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  • il y a 7 heures
Le journaliste Thibaut Solano a identifié 57 tueurs en série en France depuis les années 1970, une catégorie criminelle définie par au moins trois meurtres distincts selon le droit français. Parmi ces figures tristement célèbres, on retrouve des noms comme Guy Georges, Émile Louis, Michel Fourniret et Francis Heaulme.
Dans son récent ouvrage, « Sommes-nous passés à côté de tueurs en série ? », publié en mai par Robert Laffont, Thibaut Solano explore des dossiers où des crimes supplémentaires pourraient avoir été commis. Il s'interroge notamment sur le cas de Nordahl Lelandais, déjà condamné pour les meurtres d'Arthur Noyer et Maëlys de Araujo, ainsi que sur Yves Chatain, qui a avoué un meurtre dans les années 1980 et dont on peut se demander s'il a récidivé.
Thibaut Solano est l'invité de l'émission Crime Story Le Talk, où il participe à un échange avec Clawdia Prolongeau, dans le cadre de ce nouveau format qui met en lumière des experts en faits divers et des acteurs majeurs d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00On croit tous connaître les tueurs en série français, que leurs crimes ont été assez médiatisés,
00:05assez racontés pour qu'on garde en mémoire leur nom et parfois leur visage.
00:09Ce n'est pas du tout le cas et c'est ce que Thibaut Solano explique dans son livre
00:12« Sommes-nous passés à côté des tueurs en série ? » publié aux éditions Robert Laffont.
00:17Je le reçois aujourd'hui dans Crime Story, le talk.
00:22Bonjour Thibaut Solano.
00:23Bonjour.
00:23La question que vous posez dans ce livre, c'est celle de savoir si on est passé à côté de
00:27tueurs en série.
00:27Si vous posez la question, c'est que la réponse est plutôt oui, a priori.
00:31On va y revenir.
00:33Déjà, est-ce que vous pouvez nous dire quelle est la définition d'un tueur en série ?
00:36Parce que ce n'est pas évident.
00:37Oui, alors officiellement, la définition qui s'est imposée, c'est quelqu'un qui tue à au moins trois reprises,
00:43à trois moments différents.
00:45Quelqu'un qui tue un couple, puis une personne plus tard, n'est pas officiellement un tueur en série.
00:50Mais il se trouve que depuis peu, la loi parle de meurtre en concours,
00:54qui finalement désigne aussi les tueurs en série, même si ce n'est pas le même vocabulaire.
00:59Et là, il suffit de deux victimes pour faire partie de cette catégorie.
01:03Vous avez tenté, vous, de compter les tueurs en série français.
01:06Vous l'expliquez dès le début du livre.
01:07Vous en avez dénombré 57 en France depuis les années 70.
01:11Comment est-ce que vous arrivez à ce nombre ?
01:13Alors, c'est un travail qui est forcément parcellaire.
01:15Je suis sûr d'être passé à côté moi-même, d'ailleurs, de toi en série.
01:18Je suis allé plonger dans plusieurs sources documentaires.
01:22Il y a l'ancien juge d'instruction Thiel, Gilbert Thiel, qui avait d'ailleurs été face à Guy Georges,
01:29qui a fait un livre où il en recense un certain nombre.
01:31Je suis allé plonger dans les archives de la presse.
01:35Parfois, j'ai découvert des tueurs en série par hasard.
01:38Je suis allé aussi solliciter des associations, comme l'association Havan,
01:42qui est spécialisée dans l'aide aux familles victimes de Colquays.
01:44Et je suis arrivé à ce chiffre 57.
01:48Mais déjà, j'en ai exclu quelques-uns qui n'ont pas encore été jugés définitivement,
01:53comme l'anesthésiste de Besançon, Frédéric Péchier,
01:56ou comme le tueur en série présumé,
01:59qui aurait commis quatre victimes qu'on a retrouvées dans la Seine à l'été 2025.
02:04À la fin, vous faites un tableau avec tous les tueurs en série.
02:08Le plus prolifique, si on peut le dire comme ça, c'est Yvan Keller,
02:12qui a fait 23 victimes. Est-ce que vous pouvez nous parler de lui ?
02:14Alors lui, il a un profil où il semblerait que son but, son premier but,
02:18c'était de cambrioler des vieilles dames,
02:21qui étaient des cibles faciles car très vulnérables.
02:23Et en fait, ce qu'il dit, c'est que pour ne pas se faire attraper
02:27et pour ne pas se faire découvrir pendant ces cambriolages,
02:29il les endormait, dit-il, en leur plaquant un oreiller sur le visage.
02:34En fait, il les étouffait.
02:35Ce qui fait que certains crimes passaient d'abord inaperçus.
02:38On pensait que c'était des vieilles dames qui étaient mortes de leur belle mort,
02:41de leur vieillesse, dans leur sommeil.
02:43Et en fait, on s'est aperçu qu'il en avait commis beaucoup.
02:46Et en fait, on ne sait pas combien il en a commis.
02:48Mais peut-être que c'est encore plus que 23.
02:5023, c'est le chiffre un peu officiel arrêté,
02:52sachant qu'il n'a jamais été jugé puisqu'il s'est suicidé avant.
02:55Mais peut-être que c'est beaucoup plus que 23.
02:57Et est-ce qu'il y a quelqu'un qui cherche encore à savoir s'il y en a plus
03:00ou pas ?
03:00À ma connaissance, non.
03:01Parce que, justement, c'est un point intéressant.
03:04C'est qu'il y a tout un paradoxe autour des tueurs en série.
03:07À la fois, ils sont moins fascinants que ce qu'on croit,
03:10parce que ce ne sont pas des génies du crime machiavélique
03:11comme dans le film Seven ou Le silence des agneaux.
03:14Et à la fois, il y en a beaucoup plus qu'on ne le croit.
03:15Mais on les oublie.
03:16On les oublie.
03:17Ils passent à la trappe.
03:18Il y a plein de noms que le grand public ne connaît pas,
03:20alors qu'ils ont commis autant de victimes,
03:22ou presque autant de victimes, voire plus de victimes,
03:24que Michel Fourniret, pour citer l'un des plus fameux.
03:26Pendant très longtemps, en France, on a pensé que le tueur en série,
03:30à la fois le concept, mais aussi la réalité des tueurs en série,
03:32c'était quelque chose d'américain.
03:34Est-ce que vous pouvez me dire pourquoi et combien de temps ça a duré ?
03:37C'est vrai qu'on pensait que c'était quelque chose qui avait lieu aux Etats-Unis,
03:40avec ce pays si particulier qui est immense,
03:43avec des Etats qui n'ont pas la même législation,
03:46et où, effectivement, un tueur peut semer la mort des dizaines de fois
03:50sans se faire attraper,
03:51parce que ce n'est pas les mêmes services enquêteurs qui sont sur ces traces.
03:54Et c'est vrai qu'en France,
03:56quand vous vous plongez dans la presse des années 80,
03:59où il y a un certain nombre de colquaises
04:01qui se ressemblent par leur mode opératoire,
04:03la presse ne parle jamais de tueur en série,
04:05le terme n'est pas encore utilisé,
04:07on parle de maniaque.
04:09Mais finalement, on décrit déjà un tueur en série à l'américaine.
04:12Il y a notamment l'affaire du Castelet, dans le Var,
04:14où plusieurs femmes ont été retrouvées mortes au même endroit.
04:18Eh bien, à l'époque, la presse parle d'un maniaque
04:20qui défie les enquêteurs.
04:22On est déjà dans le mythe autour des tueurs en série,
04:24le tueur super intelligent,
04:25qui n'a rien d'autre à faire que de jouer au jeu
04:28de la souris et du chat avec les enquêteurs.
04:31Et en fait,
04:32il y a aussi peut-être une réticence
04:34de la justice à s'emparer du phénomène,
04:36parce que,
04:38c'est beaucoup de travail,
04:40parce qu'effectivement,
04:42un tueur peut avoir sévi dans plusieurs départements
04:44où les services ne se parlent pas,
04:45n'ont pas forcément envie de se parler non plus,
04:47parce que chacun veut garder son dossier.
