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  • 18 hours ago
Découvrez comment l'Inde se lance dans des projets fascinants de modification climatique pour influencer les précipitations et gérer les conditions extrêmes. Cette vidéo explore le processus d'ensemencement des nuages, la technologie utilisée, ainsi que les États indiens qui ont expérimenté la pluie artificielle avec des avions et des produits comme l'iodure d'argent. Nous plongeons dans la science pour savoir si l'humanité peut vraiment influencer le climat ou simplement apporter des ajustements à la nature. Ne manquez pas les discussions sur les risques et les préoccupations environnementales entourant ces initiatives audacieuses ! 🌧️✨

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Transcript
00:00Saviez-vous que l'Inde construit une méga structure visible depuis l'espace ?
00:04Elle est en cours dans l'Indra Pradesh, une région peuplée de 50 millions d'habitants
00:09et confrontée à certains des climats les plus extrêmes de la planète.
00:13Quand il pleut ici, les précipitations sont si abondantes qu'elles provoquent de gigantesques inondations.
00:19Lorsqu'il fait sec, le sol fertile se transforme en désert.
00:23Cette construction ambitieuse vise à résoudre définitivement ce problème.
00:27Cependant, si ce projet à plusieurs milliards de dollars venait à échouer,
00:32les conséquences pourraient être catastrophiques.
00:34Voyons pourquoi.
00:35Le second plus long fleuve de l'Inde est le Godavari.
00:38Pendant la mousson, il se comporte comme une puissante et incontrôlable lance à incendie.
00:43Il ne s'agit pas d'une simple pluie passagère.
00:46De juin à septembre, le ciel se déverse sans répit.
00:49Le niveau de l'eau monte et le fleuve se métamorphose,
00:52passant d'un cours paisible à une force déchaînée
00:55qui peut engloutir des villages entiers en quelques jours.
00:59Et ce n'est pas tout.
01:00Une énorme quantité de cette eau douce est complètement perdue.
01:04Elle s'écoule à toute vitesse au-delà des villages
01:06pour terminer directement dans le golfe du Bengale.
01:09Une fois mêlée à l'océan salé,
01:11elle devient impropre à la consommation ou à l'agriculture.
01:15Chaque année, des milliards de litres d'eau précieuses disparaissent ainsi.
01:20À quelques centaines de kilomètres de là se trouve le bassin du fleuve Krishna.
01:25Où la situation est inverse.
01:27Les agriculteurs y contemplent un sol craquelé
01:30et implorent une pluie qui ne vient jamais.
01:32Le Krishna ne bénéficie pas d'un apport suffisant de la mousson
01:36et la majeure partie de son eau est déjà consommée
01:38avant même d'atteindre cette région.
01:40À son arrivée, il ressemble davantage à un ruisseau épuisé
01:43qu'à un fleuve majestueux.
01:45C'est pourquoi les pouvoirs publics se sont penchés sur la carte
01:48et ont conçu une solution.
01:49Transférer l'excès du fleuve en cru vers le fleuve desséché.
01:53Cela nous conduit au projet Polavaram.
01:56Les ingénieurs y construisent une structure qui dépasse le simple mur.
01:59C'est une véritable machine.
02:01Elle est conçue pour relier ces deux immenses cours d'eau,
02:04comme si l'on acheminait un tuyau colossal du côté saturé vers celui presque à sec.
02:09Le projet combine un vaste barrage en terre et en roche,
02:13une centrale hydroélectrique et un réseau de canaux.
02:15La partie la plus impressionnante de cette installation reste le déversoir.
02:20Ce complexe gigantesque de béton, de canaux et de structures de soutien
02:23ressemble moins à un barrage qu'à une forteresse pour Titan.
02:27C'est une immense soupape de sécurité pour la planète.
02:30S'étendant sur près de 1600 mètres,
02:33plus large que 10 terrains de football alignés
02:35et s'élevant de plusieurs dizaines de mètres au-dessus du lit du fleuve,
02:40il est doté de dizaines de portes en acier massive,
02:42chacune pesant des centaines de tonnes,
02:45conçue pour retenir des murs d'eau jusqu'à ce que le système décide de les relâcher.
02:49Son débit est impressionnant,
02:51soit près de 142.600 mètres cubes par seconde,
02:55rivalisant avec le déversoir du barrage des Trois Gorges en Chine,
02:59l'un des ouvrages de régulation des eaux les plus puissants au monde.
03:02Les ingénieurs l'ont conçu pour résister à ce qu'ils nomment une crue millénaire.
03:07Non, il ne s'agit pas de marquer l'année 3026 dans votre calendrier.
03:12Cela signifie seulement qu'une crue de cette ampleur
03:14présente environ 0,1% de probabilité de frapper la vallée chaque année.
03:19Pourquoi ces experts se focalisent-ils tant sur ces statistiques de sécurité ?
03:23Parce que le site ne tolère aucune erreur.
03:26Le delta de la Godavari en aval abrite des millions d'habitants.
03:29Si le projet échouait,
03:31que le barrage cède ou que les portes se bloquent durant une tempête,
03:34il ne s'agirait pas d'une simple fuite.
03:36Un tsunami artificiel se produirait.
03:39L'eau censée protéger la région la raillerait tout simplement de la carte.
03:44Le rythme de construction du projet Polavaram reflète parfaitement son échelle démesurée.
03:49En 2019, les ouvriers de ce site ont établi un record du monde
03:53en coulant 32 000 m3 de béton en seulement 24 heures.
