00:00Bonjour Brigitte. Bonjour Romain. Brigitte Milliau avec nous. Ce week-end, lors du congrès de l'ASCO à Chicago, qui
00:09réunit la cancérologie, a été présentée une étude sur un médicament pour lutter contre le cancer du pancréas.
00:16Et pour commencer, vous faites un rappel sur ce cancer. Qui est terrible. Pardon ? Qui est terrible ce cancer.
00:22Oui, c'est un cancer redouté car redoutable. Pour plusieurs raisons. Et c'est surtout un cancer qui est en
00:28augmentation d'environ 3% chaque année tout de même.
00:31Alors, je vous ai mis là les principaux facteurs de risque. Je dis bien les principaux, car il y en
00:36a sûrement d'autres.
00:37Arrive en priorité le tabac. Le tabac multiplie par 3 le risque de développer un cancer du pancréas.
00:46Le diabète de type 2 multiplie par 2 le risque de développer un cancer du pancréas.
00:52Ensuite, il y a le surpoids, l'obésité, l'alcool. Et quand j'ai mis environnement, c'est-à-dire
00:59qu'en ce moment, il est question beaucoup de pesticides qui pourraient aussi être responsables.
01:05Après, dans les aliments ultra-transformés aussi, on pense qu'il pourrait y avoir des substances qui pourraient favoriser.
01:12Il y a aussi la génétique, que je n'ai pas mise là, mais qui peut compter aussi.
01:15Enfin, voilà. Si je vous ai mis ces facteurs de risque, c'est déjà pour comprendre qu'en ne fumant
01:21pas, en ayant une activité physique, c'est-à-dire sans être sédentaire, etc., une alimentation de qualité,
01:29on pourrait tout de même éviter, limiter sa quantité d'alcool. Déjà, on peut agir sur certains facteurs de risque.
01:35Le problème avec ce cancer, c'est déjà sa position. Je vous ai mis là, on le voit déjà là,
01:42mais il y a une autre image, on va le voir un petit peu mieux.
01:45Il se situe à ce niveau-là, vous voyez, et c'est finalement dans un endroit où il a de
01:50la place.
01:51C'est-à-dire qu'avant de parler, il peut se développer tranquillou, quoi.
01:58Sans causer de douleur.
01:59Voilà, sans avoir de signes. Vous avez une tumeur dans le cerveau, immédiatement, vous pouvez avoir des signes neurologiques.
02:05Vous avez un cancer de la peau, vous pouvez le voir. Vous avez un cancer du sein, vous pouvez le
02:09palper.
02:10Là, il a de la place de se développer, hop, sans faire parler de lui au début.
02:15Donc, bien souvent, quand on va le diagnostiquer, il est déjà un peu tard.
02:20Autre caractéristique qui fait aussi, qui participe aussi à sa gravité, c'est qu'il est situé près de gros
02:25vaisseaux.
02:26Donc, il va pouvoir métastaser, c'est-à-dire envoyer des petites cellules cancéreuses un petit peu partout.
02:32Donc, voilà ce qui fait aussi sa gravité, vous comprenez ?
02:35Donc là, à Lascaux, le grand congrès américain où il y a toute la cancérologie, ont été présentées plusieurs choses
02:42formidables.
02:43Et notamment, un médicament qui permettrait d'agir sur quelques formes.
02:50Vous savez qu'il y a des mutations, et il y a notamment des mutations qu'on appelle CRAS, K
02:55-R-A-S, avec une autre mutation RAS, peu importe le nom.
03:02En fait, pour vous donner une image, dans ce cancer, si vous voulez, normalement, si on compare CRAS à un
03:10interrupteur,
03:12c'est comme un interrupteur pour allumer la lumière, qui, quand il est allumé, donne l'ordre aux cellules de
03:17se multiplier,
03:18et quand il est éteint, les cellules arrêtent de se multiplier.
03:21Sauf que là, dans ce cancer, l'interrupteur, il est bloqué, et il marche tout le temps.
03:26Donc les cellules, elles se multiplient, elles se multiplient, elles se multiplient, et c'est ce qui fait que les
03:31tumeurs grossissent, grossissent, grossissent.
03:33Donc c'est cet interrupteur, si vous voulez, qui est bloqué sur ON.
03:37Jusqu'à présent, les traitements, ils existent et ils sont encore utilisés et valables.
03:44En fait, comme on n'arrivait pas à agir sur l'interrupteur, on coupe, pour revenir toujours à l'image
03:50de l'électricité,
03:50on coupait l'électricité de toute la maison.
03:53Alors que là, avec ce médicament, on va agir au niveau de l'interrupteur.
03:58C'est-à-dire qu'on n'est plus obligé de couper l'électricité de toute la maison,
04:01on va agir au niveau de l'interrupteur, et donc on va empêcher l'ordre qui était donné aux cellules
04:05de continuer à se multiplier.
04:06Alors, attention, ça ne va pas réparer le gène qui est muté, ça ne va pas détruire les cellules cancéreuses,
04:14mais ça va empêcher la progression, et donc les études qui ont été faites jusqu'à maintenant
04:20ont montré quand même qu'on arrivait à doubler la survie de ces patients par rapport aux autres.
04:28Alors, on va se calmer, ce sont des études, c'est vrai que quelques mois, ça ne pourrait paraître rien
04:35du tout.
04:35Quand vous êtes malade, quelques mois, c'est très important.
04:38Il faut penser à tous ces patients qui sont en train de vivre,
04:41ou les proches des patients qui sont en train de vivre un cancer du pancréas.
04:45Donc, c'est un réel progrès, une réelle avancée.
04:49Déjà, on agit à un autre niveau, on comprend mieux le mécanisme, avec des effets secondaires.
04:55En plus, ce traitement se prend par voie orale, on n'est pas obligé de vous faire des injections ou
05:00des perfusions,
05:00vous n'êtes pas obligé d'aller à l'hôpital, vous êtes chez vous, vous pouvez...
05:03Voilà, ça se prend par voie orale, ça a des effets secondaires, attention, mais ça n'en a pas énormément.
05:11Donc, voilà une des avancées.
05:13Et d'ailleurs, il y a d'autres traitements aussi, on reparlera de toutes les avancées en cancérologie,
05:20mais on le voit de nouvelles manières d'appréhender les traitements en cancérologie.
05:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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