00:01RTL Matin
00:02Pratiquement 7h38, langue éco, François Langlais.
00:05Plus 4 milliards de déficit pour la Sécu, en plus de ce qui avait déjà été annoncé au moment du
00:10vote du budget.
00:10La Cour des Comptes ne sait plus sur quel ton crier pour nous faire réagir.
00:14Et vous François, vous n'êtes pas loin de penser que ce trou de la Sécu va peser au moins
00:18autant que le sujet des retraites sur le débat présidentiel.
00:21Ah écoutez Thomas, cette affaire, c'est un drame silencieux, il n'y a pas d'autre mot.
00:25Un drame ? Vous allez un peu fort quand même là ce matin, non ?
00:28Vous savez, c'est une commission parlementaire qui le dit.
00:31Dans un rapport dont le contenu a été révélé hier par l'AFP, le déficit de la Sécu, qui était
00:37prévu à un peu moins de 20 milliards pour cette année,
00:40déjà un montant considérable, devrait s'alourdir de 4 milliards à cause du ralentissement économique actuel.
00:46Pourquoi ? Moins de recettes avec un emploi qui ne progresse plus, et puis plus de dépenses avec la montée
00:52de l'inflation,
00:52qui entraîne dans son sillage tout ce qui est indexé sur la hausse des prix, les retraites notamment.
00:56Et encore, il faut avoir présent à l'esprit que cette prévision, elle est construite sur des hypothèses de croissance
01:02et d'inflation déjà dépassées,
01:04parce que la situation s'est dégradée depuis.
01:06Et puis, il ne faut pas oublier non plus que le chiffre de départ était lui-même minoré par un
01:12transfert considérable de la part de l'État de plusieurs milliards.
01:15Au total, le déficit réel de la Sécu pour cette année, il va être de l'ordre de 25 milliards.
01:21Pardon François, mais on ne sait plus très bien avec tous ces déficits.
01:25Ça fait beaucoup 25 milliards ? Aidez-nous à mettre ça en perspective.
01:28Écoutez, ça fait 68 millions d'euros par jour.
01:32Ça veut dire, tous les jours, l'équivalent du budget annuel de fonctionnement d'une ville comme Quimper, dans le
01:39Finistère,
01:40où vivent plus de 60 000 habitants, ça fait pas loin d'un point de PIB.
01:44La présidence Macron finissante va donc laisser, pour son dernier exercice complet,
01:49l'un des chiffres les plus catastrophiques de l'histoire de la Sécu,
01:53alors que, pardon, mais il n'y a aucun événement exceptionnel qui puisse justifier ça.
01:57Toutes les branches sont en déficit, assurance maladie, c'est le gros morceau,
02:02retraite, morceau de taille respectable, famille et même les accidents du travail.
02:06Et tous ces déficits qui s'accumulent chaque année font grimper la dette sociale française,
02:11dont on a même abandonné le remboursement, faute de ressources.
02:14Un jour ou l'autre, il va falloir un nouvel impôt du type de la CRDS,
02:18vous savez, qui est prélevé sur nos salaires avec la CSG,
02:21en plus des mesures pour redresser la situation.
02:23Et on rappelle, François, que la CSG, à l'origine, a été censée être provisoire.
02:27Ça ne devait pas durer.
02:27La CRDS, oui, oui, tout à fait.
02:29Oui, la CRDS, pardon.
02:30Elle est prolongée sans arrêt, et aujourd'hui, on en est à 2100, et ça ne suffira pas, quoi.
02:34Bon, on vous dit qu'il va falloir prendre des mesures pour redresser la situation.
02:38Ça peut être quoi, ces mesures ?
02:39Moins bien rembourser certains soins, contrôler davantage les arrêts maladie, quand même,
02:44limiter les transports sanitaires qui sont pris en charge,
02:47mettre en place une franchise plus importante.
02:50C'est toujours les mêmes techniques.
02:51Vous savez, lutter contre le déficit, c'est soit limiter les dépenses,
02:55soit augmenter les recettes, c'est-à-dire les impôts.
02:57Et il faudra que les candidats à l'élection présidentielle prennent position,
03:01qu'ils nous livrent leurs solutions, et qu'ils nous expliquent que nous, Français,
03:06il faut bien qu'on comprenne qu'on ne peut pas étendre sans cesse les protections
03:09sans disposer de ressources supplémentaires.
03:12Hier, la ministre de la Santé annonçait encore la nouvelle prise en charge.
03:16Une nouvelle prise en charge, c'est celle des médicaments anti-obésité.
03:20Pourquoi pas ?
03:21Ce sont des médicaments très utiles pour lutter contre les pathologies associées au surpoids.
03:26Mais comment financer ça ?
03:27En fait, c'est au déficit qu'il faudrait donner le médicament anti-obésité.
03:32Oui, évidemment.
03:33Merci.
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