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Le racisme n’a pas disparu : il a changé de vocabulaire.

Dans la conclusion de Racismes, publié aux Éditions @editionsarpa , Francisco Bethencourt montre une idée essentielle : le racisme n’est pas seulement une haine individuelle, c’est une construction historique liée à des projets politiques, sociaux, économiques et coloniaux.

De la pureté du sang à l’esclavage, de la colonisation à l’apartheid, jusqu’aux formes modernes de discrimination culturelle, le racisme change de vocabulaire, mais il ne disparaît pas forcément.

Comprendre cette histoire, ce n’est pas rester bloqué dans le passé : c’est comprendre comment certaines exclusions continuent d’agir aujourd’hui.


#histoire #franciscobethencourt #memoire #histoirecoloniale #antiracisme

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Transcription
00:00Le racisme sert le pouvoir.
00:03Quand on parle très souvent du racisme, on le réduit souvent à une émotion, la haine, la peur, le rejet
00:10de l'autre.
00:11Mais dans la conclusion de l'ouvrage Racisme de Francisco Bettencourt aux éditions ARPA,
00:15ce dernier nous oblige directement à regarder beaucoup plus loin.
00:19Le racisme n'est pas seulement une idée dans la tête des individus,
00:23c'est une construction historique, une mécanique, un outil,
00:27et surtout un outil qui apparaît dans des moments bien précis.
00:31Quand des pouvoirs politiques en place ont besoin de classer, d'exclure, de dominer, de voler des terres,
00:37de contrôler des corps ou de réserver des droits à certains groupes.
00:41Bettencourt le dit très clairement à la page 636, je cite.
00:44Le racisme prit différentes formes en fonction de conjoncture spécifique.
00:48Autrement dit, le racisme n'est pas une ligne droite, il n'a pas une seule forme.
00:52Il change de visage selon les époques, selon les intérêts, selon les crises.
00:56Prenons quelques exemples.
00:57En Ibérie, il peut passer par la pureté du sang, comme avec les juifs exclus de 1492.
01:03Dans les Amériques, il se constitue par l'esclavage, la dépossession des peuples autochtones et la hiérarchie coloniale.
01:10En Afrique coloniale, par la ségrégation, l'exploitation des terres et du travail.
01:14En Allemagne nazie, par la fusion terrifiante entre la race, la nation, l'État et l'extermination.
01:21En Afrique du Sud, par l'apartheid.
01:23Et dans le monde contemporain, parfois, je dis bien parfois, il ne dit même plus ouvertement race.
01:28Il dit culture, intégration, retard.
01:31Il ne s'adapte pas.
01:32C'est ça le point central et essentiel.
01:34Le racisme moderne a souvent appris à changer de vocabulaire pour survivre politiquement.
01:39Il ne dira plus toujours, ces gens sont biologiquement inférieurs.
01:42Non.
01:42Il dira, ces gens ne partagent pas nos valeurs.
01:45Ils coûtent trop cher.
01:46Ou sinon, ils ne sont pas vraiment d'ici.
01:48Et c'est pour ça que cette conclusion de Bettencourt est aussi puissante.
01:51Parce qu'elle nous dit que le racisme ne disparaît pas simplement parce que les mots changent.
01:56À la page suivante, 637, Bettencourt écrit ceci, je cite.
02:00Le racisme n'a pas disparu pour autant.
02:02Et cette phrase doit nous alerter.
02:04Pourquoi ?
02:04Parce qu'aujourd'hui encore, les frontières, la citoyenneté, l'accès aux droits, les discriminations informelles, les violences quotidiennes, les
02:12héritages coloniaux, tout cela en réalité, continue de fabriquer des exclusions.
02:17Alors non, étudier le racisme, ce n'est pas ressasser le passé.
02:21C'est comprendre comment le passé continue encore de travailler sur notre présent.
02:24Et si on veut vraiment parler de dignité humaine, de droits humains, d'égalité, alors il faut regarder cette histoire
02:31en face.
02:31Pas pour culpabiliser, mais pour comprendre, parce qu'un racisme qu'on ne sait pas reconnaître est un racisme qui
02:37peut continuer à gouverner.
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