00:00Je me ferai justice moi-même, je vous présente Maximilien, c'est un extrait très court de l'émission.
00:05Maximilien travaille dans la grande distribution et voici ce qu'il nous a dit lundi soir.
00:10En France, moi je paye des impôts et en fait vous faites quoi avec ?
00:15C'est ça le résultat. Je vous ai écouté parler, vous me dites la 7ème puissance mondiale, j'en ai
00:19rien à foutre, excusez-moi.
00:21Non mais j'en ai rien à faire, moi demain je vous le dis, ça arrive à ma fille, je
00:26le traque et je vous traque, tous.
00:29Qu'est-ce que ça veut dire ça ?
00:30Je mets les moyens financiers, je traque, je règle le problème moi-même.
00:35Qu'est-ce que vous lui dites ?
00:36Je pense que c'est la réaction la plus humaine qui soit, je pense qu'il y a beaucoup de
00:39parents qui se disent exactement la même chose.
00:41Moi ce que je dis c'est que notre rôle à nous, responsables politiques, c'est évidemment d'éviter d
00:45'en arriver là.
00:45Et c'est là où la responsabilité elle est immense.
00:48Faire en sorte que l'État remplisse sa mission et sa promesse qui est de protéger les Français
00:52et notamment de protéger les plus fragiles, les plus vulnérables d'entre eux que sont les enfants.
00:57Et si vous avez des Français qui aujourd'hui ont ces réactions-là, c'est précisément parce qu'ils ne
01:01font plus confiance
01:01dans le service public de la justice, dans l'État pour assurer cette protection.
01:05Quelle solution alors ?
01:07Moi je pense qu'il faut tout changer dans notre système judiciaire, je le disais, autour de plusieurs orientations.
01:11Il y a évidemment la question des peines.
01:13Je suis favorable et depuis longtemps, et je l'ai dit depuis longtemps, à l'imprescriptibilité pour les crimes commis
01:18contre les mineurs.
01:19Je suis favorable à ce qu'on alourdisse les peines pour les viols en série,
01:23comme ça a été par ailleurs proposé et repris par le gouvernement.
01:26Par le Premier ministre aujourd'hui.
01:27Je suis favorable à ce qu'on fasse en sorte d'avoir une plus grande fermeté dans les peines qui
01:31sont décidées,
01:32qu'elles soient véritablement appliquées.
01:33Je plaide par exemple pour la suppression du juge d'application des peines,
01:37parce qu'on a trop tendance en France à rejuger des choses qui ont déjà été jugées
01:41avec des peines qui sont amoindries, alors que vous avez un jugement qui a décidé...
01:45En fait le jugement doit être appliqué, point barre.
01:47Exactement, et ça libérera par ailleurs des postes de magistrats aussi pour être redéployés sur autre chose.
01:52Il y a beaucoup de pays qui n'ont pas de juge d'application des peines et qui s'en
01:54sortent très bien.
01:55Juste une petite remarque sur ces mesures-là, ce sont des mesures effectivement qu'on entend beaucoup à droite,
01:58qu'on entend aussi à l'extrême droite.
02:00Moi je cherche ce qui est efficace, Maxime Soutek, et je vous ai dit que moi je parle aussi de
02:05la question systémique,
02:06de la question de la loi intégrale, des questions culturelles,
02:08qui sont des choses qu'on entend peut-être plus à gauche, parfois à l'extrême gauche.
02:11Je ne fais pas de politique sur ces sujets-là, et d'ailleurs je vais vous dire, je vais même
02:15vous dire,
02:15je pense que tous ceux qui se sont succédés ce soir ou qui se succéderont après moi,
02:19Dieu sait qu'on a des désaccords fondamentaux sur des sujets majeurs.
02:22Je ne leur fais absolument pas le procès de ne pas vouloir ou chercher à protéger les Français,
02:26et notamment protéger les enfants.
02:27Je pense qu'il y a une forme d'union sacrée évidemment autour de ce drame,
02:30et autour de ce qu'on doit faire pour protéger nos enfants.
02:33Deuxième chose, réorganisation de notre système judiciaire,
02:37parce qu'on voit bien ce qui est totalement incompréhensible,
02:40la lenteur, la durée pendant laquelle on doit attendre pour qu'il y ait des actes.
02:43Il faut assumer, de caper, de fixer des limites sur des délais,
02:47une limite de délai pour les enquêtes, une limite de délai pour les premiers actes qui sont pris.
02:53Deux, il faut évidemment moderniser totalement nos systèmes,
02:56il faut qu'il y ait de l'IA à tous les étages.
02:58Ce n'est pas normal qu'on ait encore des personnels de la justice
03:01qui soient mobilisés pour faire des synthèses,
03:04même pour faire de l'étude de dossiers.
