- il y a 4 heures
Alan Stivell, musicien, auteur, compositeur, pour ses 60 ans de carrière, en tournée avec son concert “Liberté”. L'harpiste breton de 82 ans, revient sur un parcours hors du commun : celui d'un enfant de la diaspora bretonne qui a fait résonner la harpe celtique sur les cinq continents. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mercredi-20-mai-2026-9275844
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00:00France Inter
00:03La Grande Matinale
00:07Sonia de Villers
00:08Alan Stivel est né dans la France occupée.
00:11Tout petit, il s'est pris de passion pour une culture venue de terres éloignées.
00:16Et il a joué d'un instrument oublié.
00:18Ainsi, les vents lui étaient contraires.
00:21Il les a pourtant bravés.
00:23Alan Stivel a vendu des disques par dizaines de millions.
00:26Sa harpe celtique a résonné sur les cinq continents.
00:30Il a fait se rencontrer le folklore gaélique, le classique, le rock'n'roll,
00:34les musiciens africains et la pop.
00:36Sa Bretagne est devenue le centre du monde.
00:39Est-ce qu'Alan Stivel croit aux fées ?
00:41Elles sont si nombreuses dans sa contrée.
00:44Moi, je voudrais savoir comment tout ça a commencé.
00:47Portrait numéro 144.
01:20Bonjour Alan Stivel.
01:22Bonjour.
01:23Vous êtes venu à France Inter avec une valise.
01:25Vous serez ce soir à Nantes, en concert, à la Cité des Congrès.
01:30Et puis, dès le lendemain, vous repartez en Irlande.
01:33Oui.
01:33Vous avez tant vécu et tant joué.
01:35Là, c'est les suites irlandaises qu'on entend.
01:37Oui, c'est ça.
01:38Vous allez jouer à Dublin lundi, à Galway, le lendemain à Cork.
01:42Et puis ensuite, vous reviendrez à Paris.
01:44Et ce sera l'Olympia, le 31.
01:47L'Olympia où vous avez connu des moments absolument cultes.
01:51On va en reparler.
01:52Ce qui m'intéresse, moi, c'est qu'en fait, lorsque vous êtes né en 1944,
01:58vous ne portez pas le nom de Stivel.
02:00Oui.
02:01Et surtout, vous n'êtes pas né en Bretagne.
02:04Oui.
02:04Pourquoi l'Auvergne ?
02:05Je fais partie de tous les Bretons qui ne sont pas nés en Bretagne.
02:08Il y en a beaucoup.
02:10Et du coup, il y a bien sûr les hasards qui font que, particulièrement dans cette période,
02:17il pouvait y avoir des déplacements de population.
02:21Et du coup, mes parents, mon père, qui était breton, s'est retrouvé dans le sud de la France,
02:30s'est retrouvé par là, un frère aîné en Lorraine, un autre à Paris.
02:35Et voilà, donc, ce sont les ailleurs.
02:37Il y a toute une partie des gens qui ne comprennent pas forcément qu'on peut être breton, s'est
02:42né en Bretagne.
02:43Puis, il y en a toute une partie qui comprennent.
02:45Voilà, donc, ça demande à expliquer, peut-être.
02:48C'est la grande histoire de la diaspora.
02:50Votre père, Georges Cochevelou, c'est comme ça qu'on prononce.
02:55A été mobilisé, il a fait la première guerre mondiale, il a été mobilisé au début de la seconde guerre
03:02mondiale.
03:02Lui, il avait grandi dans le Morbihan.
03:04Oui.
03:05Dans le Morbihan, dans la Bretagne de la mer ou dans la Bretagne des terres ?
03:09Dans la Bretagne des terres, justement, qui est beaucoup moins connue par beaucoup de gens,
03:14on ignore qu'un certain nombre de Bretons ne connaissaient pas la mer, n'avaient jamais vu la mer.
03:21Et voilà, donc, il y a vraiment une culture, en fait, de la Bretagne, du craze-braze, du centre-Bretagne,
03:27qui est vraiment particulière.
03:29On en reparlera peut-être.
03:30Et lui, je me demandais, il a été élevé dans la plus pure tradition catholique.
03:34Oui.
03:35Il a même fait le petit séminaire, votre père.
