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  • il y a 10 heures
Bruno Retailleau, Marine Tondelier, Sarah Knafo, Olivier Faure, Mathilde Panot, Gabriel Attal et Jean-Philippe Tanguy sont les invités de notre émission "Autorité, justice: quelles réponses au fiasco?". Près d'une semaine après que le corps de la jeune Lyhanna a été retrouvé sur fond de défaillances judiciaires, ces personnalités politiques apportent leurs réponses à cette affaire sur BFMTV à partir de 21 heures.

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Transcription
00:00Jean-Philippe Tanguy nous rejoint, député Rassemblement National de l'Essonne en direct avec nous ce soir.
00:06Bonsoir et bienvenue sur ce plateau Jean-Philippe Tanguy.
00:11Il y a une chose qui nous interpelle ce soir, c'est qu'on voit un certain nombre de candidats
00:16à la présidentielle,
00:17on avait Bruno Rotaille au début de cette émission, qui reprennent des mesures extrêmement fermes,
00:22perpétuité réelle, imprescriptibilité pour un certain nombre de crimes, etc. envers les enfants,
00:27de crimes sexuels notamment envers les enfants.
00:30Qu'est-ce qu'au Rassemblement National, vous allez pouvoir proposer de plus, de différent, pour vous démarquer par rapport
00:35à ces candidats-là ?
00:37Mais monsieur, le but n'est pas de faire des propositions, le but est de protéger nos enfants,
00:42c'est de protéger ce que nous avons de plus fragile, de plus précieux, c'est faire en sorte que
00:46les lois qui sont déjà votées soient appliquées.
00:50C'est que quand les lois sont appliquées, quand des magistrats sont désignés, quand des policiers, des gendarmes travaillent sur
00:54le terrain,
00:54ils aient les moyens d'appliquer ces lois, ils aient les moyens d'appliquer les circulaires,
00:59que les ministres, quels qu'ils soient, envoient à leur administration et que ces moyens y suivent.
01:05Or aujourd'hui, quand monsieur Darmanin nous annonce qu'il y a 70 000 plaintes à revoir d'ici le
01:1014 juillet,
01:11c'est 70 000 plaintes qui étaient donc en souffrance.
01:13Et personne ne peut croire que les moyens qui n'ont pas permis avant de traiter avec dignité, célérité et
01:18gravité ces 70 000 dossiers
01:21seront observés malheureusement dans des meilleures conditions avant le 14 juillet.
01:25Donc un pays doit faire des choix.
01:27Et malheureusement, et je le regrette, parce que c'est un sujet tragique,
01:32et effectivement, monsieur Attal l'a dit, on aurait tous dû se retrouver.
01:35Mais pour se retrouver, il faut faire des choix, il faut proposer des choix à la représentation nationale.
01:39Et une personne n'a proposé au parti d'opposition qu'elle rassemble nationale, malgré sa demande,
01:44malgré le fait que Marine Le Pen avait désigné pendant sa campagne l'enfance comme une priorité nationale,
01:49une personne n'a proposé de donner les moyens aux magistrats, aux policiers, aux gendarmes, aux assistantes sociales,
01:54à tous ceux, à l'AZE, à l'aide sociale à l'enfance, à toutes les personnes sur le terrain.
01:58Et je pense aussi à eux.
01:59Parce que quand vous faites ce métier avec dévouement, que vous êtes une honnête femme ou un honnête homme
02:04qui s'engage pour le soin apporté aux enfants, la protection,
02:07que vous n'ayez pas les moyens pour faire votre métier,
02:09ou que un certain nombre de personnes, d'individus, d'ordures, salisent votre métier,
02:13moi je pense aussi à ces personnes qui se sont dévouées pour l'enfance et qui se sentent trahies, salies
02:17aujourd'hui.
02:18Est-ce que vous estimez que l'État doit être condamné ?
02:20On sait que la maman de Rosa, avec son avocat, a cette semaine porté plainte contre l'État pour faute
02:29lourde.
02:30Le tribunal décidera si l'État doit être condamné ou pas.
02:34La réalité, c'est surtout qu'on a une maman, une famille, un enfant qui a vécu l'indicible
02:40et une autre famille, la famille de Liana, qui a vécu l'horreur.
02:44Le fait que l'État soit condamné, écoutez, les magistrats se prononceront.
02:48Ce qui compte, parce que j'ai écouté la famille, c'est qu'elle ne veut pas que ça se
02:51reproduise.
02:52D'ailleurs, c'était poignant.
02:53Toutes ces familles d'enfants victimes qui eux-mêmes ont l'impression de ne pas avoir parfois fait assez.
