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Démarrées le 1er décembre et prévues jusqu'à dimanche les négociations annuelles entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire déterminent les prix en rayon. Jean-François Loiseau, président de l'ANIA, dénonce une "pression infernale" de la grande distribution. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-mercredi-25-fevrier-2026-8834654

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00:00France Inter
00:04Mathilde Munoz
00:07Le 5-7
00:08Il est 6h21, plus que 5 jours avant la fin des négociations commerciales,
00:11industrielles de l'agroalimentaire et grande distribution vont-ils réussir à s'entendre ?
00:16Ces discussions annuelles sont très importantes parce qu'elles déterminent in fine les prix des produits
00:21qui sont mis en rayon dans les supermarchés et elles sont visiblement très conflictuelles cette année.
00:26Bonjour Jean-François Loiseau.
00:27Vous êtes le président de l'Agnat, c'est la principale association des industries alimentaires.
00:31Vous représentez 23 000 entreprises, la quasi-totalité.
00:35Et vous êtes aussi président de la coopérative céréalière Accès Réal.
00:39Alors ces négociations durent 3 mois, décembre, janvier, février.
00:42C'est rarement un long fleuve tranquille, mais là c'est vraiment plus tendu que d'habitude ?
00:45C'est beaucoup plus tendu que d'habitude.
00:48Merci de me donner l'occasion d'en dire quelques mots parce qu'il y a une tension très forte
00:52entre quelques très gros acheteurs de la distribution.
00:55Et je le précise tout de suite, nous avons besoin de la distribution.
00:58Trois quarts des produits agricoles et agroalimentaires passent dans les circuits de la grande distribution.
01:03Donc quelques acteurs de la grande distribution, à peu près 23 000 entreprises.
01:07Et puis vous avez 500 000 agriculteurs.
01:09Donc la pyramide elle est simple.
01:10On voit bien qui donne le ton.
01:12Et cette pression elle est infernale.
01:14C'est pas une pièce de théâtre.
01:14Moi j'ai entendu et j'ai lu un de vos collègues, un journaliste,
01:18à cette station qui a dit que c'était une pièce de théâtre.
01:20C'est pas une pièce de théâtre.
01:21Parce qu'à la fin, il y a des morts sur le plan professionnel.
01:24Et j'ai l'impression qu'il y a quand même souvent des crises avec...
01:27J'ai retrouvé même en 2011, il y avait Lactalis et Ricard qui avaient boycotté Leclerc.
01:31Ça avait duré près d'un an.
01:322018, un nouveau boycott.
01:33L'an dernier, je voyais déjà les distributeurs qui vous reprochaient d'être trop gourmands.
01:36C'est quand même régulier.
01:38L'exception c'est finalement quand ça se passe bien, non ?
01:40Oui.
01:41Alors en fait, depuis 2009, parce que je pense qu'il faut qu'on retourne aux racines du mal, entre
01:45guillemets.
01:46En fait, en 2009, il y a eu la loi de modernisation de l'économie, la fameuse LME qui a
01:50été mise en place.
01:51Et si vous voulez, il a été quasiment confié, le gouvernement, et depuis d'ailleurs tous les gouvernements,
01:56ont confié à la grande distribution le sujet du pouvoir d'achat et de l'inflation.
02:02A l'époque, il y avait une grande partie du panier du consommateur qui était concerné par les produits alimentaires.
02:09Aujourd'hui, c'est 12%.
02:1012% de produits alimentaires représentent, je dirais, les achats moyens du consommateur.
02:17Donc on ne peut pas demander à l'alimentaire de régler le sujet du pouvoir d'achat et de l
02:22'inflation.
02:23Le pouvoir d'achat, ce sont des salaires bruts et des salaires nets.
02:25Ça, c'est le rôle de l'État.
02:26Ce sont des dépenses à diminuer fondement.
02:29Et le sujet de l'inflation, ce n'est pas un sujet qui va concerner 12% des produits alimentaires.
02:34Donc les entreprises, elles sont déréférencées.
02:37Ça veut dire qu'on ne les met plus en rayon, on les sort.
02:40Et aujourd'hui, la grande distribution sort non seulement les grandes entreprises, les très grandes,
02:45mais même les petites et moyennes entreprises.
02:46Il va y avoir de la casse au sein des PME, c'est ça ?
02:48Et donc il va y avoir de la casse au sein des PME.
02:50Et en fait, la difficulté dans ces 23 000 entreprises que j'ai l'honneur de représenter,
02:57bon, vous avez des entreprises, de très belles entreprises françaises, de grande taille,
03:01et je pense qu'il faut en être fier.
03:02Vous avez ce qu'on appelle des filiales d'entreprises internationales, les multinationales.
03:07Et vous avez un tissu qui irrigue quasiment tous les départements d'entreprises,
03:11de 5-6 salariés à 50 ou 100 salariés.
03:14Oui, elles sont en position de sublète, j'imagine, pendant les négociations, par rapport aux grosses.
03:18Alors, elles sont souvent en position de sublète.
03:20Parce qu'est-ce qu'il faut dire, juste, c'est important de le préciser,
03:22les négoces se font entreprise par entreprise.
03:24Ah oui, oui, oui, c'est pas dans une salle où tout le monde vote aux enchères.
03:27On n'est pas la salle des ventes de chez Dros.
03:29Donc c'est entreprise par entreprise.