04:49Il y a aussi des crimes qui ont lieu
04:50dans des territoires où les juges sont inexpérimentés,
04:53c'est leur première fonction.
04:55Et donc,
04:57la complexité de la traque d'un tueur en série,
04:59on n'avait pas forcément envie
05:00de se la coltiner non plus.
05:02Donc, je pense qu'il y a eu ce mélange
05:03de naïveté
05:06et de,
05:07comment dire,
05:08de...
05:08De facilité un peu.
05:10C'est ça, de facilité.
05:11On n'avait pas envie d'aller vers ce phénomène-là.
05:13Vous citez dans votre livre
05:14un policier
05:15qui dit
05:16Holm,
05:17donc Francis Holm,
05:18qu'on connaît bien,
05:19un coup,
05:20il tue seul,
05:21un coup,
05:21il tue avec quelqu'un,
05:22un coup,
05:22il a un mode opératoire,
05:23un coup,
05:24il en a un autre.
05:24L'idée que le tueur en série
05:26mettrait une rose
05:26chaque fois sur sa victime,
05:28qu'il s'efforcerait
05:29de signer chaque fois son crime
05:30avec les mêmes méthodes,
05:30c'est un truc à l'américaine
05:32façon Seven,
05:32vous en avez parlé tout à l'heure.
05:34Il y a cette idée
05:34encore tenace
05:36qu'un tueur en série,
05:37c'est quelqu'un qui tue
05:38toujours le même profil de victime
05:40et qui tue toujours
05:41de la même manière.
05:42Et en fait,
05:42ça, c'est complètement faux.
05:44Exactement.
05:44C'est faux.
05:45C'est-à-dire qu'effectivement,
05:46il y a plusieurs profils
05:46de tueurs en série
05:47qui ont tué
05:48comme c'est à leur revenu,
05:49comme un flash, en fait.
05:50Et ils n'ont pas forcément réfléchi
05:51au profil de la victime,
05:53à leur mode opératoire.
05:54Parfois, ils ont tué
05:55avec une arme à feu,
05:56parfois au couteau.
05:58Et même Guy Georges,
05:59qui tuait plutôt
06:00des jeunes femmes,
06:01si vous regardez bien,
06:02le profil des jeunes femmes
06:03ne se ressemblait pas.
06:04La seule chose
06:05qui pouvait ressembler
06:05éventuellement d'une victime
06:06à l'autre,
06:07c'était qu'elle dégageait
06:07de la vie,
06:09de l'énergie
06:10et que ça,
06:10ça pouvait l'attirer
06:12parce que certains tueurs
06:12en série ont quand même
06:13un radar pour discerner
06:14les choses dans la personnalité
06:15de leurs victimes.
06:16Mais en tout cas,
06:17il est faux de croire
06:18que parce que les victimes
06:20se ressemblent toutes
06:21et qu'elles ont été tuées
06:22de la même façon,
06:22c'est forcément le même tueur.
06:23Là, j'ai donné un cliché
06:25sur les tueurs en série,
06:26mais en fait,
06:26il y en a d'autres.
06:27Il y a l'idée que tuer
06:28serait une addiction,
06:30par exemple,
06:31alors qu'on a l'exemple
06:31de François Verov,
06:32donc le grêlé qui, lui,
06:34s'est complètement arrêté
06:35de tuer à un moment
06:36où il se sentait,
06:37a priori,
06:38mieux dans sa vie.
06:38Il s'était marié,
06:39il avait eu des enfants.
06:40Est-ce que vous pensez
06:41que ces clichés qu'on a
06:42sur les tueurs en série
06:44nuisent à des enquêtes
06:45et peut-être empêchent
06:46d'en arrêter certains ?
06:47Oui, je pense qu'effectivement,
06:50la culture du tueur en série
06:52en France,
06:52la connaissance des tueurs en série
06:54a été parasité
06:56par un certain nombre
06:56de mythes, effectivement.
06:58Et vous retrouvez encore
06:59beaucoup de dossiers
07:00où on se dit,
07:01alors tel tueur en série
07:03n'a pas tué entre 1982
07:04et 1990,
07:05ça fait 8 ans,
07:06c'est impossible
07:07qu'il ait pu rester
07:09sans rien faire
07:09pendant tout ce temps-là,
07:10alors qu'entre 90 et 92,
07:12il en a tué 4.
07:13Eh bien si,
07:13c'est possible en fait.
07:14Donc parfois,
07:15effectivement,
07:15les enquêteurs
07:16peuvent se fourvoyer
07:17en essayant de chercher
07:18un éventuel chiffre noir
07:19aux tueurs
07:20qui n'en ont pas.
07:22Maintenant,
07:22effectivement,
07:23l'autre risque
07:24quand on est piégé
07:26dans ces mythes
07:27sur les tueurs en série,
07:27c'est de penser
07:28que toutes les victimes
07:29se ressemblent,
07:30que tous les modes opératoires
07:30se ressemblent
07:31et que donc,
07:32même une victime
07:32qui aurait été tuée
07:33dans le bon périmètre géographique,
07:35ah bah celle-ci,
07:35elle a été tuée par arme à feu
07:36et pas par arme blanche,
07:39donc on va l'exclure.
07:39Ça, effectivement,
07:41ça peut mettre
07:42des enquêtes en danger.
07:43Et ça arrive encore.
07:44Et ça peut arriver encore,
07:45absolument.
07:46Alors,
07:46je recite votre livre
07:47Sommes-nous passés
07:48à côté de Tueurs en série
07:49aux éditions Robert Laffont ?
07:51Ce livre-là,
07:52à l'origine de cet ouvrage,
07:54il y a en fait la création
07:55du pôle Colcaïs de Nanterre
07:56en 2022.
07:57C'est un pôle dédié
07:58aux crimes sériels
07:59ou non élucidés.
08:00Et à ce moment-là,
08:01vous vous intéressez
08:02donc aux faits divers
08:03et au fonctionnement
08:04de la justice
08:04dans ces affaires.
08:05Est-ce que vous pouvez me raconter
08:06comment vous en venez
08:07à avoir l'idée de ce livre ?
08:08Oui, tout à fait.
08:09En fait,
08:10je suis membre
08:11de l'association
08:12de la préjudiciaire
08:14et il se trouve
08:15que dans cette association,
08:17certains, parfois,
08:18ont la chance
08:19de pouvoir bénéficier
08:19de formations
08:20qui sont d'habitude
08:20réservées aux magistrats.
08:22Ça a été mon cas
08:22en 2024.
08:23J'ai suivi une formation
08:25à l'École nationale
08:26de la magistrature
08:27qui a duré une semaine
08:28qui était animée
08:29par Sabine Kéris.
08:30Sabine Kéris,
08:31c'est la juge d'instruction
08:32un peu star,
08:34même si elle est très discrète
08:35par ailleurs,
08:35du pôle Colcaïs de Nanterre.
08:37Et donc,
08:37j'ai écouté
08:39ces modules de formation
08:40qui étaient destinés
08:41aux magistrats,
08:42donc qui étaient assez pointus,
08:43qui nous parlaient
08:44des dernières techniques
08:45scientifiques
08:45pour essayer de résoudre
08:46l'une affaire,
08:47qui nous parlaient
08:47de leur expérience
08:48en termes de trac
08:49de tueurs en série,
08:50qui nous parlaient
08:50d'affaires fameuses
08:51comme l'affaire Fourniray.
08:53Et évidemment,
08:54j'ai été captivé
08:54par ce récit
08:55qui a fait écho
08:56à une vieille obsession
08:57qui était la mienne
08:58puisque par le passé,
08:59j'avais travaillé
08:59sur l'affaire
09:00du tueur de la gare
09:00de Perpignan,
09:01mais également
09:02sur l'affaire
09:02Nordal-Lohandais
09:03qui était effectivement,
09:04tout est dit dans le titre,
09:05est-ce qu'on est passé
09:06à côté de toi en série ?