02:59Comment ces personnes peuvent se retrouver dans cette situation ?
03:01Ils sont totalement innocents de ce qui est arrivé.
03:04Mais comme ce sont des honnêtes gens, ils ressentent la douleur aussi des autres familles et des enfants victimes.
03:10On va l'écouter, justement, la mère de Rosa.
03:12On se souvient de l'histoire de Rosa.
03:14C'est cette petite fille qui a dénoncé Jérôme Barrella, qui a expliqué qu'il l'avait violée.
03:18Il y a eu des examens médicaux, des examens psychologiques qui ont confirmé, qui ont corroboré, en tout cas, les
03:23dires de l'enfant.
03:23Et pourtant, il ne s'est rien passé.
03:24En tout cas, Jérôme Barrella n'a pas été placé en garde à vue.
03:28On va écouter la mère, le sentiment de culpabilité de la mère.
03:31C'est elle-même qui emploie cette expression.
03:32On l'écoute.
03:34J'ai la culpabilité que je n'ai pas assez faite, que je n'étais pas à la hauteur en
03:40tant que maman.
03:42J'ai essayé de faire tout mon possible, mais aujourd'hui, je vois que la justice ne m'a pas
03:47suivie.
03:48La justice n'a pas fait son travail.
03:50Et je ne comprends pas comment on peut attendre un an pour quelqu'un qui est mort.
03:57Je ne comprends pas.
04:00Pourquoi il faut attendre autant et autant ?
04:02Elle parle de son sentiment de culpabilité.
04:06Vous l'entendez, elle n'est pas née en France, la maman de Rosa.
04:09Elle a choisi la France.
04:11Et elle dit cette expression, elle dit « la France m'a déçue ».
04:16Qu'est-ce que vous dites à la maman de Rosa aujourd'hui ?
04:20Qu'est-ce qu'on doit lui dire ?
04:21Qu'est-ce que nous, j'allais dire nous, la France, les Français, qu'est-ce que vous, responsable politique,
04:26vous devez dire à Rosa ?
04:27Mais que je comprends qu'elle soit déçue.
04:29Que je comprends que les 70 000 familles qui attendent le traitement de leur plainte soient déçues.
04:34Que toutes les familles dont leur plainte a été classée, qui ne sont pas dans ces 70 000,
04:37ou qui peut-être ont eu le courage, avec leur enfant, encore plus courageux, de franchir une porte
04:41et de sentir peut-être qu'ils n'étaient pas reçus ou accompagnés ou qu'ils n'avaient pas de
04:45suivi.
04:46Vous savez, et la nation est avec eux.
04:48Elle n'a pas, elle n'a pas évidemment de conseil à donner à ces personnes.
04:53Mais la nation est avec elle, parce que c'est la nation qui a été déçue.
04:56Puisque si aujourd'hui on demandait aux Français par référendum ou dans n'importe quelle décision,
04:59est-ce que vous souhaitez que vos impôts, qui sont élevés, aillent en priorité à la protection de l'enfance,
05:04au traitement des violences sexuelles, des viols contre les enfants,
05:08eh bien les Françaises et les Français, ils seront d'accord.
05:10Ils seraient d'accord.
05:11Évidemment, une très large majorité pour que les impôts aient cette priorité.
05:14Donc le système démocratique n'a pas fonctionné.
05:16Les institutions représentatives n'ont elles-mêmes pas fonctionné,
05:19puisque nous discutons, et je suis bien placé pour le savoir, de beaucoup de choses à l'Assemblée nationale,
05:24parfois bien dérisoire, et à aucun moment on nous a proposé, comme parti d'opposition,
05:30nous le faisons évidemment, mais nous ne sommes pas en responsabilité.
05:32Qu'il s'agisse de la gauche aujourd'hui, du Rassemblement national et d'autres,
05:35nous ne sommes pas en responsabilité.
05:37Donc on ne peut pas toujours aussi dire que tout le monde est responsable de tout.
05:40Il y a des gens qui sont en responsabilité, qui ont voulu être en responsabilité.
05:44Personne n'a obligé les ministres à être ministre.
05:46Personne n'a obligé les premiers ministres à être premiers ministres.
05:48Personne n'a obligé M. Macron à être président de la République.
05:51Et je vous le rappelle, dans sa conclusion du débat contre Marine Le Pen,
05:55c'est M. Macron qui avait dit que pour les cinq prochaines années,
05:57l'enfance serait sa priorité.
