- il y a 7 heures
Ce documentaire en deux épisodes, raconté par les voix de Lambert Wilson et Kristin Scott Thomas, utilise uniquement des images d’archives colorisées pour faire revivre le Débarquement du 6 juin 1944, moment clé qui lance la Libération de la France après cinq années d’occupation allemande. De la Normandie jusqu’à la Libération de Paris, il retrace cent jours décisifs à travers le regard des soldats et des civils, français, alliés et allemands. L’histoire est racontée simplement, avec les mots des témoins de l’époque, qu’ils soient anonymes ou grandes figures comme de Gaulle, Churchill ou Eisenhower, pour offrir un récit humain, émouvant et accessible à tous.
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00:085 juin 1944, Angleterre, la plus grande flotte maritime et aérienne jamais réunie va s'élancer pour débarquer en France
00:17et libérer l'Europe occupée par l'Allemagne hitlérienne.
00:24Cela fait plus de 50 heures qu'ils attendent l'ordre de partir. La tension est à son comble. La
00:33deuxième guerre mondiale entre dans sa cinquième année.
00:37Malgré ses revers en Russie, la puissance allemande est encore si forte que les alliés anglo-américains concentrent 2 millions
00:44d'hommes prêts au sacrifice.
01:10Le débarquement et la bataille de Normandie feront 400 000 victimes jusqu'à la libération.
01:15Je me souviens de la joie d'être libre, d'être vivante et aussi d'avoir pensé merci.
01:25Merci à tous les alliés, aux Anglais, aux Canadiens, aux Américains, aux combattants de l'ombre.
01:35Civils ou militaires, anonymes ou importants, ils ont été témoins.
01:45Les images d'époque, quand elles avaient été tournées en noir et blanc, ont été remises en couleur.
01:56L'inquiétude règne sur notre pauvre pays. On n'ose plus parler.
02:01Oh, liberté, te retrouverons-nous un jour ?
02:05Je me suis mise à espérer la fin de la guerre pour cette année.
02:10Le courage me manque pour envisager la prolongation de nos souffrances.
02:17Cela fait maintenant 4 ans que la France est occupée par l'armée allemande.
02:22Les Français espèrent ce débarquement allié.
02:28Les Allemands s'y attendent aussi.
02:30Ils lui ont donné un nom.
02:33L'invasion.
02:38Hitler a fait construire de la Norvège à l'Espagne ce qu'il fait appeler...
02:45Le mur de l'Atlantique.
02:48Une ligne de défense côtière constituée de toute une série de blocos de plusieurs mètres d'épaisseur de béton.
02:57Les plages et leurs accès sont truffés d'obstacles anti-chars.
03:01Et de près de 6 millions de mines.
03:05Les plus puissants canons hérissent le Pas-de-Calais, où la France est au plus proche de l'Angleterre.
03:12Et c'est le maréchal Rommel, l'un des plus redoutés chefs de guerre allemands, qui est chargé de la
03:17défense du mur de l'Atlantique.
03:23Hitler croit que l'invasion aura lieu dans le Pas-de-Calais, qui est seulement à 30 kilomètres de l
03:28'Angleterre.
03:30Si on pense que les anglo-américains arriveront par beau temps, en empruntant d'itinéraires le plus court, et qu
03:36'ils vous préviendront à l'avance, vous vous trompez.
03:39Les alliés débarqueront par un temps épouvantable, en choisissant l'itinéraire le plus long.
03:45Le débarquement aura lieu en Normandie, et ce jour sera le jour le plus long.
04:00L'adversaire de Rommel, c'est le général américain Dwight David Eisenhower, 53 ans.
04:07Il a été nommé commandant en chef, parce que le corps expéditionnaire américain représente plus de la moitié des effectifs
04:14alliés.
04:17Eisenhower, que tout s'appelle affectueusement Ike, est considéré comme un fin stratège et un brillant organisateur.
04:27Eisenhower a pour mission, en débarquant en France, de soulager les Russes, qui ont d'immenses pertes,
04:33et de libérer les pays européens occupés par l'Allemagne, qui sera ainsi prise en tenaille.