03:06Aujourd'hui, vous avez des systèmes d'IA qui permettent d'étudier un dossier.
03:08Mais au-delà même des synthèses, tout simplement l'accès au dossier.
03:10C'est-à-dire qu'on a été très frappés, Maxime comme moi,
03:13que depuis une semaine, notamment les magistrats que nous avons face à nous,
03:16vous les interrogez sur le fichier des antécédents judiciaires,
03:19ils vous répondent « Ah ben non, nous on n'a pas accès à celui-là,
03:21nous on a accès à un autre qui s'appelle Cassiopée ».
03:23Ah oui, mais alors Cassiopée, un, il marche sur le fichier.
03:25Après, vous avez l'otage à l'intérieur.
03:26Deux, il n'est pas mis à jour plus que tous les six mois.
03:29Donc en fait, il est toujours en retard de six mois.
03:31Et de la même manière, ce n'est pas normal que des dossiers papiers
03:33se baladent encore entre les juridictions à travers la France,
03:36maintenant qu'on a le numérique.
03:37Et je vais vous dire, même sur l'IA, vous avez aujourd'hui des systèmes
03:39qui permettent d'analyser un dossier très rapidement,
03:41d'identifier les éléments à charge, à décharge.
03:43Évidemment, il faudra toujours un humain pour juger.
03:45Mais en tout cas, il peut être considérablement aidé.
03:47Est-ce qu'il faut informer ?
03:48On a posé cette question tout à l'heure aux uns et aux autres.
03:52Est-ce qu'il faut informer ?
03:53L'exemple qui est cité par certains, c'est la Grande-Bretagne,
03:56c'est la Pologne, c'est les États-Unis.
03:59Et d'ailleurs, je crois qu'on va pouvoir voir à quoi ça ressemble le dossier polonais.
04:02On a été regarder à quoi ça ressemble.
04:05En Pologne, vous avez accès, avec photo, avec le nom,
04:09avec la condamnation, à un fichier.
04:12Et le voilà.
04:14Ça, c'est en Pologne.
04:15C'est au sein de l'Union européenne qui est le fichier des pédos criminels.
04:19Est-ce qu'il faut en arriver là ?
04:20Est-ce qu'il faut le faire ?
04:21Est-ce qu'à un moment, il faut se dire pour protéger nos enfants,
04:22je préfère savoir qui habite au bout de ma rue ?
04:25Ce qu'il faut, c'est sécuriser et faire en sorte que les Français
04:28aient la garantie et la certitude qu'aucun individu
04:32qui a été condamné ou mis en cause pour des faits d'agression sexuelle
04:35sur des enfants ne puisse être au contact d'enfants.
04:37Mais là, vous ne répondez pas à ce qu'il faut qu'on le sache.
04:40Je vais vous répondre.
04:41Quand j'étais Premier ministre,
04:42avec la ministre déléguée à l'enfance de l'époque, Sarah Alaïry,
04:45on a pris un décret qui a changé complètement le système.
04:49Qu'est-ce qu'on a dit dans ce décret ?
04:50On a dit que maintenant, les crèches,
04:52les foyers d'aide sociale à l'enfance
04:53et les établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap
04:57devaient exiger de toutes les personnes qu'elles recrutaient
05:00ou qui étaient en poste chez eux
05:01ce qu'on appelle une attestation d'honorabilité.
05:03Qu'est-ce que c'est une attestation d'honorabilité ?
05:05Vous allez sur un site Internet public qui existe,
05:08honorabilité.social.gouv.fr,
05:10et vous pouvez demander, tout Français,
05:13une attestation d'honorabilité qui dit quoi ?
05:15Qui dit si vous êtes ou non inscrit sur le fichier des infractions sexuelles.
05:20Et on a donné la possibilité maintenant aux crèches,
05:23aux foyers d'aide sociale à l'enfance,
05:24d'exiger des personnes qu'elles recrutent
05:26et des personnes qui travaillent chez eux
05:27qu'ils aient cette attestation d'honorabilité.
05:30Vous savez combien, depuis qu'on a pris ce décret,
05:32de personnes ont été licenciées,
05:34ont été empêchées d'être recrutées ?
05:356 000.
05:36Ça veut dire que c'est 6 000 personnes
05:38qui potentiellement auraient pu être exposées
05:41ou en contact avec des enfants
05:43alors même qu'elles avaient déjà été condamnées
05:45ou mises en cause à plusieurs reprises
05:46pour des faits d'agression sexuelle.
05:48Moi, je vais vous dire ce que je propose.
05:49Je propose que ce nouveau système
05:51que j'ai mis en place avec mon gouvernement à l'époque,
05:52il soit étendu à tous les employeurs
05:55quand on accueille des jeunes enfants.
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