05:59C'est lui qui a choisi d'être président de la République,
06:01c'est les Français qui l'ont élu et ceux qui sont responsables.
06:03Ils n'ont pas fait ces choix-là.
06:05Et nous avons cette année 5% de déficit.
06:07Nous avons des déficits monstrueux.
06:09Ils ont payé beaucoup de choses.
06:10Ils n'ont pas payé la protection de l'enfance.
06:12Alors que paradoxalement, tout le monde aurait été d'accord.
06:15Jean-Philippe Tanguy, pour revenir à ce fiasco-là,
06:16on parlera évidemment des mesures que vous voudriez voir mises en œuvre.
06:20Pour parler de ce cas-là et de ce fiasco-là,
06:23qui est responsable ?
06:24Est-ce que vous dites, parce qu'on a entendu notamment des avocats
06:27ne pas être d'accord sur ce point-là,
06:28est-ce que vous dites, c'est une question de moyens ?
06:30C'est d'abord une question de moyens.
06:31Et avec plus de moyens, Rosa aurait été mieux protégée,
06:34Liana aurait été protégée.
06:36Ou est-ce que vous dites, il y a une responsabilité individuelle,
06:40que ce soit chez les magistrats,
06:42des magistrats qui bossent 4 fois moins que les autres,
06:44c'est ce que disait l'avocat de la mère de Rosa,
06:46des gendarmes fainéants, c'est lui aussi qui dénonçait ça.
06:48Où est-ce que vous êtes là-dessus dans ce débat-là ?
06:51Et c'est avant tout, ça ne l'oppose pas à la responsabilité individuelle,
06:54un problème de moyens.
06:55Parce que, fois plus, je l'ai dit, il y a 70 000 plaintes en souffrance,
06:58c'est bien qu'il y ait un problème de moyens.
07:00Et ça commence très tôt.
07:02Les infirmières scolaires.
07:04Pourquoi je parle des infirmières scolaires ?
07:05Moi, j'ai connu un temps, pas si ancien,
07:07où j'avais été examiné plusieurs fois par une infirmière scolaire.
07:11Eh bien, si je n'avais pas eu la chance et le privilège
07:14d'avoir une famille aimante,
07:15peut-être que j'aurais été heureux que cette infirmière scolaire
07:18puisse repérer un problème.
07:20Pourquoi elles ont été supprimées ?
07:21C'est bien un problème de moyens.
07:22Donc, il n'y a plus personne, ce n'est pas aux enseignants,
07:24d'aller surveiller, ausculter les enfants
07:27pour voir s'il y a un problème.
07:28Ils essaient de le faire.
07:28Beaucoup d'enseignants essaient de le faire,
07:30mais ils sont désemparés, évidemment.
07:31Donc, suppression des infirmières scolaires, ça a bien été un choix.
07:33Pour vous, tout se tient ?
07:34Bien sûr que tout se tient.
07:35Dire que c'est la faute de tel procureur,
07:37sans doute qu'il y aura...
07:38Enfin, il faut d'ailleurs qu'il y ait une procédure.
07:40Et s'il y a une erreur, il faut qu'elle soit sévèrement condamnée.
07:41Les juges doivent-ils rendre des comptes ?
07:43Doivent-ils rendre davantage de comptes ?
07:45Bruno Retailleau parle d'un corporatisme.
07:48Il dit, au fond, qu'il y a une forme de corporatisme des juges
07:50qui fait qu'en réalité, ils ne sanctionnent que très, très rarement leurs pairs.
07:55Non, mais il y a très peu de sanctions.
07:57Ce n'est pas un avis politique.
07:58Vous prenez les sanctions du Conseil supérieur de la magistrature,
08:01elles sont faibles.
08:02Est-ce que c'est du corporatisme ?
08:03Il y a sans doute du corporatisme.
08:05Mais il y a des hommes politiques, il y a un garde des Sceaux.
08:07Et si le garde des Sceaux, parce que tout le monde dit...
08:08Personne ne semble comprendre comment ça fonctionne.
08:10Le garde des Sceaux peut demander au Conseil supérieur de la magistrature
08:14de statuer sur des sanctions disciplinaires.
08:16Et il est proposé au garde des Sceaux un certain nombre de sanctions.
08:19Donc il y a un moment, moi je veux bien qu'on jette en pâture les magistrats.
08:21Vous savez que le Rassemblement National a la dent très dure
08:24contre le corps des magistrats.
08:26Mais là, compte tenu de ce qui s'est passé,
08:28c'est facile de dire que c'est que la faute de cette procureure.
08:31Là, vous voulez dire que Gérald Darmanin
08:33rejette un peu facilement la faute sur...