09:08Et quand cette obsession
09:08a rencontré
09:09cette formation
09:10avec notamment
09:10la juge Sabine Kérisse,
09:11je me suis dit
09:12que c'était le moment
09:12effectivement
09:13de mettre à plat
09:14tout ce que je savais
09:15sur ce sujet
09:16et d'aller chercher
09:17évidemment
09:17d'autres informations
09:18pour en faire un livre
09:20qui résumerait
09:21en fait mon obsession.
09:22Quand on a préparé
09:24cette interview au téléphone,
09:25vous m'avez dit
09:25qu'à l'occasion
09:26de cette formation,
09:27vous aviez découvert
09:28plein de choses.
09:29Est-ce que vous pouvez
09:30être plus précis
09:30et me dire
09:31ce que vous avez
09:32vraiment découvert ?
09:32Oui, alors par exemple,
09:34j'ai découvert
09:35des méthodes scientifiques
09:36pour détecter un corps.
09:40Maintenant,
09:40vous avez des choses
09:41qui, comment dire,
09:44vous avez des drones
09:44évidemment qui sont utilisés,
09:46vous avez des robots
09:46qui sont utilisés également,
09:48vous avez des techniques
09:49de modélisation
09:50de scènes de crime
09:52qui permettent
09:52de revisualiser
09:53une vieille scène de crime
09:54des années 80
09:54comme si on y était
09:56en fait
09:56et qui permettent
09:57de savoir effectivement
09:59quel a été
10:00le déplacement
10:01du tueur
10:01sur la scène de crime,
10:02qu'est-ce qu'il a fait,
10:03dans quel ordre
10:03et donc c'est très pointu
10:05et ça, c'est pas fini
10:06parce que vous avez aussi
10:08on en parlait juste
10:09un petit peu
10:09au moment de cette formation
10:10mais maintenant
10:11on va en parler
10:11de plus en plus
10:12de l'intelligence artificielle
10:13qui permet d'avoir
10:14une vue d'ensemble
10:15des dossiers énormes
10:17et qui sera très utile
10:18pour détecter
10:18des taux en série.
10:19Vous pouvez,
10:20parce que vous avez
10:20des call cases
10:22où la procédure
10:24se compte en tom
10:25vous avez des classeurs
10:26en fait
10:27qui peuvent monter
10:28jusqu'au plafond
10:28si vous les mettez
10:29bout à bout
10:30et si vous comparez
10:32deux procédures
10:32extrêmement volumineuses
10:33vous allez avoir besoin
10:35de l'intelligence artificielle
10:36pour voir si par exemple
10:37une fourgonnette blanche
10:39immatriculée
10:40dans le département
10:41du 29
10:42ne va pas avoir été vue
10:43également
10:44dans ce dossier
10:45qui a priori
10:46n'a rien à voir
10:46et vous pouvez détecter
10:47des correspondances
10:48entre des dossiers
10:49très volumineux
10:49beaucoup plus vite
10:50que si vous le faisiez
10:51sans le recours
10:52de l'IA
10:52Je vous ai demandé
10:53tout à l'heure
10:54de définir un tueur
10:55en série
10:55maintenant je vais vous faire
10:56pareil avec un cold case
10:57comment est-ce qu'une affaire
10:59devient officiellement
11:00un cold case ?
11:01Alors ça a été défini
11:02officiellement également
11:03à la suite d'un rapport
11:05notamment fait par le magistrat
11:06Jacques Dalest
11:07ancien procureur général
11:09de Grenoble
11:11en fait un cold case
11:12en fait un cold case
11:12aujourd'hui
11:13c'est un meurtre
11:15sans mobile apparent
11:18qui n'est toujours pas
11:19élucidé au bout de 18 mois
11:20c'est la définition
11:21qui permet au pôle cold case
11:23de Nanterre
11:24de pouvoir se saisir
11:25d'un dossier
11:26alors 18 mois
11:27c'est vrai que ça peut
11:28paraître assez court
11:29mais en fait
11:30au bout de 18 mois
11:31ça a une certaine logique
11:32c'est à dire
11:33qu'au bout de 18 mois
11:33vous avez déjà fait
11:34l'entourage de la victime
11:36vous avez déjà
11:38utilisé la téléphonie
11:39le matériel informatique
11:41de la victime
11:42et donc si au bout de 18 mois
11:43ça n'a rien donné
11:44vous avez de fortes chances
11:45que votre dossier
11:46s'enlise
11:47c'est pour ça
11:48que ce périmètre
11:50a été retenu
11:51et logiquement
11:52le cold case
11:53de Nanterre
11:54peut effectivement
11:55prendre des affaires
11:56qui datent des années 70
11:57la plus vieille affaire
11:58aujourd'hui
11:59du cold case
11:59date de 1972
12:00c'est l'affaire Méchino
12:01cette famille
12:02qui avait disparu
12:03en Charente
12:04un soir de réveillon
12:05mais
12:07le cold case
12:08peut aussi se saisir
12:08d'une affaire survenue
12:09et bien en 2024
12:11le ministre de la justice
12:12de l'époque
12:13Eric Dupond-Moretti
12:14au moment où il a annoncé
12:15le lancement
12:16de ce cold case
12:17à Nanterre
12:17a avancé le chiffre
12:18de 241 procédures
12:21identifiées
12:21dans les archives judiciaires
12:22là encore
12:23vous avez fait un décompte
12:24et vous arrivez
12:25à autre chose
12:25oui alors
12:26ça c'était son chiffre
12:27en 2021-2022
12:29au lancement du cold case
12:30en fait à cette époque là
12:32personne n'avait vraiment
12:32la même définition
12:33d'un cold case
12:34vous aviez les tribunaux
12:35qui ne faisaient remonter
12:36que les affaires
12:37dont elles étaient en charge
12:38et qui étaient non élucidées
12:40d'autres tribunaux
12:41qui ne faisaient remonter
12:42que les affaires prescrites
12:43et ainsi de suite
12:44et en fait
12:45quand on s'est entendu
12:47quand les services
12:48se sont entendus
12:48sur cette définition
12:49dont je vous ai parlé
12:50là effectivement
12:50on est monté à un score
12:52beaucoup plus haut
12:53et il y a un service de police
12:55qui s'appelle l'OCRVP
12:56qui est chargé de recenser
12:57l'intégralité des cold case
12:58en France
12:59depuis 1970
13:01en d'ailleurs
13:02en mélangeant à la fois
13:03les crimes
13:04les meurtres
13:05et les viols
13:06et on en est
13:07l'OCRVP c'est
13:07l'office central
13:08de la répression
13:09des violences
13:09contre les personnes
13:10pardon
13:10et du coup
13:12ils en sont à 4000
13:144000 cold case
13:15en France
13:16depuis les années 70
13:17et sans doute
13:18que le classement
13:20le chiffre n'est pas exhaustif
13:21vous donnez aussi
13:22des statistiques
13:22qui sont extrêmement étonnantes
13:24par exemple
13:25à OCR
13:25dans les années 80
13:26le taux d'élucidation
13:28culmine à 0%
13:30comment est-ce qu'on explique ça
13:31comment c'est possible
13:32c'est ce que dénonçait
13:34notamment l'avocat Didier Seban
13:35qui est un avocat
13:36à la pointe
13:37sur les cold case
13:38en fait on l'explique
13:39parce que effectivement
13:41des services
13:42qui ne se parlent pas
13:43des magistrats
13:44inexpérimentés
13:46ça c'est un chiffre
13:46effectivement qui est frappant
13:47mais il y a d'autres affaires
13:48où effectivement
13:49le taux d'élucidation
13:50est très bas
13:51je me souviens notamment
13:52d'une affaire au Mans
13:53où le magistrat
13:56a fini par être sanctionné
13:57parce qu'il était dépressif
13:59en fait
14:00et il laissait traîner
14:01les dossiers
14:01c'est pas le cas au CER
14:02mais effectivement
14:03c'est le cas
14:04le plus emblématique
14:05des ratés
14:06judiciaires
14:07et il y a une autre donnée
14:08à laquelle
14:09il faut parler
14:10de laquelle il faut parler
14:11c'est cette propension
14:13qu'avaient certains juges
14:14d'instruction
14:15vous savez que les juges
14:16d'instruction
14:16partent au bout
14:17de 10 ans maximum
14:17d'un poste
14:18quand ils partent
14:19et qu'ils vont rejoindre
14:20une autre affectation
14:21ils ont tendance
14:22à classer en non-lieu
14:24toutes les affaires
14:24qu'ils ont sur les bras
14:25ça permet de faire le ménage
14:27et de faire table rase
14:27et cette pratique là
14:28qui normalement
14:30aujourd'hui n'a plus cours
14:31effectivement
14:31faisait qu'un nombre
14:33d'affaires très important
14:33devenait des cold case
14:34simplement
14:35parce qu'on ne voulait plus
14:35s'embarrasser de ça
14:36c'était un peu le cas
14:38avec Dino Scala
14:39alors qu'il n'est pas un tueur
14:40en série
14:40qui est un violeur en série
14:42Alice Giraud a écrit
14:43un livre
14:43sombre dans lequel
14:44elle raconte
14:46comment on en arrive
14:47en fait à toutes ces victimes
14:48qui vont porter plainte
14:49alors soit à la gendarmerie
14:51soit dans des commissariats
14:52pas aux mêmes endroits
14:53les policiers
14:55les gendarmes
14:55ne se parlent jamais
14:56les magistrats
14:57comme vous le dites
14:58partent
14:59et en fait
14:59il reste beaucoup moins de 10 ans
15:00parce que c'est une juridiction
15:01où en gros
15:02il y a un roulement
15:02tous les deux ans
15:03et en fait
15:03on en arrive à avoir
15:04tout un tas d'affaires
15:05qui pour le coup
15:05se ressemblent
15:06avec des procédés
15:07qui sont les mêmes
15:08et on n'identifie jamais
15:10qu'il y a un lien entre elles
15:12ça c'est quand même
15:14assez spécifique
15:15des années 90-2000
15:18aujourd'hui
15:19c'est encore le cas
15:20ou ça a quand même
15:21un peu changé ?
