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  • il y a 10 minutes
Lors de l'émission Face à l'info du 4 juin, la journaliste Charlotte d'Ornellas est revenue sur la disparition de Lyhanna : «L'enchaînement des plaintes, les délais de transfert, les attentes sur l'audition de cet homme... Ce que nous apprenons est littéralement insupportable».

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Transcription
00:00Gérald Darmanet a jugé à son tour que ce que nous apprenons était inadmissible.
00:05Le Premier ministre, je le disais, va réunir le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice.
00:10Que comprendre ce soir ?
00:12Que le scandale amplifie, que tous les politiques sont amenés évidemment à commenter cela.
00:19Et j'entendrai infiniment mieux le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Justice et le Premier ministre
00:26lancer une enquête s'ils s'incluaient dedans, s'ils incluaient le politique et les décisions politiques
00:31qui ont été prises dans le fonctionnement de la justice et de la police depuis des années et des années,
00:37au-delà de leur nom particulier là aujourd'hui, s'ils faisaient une enquête incluant le politique.
00:42J'insiste, quand vous avez depuis hier des magistrats, des avocats et des policiers
00:48qui parlent d'une seule voix pour expliquer que ce n'est pas faute d'avoir prévenu sur l'encombrement
00:54de la manière dont nous rendons la justice sur absolument toute la chaîne pénale,
00:58quand tous ces gens-là parlent d'une seule voix, c'est suffisamment rare pour que nous le remarquions tous
01:03ensemble.
01:04Parce qu'ils ont raison sur un point, ce que nous apprenons est littéralement insupportable.
01:09C'est-à-dire l'enchaînement des plaintes, les transferts, les délais de transfert,
01:13les attentes entre chaque acte d'enquête et les attentes justement sur l'audition de cet homme,
01:19qui est la dernière chose qui est faite dans une enquête qui avait été demandée par le parquet.
01:23Et donc qui interroge sur les actes d'enquête posés ou non par les gendarmes,
01:27parce que c'est les gendarmes qui sont aussi en cause là, dans cette affaire.
01:31Donc le politique réagit dans l'urgence.
01:34Et il faut, comment dire, rappeler aussi le témoignage de, je pense, l'intégralité.
01:39Franchement, j'ai cherché dans mes souvenirs, j'ai rencontré une famille de victimes,
01:44une seule, et j'en ai rencontré beaucoup,
01:47une seule famille de victimes qui a trouvé que la justice avait fonctionné normalement dans son dossier.
01:51C'est-à-dire qu'ils avaient eu exactement ce qu'ils attendaient de la justice,
01:55notamment sur les délais.
01:56Et quand vous interrogez les personnes qui sont directement confrontées,
01:59c'est-à-dire les familles de victimes,
02:00elles vous disent individuellement, le magistrat, mon avocat, les enquêteurs,
02:05il n'y a jamais de problème, ils sont toujours accueillis.
02:08Alors, en effet, il y a un gros travail qui est fait depuis quelques années
02:11et qui prend énormément de temps de la formation,
02:14notamment à l'écoute des enfants,
02:16parce que c'est particulier et votre témoignage est précieux.
02:18C'est compliqué de recueillir la parole d'un enfant.
02:21C'est compliqué de savoir, justement, quand est-ce que vous aviez raison,
02:24quand est-ce que, là, c'était contre-intuitif,
02:26vous aviez raison quand vous vous confiez et non pas quand vous mentiez.
02:31Comment déceler tout ça chez un enfant ?
02:33C'est encore pire, évidemment, à 4 ans qu'à 11 ans,
02:35encore pire, encore plus difficile.
02:38Donc, tout ça est un travail, évidemment,
02:41qui est incroyablement long pour les enquêteurs,
02:45pour les magistrats, de manière insupportable,
02:47parce que, et il faut avoir ça en tête aussi,
02:50tout est prioritaire quand vous êtes une victime.
02:54Évidemment, alors, évidemment, une victime de cambriolage,
02:56ce n'est pas la même chose que les parents de l'IANA, je ne suis pas folle,
02:59mais dans tous les dossiers criminels aujourd'hui,
03:01quand vous perdez un enfant, quand votre enfant est violé,
03:04quand votre enfant a été réduit en esclavage,
03:05quand il a été séquestré, quand il a été prostitué
03:08par un réseau, quand il a été embauché dans un réseau de narcotrafic,
03:11tout est prioritaire, et pour les enquêteurs,
03:14et pour les procureurs qui suivent ces dossiers-là,
03:16pour les magistrats instructeurs.
03:18Or, les priorités de politique pénale changent,
03:21au fil des décisions politiques,
03:23au fil de l'émotion aussi populaire,
03:25et de la manière dont le politique s'en saisit.
03:27Mais s'il y a une chose qui demeure,
03:28c'est l'alerte des magistrats.
03:30Souvenez-vous des chroniques que nous avons faites
03:31au moment des voeux de la nouvelle année
03:34et de l'alerte des procureurs sur la justice criminelle
03:37auprès de Gérald Darmanin.
03:38Nous allons être obligés de libérer des criminels
03:41avant même leur procès,
03:45parce que les délais d'audiencement ne sont plus tenables.
03:47C'est des alertes quand même dont il faut se souvenir
03:51quand il arrive un drame comme ça,
03:53parce que c'est exactement ce qui est redouté
03:54quand ces alertes sont formulées.
03:56Et nous avons des moyens humains.
04:01On a ajouté par exemple des magistrats ces dernières années,
04:05mais pas du tout à la mesure,
04:08d'abord du retard que nous avions,
04:09et du nombre de plaintes qui ne cessent d'augmenter.
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