04:41Comme beaucoup de grands chefs américains, Eisenhower s'est vu attribuer par les Britanniques un chauffeur un peu spécial pour
04:48sa cadillac blindée.
04:49C'est cette jeune femme.
04:52Est-ce une faveur ou un moyen de recueillir certaines confidences ?
04:56Elle s'appelle Kay Summersbee.
05:01Kay Summersbee avait été affecté comme chauffeur du général Eisenhower en 1942.
05:07En 1943, son fiancé, un officier américain, avait été tué en Afrique du Nord.
05:14Un jour, le général me dit, j'ai commandé de nouveaux uniformes, et j'ai dit aux tailleurs d'en
05:20faire aussi pour vous.
05:24Je réponds, ça me ferait très plaisir, vous êtes si gentil avec moi.
05:28Comment puis-je vous remercier ?
05:30Ike répond, vous ne pouvez pas savoir à quel point je voudrais vous faire plaisir.
05:35Sa voix est étrange, je le regarde dans les yeux.
05:39Il me dit, Kay, vous êtes quelqu'un de très important pour moi.
05:45J'ai envie de pleurer.
05:47Il me prend la main et je me sens timide, nue, en adoration.
05:55Et j'imagine que c'est inévitable.
05:58Nous nous retrouvons un jour dans les bras l'un de l'autre.
06:03Nous faisons sauter nos vêtements.
06:06Mais ça ne se passe pas comme je pensais.
06:08Il me dit dans mon oreille, Kay, je ne suis pas bon aujourd'hui.
06:14Je lui réponds, il faut prendre un peu de repos.
06:18Bonne nuit, général.
06:19À demain.
06:21Et je le salue.
06:27Les préparatifs du débarquement avancent.
06:31La presse est autorisée à filmer Eisenhower avec son état-major.
06:35Et le général britannique Sir Bernard Montgomery.
06:38Appelé familièrement Monty, il a déjà vaincu Rommel dans le désert.
06:43Il commandera toutes les forces terrestres du débarquement.
06:48L'opération porte le nom de code Overlord.
06:52Seigneur Tout-Puissant.
06:54Mais où et quand, c'est encore secret.
06:59Ce que savent les journalistes, c'est que les marées et la Lune sont favorables la première semaine de juin.
07:04Ce qu'ils ont le droit de dire, c'est qu'une armée américaine est déployée dans le sud de
07:09l'Angleterre, face au Pas-de-Calais.
07:12Les Américains mettent en place une gigantesque opération de désinformation appelée Fortitude.
07:18Avec une armée de diversion du côté de Douvres.
07:21Et un général que les Allemands connaissent bien, Patton.
07:31De son côté, Eisenhower accélère l'entraînement pour le véritable débarquement.
07:46Notre colonel nous dit que d'après les services de renseignement, les Français en Normandie ont fraternisé avec l'ennemi.
07:53Ben, les Français ont fait ce que tout le monde aurait fait pour survivre à quatre ans d'occupation.
07:59Ils leur ont filé des cadeaux, des gâteaux, des chocolats.
08:03Ils ont accepté la vie quotidienne avec les Allemands.
08:09Derrière nos champs, les Allemands installent des batteries de DCA.
08:15Ils nous ont réquisitionnés pour porter leur soupe à leurs artilleurs.
08:20Parce qu'ils n'ont plus assez d'essence pour aller la chercher eux-mêmes.
08:35C'est ça, ce que nous pensons.
08:37Que les nazis sont trop tranquilles là-bas.
08:39On va les tuer comme ils n'ont jamais été tués.
08:43Maintenant, ce sera nous, les envahisseurs.
08:46Ce qu'on appelle libération, ça c'est bon pour les journalistes.
08:49On n'est pas là pour libérer, mais pour tout foutre en l'air.
08:56Les militaires du Troisième Reich se sentent mieux en Normandie que sur le front de l'Est.
09:02Où plus de trois millions d'entre eux ont été tués, blessés ou faits prisonniers.
09:08Ils se sentent aussi plus en sécurité qu'en Allemagne.
09:11Où les bombardements alliés détruisent les grandes villes.
09:14Pourtant, ils s'attendent chaque jour à l'invasion.