03:38Et comment cohabite en Bretagne cette chrétienté qui est très forte ?
03:43Et puis, comment dire, ses contes, ses légendes, ses elfes, ses fées, toute cette mythologie bretonne qui est complètement païenne
03:52?
03:53Oui, parce qu'effectivement, le peuple breton a gardé des strates culturelles, il y a une forme d'atavisme qui
04:03remonte à très très loin.
04:05Et moi, je dirais même que ça remonte bien presque avant le néolithique.
04:08Et je le prouve même parfois, même musicalement.
04:14Et donc, il y a comme une sorte de, en Bretagne, il y aurait cette forme de, je ne vais
04:19pas employer le mot conservatisme,
04:21parce que du coup, ça aurait un autre sens.
04:23Mais il y a l'envie de garder et d'accumuler, d'enrichir, en fait.
04:29D'enrichir, mais ne pas annuler ce qu'il y a à avoir.
04:31C'est ça, donc c'est une forme de syncrétisme.
04:33Il y a un syncrétisme.
04:33Où en fait, l'Église a intégré des figures païennes.
04:37Il y a un syncrétisme qui a été volontaire, y compris par l'Église, qui a voulu, un peu comme
04:44en Afrique, en fait, tout à fait.
04:46Il y a des parallèles tout à fait parlants.
04:49Et donc, on a gardé jusqu'à récemment encore ce lien avec ce monde même mégalithique.
05:26Qu'est-ce que vous chantez, là, Alan Stevenson ?
05:29En Allard, ça fait partie d'un recueil qui avait été concocté par la Ville Marquée,
05:37Air Sard de la Ville Marquée, au XIXe siècle,
05:40et qui a eu une importance énorme dans le réveil de la culture bretonne,
05:44et puis qui avait été salué par Georges Sand,
05:47comme vraiment le trésor du génie humain des passants, l'Iliade et l'Odyssée, etc.
05:54Donc, il y avait un enthousiasme incroyable au moment du romantisme.
05:57Et du coup, on n'aura pas beaucoup le temps de développer ça, j'imagine.
06:01Mais ce romantisme, en fait, n'a pas eu que des torts,
06:04parce qu'il a servi que la Bretagne existe aujourd'hui.
06:08On va le voir.
06:09Mais moi, j'aimerais bien que...
06:10Comment vous l'avez appris ?
06:12Comment vous l'avez appris, cette langue bretonne ?
06:14Le breton ?
06:14Oui, donc, quand j'avais cinq ans, je découvre physiquement la Bretagne,
06:18et ça devient un amour physique.
06:21Et puis, puisque j'étais breton de la diaspora, j'habitais Paris.
06:26Mais donc, on est en 1949.
06:28Elle est, on ne peut pas dire arriérée, mais elle est très loin, cette Bretagne.
06:33Elle est très loin, elle est très paysanne.
06:35Vous avez connu les femmes en coiffe ?
06:37Oui, largement.
06:38Et j'ai connu même des vieux bretons qui portaient encore les cheveux longs,
06:44mais les cheveux longs d'autrefois.
06:45Les cheveux longs avec le chapeau.
06:48Et du coup, effectivement, c'est assez hallucinant,
06:52peut-être avec l'âge que j'ai, ça s'explique,
06:54mais d'avoir connu cette Bretagne-là, qui était en train de disparaître,
06:58mais qui était une Bretagne qui nous rappelait quand même aussi des aspects du Moyen-Âge,
07:02remontant au Moyen-Âge, au moins au Moyen-Âge.
07:04Et la langue, alors ?
07:05Et la langue, effectivement, moi, habitant Paris,
07:08du coup, c'est à partir du moment où mon papa a construit cette arbre celtique,
07:14cette première arbre celtique des temps modernes,
07:17qu'il y a eu une sorte de révolution dans la famille.
07:19Et moi-même, j'ai eu un enthousiasme absolument délirant,
07:23presque maladif, presque pathologique,
07:26pour tout ce qui était autour de la culture bretonne.
07:28Donc, il fallait absolument que j'apprenne le breton.
07:30J'ai connu d'abord les premiers mots, en fait, par quelques mots dits par mon père,
07:35mais pas plus que ça.
