attentifs au fait de garder ce qui nous semble essentiel.
03:29Même si parfois, ça amène beaucoup de grippage au niveau du gouvernement qui a peur avant
03:35d'avoir mal. Vous savez, le gouvernement, c'est la bestiole qui couine dès qu'elle voit
03:42le moindre truc. Donc, non.
03:44C'est un manque de courage de la part d'Annie Genvar. Vous le croyez, notamment sur la
03:46cétamipride. Est-ce qu'elle a l'air de soutenir la mesure personnellement ? Mais elle
03:49peut pas, titre du gouvernement.
03:51Courage d'Annie Genvar, non. Parce qu'Annie Genvar a toujours dit qu'elle était pour son
03:55retour. Manque de courage des arbitrages interministériels. Vous savez qu'Annie Genvar,
03:59Genvar, a des arbitrages avec la ministre de l'Environnement. Et là, par contre, clairement,
04:04on manque du courage du gouvernement.
04:05Est-ce que le Sénat va, au contraire, rajouter des mesures sur les marges de la grande distribution
04:08après le rapport de la commission d'enquête ? Il faut rééquilibrer les relations commerciales
04:12entre les différents échelons de la chaîne de production en France ?
04:15Oui. Alors, la problématique des marges agricoles est beaucoup plus complexe que des simples textes
04:21de loi Egalim 1, Eveline 2, de Crozaille. Et on pourra faire Egalim 10, on n'aura toujours
04:26pas trouvé une solution. Vous savez, moi, je suis assez libéral.
04:29À la fin, ça n'a plus de sens. Tout ce qu'on écrit n'a plus aucun sens. Donc,
04:33je serais
04:34très attentif à ce qu'on rajoute. Mais rajouter de la technocratie communiste dans
04:38un système qui ne marche pas et qui ne va pas marcher demain, ce n'est pas ma chance.
04:41Les conclusions étaient transpartisanes.
04:43Oui, mais je sais. Mais quand on touche aux marges, c'est toujours transpartisan.
04:46Mais moi, sur ce rapport, je suis un peu plus critique.
04:50D'accord. Dernière question. Il nous reste 30 secondes. Mais vous avez formulé une autre
04:53proposition. Elle concerne l'Office français de la biodiversité. Vous proposez de transférer
04:57la mission de police de l'environnement à la gendarmerie nationale dans sa composante
05:01judiciaire et aux préfectures dans sa composante administrative et sanitaire.
05:04Quelle est l'idée avec cette proposition de loi ? Il faut que l'OFB soit davantage sous
05:07contrôle de l'État ? L'idée, c'est que l'OFB doit être sous le contrôle
05:11de l'État. Et c'est déjà une anormalité qu'elle soit dans une agence indépendante.
05:16L'OFB n'a pas vocation à devenir une police politique pour qui que ce soit.
05:20L'OFB a vocation à, pour moi, rattacher la gendarmerie, surtout qu'on a créé la
05:24gendarmerie de l'environnement en 2023. Donc, tout ça aurait du sens. L'OFB, au
05:29sein de la gendarmerie de l'environnement, c'est mon souhait.
05:32Et ça ne peut pas être intégré au projet de loi ? Il faut que ce soit une proposition à
05:35part. Non, ça sera une proposition à part.
05:37Mais vous savez, sur ce sujet-là, comme sur les zones humides, je ne lâcherai pas.
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