09:30La nuit, nous écoutons Radio Londres.
09:32C'est interdit, tous les postes ont été confisqués.
09:35Mais ma grand-mère a réussi à en planquer un.
09:37« Clémentine peut se curer les dents. Le cheval bleu se promène sur l'horizon. »
09:44Nous entendons des messages personnels pour la résistance.
09:47On ne comprend pas, mais on espère les messages qui annonceront le débarquement des alliés.
09:55Ces messages codés, diffusés par Radio Londres, sont attendus par les milliers de résistants français.
10:01Près de 200 de ces phrases-clés seront destinés à déclencher les actions armées pour aider le débarquement.
10:10Le plus connu de ces messages vient d'un poème de Verlaine.
10:14« Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone. »
10:22Nous attendons le débarquement. Nous sentons que ça va arriver.
10:25Parce que les avions anglais et américains survolent nos maisons de plus en plus.
10:35Les alliés intensifient leur bombardement des voies de communication pour isoler la Normandie.
10:40Ils étendent ces destructions à toute la France pour ne pas révéler la zone de débarquement.
11:04Ce pilonnage massif divise les alliés.
11:09Churchill, conduit par Kay Summersbee, est invité par Eisenhower à assister à un entraînement de parachutistes.
11:19Churchill en profite pour informer Eisenhower qu'il vient d'écrire au président des États-Unis, Franklin Roosevelt.
11:26« Je crains l'effet néfaste de ces pilonnages meurtriers sur la population française.
11:33J'exige l'arrêt des bombardements au-delà de 10 000 victimes.
11:37Mais Roosevelt m'a répondu qu'il est regrettable qu'il y ait des pertes civiles.
11:43Mais pas question d'arrêter. »
12:00« Je ne savais pas que mon mari était dans la résistance
12:04et que son réseau de renseignements fournissait les cibles à frapper pour l'aviation alliée
12:09et tous les détails sur le mur de l'Atlantique.
12:13Il a été arrêté hier, le 28 mai, par la Gestapo.
12:18Il n'a pas pu embrasser ses filles.
12:21Et il a juste eu le temps de me dire
12:23« Ne t'inquiète pas, je reviens vite. »
12:31« J'ai essayé de voir où il est en prison.
12:35Mais j'imagine qu'il regarde tout le temps à travers ses barreaux
12:38pour voir si je suis là, avec les petites. »
12:45« Chacun sent que le débarquement approche.
12:52Les journalistes sont regroupés à Plymouth, sur la côte anglaise.
12:56La vie paraît normale.
12:58Les Anglais sont si courageux, malgré les ruines.
13:02Dans toute l'Angleterre, il y a beaucoup de traces des bombardements allemands de 1940.
13:11Les correspondants de guerre entourent le plus célèbre d'entre eux,
13:15Ernie Pyle, qui défend dans ses chroniques
13:17G.I. Joe, le soldat américain au grand cœur et à la grande gueule.
13:24Et ce sont les premiers embarquements de tous ces G.I. Joe
13:28pour un voyage peut-être sans retour.
13:31G.I. Joe, le soldat américain au grand cœur et à la grande gueule.
14:07136 000 Américains, Britanniques, Canadiens et des Français
14:12embarquent dans 3 000 bateaux de transport pour traverser la Manche
14:15quand Eisenhower donnera son feu vert.
14:20Je suis à Boudnaire.
14:23Les entraînements ont été épuisants.
14:26On a répété les débarquements sur des plages anglaises.
14:30On en a plus qu'assez de sauter dans l'eau glacée et de ramper sur les galets.
14:41Ces soldats pensent aux 750 G.I.s morts dans un exercice de débarquement.
14:55Et tous se demandent, est-ce que les Allemands savent qu'on arrive ?
15:02Est-ce qu'ils savent, Hitler ?
15:16Hitler assiste au mariage de la sœur de sa maîtresse, Eva Braun, avec un général SS.
15:27Hitler commence à envisager une défaite.
15:30Il dit, si nos adversaires sortent victorieux, le bolchevisme massacrera des millions d'Allemands.