08:34Évidemment.
08:35Quand il dit...
08:36Moi, je veux dire, au début, j'ai gardé un esprit totalement ouvert
08:40sur ce qu'allait dire M. Darmanin,
08:41puisque j'ai noté, comme toutes les Françaises et les Français,
08:43que tout de suite, il est rentré dans le débat,
08:46voire dans la polémique, pour se défendre.
08:47Soit tout le monde a le droit de s'exprimer
08:50et de défendre sa position.
08:51Et il dit, j'ai donné des instructions dans la circulaire.
08:53Je suis allé voir la circulaire.
08:55Cinq pages, deux lignes sur la protection de l'enfance.
08:58Et en fait, dans cette circulaire, tout est prioritaire.
09:00Donc, si vous dites à vos procureurs, à vos magistrats
09:02que tout est prioritaire, je suis désolé, rien n'est prioritaire.
09:05Il a donc menti.
09:06Mais pardon, qu'est-ce que vous auriez enlevé de cette circulaire ?
09:08Mais moi, je vous l'ai dit, c'est pour ça.
09:09J'ai dit, c'est un problème de moyens.
09:10C'est ça le problème, Jean-Philippe Tanguy.
09:13Dans cette circulaire, il y a, par exemple, le narcotrafic.
09:15Elle est dans ce fait aux femmes, c'est aux enfants, etc.
09:17Qu'est-ce que vous enlevez ? Rien, en réalité.
09:18M. Suitek, vous avez raison.
09:20C'est pour ça que je n'ai pas dit, c'est la faute du tel magistrat
09:22qui n'a pas pu appliquer une circulaire
09:24qu'elle ne pouvait pas appliquer, même s'il avait voulu l'appliquer.
09:27Et sans doute, y a-t-il des fautes par ailleurs ?
09:29Je dis que dire que ce n'est pas un problème de moyens,
09:31ce n'est pas moi qui l'ai dit.
09:32C'est le président de la République qui n'a rien trouvé à faire.
09:35C'est l'argument d'Emmanuel Macron qui est dire,
09:36dans cette affaire, c'est surtout pas un problème de moyens.
09:37Moi, j'aurais préféré que le président de la République,
09:39compte tenu de ce que je vous ai dit,
09:40à savoir qu'il avait promis que l'enfance serait la priorité,
09:43soit un peu modeste sur cette situation.
09:44Il a choisi de dire que ce n'était pas un problème de moyens.
09:46Il y a 70 000 plaintes en souffrance.
09:48C'est donc un problème de moyens.
09:49Et de toute façon, même si on avait repéré
09:51un certain nombre de criminels ou de prévenus,
09:53il n'y a pas les places de prison pour les mettre en prison.
09:55Qu'est-ce que vous dites ?
09:56Si vous voulez que les politiciens, quels qu'ils soient,
09:58disent tous les jours, oui, c'est la faute de tel ou tel,
10:02ils ont, une fois plus je le dis,
10:03mais ça a du sens, ce que j'essaie de vous dire, madame,
10:05à savoir que quand on fait de la politique,
10:07on choisit de faire de la politique.
10:09Il y a des gens dans la vie, ils n'ont pas choisi leur métier.
10:11Ils n'ont pas eu ce privilège.
10:12Parfois, il y a des gens qui font ce qu'ils peuvent.
10:14Nous, on a choisi de se présenter devant les gens.
10:16On a dit, je me crois plus malin que les autres,
10:18donc je peux exercer un mandat.
10:20Donc, on a choisi cela.
10:21On s'est présenté au suffrage.
10:22On a demandé à la confiance des Français.
10:23On a voulu avoir des responsabilités à divers degrés.
10:26Donc, quand on va avoir des responsabilités,
10:27si le premier réflexe, c'est dire, c'est pas moi,
10:30j'ai fait une circulaire, vous lisez la circulaire,
10:31c'est pas vrai.
10:32Il a dit, on ne m'a pas donné les informations.
10:35Mediapart a révélé un rapport publié en juillet 2022,
10:38qui implique malheureusement aussi M. Dupond-Moretti,
10:40précédent garde des Sceaux,
10:40où tout est décrit par le menu.
10:42C'est pas, comment dire, des gauchistes ou des hystériques.
10:45C'est la civise, à savoir la comité ou la commission,
10:49je ne sais plus, je suis désolé,
10:50qui est en charge de la lutte contre les violences sexuelles
10:52et contre l'inceste.
10:53Ils ont fait une expertise.
10:55Ils ont rendu un rapport.