15:22Alors aujourd'hui
15:22non il y a quand même
15:23les services se parlent
15:24un peu mieux qu'à l'époque
15:25même si je le dis
15:26dans le livre
15:26il y a toujours une guerre
15:27police-gendarmerie
15:29mais disons
15:30qu'il y a quand même
15:31un travail de sensibilisation
15:32qui a été fait là-dessus
15:33et puis surtout
15:34la création du pôle Colcaise
15:37permet de résoudre ça
15:37parce que si vous voulez
15:38au moment où le pôle Colcaise
15:39de Nanterre
15:39a été créé
15:40il y avait deux écoles
15:40il y avait ceux qui disaient
15:42il faut un pôle national
15:43basé à Nanterre
15:44mais un pôle national
15:45et d'autres qui disaient
15:46il faut des pôles régionaux
15:48et en fait
15:49ceux qui défendent
15:50le pôle national
15:50ont dit
15:51mais non
15:51ne faites pas des pôles régionaux
15:52vous allez retomber
15:53dans les mêmes travers
15:53vous allez avoir des pôles
15:55qui travaillent chacun
15:55dans leur coin
15:56et qui ne vont pas se reparler
15:57comme quoi il y a quand même
15:57le risque que ça arrive encore
15:58et c'est pour ça
15:59que ce pôle Colcaise
16:01a été intelligemment conçu
16:03tout de même
16:03c'est pour éviter justement
16:05qu'il y ait de la perte
16:06d'informations
16:07et qu'il y ait seulement
16:09une poignée de magistrats
16:10qui coordonnent ce travail-là
16:11Est-ce que la création
16:12de ce pôle
16:13elle a aussi permis
16:13d'envoyer un signal
16:14aux familles
16:15qui peut-être
16:15avaient un peu baissé les bras
16:16parfois
16:16et qui du coup
16:17se sont remises à demander
16:19à ce qu'il y ait
16:20des actes d'enquête
16:21et à se contentent
16:21de trouver
16:22qui avait tué
16:23la fille
16:24la femme
16:25Bien sûr
16:26c'est quelque chose
16:27de très important
16:28dans la base
16:29de ce pôle Colcaise
16:30c'est le souci
16:31des familles de victimes
16:32et le souci des victimes
16:33il y a eu
16:34un vrai travail de fond
16:35là-dessus
16:36et une vraie prise de conscience
16:39certains estiment
16:40que cette prise de conscience
16:41sur la place de la victime
16:42date en particulier
16:43des attentats
16:43de 2015
16:45parce qu'effectivement
16:46là vous avez eu
16:46un procès
16:47avec un nombre
16:48de parties civiles
16:49énormes
16:50vu les dégâts
16:51qu'ont fait
16:52les drames terribles
16:53qu'ont fait ces attentats
16:53et donc là
16:55on s'est dit
16:55on ne sait pas
16:56bien recevoir
16:57et traiter
16:57les familles de victimes
16:59donc ce qui est très important
17:00dans ce pôle Colcaise
17:01c'est qu'effectivement
17:02on reçoit
17:02les familles de victimes
17:03certaines familles de victimes
17:04n'avaient jamais été reçues
17:05quasiment
17:05et même jamais du tout
17:06pour certaines
17:07par les magistrats
17:08en charge de leur dossier
17:09les magistrats locaux
17:10en charge de leur dossier
17:10donc là
17:11les familles sont reçues
17:12je raconte même
17:13voilà
17:14qu'il y a un petit salon
17:15cosy
17:16au pôle Colcaise
17:17où les magistrats
17:18elles-mêmes
17:18servent le thé
17:19et le café
17:19et des petits gâteaux
17:20aux familles de victimes
17:23il y a une écoute
17:24qui se fait
17:26quand elles ne peuvent pas
17:26se déplacer
17:27puisque tout le monde
17:27ne peut pas se déplacer
17:28à l'enterre
17:28vous avez quand même
17:28pas mal de victimes
17:29aussi
17:29de familles de victimes
17:30qui sont des familles modestes
17:32eh bien on fait des visios
17:34mais voilà
17:34il y a un souci
17:35apporté à ça
17:36et ce souci
17:38est aussi important
17:39dans la mesure
17:40où il y a la question
17:40de la prescription
17:41qui se pose
17:43la prescription
17:43c'est-à-dire
17:44que plutôt que de dire
17:45aux familles de victimes
17:45votre affaire est trop ancienne
17:47on laisse tomber
17:49on leur dit
17:51votre affaire
17:51n'aura sans doute
17:52jamais de procès
17:52puisque c'est prescrit
17:53mais on va quand même
17:54essayer de la résoudre
17:54et ça c'est aussi
17:56une approche très importante
17:57oui et très différente
17:58oui tout à fait
17:59vous vous avez décidé
18:00de parler dans votre livre
18:01de neuf affaires
18:02comment est-ce que
18:03vous les avez choisies
18:03pourquoi celles-ci
18:04alors celles-ci
18:05parce que justement
18:06ce sont des affaires
18:07où soit
18:08il y a de fortes possibilités
18:10qu'elles soient liées
18:11à un tour en série
18:13soit
18:13elles ont été
18:15présentées dans les médias
18:16comme une affaire
18:17de tour en série
18:17et parfois
18:18c'est pas le cas
18:18donc il y a à la fois
18:20des affaires
18:20où j'apporte des éléments
18:22c'est pas moi
18:23moi je ne suis qu'un passeur
18:24je suis journaliste
18:24et les enquêteurs
18:25les magistrats
18:26les protagonistes
18:27que j'ai rencontrés
18:27où on apporte des éléments
18:29laissant fortement penser
18:30à l'activité d'un tour en série
18:31et il y a quelques autres
18:32à faire dans les neufs
18:33au contraire
18:34je mets plus le doute
18:35et je les démystifie également
18:37alors il y en a une
18:38qui vous intéresse
18:38particulièrement
18:39c'est la disparition
18:40de Marie-Thérèse Bonfanti
18:42en 1986
18:43donc je la résume
18:44c'est une jeune mère
18:45de famille
18:45de 25 ans
18:46qui vit à Ponchara
18:47en Isère
18:48elle disparaît
18:49un jour
18:50alors qu'elle va
18:51livrer des journaux
18:52c'est son travail
18:54elle donne juste
18:55plus de nouvelles
18:55sa famille réagit immédiatement
18:57et dit immédiatement
18:58son mari notamment
18:59que c'est pas normal
19:01c'est pris au sérieux
19:04mais plus ou moins
19:04ça prend un peu de temps
19:05et surtout cette affaire
19:06elle intervient
19:07après deux autres
19:08disparitions de femmes
19:09dans la même ville
19:10en 1981
19:11et 1985
19:13et donc là
19:14on est en 1986
19:15qu'est-ce qui se passe
19:16après ça ?