15:38« Toute cette bestialité est organisée par les Juifs. »
15:50Tout est prêt.
15:53C'est l'épreuve décisive pour le monde entier.
15:57Je suis convaincu que les soldats, les marins, les aviateurs et les populations alliées
16:05montreraient, une fois pour toutes, qu'une démocratie peut devenir la plus formidable des machines de guerre.
16:15Il est très anxieux.
16:17Il fume cigarette après cigarette.
16:19Il boit café après café.
16:22Il râle contre les manuels militaires qui enseignent que la météo est neutre.
16:26Mais lui, il dit que son expérience des combats d'Afrique du Nord et d'Italie prouve que le temps
16:31est toujours du côté de l'ennemi.
16:35Les officiers de la météo n'arrivent pas à lui donner une date.
16:39Des vents violents sont attendus.
16:41De la pluie et une mer agitée.
16:48Compte tenu de ses mauvaises prévisions, Eisenhower doit retarder toute l'opération.
16:58La météo est si mauvaise que Rommel ne croit pas à un débarquement imminent.
17:04Il rentre en Allemagne pour obtenir d'Hitler deux divisions blindées en plus et fêter l'anniversaire de sa femme.
17:20Je ne peux pas lui dire, ne t'en fais pas.
17:26Il doit faire face à la pire décision qu'un homme doit prendre, dont dépend la vie de centaines de
17:32milliers d'autres hommes.
17:36Je ne peux pas lui dire, tout ira bien.
17:39Parce qu'il y a de fortes chances que tout n'aille pas bien.
17:47Eisenhower a déjà retardé le débarquement de 24 heures.
17:51Le matin du 5 juin, il prend sa décision.
17:55Il a ses mots historiques, mais simples.
17:58Ok, let's go. On y va.
18:03L'objectif est enfin révélé.
18:06Cinq plages de Normandie, choisies par les alliés parce que les seules possibles, comme l'avait d'ailleurs prévu Rommel.
18:12Avec des milliers de parachutistes pour prendre les Allemands à revers.
18:17Les sanglots longs, les violons de l'automne.
18:21Bless mon cœur d'une langueur monatale.
18:25Les paras reçoivent l'ordre de se préparer.
18:28Il se passe le visage au cirage noir, pour être moins vu dans la nuit.
18:36Je porte plus d'une centaine de cartouches.
18:39Un gros pistolet attaché à la jambe.
18:41À l'autre, un paquet d'explosifs.
18:45Avec le parachute et la bouée, mon poids normal de 65 kilos passe à 120 kilos.
18:54Eisenhower rend visite aux autres paras de la 101e division aéroportée, qui seront les premiers à sauter.
19:00Les paras crient tous, c'est Ike, ce bon vieux Ike.
19:07Il prend le temps de dérameau à beaucoup d'entre eux.
19:14En revenant dans la voiture, il me confie...
19:19C'est très dur de regarder un soldat dans les yeux, quand on craint de l'envoyer à sa mort.
19:29L'état-major allié prévoit que 8 paras sur 10 ne reviendront pas.
19:36Ils seront les premiers sacrifiés.
19:38Ils ont peur.
19:41Ils vont tomber dans le noir, n'importe où, n'importe comment.
19:45Sur les Allemands qui vont les tirer comme des lapins.
19:51Le soir de 5 juin, à 10h30, on embarque dans 1500 avions et planeurs.
19:59Nous sommes plus de 20 000 à partir pour la Normandie.
20:07C'est le jour J, le 6 juin 1944.
20:22Les paras britanniques et américains survolent la plus grande flotte de l'histoire.
20:26Plus de 5000 navires sur la Manche, vers la Normandie.
20:38La traversée dure toute la nuit, du 5 au 6 juin.
20:46Le temps est tellement mauvais que beaucoup de soldats mettent des préservatifs au bout de leur fusil
20:51pour que la pluie et les vagues n'entrent pas dans les canons.
21:04Les boches tirent sur nous.
21:06Mon parachute est troué.
21:08J'atterris durement.
21:10Je distingue Ambauche.
21:13Je tire par réflexe.
21:15Il tombe.
21:17Je suis terrifié.
