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Parler d’une autre traite ne répare pas le crime de la France.

Quand on parle des réparations liées à l’esclavage colonial français, certains répondent immédiatement : “Et la traite arabo-musulmane ?”
Mais ce terme est historiquement imprécis, et surtout, il est souvent utilisé pour détourner la responsabilité de la France dans l’esclavage colonial, le Code noir, la traite atlantique et l’indemnisation des anciens maîtres.
Étudier toutes les traites, oui. Les instrumentaliser pour effacer une mémoire, non.

#TraiteAtlantique #CodeNoir #Réparations #HistoireColoniale #HistoireDeFrance

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Personnes
Transcription
00:00Parler d'une autre traite ne répare pas le crime de la France.
00:04On entend souvent cette phrase, moi je l'entends presque tous les jours.
00:07Pourquoi vous parlez toujours de la traite atlantique et jamais de la traite arabo-musulmane ?
00:12Mais déjà, il faut préciser une chose importante, je n'arrête pas de le dire.
00:16Le terme traite arabo-musulmane est problématique et imprécis.
00:20Pourquoi ? Parce qu'il mélange une origine supposée, donc arabe, avec une religion musulmane.
00:26Comme si 13 siècles d'esclavage sur des espaces immenses formaient un bloc homogène.
00:33Historiquement, il est beaucoup plus rigoureux de parler de traite orientale au pluriel.
00:38Traite transarienne, de la mer rouge, de l'océan interne.
00:41Selon les routes, les périodes et les espaces concernés,
00:45le mémorial de l'abolition de l'esclavage de Nantes même parle par ailleurs
00:49de traite orientale et de traite transarienne du 7e au 19e siècle.
00:54Et l'article de Jocelyn Valton, publié sur le club de Mediapart, pose une question centrale.
01:00Pourquoi cet argument revient-il toujours quand les afro-descendants parlent de réparation liée à l'esclavage colonial français ?
01:08La réponse est très simple en réalité.
01:09Souvent, ce n'est pas pour mieux connaître l'histoire.
01:13Non, ce serait beaucoup trop simple.
01:14C'est pour déplacer la responsabilité.
01:17Oui, il y a eu d'autres traits.
01:19Oui, il faut les étudier.
01:21Oui, elles ont été violentes.
01:22Mais les descendants de personnes esclavagistes, qu'elles soient en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane
01:29ou à Saint-Domain, donc dans la Caraïbe, ne demandent pas réparation à une abstraction historique.
01:34Ils interpellent l'État français directement.
01:36Parce que, il faut être très précis, l'esclavage colonial français a été organisé, codifié, légalisé et protégé par la
01:44France.
01:45Je le rappelle souvent, mais le code noir de 1685, promulgué par Colbert, fils et Louis XIV, a transformé des
01:52êtres humains en bien-mêmes.
01:53L'article rappelle notamment que les anciens maîtres ont été indemnisés après l'abolition de 1848,
01:59alors que les anciennes personnes esclavagisées, elles, sont sorties de siècles de travail forcé sans réparation.
02:06Donc non, évoquer les traites orientales ne peut pas servir à effacer la traite atlantique.
02:11On peut étudier tous les crimes, et bien sûr, mais on ne peut pas utiliser un crime pour neutraliser la
02:16mémoire d'un autre.
02:18Vous comprenez ?
02:18Parce que demander réparation, ce n'est pas accuser les vivants d'être coupables des crimes de leurs ancêtres.
02:24Non, c'est demander aux institutions en place qui ont profité, légalisé et transmis les conséquences de ces crimes,
02:31de regarder leur histoire.
02:33Notre histoire en face, c'est notre histoire française.
02:36Et ça, ce n'est pas de la culpabilité, c'est de la justice historique.
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