19:17alors effectivement
19:18elle disparaît
19:19et en fait
19:20on retrouve que sa voiture
19:21garée à côté
19:22d'une maison
19:22un petit peu lugubre
19:24avenue de la gare
19:25à Ponchara
19:26et en fait
19:27parmi les premiers suspects
19:28il y a le mari
19:29mais c'est très classique
19:30qui est placé
19:31en garde à vue
19:33c'est terrible pour lui
19:34parce que lui
19:34effectivement
19:35sa femme disparaît
19:36il n'a aucune explication
19:36et en plus
19:37il fait partie des suspects
19:38mais il y a un autre homme
19:39qui va être placé
19:40en garde à vue
19:40en même temps d'ailleurs
19:41qui s'appelle
19:42Yves Chatin
19:43pourquoi il est placé
19:43en garde à vue ?
19:44parce que c'est à lui
19:45qu'appartient
19:46cette fameuse maison
19:46à côté de laquelle
19:47la voiture de la victime
19:48a été retrouvée
19:50alors lui
19:51il va être placé
19:51en garde à vue
19:52d'autant plus
19:53qu'il a un casier judiciaire
19:55et qu'il a déjà
19:55agressé des femmes
19:56dans le secteur
19:57mais simplement
19:58il va nier
19:59il va dire
19:59non je ne connais pas
20:00cette femme
20:00j'y suis pour rien
20:01j'étais pas là
20:02et l'affaire
20:04comme c'était
20:05malheureusement
20:06typique à l'époque
20:07va être classée
20:07très rapidement
20:08lui il est relâché
20:09au bout de 24 heures
20:10de garde à vue
20:11et c'est la fin de l'histoire
20:13voilà c'est la fin de l'histoire
20:14et en fait
20:15l'affaire va être
20:17au bout d'un an et demi
20:17il ne va plus se passer
20:18grand chose
20:18pourtant la famille
20:19de la victime
20:19est très combative
20:21elle va aller
20:21ce qui n'est pas toujours
20:22le cas à l'époque
20:23devant la cour
20:24de cassation
20:25pour annuler
20:26le non-lieu
20:27qui a frappé
20:28l'enquête
20:29sans succès
20:30donc 89
20:31c'est la fin du dossier
20:32et en fait
20:33la famille ne va jamais
20:34complètement baisser les bras
20:35notamment parce que
20:37en 91
20:37la maison dont vous parliez
20:38la maison où vivait
20:39Yves Chatin
20:39est détruite
20:40et eux
20:41ça les ulcère
20:42que cette maison
20:43soit détruite
20:44alors même qu'on n'a pas
20:44fait de fouille
20:45à cet endroit en particulier
20:46effectivement
20:46il y a
20:48Marie-Ange Billou
20:50qui disparaît
20:51qui a 19 ans
20:52qui disparaît
20:53un an avant
20:54Marie-Thérèse Bonfanty
20:55au même endroit
20:56parce qu'à cet endroit-là
20:57devant cette maison
20:58à l'époque
20:59on fait du stop
20:59et elle, elle a besoin
21:00de faire du stop
21:01pour aller travailler
21:01à Chambéry
21:02où elle a un petit boulot
21:02et la mère de Marie-Thérèse Bonfanty
21:04et la mère de Marie-Ange Billou
21:05vont mener le combat ensemble
21:06et au moment où la maison
21:08d'Yves Chatin
21:09va être rasée
21:10aujourd'hui
21:10il y a un McDo
21:11à la place
21:11et bien
21:12elles vont protester
21:14contre le maire
21:14elles vont faire
21:15des prospectus
21:16qu'elles vont distribuer
21:17dans la ville
21:17et même
21:19la mère de l'une des deux
21:20la mère de Marie-Ange Billou
21:21va être poursuivie
21:23pour diffamation
21:26par Yves Chatin
21:27le suspect
21:27et elle sera condamnée
21:28et en fait
21:29effectivement
21:29il y a une autre femme
21:31qui a été retrouvée morte
21:32celle-ci
21:32qui n'a pas disparu
21:33qui a été retrouvée morte
21:34en 1981
21:35qui s'appelle
21:36Liliane Chevènement
21:36elle est retrouvée morte
21:37le long de la voie ferrée
21:39qui passe
21:40vers cette avenue de la gare
21:41dans le même secteur
21:42et
21:43évidemment
21:44on se dit
21:45est-ce qu'il y a eu
21:45un tueur en série
21:47mais toutes les enquêtes
21:48vont piétiner
21:49et être classées
21:50et la famille
21:51de Marie-Thérèse Bonfanti
21:53la dernière disparue
21:53en date
21:54va
21:56faire une sorte
21:57de mémoire
21:58de petit dossier
21:59qu'elle va confier
22:00à la justice
22:00en 2020
22:01en disant
22:02écoutez voilà
22:03il faut relancer
22:04cette enquête
22:04on est vraiment persuadé
22:05que c'est Yves Chatin
22:06le coupable
22:07parce qu'effectivement
22:08on a regardé son parcours
22:09on s'aperçoit
22:10qu'il se passe quelque chose
22:12dans sa vie
22:12au moment de chacune
22:13de ses disparitions
22:14une contrariété
22:15un deuil
22:16quelque chose
22:17qui le met en difficulté
22:18dans sa vie
22:18et on pense que
22:19et bien quand il est en difficulté
22:21il s'en prend aux femmes
22:22dans des réactions
22:23impulsives
22:24et la justice
22:25de Grenoble
22:27en l'occurrence
22:27le tribunal de Grenoble
22:28va être sensibilisée
22:29parce que
22:30on est sur les terres
22:31où a sévi
22:32Nordal-Lelandais
22:33donc on est sensible
22:34au phénomène
22:35de toit en série potentiel
22:37et au drame
22:38des colquais
22:39et bien
22:40Yves Chatin
22:40est à nouveau placé
22:41en garde à vue
22:42et bien contre toute attente
22:43alors que vraiment
22:44c'est juste un mémoire
22:45ce mémoire rendu par la famille
22:46qui met les choses à plat
22:47mais qui n'apporte pas
22:48d'éléments nouveaux
22:49et bien contre toute attente
22:50Yves Chatin
22:50avoue
22:51il dit oui
22:52j'ai tué
22:53Marie-Thérèse Bonfanti
22:53pour un mobile
22:54extrêmement futile
22:55elle s'était garée
22:56mal garée en voiture
22:57devant ma maison
22:58ça m'a énervé
23:00on s'est fâchés
23:01ce qui d'ailleurs
23:02est assez peu crédible
23:03pour la famille
23:03de Marie-Thérèse Bonfanti
23:04parce que c'était
23:05quelqu'un de très effacé
23:06on s'est fâchés
23:07et dans la colère
23:08je l'ai étranglé
23:08et j'ai dissimulé son corps
23:09quand il dit ça
23:10Yves Chatin
23:11il sait très bien
23:12qu'à ce moment-là
23:13le meurtre est prescrit
23:13et qu'en réalité
23:14il risque plus grand-chose
23:15c'est la conviction
23:16de la famille Bonfanti
23:17ils se disent que
23:18s'il a avoué
23:18sans éléments nouveaux
23:19c'est pas parce que
23:20sa conscience le taraudait
23:21mais c'est parce qu'il savait
23:23que c'était prescrit
23:24et même archi-prescrit
23:25puisqu'à l'époque du crime
23:26la prescription
23:27c'était 10 ans
23:28après le dernier acte d'enquête
23:29sur un meurtre
23:29donc 89
23:31dernier acte d'enquête
23:3299
23:32c'est prescrit
23:33on est en 2022
23:35au moment où il avoue
23:36c'est archi-prescrit
23:37ça a changé en 2017
23:39ça je le précise quand même
23:40maintenant c'est 20 ans