21:18J'ai une sensation de brûlure à la jambe.
21:21Il y a un liquide chaud qui coule.
21:23J'ai reçu une balle.
21:27Je me fais un garrot.
21:30D'autres paras atterrissent sur des marais.
21:32Et même sous Sainte-Mère-Église.
21:35Ils progressent sur les arrières de l'ennemi.
21:44Les Allemands se rendent compte que quelque chose de grave se passe.
21:50Mais personne n'ose réveiller Hitler.
22:14Mon chef me réveille en hurlant.
22:15On vient de nous appeler.
22:17Ça commence.
22:18Moi, j'attendais ça depuis longtemps.
22:20Nous sentions que ça allait arriver.
22:35Les premiers défenseurs des plages, avec leurs armes toujours intactes, voient bien que c'est l'invasion.
22:41Mais les états-majors à l'arrière vont en douter et croire longtemps à une diversion.
22:50La première division d'infanterie américaine se prépare à débarquer sur la plage Omaha, devant Colville.
22:59Ça y est, nous descendons avec les échelles de cordes dans les barges d'assaut.
23:14Nous nous entassons à 32 par bateau.
23:17Ça bouge sacrément.
23:20Je me pose une question.
23:22Est-ce que les livres d'histoire mentionneront le putain de vomi partout, qui nous donne l'impression de faire
23:29du patin à glace avec nos bottes ?
23:31Et il nous faudra encore une heure ou deux pour atteindre les plages.
23:45Au même moment, la 8e brigade canadienne se prépare à débarquer sur la plage Juno, à Bernier-sur-Mer.
24:04Ça n'a rien à voir avec notre entraînement par mer calme.
24:08Et les marins sont nerveux.
24:12Je descends le filet le plus vite que je peux.
24:16Mais le bateau s'éloigne déjà.
24:19Je glisse, je tombe.
24:21Deux de mes hommes me rattrapent au dernier moment.
24:25De nombreux soldats perdent une jambe, un bras ou la vie avant même de débarquer.
24:47Les alliés déversent 10 000 tonnes de bombes sur les plages,
24:50pour détruire les défenses allemandes.
25:08Un tonnerre d'explosion me réveille.
25:11Je tourne l'interrupteur, mais il n'y a plus d'électricité.
25:13Le bruit vient de la mer.
25:15Il paraît très proche.
25:17C'est le débarquement tant attendu.
25:19Dehors, le spectacle est dantesque, irréel, démesuré.
25:23Les déflagrations sont si fortes...
25:25que nous sentons nos poitrines résonner.
25:33Le bruit est de plus en plus fort.
25:35Les avions passent au-dessus de nos têtes.
25:36Les bombes sifflent de tous côtés et explosent, et tout se met à trembler.
25:40Mais s'ils nous ratent, nous ne sommes pas touchés.
25:55Une explosion à tribord.
25:58Qu'est-ce que c'est ? hurle le lieutenant.
26:00Une mine ?
26:01Une deuxième explosion.
26:03C'est pas une mine, crie le sergent.
26:05Il nous tire dessus depuis la plage.
26:07Nous croisons des corps ensanglantés sur l'eau.
26:10Ceux encore en vie, le cri de les secourir.
26:13L'ordre est de ne pas s'arrêter.
26:16Nous serrons les dents.
26:18Nous détournons notre regard.
26:22Par-dessus leur tête,
26:23les obus alliés passent pour tenter de détruire les défenses allemandes.
26:45Les tirs s'arrêtent.
26:48Nos ordres sont
26:49attendre pour Thierry que les Américains aient de l'eau à la hauteur des genoux.
26:59Il progresse lentement.
27:02Complètement à découvert.
27:05La barge baisse ses rampes.
27:08Nous plongeons dans l'eau glacée.
27:25Je tire sur tout ce qui bouge dans l'eau et sur la plage.
27:28On m'amène au moins 8000 cartouches.
27:31C'est comme des agneaux à l'abattoir.
27:35Les balles des mitrailleuses nazies nous arrosent.
27:41De nombreux soldats,
27:42beaucoup de pauvres gars,
27:43sont touchés et tués
27:45avant même de pouvoir approcher la plage.
