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  • il y a 17 minutes
Alors qu'Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter en 2027, une étude de la Fondation Jean-Jaurès examine la dispersion de son électorat de 2022 et les trajectoires politiques envisagées par ses anciens soutiens.

Retrouvez « L'édito politique de Patrick Cohen » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique

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Transcription
00:00C'est l'édito politique. Bonjour Patrick Cohen. Bonjour Florence.
00:02Question ce matin, qui héritera des électeurs d'Emmanuel Macron en 2027 ?
00:07Magot considérable en 2022, près de 9 800 000 Français, 27,8% des exprimés ont glissé dans l'urne
00:14au premier tour un multin au nom du président sortant.
00:16Des électeurs qui n'étaient pas d'un bloc, qui comme en 2017 n'avaient pas de commun idéologique,
00:22mais qui ont été maintenus unis par la personnalité d'Emmanuel Macron et en 2022 par le refus du RN
00:27et le choc de l'Ukraine.
00:28Quel est l'avenir du macronisme sans Macron ? Que feront sans lui les électeurs de cette coalition de circonstances
00:34?
00:34C'est ce qu'a voulu savoir le chercheur en sciences politiques Antoine Bristiel de la fondation Jean Jaurès,
00:39en mobilisant les données de la vaste enquête électorale Ipsos pour le Cevipof et notamment les probabilités de vote déclaré.
00:45Et donc le macronisme se désagrège ?
00:48En quatre groupes, quatre familles d'attitudes.
00:51Le premier groupe que Bristiel appelle les héritiers rassemble un peu plus d'un tiers des ex-électeurs de Macron.
00:56Ce sont les moins critiques et les plus fidèles, ancrés dans le bloc central.
01:00Ils accordent leur préférence à Édouard Philippe davantage qu'à Gabriel Attal.
01:04Mais cette fidélité n'est pas une adhésion au statu quo.
01:07Près des deux tiers de ces macronistes attendent des réformes profondes.
01:11Ils exigent un projet de renouvellement, pas une gestion de l'héritage.
01:15Deuxième profil, les tentés par la droite.
01:1727% mais pas seulement par la droite classique.
01:20Ces ex-macronistes plus jeunes, plus masculins que les héritiers,
01:23beaucoup plus conservateurs sur les questions identitaires.
01:2670% jugent qu'il y a trop d'immigrés.
01:29Se sont nettement droitisés au point de se laisser séduire par l'extrême droite.
01:33Si Édouard Philippe reste leur première satisfaction en cas de victoire, 54%.
01:37L'ancien Premier ministre est talonné par Jordan Bardella, 49%.
01:40Pour cela, la droite radicale n'est plus une frontière.
01:43Une majorité d'entre eux voudraient même voir reconquête le parti d'Éric Zemmour,
01:47participer à une primaire de la droite et du centre.
01:50Troisième groupe, les tentés par la gauche, 23%.
01:53Leur rupture avec le macronisme est d'ordre économique et environnemental.
01:57Ils glissent vers le PS et Raphaël Glucksmann.
02:00Mais Édouard Philippe suit de près, ce qui veut dire que le maire du Havre
02:03demeure une figure acceptable pour ce segment-là,
02:06qui est aussi celui des quatre le plus attachés à l'idée de compromis.
02:10Dernière famille, celle des désabusés.
02:12Environ 15% de l'électorat Macron 2022.
02:15La moitié d'entre eux est insatisfait du bilan présidentiel.
02:1890% estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas des gens comme eux.
02:23Leur retrait n'est pas idéologique.
02:25C'est une fatigue démocratique préoccupée par les sujets du quotidien.
02:28Pouvoir d'achat, santé, emploi.
02:30Ils ne sont aujourd'hui séduits par personne et tendent vers l'abstention.
02:33Et conclusion, Patrick ?
02:35Emmanuel Macron va laisser en jachère un espace politique en plein chambardement,
02:38avec un bloc central qui a fondu,
02:40qui ne représente plus qu'un tiers de son ancien électorat.
02:43Les candidats néo-macronistes, appelons-les ainsi, Philippe et Attal,
02:47ne peuvent pas gagner sur le seul registre du rejet des extrêmes.
02:50Ils ont tout à inventer.
02:51Merci Patrick Cohen.
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