00:00A défaut de parvenir à convaincre, faute de pouvoir être dans les meilleures dispositions pour l'emporter face au RN,
00:05par exemple en 2027,
00:06la tentation est forte en Macronie de verrouiller le système avant de partir.
00:10Avec la nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, c'est toute cette stratégie
00:15qui est désormais au cœur des critiques.
00:16Alors certes, la ministre des Comptes publics a une réputation de femme respectée, bonne connaisseuse des sujets budgétaires,
00:22elle n'en est pas moins une proche parmi les proches du président de la République.
00:25Un profil inamovible pendant 28 ans comme un contre-pouvoir pour le prochain locataire de l'Élysée.
00:32Avant elle, ce fut un autre proche, Richard Ferrand, qui fut nommé président du Conseil constitutionnel, validé de justesse par
00:39le Parlement.
00:40Bien sûr, il s'agit là de prérogatives du président de la République et on pourrait dire qu'il n
00:45'y a rien d'anormal à choisir certaines personnalités plutôt que d'autres.
00:48Mais alors que son pouvoir réel s'est réduit depuis la dissolution, le chef de l'État pourrait être tenté
00:52d'influer sur la vie politique par la voie donc des nominations.
00:55Est-ce que tous les présidents de la République ne font pas la même chose ?
00:57C'est la ligne de défense de l'Élysée, en tout cas citée dans l'excellent article de Louis Osalter
01:01dans le Figaro ce matin.
01:02Alors oui, Mitterrand puis Chirac avaient choisi des proches pour la Cour des Comptes.
01:05Ce ne fut pas le cas de Nicolas Sarkozy qui avait nommé Didier Migaud, député socialiste pour ce poste.
01:10Le même Nicolas Sarkozy qui au début de l'année 2012, alors qu'il allait concourir à sa deuxième élection
01:15présidentielle, avait décidé de geler les nominations pour les établissements publics.
01:19C'est un précédent qui à mon avis devrait faire jurisprudence.
01:22De la même manière, on serait bien inspiré de s'inspirer du spoil-système américain.
01:26Le pouvoir fraîchement élu arrive et renouvelle des centaines de postes dès qu'il prend le pouvoir.
01:31Alors au-delà de ces nominations, c'est une polémique qui interroge sur les réelles intentions d'Emmanuel Macron vis
01:36-à-vis du Rassemblement national.
01:38Emmanuel Macron a une image qui hante son esprit, celle d'une scène où sur le perron de l'Elysée,
01:42il donne les clés à Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
01:45Le président qui avait promis de faire reculer le vote RN serait celui qui aurait permis son arrivée au pouvoir.
01:50Depuis plusieurs mois, il est donc obnubilé par cette idée.
01:53La dissolution avait déjà vocation à purger cette hypothèse en faisant accéder le RN à Matignon.
01:58En espérant que cela lui nuise, on connaît la suite.
02:01Le barrage républicain lancé par Gabriel Etal qui a contrarié ses plans.
02:04Désormais, l'idée semble donc de tout mettre en œuvre pour compliquer la vie du prochain président ou de la
02:09prochaine présidente.
02:10Un verrouillage XXL pour perturber le prochain mandat et pourquoi pas se présenter comme le sauveur en 2032.
02:17Et si vous pensez que c'est du complotisme, je vous renvoie au récit de ces réunions organisées en petit
02:21comité par Pierre Moscovici
02:23où il aurait demandé, recommandé aux dirigeants d'institutions de céder leur place pour permettre justement les nominations d'Emmanuel
02:29Macron
02:30avant une éventuelle arrivée au pouvoir du RN.
02:32Voilà le triste spectacle d'un pouvoir à l'agonie qui n'a plus de prise avec les Français ou
02:36presque
02:37mais qui se vit dans l'illusion d'un contre-pouvoir quasiment en résistance.
02:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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