27:56J'avale des litres d'eau salée,
27:59mêlée de sang Américain.
28:02Les 200 mètres pour atteindre Omaha Beach.
28:06C'est la plus longue distance que j'ai jamais parcourue.
28:30Sous-titrage Société Radio-Canada
28:59Je pense...
29:00Qu'est-ce que c'est, un héros ?
29:02Ça n'existe pas, un héros.
29:04Tu bouges ton cul d'un côté,
29:06tu n'es pas touché.
29:08Tu le bouges de l'autre côté,
29:10tu es en morceaux.
29:12Ce qui peut sauver un type,
29:14c'est l'expérience et l'intuition,
29:16pas l'héroïsme.
29:17Et surtout, la chance.
29:19Elle ne t'empêchera pas d'être touché.
29:21Mais la chance,
29:22c'est que tu sois touché au bon endroit.
29:25Tu es blessé, mais vivant.
29:27Un soldat agit dans la panique,
29:29ou l'hystérie,
29:30jamais dans la réflexion.
29:33On a trop peur pour penser aux conséquences de nos actes.
29:36Tout ça est tellement dingue,
29:38que seul un dément peut trouver
29:40quoi que ce soit de rationnel dans tout ça.
29:42qu'est-ce que tu me suis suppặt
30:41Sous-titrage MFP.
30:43Au même moment, les Américains débarquent sur la plage codée Utah.
31:09Ils subissent moins de pertes.
31:11Le pilonnage allié a été cette fois efficace.
31:41Les Américains débarquent sur la plage.
31:52Ils finissent par détruire les canons.
31:56Mais les Allemands contre-attaquent en encerclant les Rangers, qui tiendront 48 heures avant l'arrivée des renforts et perdront
32:04les trois quarts de leur effectif.
32:14Un peu plus tard, sur la plage codée Omaha, la marée monte et bloque les hommes.
32:29Craignant un échec, Eisenhower avait rédigé, la veille, une déclaration solennelle.
32:36Nos débarquements dans la région de Cherbourg, au Havre, n'ont pas réussi.
32:41Je suis contraint de retirer nos troupes.
32:43Nos soldats ont fait preuve d'un courage sans faille.
32:46S'il faut blâmer quelqu'un, c'est moi, et moi seul.
33:00Ike me dit « J'espère que je sais ce que je fais.
33:09Il y a des moments où on doit remettre en question tout ce qu'on est et tout ce qu
33:13'on a appris.
33:15Ce moment est arrivé. »
33:20Sur cette seule plage Omaha, les deux divisions américaines engagées comptent plus de 1000 morts et 2000 blessés.
33:51Plage Juno, à Bernier-sur-Mer.
33:5514 000 Canadiens sont perdus dans la pluie et le brouillard.
34:00La marée montante a recouvert les obstacles anti-char allemands.
34:04Les péniches de débarquement ont de la casse.
34:08Là aussi, les bombardements alliés n'ont pas détruit les défenses allemandes.
34:17On voit Bernier-sur-Mer.
34:19C'est comme une carte postale.
34:21Les villas, le sable, mais aussi les mitrailleuses allemandes.
34:26Je crie à mes hommes.
34:28« Courage, ne vous aidez pas ! »
34:30Ils tombent les uns après les autres autour de moi.
34:37Je me demande pourquoi cette guerre est menée de cette manière.
34:52Je marche sur une mine.
34:54Je me jette sur le côté avant qu'elle n'explose.
34:57Nous avons perdu la moitié de nos armes.
35:16Les Canadiens entrent dans Bernier-sur-Mer.
35:20Ma mère me crie.
35:21Il y a des soldats qui ne ressemblent pas à des allemands.
35:24Je n'ai pas assez de mes deux yeux pour les admirer.
35:27Ils nous font signe d'approcher.
35:29Nous sommes très émus.
35:52Les Canadiens sortent des bonbons.
35:54Des petites tablettes de chocolat et leurs cigarettes.
35:58Des suites caporales.
36:01Le vieil accent des Canadiens français contribue à augmenter l'émotion.
36:06Nous attendions des Anglais ou des Américains.