10:56Ce rapport explique exactement les causes matérielles,
10:59morales et organisationnelles
11:00qui ont créé les conditions, malheureusement,
11:03de la tragédie de Liana et de sa famille.
11:05– Gérald Darmanin peut rester.
11:07– Pourquoi il l'a caché ?
11:08C'est ça la question.
11:09– Est-ce qu'il peut rester ?
11:10– Je pense qu'il a beaucoup trop menti.
11:12Il a beaucoup trop menti.
11:14Il a beaucoup trop menti.
11:15– Marine Le Pen s'est abstenue de demander sa démission, disons.
11:17– Marine Le Pen a raison,
11:19puisque la démission seule de M. Darmanin
11:21ne va pas ramener, malheureusement, notre petite fille
11:24et ne va pas protéger les enfants.
11:26Mais entre les déclarations de Marine Le Pen,
11:28il a encore menti.
11:29Je le regrette.
11:31Je le regrette.
11:31Et il avait menti avant.
11:32Et il y a un moment aussi, la confiance,
11:35ce n'est pas moi qui vais me prononcer
11:37à la place des Françaises et des Français,
11:38mais je connais un peu mon peuple.
11:40Mon peuple est capable d'entendre qu'on fisse des erreurs.
11:42Par contre, le mensonge, ça commence à bien faire.
11:45– Qu'est-ce qui changerait avec vous ?
11:47On a entendu depuis le début de cette émission
11:49un certain nombre de propositions.
11:50On le disait à l'instant, la perpétuité réelle,
11:53la castration chimique pour certains,
11:55un fichier public des pédo-criminels,
11:58l'imprescriptibilité pour les crimes sur les enfants,
12:00pour les sanctions.
12:02Et puis, de l'autre côté, du côté de la prévention,
12:05effectivement, une éducation sur la question du corps
12:08dès la maternelle.
12:09C'est ce que proposent, par exemple,
12:10Marine Tondelier ou Mathilde Panot.
12:12Est-ce que parmi toutes ces mesures
12:15qui sont proposées par les uns et les autres,
12:17vous en retenez et lesquelles ?
12:19– Ce sont deux sujets complètement différents.
12:20Si on s'attaque, effectivement, à la peine.
12:22– En fait, on a posé la même question à tous
12:24et certains nous ont répondu plutôt prévention,
12:25d'autres nous ont répondu plutôt sanction.
12:26– Je ne comprends pas pourquoi, pour moi,
12:28elles n'ont pas à être opposées.
12:29Bon, l'urgence, c'est donner les moyens
12:32pour que les cas soient traités avec diligence
12:35et qu'il y ait de la prévention.
12:36Ça va ensemble.
12:36Je suis désolé.
12:37Vous l'avez dit tout à l'heure, Mme de Malherbe,
12:39c'est une continuité.
12:40Aujourd'hui, j'entends des gens
12:41qui font beaucoup de propositions de nouvelles peines.
12:43Il y a des lois aujourd'hui,
12:44elles ne sont pas appliquées.
12:46Aujourd'hui, il y a des lois sur des peines de prison,
12:48ce n'est pas appliqué.
12:50Et de toute façon, il n'y a pas les places de prison
12:51pour appliquer les peines.
12:52Donc, écoutez, moi, je veux bien
12:53qu'on soit allé sur tous les plateaux
12:55à faire des promesses,
12:56tout en sachant qu'aujourd'hui,
12:58les prisons sont pleines à 140%,
13:01140%, que sur, moi, à Amiens,
13:04ma prison, elle est bourrée à craquer.
13:07Comment dire ?
13:08Les agents pénitentiaires n'en peuvent plus.
13:10Ils ont tous dépassé leur quota d'or supplémentaire.
13:12Personne ici, sur ce plateau, autour de la table,
13:14pourrait faire le métier
13:14que font les agents pénitentiaires.
13:15Donc, moi, je veux bien qu'on dise
13:16oui, on va faire plein de choses.
13:19Aujourd'hui, on vote des lois.
13:20On vient voir les Français.
13:21On leur dit qu'on a voté une loi.
13:22Elle n'est pas appliquée.
13:23C'est ça que les gens ne supportent plus.
13:24Donc, on a des lois.
13:25Donc, ils avaient promis,
13:27la Macronie avait promis 15 000 places de prison.
13:30Ils en ont créé 4 000.
13:32Ce n'est pas la faute du Rassemblement national.
13:33On a voté tous les crédits sur la justice.
13:35On a créé toutes les rallongues sur la justice.