07:36Et puis aussi par des titres, de titres de morceaux bretons,
07:42puisque je jouais en parallèle des morceaux bretons,
07:45mais aussi irlandais, gallois, écossais.
07:47Donc, j'ai vécu dans cette chose complètement improbable,
07:51dans cette conjugaison des musiques celtiques.
07:55Mais le breton était donc déjà présent,
07:57puis il y a eu cette envie complètement viscérale de parler breton.
08:03Pour moi, il y avait un manque qui était complètement, qui était une souffrance.
08:06On va écouter la voix de votre père.
08:08Vous l'avez dit, votre père, Georges Cochevelou,
08:11votre père a construit de ses mains une harpe celtique,
08:14un instrument qui avait disparu.
08:17J'ai pensé presque tout le temps, les poètes en parlaient.
08:19Oui, mais alors, qu'est-ce que c'est exactement que la harpe celtique ?
08:22La harpe celtique, c'est une harpe qui était la même que celle qui existait en Irlande.
08:27Au début, vous savez, la harpe est née très probablement en Irlande.
08:31Il y a eu beaucoup de légendes là-dessus.
08:34On ne sait pas qui l'a construite.
08:36Si c'est, comme disait Thomas More, par exemple,
08:38une sirène qui était abandonnée sur la mer,
08:41qui s'est durcie, ses cheveux étendus.
08:46On a fait des corbes, puis on l'a monté.
08:48C'est tout.
08:48On parle de la harpe et on parle des sirènes ?
08:51Oui, parce que, alors c'est vrai qu'en Bretagne,
08:54des fois, pour des cartésiens,
08:56ce n'est pas toujours très facile à attraper,
08:58ce mouvement, certains diraient, entre le cerveau gauche et droit.
09:04Et il y a donc tout ce...
09:05Entre l'histoire et la mythologie.
09:06Et on parlait les deux ensemble.
09:08Entre les prêtres et les druides.
09:09Oui.
09:09Et du coup, c'est très difficile, parfois,
09:13à percevoir pour certains ou certaines,
09:15parce que, justement, il y a aussi,
09:19il y a un côté pied sur terre,
09:21il y a aussi un côté rationnel qui est là,
09:23il y a aussi des analyses.
09:24Par exemple, pour moi,
09:25je vis en permanence dans cette espèce de rêve,
09:30un rêve qui me remonte à la mythologie gaélique et tout ça,
09:34quelque chose de tellement fantastique,
09:35plus fantastique pour moi que toutes les autres mythologies.
09:38Il n'y a pas de chauvinisme, alors absolument pas.
09:41Et puis, en même temps,
09:44donc cet aspect que certains vont dire mythique, presque,
09:47des origines de l'art celtique,
09:49dire, mais voilà, mais qu'est-ce qu'il y a de très concret ?
09:52Alors, moi, j'ai fait toute cette analyse pendant des décennies.
09:55Alors, moi, je voudrais que vous me racontiez les mains de votre père.
09:58Est-ce que vous vous souvenez des mains de votre père ?
10:00Parce que vous étiez dans son atelier.
10:02Il a fabriqué une guitare pour l'un de vos frères.
10:05Il a fabriqué un violon de ses mains pour l'autre de vos frères.
10:10Il a fabriqué cette harpe quand vous aviez cinq ans.
10:13Cet instrument disparu qu'il a entièrement reconstitué.
10:16Vous vous souvenez de ces mains sur le bois, sur l'établi ?
10:21Je vois que ces mains, c'était l'amour, l'amour pour la chose, la belle chose.
10:28Il y avait cet aspect création.
10:30Et il y a aussi cette espèce d'aller dans deux directions totalement différentes
10:35et faire les choses en même temps.
10:37Il y a ce en même temps de faire rejaillir, ressusciter un instrument lointain du passé.
10:44et être quand même dans la création.
10:46Il y a les deux à la fois.
10:48La création, c'est notamment l'utilisation de la corde nylon
10:52qui va permettre la popularisation de l'instrument pour le prix.
10:57Là, je m'écarte un petit peu.
11:00Il est totalement fascinant, cet instrument.
11:02C'est vrai qu'il fallait que ce soit le chef-d'oeuvre.
11:05Et c'était le chef-d'oeuvre de sa vie.
11:07Et c'est ça qui a justement commencé par me séduire.