23:40mais c'est toujours
23:41ces affaires
23:42peuvent toujours être prescrites
23:44voilà tout à fait
23:44en fait en 2017
23:46quand ça a changé
23:46ça ne concernait pas
23:47les affaires qui étaient
23:48déjà prescrites à ce moment-là
23:49donc il avoue ça
23:51Yves Chatin
23:51donc on est quand même
23:5236 ans après
23:54la disparition
23:55puisqu'on l'a toujours
23:55pas retrouvé à ce moment-là
23:56il est incarcéré
23:58il saisit la cour de cassation
23:59bon il y a
24:00des allers-retours
24:01sur lesquels je vais pas revenir
24:01mais un coup on dit
24:03que c'est prescrit
24:04un coup on dit que ça l'est pas
24:05entre-temps on retrouve
24:07sur ces indications à lui
24:08des eaux de Marie-Thérèse Bonfanty
24:10donc on a la certitude absolue
24:11que c'est lui qui l'a tué
24:13puisqu'il a été capable
24:14d'indiquer où étaient
24:15enterrés les eaux
24:15d'ailleurs sur le terrain
24:16de la fameuse maison
24:17dont on parlait tout à l'heure
24:19et finalement
24:19cette année
24:20on apprend qu'en fait
24:21l'affaire est définitivement
24:23prescrite
24:23et qu'il n'y aura plus
24:25d'actes nouveaux
24:25enfin que c'est plus possible
24:26qu'il se passe quelque chose
24:27c'est ça
24:28oui tout à fait
24:28c'est-à-dire que
24:29vous avez eu un véritable chemin de croix
24:31pour la famille Bonfanty
24:32qui a été baladé
24:34de décision contradictoire
24:35en décision contradictoire
24:36au final
24:37la cour de cassation a dit non
24:39cacher un corps
24:40parce que c'est ça
24:40un peu l'argument majeur
24:41cacher un corps
24:42ne peut pas faire annuler la prescription
24:43parce qu'on soupçonnait déjà
24:45un meurtre à l'époque
24:46évidemment qu'on soupçonnait pas
24:47une fuite à l'étranger
24:50ou quelque chose comme ça
24:50de la part de Marie-Thérèse Bonfanty
24:51donc on avait déjà
24:53les éléments suffisants
24:54pour savoir que c'était un crime
24:55on n'a pas réussi
24:56à déterminer
24:57qui était le coupable
24:58dans le temps imparti
25:00et donc on applique la prescription
25:01qui repose sur plusieurs fondements
25:03mais fondements
25:04qui peuvent paraître absurdes
25:05parce que les fondements
25:05c'est de dire
25:06la prescription est là
25:07pour sanctionner la justice
25:09pour sanctionner l'inertie de la justice
25:11oui d'accord
25:11mais enfin c'est quand même
25:12la famille de la victime
25:13qui est sanctionnée avant la justice
25:15elle est là pour éviter
25:16des erreurs judiciaires
25:17quand c'est trop longtemps après
25:18il n'y a pas d'erreur judiciaire
25:19il a avoué
25:20on a retrouvé le corps
25:21elle est là pour le droit à l'oubli
25:23évidemment le droit à l'oubli
25:24oui il peut bénéficier
25:25à celui qui a avoué
25:26mais la famille elle n'oublie jamais
25:28donc pour cette famille de victimes
25:30c'est impossible
25:31à admettre cette prescription
25:33et pour le Paul Colcais de Nanterre
25:34et pour les magistrats
25:35qui cherchent à résoudre
25:36des vieilles affaires
25:37c'est un peu décourageant
25:38parce qu'il y a d'autres dossiers
25:39qui peuvent être frappés
25:40de prescription
25:41j'en évoque d'autres
25:42d'ailleurs
25:42notamment les meurtres
25:43de la Nationale 20
25:44où on trouve
25:45un suspect majeur
25:46par l'ADN
25:47et en fait
25:48on ne peut pas l'incarcérer
25:49on ne peut pas le juger
25:49parce que c'est prescrit
25:50les magistrats qui ont pris
25:52cette décision de prescrire
25:53définitivement cette affaire
25:54ils ont quand même expliqué
25:55que ce n'était pas simple
25:56et que ça leur a posé
25:57un cas de conscience
25:58la décision est quand même
25:59tombée très rapidement
26:00le premier conseiller
26:02de la Cour de Cassation
26:03a fait un petit laïus
26:04il a mis les formes
26:06effectivement au début
26:07pour dire
26:07nous sommes bien conscients
26:08de la douleur
26:09de la famille des victimes
26:10enfin bon
26:11cinq minutes après
26:11c'était réglé
26:12il n'y avait plus personne
26:13la famille était sur les bancs
26:14de la Cour de Cassation
26:15cette grande salle
26:18majesteuse, imposante
26:19bon elle était recroquevillée
26:21elle ne s'est pas levée
26:22pendant dix minutes
26:22de mémoire
26:23peut-être qu'on peut quand même
26:24préciser le rôle
26:25de la Cour de Cassation
26:25et c'est là que ce n'est pas
26:26toujours évident
26:27c'est qu'en fait
26:27c'est de vérifier
26:28la bonne application du droit
26:30et pas de rejuger une affaire
26:31et de donner son avis
26:32si on peut le dire
26:33de cette manière
26:34sur un dossier
26:35c'est ça
26:35alors après vous avez
26:37quand même deux écoles
26:38là-dessus
26:38certains disent que
26:40la Cour de Cassation
26:41pourrait être un peu plus hardie
26:42et quand même
26:43prendre des décisions
26:43qui amèneraient
26:45le législateur
26:45à changer à l'OAM
26:47une décision un peu audacieuse
26:48il y a une magistrate
26:49du Paul Colquais
26:50que je ne citerai pas son nom
26:51mais qui surnomme
26:53les magistrats
26:54de la Cour de Cassation
26:55des gros chats
26:57ils ont de la fourrure
26:58rapport à leur Hermine
26:59et ils dorment
27:01et dans ce cas particulier
27:02c'est vrai que cette affaire-là
27:03c'est particulièrement dingue
27:05puisqu'on a tous les éléments
27:06qui auraient pu permettre
27:08de rouvrir l'affaire
27:09et de faire en sorte
27:10qu'il y ait un procès
27:12c'est un peu une première
27:13si je ne dis pas de bêtises
27:14je ne connais pas
27:15de cas équivalent
27:16effectivement
27:16où vous avez
27:17non seulement un tueur
27:18avéré
27:19qui a avoué
27:19on a retrouvé le cas
27:20un tueur en liberté
27:21mais potentiellement
27:23il reste présumé innocent
27:24des autres cas
27:24potentiellement
27:25un tueur en série
27:26parce qu'effectivement
27:27trois meurtres
27:27dans le même petit secteur
27:29géographique
27:29à la même époque
27:31autour de cette fameuse
27:32maison Châtain
27:33comme on l'appelait à l'époque
27:35ça mériterait
27:36des vérifications
27:36mais la prescription
27:38décourage tout le monde
27:38d'aller plus loin
27:39cette affaire
27:40elle est donc
27:41je l'ai dit
27:42emblématique
27:42il y en a plein d'autres
27:43dans votre livre
27:44vous avez rencontré
27:45les familles des victimes
27:46quels sentiments
27:47vous ont donné ces familles
27:49est-ce qu'elles sont combatives
27:50est-ce qu'elles sont désespérées
