00:00Je voudrais dire une chose, c'est que quand on est père, je pense que cette affaire, ce n'est
00:03pas un simple dossier.
00:04C'est vraiment quelque chose qui nous prend dans les tripes.
00:07Et en fait, on ne peut pas rester complètement indemne face à une histoire où justement une gamine de 11
00:14ans a été probablement tuée.
00:18Et en fait, parce qu'on n'a pas fait une véritable enquête, parce qu'on n'a pas vraiment
00:22arrêté la personne alors qu'on aurait pu l'auditionner.
00:25Mais tout ça, ce n'est pas quelque chose qui est acceptable lorsqu'on est un père.
00:31Ça, c'était une première chose.
00:32L'autre chose, la vraie question qui se pose aujourd'hui, c'est justement la question du traitement de cette
00:37enquête.
00:38Parce qu'aujourd'hui, vous savez qu'une très grande partie de ces plaintes n'aboutissent pas.
00:42Elles ne sont parfois ni poursuivies, il n'y a pas de condamnation.
00:46Il y a des problèmes, bien sûr, de moyens de la justice, des délais de traitement.
00:50Il y a aussi une chose, c'est qu'en France, on a deux fois moins de juges par habitant
00:56que la moyenne européenne.
00:58C'est quand même quelque chose qui est très important à dire, alors qu'on est censé être la deuxième
01:01puissance économique de l'Union européenne.
01:04Ensuite, le pays...
01:06Donc, il y a aussi le fait que, en réalité, le vrai fond du problème, c'est cette enquête qui
01:15a traîné, qui n'a pas fait tout ce qu'il aurait dû faire.
01:18Et les données... Moi, je voudrais y revenir sur les données nationales parce qu'elles sont très criantes.
01:23Aujourd'hui, un enfant meurt tous les cinq jours, tué par sa propre famille ou son entourage proche.
01:28C'est quand même très important.
01:30Ensuite, plus de 50 000 enfants sont victimes de maltraitance chaque année en France.
01:35Depuis 2020, les signalements d'enfants en danger ont progressé de plus de 20% depuis le Covid.
01:41L'Observatoire national de la protection de l'enfance compte près de 400 000 mineurs suivis par l'aide sociale
01:46à l'enfance.
01:47Et donc, je pense que c'est important de montrer l'ampleur de ce dossier, qui est aujourd'hui caractérisé
01:54par cette pauvre Liana,
01:56mais qui, en réalité, est extrêmement importante.
02:01Et le comble, c'est qu'en janvier 2025, il y a eu une défenseure des droits qui a proposé
02:0746 recommandations
02:09en disant que la situation s'est dégradée.
02:11Mais personne n'en a parlé.
02:13Les médias sont restés silencieux sur tout cela.
02:16Il y a eu même la loi Taquet en 2022 qui a voulu corriger les dysfonctionnements,
02:20mais on a vu que, justement, dans l'exécution, rien ne s'est produit.
02:24Et en réalité, il y a énormément de promesses, énormément d'annonces,
02:29mais les défaillances, elles, elles continuent.
02:32Et moi, je voudrais dire aujourd'hui qu'une société se juge d'abord à la manière dont elle protège
02:37les plus vulnérables,
02:38à commencer par les enfants.
02:41Et certains se disent, est-ce qu'on est en faillite totale ?
02:43Est-ce qu'on est face à un système défaillant ?
02:46En réalité, ce que je pense qu'il faut dire aujourd'hui, c'est que quand l'État affirme qu
02:53'il est capable de protéger les enfants
02:54et qu'une plainte pour viol sur une fillette de 11 ans dort pendant 9 mois dans un couloir administratif
03:00entre deux juridictions,
03:01il n'a pas honoré son contrat.
03:03Ce contrat que l'État donne à ses concitoyens, aux citoyens, qui est de les protéger,
03:08de protéger d'abord ceux qui sont les plus vulnérables.
03:11Et ça dit quelque chose d'essentiel, je pense.
03:13C'est cette capacité d'une civilisation à protéger l'innocence, donc l'enfance.
Commentaires