11:11Parce que c'était invincible, en fait.
11:14Cet instrument, cette beauté de son et d'aspect
11:17était quelque chose qui a séduit tout le monde.
11:20Très rapidement, toute la Bretagne était séduite.
11:22Dans les années 50, ça y est, c'était réinstallé.
11:25C'était l'utopique réalisé.
11:27Et c'était vous.
11:28Et c'était mon papa, c'était notre binôme.
11:30Oui, c'était votre binôme.
11:31Vous avez cette hargne, en fait, m'enfant,
11:34de vouloir communiquer cette passion.
11:37Mais vous vous trouvez...
11:38Enfin, vous vous produisez pour la première fois en public.
11:40Vous avez 9 ans.
11:41Vous êtes ce qu'on appelle un enfant prodige, Alan Stivel.
11:44Vous vous produisez en public pour la première fois.
11:45Vous avez 9 ans.
11:46Vous faites votre première télé.
11:47Vous avez 12 ans.
11:48Vous vous faites votre première Olympia.
11:50Vous avez retrouvé l'Olympia à la fin du mois.
11:52Vous avez 82 ans.
11:54A l'époque, vous aviez 13 ans.
11:56Oui, parce que j'étais en première partie de l'Inorno
11:58pour un musicorama.
11:59Oui.
12:01Et oui, parce que du coup,
12:03je me suis retrouvé invité à l'époque
12:06par Europe 1 Musicorama
12:08pour ce musicorama.
12:11Et j'ai été aussi à l'UNESCO.
12:14J'ai joué à la cathédrale de Vannes.
12:16Il s'agissait de porter le bâton de pèlerin
12:20et porter une sorte de bonne parole.
12:22C'est ça.
12:23La harpe et le triskel.
12:24La harpe et le triskel.
12:53Ça danse en régie, de l'autre côté de la vitre.
12:56Je vois les techniciens qui dansent.
12:57Vous, vous avez appris comment à danser à l'Anstival ?
13:00Parce que cette musique, elle se chante et elle se danse.
13:02Elle se vit, elle est extrêmement physique.
13:04Le parcours reste particulier, puisque j'adhère au Scouts Breton de Paris,
13:09qui faisait partie des Scouts de France.
13:11Et donc là, on apprenait d'ailleurs aussi, initiation au Breton également,
13:17mais aussi au Danse Bretonne, à la Bombarde, au Bignou Brasse, au Cornemuse,
13:24et donc au Danse effectivement.
13:27Je me suis fait un cursus parallèle à l'école publique,
13:32qui a été un cursus assez large, y compris la danse.
13:37Là, ce qu'on vient d'entendre, c'est un extrait de cet album de 1971,
13:41Renaissance de la harpe celtique, qui sera donc un phénomène mondial.
13:45Ça a été un choc.
13:46Il faut quand même rappeler qu'aux Etats-Unis, il y a des dizaines de millions d'Américains
13:50qui ont des origines irlandaises, qui entendent ça,
13:52et ça réveille en eux l'appel des origines.
13:56Alors, il y a les deux, parce qu'il y a du coup, effectivement,
14:00ça va faire vibrer la corde des gens qui ont cette origine,
14:04mais en fait, en réalité, on se rend bien compte que ça fait vibrer le monde entier.
14:09Oui, c'est ça.
14:09C'est comme si le monde entier avait l'impression d'avoir un cousinage.
14:13C'est ça qui est assez fantastique.
14:15Quand on est au Maroc ou quand on est au Tibet ou ailleurs,
14:18les gens, c'est presque, j'exagère pour le Tibet,
14:20mais c'est presque « bonjour cousin ».
14:23Oui.
14:24Bonjour cousin.
14:27Pourquoi vous avez changé de nom ?
14:28Puisque vous devez tout à votre père,
14:31et puisque vous avez été un binôme absolument extraordinaire.
14:33On est en radio, ce nom aurait été un peu compliqué à prononcer,
14:37en fait, un peu long, un peu lourd,
14:39et simplement, je dis toujours que je suis parti d'une des étymologies de mon nom de famille,
14:45et puis voilà, je suis parti sur Stivel, qui veut dire « source ».