36:08Et ce sont des Canadiens qui nous libèrent.
36:30Les Canadiens s'enfoncent dans les terres.
36:53Les soldats britanniques continuent de débarquer sur la plage Gold, à Vert-sur-Mer.
37:19Dans ces troupes britanniques, le sergent Stanley Hollis a connu la défaite de 1940 en France.
37:27Nous avançons avec détermination vers la plage.
37:32Les tirs se rapprochent.
37:37Les blessés sont de plus en plus nombreux.
37:44Un commandant crie que cela vient d'un blocos.
37:47Je me précipite.
37:54On me tire dessus, mais on me rate.
37:57Je monte sur le blocos et je jette une grenade dans la pente de tir.
38:04Ensuite, j'entre dans le bancard.
38:07Je trouve deux Allemands morts.
38:11Stanley Hollis recevra la plus haute décoration britannique, la Victoria Cross.
38:16Non loin de là, devant Aromanche, les Britanniques installent, parce qu'ils n'ont pas encore conquis de grands ports,
38:23les premiers éléments préfabriqués d'un port artificiel.
38:29Les alliés doivent impérativement acheminer renforts et matériels.
38:34Un défi gigantesque pour la grande bataille qui s'annonce.
38:47Sur la plage Sward, à Wistroham, débarquement britannique avec des Français libres.
38:56Nous sommes à peu près tous des Bretons.
38:59J'ai menti pour être là, j'ai seulement 18 ans et je suis trémiope.
39:04Mais ça valait le coup pour débarquer en France.
39:08Pour aller plus vite, on a des vélos.
39:15Ouais, ça vaut le coup de risquer sa peau.
39:29Tout à coup, il y a des civils inconscients du danger qui viennent vers nous.
39:34Ils sont contents de voir qu'on est Français.
39:37On passe très vite pour aller au combat vers le casino de Rivabella,
39:41transformé par les Allemands en forteresse.
40:00C'est le tournant pour la plage Omaa.
40:05Des hommes creusent des tranchées en prévision de passer la nuit.
40:11D'autres préparent des charges explosives.
40:22Le lieutenant me donne l'ordre de prévenir le colonel
40:25qu'il y a une brèche d'ouverte et que nous attaquons.
40:32Être debout sur Omaa est une invitation à la mort.
41:04Nous attendons.
41:06Ike ne peut rien faire.
41:07Je suis derrière lui, je lui masse les épaules.
41:12Mais il est très fatigué.
41:15Sa main tremble.
41:16Il a du mal à allumer ses cigarettes.
41:23Omaa Beach est sécurisé.
41:28Les pertes allemandes sont considérables.
41:32Pour échapper à la mort, le mitrailleur Heinz Everlow, qui a tué des centaines d'Américains,
41:38réussit à fuir l'enfer de la plage et à rejoindre les lignes allemandes.
41:45Un adjudant me donne l'ordre de garder un petit groupe de prisonniers américains.
41:54L'un de ces prisonniers parle allemand.
41:58Cela me donne une idée.
42:00J'arrive à le prendre à part et je lui dis, je te donne mon fusil et tu me fais
42:06prisonnier.
42:12Arrivés chez les Américains,
42:14Severlow tente de se dissimuler.
42:16Mais un interrogatoire serrait le démasque
42:18et il est mis sur un bateau pour un camp de prisonniers aux Etats-Unis
42:22où il sera surnommé
42:24la bête d'Omar.
42:32Quant à Samuel Fuller,
42:34il a survécu au débarquement
42:36et il continue avec sa division d'élite
42:38à avancer en Normandie.
43:16Nous sommes le jour J,
43:18le 6 juin 1944.
43:21Il est 14 heures.
43:36Les Alliés tiennent les 5 plages normandes du débarquement.
44:01La bataille suprême est engagée.
44:07Après temps de combat,
44:09de fureur,
44:10de douleur,
44:11voici venu le choc décisif.
44:14Le choc tant espéré.
44:16C'est la bataille de France.
44:19Et c'est la bataille de la France.
44:22Le choc tant espéré.
44:35Sous-titrage Société Radio-Canada
45:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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