13:37On est les premiers à dire
13:38qu'il faut accélérer les procédures
13:40pour construire des prisons.
13:41Ils en avaient promis 15 000, 4 000.
13:42Comment voulez-vous ?
13:43Il y a donc 11 000 places nécessaires
13:45qui n'ont pas été faites.
13:46Donc, oui, c'est peut-être la faute
13:47de cette magistrate.
13:48Une fois de plus, il y a une procédure.
13:49Donc, j'espère qu'elle ira à son terme.
13:51Mais même s'il y a eu cette magistrate,
13:53si elle avait dit
13:53« Bon, j'ai arrêté le prévenu, le criminel.
13:56Elle appelle la prison.
13:57Il n'y a pas de place. »
13:59Bon, il serait dans la nature.
14:00On parle aussi d'autorité ce soir.
14:02Et on vous confronte,
14:03toutes et tous,
14:04qui est passé sur ce plateau
14:05aux images des violences
14:06qui ont suivi, il y a quelques semaines maintenant,
14:08la victoire du Paris Saint-Germain
14:10en Ligue des champions.
14:11Dans les heures,
14:12j'allais dire quasiment les minutes
14:13qui ont suivi au Rassemblement national,
14:14vous avez tout de suite crié « Immigration ».
14:16Est-ce que c'était la priorité
14:18face aux images que nous avons vues
14:19de pointer du doigt l'immigration ?
14:22Écoutez, je n'ai pas eu l'impression
14:23qu'on a spécialement crié « Immigration ».
14:25On a crié « Laxisme ».
14:27On a crié « Des organisations ».
14:28On a crié « Mauvaise organisation de la sécurité ».
14:30On a crié…
14:31J'ai souvenir de Jordan Bardet
14:32l'a interrogé dès le lundi matin
14:33face à la parapolite de Malherbe
14:34et qui tout de suite a dit « Immigration ».
14:36Non, mais il n'y a pas eu que cette prise de position.
14:39Et il y a aussi la responsabilité
14:40d'une migration qui n'a pas été contrôlée,
14:42d'enfants de l'immigration
14:43qui n'ont pas été assimilés,
14:45qui n'ont pas été intégrés,
14:48n'ont pas été apprises.
14:49De toute façon, la solution est simple.
14:51Si la République avait fonctionné,
14:53si l'école avait le moyen de faire son job,
14:55si ses gamins avaient un boulot, une perspective
14:57et s'il y avait une politique pénale,
14:59eh bien, on n'irait pas agresser des policiers,
15:01les menacer, détruire des lieux de l'immigration.
15:04Mais l'immigration a une cause là-dedans.
15:06Elle a une cause là-dedans,
15:07puisqu'évidemment, dans ces quartiers difficiles
15:09dont on se suit un nombre considérable
15:10des personnes qui ont attaqué et qui sont prévenues,
15:13c'est que c'est des enfants d'immigration,
15:16parfois sur deux, trois générations,
15:17qui n'ont pas été assimilés,
15:18qui n'ont pas été intégrés.
15:19Mais ça veut dire qu'ils sont victimes
15:20avant d'être coupables ?
15:22Mais la situation, ça revient au même.
15:24Quand je vous écoute,
15:25vous dites au fond,
15:26et c'est d'ailleurs des questionnements
15:30qui étaient ceux d'Emmanuel Macron
15:32au moment de sa campagne,
15:33la question de l'excuse,
15:35la question de la compréhension.
15:36Faut-il comprendre ?
15:37Faut-il excuser ?
15:39Au fond, lorsque l'on vous écoute,
15:41c'est très intéressant,
15:41vous dites, le problème,
15:42ce n'est pas l'immigration,
15:43le problème, c'est ce qu'on en fait.
15:44C'est-à-dire que nous n'avons pas su
15:47les intégrer comme il aurait fallu.
15:49Donc, ils sont victimes.
15:50Donc, en fait, en quelque sorte,
15:53vous comprenez qu'à un moment,
15:54ils disent, non, mais ras-le-bol.
15:55Non, mais on n'est pas dans la caricature,
15:57madame.
15:58Non, mais je l'ai entendu comme ça.
15:59Non, mais je veux dire par ça,
16:01quand le Rassemblement National désigne
16:03la submersion migratoire
16:04avec des conséquences,
16:05nous, on a toujours fait la différence
16:06entre des personnes,
16:07des phénomènes.
16:08On combat des phénomènes,
16:09on combat des politiques,
16:10on ne combat pas des personnes.