14:48Alors, c'est pour ça que je le rappelle,
14:50parce que je ne veux pas passer complètement immodeste,
14:53parce qu'on dit « la source »,
14:54mais voilà, c'est ça, c'est le sens de Stivel.
14:59La source.
15:20De quelle Bretagne vient Trimartelot ?
15:23Alors là, c'est la Bretagne, c'est l'armor, en arvore,
15:27la Bretagne de la côte, bien sûr.
15:30Alors, c'est le pays bigoudin,
15:32mais en fait, c'est une chanson, comme beaucoup de chansons traditionnelles,
15:35elles ne sont pas forcément liées à un lieu particulier,
15:38elles ont voyagé,
15:39elles ont même voyagé d'une bouche à l'autre,
15:41elles se sont déformées,
15:42mais donc, essentiellement,
15:45cette Bretagne de la côte,
15:47qui a suscité un enthousiasme assez improbable.
15:50Délirant, absolument délirant,
15:52parce que ça aussi, c'est un tube planétaire.
15:56À partir du moment où vous avez décidé
15:57d'électrifier la musique bretonne,
16:00l'année dernière était sorti au cinéma
16:04un très joli film sur la jeunesse de Bob Dylan,
16:06et c'était le moment où Bob Dylan décide
16:09de rompre avec la tradition folk
16:11et de brancher une guitare électrique sur scène,
16:14et ça horrifie totalement les tenants de la tradition.
16:19Est-ce que vous, ça a été la même chose ?
16:20Alors, on fait le parallèle, évidemment,
16:23et le parallèle n'est pas tout à fait bon,
16:26parce qu'en fin de compte,
16:26nos histoires sont différentes.
16:28Il y a des parallèles encore,
16:30simplement, quand le premier revival bretonne,
16:34de la culture bretonne, du traditionnel, etc.,
16:36c'était après les années 50,
16:40et début des années 60,
16:41et donc cette renaissance de l'art celtique
16:44fait partie de ce premier réveil
16:46autour du Bagad,
16:48de la Cornemuse écossaise, tout ça.
16:50Et en fait,
16:53pardon, je suis en train de me perdre
16:55dans mes méandres et mes entrelats celtiques.
16:59Mais on les aime énormément,
17:00vos entrelats celtiques.
17:03Où j'en étais ?
17:05Vous avez branché à une enceinte,
17:08vous avez osé brancher l'art celtique
17:10et il y a l'électricité.
17:11Mais alors par contre,
17:12on ne sait pas forcément
17:12que quand la guitare électrique est arrivée,
17:15moi j'ai environ 14 ans,
17:18et je suis jaloux des guitaristes,
17:20et je commence à dessiner des harpes électriques.
17:23Et qu'est-ce que je veux faire à l'époque ?
17:25Je voudrais qu'il existe une musique moderne bretonne,
17:29dès le départ,
17:30puisque j'étais passionné de science-fiction
17:32depuis longtemps,
17:33donc pour moi c'était faire aller le présent,
17:35voire le futur,
17:36avec la culture bretonne,
17:37la culture celtique.
17:38Donc c'était déjà au départ,
17:40ce n'est pas comme si en cours de route,
17:41je me disais tiens,
17:43je vais finir par brancher,
17:44je vais me brancher.
17:45Non, c'était dès le départ.
17:47Dès la première,
17:48quand j'ai commencé à chanter,
17:49donc il y a 60 ans, en 66,
17:51qu'est-ce que je fais ?
17:52Je mets des micro-contacts,
17:54comme on mettait sur les guitares,
17:55pour devenir des guitares électro-acoustiques,
17:57je mets des pédales.
17:5760 ans de carrière !
17:59Et donc,
18:00il y a très peu de personnes
18:02qui finalement m'ont attaqué pour ça.
18:05C'est la fin de cette interview,
18:06Alan Stievel,
18:07moi je passerai bien la journée entière avec vous,
18:09mais il faut que vous repartiez à Nantes,
18:10parce que ce soir,
18:11vous êtes donc à la Cité des Congrès,
18:13là on va écouter Kate Butch,
18:14Kate Butch vous avez chanté,
18:16tous les deux,
18:16on va écouter,
18:16c'est la fin de cette interview,
18:17merci Alan Stievel.
18:18Merci,
18:19je te regarde.
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