03:57Si l'on remplissait des malaxeurs standards avec tout ce béton,
04:01il faudrait 4000 camions.
04:03Aligné par choc contre par choc,
04:05il formerait un embouteillage de 35 km.
04:09Et malgré cela, le chantier n'est pas terminé.
04:11Il est si vaste qu'il commence à altérer son environnement.
04:15Il ne se contente pas de retenir ou de détourner l'eau.
04:18Il pourrait influencer l'air lui-même.
04:21Une fois le barrage achevé,
04:22il retiendra un réservoir si vaste qu'il fonctionnera comme une mer intérieure.
04:27Exposé au soleil indien,
04:28un phénomène inévitable se produira.
04:30L'eau s'élèvera et, jour après jour,
04:34la surface se transformera en une gigantesque machine à vapeur
04:37envoyant l'humidité vers le ciel.
04:39Les scientifiques parlent de microclimat,
04:42mais l'on pourrait également qualifier cela
04:44de contrôle climatique accidentel.
04:46La création d'un tel plan d'eau
04:48modifie l'humidité et la température locale,
04:52équivalent à l'installation d'un immense humidificateur
04:55dans une région auparavant sèche.
04:57C'est ce qui inquiète les experts.
04:59Risquent-ils de provoquer, malgré eux,
05:02un nouveau problème climatique,
05:04en tentant d'en résoudre un autre ?
05:06Une fois qu'un fleuve est barré
05:07et qu'un lac de cette taille est créé,
05:10la chaleur et l'humidité de l'air environnant sont perturbés.
05:13Le système censé réguler l'eau au sol
05:16finit par influencer le temps lui-même.
05:18Vient ensuite la question du transfert de l'eau.
05:21Imaginez cet état comme deux réservoirs gigantesques.
05:24L'un déborde et menace d'exploser.
05:27L'autre est totalement à sec.
05:29Les ingénieurs cherchent à les relier par une canalisation massive
05:33afin d'équilibrer les niveaux avant qu'un désastre ne survienne.
05:37Pour y parvenir, ils creusent la terre et façonnent deux canaux monumentaux,
05:43chacun s'étendant sur plus de 160 kilomètres.
05:46Il ne s'agit pas de simples fossés,
05:48mais de rivières artificielles,
05:50conçues pour ignorer le relief naturel
05:53et obéir aux désirs précis des ingénieurs.
05:55En 2020, des inondations provoquées par la mousson
05:58ont frappé le chantier en pleine construction.
06:00L'eau a franchi les barrières temporaires
06:02et endommagé des travaux cruciaux de contrôle des fuites.
06:05L'équipe a dû s'arrêter, évaluer les dégâts
06:08et réparer les sections touchées.
06:10Mais les risques ne se limitent pas au béton fissuré.
06:12Le véritable coût de ce projet est humain.
06:15Pour ériger cette cité de l'eau,
06:17il faut déplacer de véritables villes habitées.
06:20Lorsque le réservoir sera rempli,
06:22près de 650 kilomètres carrés seront submergés.
06:25Une telle masse d'eau ne laisse aucune place à quiconque.
06:29Près de 200 000 personnes devront être relogées,
06:32tandis que d'anciennes forêts,
06:33des terres tribales et des villages présents
06:36depuis des générations disparaîtront sous la surface.
06:38Tel est le prix de cette entreprise.
06:40Alors, avec tout ce béton et ce chaos,
06:43quand pourra-t-on couper le ruban ?
06:45Eh bien, ce n'est pas si simple.
06:47Débutée dans les années 1940 sous domination britannique,
06:51la pierre de fondation du projet date de 1980,
06:54mais les travaux effectifs n'ont commencé qu'en 2004.
06:56Il s'agit d'une infrastructure rare
06:59ayant survécu aux conflits et aux crises économiques,
07:02et pourtant elle reste inachevée.
07:04De larges sections du barrage principal sont encore incomplètes.
07:07Le réservoir ne peut pas être rempli à sa pleine hauteur,
07:10et les systèmes électriques essentiels ne sont pas installés.
07:14Plusieurs zones de réinstallation demeurent également inachevées,
07:17repoussant l'achèvement final de plusieurs années.
07:20Outre l'ambition et l'ampleur du projet,
07:22le facteur financier explique aussi sa lenteur.
07:25Les premiers plans estimèrent le coût à 1,5 milliard de dollars.
07:29Aujourd'hui, il dépasse 6,5 milliards et continue d'augmenter.
07:34Mais ce prix en vaut-il la peine ?
07:35Cela dépend du point de vue.
07:37Pour les agriculteurs qui voient leur chine,
07:39leur champ se dessécher, la réponse est oui.
07:42Pour les familles dont les maisons seront englouties par le réservoir,
07:46ce serait plutôt non.
07:47La dernière échéance fixée pour l'achèvement est la fin de cette décennie,
07:51laissant désormais peu d'excuses.
07:52Le projet Polavaram illustre l'ambition humaine.
07:56L'homme qui, contemplant Mère Nature, s'écrit
07:58« Je pense que ce fleuve n'a rien à faire ici.
08:01Permettez-moi d'arranger ça.
08:03L'entreprise fonctionnera-t-elle ?
08:04Et avec quelle efficacité ?
08:06Nous le saurons bien assez tôt. »
08:08D'ici là, le Godavari continuera de déborder
08:11tandis que le fleuve Krishna poursuivra son rétrécissement,
08:14semblable à un plateau de tournage abandonné.
08:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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