27:52est-ce que ça dépend des familles
27:53sans doute
27:54oui oui ça dépend des familles
27:55il y a d'ailleurs
27:56parfois des injustices
27:58vous avez des familles
28:00très combatives
28:01en général
28:02si on leur dit
28:02écoutez on va essayer
28:03de se battre pour vous
28:04elles disent toujours oui
28:05mais vous avez
28:06les familles
28:07qui ont été combatives
28:08et qui quand même
28:09ont réussi à connaître
28:11les arcanes de la justice
28:12déjà ça change tout
28:14entre les familles
28:15qui ont eu un avocat
28:16au départ
28:17et les familles
28:18qui n'en ont jamais eu
28:19si vous avez eu
28:20un avocat au départ
28:21il y a des actes d'enquête
28:22qui ont été demandés
28:23la prescription
28:25tombe un peu plus tardivement
28:27et puis vous êtes au fait
28:29du monde judiciaire
28:30et ça favorise
28:32votre combativité
28:33si au contraire
28:34vous êtes d'un milieu social
28:35où le monde de la justice
28:36vous paraît
28:37à des années-lumière
28:37que vous n'avez pas eu
28:39les moyens
28:39de prendre un avocat
28:40même s'il y a des aides
28:41qui sont faites pour ça aussi
28:42et que l'affaire
28:44est tombée dans l'oubli
28:45au bout de 18 mois
28:45ça ne favorise pas
28:46la combativité des familles
28:48vous avez l'histoire
28:49du Castellet
28:50où effectivement
28:50vous avez deux familles
28:51une avec un avocat
28:53au départ
28:53et une qui n'en avait pas
28:54bon ben le traitement
28:55de l'affaire a été
28:56très différent
28:58mais ce qu'il faut
28:59pour ces familles-là
28:59c'est qu'effectivement
29:00qu'il y ait des avocats
29:01qui s'occupent
29:02de leur dossier
29:04qui acceptent
29:04de les récupérer
29:05et qui fassent le travail
29:07pour elles
29:07parce que
29:08c'est très difficile
29:09de connaître les arcanes
29:10de la justice
29:10la loi
29:11les complexités de la loi
29:12qu'est-ce qu'on peut demander
29:13pour ouvrir une enquête
29:14pour ouvrir un dossier
29:15et c'est vrai qu'en plus
29:17pour les avocats
29:17qui font ça
29:18alors ils peuvent être
29:19très médiatiques
29:20parce que les colquaises
29:21la matière criminelle
29:22intéresse les journalistes
29:23et le grand public
29:24par contre ça rapporte rien
29:26c'est le cabinet Seban
29:27par exemple
29:28il vit pas
29:29il vit médiatiquement
29:31sur ses dossiers
29:31ses colquaises
29:32mais ce qui lui permet
29:34d'être encore
29:34d'avoir encore
29:35ses portes ouvertes
29:36et d'avoir de l'argent
29:37ce sont des affaires
29:38sur des collectivités locales
29:39donc il y a
29:39une double activité
29:41parce que si vous avez
29:42un cabinet d'avocats
29:43qui ne fait que des colquaises
29:44il va couler
29:45vous parlez de Didier Seban
29:47qui est l'avocat
29:48de ce cabinet
29:48emblématique lui aussi
29:50lui il reconnait
29:51dans votre livre
29:52que l'argument
29:55tueur en série
29:56est aussi
29:57un argument
29:58qui peut être amené
29:59à utiliser
30:00non pas parce qu'il croit
30:01réellement
30:02qu'il a forcément
30:03affaire à un tueur en série
30:03mais parce que c'est
30:04quelque chose
30:04qui médiatiquement
30:05permet
30:06médiatiquement
30:06et auprès de la justice
30:08aussi
30:08permet de continuer
30:10à faire
30:11qu'une affaire
30:11suscite de l'intérêt
30:12en fait c'est une manière
30:13de faire pression
30:14sur la justice
30:15alors d'abord
30:16la première chose
30:17c'est quand même
30:17qu'on peut toujours vérifier
30:18parce qu'effectivement
30:19vous avez des dossiers
30:20où c'est effectivement
30:22un tueur en série
30:23qui était là
30:24Estelle Mouzin
30:24on a creusé plein de pistes
30:26à un moment donné
30:27il était même question
30:27qu'elle a été
30:29percutée accidentellement
30:29par une voiture
30:30et que l'automobiliste
30:31ait dissimulé le corps
30:32bon on s'est quand même
30:33mis à vérifier
30:34la piste
30:34Michel Fourniret
30:35et c'était la bonne
30:35donc parfois
30:36vérifier la piste
30:37d'un tueur en série
30:38c'est une bonne idée
30:39mais parfois
30:40je parle par exemple
30:41des disparus
30:42de la Saône-et-Loire
30:43vous avez des dossiers
30:44où on voit assez vite
30:45que ça n'a rien à voir
30:46les uns les autres
30:47qu'il y a plusieurs cas
30:48de figure qui se posent
30:48et que la piste
30:49du tueur en série
30:50est peu crédible
30:50mais ça permet
30:52de rouvrir le déchet
30:53pour faire des vérifications
30:54d'alerter les médias
30:56de placer les projecteurs
30:58sur cette affaire
30:59et d'envoyer un signal
31:01au magistrat
31:01bon là
31:03vous êtes regardé
31:03il y a des gens
31:04qui attendent la suite
31:05vous devez vous bouger
31:06Corinne Hermann
31:07qui est donc
31:07qui a été
31:08le binôme de Didier Seban
31:10il ne travaille plus ensemble
31:12elle elle parle carrément
31:14elle traque les tueurs en série
31:17elle revendique ça
31:18et elle elle parle carrément
31:19de tueurs en série
31:20que la justice a fabriqué
31:21par ses manquements
31:22ses erreurs
31:23sa cécité
31:24est-ce que
31:25vous pouvez m'en dire plus sur ça
31:26pourquoi est-ce qu'elle considère
31:27que c'est la justice
31:28qui fabrique les tueurs en série
31:29elle considère qu'en fait
31:30si la justice
31:30c'était mieux mise en marche
31:32c'était mieux coordonné
31:33ça nous ramène
31:33à cette question
31:34de communication
31:35entre les services
31:35avait accepté plutôt
31:39de dire que oui
31:39il y avait bien un phénomène
31:40de tueurs en série
31:41y compris chez nous
31:42et pas seulement aux Etats-Unis
31:42et bien
31:44elle serait mieux mise en marche
31:45pour attraper plus rapidement
31:46des tueurs en série
31:47qui n'auraient pas eu le temps
31:48de commettre autant de victimes
31:49aujourd'hui vous avez
31:51des hommes
31:52qui ont le profil
31:53de tueurs en série
31:54mais qui se font attraper
31:55avant d'avoir commis
31:56les fameux
31:57trois crimes
31:57parce que la justice
31:59sait mieux se mettre en marche
32:00parce que évidemment
32:02les techniques scientifiques
32:03sont plus aboutiques
32:04dans les années 80
32:04mais Corinne Hermann
32:06ce qu'elle dit
32:06c'est qu'effectivement
32:07ce sont des dysfonctionnements
32:08judiciaires
32:09qui ont permis
32:09à des tueurs en série
32:11d'être en liberté
32:12plus longtemps
32:12et donc de commettre
32:14plus de crimes
32:14c'est le cas par exemple
32:15de Nordal-Lelandais ?
