00:01Retailleau, Mélenchon, Glucksmann, trois meetings en juin, mais pourquoi faire ?
00:05Bonjour Françoise de Gois.
00:06Bonjour mon cher Jacques.
00:07Ce matin, vous vous interrogez sur l'utilité de ces trois meetings de la pré-présidentielle.
00:11Oui, alors, être ou ne pas être au meeting, telle est la question.
00:15La grande question qui occupe tous les états-majors, tous les militants.
00:18En l'occurrence, vous le disiez Jacques, celui de Bruno Retailleau, le 20 juin prochain au Parc Floral.
00:24Et le président des Républicains, candidat à la présidentielle, se fait du mouron.
00:28Il a bien raison, car le premier rang risque d'être assez dégarni.
00:32Ah, ah Jacques, le fameux premier rang, celui que vous et moi, nous avons toujours reluqué en tant que journaliste
00:39politique
00:40pour compter ceux qui en sont, ceux qui n'en sont pas, comme on compte les moutons.
00:44Eh bien, Bruno Retailleau, voix rouge, car le patron du groupe LR de l'Assemblée Nationale, Laurent Wauquiez, son grand
00:49ami,
00:49a fait savoir qu'il n'y serait pas. Humiliation 1.
00:52Et c'est même amusé, le même Laurent Wauquiez, hier, à être au meeting d'Edouard Philippe, à Bourg-en
00:57-Bresse,
00:57avec force de sourire, signe de complicité, l'ami de 30 ans, au premier rang.
01:02Et le regard tendu de Wauquiez, on le voit très bien, vers les photographes,
01:05pour être sûr qu'ils immortalisent cette amitié entre eux, double humiliation.
01:10On comprend Bruno Retailleau, et on comprend surtout qu'à ce rythme-là,
01:14l'ancien ministre de l'Intérieur devra certainement se retirer pour une raison simple.
01:19La force va à la force, et les champions des sondages, en l'occurrence, c'est Édouard Philippe.
01:24Donc, tout le monde arrive pour être sur la photo, c'est humain.
01:28Mais que Retailleau se rassure, un autre candidat potentiel se torture en ce moment.
01:32Raphaël Glucksmann, en meeting le 13 juin au DOC.
01:35Remplir la salle, c'est pas forcément un problème.
01:37Mais, mais, mais, là encore, le premier rang.
01:39Qui va être au premier rang ?
01:41Depuis des jours, le député européen fait le siège des socialistes,
01:45pour qu'ils viennent, notamment Olivier Faure.
01:47Et oui, car sans le parti socialiste, sa machine, ses relais politiques et ses finances,
01:52eh bien, Glucksmann ne peut pas grand-chose.
01:54Et si la stratégie du coucou a parfaitement fonctionné pour les européennes,
01:58puisqu'il est devenu la tête de l'ISUPS,
02:00on sent bien cette fois que les socialistes n'ont pas du tout envie
02:02de déléguer la merde des batailles à un candidat
02:05qui ne décolle pas vraiment dans les sondages.
02:08Même s'il parvient à 10% en moyenne,
02:10je rappelle qu'on ne désigne pas en politique celui qui perdra le moins mal.
02:15Alors, là encore, la presse scrutera Jacques qui en est ou qui n'en est pas.
02:20Pourtant, vous nous dites que ces meetings sont utiles ?
02:23Non, il y en a un, surtout, qui n'a pas ce genre d'état.
02:25Mon cher ami, c'est Jean-Luc Mélenchon.
02:27Sans être grand clair, on sait déjà que le meeting de Saint-Denis, le 7 juin,
02:31frappera un grand coup.
02:32On connaît les qualités de tribun, bien sûr, et de discours de Mélenchon.
02:35On connaît l'engouement pour le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko.
02:39Inutile de se torturer sur le premier rang,
02:41puisque Mélenchon s'en moque parfaitement.
02:44Peut-être qu'on aura des surprises.
02:45Vous savez que l'équipe de campagne cherche à faire signer,
02:49à faire apparaître la pépite de la chanson française, Théodora.
02:52Alors, pourtant, précisément, vous nous dites que ces meetings sont utiles ou pas, finalement ?
02:57Alors, écoutez, utiles, oui, ils sont utiles.
02:59Entendons-nous bien, la politique est faite de grands messes.
03:02On se souvient du stade Charletti de Ségolène Royal en 2007.
03:05On a rarement fait une telle performance.
03:07Plusieurs dizaines de milliers de personnes, des artistes.
03:09Mais a-t-elle gagné face à Nicolas Sarkozy ? Non.
03:12Les meetings sont essentiels pour la ferveur des militants
03:15et pour planter son drapeau sur une idée.
03:18François Hollande, en 2012, lance
03:20« Mon adversaire, c'est la finance », un meeting.
03:22Oui, bien sûr, en cela, ils sont essentiels.
03:24Mais c'est moins le cadre, le décorum que le discours.
03:27Et si on devait lire les présidents à l'aune des meetings,
03:29eh bien, voyez-vous, Jean-Pierre Chevènement et Éric Zemmour seraient déjà présidents de la République depuis longtemps.
03:34À l'inverse, je vous le dis, on fait un peu d'histoire et d'archéologie politique,
03:37les slogans les plus célèbres ne sont pas nés forcément dans un meeting.
03:41Comme le fameux « Yes, we can » de Barack Obama, la campagne victorieuse de 2009.
03:48Eh bien non, ce slogan vient d'un simple clip enregistré dans un studio feutré
03:52quand Obama a été candidat pour devenir sénateur de l'Illinois.
03:56Et puis, disons-le tout net, Jacques, je termine.
03:58Ces agitations tous azimus, elles me font sourire, elles me paraissent assez stériles
04:03parce que le temps s'est accéléré, même pour la présidentielle,
04:06et tout va vraiment commencer à se cristalliser à partir de novembre.
04:10La vraie question est donc, être ou ne pas être en situation,
04:14au bon moment et pas dans le bon meeting.
04:16C'est drôle d'époque avec Françoise Degoy,
04:19chronique que vous retrouvez en podcast sur le site sudradio.fr.
04:22Merci Françoise, on vous retrouve dans un instant.
04:25Dans ce studio, Jean-François Aquili.
04:26Bonjour Jean-François.
04:27Bonjour Jacques.
04:27Vous recevez tout à l'heure Michel Barnier à 8h15 précise.
04:32Alors, lui aussi, il est candidat à la présidentielle ou pas ?
04:35Eh oui, il y a deux questions.
04:37Et puis, ira ou ira pas au meeting du Parc Floral ?
04:40Aussi, le premier rang là.
04:41Mais oui, nous poserons ces deux questions-là à Michel Barnier.
04:44Nous évoquerons évidemment la situation à droite à quasiment un an de l'élection présidentielle.
04:49Et puis juste après, à 9h30, vous reviendrez pour nous parler dans la vérité en face
04:54du match des boomers contre l'emploi des jeunes.
04:56Il y en a marre d'accabler les boomers.
04:59Voilà ce que nous dira notre invité Guy Barré.
05:02Face à la problématique de l'emploi des jeunes.
05:04Mais d'abord, on va se détendre un peu avec le maillot réveil.
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