00:00Ce qui s'est passé en Belgique est assez intéressant parce qu'en fait, ça a entraîné une vraie réforme
00:07interne, y compris dans la magistrature,
00:09que moi j'appelle, j'allais dire, en temps plat. Là, c'est un peu la tempête, donc peut-être
00:16que ça sera plus facile.
00:18Oui, parce que je crois qu'il faut qu'on arrive à modifier nos façons de travailler, etc.
00:26Et c'est vrai que moi, quand je dis, attention, oui, bien sûr, il y a un problème de moyens,
00:31mais c'est unanime, mais ça ne suffit pas dans l'explication.
00:35Moi-même, je suis critiquée en interne comme étant déjà pas dans le langage officiel.
00:41Vous n'êtes pas dans le moule.
00:42Non, mais je suis déjà ciblée comme quelqu'un qui n'a pas dit la DOXA. Tant pis, c'est
00:47pas grave, j'assume.
00:48Tant mieux, j'allais dire, parce que vous faites avancer les choses, comme M. Dubuisson, l'avocat de la maman
00:57de Rosa, lui aussi veut faire bouger les choses.
01:00Mais la critique, c'est qu'une partie. En fait, si on n'est pas capable d'énoncer derrière la
01:04suite, en vrai, on tourne en rond.
01:06Parce que les gens qui critiquent, on en a toujours plein, c'est facile. D'ailleurs, c'est souvent plus
01:10facile.
01:10Donc la suite, c'est des moyens ? Changer la DOXA ? Changer le rythme ? Apporter plus de magistrats
01:18?
01:18J'entendais l'autre jour qu'il y a autant de magistrats que sous l'ancien régime aujourd'hui.
01:22J'ose dire, mais il faudrait appeler sans doute des sociologues et des criminologues là-dessus,
01:28j'ose dire qu'en France, on a quand même un problème sur la protection de l'enfance,
01:31et plus spécifiquement sur la pédocriminalité. J'ose le dire.
01:35Je crois que c'est un sujet sur lequel on cale.
01:38Voilà. Alors, on n'est pas bon. Voilà. On n'est pas bon.
01:41Ce n'est pas la première fois qu'on fait ce constat.
01:44Vous avez un très bon rapport qui a été fait par Mme Santiago,
01:49qui s'est emparée du dossier, mais il n'y a pas qu'elle.
01:52Mais je pense à elle parce qu'elle a fait un travail remarquable,
01:56notamment sur la protection de l'enfance, vous savez, avec l'aide sociale,
02:00où on sait qu'aujourd'hui, vous avez des réseaux de prostitution.
02:03Ce que je vous dis, c'est en cours, où vous avez des mineurs de 10 ans,
02:07juste avant de venir, j'ai raccroché avec un ami avocat qui est à Marseille,
02:10qui a tiré la signal d'alarme et qui me dit,
02:12mais Béatrice, tous les jours là, on a des centaines d'enfants
02:16qui sont prostitués alors qu'ils sont quasiment sous protection de l'État.
02:20Et qu'est-ce qu'on fait ?
02:22Donc le sujet, il n'est pas simplement celui-là,
02:25mais espérons que ce drame serve à cette prise de conscience collective
02:30où on doit tous, tous, se remettre en question, chacun à son niveau.
02:35Et ce qu'il faut éviter, évidemment, c'est le côté lynchage, bouc émissaire,
02:38le dernier qui est arrivé, c'est lui qui prend.
02:41Ou dire, non, mais de toute façon, ce n'est jamais notre faute,
02:43c'est vous tous les politiques et on va remonter jusqu'en 1958,
02:46vous n'avez pas fait le travail.
02:48Mais oui, bien sûr.
02:49Mais maintenant, la question, c'est qu'est-ce qu'on fait ?
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