03:31Dans ce qu'on dit, ces fameux box,
03:33et d'ailleurs, nous avons souhaité mettre en place une charte qui a été validée par les ministres,
03:39par le gouvernement au mois d'avril dernier,
03:41qui a été mise en place dès le 1er décembre,
03:44qui, en fait, dans cette charte,
03:45qui stipulait que les uns et les autres devaient se respecter.
03:48Je vais prendre un exemple.
03:49Vous aviez jusqu'à l'année dernière
03:52certaines enseignes qui convoquaient des PME,
03:54ou des grandes entreprises,
03:55jusqu'à 20 fois.
03:5720 fois pour négocier, 20 fois pour obtenir
03:59des prix bas sans savoir
04:01si l'entreprise,
04:03avec des sujets de hausse de salaire,
04:05hausse de taxes,
04:07mise aux normes,
04:08des sujets de décarbonation, innovation,
04:10jusqu'à 20 fois.
04:11Donc, on a dit stop.
04:12Non.
04:13Respectez quand même les entreprises.
04:14Mais les distributeurs disent,
04:17en tout cas ciblent davantage quand même
04:18les multinationales et les grosses entreprises,
04:20en disant,
04:20elles ont quand même beaucoup gagné d'argent ces dernières années,
04:22l'énergie a baissé,
04:23le pétrole a baissé,
04:24le transport a baissé.
04:25Donc, elles peuvent se permettre de faire un effort.
04:27Non, c'est faux.
04:28Depuis 15 ans,
04:29depuis la fameuse LME de 2009,
04:31alors à force de dire 15 ans,
04:32ça va faire maintenant 17 ans,
04:34le sujet du pouvoir d'achat en France
04:37s'est fait sur l'autel de l'alimentaire.
04:38Alors, les grandes entreprises,
04:40elles résistent,
04:41elles ont des négociations,
04:43d'ailleurs je le dis au passage,
04:45moins défavorables dans les autres pays d'Europe,
04:47il n'y a pas besoin d'aller très loin.
04:48En Allemagne, en Espagne,
04:50en Belgique,
04:51ça se passe dans des conditions...
04:52Et comment ils font ?
04:52Pourquoi ça se passe mal en France ?
04:54Et bien ailleurs ?
04:54Parce que tout le monde se respecte.
04:56Il y a de la distribution féroce aussi.
04:59Mais tout le monde se respecte.
05:01Et à un moment donné,
05:03la grande distribution sait qu'elle doit s'arrêter
05:05si elle ne veut pas casser l'économie amont.
05:07L'économie agricole,
05:08parce qu'il faut protéger le revenu des agriculteurs.
05:11Ça, c'est la loi Egalim.
05:12Ça, c'est la loi Egalim.
05:14Et nous respectons la loi Egalim.
05:16Et d'ailleurs, j'en profite pour le dire,
05:18haut et fort,
05:19moi je demande au ministre du pouvoir d'achat,
05:22Serge Papin,
05:22de déclencher des contrôles,
05:24de demander à la DGCCRF
05:27de pratiquer les contrôles.
05:29Et nous verrons bien si ce sont
05:30les industriels, même de grande taille,
05:33ou la distribution qui ne respecte pas
05:35les lois Egalim.
05:36Il a ce pouvoir.
05:37Jusqu'à dimanche,
05:38il doit mettre en place les contrôles.
05:40Comment la grande distribution
05:41contourne la loi Egalim, selon vous ?
05:43Mais aujourd'hui, il y a un sujet
05:45qui est malheureusement émortifère.
05:47Et d'ailleurs,
05:49Annie Gennevar,
05:49la ministre de l'Agriculture,
05:50l'a très bien dit.
05:51C'est qu'en fait,
05:53les acteurs de la grande distribution
05:54emmènent les entreprises
05:56négociées en dehors de la France.
05:58En Belgique,
05:59à Amsterdam,
06:00à Bruxelles,
06:01à Madrid,
06:02ou dans d'autres pays d'Europe.
06:04Et dans ces pays-là,
06:06il n'y a pas la loi Egalim
06:07comme en France.
06:07Donc, ils arrivent à contourner
06:09en disant,
06:10mais nous ne sommes pas concernés,
06:11ici nous sommes à Madrid,
06:13donc nous allons appliquer
06:14la loi espagnole.
06:15Ce qui fait que,
06:16quand l'entreprise revient en France,
06:18elle dit aux agriculteurs,
06:18je suis désolé,
06:19je me suis fait écraser
06:20sur le prix de la matière première agricole.
06:22Donc, c'est nous
06:22qui devons payer la matière première
06:24et nous le faisons.
06:25Donc, il faut revenir
06:26à un principe simple,
06:27production agricole en France,
06:29transformation en France,
06:30consommation en France,
06:31loi en France.
06:32Jean-François Loiseau,
06:33il nous reste quelques secondes.
06:34Juste pour finir,
06:35on est à combien d'accords,
06:37à peu près ?
06:37Il nous reste 5 jours,
06:38c'est jusqu'à dimanche.
06:38On est à peu près,
06:40hier j'ai annoncé 75,
06:4272,
06:4275% d'accords.
06:44On ne sera pas à 100% dimanche ?
06:46Non, il n'y en aura pas,
06:47de toute façon.
06:47Le gros problème,
06:49je le dis,
06:49ce sont des arrêts
06:50de prise de commande,
06:51donc des usines
06:52qui peuvent fermer.
06:53Merci beaucoup,
06:54Jean-François Loiseau,
06:54président de l'Anya,
06:55la principale association
06:56des industriels alimentaires.
06:58Sous-titrage FR ?
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