16:12Comprendre une situation,
16:13c'est-à-dire qu'une part considérable
16:14de la jeunesse,
16:14dont une part au sein de cette jeunesse
16:16considérable est issue de l'immigration,
16:17n'est pas intégrée, n'est pas assimilée,
16:18c'est la faute des gouvernements,
16:19c'est la réalité.
16:20Est-ce que c'est une excuse
16:21pour aller attaquer des gens ?
16:22Non, ça n'a rien à voir.
16:24On peut comprendre une situation,
16:26on peut la constater,
16:27on peut établir des responsabilités politiques,
16:29ce n'est pas une excuse
16:30pour aller attaquer des policiers,
16:32des gendarmes,
16:32détruire des biens publics,
16:34aller s'attaquer dans d'autres émeutes
16:35à l'école,
16:36c'est-à-dire au moyen de l'intégration,
16:38donc on voit bien,
16:38ce sont deux choses différentes.
16:40Mais juste une question encore là-dessus.
16:41Mais évidemment,
16:42qu'on ne peut pas,
16:43comment dire,
16:44intégrer notre jeunesse,
16:46une partie de cette jeunesse,
16:47donner des moyens
16:48pour lutter contre la criminalité
16:49et continuer à accueillir chaque année
16:51200, 300, 400,
16:53aujourd'hui 500 000 personnes par an,
16:55alors qu'on a un chômage galopant,
16:57qu'on a le logement qui explose,
16:58qu'on a nos services publics
16:59qui ne s'en sortent plus,
17:00l'école qui n'arrive plus à suivre,
17:01donc oui,
17:02aujourd'hui,
17:03quand on n'a pas les conditions
17:05pour l'accueillir,
17:06c'est prendre le risque,
17:07évidemment,
17:07que ces pauvres gens
17:08finissent comme délinquants.
17:10Jean-Philippe Tanguy,
17:10jusqu'à quand ?
17:11Ce n'est pas un lien nécessaire,
17:12évidemment.
17:12Jusqu'à quand et jusqu'à où
17:13vous renverrez ces jeunes-là
17:16à l'immigration ?
17:17Vous le dites vous-même,
17:19ils sont français depuis 2, 3,
17:22parfois il faut remonter
17:23jusqu'aux arrières grands-parents
17:24pour avoir une population
17:26qui est venue d'ailleurs.
17:27Jusqu'à quand vous allez les renvoyer
17:29à ce statut-là d'immigrés ?
17:30Mais déjà,
17:31dans les prévenus,
17:32il y avait des personnes
17:32qui étaient immigrées elles-mêmes
17:33ou étrangères.
17:34Il n'y avait pas que des Français
17:36descendants de l'immigration.
17:37Donc déjà,
17:38vous avez aussi une part considérable
17:39de la délinquance,
17:40de la criminalité.
17:41Ce n'était pas une part considérable,
17:41c'était une part extrêmement minoritaire
17:42ce jour-là.
17:43Non, mais parce que vous considérez
17:44que minoritaire pour vous,
17:45vous considérez que
17:46quand c'est déjà le double
17:47de ce que ça doit représenter
17:48à la population,
17:48c'est minoritaire.
17:49Aujourd'hui,
17:49dans les prisons,
17:50j'ai dit tout à l'heure
17:51qu'il y avait entre 80 et 90 000 prisonniers,
17:53il y en a 22 000 qui sont étrangers.
17:55Donc non,
17:56M. Suitek,
17:57la part, malheureusement,
17:58et je le regrette,
18:04vous êtes délinquant,
18:05mais il y a une surreprésentation
18:06des étrangers.
18:07Dans la délinquance,
18:08ne pas vouloir le voir,
18:09ça me paraît un aveuglement
18:12qui ne résout aucun problème
18:13et qui énerve beaucoup de gens.
18:14Après, on ne renvoie pas les gens
18:18à l'immigration.
18:19C'est eux qui parfois
18:21se désignent comme tels.
18:22Quand on sort avec des drapeaux
18:23qui ne sont pas ceux
18:24de votre propre pays,
18:25de votre propre nationalité,
18:26ce n'est pas nous qui l'inventons.
18:28Personne ne les a obligés
18:29à prendre un drapeau
18:29qui n'est pas le drapeau français.
18:31Mais on peut avoir deux drapeaux.
18:32En l'occurrence,
18:33ils n'ont pas deux drapeaux
18:33dans ces cas-là, malheureusement.
18:35Donc, c'est bien
18:35qu'il y a eu un échec.
18:37Bon, alors, on peut dire
18:38qu'on ne veut rien voir.
