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Dans son édito du 09/06/2026, Paul Sugy revient sur l'affaire Lyhanna

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00:00Oui, j'ai été saisi par ces images comme vous sans doute qui matérialisaient la pression palpable que l'opinion
00:06publique,
00:06que le peuple français adresse à son ministre de la Justice en venant manifester jusque sous les fenêtres de Gérald
00:11Darmanin
00:12qui sera auditionné avec Laurent Nunez également ministre de l'Intérieur tout à l'heure par les sénateurs.
00:17Gérald Darmanin a choisi de ne pas démissionner et donc par conséquent il va devoir rendre des comptes.
00:22Peut-être que le fait qu'il se maintienne va permettre justement d'accélérer aussi cette prise de conscience
00:27et ensuite les mesures qui pourront être prises pour que tout ce qui a été en tort, en défaut,
00:33dans la non prise en compte des plaintes contre Jérôme Barrella dans l'affaire Liana
00:38puissent demain être résolues avant que d'autres drames de ce genre se produisent.
00:42De façon générale, on le voit, l'opinion publique française demande des comptes à sa justice, à ses juges et
00:48à son ministre.
00:49Ce qui me frappe c'est l'unanimité de ce mouvement de colère.
00:51Il y avait hier soir une action des fémens, il y avait quelques jours plus tôt une action des filles
00:55de Némésis.
00:55Ce n'est pas tout à fait la même idéologie.
00:57On voit qu'il y a une prise de conscience généralisée sur tout le spectre des opinions politiques au sein
01:03du peuple
01:05que la justice aujourd'hui ne joue pas le rôle qui lui est assigné dans notre pacte social,
01:10c'est-à-dire de protéger les citoyens.
01:12Eh bien le jour, on le sait, où les Français commencent à ne plus avoir confiance dans leur justice,
01:16c'est l'ensemble de nos institutions, de notre pacte civil démocratique qui est menacé.
01:20On entendait hier soir sur une autre chaîne d'information un père de famille qui demandait s'il allait devoir
01:25passer lui-même à l'acte pour protéger ses enfants.
01:27Mais c'est ça la question qui se pose quand on ne fait plus confiance à ses juges.
01:30Les magistrats expliquent que le problème, c'est d'abord le manque de moyens alloués à la justice.
01:34Évidemment, c'est le jeu, mais je crois que cette excuse n'est pas suffisante.
01:39C'est peut-être vrai et peut-être d'ailleurs que les enquêtes qui vont avoir lieu ces prochaines semaines
01:43vont nous faire prendre conscience qu'effectivement, il y a des endroits où il y a un manque criant de
01:46moyens.
01:46Mais on voit aussi qu'il y a une question de priorisation des dossiers.
01:49Par exemple, la procureure d'Auge, qui est beaucoup sous le feu des projecteurs ces derniers jours,
01:53a choisi, d'ailleurs elle avait publié un communiqué à l'époque,
01:57d'ouvrir une enquête pour des propos tenus par des syndicalistes agricoles contre les écolos.
02:03Dans le même temps, la plainte contre Jérôme Barrella restait lettre morte et ce dossier n'avançait pas.
02:08Ceux-quels, en garde à vue, on a envoyé quelques militants catholiques
02:11qui étaient allés prier devant une église en protestation face à un concert à l'intérieur de l'église.
02:14Je ne sais pas si on est sur le même niveau de gravité, par exemple,
02:17que les dossiers de violences sexuelles sur mineurs dont il est question.
02:20Donc il y a aussi une question de priorité dans ce que l'on fait avec les moyens qu'on
02:22a au sein de la justice française.
02:24Vous pensez que cette pression sur la justice va porter ses fruits ?
02:27Je note que c'est déjà le cas.
02:28On a appris hier soir que le frère de Jérôme Barrella a été placé en garde à vue,
02:32alors cette fois-ci pour des soupçons, des accusations de viol portées par son ex-compagne,
02:36une plainte de 2014, il y a deux ans, sur des faits qui pourraient potentiellement porter sur une période de
02:4110 ans.
02:42Donc c'est évidemment une plainte de 2024 qui a été déposée il y a deux ans, merci Sabrina.
02:49Donc c'est-à-dire que pendant deux ans, cette plainte n'a pas donné lieu à des actes d
02:53'enquête conduisant à interroger le suspect.
02:55C'est évidemment la pression politique et médiatique en marge de l'affaire concernant le frère de cette personne
03:00qui a permis de l'arrêter.
03:02Donc la magistrature proteste, elle voudra en fait être à elle-même son propre organe de contrôle.
03:08On sait que le Conseil supérieur de la magistrature ne donne pas lieu à beaucoup de sanctions.
03:12Je crois que c'est Bruno Retailleau qui parlait d'un juge sanctionné ces 15 dernières années
03:16pour des manquements de conscience professionnelle dans la gestion des dossiers.
03:19Une seule sanction grave.
03:20Donc c'est le privilège de la noblesse de Rob de ne rendre aucun compte à part à elle-même.
03:26Il ne s'agit évidemment pas de dire que les juges ne font rien
03:28ou qu'il y aurait tous un manque de conscience professionnelle.
03:31Mais les Français demandent à avoir un droit de regard là-dessus.
03:35Et ça, ça va passer par un contrôle plus politique.
03:39Vous savez, il y a d'autres pays où on élit les juges, d'autres encore,
03:41où les parlementaires peuvent les révoquer.
03:43En France, ça s'est fait pendant longtemps d'ailleurs.
03:45Je crois qu'on va aller vers plus de contrôle de la part du peuple et des politiques.
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