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  • il y a 3 heures
Dans son édito du 09/06/2026, Thomas Bonnet revient sur l'affaire Lyhanna

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Transcription
00:00Oui, parce que si on avait encore du mal à mesurer l'impact de la mort de Liana dans l
00:03'opinion,
00:04la soirée d'hier nous donne une bonne indication.
00:06Dans de très nombreuses villes, on s'est mobilisés pour dénoncer le système judiciaire
00:10et sa manière de prendre en compte les affaires d'agressions sexuelles contre les enfants.
00:15Ce n'est pas anodin qu'une affaire génère une telle réaction,
00:18des manifestations jusque sous les fenêtres de Gérald Darmanin, Place Vendôme.
00:22Je note, en voyant les images que vous voyez à l'écran,
00:25la présence massive, pour ne pas dire quasi-exclusive de femmes,
00:29c'est sans doute aussi le signe du malaise profond ressenti depuis des années
00:33et que cette affaire fait ressurgir avant même les questions politiques.
00:36C'est la place qu'on donne à la parole des victimes qui est questionnée
00:40et ce sujet est mis au premier plan des préoccupations des Français
00:43à dix mois maintenant de l'élection présidentielle.
00:45Alors comment les hommes politiques peuvent-ils répondre à cette colère ?
00:47D'abord en posant le bon diagnostic sur la situation,
00:50il faut revoir l'organisation de la justice,
00:53sans doute flécher plus efficacement les budgets
00:55et par-dessus tout faire en sorte que les magistrats n'échappent plus à leurs responsabilités.
01:00Ensuite, chacun pourra y aller de ses propositions,
01:03c'est à ça d'ailleurs que doit servir une campagne électorale.
01:05On peut débattre aussi des responsabilités du garde des Sceaux,
01:08du ministre de l'Intérieur,
01:09mais à mon sens, réduire le débat à la démission des uns ou des autres,
01:14ça serait passer à côté du vrai sujet.
01:15Surtout que la nouveauté, dans le moment que nous traversons,
01:18c'est le rejet, le rejet massif que suscite la parole publique,
01:21le fait, par exemple, que la famille de Liana ait demandé expressément
01:25qu'aucun responsable politique ne soit présent à la marche blanche dimanche,
01:29est très révélateur.
01:30Ce sujet, comme tant d'autres en fait,
01:32pâtit aujourd'hui du décalage entre les paroles et les actes des responsables politiques.
01:37Vous nous dites qu'Emmanuel Macron incarne ce décalage ?
01:40Oui, parce qu'il est le président et donc il est le premier responsable.
01:43C'est lui, par exemple, qui en 2022,
01:45lors du débat d'entre deux tours face à Marine Le Pen,
01:47avait dit vouloir faire de la protection de l'enfance une priorité des priorités.
01:52Lui aussi, qui, par ses choix, n'a pas permis, par exemple,
01:55la création de milliers de places de prison.
01:57Lui, enfin, qui a fragilisé notre économie au point que nos services publics,
02:01dont la justice, soient désormais au bord du précipice.
02:04Hier, c'est passé assez inaperçu,
02:06mais pendant que le pays était encore plongé dans l'émotion et la colère,
02:10Emmanuel Macron, lui, il était à Amiens, dans l'usine Goudière,
02:13puis dans un centre hospitalier.
02:14En fait, c'était un peu une journée Potemkin avec un président
02:17qui essayait de se raccrocher aux très rares éclaircies de son bilan.
02:20En fait, il n'y a pas meilleur résumé de la décennie qui va s'achever,
02:23celle qui aura vu un président enfermé dans un optimisme forçonné et artificiel
02:28pendant que le pays, lui, est traversé de fractures gigantesques.
02:32Jamais il n'aura pris la mesure de l'état d'esprit de l'opinion
02:35pour ensuite orienter son action politique.
02:37Et c'est ça aussi que devra permettre l'élection de 2027,
02:40donner aux Français un président ou une présidente
02:43qui saura enfin entendre les humeurs populaires
02:46pour ensuite en tirer les conséquences qui s'imposent.
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