18:39Vous savez, quand j'étais petit,
18:41il y avait cette fable
18:41qu'on ne veut pas voir,
18:42qu'on ne veut pas entendre.
18:43Et puis, il ne faut pas dire
18:44que ce n'est pas la politique
18:44du Rassemblement national.
18:45Nous, on voit, on entend
18:46et on dit
18:47que ce n'est pas pour ça
18:47qu'on est dans la caricature,
18:48mais nous ne sommes pas des lâches.
18:50Les violences du PSG,
18:53890 interpellées
18:54et deux semaines après,
18:56six peines de prison
18:58vraiment prononcées.
19:00Que faire ?
19:02Il se trouve que
19:03j'ai déjà répondu
19:03à cette question.
19:04Il faut appliquer la loi.
19:05Donc, la loi n'est pas appliquée
19:06aujourd'hui.
19:06Je le regrette.
19:08La loi ne dit pas
19:09que quand vous avez envoyé
19:10un mortier sur un policier,
19:12vous devez sortir
19:12et rentrer chez vous tranquillement.
19:14Ça dit que vous devez dormir
19:15en prison, en fait.
19:16Pourquoi ce n'est pas appliqué ?
19:17Aujourd'hui,
19:18je ne peux que constater
19:19cet échec
19:19et cette idéologie laxiste
19:21qui, malheureusement,
19:23imprègne une partie
19:24de la magistrature.
19:26Mais la réponse aussi,
19:27elle est là,
19:27Madame de Malherbe.
19:28Je vous l'ai dit,
19:28il y a 140%
19:29de suroccupation des prisons.
19:31Donc, vous constatez
19:32qu'il y a une surdélinquance
19:33un soir.
19:34Vous dites,
19:35qu'est-ce que se fait
19:35de ces gens
19:36qui ont commis des crimes
19:37et des délits ?
19:38Vous ne pouvez pas
19:38les envoyer en prison.
19:39Elles sont pleines.
19:40Et vous savez très bien
19:41comment ça se passe
19:41parce que j'écoute régulièrement
19:43vos antennes.
19:43Vous avez reçu des magistrats
19:44qui vous ont expliqué.
19:45Ils reçoivent,
19:46je ne sais plus si c'est le matin
19:47ou le début de la semaine,
19:48le nombre de places de prison libres.
19:50Et puis, ils adaptent
19:51dans la journée
19:53les peines,
19:53non pas à ce qui a été fait
19:55ou ce qui a été subi
19:56par des victimes,
19:58mais aux places de prison
19:59qui sont libres.
20:00Donc, une fois de plus,
20:00ce n'est pas la responsabilité
20:01du magistrat,
20:02c'est ceux qui n'ont pas créé
20:02les places de prison.
20:03J'ajoute qu'il ne s'agit pas
20:05de faire des prisons
20:05de haute sécurité
20:07pour des délits ou des crimes
20:09qui ne nécessitent pas
20:09de tels investissements.
20:11Marine Le Pen
20:11et Jordan Bardella
20:12ont toujours proposé
20:13des prisons,
20:13on va dire,
20:14simples,
20:16pas chères à fabriquer
20:17pour des courtes peines.
20:18Vous n'avez pas besoin
20:19quand vous deviez punir
20:20quelqu'un
20:21qui a foutu le feu
20:22à un abribus,
20:23ce n'est pas la même chose
20:24que de devoir isoler
20:25un meurtrier
20:26ou un pédocriniel.
20:27Donc, aujourd'hui,
20:28qu'on ne soit même pas capable
20:28de dire qu'il y a une prison
20:30qui ne coûte pas très cher
20:31pour des peines
20:32d'une semaine à un mois,
20:33des prisons
20:34pour des gens dangereux
20:36et des prisons
20:37pour des gens pas dangereux
20:37mais de longues peines,
20:38c'est surréaliste.
20:39Il y a un manque
20:40de pragmatisme
20:41et un manque de bon sens
20:42qui est incroyable.
20:43On a l'impression
20:43que si on a foutu
20:44le feu à un abribus
20:45ou si on a un serial killer,
20:46on doit avoir
20:47la même peine de prison.
20:47C'est complètement dingue.
20:49Vous avez précisé d'ailleurs
20:50que les peines
20:50étaient parfois prises en fonction
20:55des places
20:56disponibles.
20:56Je poserai la question
20:57demain matin.
20:58Je signale que dans le face-à-face,
20:59mon invité,
21:00ce sera la procureure générale
21:01près la Cour d'appel de Paris.
21:02Merci Jean-Philippe Tanguy
21:03d'avoir été avec nous ce soir.
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