32:16alors Nordal-Lelandais
32:18lui il a un profil
32:19là je l'assume
32:21je sors un peu de mon rôle
32:21de passeur de l'information
32:23mais je l'assume
32:24je ne suis pas le seul
32:24à le penser
32:25il a un profil
32:25de tueur en série
32:26clairement
32:27c'est à dire
32:28qu'on lui connait
32:29deux victimes
32:29il n'est donc pas
32:30officiellement
32:30un tueur en série
32:31mais c'est la petite Maëlys
32:34enlevée lors d'un mariage
32:35à Pont-de-Beauvoisin
32:36en Isère
32:38en août 2017
32:39et quatre mois plus tôt
32:40un jeune militaire
32:42Arthur Noyer
32:42qui sortait
32:43d'une boîte de nuit
32:44et qui l'a prise en stop
32:45à chaque fois
32:46vous avez le même
32:47mode opératoire
32:49Nordal-Lelandais
32:50est en chasse
32:51Nordal-Lelandais
32:52est en chasse
32:52parce qu'il se fait
32:53conduire
32:54et en avril
32:55et au mois d'août
32:56par une petite amie
32:58ou ex-petite amie
32:59qu'il assaille
33:00de messages
33:01pour dire
33:01à ce qu'on peut se voir
33:02à ce qu'on peut se voir
33:02parce qu'il veut
33:03obtenir une relation sexuelle
33:04à chaque fois
33:05il échoue
33:05à avoir une relation sexuelle
33:06cette nuit-là
33:07et il se met en chasse
33:08et il est avec sa voiture
33:10il prend Arthur Noyer
33:12en stop
33:12il emmène
33:13Maëlys
33:14à bord de sa voiture
33:15au mariage
33:16où il se trouve invité
33:17tout comme elle
33:17c'est la nuit
33:19il ne coupe pas son téléphone portable
33:21pour Arthur Noyer
33:22peut-être parce que
33:22c'est sa première victime
33:23il a le réflexe
33:24de couper son téléphone
33:26pour Maëlys
33:26ce qui montre
33:27qu'il est en train
33:29d'élaborer
33:30un mode opératoire
33:31plus sophistiqué
33:32pour se faire prendre
33:33moins facilement
33:34et puis
33:35qu'est-ce qui se passe
33:35dans la voiture
33:36à chaque fois
33:36si on en croit son récit
33:37il se met
33:38à cogner
33:39à coup de poing
33:40ces deux victimes
33:41qui sont deux victimes vulnérables
33:42Arthur Noyer est ivre
33:44parce qu'il sort de soirée
33:46et Maëlys
33:46est une enfant
33:47et puis ensuite
33:48on ne sait pas
33:49s'il y a des abus sexuels
33:50ou pas
33:50la justice n'a pas pu le reconnaître
33:51puisqu'on n'a que sa version
33:52on n'a pas de constatation
33:53médico-légale
33:54qui pourrait étayer
33:55des abus sexuels
33:56ayant précédé la mort
33:57toujours est-il
33:58qu'une fois que ses victimes
33:59sont mortes
34:00il va se débarrasser
34:01de leur corps
34:01dans des endroits isolés
34:03dans la forêt
34:04dans la montagne
34:06on n'aurait pas osé mettre
34:06un orteil à 3h du matin
34:08c'est sûr
34:09et donc il y a cette capacité
34:11à dissimuler les corps
34:12dans les deux cas
34:13qui fait que d'ailleurs
34:14on aurait presque pu passer
34:16à côté de ces cadavres
34:18la petite Maëlys
34:19on la retrouve
34:19sur ses indications
34:20s'il n'avait pas été
34:22donné des indications
34:23ce jour-là
34:24on ne l'aurait peut-être
34:24jamais retrouvé
34:24donc cette dissimulation
34:26et ce mode opératoire
34:28me font penser
34:28à un mode opératoire
34:30de toi en série
34:31maintenant effectivement
34:32la justice a beaucoup cherché
34:33la gendarmerie
34:34a beaucoup cherché
34:35d'autres victimes
34:36elle n'en a pas trouvé
34:38dont acte
34:39même si
34:39comme je raconte dans le livre
34:40il y a une autre affaire
34:42qui peut peut-être
34:43être rapprochée de lui
34:44donc en fait
34:44je disais
34:45que la justice avait échoué
34:47mais peut-être justement
34:48que sur ce cas-là
34:48elle a réussi
34:49alors il aurait pu être arrêté
34:51après la mort d'Arthur Noyer
34:53mais peut-être justement
34:53que son arrestation
34:56a empêché
34:56bien d'autres crimes
34:58tout à fait
34:58et c'est parce qu'effectivement
35:00on a trouvé
35:01une micro-goutte de sang
35:03dans le coffre
35:04de sa voiture
35:05correspondant à Maëlys
35:06qu'on a pu vraiment
35:08le mettre en cause
35:09nord-heil-landais
35:10les nord-heil-landais
35:11dans les années 80
35:12à mon avis
35:12ont passé à côté
35:13oui oui
35:13il n'a pas fait d'aveu
35:14spontanément
35:14tout à fait
35:15il était très coriace
35:16on a parlé au tout début
35:18de cette vidéo
35:20d'Yvan Keller
35:21donc qui est à ce jour
35:22le tueur en série
35:23qui a fait le plus de victimes
35:25en France
35:25mais il y a Frédéric Péchier
35:27qui pourrait
35:28peut-être
35:30finalement le dépasser
35:31alors Frédéric Péchier
35:32c'est un
35:34possible tueur en série
35:35actuel
35:35parce qu'on peut se demander
35:37si on est passé à côté
35:38de tueur en série hier
35:39mais l'autre question
35:40c'est y a-t-il toujours
35:41des tueurs en série
35:41aujourd'hui
35:42la réponse est oui
35:43il y a plusieurs cas
35:44qui le prouvent
35:45et en l'occurrence
35:46Frédéric Péchier
35:47qui reste présumé innocent
35:48puisqu'il a été condamné
35:49en première instance
35:49mais il a fait appel
35:51c'est un tueur en série
35:53possible
35:53mais très particulier
35:54puisque c'est quelqu'un
35:56qui aurait tué
35:57ses victimes
35:57et il a 30 empoisonnements
35:59mais 12
36:00qui sont allés jusqu'à la mort
36:01pour lesquels
36:02il a été reconnu coupable
36:03simplement
36:04ça passait
36:05pour des accidents médicaux
36:06pour des complications
36:08de santé
36:08or en fait
36:09il se trouvait
36:10que c'était
36:10des anesthésies
36:12surdosées
36:12ou dosées avec des produits
36:13qui ont permis
36:14de mener
36:15les victimes
36:16jusqu'à la mort
36:16quel était son mobile
36:17il y a plusieurs théories
36:19est-ce que c'était
36:20pour faire accuser
36:21des collègues
36:21dont il voulait se venger
36:22est-ce que c'était
36:24il voulait se prendre pour Dieu
36:26en arrivant
36:26au dernier moment
36:27pour les sauver
36:28et en fait
36:28dans bien des cas
36:29il n'arrivait pas
36:29à les sauver
36:30lui ça reste un mystère
36:31mais lui
36:32a pu passer entre les gouttes
36:33des années
36:34et des années
36:35justement parce que
36:36son mode opératoire
36:36était très particulier
36:37dans le cadre médical
36:38et ce sont des morts
36:40qui peuvent passer
36:41pour d'autres choses
36:42et ça vous le retrouvez
36:43dans un certain nombre de cas
36:46certaines victimes
36:46de Patrice Allègre
36:48à Toulouse
36:48on a considéré
36:49que c'était des suicides
36:51c'était pas le cas
36:52Yvan Keller
36:52dont vous parliez
36:53on a considéré
36:54que c'était des vieilles dames
36:55qui mourraient
36:55de leur belle mort
36:56donc c'est comme ça
36:57qu'un tour en série
36:58peut encore s'en sortir
36:59aujourd'hui
37:00malgré les progrès
37:00de la science
37:01c'est quand on considère
37:02à tort
37:03qu'il s'agit de morts
37:04accidentelles
37:05ou de suicides
37:06et non pas de crimes
37:07Merci d'être venu
37:08Thibault Solano
37:09dans Crime Story
37:10le talk
37:10je rappelle le titre
37:11de votre livre
37:11Sommes-nous passés
37:12à côté de Tueurs en série
37:13c'est aux éditions
37:14Robert Laffont
37:15c'est déjà disponible
37:17en librairie
37:18merci à vous
37:19d'avoir regardé
37:20cette vidéo
37:20et je rappelle aussi
37:21que vous pouvez retrouver
37:22notre podcast
37:23Crime Story
37:23sur toutes les plateformes
37:24d'écoute
37:25chaque semaine
37:26avec Damien Delsenis
37:27le chef du service
37:27police-justice du Parisien
37:29on raconte une grande affaire criminelle
37:31et c'est à découvrir
37:32tous les samedis
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